mercredi, 27 août 2014

Islamisme - L’évêque chaldéen de Mossoul prévient les Européens : "Vous aussi vous êtes en danger"

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Lundi dernier (25.08) nous avons commenté la tribune de David Cameron au Daily Telegraph (17.08), s'inquiétant du risque que courent « les rues anglaises » d’être « bientôt à la merci des djihadistes  ». L'essentiel de notre commentaire tenait dans notre titre : "L’Europe commence à réagir, mais pour l’instant sans grande cohérence et mollement, à la menace islamiste, intérieure et extérieure".

Voici qu'un reportage réalisé à Erbil, au Kurdistan irakien, par le journaliste italien Lorenzo Cremonesi pour le Corriere della Sera (19.08), nous donne à lire les déclarations de Mgr Amel Nona, archevêque chaldéen de Mossoul, l'ancienne Ninive,  qui a dû fuir à Erbil, avec des dizaines de milliers de chrétiens. 

Nous en reproduisons ici quelques passages significatifs : 

" Nos souffrances d’aujourd’hui constituent le prélude de celles que vous Européens et chrétiens occidentaux subirez aussi dans un proche avenir, si vous n'y prenez pas garde ; l'islam n'est pas une religion de paix ; rappelez-vous les paroles de saint Jean Paul II ". 

" J’ai perdu mon diocèse. Le lieu physique de mon apostolat a été occupé par les radicaux musulmans qui veulent que nous nous convertissions ou que nous mourions. Mais ma communauté est toujours vivante (…) Je vous prie, essayez de nous comprendre. Vos principes libéraux et démocratiques ne valent rien ici. Vous devez repenser notre réalité au Moyen-Orient. Parce que vous accueillez dans vos pays un nombre toujours plus grand de musulmans, vous aussi vous êtes en danger. Combien de djihadistes ont vu le jour chez vous ! Vous devez prendre des décisions fermes et courageuses, même au prix de contredire vos principes de terre d'asile où seraient vécues la liberté, l'égalité et la fraternité. Vous pensez que tous les hommes sont égaux (…). L’islam ne dit pas que tous les hommes sont égaux. Vos valeurs ne sont pas les leurs. Si vous ne le comprenez pas à temps, vous deviendrez victimes de l’ennemi que vous avez accueilli chez vous ".

Notre réflexion : il serait bon, utile, et politiquement important que Mgr Amel Nona communique son expérience à ses confrères français et européens, au Pape lui-même, et qu'il les persuade de la réalité des dangers qu'il signale. Mais là, nous avons affaire à un tout autre discours. Et ce n'est pas au bénéfice de nos sociétés.

 

ça l'fait pas !

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Entendu ces jours derniers  à la radio, un journaliste spécialisé dans le septième art qui y allait de son commentaire élogieux sur la sortie d'un film certainement douteux et concluait son propos par un vibrant "Je suis sûr que ça va l'faire" !

Voilà donc comment s'expriment désormais nos journalistes "culturels", dans une langue décadente, à l'image de tous les éléments constitutifs de notre société qui calque ses "standards" sur le degré zéro de la nullité.

 

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Emmanuel Macron, philosophe, musicien, banquier, énarque ... le Jacques Attali nouvelle génération ?

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Au cœur de la campagne présidentielle, en apprenant que François Hollande proposait une taxe à 75% sur les très hauts revenus, il aurait manqué de s'étouffer :

« C'est Cuba sans le soleil ! »

avait-il lâché en petit comité.

Ephéméride du 27 Août.

543 : Mort de Saint Césaire d'Arles.

 

         http://nominis.cef.fr/contenus/saint/1740/Saint-Cesaire-d...

 

Il fut le premier des évêques à recevoir du Pape (Symmaque) le "pallium", écharpe de laine blanche, symbole du Bon pasteur et attestant de l'union avec l'église de Rome. Jusqu'alors, seul le Ppae portait le pallium...

Ce pallium du 6ème siècle est le plus ancien vêtement liturgique de France.  

Evêque durant quarante ans, son corps repose aujourd'hui dans l'église Saint Césaire d'Arles. 

 

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Les reliques de Saint Césaire

http://www.patrimoine.ville-arles.fr/arles/ville.cfm?acti...

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mardi, 26 août 2014

Crise politique ! Crise de régime ! Crise économique et financière ! Crise de société ! Crise morale ! Crise identitaire ! Tout cela se combine, au seul détriment du pays

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Ainsi les évènements vont leur cours - rapide ces jours-ci ! - conformément à ce que nous annonçons, analysons et prévoyons depuis plusieurs années. Hilaire de Crémiers, notamment, en a démonté les mécanismes profonds dans Politique magazine, et nous n'avons cessé d'y faire écho, dans lafautearousseau.

Ce qui nous apparaît très clairement, c'est que nous n'avons pas affaire à une simple crise politique - ni d'ailleurs économique - banale, dont on sort comme d'un accès de fièvre passager. Nous avons affaire à une crise profonde où divers éléments interagissent qui menacent et même remettent en question, nos institutions, notre économie, nos finances, publiques et privées, notre organisation sociale, notre identité nationale et, au delà, notre civilisation elle-même, dont on ne peut se dissimuler qu'elle est déjà gravement atteinte.

A l'instar des détestables pratiques de la IVème République, le ministère Valls, le second, déjà, du demi-quinquennat de François Hollande, n'aura pas tenu cinq mois. La popularité de Manuel Valls, élevée à son arrivée à Matignon, s'est effondrée (-20%). La fragilité de sa majorité, la fronde qui trouble ses rangs, le manque criant de cohésion gouvernementale, la lutte des égos (dont le sien) en vue de la prochaine présidentielle, ont miné son action. Et François Hollande - qui n'est, en effet, plus qu'un roi nu, avec seulement 17% de satisfaits - l'entraîne dans sa chute, comme, d'ailleurs, il entraîne celle des élus socialistes. Lesquels ne l'ignorent pas...

Cette situation est systémique : certes, elle tient aux conditions particulières de l'élection de François Hollande, candidat à la présidence de la République à l'issue d'une primaire où il fut âprement combattu : les rivalités qui s'y sont opposées -  à lui, principalement - ont tout simplement perduré au sein du gouvernement et rien ne nous dit - tout au contraire - qu'elles vont s'effacer; mais la situation est due, pour l'essentiel, à l'érosion des Institutions de la Vème République, aux pratiques nouvelles que le quinquennat a induites, au retour du plein régime des partis, et, en fin de compte, à l'élection du président de la République elle-même, devenue le véritable poison de la vie politique française.

Ainsi nous voici face à une crise politique et institutionnelle majeure et, en quelque sorte, face à l'inconnu. Le ministère que Valls va former, sans les écologistes, du moins en tant que tels, sans les ministres frondeurs, sans le Front de Gauche, peut-être même sans les radicaux, trouvera-t-il une majorité durable au Parlement ? Ne risque-t-il pas d'être tout simplement renversé, à la plus prochaine occasion ? Dominique Rousseau, constitutionnaliste de renom, l'affirme : "On ne peut plus exclure que le gouvernement soit renversé par une majorité au Parlement. Et que le président doive envisager une dissolution de l’Assemblée. La crise n’est pas terminée, elle commence". En effet, car que se passera-t-il en cas de victoire (probable) de l'opposition ? Son état présent n'est pas plus brillant que celui du camp d'en face. Dans tous les cas de figure (cohabitation, démission de François Hollande) la guerre des chefs, à son tour, déchirera la Droite.  La France, comme en 1958, se trouvera face à une crise de régime.

Rappelons simplement que nous vivons, aussi, une crise économique et financière majeure. Elle exclut, pour l'heure, comme conséquence pleinement justifiée, la confiance des Français. Ce qui est à craindre, sous l'angle économique et financier, c'est que les difficultés de la France à se gouverner n'entament aussi celle de nos partenaires étrangers, n'éloignent les investisseurs, ne ruinent la crédibilité de notre pays et, en dernier lieu, ne lassent les prêteurs de consentir à la France des taux d'intérêts notoirement faibles.

Dans ce cas, crise politique, institutionnelle, économique et financière de première ampleur feraient leur jonction. Et pour sortir la France de ce mauvais pas, il faudra trouver des hommes d'une tout autre trempe que François Hollande et inventer ou réinventer un tout autre régime que celui qui l'aura conduite à de pareilles extrémités.

Lafautearousseau

 

26 août 1914 ... La responsabilité du vieux Habsbourg

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Elle est magnifique la terre de nos provinces de l'Ouest. On y retrouve en ce moment l'état d'esprit de confiance absolue qui était celui de Paris voilà quinze jours. Les hommes ici sont partis d'assez bon cœur en déclarant que la guerre était inévitable, qu'il fallait en finir,, mais en couvrant de malédictions l'empereur François-Joseph...

Pauvre Jacques Bonhomme, va te battre, ta carte d'électeur dans ta poche à côté de ta feuille de mobilisation, comme la notion de la guerre "inévitable" cohabite dans ton esprit avec l'idée de la responsabilité du vieux Habsbourg.

Va te battre, pauvre dix-millionième de souverain, comme tu t'es toujours battu sous les monarchies, les empires et les républiques, en recherchant les raisons obscures des fatalités qui pèsent sur toi.   

 

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Des retours attendus, dans nos colonnes

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t  Les lundis de Louis-Joseph Delanglade (politique intérieure et extérieure généralement alternées) reprendront début septembre.

Cependant, vous pouvez consulter les chroniques déjà parues. (Présentation renouvelée)..

Une icône permante y conduit. (Colonne de gauche, partie haute, en page d'accueil).

(Chronique ouverte le 20 novembre 2012). 

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t  Dès demain, reprendront aussi les toujours très appréciés grains de sel de Scipion. Peut-être Scipion profitera-t-il encore de cette fin d'été pour quelques voyages, et donc l'on attendra parfois un peu le retour de ses grains de sel. Merci à lui !  

 

Ephéméride du 26 août.

1346 : Désastre de Crécy.

 

La Guerre de Cent ans commence mal...

 

          Dans notre Album L'aventure France racontée par les cartes.... voir la photo "Guerre de Cent ans (1/4) : premier effondrement".

         

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lundi, 25 août 2014

L’Europe commence à réagir, mais pour l’instant sans grande cohérence et mollement, à la menace islamiste, intérieure et extérieure

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Dans une tribune donnée au Sunday Telegraph (17.08.2014), le Premier ministre britannique, David Cameron, a prévenu, à fort juste titre, du risque que courent « les rues anglaises » d’être « bientôt à la merci des djihadistes » ; et il appelle donc à agir "pour endiguer l'assaut" de l'État islamique qui pourrait prochainement "cibler les rues du Royaume-Uni".  

Cameron considère que les djihadistes de l'État islamique (EI) en Syrie et en Irak, représentent une menace directe pour le Royaume-Uni, qui doit donc employer toutes ses "capacités militaires" pour arrêter leur avancée.  

Il précise que la Grande Bretagne ne devrait pas pour autant déployer de troupes en Irak, mais, il n’hésite pas à compléter son propos en ajoutant qu’elle doit aussi réfléchir à la possibilité de coopérer avec l'Iran pour combattre la menace djihadiste. Voilà donc Téhéran désormais en odeur de sainteté à Washington, Londres et Paris ! Et il en sera bientôt de même, pour de semblables raisons, de Damas et, même de Bachar el Assad, que nous combattons sottement depuis deux ou trois ans. ! La valse des alliances, de fait leur renversement, devient, décidément, très rapide. Elle va, de fait, au rythme des urgences et des nécessités.     

David Cameron explicite ainsi sa politique : " Je reconnais que nous devrions éviter d'envoyer des armes pour combattre, ou dans un but d'occupation, mais (…)  notre sécurité peut être garantie seulement si nous employons toutes nos ressources - aide, diplomatie, nos aptitudes militaires" ; ajoutant que le Royaume-Uni devait coopérer avec des pays comme l'Arabie saoudite, le Qatar, l'Égypte, la Turquie « et peut-être même avec l'Iran ».  

Un évêque anglican de haut rang, Nicholas Baines, évêque de Leeds, a aussitôt vilipendé cette politique, dans une lettre au journal The Observer, que l'archevêque de Canterbury, Justin Welby, n’a pas manqué d’approuver. Ainsi, dans ces affaires, les autorités religieuses chrétiennes jouent souvent contre leur camp, et se satisfont de soutenir les Chrétiens d’Orient en voie d’extermination, sans paraître s’inquiéter des menaces qui pèsent, aussi, à terme pas forcément très lointain, sur les peuples européens eux-mêmes, chez eux ! 

Il est bien clair qu’avec ses millions d’immigrés, la France s’est créée un risque supplémentaire – combiné à nombre d’autres facteurs, nous le savons bien - de voir voler en éclats ce qui lui reste d’ordre et de paix civile. Les rues françaises risquent, elles aussi, et peut-être bien davantage que les rues anglaises, d’être ciblées par le terrorisme islamique et de se trouver à sa merci. Il y a beau temps, ici, que nous le disons sur tous les tons.

25 août 1914 ... Le sang-froid est à l'ordre du jour

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Un train bondé : l'exode commence, mais avec un grand calme. Un mot suffit pour apaiser les inquiétudes des femmes. Le sang-froid est à l'ordre du jour... Les voies sont gardées par des territoriaux armés d'un fusil Gras, sans uniforme. Un képi et un brassard : quelquefois le brassard seul sur la blouse ou le veston révèlent le militaire. Plus on avance vers l'Ouest, plus le relâchement s'accuse. Je comprends que ce spectacle ait alarmé de vieux soldats comme L...-S...

A Bernay, nous précédons un train de blessés. Majors, infirmières, Croix-Rouge sont sur le quai de débarquement pour les recevoir. Beaucoup de bonne volonté, de dévouement, mais si peu d'organisation ! On sent l'improvisation, l'inachevé qui doit s'étendre à la pharmacie de l'ambulance. Quelques voyageurs, choqués de ce spectacle d'incurie en plein air disent : "C'est une foire." Mot dur, mais vrai : tout est en plein vent, avec des moyens de fortune. Je me représente ce que peut être en ce moment l'équivalent de Bernay à cent kilomètres à l'Ouest ou à l'Est de Berlin, la gare imposante, les quai monumentaux, l'ordre et l'alignement parfaits... les moindres détails prévus, la machine sanitaire fonctionnant aussi bien que la machine militaire. Peut-être avons-nous atteint en 1914 le degré d'organisation auquel les Allemands étaient parvenus en 1870. C'est bien juste et j'en doute encore. 

A Lison, je cause avec le territorial qui garde le passage à niveau. Il n'est pas mécontent de son "fusil Gras transformé", et il en regarde le canon avec une certaine complaisance. Puis, dans le jargon du Cotentin, il répète presque inintelligiblement ce qu'il a lu dans son journal ou entendu de l'instituteur : que ce n'est pas le soldat prussien qui est un méchant homme, mais l'officier. Et il ajoute, après un moment de silence où est remontée une rancune : "P't'êt'ben l'sous-officier aussi."  

 

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Les 20 albums, photos et textes, que lafautearousseau met à votre disposition

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(Cliquez sur les titres)
 

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15. Racines (III) : Le vitrail du Miracle de Théophile  

 16. Racines (IV) : Versailles, le Palais-temple du soleil 

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17. L'aventure France racontée par les Cartes 

18. Fleur de lys, fleurs de lys

19. Rire ou sourire un peu

20. Racines chrétiennes, Jours solennels

 

Ephéméride du 25 Août.

218 Avant Jésus-Christ : Hannibal est sur le Rhône.

 

       Dans notre Album L'aventure France racontée par les cartes.... , voir la photo "Routes d'Hannibal".

 

Après avoir franchi les Pyrénées, et avant de franchir les Alpes, Hannibal franchit le Rhône, très probablement entre Arles et Avignon.

S'agissant d'un évènement aussi lointain, on n'aura jamais de certitude absolue sur telle ou telle date précise, mais le jour du 25 août est communément retenu par plusieurs spécialistes pour le franchissement du fleuve.

Il emmène avec lui cinquante mille hommes, neuf mille chevaux et trente-sept éléphants de guerre, sans compter ses impedimenta: Polybe, Sénèque, Tite Live, Varron (et, plus généralement, l'ensemble du monde antique) ont considéré cette marche d'Hannibal comme l'un des exploits les plus fascinants de l'Histoire. Cet épisode, qui frappa l’imagination des anciens, fut considéré comme un exploit Herculien parce que c’était la première fois qu’une armée entière le réalisait.

Encore faut-il préciser qu’Hannibal, parti de Carthagène avec 100.000 hommes avait déjà perdu la moitié de ses effectifs en arrivant au Rhône, et qu'il allait en perdre encore la moitié puisque, sur les 50.000 hommes qui franchissent  le Rhône avec lui, seuls 26.000 entreront en Italie...


       http://ollier.pierre.free.fr/HANNIBAL.htm

       http://hannibal-dans-les-alpes.com/

       HANNIBAL.pdf

 

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Si le lieu de franchissement du Rhône est communément admis,
c'est après, pour le franchissement des Alpes, qu'aucune certitude n'existe...

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dimanche, 24 août 2014

Lecture pour cette fin de vacances : Odysseus, les rêves d'Ulysse, de Valerio Manfredi

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par Ludovic Greiling

On peut s'agacer de la manie du monde moderne à personnaliser systématiquement les récits les plus épiques de notre civilisation. Mais dans son roman Odysseus, qui narre à la première personne les aventures du grand Ulysse, Valerio Manfredi réussit à faire rêver dans le respect du cycle homérique.

Le livre est une invitation au voyage dans le temps, dans l'espace et dans le rêve. Il s'ouvre sur une grande carte de la Grèce et de l'Asie mineure, se poursuit par une courte préface par laquelle l'auteur réussit à nous entraîner dans les temps reculés. Odysseus - le nom grec d'Ulysse - nait dans l'une des nombreuses royautés de la Grèce archaïque. Il n'a jamais connu son géniteur. Le ton est donné dès la première page. « Le soir, avant de m'endormir, je demandais à ma nourrice :

- Mai, il est où, mon père ?

- Il est parti avec d'autres rois et des guerriers à la recherche d'un trésor, loin, très loin.

- Et il revient quand ?

- Je ne sais pas. Personne ne le sait. Quand on part en mer, on ne sait pas quand on revient ».

Des années plus tard, Odysseus sera engagé, de l'autre côté des flots, dans une guerre épique. La bataille de Troie immortalisée par Homère montre avec une force exceptionnelle l'amour, la beauté, l'honneur, la destinée, mais aussi la mort et la souffrance. Le roman de Valerio Manfredi - archéologue de formation - ne déroge pas à la règle.

Le texte, traduit de l'italien, a été travaillé pour rendre (ou du moins donner à penser) l'atmosphère archaïque. Il a du souffle. « La langue que j'emploie vise à transporter le lecteur dans le respect de la tradition homérique. Dans la mesure du possible, elle privilégie une syntaxe simple, renonçant aux constructions sophistiquées et aux concepts trop abstraits », décrit-il dans une postface bienvenue.

Le roman se termine par la chute de Troyes et les préparatifs du retour. Mais l'histoire est loin d'être terminée. On attend la suite.

Odysseus - les rêves d'Ulysse, de Valerio Manfredi (éd. JC Lattès,  21,50 euros)

 

Source Politique magazine (Site)

24 août 1914 ... Un vent de démoralisation souffle de tous côtés

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Une journée dont on se souviendra : la première qui soit marquée par une mauvaise action. Le sénateur Gervais raconte au Matin qu'une division, en Lorraine, a refusé de combattre et laissé tomber Lunéville aux mains de l'ennemi : le sénateur Gervais, en spécifiant que cette division vient du Midi, jette la suspicion sur le courage  de la moitié de l'armée. Tout ce qui est méridional et tout ce qui est français s'indigne. La carrière de ce monsieur comme journaliste me paraît bien compromise. D'après une version qui m'est donnée, le sénateur Gervais, en jetant le blâme et la honte sur les contingents du Var, a servi une intrigue politique dirigée contre Clemenceau, sénateur de ce département, et dont l'influence, en ce moment, est redoutée. Le Parlement contre l'union nationale, c'est parfait (1) !

D'autre part, on a renvoyé de nombreux territoriaux dans leurs foyers, et ils sont revenus en disant qu'on n'avait pas de fusils à leur donner, que beaucoup de réservistes n'avaient "touché" que des fusils Gras.

Un vent de démoralisation souffle de tous côtés. J'appends que, dans les sphères officielles, et en particulier au ministère de l'Intérieur, on broie du noir. Au Crédit Lyonnais un commis et le caissier m'interrogent avec anxiété. C'est un Paris nouveau... Les articles des journaux officieux destinés à rassurer sont si maladroitement conçus qu'ils répandent l'alarme, en somme qu'on commence à ne plus savoir qu'inventer. Ainsi, à 5 heures du soir, on signale de l'effervescence à Montmartre et dans quelques faubourgs où la misère grandit : renseignements pris, il s'agit de quelques plaintes, tout de suite apaisées, de femmes de mobilisés sur la manière dont était distribuée l'allocation journalière. Les imaginations ont un peu de fièvre...   

Dom Besse sait de source sûre qu'il s'en est fallu de peu que la Belgique ne laissât passer l'invasion allemande. Le gouvernement de M. de Broqueville ne se souciait pas du tout de prendre une aussi lourde responsabilité. C'est le roi, appuyé par le général Léman, qui a triomphé de la résistance de ses ministres et même de certains généraux. 

Allé voir Mme D..., qui est toujours infirmière à l'hôpital Saint-Martin. Elle soigne un adjudant, vieux briscard qui va perdre une jambe horriblement mutilée par une balle explosive. "On devrait bien répondre à ces procédés de sauvages par des procédés pareils" lui disait Mme D... Et l'autre, avec une conviction profonde : "Oh ! non, madame ! Il y a la Convention !" Il voulait parler de la Convention de Genève qu'il n'a certes jamais lue. Mais ce respect, quasi mystique, des traités, c'est une manifestation magnifique de ce sentiment de l'honneur si puissant chez les Français...

La mobilisation est terminée : les communications sont rétablies au moins pour quelques jours avec la province. J'en profite pour aller régler quelques affaires en Normandie, voir ce qu'on pense dans les départements; mais rentrer à Paris sera-t-il possible ?... 

 

(1) André Bellessort, qui revenait d'Extrême-Orient, eut connaissance, en escale à Ceylan, de l'article du Matin; cette diffamation de la France par un Français avait fait immédiatement le tour du monde. Voici ce que Bellessort a écrit à ce sujet dans la Revue des Deux Mondes du 1er janvier 1915 : "Des détails précis, ou qui semblaient l'être, il ne nous en arriva qu'un seul, et je ne sais comment... Je n'en dirais rien, s'il n'était bon de rappeler au sentiment de leur responsabilité ceux qui, dans des heures aussi graves, tiennent une plume de journaliste. Un article publié par un journal français et autorisé par la censure dénonçait je ne sais quelle défaillance de je ne sais quel régiment, une misère qui, en admettant qu'elle fût vraie, n'atteignait pas plus l'héroïsme de nos troupes que les ordures qu'elle roule à Bénarès ne corrompent l'eau du Gange. L'écho de cet article était venu jusqu'à Ceylan; un de nos compatriotes en fut insulté dans un hôtel de Kandy."

 

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Rire ou sourine un peu ... même s'il n'y a pas vraiment de quoi

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Jean HIN, Valeurs actuelles.