mardi, 21 octobre 2014

CACOPHONIE AU SOMMET DE L’ETAT, l'analyse de François Marcilhac, dans l'Action française 2000 *

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Nous avons apprécié cette vigoureuse analyse de la situation présente, parue dans l'Action française 2000, sous la signature de François Marcilhac. Elle fait ressortir par delà la gravissime question de l'immigration - clandestine et autre - et par delà bien d'autres problèmes majeurs, la faiblesse, la désorganisation et l'épuisement de l'Etat. Avec tous les risques que cette décomposition fait courir à la France et aux Français, dans un monde redevenu dangereux. Il nous souvient que Boutang, à son époque, qualifiait déjà ce régime de Semble-Etat. Que dirait-il, aujourd'hui, où même les apparences ne sont plus sauvées ? Restent ces signes bien réels d'un redressement des esprits, que François Marcilhac désigne, in fine. Ils sont une des raisons de garder courage.   Lafautearousseau
 
 
 
Réduire à un simple signe d’exaspération la manifestation du lundi 13 octobre à Calais qui a rassemblé, à l’appel de FO Police, plusieurs centaines de policiers, mais aussi de commerçants, d’agriculteurs et de citoyens de toutes catégories serait une grave erreur. Elle traduit en effet, au plan local, le problème gravissime auquel toute la France est confrontée : l’explosion de l’immigration clandestine.  

MANIFESTATION À CALAIS...

« Les fonctionnaires de police n’arrivent plus à assurer la sécurité des Calaisiens et la leur », a simplement constaté — accusé ? — le responsable syndical. Bien évidemment, politiquement correct oblige, il a aussitôt souligné que « ce rassemblement se veut pacifiste, sans aucune connotation raciste » avant, toutefois, de reconnaître « une augmentation exponentielle de la criminalité », alors que « 2 000 à 2 500 migrants » sont déjà à Calais et que « des milliers attendent aux portes de l’Italie pour se diriger vers l’eldorado britannique »...

...Un eldorado qui ressemble à un club de plus en plus fermé ! Car ce n’est pas au moment où l’UKIP, l’équivalent anglais du FN, entre au parlement britannique que le gouvernement de Sa Gracieuse Majesté va ouvrir les vannes de l’immigration !

Sarkozy avait fait mine de régler le problème en fermant les centres d’hébergement, ce qui avait encore aggravé l’insécurité. Hollande ne fait pas mieux, faute de mener une réelle politique de contrôle des flux migratoires... abandonnée par nos gouvernants à une Europe immigrationniste.

Cette manifestation a exprimé le fossé existant entre des élites dénationalisées, et hyperprotégées, réfugiées dans leurs palais, et le pays réel, confronté chaque jour sans aucune protection aux conséquences catastrophiques des politiques menées par les premières. Le premier acte d’une révolte salutaire ?

CACOPHONIE AU SOMMET DE L’ETAT

Le gouvernement et l’Elysée ne savent apparemment plus quoi inventer pour faire parler d’eux, et si possible en mal. Comme si, la communication devenant une fin en soi, nos gouvernants finissaient par s’y empêtrer, brouillant les signaux que, paniqués, ils envoient, tantôt en direction du parti socialiste et, à l’intérieur du PS, en direction des loyalistes ou des frondeurs, tantôt en direction de leurs alliés politiques — les écolos ou, présentement, les radicaux qu’il convient de retenir désespérément pour assurer le vote du budget —, tantôt encore en direction du MEDEF, des syndicats, des agences de notation, des Allemands, des Britanniques — d’où les voyages humiliants de Valls à Berlin et à Londres — et, bien sûr, de Bruxelles. Quant aux signaux adressés aux Français, ils le sont par défaut, en termes d’insécurité, de chômage, d’immigration, de baisse du pouvoir d’achat, d’attaque frontale contre les familles...

En quelques jours, et alors que nous ignorons toujours, à l’heure où nous écrivons, si Bruxelles aura la générosité de valider le projet de loi de finances pour 2015, qui lui sera présenté ce 15 octobre — puisque la France a perdu la souveraineté budgétaire en 2012 —, le gouvernement a multiplié des bévues apparentes qui ne sont, en fait, que les manifestations d’une navigation à vue.

En plein débat parlementaire sur le projet de loi « relatif à la transition énergétique pour la croissance verte » (sic), Ségolène Royal supprime, sans savoir par quoi la remplacer, la taxe poids-lourds, encore présentée il y a quelques jours comme incontournable. Hollande, face à la fronde des transporteurs routiers, craignait-il de subir le sort d’Allende en 1973 ? Et Royal, avant d’être aussitôt désavouée, de demander la gratuité des autoroutes le week-end couplée à une baisse des prix du péage de 10%, comme si elle ne savait pas que l’Etat était pieds et poings liés par les cadeaux somptueux que Chirac et Villepin ont fait aux sociétés gestionnaires lors de la privatisation des autoroutes.

A la veille de la discussion du projet de loi de finances, Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé, à la demande d’un PS qui cherche à préserver son unité sur le dos des familles, accepte la mise sous conditions de ressources des allocations familiales ! Hollande croyait peut-être, sur le sujet, obtenir en prime et à bon compte le soutien de la droite molle. Bruno Lemaire et Alain Juppé, ses représentants autorisés, sentant que les classes moyennes, où se recrutent la majorité des électeurs de l’UMP, sont de plus en plus remontées contre de prétendues mesures de justice sociale dont elles font seules les frais, préfèrent prudemment renier leurs positions antérieures sur le sujet.

 DES SIGNES D’ÉPUISEMENT PRÉCOCE

Des négociations entre les partenaires sociaux se sont achevées en juin sur l’assurance-chômage ? Emmanuel Macron, « Young Leader » (comme en son temps Hollande) de la French American Foundation, et, accessoirement, ministre de l’économie, réclame, dans Le Journal du Dimanche du 12 octobre, un débat évidemment « sans tabou » sur le sujet, à la faveur d’un entretien dont on apprend qu’il a été avalisé par l’Elysée alors même qu’il contredit les propos tenus par le président une semaine plus tôt ! Pris en faute, l’Elysée rappelle, le soir même que, de toutes façons, les prochaines négociations entre les partenaires sociaux ne doivent pas avoir lieu avant 2016... avant que Pierre Gattaz, le patron du MEDEF, qui a, semble-t-il compris le signal — émis par qui ? —, ne réclame dès le lendemain leur réouverture en janvier !

La réforme des professions réglementées, contenue dans le projet de loi sur "l’activité et l’égalité des chances économiques" présenté devant le conseil des ministres mercredi 15 octobre ? Si le même Macron assume la prétendue nécessité d’une réforme de fond, lancée par un Montebourg faux-nez, en cette affaire, des fonds de pension américains et du droit anglo-saxon — seuls bénéficiaires à terme d’une déréglementation réclamée par Bruxelles —, on commence à s’apercevoir qu’elle pourrait coûter plus cher aux Français qu’elle ne leur rapporterait ! Du reste, Macron n’a pas repris le chiffre de 6 milliards d’euros d’économies avancé démagogiquement par son prédécesseur. L’essentiel ? Détruite les structures de la société française, comme pour le travail du dimanche.

Quant au BTP, ce ne sont pas moins de 60 000 emplois que la baisse des dotations des collectivités, qui se traduira par une baisse équivalente de l’investissement public, risque de faire perdre au secteur.

S’il est vrai que, comme le prétend l’adage, quand le bâtiment va, tout va, alors, on est en droit de se demander si le gouvernement passera l’automne, lequel, rappelons-le, se termine avec la discussion budgétaire, juste avant Noël. Le gouvernement est pris en tenaille entre une majorité de plus en plus incertaine, ses propres contradictions internes dont sa communication contre-productive n’est que le reflet, des institutions européennes qui feront payer cher à la France la nomination de Moscovici au poste de commissaire européen à l’économie, et une Angela Merkel d’autant plus rigide qu’elle voit s’amonceler sur son Reich des jours mauvais dont sa politique prétendument vertueuse n’est pas totalement innocente — défaut d’investissement, vieillissement des infrastructures, démographie en berne. Le gouvernement donne en tout cas, à la veille du débat budgétaire, des signes d’un épuisement précoce.

En revanche, plus grave pour le pays, il faut compter avec de possibles répercussions sur notre sol de la politique extérieure française : des attentats ne sont pas à écarter. Et si le gouvernement pourrait tenter, dans un premier temps, de resserrer autour de lui les Français en jouant sur la corde de l’unité nationale — un comble pour des européistes et communautaristes forcenés ! —, très vite nos compatriotes pourraient s’interroger à la fois sur la cohérence d’une politique initiée par Sarkozy et continuée par Hollande, qui a consisté à favoriser et à armer l’islamisme, notamment en Libye et en Syrie, pour le combattre en Irak, et sur la capacité de la République à prévenir de telles attaques au sein du pré carré.

REDRESSEMENT DES ESPRITS

Un pré carré qui n’a plus aucun sens pour ceux qui nous dirigent mais qui semble, au contraire, recouvrer une nouvelle jeunesse auprès d’un nombre croissant de Français. Des signes épars mais encourageants d’un redressement des esprits ? Le retour de Sarkozy manifestement moins attendu des Français que ne le croyait vaniteusement l’intéressé ; ou le succès non démenti de la Manif pour tous du 5 octobre dernier ; ou encore, le fait que Le Suicide français, le nouvel essai d’Eric Zemmour, diabolisé par les chiens de garde du système, dépasse les chiffres de vente quotidienne du brûlot politico-impudique de Valérie Trierweiler. Les Français sont de plus en plus nombreux à rejeter la chape de plomb d’un politiquement correct qui n’a eu de cesse de les anesthésier pour mieux les asservir et les faire disparaître comme nation. A nous de faire que leur réveil ne soit pas récupéré par les imposteurs d’une droite parlementaire politiquement et moralement complice de la gauche. Quand elle ne l’a pas précédé dans la voie du reniement de la France.  u

François Marcilhac

* Source : L’AF 2000 n° 2895 (Editorial)

 

Monarchie républicaine en échec ... ou monarchie royale pour une France forte, digne et unie ?

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Cacophonie au sommet de l'Etat ... Signes d'épuisement ... Et, aussi, des signes épars mais encourageants d’un redressement des esprits. C'est d'un autre régime, d'un redressement politique et social dont la France a besoin. u   

Question qui court sur les réseaux sociaux : Combien de temps dure une reine ?

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La reine Elisabeth II jouit d'une estime et d'un respect quasi universels. Même si, nous le savons bien, ses pouvoirs directs sont réduits, cette estime et ce respect doivent bien être d'une certaine utilité pour son pays, dont elle incarne l'unité et la permanence à travers le temps.

 

21 Octobre 1914 ... Apprendre à faire la guerre comme les soldats de Jules César, il y a deux mille ans

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Pendant les journées où les Allemands marchaient sur Paris, le général Von Bülow, commandant une des armées allemandes, s'invita, près de Reims, chez le comte Chandon de Briailles. Et après le dîner, mis en belle humeur, il daigna donner son opinion sur la guerre et sur nos soldats. Et, parmi d'autres choses, il dit en substance au sujet de notre infanterie : 

- Elle est brave : elle n'est que trop brave. Vos français ont l'air de croire qu'à la guerre il s'agit de se faire tuer. Pas du tout : il s'agit de vaincre et de tuer l'adversaire, etc...

Ces observations de l'Allemand s'accordent du reste avec l'ordre du jour où le généralissime Joffre, en rendant hommage à la bravoure des nôtres, leur conseillait plus de souci de leur propre vie.

Or un observateur me montre, dans un livre de Francisque Sarcey* intitulé Le siège de Paris et qui eut beaucoup de succès après 1870, la page suivante :

"Ils (nos officiers) continuaient de lancer leurs soldats à la baïonnette contre des murs crénelés tandis que les Allemands ne se découvraient jamais et ne marchaient en avant que sur des bataillons à moitié détruits par les boulets. Un de nos ambulanciers me racontait cette anecdote caractéristique.

Tout en faisant ramasser les blessés et les morts, les officiers français et prussiens causaient ensemble avec la courtoisie qui est d'usage en pareille occurrence. Un des nôtres se mit à dire la belle conduite d'un capitaine à l'attaque de Montretout. Ce capitaine était resté debout sous une grêle de balles, et, se hissant sur un tronc d'arbre, à découvert, il n'avait cessé de crier : En avant ! et de montrer le chemin à ses soldats du bout de son épée. Frappé coup sur coup de trois balles, il était tombé poussant une dernière fois le cri : En avant !

- Voilà qui est admirable, dirent les officiers français.

- Voilà qui est absurde, reprit un des parlementaires prussiens. J'étais là, moi, et je puis vous affirmer que tous nos Allemands prirent ce capitaine pour un fou. A quoi lui servit cette parade de bravoure ? Il ne nous débusqua point de la position qu'il était chargé de prendre, il se fit tuer, et fit encore tuer par surcroît trois ou quatre de ses tirailleurs, qui nous démolissaient beaucoup de monde, à couvert derrière les arbres dont ils s'abritaient. Electrisés par son exemple, ils s'élancèrent, et ce fut fait d'eux.

Le système de guerre de l'une et l'autre nation tient tout entier dans cette anecdote. Il est évident qu'il nous faudra changer le nôtre. Il est plus évident encore (sic) que ce ne sont pas nos vieux généraux tout imbus de leurs préjugés  de caste qui opéreront cette réforme." 

Ainsi raisonnait, après l'expérience de 1870, ce Francisque Sarcey, qui passait en son temps pour l'oracle du bon sens. Le bon sens de ce temps-là se fiait à la démocratie et accusait les généraux "de caste". Quarante-quatre ans d'ignorantia democratica n'auront pas avancé l'électeur français, qui n'a appris qu'après quatre-vingt jours de meurtrière campagne à creuser des tranchées et à faire la guerre, ô progrès ! comme les soldats de Jules César, il y a deux mille ans.  u  

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* Francisque Sarcey (1827-1899), critique littéraire au Temps. Jacques Bainville avait surpris son père en 1895 (il avait 16 ans) en répliquant à une critique de Sarcey dans une lettre  de lecteur au Temps.

 

Ephéméride du 21 Octobre.

1520 : Découverte de Saint Pierre et Miquelon.
 
 
L'archipel était en réalité déjà connu des pêcheurs basques et bretons dès la fin du XV° siècle, mais ceux-ci gardaient jalousement le secret sur ces eaux où abonde le poisson.
 
C'est le portugais Joao Alvarez Fagundes qui dévoile l'existence de cet archipel de huit îles et îlots, qu'il baptise "îles des onze mille vierges".
 
Jacques Cartier en prendra possession en 1536, au nom du Roi de France (ci-dessous, vue satellite).
 
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lundi, 20 octobre 2014

Jusqu’à quand ? Jusqu’à quand allons-nous laisser l’oligarchie qui nous dirige saccager l’espace public ...

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La perversion du sens de l'art est, en effet, symptomatique d'une crise profonde de la société et de la civilisation. C'est ce qui ressort de l'analyse de Jean-Louis Harouel* pour FigaroVox, que nous publions ici. Que "l'œuvre" montrée ci-dessus ait dû, finalement, être retirée, par décision de son auteur, sous la pression des protestations, démontre que, désormais, comme dans d'autres domaines aussi fondamentaux que celui de l'esthétique, l'opinion française n'accepte plus de laisser faire n'importe quoi sans réagir. Ce réveil d'une certaine capacité de réaction du peuple français est la bonne nouvelle des temps de crise que nous vivons. Même si beaucoup de chemin reste à parcourir ...  Lafautearousseau   u

 

FIGAROVOX/ENTRETIEN - Une oeuvre de Paul McCarthy exposée place Vendôme a fait réagir les internautes sur les réseaux sociaux. Jean-Louis Harouel* y voit la preuve de la « vacuité de l'art contemporain ».

FigaroVox: Une oeuvre gonflable de 24m de haut a été installée place Vendôme par l'artiste Paul McCarthy. Elle représente un arbre vert stylisé, mais a suscité quolibets et condamnations sur les réseaux sociaux, beaucoup la comparant à un « plug anal ». Que pensez-vous de cette sculpture? Pourquoi pensez-vous que cet artiste ait été choisi ?

Jean-Louis HAROUEL: Je pense que c'est une bouffonnerie. Je ne prononcerai même pas le nom de l'intéressé, car c'est lui faire de la publicité. Je l'appellerai « le Monsieur qui pollue la place Vendôme ». Il souhaite que l'on parle beaucoup de lui et que cela lui rapporte beaucoup d'argent. Ceux qui réagissent à son œuvre rentrent dans son jeu. C'est un bouffon. Au début de sa carrière, pour se faire connaître, il s'humiliait en public, par exemple en se plongeant la tête dans un baquet de ketchup.

D'ailleurs, de manière générale, les prétendus « artistes contemporains » sont des bouffons interchangeables, auteurs de bouffonneries interchangeables. Ceci pour une raison très simple : il n'y a en réalité pas d'œuvre, pas d'art. L'art contemporain repose sur deux dogmes: le remplacement de l'art par l'artiste sacralisé ; le remplacement de l'œuvre par n'importe quoi. On devrait parler de non-art contemporain (NAC).

Depuis la cuvette d'urinoir présentée par Duchamp comme « sculpture » voici un siècle, n'importe quoi peut servir d'œuvre. On prétend que derrière cela se cache une idée géniale, une pensée prodigieuse, que ces soi-disant artistes communiquent avec l'âme du monde, le sacré, nous disent quelque chose de l'être, de la vie. Le directeur du Musée d'art moderne, Jean de Loisy, place le rapport au prétendu « art contemporain » dans le registre de la foi. Si vous l'avez, vous comprendrez la « sculpture » de Duchamp. Dans le cas contraire, vous n'y verrez qu'un urinoir, et ne pourrez jamais comprendre. Tout comme pour l'hostie, avec la foi, on assisterait à une transsubstantiation de la chose présentée, qui ouvrirait la voie vers quelque chose de supérieur, de mystérieux: à « un monde nouveau ». La bouffonnerie du NAC possède une dimension religieuse sécularisée.

A l'instar d'autres artistes au Château de Versailles, comme Jeff Koons ou Murakami, McCarthy confronte son art à la décoration classique de la place Vendôme. Pourquoi l'art contemporain s'installe-t-il dans des lieux classiques ? Qu'apporte ce choc ?

On veut légitimer le non-art contemporain en essayant de le mettre au même niveau que le grand art du passé. La confrontation repose sur le postulat d'un dialogue entre le prétendu « artiste contemporain » et les grands artistes de jadis. Or il n'y a aucun dialogue possible, mais une lamentable pollution des grands lieux du patrimoine artistique et historique. Tout cela cache une logique mercantile. Une invitation à Versailles, au Louvre ou place Vendôme constitue un grand coup d'accélérateur dans une carrière. Cela fait exploser la cote du bénéficiaire C'est tout ce qui compte.

Cette pollution des hauts lieux classiques profite à l'étroite classe mondiale des milliardaires incultes qui investissent dans les inepties de ces soi-disant « artistes ». Ils ont tout intérêt à ce que les prix s'envolent, pour pouvoir revendre avec bénéfice les « œuvres » qu'ils détiennent. Le prétendu art contemporain joue le même rôle pour eux que, par le passé, les bons du Trésor américain : un placement à court terme dans une optique purement financière.

Qui décide d'installer une œuvre dans un lieu public ? Qui paie pour son installation ? Les riverains ont-ils leur mot à dire ?

A ma connaissance, les riverains ne sont pas consultés. A Versailles, c'était Jean-Jacques Aillagon qui décidait, y compris pour la place d'Armes. A Paris, pour la place Vendôme, il n'est pas concevable que cette utilisation de l'espace public ait eu lieu sans l'autorisation de la mairie.

Dans ce cas précis, je ne saurais dire qui paie. Toutefois, en d'autres occasions, le transport et l'installation furent financés par tel grand collectionneur du soi-disant artiste, qui sortait gagnant de l'affaire puisque la valeur de sa collection bénéficiait du coup de publicité mondial que représente une exposition à Versailles.

Comprenez-vous les fortes réactions des internautes, entre rire et consternation, sur les réseaux sociaux ?

Bien entendu: il est tout à fait légitime de réagir. En polluant spectaculairement le patrimoine national, un prétendu « artiste » rejoint le club très fermé des très grands bouffons de l'art. Toutefois, je conseillerais aux internautes de condamner le principe même de l'installation de bouffonneries à côté de chefs d'œuvre, plutôt que l'objet en lui-même. Chercher à savoir ce qu'il peut évoquer, c'est rentrer dans le jeu de l'installateur, qui a tout à gagner à un maximum de scandale.

Comment analysez-vous l'installation de cette œuvre ? S'agit-il en définitive d'art, de business ?

Il s'agit simplement de commerce et de publicité !

Cet événement, toutefois, soulève un problème plus grave : le détournement de l'idée d'art, qui de ce fait ne veut plus rien dire. On humilie l'art véritable en l'obligeant systématiquement à cohabiter avec le n'importe quoi du prétendu « art contemporain ». Celui-ci, je le répète, n'est qu'une bouffonnerie prétentieuse et de nature spéculative. Cette perte du sens de l'art est symptomatique d'une crise profonde de la société et de la civilisation. u

 

* Jean-Louis Harouel est professeur de droit à Paris II et auteur notamment de « La grande falsification. L'art contemporain », (Editions Jean-Cyrille Godefroy).

 

A propos des publications de lafautearousseau, pour mettre nos pendules à l'heure

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Quelques informations concernant notre fonctionnement et nos nouveautés :

t Les lundis de Louis-Joseph Delanglade (politique intérieure et extérieure généralement alternées) ont repris depuis le 1er septembre.  Vous pouvez consulter les chroniques déjà parues, en cliquant sur l'icône les lundis de Louis-Joseph Delanglade, ouvrant le nouveau site où elles se trouvent regroupées. (Page d'accueil, colonne de gauche, partie haute). 

t Le Journal inédit de l'année 14, de Jacques Bainville, est mis en ligne au quotidien. Il se continuera jusqu'à la fin de cette année. A ne pas manquer Nous réunirons ensuite l'ensemble de sorte qu'il reste accessible et consultable.  

t Grands auteurs ou acteurs de l'Histoire, est le second site annexe de lafautearousseau. Il s'enrichit, chaque semaine, de pensées et réflexions particulièrement pertinentes. Déjà cités : Edgar Poe, le Dalaï Lama, Tocqueville, Baudelaire, Vaclav Havel, Claude Lévy-Strauss, Charles Péguy, Dostoïevsky, Goethe, Anouilh, Malraux, Unamuno, la Satire Ménippée, George Steiner, Shakespeare, Frédéric II et Jacques Perret. Sept Français et neuf grands esprits, européens, anglais, allemand, espagnol et Tchèque.  (à l'exception du Dalaï Lama). Bien d'autres grands auteurs éclectiques et profonds sont à venir. "Du bonheur d'être réac ?" C'est ce qui les rassemble. N'hésitez pas à consulter cette bibliothèque qui s'étoffe et se construit ! (Icône en page d'accueil, colonne de gauche, partie haute). 

t Vimeo vous offre une sélection exceptionnelle de 128 vidéos : Documents d'archives, conférences anciennes et récentes, débats, cafés politiques, évènements et activités, etc.  (Icône en page d'accueil, colonne de droite, partie médiane).  

t Enfin, les habitués des réseaux sociaux, ne manqueront pas de participer à la vie de notre page Facebook (à ce jour plus de 4.000 amis) et de notre compte Twitter (1 135 abonnés). L'un et l'autre très actifs et en plein progrès. Progrès qualitatif notamment, car dans le nombre - déjà significatif, en soi - d' amis ou d'abonnés que nous venons de noter, il y a tout un ensemble de personnalités - parfois fort connues - qui comptent particulièrement : hommes politiques, maires, députés, économistes, universitaires, militaires, entrepreneurs, écrivains, scientifiques, hommes ou femmes de télévision; etc. La réactivité est, aussi, sur notre page Facebook comme sur notre compte Twitter, un facteur qualitatif à relever : nombre de clics J'aime; nombre et intérêt des liens partagés. Nous y reviendrons plus en détail.    

t Dernier point : Pour nous adresser un courriel, vous pouvez cliquer directement sur notre adresse de messagerie lafautearousseau@outlook.fr (Page d'accueil, colonne de gauche, partie haute). 

Voilà donc quels sont aujourd'hui les composants de la nébuleuse Lafautearousseau.

Que les esprits pessimistes ou chagrins y trouvent du réconfort : nous ne faisons pas rien ! Nous travaillons tous les jours, sans esprit de chapelle, dans la nébuleuse lafautearousseau !

Bonne lecture à vous tous  u

 

20 Octobre 1914 ... Quand on pense que M. Millerand a été l'avocat de la société Maggi contre L'Action française !

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Je suis venu passer quarante-huit heures en Normandie. La population est d'un calme magnifique et accepte  la guerre et les sacrifices en hommes avec une vaillance d'autant plus digne d'être admirée que la région a beaucoup souffert et que nombreux sont les morts, les blessés et les prisonniers. Cependant Perrette travaille et, avec ses vaches, son beurre et ses oeufs, reconstitue de la richesse. Il est bon de voir cette France rurale à l'oeuvre, tandis que les hommes se battent, pour comprendre comment notre pays a pu soutenir des efforts peut-être encore plus rudes que celui-ci.

Le juge de paix m'apprend qu'il est chargé par le parquet de Saint-Lô d'une enquête sur les biens que la société Maggi pourrait posséder dans le canton. Maggi a en effet acheté dans ces derniers temps un terrain tout près du chemin de fer : c'est la confirmation éclatante de la campagne de Léon Daudet, le triomphe de son Avant-Guerre.

- Et quand on pense que M. Millerand a été l'avocat de la société Maggi contre L'Action française ! s'écrie mon juge de paix, consterné...

Evidemment il y aura des explications assez embarrassantes à fournir pour un certain nombre de personnes. Ainsi Marcel Sembat (cet ironiste et qui aime les plaisanteries même amères) vient, en sa qualité de ministre des Travaux publics, d'ordonner la mise sous séquestre des mines de Diélette*, propriété du conseiller de Guillaume II, Thyssen, solennellement inaugurées par son collègue dans le ministère actuel, Fernand David*. Diélette, Thyssen et Fernand David font également les frais d'un chapitre de L'Avant-Guerre.  

Même aventure pour les mines de fer de Caen... Faut-il que nous ayons raison pour avoir à ce point raison ?  u  

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* Les mines de fer de Diélette, dans le Cotentin, aujourd'hui site de la centrale nucléaire de Flamanville.

** Fernand David, ministre successivement des Travaux publics, du Commerce et de l'Agriculture entre 1913 et 1914.

Cercle Vauban : colloque annoncé pour le samedi 6 décembre, à Paris ... une date à retenir !

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Des précisions suivront, prochainement : programme, intervenants, etc..

Ephéméride du 20 Octobre.

1677 : Naissance de Stanislas Leszczynski.

 

Roi detroné de Pologne, il se trouva être à l'origine, tout à fait involontairement et à la suite de développements passablement compliqués, de la réunion de la Lorraine à la France.

Le hasard le servit une première fois lorsque, exilé et sans le sou, le mariage de sa fille Marie avec le tout jeune Louis XV apparut aux personnes en charge des affaires à Paris comme la moins mauvaise des solutions...

 

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dimanche, 19 octobre 2014

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Le prince Gaston inaugure une aire de jeux à Dreux

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A Dreux où il réside avec ses parents le duc et la duchesse de Vendôme et avec ses sœurs, la princesse Antoinette et la princesse Louise-Marguertite, le prince Gaston a inauguré en compagnie du maire, Gérard Hamel, une nouvelle aire de jeux. u  

 

Source : Blog La Couronne – Copyright photo : mairie de Dreux / E.Kolecki 

Prochaine émission « Secrets d’Hisoire » : cardinal Jules Mazarin (mardi prochain)

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Mardi 21 octobre à 20h45, France 2 propose un numéro inédit de l’émission « Secrets d’Histoire » consacré au cardinal Jules Mazarin. Sa vie et son parcours jusqu’à la Cour de France et auprès de la régente Anne d’Autriche, mère de Louis XIV ainsi que son imposante collection d’oeuvres d’art seront passés en revue. u  

  

Les 7 présidents de la Vè République ...

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Le Louvre lance une souscription pour acheter la table de Teschen

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Appel à souscription - Paris, Musée du Louvre - Le 28 septembre 2012, la Tribune de l'Art concluait un article consacré à la très belle exposition que la galerie Kugel consacrait à l’orfèvre Johann Christian Neuber, par ces mots : « On ne voit guère qui d’autre que le Louvre pourrait se porter acquéreur de ce meuble-bijou extraordinaire, une pièce unique au monde dont l’intérêt à la fois historique et artistique est considérable ». Il s'agissait bien sûr de la table dite « de Teschen » que Frédéric-Auguste III, prince-électeur de Saxe, avait offerte au baron de Breteuil pour le remercier de son rôle dans la signature du traité entre l’Autriche et la Prusse, qui marquait la fin de la guerre de succession de Bavière, et dans la défense des intérêts de la Saxe dans la succession bavaroise.

Cet objet, dont il n’existe rien d’équivalent, a bien failli être perdu pour notre pays. Alors qu’il avait fait l’objet d’une interdiction de sortie le 1er juin 2010, trente mois plus tard, le 1er décembre 2012 rien ne s’était passé et la table pouvait sortir de France. Elle n’intéressait manifestement pas Henri Loyrette (ni Versailles, qui n’a rien tenté non plus). Celui-ci était prêt à la laisser partir, au grand dam de la famille du propriétaire qui souhaitait la voir rester en France.

Heureusement, Jean-Luc Martinez a su comprendre son importance insigne et a entamé les négociations nécessaires pour que le Louvre puisse l’acquérir. Mais l’œuvre reste chère, 12,5 millions d’euros, un prix cependant justifié étant donné sa qualité et son caractère unique. Le musée n’a donc pas encore réuni les fonds nécessaires mais, tout en recherchant par ailleurs le soutien du mécénat d’entreprise, il lance une nouvelle opération « Tous mécènes », en sollicitant les donateurs particuliers afin de réunir la somme de un million d’euros (jusqu’au 31 janvier 2015)

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La table est exécutée en bronze doré sur une âme de bois. Son plateau est incrusté de 128 pierres fines, toutes différentes et numérotées, qui constituent une véritable collection de minéralogie, et décoré de plaques de porcelaine de Meissen. Chaque pierre est identifiée dans un livret qui est depuis l’origine conservé dans un de ses tiroirs.

C’est tout naturellement que ce meuble devrait trouver sa place dans les nouvelles salles consacrées au mobilier du XVIIIe siècle. On ne peut, à vrai dire, envisager que cette œuvre échappe au Louvre et il faut souhaiter de nombreux participants à cette souscription, d’autant que, comme pour toute opération de ce genre, 66 % de la somme donnée vient en réduction de l’impôt sur le revenu (dans la limite de 20 % du revenu imposable). Pour donner, il suffit de se rendre sur le site dédié à cette opération.

Ces dernières semaines le nombre de souscriptions lancées par différents musées était très important, ce qui risquait d’entraîner une lassitude du public. Une chose est sûre : si une souscription doit réussir, il faut absolument que ce soit celle-là. u 

 

Photo 1 Johann Christian Neuber (1735-1808) - Table Teschen, 1780-1789
Pierres de Saxe, plaques de porcelaine de Meissen, bronze doré, âme de bois - 71 x 57,4 x 81 cm
Château de Breteuil - Photo : Philippe Fuzeau/Musée du Louvre 

 
Photo 2 Plateau de la Table Teschen - Photo Philippe Fuzeau/Musée du Louvre 
 
 
Source : La Tribune de l'Art - Repris d'un article de Didier Rykner