Dans notre Éphéméride de ce jour : "la démence révolutionnaire" (le mot est de Balzac)...
1912 : La Revue de Paris achève la publication, en feuilleton, de "Les Dieux ont soif"...
Prétendre "régénérer" les autres - par la force, évidemment, s'ils ne sont pas d'accord... - et prétendre faire leur bonheur éventuellement malgré eux, sans eux et contre eux, c'est, à coup sûr, dégénérer très vite soi-même, sombrer dans la paranoïa et la démence personnelle, et, collectivement, aboutir immanquablement au Totalitarisme et au Génocide.
"Régénérer", c'était le mot fétiche d'un Saint Just ("...une Nation ne se régénère que sur des monceaux de cadavres..."), d'un Barère ("le vaisseau de la révolution ne peut arriver au port que sur une mer rougie de flots de sang...") d'un Carrier ("Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon..." ) ou de toute leur clique d'assassins...
Leurs descendants - surtout en Asie... - emploieront volontiers le terme de ré-éduquer, dans des camps de ré-éducation dont on sait combien peu sortirent, et dans quel état : mais que l'on dise "régénérer" ou "ré-éduquer", l'idée centrale, et le crime, sont les mêmes...
C'est ce délire mortifère et ce naufrage mental et moral qu'Anatole France, à l'âge de soixante-sept ans, décide de comprendre, d'expliquer, de montrer : on pourrait dire, de disséquer : ce sera Les Dieux ont soif...























