jeudi, 02 octobre 2014

En Israël, la tentation de l'exil : rester ou partir, le doute s'installe

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Ce sujet, généralement passé sous silence, est aujourd'hui souvent évoqué ouvertement jusque dans la grande presse. Ainsi, nous avons lu avec intérêt l'article du Monde* que vous pourrez consulter ci-après. Nous avons jugé intéressant de le donner à lire ici, au moment où George Steiner publie un nouvel ouvrage (Un long samedi, chez Flammarion) dans lequel il récuse le sionisme, au fond au nom d'une haute éthique juive, universelle, a-territoriale; et où Aymeric Chauprade refuse que l'anti-sionisme puisse être un élément déterminant de notre politique étrangère. Somme toute, un Intéressant débat ! Lafautearousseau   u 

 

Dans quelques jours, Nitzan Cohen quittera Israël, le pays où elle est née, avec un billet aller simple, direction New York. Pour combien de temps ? Rien n'est encore tranché. Cette jeune femme de 27 ans, diplômée de psychologie, veut surtout prendre un peu le large. Détentrice d'un passeport américain, elle mûrit depuis plusieurs mois sa décision. L'opération "Bordure protectrice" menée cet été à Gaza n'a fait que renforcer son choix.

"Israël est un petit pays avec une guerre tous les deux-trois ans, décrit-elle. La pression est constante." Nitzan a fait ses études à Beersheba, la capitale du Néguev, régulièrement exposée aux tirs de roquette du Hamas à Gaza. A chaque confrontation, l'alarme ne cessait de retentir, précipitant tout le monde aux abris. "J'aime mon pays, mais je ne trouve pas vraiment normal de vivre ainsi", explique-t-elle.

 

« MAUVIETTES MÉPRISABLES »

Quelque 30 % des Israéliens se disent aujourd'hui tentés par l'émigration, selon un sondage diffusé début septembre par la chaîne de télévision israélienne Channel 2. Pour en savoir plus sur les motivations des candidats à l'exil, il suffit de consulter la page Internet Quitter Israël, un site en hébreu délivrant conseils et témoignages. Les uns citent l'insécurité et la tension causées par un conflit qui n'en finit plus. Les autres évoquent une trop grande implication du fait religieux dans le quotidien. Pour beaucoup parmi les jeunes, c'est aussi le coût de la vie qui sert d'aiguillon au départ : depuis cinq ans, les salaires ont stagné tandis que les prix de l'immobilier ont explosé. "J'ai beaucoup de mal à trouver un appartement décent à un prix normal, rapporte Danna Frank, une résidente de Tel-Aviv qui vient de terminer son école de cinéma. Quand je lis ce que racontent sur Facebook mes contacts partis à Berlin, ça me fait sérieusement réfléchir : il est clair qu'on y vit mieux avec beaucoup moins."* 

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L'émigration existe depuis la création de l'Etat hébreu. Mais elle reste un phénomène qui fait débat dans un pays construit par ses immigrants. La langue reflète ce malaise : les Israéliens partis à l'étranger sont surnommés yordim, "ceux qui descendent", par opposition aux nouveaux venus, les olim ("ceux qui montent"). Dans les années 1970, le premier ministre Yitzhak Rabin n'avait que mépris pour ces déserteurs traités de "mauviettes méprisables". A l'automne 2013, un documentaire filmant le quotidien de jeunes Israéliens établis en Europe et aux Etats-Unis a relancé la polémique. Le ministre des finances Yaïr Lapid avait fustigé "ces gens prêts à jeter à la poubelle le seul pays qu'ont les Juifs parce que Berlin est plus confortable".

 

« PARTIR SERAIT COMME TRAHIR »

Pour le démographe Sergio Della Pergola, en dépit du tam-tam médiatique, le taux d'émigration est en réalité très faible. "Plus faible qu'en Suisse et dans la plupart des pays développés, précise-t-il. Et parmi ceux qui disent vouloir partir, il est difficile de distinguer ce qui relève de la discussion de salon ou du projet concret." Ce professeur à l'université hébraïque de Jérusalem affirme aussi que la question s'est banalisée : "Israël est une société plus mûre et la mobilité internationale y est devenue une donnée comme une autre." C'est ce que semble montrer l'enquête de Channel 2 : chez 64 % des sondés, le sujet de l'émigration suscite des réactions de bienveillance ou d'indifférence. Seuls 36 % y sont hostiles.

Pourtant, les Israéliens tentés par l'exil confessent souvent une ambivalence face à leur projet. Michal et Avi (les prénoms ont été changés) ont vécu neuf ans à Londres. En janvier 2013, à la naissance de leur fille, ils sont revenus à Jérusalem. L'enchaînement de violences de l'été – kidnappings, meurtres et offensive sanglante à Gaza – les fait aujourd'hui douter. "La situation politique me désole et me donne envie de repartir, raconte Michal d'un ton voilé par l'émotion. Mais mes grands-parents ont choisi de quitter l'Allemagne et les Pays-Bas pour venir ici au début des années 1930. Partir définitivement après deux générations serait comme trahir un engagement."

 

* Par Marie de Vergès - Le Monde, 20 septembre 2014            

2 Octobre 1914 ... Si la France a dû subir l'invasion ...

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M. Papillon, propriétaire vigneron à Chargé et voisin de La Roche, nous prête tous les matins La Dépêche de Tours, journal républicain radical dont il est le fidèle abonné. Comme son journal, c'est un bon républicain radical que M. Papillon. Et dans sa petite maison, ma foi proprette, il s'est longtemps réjoui des progrès de la démocratie, dans le pays tourangeau en particulier et dans le pays de France en général. M. Papillon a d'ailleurs un fils, des neveux, plusieurs cousins aux armées. M. Papillon n'est pas un mauvais français. Mais s'il connaît bien la vigne, la commune de Chargé et l'arrondissement d'Amboise, M. Papillon n'est pas instruit des choses de la guerre ni de la politique européenne. Pour être bon  français, on n'en a pas moins "ses idées", n'est-ce pas, M. Papillon ? Et ces "idées" consistaient à croire que la guerre est une chose d'un autre âge, qu'en notre siècle de progrès et de lumière l'homme a cessé d'être un loup pour l'homme et que, si le proverbe : "Qui terre a, guerre a", est vrai pour les propriétaires vignerons, il cesse de l'être pour les Etats, surtout au XXème siècle...  

M. Papillon a eu un triste réveil. Il n'a pas vu la naissance des Etats-Unis d'Europe. Mais son fils, ses neveux ont été blessés par des éclats de shrapnells. Et M. Papillon regrette aujourd'hui que nous n'ayons pas plus d'officiers, pas plus d'artillerie lourde. M. Papillon ne pense pas que, si la France a dû subir l'invasion, si des milliers et des milliers de ses fils tombent en ce moment devant les tranchées que les Allemands ont creusées sur notre propre sol, la faute en est non pas à lui seul ni à lui-même, grands dieux, mais aux institutions qui ont remis à M. Papillon et à dix millions de M. Papillon divers, constituant le corps électoral français, une tâche qu'ils ne pouvaient pas remplir : celle du souverain.

Le peuple souverain, c'est M. Papillon multiplié à un très grand nombre d'exemplaires et qui crée des représentants à son image, c'est-à-dire des hommes dont l'esprit est naturellement limité aux préoccupations du métier, du village ou de la petite ville. Comment leur en vouloir d'être tels qu'ils doivent être, prévoyants pour leur négoce, pour leur vie privée, imprévoyants pour ce qu'ils ne connaissent pas ?

L'état de l'Europe, les risques de conflit européen, les nécessités et le caractère de la guerre moderne, l'organisation militaire de l'ennemi, où et quand voulez-vous que M. Papillon ait étudié tout cela ? Il est déjà très beau qu'un sentiment, un instinct tenace aient porté M. Papillon à ne pas consentir au désarmement complet de son pays. 

Un philosophe anglais a dit que le premier mot de la démocratie, c'était jalousie. Summer Maine voyait peut-être un peu court. Le premier mot des gouvernements démocratiques, c'est ignorance. Dans les temps que nous vivons, l'ignorantia democratica revêt un caractère tragique : c'est la grande homicide qui fait tuer la fleur de la jeunesse française.  u  

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La Dizaine de Magistro, une tribune d'information civique et politique

magistro nouveau.jpgPar-delà le discours dit de droite, dit de gauche ou d'ailleurs, l'essentiel touche aux fondamentaux... un choix de civilisation !  

MAGISTRO, une tribune libre et indépendante d'information civique et politique, en ligne depuis 2008. 

 

= François-Xavier BELLAMY   Professeur agrégé de philosophie
     L'urgence ? Le retour au réel
Sophie de MENTHON   Chef d'entreprise, Présidente d'ETHIC
     Classe !
Denis TILLINAC   Ecrivain
     Quand le peuple de droite se réveille
Ivan RIOUFOL     Journaliste politique   
     L'Etat islamique, cet oublié du show Sarkozy
     Une guerre de civilisation ?
Christine SOURGINS   Historienne de l'art
     L'Art dit contemporain, de fraîcheur en décrépitude
Jacques BICHOT   Economiste, Professeur émérite à l'Université Lyon 3
     Un candidat conquérant, mais saura-t-il gérer ? (N. Sarkozy)
Gérard-François DUMONT   Géographe, Professeur d'université à la Sorbonne
     La réforme territoriale ou l'illusion jacobine
Aude MIRKOVIC   Maître de conférences en droit privé à l'Université d'Evry
     L'enfant pour tous ?
François JOURDIER   Officier, Contre amiral (2°S)
     La guerre, ça tue !
     Ukraine, Mayotte, ... 

A Blois, le 10 octobre, une conférence de François Schwerer, à ne pas manquer !

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Pour tous détails ... cliquez ICI.

 

Ephéméride du 2 Octobre.

1369 : Du Guesclin nommé connétable

 

Dans notre Album L'aventure France racontée par les cartes..., voir la photo "Guerre de Cent ans (2/4) : premier rétablissement". 

 

Charles V, le Sage, fait ainsi de lui le commandant suprême de l'armée française.

Le mot vient du latin comes stabuli, qui désigne le comte de l'étable (aussi appelé grand écuyer).

Toujours fidèle, Du Guesclin obtiendra le privilège rarissime d'être inhumé à côté de ces Rois qu'il aura si fidèlement servis, dans la Basilique de Saint-Denis (ci dessous, son gisant)

 

http://www.lionsdeguerre.com/moyen-age/duguesclin-moyen-a...

 

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mercredi, 01 octobre 2014

La GPA bientôt légalisée ? Le dossier du numéro d'octobre de Politique magazine (qui vient de paraître)

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Sommaire

Nous publierons dans les tout prochains jours l'éditorial de cette nouvelle livraison de Politique magazine : 

2017, C'EST DEMAIN

Abonnement

 

1er octobre 1914 ... La cathédrale de Reims longuement bombardée et en flammes ...

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Robert Chauvelot nous a apporté toute une série de journaux allemands qu'il a reçue de Genève. C'est la première fois que j'en vois depuis la guerre. Lecture passionnante. Nous sommes introduits chez l'ennemi, nous pouvons lire, à travers les lignes, dans sa pensée.

"...Voici les principaux organes de là-bas : l'officieuse Gazette de Cologne, La Gazette de Francfort, moniteur de le finance, du libéralisme et du sémitisme, le Berliner Tageblatt qui représente la même tendance à Berlin, mais avec une nuance de fronde en plus : c'est ce Berliner Tageblatt que l'on nous citait à tout instant dans les annnées qui ont précédé la guerre, quand on voulait convaincre les Français que l'opinion publique allemande était pacifique, désavouait d'avance et paralysait à coup sûr toute velléité d'agression du gouvernement impérial. Voici encore la Gazette de Voss, celle que les Berlinois appellent "la  tante Voss", un journal guindé dans son libéralisme à la très vieille mode, et qui représente à merveille les classes moyennes allemandes...

Tous ces journaux portent des dates qui s'étendent du 17 au 21 septembre. Tous ont le même caractère : ils suent l'embarras, ils trahissent le bluff et la contradiction.

L'Allemagne souffre en ce moment d'une invasion rentrée. Il s'agit en effet d'expliquer au lecteur pourquoi l'armée allemande n'a pas pénétré dans Paris, pourquoi elle a dû se replier, après la bataille de la Marne, pourquoi elle est bloquée dans ses tranchées. Eh bien ! visiblement, tout cela n'est pas explicable. Les malheureuses gazettes de Cologne, Francfort et autres lieux, s'évertuent à chercher une présentation des choses qui soit acceptable pour leurs lecteurs. Et elles ne trouvent pas.  

De Paris, d'abord, il n'est plus question. "Plus Paris ! Plus Paris !" comme disaient, il y a trois semaines, les soldats allemands qui battaient en retraite. Après avoir annoncé avec fracas qu'on serait à Paris trois semaines après l'entrée en campagne, on ne souffle plus mot à ce sujet. Quant à la bataille de la Marne, silence : on n'en parle pas plus que si elle n'avait pas eu lieu. Et, par un effronté renversement des rôles, on essaie de faire croire au lecteur allemand que ce sont les Français qui sont sur la défensive, que ce sont eux qui doivent se livrer à des sorties désespérées pour  briser le cercle de fer qui étreint le soldats de Von Kluck. A lire ces gazettes, on croirait, ma parole, que ce sont nos soldats qui sont actuellement terrés dans les tranchées allemandes et qui y reçoivent les rafales de nos canons de 75.

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Il l'a dit ...

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Ephéméride du 1er Octobre.

1291 : Aux origines du Pont Valentré.

 

Philippe IV le Bel accorde à la ville de Cahors la permission de "lever et recevoir barre ou passage" pour la construction du Pont Neuf, ou Pont Valentré.

C'est aujourd'hui le plus beau et le mieux conservé des ponts médiévaux européens :

 

http://www.mairie-cahors.fr/tourisme/Pontval/Legende.html

 

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mardi, 30 septembre 2014

Humeur d'actualité dans Figarovox ... celle d'André Bercoff : les défaites aux élections passent, Hollande reste *

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Pour André Bercoff la nouvelle défaite du PS aux élections sénatoriales n'ébranlera pas le président de la République. Protégé par les institutions, François Hollande devrait, selon lui, terminer son mandat.

Ingrate Corrèze, méchante Corrèze: qu'un sénateur UMP se fasse élire triomphalement dans le fief de François Hollande est pire qu'un crime: une faute. Que deux sénateurs socialistes se fassent remercier en rase campagne, entre Brive et Tulle, a de quoi décourager les optimistes quant à la nature humaine. Quoi? Le département qui a eu l'honneur d'abriter deux présidents de la Vème République, le roi fainéant Chirac et le brillant chef d'Etat qu'actuellement le monde nous envie, a le front de ne pas voter légitimiste? Les méchants, les cyniques et le cortège des défaitistes entonneront une fois de plus la mauvaise litanie de l'échec comme art de gouverner.

 

« La Constitution est grande et Hollande son prophète. Circulez, citoyens-électeurs-consommateurs, il n'y a rien à voir. Et si vous n'êtes pas contents, continuez à râler. »

 

Il est vrai que, depuis près de deux ans et demi, le locataire de l'Elysée n'a pas été gâté: navigation à vue, cocoricouacs, promesses non tenues, engagements non suivis d'effets, une France centrifuge qui part dans tous les sens, au gré des corporatismes et des avantages acquis, des régimes spéciaux et des gouffres de la dette, un pouvoir en mauvais termes avec les mots et en contre-programmation permanente. Hollande est donc impopulaire et entraine Valls dans sa chute: cette banalité de base masque deux réalités au moins aussi essentielles. La première est que la droite, bien que Sarko Zorro soit arrivé, va connaître encore de jolies tensions internes marquées par le poids des egos et le choc des promos. La deuxième est que le Front National, s'il engrange des progrès non négligeables, se heurte à un iceberg européen et économique qu'il a urgemment besoin de dégrossir, et à une image dont les ambiguïtés ne sont pas encore prêtes d'être levées.

Dans ce marigot politique où les partis ne cessent de perdre des plumes, où des syndicats montrent qu'ils se foutent royalement de l'entreprise (Air France), où les damnés d'Afrique montent vers l'Europe, et les nantis d'Europe vers les paradis fiscaux, Hollande peut afficher la solidité absolue de son statut. Il a été élu pour cinq ans, nul désordre ne peut le renverser ; il ne dissoudra pas parce qu'il n'y est pas du tout obligé et que les niches du pouvoir sont faites pour être occupées et entretenues. Billevesées donc que ces sénatoriales autant que les cantonales et régionales de l'an prochain. Jamais un coup de dé n'abolira le hasard, jamais un tsunami dans les urnes n'ébranlera le pouvoir. La Constitution est grande et Hollande son prophète. Circulez, citoyens-électeurs-consommateurs, il n'y a rien à voir. Et si vous n'êtes pas contents, continuez à râler. On verra bien.u

 

* André Bercoff est journaliste et écrivain. Son prochain livre Bernard Tapie, Marine Le Pen, la France et Moi paraît le 9 octobre 2014 chez First.

30 septembre 1914 ... Le plus personnel et le plus rancunier des hommes qu'est Clemenceau...

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Le deuxième mois de la guerre est achevé. Il a été le plus émouvant, le plus dramatique. Aujourd'hui, nous ne pouvons encore réussir à nous représenter clairement les raisons pour lesquelles les Allemands ont abandonné subitement, voilà trois semaines, leur marche sur Paris où, selon toutes les apparences, ils seraient entrés, car, si les forts de Lille, de La Fère et de Reims n'ont pu seulement tenter un simulacre de défense devant leurs énormes obusiers  de siège, les forts de la défense de Paris, en admettant même qu'ils eussent essayé de résister, n'eussent pas arrêté bien longtemps l'ennemi. Les Allemands ont-ils vu un plus beau coup à tenter en cherchant à cerner nos armées ? C'est l'explication militaire, stratégique, rationnelle. Ont-ils senti l'imminence de la bataille de la Marne et voulu s'y présenter avec toutes leurs forces ? Ont-ils craint de n'entrer dans Paris que pour l'évacuer, s'ils perdaient la bataille devenue imminente ? Et n'ont-ils pas été assez bien renseignés sur l'état d'esprit de la population parisienne pour se dire qu'ils risquaient des Vêpres siciliennes  au cas où ils ne laisseraient dans Paris que des forces insuffisantes ou bien dans celui où Paris, surexcité par leur retraite et par l'approche d'une armée française victorieuse, se jetterait sur leurs soldats ? Car c'est quelque chose de redoutable qu'une cité de trois millions d'âmes quand sa fureur n'est plus contenue...

Nous agitons toutes ces hypothèses aujourd'hui sans qu'aucune s'imposât à nous plus que les autres. Le brusque abandon par les Allemands de leur marche sur Paris reste une énigme et, peut-être même dépouillé de tout mystère, sera regardé par l'histoire comme un des évènements capitaux de la guerre de 1914. En tout cas, c'est une autre répétition du miracle de sainte Geneviève. Un Renan ne manquerait pas de dire : plus tard on vénérera aussi la pastoure, de nous inconnue, dont les prières auront sauvé Paris... Mais les jeux du scepticisme seraient fort mal reçus en ce moment-ci.

Nous avons tous et tout le monde a bon espoir dans l'issue de la bataille de l'Aisne. Il se confirme que, selon ce qui m'avait été dit à Bordeaux, un gros effort a été fourni samedi. Le lendemain, le général Joffre se serait contenté de faire savoir au général Gallieni : "Succès".  

Le Dr Carvalho, Français par inclination et par choix, qui a installé une magnifique ambulance dans son château de Villandry, nous parle, en philosophe éloquent, de ses blessés : "Le sacrifice de leur vie qu'ils ont fait si simplement, disait-il, a porté leur esprit à la hauteur des plus grands. L'intelligence de ces ouvriers, de ces paysans en est comme sublimée. Ils sont prêts à tout comprendre dans l'ordre de la pensée et dans l'ordre du sentiment."

nous a rapporté en même temps des choses intéressantes que lui a apprises M. W... B..., très renseigné sur l'Angleterre et qui a eu de ce côté là confirmation de la pression exercée par les Anglais sur le gouvernement en août. D'après son information, le général French (1) aurait exercé et exercerait encore une action décisive sur le gouvernement de la République. Le départ de Messimy et son remplacement au ministère de la Guerre par Millerand seraient dus à l'intervention du général French, ainsi que la disgrâce du général Percin. Du reste, les changements dans le ministère ont correspondu au voyage à Paris de Lord Kitchener. Le renseignement confirme l'opinion d'un certain Antonio Pagano, publiciste italien, qui est celle-ci : "Deux puissances, même victorieuses, ne peuvent manquer de sortir diminuées de cette guerre : l'Autriche parce qu'elle ne sera plus qu'un satellite de l'Allemagne, la France parce qu'elle ne sera plus qu'un satellite de l'Angleterre."  

Il est probable en effet que l'intervention de l'Angleterre se fera sentir d'une manière puissante sur le gouvernement de la République quand il va s'agir de poursuivre la guerre, une fois l'envahisseur chassé du territoire. Des convulsions intérieures sont à craindre à ce moment-là, les socialistes et le parti Caillaux devant, selon certaines apparences, commencer une agitation en vue de la paix. Cette perspective serait celle qui inquièterait le plus le gouvernement de Bordeaux. Aujourd'hui, la suspension pour huit jours de L'Homme libre, d'ordre de Millerand, va rejeter dans la faction le plus personnel et le plus rancunier des hommes qu'est Clemenceau... 

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Reprise d'activités un peu partout ! Attention, suivez les nouvelles annonces

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Nouvelles annonces : 

NANCY :  Hilaire de Crémiers sera à Nancy, jeudi 25 septembre.

ILE DE FRANCE : La Fédération d’AF Ile de France (CRAF) annonce sa réunion de rentrée le samedi 4 octobre 2014
 
AIX-EN-PROVENCE Café Actualité le mardi 7 octobre. Ce sera avec Jean-Pierre Maugendre : Comment et pourquoi la démocratie devient totalitaire ? 

NANTES :  Réunion de rentrée URBVM le samedi 13 Octobre.

PARIS / BORDEAUX : le 5 octobre, la MANIF POUR TOUS.
 
PARIS : le 6 décembre, colloque du Cercle Vauban.
 
 
Pensez à nous transmettre les annonces de vos activités importantes. Cette rubrique est destinée à les faire connaître ! u

Ephéméride du 30 Septembre.

1567 : Michelade de Nîmes.
 
 
 

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lundi, 29 septembre 2014

Non quia timemus… par Louis-Joseph Delanglade

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La décapitation de M. Gourdel semble avoir libéré la parole des « musulmans de France ». Ainsi, un grand nombre d’entre eux, s’arc-boutant sur le fantasme d’un « véritable islam religion de paix », appellent à des manifestations de solidarité nationale. On ne peut que leur en donner acte, même s’il est permis par ailleurs de rester sceptique sur la lecture un peu idéaliste qu’ils font de leur texte sacré.

Le fait est qu’il n’est pas facile d’être musulman et français. Il est d’abord certain que la politique immigrationniste forcenée des quarante dernières années a abouti à la constitution d’une sorte de second peuple, du moins ressenti comme tel par la majorité des « Gaulois ». Facteur aggravant : malgré (ou à cause de) l’absence de statistiques ethniques officielles, tout un chacun peut penser que cette « communauté » n’est pas totalement étrangère à l’accroissement exponentiel de l’insécurité et au surpeuplement des prisons.

 

Dès lors, il n’y a pas lieu de s’étonner si, directement ou indirectement, elle constitue un terreau favorable à l’extrémisme islamiste (exemple : les provocations vestimentaires) et à l’islamo-terrorisme (exemple : M. Merah). Bien évidemment, tous les musulmans ne sont certes pas des terroristes mais, jusqu’à preuve du contraire, tous les terroristes (apprentis ou avérés) qui menacent la France, sont des musulmans. Bons ou mauvais, qu’importe ?

 

Concernant les mosquées, aucun gouvernement n’a fait quoi que ce soit pour mettre fin aux ingérences étrangères (Algérie, Maroc, Arabie Saoudite, Qatar, etc.) et aux dérives induites. Ce laxisme est directement responsable de l’émergence de mosquées « sauvages », lieux de la propagande salafiste la plus violente, qui semblent échapper à tout contrôle et qui sont les principaux vecteurs de l’endoctrinement jihadiste.

 

La situation est telle que M. Valls, brisant tous les tabous, ose enfin parler d’ « ennemis de l’intérieur » et reconnaît que nous sommes face à « un défi sans précédent ». M. Hollande prévient que « la France est en guerre contre le terrorisme ». Qu’il aille plus loin et ose prendre les mesures énergiques qui s’imposent (suggestions : expulsion, déchéance de la nationalité, bannissement dans un îlot de l’antarctique, sans omettre la peine légitime qui s’impose contre ceux ayant porté les armes contre leur présumé pays en temps de guerre).

 

L’anaphore incantatoire de M. Cazeneuve (« La France n’a pas peur ») paraît aussi dérisoire que la formule emphatique de M. Pasqua (« Nous allons terroriser les terroristes »). Il serait plus efficace - et plus rassurant pour les Français -  d’oser montrer à l’ennemi que nous sommes prêts à aller au bout de sa logique de guerre.  u

 

29 septembre 1914 ... Des soldats anglais qui semblaient tout droit sortis de Rudyard Kipling

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L'effet de la guerre et du renversement total de toutes les habitudes, c'est que la faculté d'étonnement s'abolit. On lit sans surprise dans les journaux la proclamation et les ordres de réquisition d'un général prussien aux habitants de Valenciennes. Aujourd'hui, sur la ligne de Tours, un train passait rempli de soldats anglais en tête (des soldats anglais qui semblaient tout droit sortis de Rudyard Kipling (1) et, en queue, formé de voitures, voiturettes et charrettes diverses de commerçants anglais réquisitionnées pour les besoins de la guerre. Les voitures de livraison des marchands de pickles se promènent sur nos chemins de fer et s'en vont sur les champs de bataille de l'Aisne, mais on ne s'étonne plus de rien... 

M. Denys Cochin vient d'écrire que cette guerre est une "guerre d'idées". Je pense que M. Denys Cochin ne va pas dans les ambulances. Il y verrait les "idées" de cette guerre sous la forme de shrapnells dans la chair de nos soldats. Il verrait même des "idées" dum-dum... u   

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1. Rudyard Kipling (1865-1936), auteur du Livre de la Jungle, poète patriotique de l'Empire des Indes.