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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 2025

  • Espagne: de 1975 à 2007......(2/2)

               Le "devoir de mémoire" ? oui, bien sûr! mais, et le "devoir d'oubli" ?.....

              "In medio stat virtus" ! Que serait le pardon chrétien s'il n'y avait, faisant pendant au nécessaire devoir de mémoire, le non moins nécessaire devoir d'oubli ? Et pour parler de l'Espagne d'aujourd'hui, si différente bien sûr mais encore si proche du traumatisme de 1936, que serait ce fragile début de pacification des esprits sans ce devoir d'oubli que la totalité des acteurs du jeu politique ont su s'imposer depuis la mort de Franco ? Et cela sous la houlette, et -on nous pardonnera la comparaison un peu triviale- "le parapluie" indispensable de la Royauté ? Or, depuis son accession-surprise au pouvoir en 2004, Rodriguez ne fait, somme toute, rien d'autre que remettre en cause cette "transition espagnole", voulue et portée, construite par tous, de la droite à la gauche.

              Que l'on considère, par exemple, le précédent de Felipe Gonzalez: il a été Président socialiste du Gouvernement à partir de 1982, et pendant quatre mandats successifs, jusqu'en 1996; quelle politique a-t-il menée ? Il a négocié les adhésions de l'Espagne à la Communauté économique européenne et à l'OTAN. Il a modernisé au forceps son pays (la création de la ligne TGV Madrid/Séville en étant un bon symbole). Il a noué ou renoué des liens très étroits avec l'Amérique Latine (on a dit -sous forme imagée, bien sûr...- que l'Espagne recommençait la conquête du continent!...). Il a été l'un des principaux promoteurs de l'Exposition Universelle de Séville en 1992 et, la même année, des Jeux Olympiques de Barcelone.

              On objectera -et on aura raison- que Felipe Gonzalez était "un prudent obligé", qu'il devait compter avec l'armée, les cadres et les structures du franquisme encore en place; et qu'il savait très bien que tout excés de sa part entrainerait immanquablement une réaction de ces forces, encore au pouvoir d'une certaine façon; et que cette réaction l'aurait emporté, lui et le nouveau régime. Il n'en demeure pas moins que l'on ne peut faire de procès d'intention: il y a certainement eu une part de "prudence obligée" chez Gonzalez, mais on ne voit pas au nom de quoi on devrait refuser de le créditer aussi d'un sincère désir de servir son pays et de le faire progresser; on peut affirmer que Felipe Gonzalez, en accord avec le Roi, a fait le choix de se tourner vers l'avenir plutôt que de ressasser le passé. Rodriguez aurait mieux fait de s'inspirer de lui! mais, justement, la simple mise en parallèles des deux personnes nous ramène à ce que nous disions dans notre précédente note: la faiblesse de ce pauvre Rodriguez, qu'il suffit de comparer à Felipe Gonzalez pour que son inconsistance saute aux yeux et qu'elle apparaisse au grand jour !

              Où voit-on que Gonzalez aurait cherché à faire évoluer de force la société, dans le domaine si sensible des moeurs, au rythme de réformes effrénées que mène Rodriguez ? Où voit-on qu'il ait tenté de rouvrir la boite de Pandore du passé, toujours douloureux, de la Guerre Civile? Deux choses que fait Rodriguez, qui ne mène pas, par ailleurs, la bonne politique de progrès de son "illustre" prédécesseur. Felipe Gonzalez s'est contenté de travailler pour le bien et le développement de l'Espagne, en poursuivant pour le reste la politique "de prudence et d'oubli" de mise dès la mort de Franco; et c'est pour cela que son passage au pouvoir a été, somme toute, bénéfique, et qu'il a tant conforté la transition, lui permettant de porter les fruits positifs que nous avons évoqués.....

              Ainsi, gouvernements de droite et gouvernements de gauche confondus, on peut dire que la période qui s'étend de 1975 à 2004 fut "... une transition réussie vers la démocratie, grâce au savoir-faire du Roi et au sens des responsabilités des partis de l'époque. Elle fut essentiellement marquée par la réconciliation entre les "deux Espagne" et le refus d'utiliser la Guerre Civile (1936/1939) comme un argument politique. Cette démarche a permis un changement pacifique de régime et a été à l'origine de trente années de prospérité et de calme politique." Ce court passage d'un excellent article de José Maria Ballester Esquivias (journaliste à l'hebdomadaire catholique madrilène "Alba" a le grand mérite, dans sa clarté, d'aller à l'essentiel et de poser correctement le fond du problème.....

              Malheureusement, en 2004, Aznar perdit une élection imperdable, et Rodriguez arriva...    (à suivre.....)

  • Espagne: de 1975 à 2007.......(1/4)

               Le Roi d'Espagne est descendu dans l'arène, pour défendre la Monarchie.

               Avant de parler de cette action inédite du Roi, essayons, en quatre notes, de dresser à grands traits le tableau général de l'évolution de l'Espagne depuis 1975, et de voir comment on en est arrivé à la situation d'aujourd'hui....

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  • Textes à telecharger.....

    Pour faciliter vos recherches, nous avons regroupé un certain nombre de notes traitant d'un même sujet. Les trois groupements de textes suivants sont disponibles:

    Conférence Contre la France Métisse...pdf

    Chateaubriand.pdf

    La réflexion de Jacques Julliard.pdf

     

  • Un décés qui fait plaisir...

              Il n'y a pas si longtemps, la "déferlante Halloween" pouvait sembler promise à un succès durable, mais l'essoufflement de fait que l'on constate depuis quelques temps se confirme cette année encore; les écoles restent -semble-t-il- le dernier endroit où l'on frémisse toujours un peu, mais la vague recule une fois de plus, prélude cette fois à une disparition définitive, probable dans un proche avenir....Ce n'est pas nous qui nous en plaindrons! L'importation de cette soi-disant "fête" nous a paru dés le début condamnable à plus d'un titre.

              D'abord, les motifs en étaient purement mercantiles, matériels et financiers: il s'agissait tout simplement, pour certains commerçants, de faire du fric et de remplir les caisses, pendant une période réputée "creuse", en gros entre le pic d'activité de la rentrée scolaire et la Noël.

              Ensuite, cette volonté mercantile se doublait d'une amplification (comme si nous en avions besoin!) de la pénétration des façons de faire, des modes de vie anglo-saxons: c'était bien, même s'il faut se garder d'être excessifs, une forme d'invasion culturelle. Que cette fête soit, dans les pays de langue anglaise, une tradition, et que cette tradition puisse être, dans le contexte de ces pays, quelque chose d'authentique, nous n'en doutons pas; nous n'avons d'ailleurs aucun titre à la juger en tant que telle: les anglo-saxons s'amusent comme ils l'entendent, et inventent les fêtes dont ils ont envie. C'est le placage forcé que l'on a voulu en faire chez nous, et que l'on a voulu nous imposer qui nous rebute dans cette affaire, pas la fête elle même, du moins en tant que fête.

              Car il est vrai qu'il s'agissait, enfin, d'une réjouissance radicalement opposée à ce que célèbre notre vieille terre de tradition chrétienne depuis 2000 ans en cette période de Toussaint: non pas la mort mais l'Espérance, car "Vita mutatur, non tollitur": "la vie est transformée, elle n'est pas ôtée". Voulue par l'Eglise depuis des temps immémoriaux, nous connaissons en cette période une succession de deux solennités: d'abord, (le 1° Novembre), la fête de "tous les saints", qui sont précisément "nés au Ciel" le jour de leur mort, jour où ils sont entrés dans la vraie Vie ("Je ne meurs pas, j'entre dans la Vie" a dit Jean-Paul II); ensuite, (le 2 Novembre) le souvenir de celles et ceux qui nous ont précédé dans cette Quête de la Vie, cette marche vers la Vie, qui fait entrer dans le seul vrai Royaume. Il s'agit donc bien d'un temps de Joie: une Joie grave, certes, car spirituelle, et centrée sur un sujet sérieux s'il en est: celui du Passage...

              Cette méditation grave mais sereine, véritable rayon du Soleil de Pâques en plein coeur de l'automne; cette réflexion et cette Foi en la déroute de la mort qui non seulement n'ôte pas la vie mais bien au contraire en est le commencement: tout cela bien sûr est radicalement et essentiellement différent de ce que l'on a voulu nous imposer; et n'a rien à voir avec ces jeux importés, souvent d'assez mauvais goût, célébrant tout ce qu'on voudra, sauf ce qu'on célèbre chez nous à ce moment là; et venant donc parasiter, occulter, voire étouffer le sens chrétien de cette période de la Toussaint. Un sens que Frédéric Mistral a bien rendu dans son vers célèbre: "Mai lou grand mot que l'ome oublido veleici: la mort es la Vido!".

              Les journaux ne s'y trompent d'ailleurs pas: "Halloween: la grande fête païenne est moribonde." titrait pour sa part "La Provence" du 29 Octobre. Voilà bien, par contre, une morte qu'on ne célébrera pas!...

  • A propos des "racines chrétiennes" de l'Europe : un signal fort envoyé par Sarkozy ?...

              On se souvient du succès de la visite du patriarche de Moscou en France, au début du mois d'octobre, et de l'impact très positif qu'elle a eu. Revenons quelques instants, en ce jour de fête de la Toussaint, sur un point important, pour ne pas dire essentiel: à savoir l'évocation explicite de l'héritage chrétien de l'Europe; et relisons d'abord le texte du communiqué officiel publié par l'Elysée, à la suite de la rencontre entre le Patriarche et le Président:

              "Le Président de la République a reçu aujourd'hui Sa Sainteté Alexis II, Patriarche de Moscou et de toutes les Russies, en présence du Cardinal Roger Etchegarray.

              Le Président de la République a salué l'importance de cette visite du Patriarche en France, à l'invitation de la conférence des évêques de France. Cette démarche inédite et exceptionnelle est un signe majeur et tangible de la volonté des chrétiens d'Europe de se rapprocher et d'unir leurs efforts, autour des racines chrétiennes de l'Europe, pour construire une société plus humaine dans un monde où les repères s'effacent, les tensions s'accumulent et le sentiment religieux est trop souvent dévoyé pour nourrir la violence.

              Il a rappelé la singularité et la diversité de la communauté orthodoxe de France et souligné son attachement au bon fonctionnement de l'organisation actuelle de l'orthodoxie française dans le cadre du régime de la laïcité.

              A quelques jours de sa visite en Russie, le Président de la République a également saisi l'occasion de cette rencontre pour interroger le Patriarche sur l'état de la société russe et sur ses aspirations. Il a relevé l'importance du renouveau spirituel en Russie et le rôle que joue l'Église orthodoxe russe dans la reconstruction de la société russe".

              Bien sûr, il faudra que des actes suivent; mais déjà le simple fait que ces propos soient tenus, et dans un contexte bienveillant, constitue en soi un progrès par rapport à l'ère Chirac, par exemple: on se souvient que celui-ci, non seulement n'a jamais parlé avec sympathie des "racines chrétiennes" de l'Europe, mais qu'il s'est toujours battu avec acharnement afin qu'elles ne soient pas mentionnées dans le projet de Constitution Européenne, alors que de nombreux pays pays le souhaitaient ardemment(1); dans ce domaine, comme dans d'autres, Chirac -qui a fait de l'opposition aux "racine chrétiennes" une sorte d'affaire personnelle, motivée soi-disant par la laïcité- a joué contre nos traditions et celles de l'Europe; au moins Sarkozy recadre-t-il le propos en le reposant sur des bases nettement plus conformes à ce qui est, de toute façons, la réalité....

              Même s'il ne devait réaliser qu'une part de ce qu'il dit, ce serait toujours mieux que Chirac qui -lui- a réussi, malheureusement, à ce que l'on biffe les références chrétiennes de tout texte officiel. Du moins jusqu'à présent: on apprend en effet que, peut-être encouragé par les propos du président français, le chef du gouvernemnt maltais proposera de nouveau à l'Europe d'insérer les racines chrétiennes de l'histoire européenne dans le texte de la constitution européenne (55 millions de signatures en faveur de cet ajout dans le texte ont déjà été recueillies....). Affaire à suivre, donc.....

    (1): Alors que les pères fondateurs de l'Europe (Jean Monnet, Konrad Adenauer, Alcide de Gasperi...) étaient chrétiens, les partisans d’une référence nette aux racines chrétiennes dans le préambule de la Constitution Europénne (Espagne, Italie, Pologne...) durent se heurter à l'opposition féroce de ceux attachés à la laïcité, emmenés par... la France! la question sous-jacente, polluant le débat, étant en fait celle de la candidature de la Turquie à l’Union Européenne; et Jacques Chirac se faisant, de facto, l'avocat et du laïcisme (qui n'est pas la laïcité...) et de la Turquie.....

  • Sans autres commentaires...

              Nous avons souvent posé cette question: et si nous étions en 1789? la république va-telle "s'en sortir", ou va-telle périr, écrasée par l'empilement ahurissant de lois et de fonctionnaires, par cet abracadabrant "millefeuille" qu'elle a elle-même crée? (1). Et par la résistance acharnée des nouveaux privilégiés qui, bien plus nombreux et bien plus puissants qu'en 1789, font tout pour torpiller les tentatives de réformes, arc-boutés qu'il sont sur la défense de leurs "droits acquis" (traduction moderne littérale et exacte de l'ancien "privilège") L'excellent article de Michel Godet, dans le Figaro des 27/28 octobre, apporte de l'eau à notre moulin; en voici la conclusion:

              ".....Cependant, on peut craindre que la volonté politique affichée se retrouve amoindrie dans les faits comme ce fut le cas ces derniers mois.

              Pour la Fonction Publique nationale, la réforme est enclenchée mais pas au rythme promis, puisque seulement 23.000 postes sur 70.000 départs ne seront pas remplacés en 2008. C'est une pièce majeure de la cohérence du programme de Nicolas Sarkozy qui fait ainsi défaut.

              Comment payer plus les fonctionnaires qui restent s'ils sont toujours aussi nombreux? Sans oublier que ceux qui partent à la retraite coûtent presque aussi cher qu'en travaillant. Pourquoi n'a-ton pas eu l'idée de bon sens de les garder le plus longtemps possible? On continue malheureusement à créer de nouvelles dépense publiques (avec notamment l'augmentation au rythme de 40.000 par an des fonctionnaires dans les collectivités territoriales) en les finançant, à crédit, sur le dos des générations futures.

               En ce qui concerne les heures supplémentaires non taxées pour sortir par le haut des 35 heures, je suis inquiet: à l'origine de l'idée du "black officiel" pour encourager les fourmis, j'ai tout fait, mais en vain, pour éviter l'usine à gaz (et à fraude) des ruineuses réductions de charges.

              Durant l'été, alors que tous les étudiants étaient en vacances, on a lâché aussi sur les élections des Présidents d'Université puisque les personnalités extérieures ne pourront participer à leur élection. Autre recul, la sélection à l'entrée des Universités a été reportée au delà de "Bac+3"!

              Enfin, on a fait aussi le minimum sur le service minimum dans les transports qui, même dans sa version peau de chagrin (préavis individuel de grève de 48 heures à l'avance, vote à bulletin secret pour la poursuite de la grève), ne sera pas appliqué à l'Education. S'il est scandaleux de prendre des usagers en otage dans les transports, que dire des enfants dans les écoles que l'on prive du savoir qui leur est dû?

              Espérons que le Président n'arrêtera pas le furet des réformes dans sa course! Il y va du sursaut de notre pays. Nos voisins se sont réformés, pourquoi pas nous?(2)

    (1): ce qu'Etienne Mougeotte, dans l'éditorial du même Figaro, appelle "l'invraisemblable Meccano économique, social et fiscal" que la république a crée au fil des décennies.

    (2): justement, pourquoi pas nous? Et si c'était à cause de la république, en l'ocurrence responsable et coupable?... 

  • Les prix du mardi...

              le prix citron:au PS en général, et à Benoit Hamon, son porte-parole, en particulier: commentant les propos et l'action du Président, Benoit Hamon a eu le mauvais goût de déclarer à la presse: "En psychanalyse, c'est ce qu'on appelle le syndrome du petit homme, qui considère que tout ce qu'il fait est plus grand que tout ce qui est jamais arrivé." Contacté par LCI, il a déclaré ne pas regretter, et même "assumer", ses propos, aggravant ainsi son cas: on croyait pourtant révolu le temps des attaques "ad hominem", ou portant sur le physique; qu'est-ce qui peut rendre si agressif le porte parole du PS? Sa propre vacuité, et celle de son Parti: comme le dit l'adage populaire, "la critique est aisée mais l'art est difficile". Le "hic",en effet, pour le PS, c'est qu'il n'a rien à dire et rien à proposer: situation inconfortable, donc, voire intenable pour Benoit Hamon car, pour "porter la parole", encore faudrait-il qu'il y en ait une.....

              le prix orange:à l'Ordre de Malte et au Rotary International: leur action de mécénat a permis, 400 ans après, le retour des trois cloches de la Chapelle de la Commanderie des Hospitaliers du Fort Saint Jean, à l'entrée du port de Marseille. Gérad Tenque (nous l'évoquions dans le jardin de Maurras il y a peu...) doit être content; car ce retour des trois cloches qui retrouvent leur place au faîte de l'édifice cultuel en calcaire édifié au XII° siècle fait suite à la restauration partielle de la voûte de l'abside; mais surtout elles précédent la restauration complète de l'édifice: "Les campagnes de restauration du Fort se poursuivront et les Marseillais pourront se ré-approprier ce lieu",à déclaré le Préfet Didier Martin. "Les arbres qui montent le plus haut dans le ciel sont ceux qui poussent leurs racines le plus profondément dans la terre"disait Gustave Thibon. Ces "pierres vivantes" qui renaissent sous nos yeux nous renvoient et nous ramènent à nos racines les plus anciennes et les plus fécondes, et c'est pourquoi nous nous réjouissons: "Multa renascentur, quae jam cecidere"....

  • Douce France républicaine, ou chronique de l'insécurité ordinaire...(2)

              Pour celles et ceux qui penseraient -peut être....- que nous parlons trop souvent des problèmes d'insécurité; ou que nous exagérons quand nous critiquons la politique que mène la république, quand nous disons qu'elle conduit à la banalisation et à l'institutionnalisation de la violence et de la délinquance ordinaire (la pire, donc...); voici -sans autres commentaires- l'article de Denis Trossero, publié dans le quotidien "La Provence" du vendredi 19 octobre, sous le titre: "Petits caïds ou racketteurs, ils font régner la rude loi des cités"

              C'est l'histoire sans cesse recommencée du jour qui se couche sur les cités chaudes de Marseille. Histoire de zones de non-droit qui n'osent dire leur nom. Histoire que Rafik Gmati, 27 ans aujourd'hui, pourrait raconter mieux que quiconque. Depuis trois ans il gérait l'épicerie de la rue Saint-Pierre (10°), voisine de la cité Air-Bel, à La Pomme (11°). Il en avait connu des sous-entendus, des vilaines pressions, des petits mots glissés à la hâte en forme de menaces larvées.

              Mais les 14 et 15 Mai 2006, il n'imaginait pas vivre pareille situation. Le premier jour, il se fait dérober la caisse. Dans la nuit, deux hommes encagoulés et armés débarquent dans son commerce et avant qu'il n'ait pu esquisser un geste, l'un d'eux tire deux coups dans sa direction. Une balle lui traverse la cuisse. Son calvaire ne fait que commencer. Le projectile est passé à deux millimètres de l'artère fémorale. Suivront trois opérations, la pause de dix huit broches, cinq mois de fauteuil roulant. Rafik a reconnu ses "cow-boys" d'un jour. Ils sont de la cité Air-Bel et de La Mazenode (11°). Lui est de La Cravache (9°). A Air-Bel on n'aime pas "les étrangers" (1). Pourtant Rafik est courageux. Il est venu au Tribunal défier le regard désinvolte de ses agresseurs. Il y a là le tireur, Abderahmane Friga, 19 ans, et son complice du même âge, Nacer Bendrer.

              Friga évoque une "vengeance". Parce qu'il aurait été humilié la veille devant toute la cité, quand Rafik a récupéré sa recette. Petits caïds aux vils desseins. Rafik explique qu'ils avaient commencé par lui voler des sandwiches, puis qu'ils auraient bien aimé qu'il lui cède son épicerie sans payer. Racket ordinaire en 2007 à Marseille. Le procureur Candau, dans une synthétique géopolitique de nos cités, fustigera "l'attitude de ces groupes qui tentent de faire régner leur loi". Friga a écopé de cinq ans, Bendrer de trois ans. A l'énoncé du jugement, ce dernier a craché en direction du Tribunal, en criant "Fils de Pute!". Il devrait retourner en garde à vue.

    (1): en français dans le texte! c'est trop beau! à verser dans la catégorie: "Il vaut mieux entendre ça que d'être sourd".....!

  • Argentine: Cristina Kirchner succède à son mari.....

              .....qui envisage d'ores et déjà de se représenter en 2011! Ce n'est pas pour parler de l'Argentine que nous évoquons ce fait aujourd'hui, mais pour en revenir à une phrase de la chronique de Philippe Val, dont nous avons parlé ici même le 18 Octobre. On se souvient que le directeur de "Charlie Hebdo" voyait dans la révolution la fin définitive de la transmission biologique du pouvoir. Que la Révolution ait eu cette volonté, certes; mais qu'elle y ait réussi, en France et ailleurs dans le monde, Philippe Val en est-il si sûr? L'exemple que nous offre aujourd'hui l'Argentine est plutôt amusant, voire même -pourquoi pas?...- plutôt sympathique. Mais il a son pendant tragique et effroyable, qui ne fait plus rire du tout ni même sourire, en Corée du Nord: là où la dynastie des KIM (Kim Jong Il le fils après Kim il Sung son père) continue de faire régner un despotisme, une tyrannie et une terreur au quotidien qui ne font certes pas honneur aux tenants de la révolution; entre ces deux extrêmes -de l'Argentine et de la Corée du Nord- on a Cuba, avec Raul, le frère de Fidel; on a Bachar el Assad, fils de Hafez, en Syrie (deux régimes clairement progressiste -pour la Syrie- et révolutionnaire -pour Cuba-...); on a, pour ne parler que de l'Afrique du Nord, la Lybie, l'Egypte et la Tunisie; on a aussi ce que l'on pourrait appeler l'explosion du népotisme, chose qui a évidemment toujours existé mais qui a pris une ampleur stupéfiante dans de nombreux pays se réclamant de l'héritage révolutionnaire (voyez le petit monde des Ceaucescu, pour ne prendre qu'un exemple....)

              On est bien obligé de constater et de rappeler a Philippe Val que -malgré qu'il en ait...- dans ce domaine comme dans tant d'autres (tous les autres?.....) la révolution a beaucoup parlé, beaucoup promis, et pas toujours tenu!; qu'elle est même assez souvent arrivé au contraire de ce qu'elle avait proclamé....

              L'exemple majeur, le plus parlant et en même temps le plus "énorme" (le plus scandaleux aussi) ne nous est-il pas fourni par le sabre et l'héritier de la révolution française: Napoléon lui-même! Voici une révolution qui abat la régime qui a construit la France, et fait d'elle la première puissance du monde; qui "tourne le dos à la transmission biologique du pouvoir", comme l'annonce fièrement Philippe Val, pour en tirer honneur et semble-t-il orgueil; sauf que, moins de dix ans plus tard, elle se jette dans les bras de celui qui se fera appeler "Sire" et "Majesté", se fera sacrer par le Pape et fera tout ce qu'il pourra pour instituer une nouvelle dynastie, avec le Roi de Rome! On croit rêver! Et s'il a finalement échoué à fonder sa nouvelle dynastie, on pourra tout dire de lui sauf que c'est parce qu'il n'a pas suffisamment essayé, et qu'il n'a pas fait tout ce qu'il a pu!.....

              On le voit: l'annonce de la victoire de Christina Kirschner, qui n'est pas, en soi, le sujet de cette note, nous ramène à quelque chose d'essentiel: comment Philippe Val peut-il expliquer -de Napoléon à Kim Jong Il- ces râtés et ces démentis opposés par l'histoire et l'actualité au fier principe qu'il énonce? comment peut-il expliquer la perpétuation de ce réflexe qui pousse les nations à se resserrer autour d'une famille, d'un principe, d'une dynastie lorsque -à tort ou a raison...- ces nations s'estiment menacées? Nous ne disons pas que ce réflexe est bon, ni sain ni quoi que ce soit; nous nous bornons à constater les faits; et nous, qui n'avons pas crée de "système réputé parfait" comme l'ont fait les révolutionnaires, nous posons simplement une question à Philippe Val qui, lui, se veut l'héritier de ceux qui ont crée un "système réputé parfait" et qui, comme eux, y croit dur comme fer ; parce qu'il nous semble que, dans ce domaine comme dans tant d'autres, ses beaux principes sont régulièrement démentis et contredits par les faits.

              N'en déplaise à Philippe Val, les grandes déclarations et les grands principes de 1793 ne changent rien à la réalité. Et ne protègent ni de l'incapacité des dirigeants, ni du népotisme, ni de l'exercice du pouvoir en famille, ni de la transmission biologique du pouvoir. On en a des preuves tous les jours.....

    (1) voir la note "Une aide inattendue: ou quand Philippe Val travaille pour nous..." dans la Catégorie "République ou Royauté?"; et écouter la chronique de Philippe Val dans la Catégorie "Audio-Vidéo".

  • Le droit au froid!.....

              Entendu le vendredi 12 octobre sur France Inter, cette surprenante formulation, qui recouvre en fait quelque chose de très important, et qui mérite que l'on s'y attarde un peu, on va voir pourquoi.....

              Il s'agissait en fait, pour la personne qui émettait cette "revendication", de défendre les Inuits, ces esquimaux du grand nord, menacés à terme, et dans un avenir assez proche, par le réchauffement climatique: celui-ci faisant fondre et la banquise et le permafrost, met en danger la survie des ours, les activités traditionnelles de ces peuplades, bref: leur survie; nous étions donc alertés, et conviés à mener un bon combat, "le" bon combat de la défense d'une population -donc d'une culture...- en péril. On entend d'ailleurs régulièrement des propos identiques dans le fond, bien qu'ils se réfèrent à d'autres populations et à d'autres façons de vivre, qu'il s'agisse des indiens de la forêt amazonienne, des populations nomades de l'Afrique sub-saharienne, des tibétains ou d'autres encore....

              Nous sommes totalement d'accord avec de tels propos; la diversité des cultures, des particularités, des singularités de chaque groupe ethnique nous semble une chose évidemment positive, et l'appel à leur défense ne peut laisser personne indifférent....

              Il y a cependant autre chose qui nous paraît extremement intéressant, dans ce propos: c'est que l'association qui s'exprime ainsi, en faveur des Inuits, nous donne raison, et donne tort aux immigrationnistes bobos-gauchos-trotskistes et autres RESF; en effet, il est donc officiellement admis qu'on a le droit (et même le devoir: on nous y exhorte!...) de défendre une peuplade menacée, une culture en péril, qui a le droit de rester ce qu'elle est, de continuer à vivre selon ses us et coutumes traditionnels, ses moeurs et ses traditions ancestrales; ici les Inuits, mais aussi (nous l'avons vu) les indiens d'Amazonie, les nomades sub-sahariens, les tibétains etc... fort bien!

              On peut donc, en toute logique, en déduire que la personne qui s'exprime sera d'accord pour dire que le français moyen, vivant en Europe (continent blanc, et non noir ni jaune), de tradition chrétienne, de culture gréco-romaine peut et doit continuer à vivre selon ses us et coutumes ancestraux: et sans être submergé (comme c'est le cas en Seine Saint-Denis par exemple) par d'autres populations, dont beaucoup véhiculent une religion et un état d'esprit opposés voire hostiles aux siens. Ainsi, on a mis une Marianne noire dans une mairie du 93!: cela est-il bien conforme aux traditions et aux moeurs ancestrales des populations autochtones de la Seine Saint-Denis? lesquelles, que l'on sache, n'étaient pas réputées -jusqu'à présent...- provenir des steppes de l'Asie Centrale, ou de l'Afrique sub-saharienne! il est bien évident que nous nous fichons complètement de ce que représente ce symbole républicain, nous parlons seulement du principe: comment peut-on prêcher le respect de la singularité là-bas, chez les Inuits, (et nous sommes totalement d'accord, répétons-le encore...) et le refuser ici, en France?

              Les Inuits, qui ont chaud, ont-ils donc droit au froid? La réponse est "Oui", sans aucun doute; mais nous aussi nous avons chaud, à notre façon; "nous sommes tous des Inuits réchauffés"! Donc, le droit au froid pour les Inuits? Oui! Mais nous, alors? Serions nous donc les seuls, sur cette Terre, à ne pas avoir, tout simplement, et sans rien demander d'autre, le droit de rester ce que nous sommes?....

     

  • A Bernard-Henri Lévy, qui a -semble-t-il- "un problème" avec Maurras.....(2)

              ".....Il est bon que Paulhan, plus qu'aucun autre, ait contribué à donner un nom à ce livre, à indiquer l'absence originelle d'écart entre la pensée, la vie et l'œuvre, chez Maurras; cela précisément par une lettre où il énumérait trois sortes de reconnaissance « que tout homme de pensée nourrit aujourd'hui à son égard ». Nourrit ? Devrait nourrir, et les voici : « L'extrême noblesse et pureté de sa vie, sa vertu dans le sens le plus fort du terme »; ensuite l'affirmation, par « cet écrivain farouche », de « la place apparemment modeste qu'a l'intelligence dans la société – et qu'à vouloir diriger le monde, un auteur perd la grande part de sa dignité »; enfin, et ensemble, « qu'il appartient à cet auteur de connaître la vérité et de la dire (...) A partir de quoi ses pouvoirs sont sans limites ». Au-delà de ces trois titres à la reconnaissance de tels « hommes de pensée », dont les deux derniers renvoient au livre décisif pour notre époque, l'Avenir de l'Intelligence – décisif pour la spéculation de notre siècle – Paulhan ajoutait un étrange pouvoir, « une sagesse plus grande et plus héroïque, qui maintient à tous risques celle de nos vérités sociales qui risque d'être négligée : Charles Maurras n'a cessé de nous rappeler, contre la mode, contre les puissances d'argent et les facilités de tout ordre (1), que nous nous trouvions être Français, et que ce n'était qu'à force d'amour pour elle que nous pouvions rendre la France – admirable, il se peut; supportable en tout cas. Nous lui devons tous d'être meilleurs que nous ne méritons d'être .» (Pierre BOUTANG, "Maurras, la destinée et l’œuvre", PLON, 1984)

              "Extrême noblesse...de sa vie...", "...pureté de sa vie", "...vertu dans le sens le plus fort du terme": il fallait que ces mots fussent dits et entendus, mais de la bouche de quelqu'un qui n'est "pas de chez nous", sinon on aurait toujours pu ratiociner: qui va invalider le beau témoignage du directeur de la NRF? et dire qu'il s'agit d'un insensé? Bernard Henri Levy? L'oserait-il? Alors, ne vaut-il pas mieux laisser en paix Charles Maurras plutôt que d'éructer régulièrement des insanités sur lui, comme le fait BHL? et, si l'on tient tant à porter un jugement sur l'auteur de "L'Avenir de l'Intelligence", quelles lunettes vaut-il mieux chausser: celles de BHL ou celles de Paulhan? Et quel ton adopter: celui de "la haine qui suinte...et la bave aux lèvres" (bien envoyé, Guaino!.....), ou celui qui conjugue et réunit la noblesse du style et celle de la pensée?

              Question impertinente, pour clore le sujet: notre "philosophe strass et paillettes" pense-t-il que Jean Paulhan écrirait cela de lui, BHL, aujourd'hui? Poser la question, n'est-ce pas y répondre?..... (fin.)

    (1): "les facilités de tout ordre": BHL ne connait que cà!; par contre, pour ce qui est d'une "sagesse.....héroïque...", on a beau chercher.....

    PS: nous sommes, qu'on se le dise, en train de composer un "bouquet" de textes (toujours pour les offrir à BHL: qu'est-ce qu'on est sympas! il ne pourra pas dire que nous sommes rancuniers!....); des textes de Bernanos et Bainville mais aussi, et peut-être plus inattendu, de Malraux et de Péguy.....

  • A Bernard-Henry Lévy, qui a -semble-t-il- "un problème" avec Maurras.....(1)

              Mardi 9 octobre, sur France Inter...: quelle mouche a donc piqué Bernard-Henry Lévy? Il se lance dans une attaque surprenante et inattendue contre Henri Guaino, qui laisse rêveur: le philosophe fustige "le mec qui fait les discours de Sarkzoy" et qui est "d'inspiration maurrassienne". Il ajoute: "Guaino, il est raciste. C'est lui qui a fait ce discours ignoble" de Dakar, "où on disait que si l'Afrique n'était pas développée, c'est parce que les Africains n'étaient pas inscrits dans l'Histoire". "Dire cela en effaçant complètement la colonisation, la destruction du pays par cette époque honteuse du colonialisme, c'est du Guaino et c'est du racisme"....

              La réponse de Guaino ne se fait pas attendre, et elle est cinglante: "Ce petit con prétentieux ne m'intéresse pas. Qui est-il donc? Qu'a-t-il fait dans sa vie de si extraordinaire pour se permettre de juger comme ça? Je n'ai jamais rencontré BHL. Il ne m'aime pas, moi non plus. Il n'aime pas la France, moi si. Il a la bave aux lèvres, avec la haine qui suinte de partout." Et de poursuivre : «J'assume le discours de Dakar ligne à ligne, mot à mot, à la virgule près. Mais ce discours, c'est celui du président de la République: s'il ne voulait pas le prononcer, il ne l'aurait pas fait. Des crétins y en a toujours eu. Qu'est-ce que vous voulez que je réponde à autant de conneries?»

              Nous ne nous mêlerons pas du contentieux -puisque contentieux il semble y avoir...- entre BHL et Henri Guaino; mais nous ne laisserons pas ce dernier répondre seul au "philosophe strass et paillettes", madone et diva des soirées mondaines, dans les salons dorés.... ; nous aussi, puisqu'il a cru devoir "mettre Maurras là-dedans", nous avons deux mots à lui dire: d'abord, qu'il devrait cesser, comme il semble être en train d'en prendre l'habitude, de confondre échanges d'idées et insultes; dès qu'il n'aime pas quelqu'un, il le traite de "Maurrassien", pensant tenir là l'injure du siècle; mais "Maurrassien" n'est pas une insulte, et il n'est pas infamant de l'être; que l'on sache il n'y a pas (pas encore?...) d'Index des livres et des auteurs réprouvés, qu'il serait interdit de lire ou qui, si on les lisait, vous excluraient de la communauté des "bien-pensants"! à moins que BHL ne nourrisse secrètement, dans un coin de son cerveau, un tel "rêve"? Soyons sérieux: on peut très bien ne pas être d'accord avec les idées de Maurras, mais de là à traiter tous ceux qu'on n'aime pas de "Maurrassiens", avec mépris et dédain, comme le fait BHL, voilà qui passe les bornes, et qui relève tout simplement de la niaiserie. Nous n'irons pas jusqu'à parler de "TOC" (Trouble Obsessionnel Compulsif...) "au niveau du langage", mais c'est bien pour ne pas tomber dans la polémique stérile.....

              On pourrait -plus sérieusement- rappeler à BHL que, malgré qu'il en ait, Maurras reste un "continent" selon l'heureuse formule de Stéphane Giocanti; on pourrait...on pourrait....on pourrait....mais, plutôt que de nous lancer dans un plaidoyer "pro Maurras", nous préférons "appeler à la barre" un témoin que l'on pourra difficilement récuser, et à qui nous allons nous en remettre; un observateur impartial, qu'on ne pourra pas suspecter de complaisance; nous avons donc choisi de laisser la parole à Jean Paulhan, cité par Pierre Boutang, dans le passage qui suit, et de "dédier" ce beau texte à BHL, pour qu'il voit comment d'autres que lui (et non des moindres!...) ont parlé de Charles Maurras :(à suivre...)

  • .....Et nous, très confortés dans notre position.....

              Dernier embarras pour Georges Bush: depuis plusieurs semaines, Erdogan manifeste son désir d'intervenir militairement en Irak contre les Kurdes du PKK, qui se servent de la présence de leurs frères en Irak comme d'une "base arrière" dans leur lutte contre le régime Turc; et Ankara a déployé 100.000 hommes à sa frontière sud-est: ira, ira pas? il est tout a fait clair que le désir "d'y aller" existe bel et bien, qu'il est très fort -et probablement même majoritaire- dans les rangs des dirigeants turcs; tout simplement parcequ'une intervention militaire arrangerait tout le monde: les partisans de l'armée et du Kémalisme officiel, comme les partisans de l'Islamisme rampant, représentés par Erdogan: chacun pensant que l'incursion militaire sera un piège tendu à l'autre, et chacun pensant tirer les marrons du feu... On le voit, la situation, pour Bush et Erdogan, se complique un petit peu (et même beaucoup....) depuis quelques temps, et les choses semblent leur échapper, n'évoluant plus du tout comme prévu, et semblant prendre des chemins qui contrarient leurs politiques respectives, qui jusque là marchaient de conserve...

              Et nous là dedans? Pourquoi nous intéresser à tout ceci? Eh bien, tout simplement -si l'on peut dire- parce que nous y trouvons une illustration supplémentaire qui vient confirmer et conforter l'argument essentiel et premier qui motive notre opposition à l'entrée de la Turquie en Europe: on se souvient du propos de de Gaulle parlant d'un peuple "sûr de lui et dominateur": il évoquait Israël, mais dans ce cas précis le propos peut valoir aussi -mutatis mutandis...- pour la Turquie; et ce sont les Turcs eux-même qui -une fois encore...- donnent le bâton pour se faire battre, en se présentant comme des va-ten guerre et des belliqueux, volontiers conquérants et interventionnistes (Chypre hier, l'Irak demain?....); et qui -de plus- donnent raison à tous ceux (dont nous sommes, évidemment....) qui constatent que la Turquie et ses intérêts sont clairement inscrits en Asie, et pas en Europe!

              Si ce peuple, ou du moins ses gouvernants, s'engagent dans une autre invasion insensée de l'Irak (une deuxième!...), imagine-ton l'Europe imbriquée dans ce conflit de folie? Or ce serait évidemment le cas si la Turquie faisait partie de l'Union! Pouvons-nous raisonnablement unir notre destin, nous associer à des gens aussi manifestement marqués en Asie? et aux intérêts aussi éloignés des nôtres, tant dans le domaine de la géographie pure que dans celui de la géopolitique? Et qui nous entraîneraient dans des voies déraisonnables, où nous n'avons rien à gagner mais beaucoup et tant à perdre?..... (fin.)

  • Bush et Erddogan très embêtés.....

              Ainsi donc le Sénat des États-Unis vient d'adopter -comme l'Assemblée Nationale française hier...- une loi reconnaissant le génocide arménien. Erdogan est furieux et, comme il l'a fait hier avec la France, il se prépare à employer contre les USA l'arme des représailles économiques; Georges Bush est inquiet car, pire encore que ces représailles, il craint aussi de perdre, pour son armée qui a envahi l'Irak, les facilités de mouvement dont elle dispose en Turquie: or on voit bien que, pour ce qui est de l'armée d'invasion états-unienne, "presque tout" passe par Incirlik, la grande base de l'est du pays....

              Et, cerise -amère...- sur le gâteau -non moins amer...- ce qui se profile, c'est peut-être la fin d'une époque, et d'une alliance privilégiée et sans faille, entre les USA et la Turquie; ce pays que les USA ont toujours réussi à faire entrer dans leur jeu, jusqu'à présent, et qui leur a rendu bien des services: il est bien connu, par exemple, que les USA se servent de la Turquie, cyniquement, dans le but affiché de dynamiter "l'Europe puissance": on le sait, les anglo-saxons, emmenés par la Grande Bretagne (dans ce domaine caniche fidèle et cheval de Troie des intérêts états-uniens en Europe), souhaitent que celle-ci soit simplement une zone de libre-échange; un "truc" économique, sans plus (1). et sans aucun pouvoir d'intervention sur la scène internationale, qui pourrait gêner "la" superpuissance....des États-Unis. C'est l'une des raisons pour lesquelles États-Unis et Grande Bretagne déploient tous leurs efforts pour imposer, à des opinions publiques européennes en très grande partie hostiles, l'entrée de la Turquie dans l'Union...

              Si cela devait arriver, il est absolument clair que c'en serait fini pour toujours des espoirs que les européens plaçaient dans la construction de cet ensemble: et que l'Union Européenne deviendrait un Mammouth totalement ingérable, paralysé par son extension même, mais aussi par la présence au sens propre "monstrueuse" en son sein de la Turquie: "monstrueuse" parce qu'absolument pas "naturelle", la Turquie étant, comme chacun sait, un pays de l'Asie Mineure; et l'Europe n'ayant pas de frontières communes avec l'Iran, l'Irak ou la Syrie, à moins de redéfinir les bases les plus élémentaires de la cartographie traditionnelle..... (à suivre.....)

     

    (1): de Gaulle affectait de dire le "Machin", en parlant de l'ONU: c'est un peu comme cela que les anglo-saxons voient l'Europe, qu'ils ne veulent surtout pas laisser venir "concurrencer" les USA...

  • Les prix du mardi...

              le prix citron: a Charles Pasqua, pour son refus des tests ADN qui lui rappellent, dit-il, "une certaine époque" (il fait allusion au nazisme...); mais là Charles Pasqua est complètement à côté de la plaque, ses scrupules datent d'une autre époque et -renvoyant à une autre époque- sont en parfait décalage avec la réalité d'aujourd'hui; ils sont totalement déconnectés du réel. Le peuple français en a marre de se faire escroquer par des milliers d'africains qui viennent ici avec des enfants qui ne sont pas à eux pour se faire verser des allocs à nos crochets; et le nazisme (que la république a installé en France pendant cinq ans parce qu'elle n'a pas su préparer la guerre...) n'a rien à voir là dedans...En réagissant comme il le fait, Charles Pasqua se trompe d'époque, et donc de combat: c'est dommage, de le voir ainsi hurler avec les loups, et mêler sa voix aux braillards qui se servent de l'immigration comme d'une machine à casser la France! il lui est arrivé d'être mieux inspiré dans son existence et dans son action.....

              le prix orange: à Jacques Marseille, pour sa prestation sur LCI, le mardi 2 octobre, dans le débat "Fonctionnaires....Immuables?". Il a très simplement et très courageusement répondu -non sans humour...- à la question suivante: comment peut-on expliquer la croissance exponentielle des créations de postes de fonctionnaires dépendant des collectivités locales?: la raison est à chercher -expliqua-t-il- dans le système électif lui-même, et dans les moeurs électorales: "notre système électoral fait que c'est un pousse au crime": et d'expliquer carrément que les responsables locaux veulent "tenir leur troupes", et leur offrent "des postes en échange de leur fidélité"; on ne saurait être plus clair! il devait conserver, tout au long du débat, la même franchise réjouissante et la même liberté de ton décapante: ainsi lorsqu'il expliqua qu'on pourrait arriver à économiser 200.000 postes d'enseignants en "rationnalisant" les pratiques du "Mammouth"! Mais là, attention à l'inévitable et inénarrable Gérard Aschieri, qui ne manquera pas de sortir du bois pour demander....."toujours plus!"