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GRANDS TEXTES

  • GRANDS TEXTES (49) : Tocqueville et son intuition/prémonition du "despotisme mou" qui régit le Système qui le fait régner, aujourd'hui...

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    L'oeuvre majeure d'Alexis de Tocqueville (ci dessus), De la démocratie en Amérique, se divise en deux tomes bien différents, publiés en 1835 et en 1840 :

    le premier étant une analyse descriptive de la démocratie aux États-Unis (la démocratie comme structure politique);

    le second étant une réflexion sur les formes particulières de la démocratie américaine.

    C'est ce second tome qui est peut-être le plus intéressant, car la réflexion de l'auteur s'élargit à des considérations générales sur la démocratie, notamment le risque de tyrannie de la majorité et l'influence que la démocratie exerce sur la société civile, sur les mœurs, les idées, la vie intellectuelle...

    Tocqueville spécula sur le futur de la démocratie, aux États-Unis mais aussi ailleurs, en général, et il eut l'intuition, la prémonition, qu'elle avait une tendance à dégénérer en ce qu'il décrivit comme "le despotisme mou".

    Tocqueville a ainsi annoncé, et prédit, l'avènement d'un autoritarisme "plus étendu et plus doux", qui "dégraderait les hommes sans les tourmenter" et pour lequel "les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne suffisent pas".

    Démocratie comme despotisme : écrit en 1840, ce texte est d'une clarté et d'une lucidité extraordinaires. Il présente ce qui s'est passé et ce qui se passe de plus en plus sous la domination de la démocratie totalitaire : manque d'indépendance, manque d'esprit créatif, manque de vitalité. Les vices des gouvernants et l'imbécillité des gouvernés dominent.

    C'est un portrait impitoyable de la réalité contemporaine, composé il y a plus de 150 ans...

    En complément de la lecture de ce "Grand texte", le lecteur pourra utilement se référer à notre très courte Page :

    Raffaele Simone : "Pourquoi l'Europe s'enracine à droite"

     

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  • GRANDS TEXTES (48) : D'où vient la France ? Éloge des Celtes, qui ont su saisir la chance de la romanisation...

    ... par Charles Maurras et Jacques Bainville

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    Buste de César en marbre, trouvé dans le Rhône en 2008...
     
    En janvier 2010, Éric Besson, bien pâle et bien falot ministre du très mauvais Président que fut Nicolas Sarkozy, proféra l'insanité suivante : "La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage..."

    Nous répondîmes aussitôt, dans ces colonnes, à cette stupidité monumentale, rappelant cette évidence : à partir du moment où l'on quitte la Préhistoire pour entrer dans l'Histoire, il y a un premier peuplement connu, identifié sûrement, dans cette terre qui s'appelle aujourd'hui "la France" : c'est le peuple Basque. Celui-ci, comme les deux tiers de l'Europe, fut comme recouvert par une immense migration : celle des Celtes, qui recouvrirent toute l'Europe de l'ouest et l'Europe centrale.
    Ce sont donc les Basques, puis les Celtes, qui sont à la base même du peuple français d'aujourd'hui, qui en sont comme les fondations.
    Sans savoir qu'il répondait par avance à cet ignare d'Éric Besson, Maurras évoquait, dans un article de L'Action française du 6 juillet 1912, intitulé L'Hospitalité :
    "Ce pays-ci n'est pas un terrain vague. Nous ne sommes pas des bohémiens nés par hasard au bord d'un chemin. Notre sol est approprié depuis vingt siècles par les races dont le sang coule dans nos veines. La génération qui se sacrifiera pour le préserver des barbares et de la barbarie aura vécu une bonne vie."
     
     
    "Vingt siècles". Nous voilà ramenés à l'époques des Celtes, précisément, et à l'époque où les Celtes entrèrent en contact avec le monde Romain (et aussi, par la Massalie, avec le monde Grec). Et l'on va voir que la romanisation du pays, induite par la conquête des Gaules menée par César, fut féconde et heureuse. C'est là, à cette époque, à ce moment historique, que commence véritablement ce qui va devenir "la France"...
     
    Cependant, l'éloge qu'on peut faire de la romanisation du pays serait incomplet, et même faux, si l'on excluait de l'extraordinaire réussite que fut cette romanisation... le peuple Celte.
    Sans les Celtes, en effet, sans leurs grandes qualités et leur non moins grande ouverture d'esprit, la romanisation aurait été la simple conquête militaire d'un territoire - un de plus... - par les Romains, qui en ont conquis tant d'autres; mais elle n'aurait pas produit tout ce qu'elle a produit chez les Celtes, avec eux, et grâce à eux, aux côtés des Romains.

    Il s'agit donc bien d'une fusion, au meilleur sens du terme, entre deux grands peuples, d'une addition de leurs qualités, en quelque sorte, et non simplement de la conquête des uns (les Celtes) par les autres (les Romains), quelles que soient les qualités intrinsèques de ces derniers et ce qu'ils apportaient de bon et de fécond...

    Le trésor qu'apportaient les romains n'a pu fructifier à ce point que parce qu'il tombait sur une terre tout à fait apte et disposée à le recevoir et à le faire produire au centuple.

    C'est ce que dit fort bien Jacques Bainville, dès les premières lignes de sa magistrale Histoire de France :

    "La fusion des races a commencé dès les âges préhistoriques. Le peuple français est un composé. C'est mieux qu'une race. C'est une nation..."

    Voilà pourquoi, à partir de Jules César, conquérant des Gaules, qui a mis rudement les deux peuples en contact, nous évoquerons d'abord, avec Jacques Bainville, l'apport romain dans cette merveilleuse fusion de deux peuples. Mais, sitôt après, nous lirons un beau texte de Charles Maurras, exaltant les vertus ancestrales et la grandeur évidente de ces Celtes, sans lesquels, redisons-le, rien de ce à quoi l'on a assisté par la suite ne se serait passé de la même façon...

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  • GRANDS TEXTES (47) : Préface du "Charles Maurras" (de Michel Mourre), par Pierre Dominique (extraits)

     

    C'est en 1953 - un an après la mort de Maurras - que Michel Mourre fit paraître son excellent ouvrage, sobrement intitulé : Charles Maurras. 144 pages, au format 11/18 : il s'agit d'un "grand petit livre", pour reprendre la façon de parler de Pierre Boutang, présentant comme "un immense petit livre" L'Avenir de l'Intelligence de Maurras (ouvrage lui aussi très court).

    Treize ans plus tard, Jean de Fabrègues fit à son tour paraître son excellent Charles Maurras et son Action française. Dans un article paru dans Le Monde, le 26 novembre 1971, et intitulé La doctrine de Maurras, Gilbert Comte ne s'y était pas trompé :

    "Excepté deux biographies assez dissemblables, mais excellentes, écrites par Michel Mourre en 1953 et Jean de Fabrègues treize ans plus tard, les études approfondies consacrées depuis la guerre à Charles Maurras nous sont généralement venues de l'étranger, grâce aux travaux du critique américain Léon S. Roudiez, de son compatriote l'historien Eugen Weber, ou du philosophe allemand Ernst Nolte. Trop de rancunes laissées par les controverses de la IIIe République, les blessures plus graves encore de Vichy, décourageaient des recherches aussi sereines dans notre pays."

    Lutte de titans, Héros... : voilà bien des mots familiers aux connaisseurs de la mythologie gréco-romaine. La Préface de Pierre Dominique est bien l'hommage qu'il méritait rendu à l'homme-Héros Maurras et une "restitution", au sens étymologique du terme, de la vérité du Martégal, de la vérité sur ce que fut l'homme et son action titanesque, entreprise à partir, en gros, de sa trentième année.

    En prenant deux siècles de recul - et de hauteur - Pierre Dominique remonte aux sources lointaines du Mal contre lequel se dressa Maurras : aux années 1750  (il écrit, lui, en 1953) époque où la secte des Encyclopédistes a semé en plein Paris, dans cette France de la douceur de vivre dont parlait Talleyrand les germes et semences de cette affreuse idéologie qui allait ensanglanter non seulement la France (avec le Génocide vendéen, le premier des Temps modernes) mais toute l'Europe et se propager jusqu'aux extrémités de la terre : l'Extrême-Orient, avec les fleuves de sang des tyrannies sanglantes de Mao, Ho Chi Minh, Pol Pot...; l'Afrique, et ses féroces dictatures marxistes-léninistes...; l'Amérique, avec les horreurs d'un Castro, d'un Che Guevara, d'un prétendu "Sentier lumineux"...

    Oui c'est bien une lutte titanesque contre une idéologie qui ne l'était pas moins que Maurras a livré, à partir du jour où, comme il l'a dit lui-même, il est "entré en politique comme on entre en religion"

    Il annonçait, dans L'Avenir de l'Intelligence, "l'âge de fer" dans lequel nous nous trouvons. Son disciple fidèle, et commentateur zélé, Pierre Boutang, parlait, lui, de "l'âge héroïque" qui était celui qui attendait tous les Français qui lutteraient pour rétablir "l'ordre légitime et profond"...

    Place au texte...

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  • GRANDS TEXTES (46) : Du ralliement à la République, au ralliement au monde, par Hilaire de Crémiers.

    1A.jpgNouvelle Religion Républicaine contre Religion chrétienne : c'est le combat titanesque ouvert lors de la Révolution française, préparée par les Encyclopédistes, et par elle. 

    Hilaire de Crémiers propose ici une récapitulation aussi brillante que juste de ce conflit "à mort" engagée depuis maintenant près de deux siècles et demi.

    Nous n'avons évidemment rien à rajouter à ce qu'il dit, que nous approuvons totalement, bien entendu,. Nous signalerons seulement au lecteur qui chercherait d'autres détails sur tel ou tel point que quatre de nos Éphémérides traitent des rapports entre l'Église et la République idéologique française, en général, et des rapports entre l'Église et l'Action française en particulier :

    pour les rapports entre l'Église et la République idéologique française, voir l'Éphémeride du 16 février - sur le "Ralliement" - et celle du 18 novembre - sur le "toast d'Alger", qui préparait les esprits à ce "ralliement";

    pour les rapports entre l'Église et l'Action française, voir, notre Éphéméride du 29 décembre, sur les premières sanctions vaticanes contre l'Action française, et notre Éphéméride du 10 juillet, sur la levée des sanctions vaticanes par Pie XII...

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  • GRANDS TEXTES (45) : Le départ, par Honoré de Balzac

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    Le 16 août 1830, Balzac est à Cherbourg pour apercevoir et saluer le Roi, Charles X, qui quitte la France, pour toujours. Un peu plus d'un an après, il écrit un très court texte, Le départ, dans lequel il définit son royalisme.

    Dans un autre de ses textes peu connus, paru dans les Contes bruns, il écrit : "Le plus beau pouvoir connu… Tout arbitraire et tout justice; le vrai roi !…"

     

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  • GRANDS TEXTES (44) : La grande clarté du Moyen-Âge, par Gustave Cohen

     

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    Historien médiéviste, Gustave Cohen est né à Saint-Josse-ten-Noode le 24 décembre 1879 et mort à Paris le 10 juin 1958

    En octobre 1912, il est nommé professeur au tout nouveau département de français de l'Université d'Amsterdam, mais en 1914, il quitte ses étudiants pour faire la guerre.

    À partir de la fin de la guerre, Cohen occupe des postes à l'Université de Strasbourg et à la Sorbonne. Il crée le groupe théâtral Les Théophiliens (nommé ainsi après la représentation du Miracle de Théophile de Rutebeuf en mai 1933, salle Louis Liard à la Sorbonne) dont René Clermont a été metteur en scène. C'est également en 1933 qu'il fonde, à Amsterdam, la Maison Descartes.

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  • GRANDS TEXTES (43) : "Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est seul devant Dieu", par Charles Péguy

    (Portrait de Charles Peguy, par Jean-Pierre Laurens, Musee des Beaux-Arts, Chartres)

    Voici un court passage de Charles Péguy : "Pour la première fois dans l'histoire du monde l'argent est seul devant Dieu"

    Un texte où Péguy, venu du radical-socialisme ("Ce Péguy...", disait Bainville) rencontre Maurras, le Maurras de L'Avenir de l'Intelligence, cet "immense petit livre" dont parle Boutang.

    Péguy, au soir de sa vie, jeune encore (né en 1873, il est mort pour la France en 1914, il avait 41 ans...) a constaté ce que Maurras avait expliqué, et dont il avait, si l'on peut dire, démonté le mécanisme...

    Les deux hommes ne se sont jamais rencontrés, physiquement. Ils n'ont jamais dialogué ensemble. On peut le regretter, l'histoire ne l'a pas voulu.

    Mais, force est de constater qu'ils se sont bien rencontrés, intellectuellement s'entend, sur ce constat terrible et fondamental : l'Argent est devenu Roi, et nous sommes dans "l'âge de fer" qu'avait annoncé Maurras, qu'a constaté Péguy...

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  • GRANDS TEXTES (42) : La cathédrale effondrée, par Pierre Debray

    Pierre DEBRAY au Rassemblement Royaliste des Baux de Provence

     

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgLa métaphore de la cathédrale effondrée est descriptive de la France de 1962 - date de parution de l'ouvrage portant ce titre. En voici l'avant-propos.

    Mais la métaphore de la cathédrale effondrée s'impose bien plus encore à notre réflexion sur la réalité d'aujourd'hui, encore empirée.

    Cette réflexion ne contredit pas les doctrines initiales de l'Action française. Pierre Debray le montre : elle les actualise, conformément à la méthode maurrassienne.

    La déchéance du Pays réel réclame désormais qu'il soit presque intégralement reconstruit et impose au Politique d'abord !  des conditions, une temporalité différentes de ce qu'elles furent vers l'année 1900.

    Les nouvelles générations qui auront la charge de prolonger l'Action française et le royalisme français, sont aujourd'hui familières de ces problématiques.

    Ce 42ème grand texte - choisi pour son actualité - montre aussi que leurs aînés avaient très tôt ouvert la voie, avec une extrême lucidité. 

    Lafautearousseau     

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  • GRANDS TEXTES (41) : L'Avenir du nationalisme français

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    Le tome II des Œuvres capitales de Charles Maurras, sous-titré Essais politiques, s’achève par un texte court au titre prometteur : L’Avenir du nationalisme français.

    En exergue, on y lit la mention suivante : Ces pages forment la conclusion  du mémorial publié sous le titre POUR UN JEUNE FRANÇAIS chez Amiot Dumont, Paris, 1949.

    Maurras y démontre comment « le nationalisme français se reverra, par la force des choses…»  Force des choses qui, aujoud'hui, semble bien s'exercer sur la France avec intensité, avec caractère de gravité, de divers ordres, intérieurs et extérieurs.

    Et justifier la permanence ou le retour d'un nationalisme français, tel que Maurras l'illustre et le redéfinit ici.

    Par quoi ce très beau texte trouve toute son actualité.  

    Lafautearousseau 

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  • GRANDS TEXTES (40) : Maurrassisme et Catholicisme

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    Maurras s'explique ici, avec une hauteur de vue incomparable et dans une langue superbe  sur le grand respect, la sourde tendresse, la profonde affection qu'il voue - et avec lui toute l'Action française, croyants ou non - à l'Eglise catholique.

    Au temps où Maurras publie ce vrai grand texte, comme au nôtre, cet attachement a toujours suscité une sorte de critique catholique venue de milieux bien déterminés - suspectant sa sincérité ou mettant en cause ses motivations supposées.

    Cette même mouvance s'employait par ailleurs, à combattre tout ce qui, dans l'Eglise pouvait relever de la Tradition. 

    Nous partageons aujourd'hui encore les analyses et les sentiments de Maurras envers le Catholicisme - ce qui est pourtant devenu parfois fort difficile du fait de tels des revirements, évolutions, ou prises de position actuelles de l'Eglise. 

     

    Mais nous n'ajouterons pas à la longueur de ce texte superbe.   Lafautearousseau 

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  • GRANDS TEXTES (39) : Le mythe de la jeunesse, par Pierre Boutang (Revue universelle, février 1941)

    Pierre Boutang, jeune militant d'Action français aux environs de la guerre

     

    2504458051.5.jpgCe texte s'adresse à la jeunesse d'un pays défait, vaincu et occupé, la jeunesse française, de l'hiver 1941.

    Boutang en fait lui-même partie. Il a 24 ans et l'on admirera encore aujourd'hui la puissance de ses sentiments, la vigueur de sa pensée.

    Bornons-nous à résumer son exhortation : « Désormais, nous sommes une jeunesse qui veut se situer à l'origine ». 

    Laquelle ? La France millénaire.

    En un sens, nous voici dans une situation en partie comparable, victimes d'une autre forme d'invasion, d'une autre occupation.

    Nous aussi n'aurons de salut que si nous restons un peuple qui veut se situer à l'origine

    Lafautearousseau   

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  • GRANDS TEXTES (38) : "Une Patrie..." par Charles Maurras

     

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +.jpgIl ne nous semble guère utile d'ajouter un long commentaire au texte de Maurras que nous publions aujourd'hui. Il date de la fin de sa vie, est extrait d'un livre publié après sa mort, et l'époque à laquelle il l'écrit, le Bel Aujourd'hui auquel il se réfère - dont il fait aussi le titre de son livre - est la France de Vincent Auriol, de la IVe République, des lendemains de la Libération. C'est aussi le temps de son ultime captivité, où il songe à l'avenir de la France et des idées qui ont été toute la matière de sa vie.

    Justement, le texte qui suit nous parle; il tombe, si l'on peut dire, à point nommé, au moment précis où toutes les composantes du Système s'emploient à nous prêcher, à nous seriner, même, le dogme des valeurs républicaines, dont on nous dit aussi qu'elles seraient en danger bien que, au fond, personne ne sait vraiment en quoi elles consistent, si ce n'est en de pures et utopiques abstractions. L'argument électoraliste stigmatise le danger que le Front National ferait courir à la République. Mais il ne s'agit, en fait, que de sauver des sièges ! Plus redoutable est la contestation de ceux, de plus en plus nombreux, de plus en plus puissants, de plus en plus audibles, qui s'aperçoivent et écrivent que les Lumières sont éteintes, que les valeurs républicaines ne sont pas un absolu, que la République, elle-même, n'est qu'une modalité, qu'elle peut finir, que la France est un vieux pays, chargé d'une très longue histoire et qui ne commence pas en 1789. Ce sont là, en effet, des idées qui tuent; qui mettent la République en danger. Viendrait-elle à disparaître ? Houellebecq conclut son livre par cette phrase : je n'aurais rien à regretter.

    Aux valeurs républicaines, qui ne sont que des idées abstraites et fausses, Maurras oppose une conception radicalement autre. Il leur oppose la France réelle, fait d'histoire, fait de naissance et, avant tout, dit-il, phénomène de l'hérédité. Ici, nous sommes au cœur du débat d'aujourd'hui. Ce débat est maintenant largement ouvert. Il n'est pas sûr que les valeurs de la République, la République elle-même, en sortent indemnes.

    Au moment précis où toutes les composantes du Système s'emploient à nous prêcher, à nous seriner même, en tout cas à nous imposer, les dogmes mondialistes, européistes, immigrationnistes, consuméristes... pour construire une France hors sol, une société liquide, multiculturelle et diversitaire, noyée dans le grand marché mondial, Maurras oppose à cette « politique » une conception radicalement autre : il leur oppose la France réelle, fait d'histoire, fait de naissance et, avant tout, dit-il, phénomène de l'hérédité. Ici, nous sommes au cœur du débat d'aujourd'hui. Ce débat est maintenant largement ouvert. En Europe même, les patries ne s'effacent pas, nombre de nations resurgissent, s'opposent au nivellement. Comme sur les autres continents. En ce sens, c'est le triomphe de  Maurras.  

    En ce sens, c'est le triomphe de Maurras.  Lafautearousseau   

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  • GRANDS TEXTES (37) : Affirmer hautement ses Racines, son Identité, son Être profond... pour mieux s'ouvrir à l'universel. Deux courts extraits de Charles Maurras

    france identite nationale.jpgEn choisissant de rapprocher deux courts extraits de deux textes différents de Charles Maurras, écrits à des dates et dans des contextes bien distincts, nous n'avons pas cherché l'originalité pour l'originalité. Mais bien plutôt, pour une fois, nous avons préféré - plutôt que de citer tout ou partie d'un seul ouvrage ou d'un seul article - rapprocher deux textes qui se complètent, et permettent de bien préciser notre pensée sur un sujet souvent débattu, surtout dans notre actualité, et portant sur le thème de l'immigration et de l'identité française en particulier, des rapports avec les autres en général. 

    Le premier texte, intitulé L'Hospitalité, a été écrit par Maurras peu avant la Guerre de 14, dans L’Action française du 6 juillet 1912. Maurras y affirme très clairement le droit et le devoir, pour les Français, d'être et de rester ce qu'ils sont, ce que l'Histoire a voulu qu'ils soient. Et qu'il est non seulement bon mais nécessaire d'affirmer que l'on est Français, de se battre pour défendre et promouvoir cette "diversité France".

    On y trouve comme un écho de la célèbre déclaration de Joseph de Maistre dans ses Considérations sur la France : "Or, il n’y a point d’homme dans le monde. J’ai vu, dans ma vie, des Français, des Italiens, des Russes, etc. ; je sais même, grâce à Montesquieu, qu’on peut être Persan : mais quant à l’homme, je déclare ne l’avoir rencontré de ma vie; s’il existe, c’est bien à mon insu."

    Mais, aussi impérative soit-elle,  cette première mise au point, si elle restait isolée, demeurerait incomplète, et ne permettrait pas de nourrir complètement le débat, d'arriver pour ainsi dire à son terme, en proposant une position globale et équilibrée. Un pays, quel qu'il soit, ne se conçoit évidemment pas comme hermétiquement clos vis-à-vis du monde extérieur, ni fermé à tout type d'influences (soit qu'il les rayonne vers l'extérieur, soit qu'il les reçoive de l'extérieur). Aucune Civilisation, aucun peuple, ne peut rester retranché du reste du monde, sans contact aucun avec lui : c'est l'évidence même, au point d'en devenir une banalité. 

    Point de fixisme donc - si l'on peut employer ce terme - chez Maurras, et voilà pourquoi il est bon de compléter, en quelque sorte, ce premier passage par un second, tiré du Soliloque du prisonnier, dont on disposera du texte intégral en 2010 : dans ce court passage - que l'on pourrait intituler "ma Mediterranée" - Maurars montre bien que, si l'on doit affirmer que l'on est Français, si l'on doit se battre pour défendre et promouvoir cette "diversité France", ce combat non seulement ne coupe pas, n'isole pas du monde extérieur, mais, bien au contraire, est la meilleure des façons de s'ouvrir à lui, à l'universel... 

     

    I. L’hospitalité (L’Action française, 6 juillet 1912)

    "...Il s'agit de savoir si nous sommes chez nous en France ou si nous n'y sommes plus ; si notre sol nous appartient ou si nous allons perdre avec lui notre fer, notre houille et notre pain ; si, avec les champs et la mer, les canaux et les fleuves, nous allons aliéner les habitations de nos pères, depuis le monument où se glorifie la Cité jusqu'aux humbles maisons de nos particuliers. Devant un cas de cette taille, il est ridicule de demander si la France renoncera aux traditions hospitalières d'un grand peuple civilisé. Avant d'hospitaliser, il faut être. Avant de rendre hommage aux supériorités littéraires ou scientifiques étrangères, il faut avoir gardé la qualité de nation française. Or il est parfaitement clair que nous n'existerons bientôt plus si nous continuons d'aller de ce train.

    … Ce pays-ci n'est pas un terrain vague. Nous ne sommes pas des bohémiens nés par hasard au bord d'un chemin. Notre sol est approprié depuis vingt siècles par les races dont le sang coule dans nos veines. La génération qui se sacrifiera pour le préserver des barbares et de la barbarie aura vécu une bonne vie.

    …La jeune France d'aujourd'hui est en réaction complète et profonde contre ce double mal. Elle rentre chez elle. Ses pénates intellectuels, ses pénates matériels seront reconquis. Il faut que l'ouvrier français, le savant, l'écrivain français soient privilégiés en France. Il faut que les importations intellectuelles et morales soient mises à leur rang et à leur mérite, non au-dessus de leur mérite et de leur rang. L'étiquette étrangère recommande un produit à la confiance publique : c'est à la défiance du pays que doit correspondre au contraire la vue de tout pavillon non français. Qu'une bonne marque étrangère triomphe par la suite de cette défiance, nous y consentons volontiers, n'ayant aucun intérêt à nous diminuer par l'ignorance ou le refus des avantages de dehors, mais l'intérêt primordial est de développer nos produits en soutenant nos producteurs. Le temps de la badauderie à la gauloise est fini. Nous redevenons des Français conscients d'une histoire incomparable, d'un territoire sans rival, d'un génie littéraire et scientifique dont les merveilles se confondent avec celles du genre humain."

     

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    II. Le Soliloque du prisonnier

     

    "...Je suis un drôle de Méditerranéen; ma Méditerranée ne finit pas à Gibraltar, elle reçoit le Guadalquivir et le Tage, elle baigne Cadix, Lisbonne et s'étend, bleue et chaude, jusqu'à Rio de Janeiro. Elle atteint le cap Horn, salue Montevideo, Buenos Aires et, sans oublier Valparaiso ni Callao, elle s'en va, grossie de l'Amazone et de l'Orénoque, rouler dans la mer des Caraïbes, caresser amoureusement nos Antilles, puis Cuba et Haïti, ayant reçu le Meschacébé du grand enchanteur de Bretagne; elle court au Saint-Laurent et, sauf de menues variations de couleur ou de température, va se jeter dans la baie d'Hudson où elle entend parler français. Le caprice de cette Méditerranée idéale le ramène alors à notre hémisphère, mais non pas nécessairement pour revoir Balèares, Cyclades, Oran ou Alger, car ni Anvers ni Gydnis ne lui sont plus étrangers que les Polonais et les Belges ne lui apparaissent barbares: ma Méditerranée ne demande pas mieux que de devenir nordique ou baltique pourvu qu'elle rencontre, ici ou là, les deux lucides flammes d'une civilisation catholique et d'un esprit latin...

    ...L'humanité à venir exigera, pour condition primordiale, ce noyau actif, attractif, organisateur.... Ainsi tendrait à se reconstituer le Koinon du règne humain, conscience de cette grandeur dans cette unité qui est déjà exprimée de Virgile à Mistral avec une force fière, modérée et douce; les plus amples généralités de l'esprit y sont vivifiées par la généralité de l'âme, tant pour servir l'ensemble que pour l'utiliser sans en exclure personne ni rien..."

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  • GRANDS TEXTES (36) : La "Monarchie absolue", c'est la monarchie parfaite, par François Bluche

    Voici un très court extrait (moins de trois pages, les 185, 186 et 187) d'un très gros ouvrage : le magnifique Louis XIV de François Bluche, ouvrage en tous points remarquable, et qui ne mérite que des éloges.

    On peut dire de ce livre magistral - paru le 3 septembre 1986 - qu'il constitue une Somme, sur le règne du Grand roi, un peu comme l'on parle de la Somme théologique de Saint Thomas d'Aquin.

    Le Louis XIV de Bluche ne compte en effet pas moins de... 1039 pages ! Et il est rare que l'on donne le poids d'un livre : le sien pèse 637 grammes !...

    C'est, évidemment, l'ouvrage d'un historien, François Bluche n'étant ni ne se voulant, en aucune façon, penseur ou homme politique. Pourtant, dans ces trois pages, avec un style limpide, à la portée de tous les publics, il rendra un grand service à tous ceux qui, simplement parce qu'ils l'ignorent, ou parce qu'ils ont été trompés par un certain enseignement de l'Histoire, ne connaissent pas le sens de l'expression "monarchie absolue", qui a été, volontairement, déformé et caricaturé par une propagande mensongère, visant à éloigner les Français de leur héritage et de leur histoire vraie : ainsi, dans ces pages, François Bluche est-il, vraiment, politique, au bon sens du terme, et un excellent vulgarisateur... de la vérité, tout simplement.  

    C'est à ce titre que ces courtes pages d'un grand livre méritent d'entrer dans notre collection de Grands Textes. 

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  • GRANDS TEXTES (35) : La Monarchie fédérale, par Charles Maurras

    COLONNE GRECQUE 1.jpg"Quoi de plus moderne qu'une colonne grecque ?" répondait Ionesco, sous forme de boutade - mais boutade sérieuse et profonde... - aux tenants d'un art abscons, qui s'enivraient des mots "nouveau", "contemporain", "moderne" etc...

    En le paraphrasant, et en appliquant la paraphrase à la chose politique, ne pourrait-on dire : quoi de plus moderne que ces textes de Maurras, qu'il s'agisse de livres écrits il y a cent ans, au tout début du XXème siècle, comme L'Avenir de l'Intelligence, Kiel et Tanger ou, comme ici, d'un texte beaucoup plus court : La monarchie fédérale ?

    Quoi de plus moderne, mais aussi et surtout, quoi de plus révolutionnaire ? Alors que les tenants du Système sont devenus, de fait, les conservateurs du des-ordre établi de  ce Système, de cette république idéologique qui s'écroule aujourd'hui, après avoir fait faillite en tous domaines, nous sommes, nous les critiques de ce Système, les vrais révolutionnaires de ce des-ordre à l'échec retentissant. "Révolutionnaires" étant pris, bien sûr, non dans son sens idéologique - celui que se sont attribué ceux qui ont voulu 1789 - mais dans son sens naturel et premier : nous voulons retourner les choses, les remettre à l'endroit, pour, expliquait Boutang, retrouver "l'ordre légitime et profond"...

    Ainsi, dans la société induite par la révolution de 1789 et par la République de 1875, qui en est l'héritière, et qui était appelée "société bloquée" dès les années 1970 par Jacques Chaban-Delmas, il est bien révolutionnaire de parler de républiques au niveau municipal, de fédéralisme au niveau provincial (certains préfereront le technocratique "régional"...) et de royalisme à la tête de l'Etat : un Etat a-démocratique, "séquestré", disait Renan, "libéré" disait Maurras - là où Boutang parlait de "Reprendre le Pouvoir" - afin que les forces de l'Argent ne prévalent point contre lui et ne s'en emparent, ce qui est bien le cas aujourd'hui...

    Frédéric Amouretti est bien inconnu aujourd'hui : pourtant, Maurras était en pleine amitié et communion d'esprit et de pensée avec lui sur le régionalisme et le fédéralisme, comme lorsqu'il écrivait : "...En adoptant le plan de Sieyès, et en découpant la France comme matière inerte en départements tracés arbitrairement sur la carte, la Convention a anéanti ces admirables cadres historiques où les hommes, unis par l’identité des souvenirs, de la langue, des mœurs, des intérêts pouvaient bien s’entendre pour s’occuper de tout ce qui les touchait de près...".

    Pour Amouretti, au contraire, et pour les "fédéralistes", il faut respecter la liberté des communes reliées entre elles selon "sis enclin istouri, ecounoumi, naturau...", ce qui passe par la suppression des départements au profit des anciennes provinces avec à leur tête "uno assemblado soubeirano, à Bourdèus, Toulouso, à Mount-Pelié, à Marsiho o à-z-Ais". Ces assemblées devant jouir d'une autonomie complète en ce qui concerne l'administration, la justice, l'enseignement, les travaux publics…

    L'engagement régionaliste d'Amouretti se concrétisa davantage avec la Déclaration des Félibres Fédéralistes du 22 février 1892, co-rédigée avec le jeune Charles Maurras, Amouretti pouvant être considéré, à bon droit, comme "lou paire e lou redatour de la declaracioun", les deux amis se lançant donc face à l’ennemi républicain et jacobin. Face aux multiples reproches de séparatisme ou d’anarchisme, Amouretti répondait :

    "...Quelle erreur ! C’est l’unitarisme au contraire qui mène la France au séparatisme. La fusion, c'est-à-dire l’anéantissement des nationalités particulières où vivent et se distinguent les citoyens en une nationalité abstraite que l’on ne respire ni ne connaît plus, voilà l’unité. Le fédéralisme au contraire, respectant les diversités ethniques et favorisant le libre développement de chaque région, est le plus grand ennemi du séparatisme en le rendant inutile...". 

    Amouretti avait compris que seule la voie monarchique et la présence d'un Roi au sommet de l'Etat pourrait permettre cette fédération : "...Il faut rétablir les provinces, leur rendre la gestion des intérêts provinciaux, surtout en matière de travaux publics, et rétablir les assemblées provinciales avec une compétence assez étendue pour qu’elles aient des sessions fréquentes, longues, fécondes, de nature à attirer l’attention, le respect, la vue..."

    Nous renvoyons le lecteur à l'excellent Cahier de l'Herne sur Charles Maurras (voir aussi ici) dans lequel se trouve la non moins excellente communication de Frédéric Rouvillois, Maurras fédéraliste (pages 232 à 243). Le "Cahier" donne aussi, juste après, la très courte Lettre au curé de Martigues (écrite "vers 1950", soit deux ans avant sa mort...) dans laquelle Maurras dit ceci : "...Nos opinions politiques peuvent ne pas coïncider, mais, outre qu'elles sont inspirées toutes par le même désir du bien d e la France, nous nous rejoignons dans le même sentiment de patriotisme municipal : vous devez connaître assez mes idées pour savoir que, royaliste à Paris et pour les affaires nationales, je suis républicain à Martigues pour les affaires municipales et en Provence pour les affaires de la province; les Républiques sous le Roi ont toujours été ma devise. Voilà un terrain d'accord ! En tout cas, il reste toujours l'amitié que l'on peut avoir entre dignes concitoyens..."

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