Tout ou presque ayant été dit et ressassé depuis hier soir, nous ne retiendrons que deux leçons de ces Municipales...
• 1. La participation était de 73,1% en 1989; de 68% en 95; de 66,5% en 2001; de 62,3% en 2008 et 2014; puis elle chutait drastiquement (mais c'était le Covid...) en 2020; ce dimanche, elle s'est établie à 57,17% des électeurs inscrits (rappel : il y a trois millions de non-inscrits en France !).
Cette lente érosion, lente mais continue, fait irrésistiblement penser au Titanic, dont les compartiments "pratiquement étanches" (comme il était, lui, "pratiquement insubmersible" !!!) se remplissaient d'eau l'un après l'autre. On sait comment cela a fini...
Pudiquement, les commentateurs appellent cela "fatigue démocratique". Nous y voyons, nous, quelque chose d'infiniment plus grave pour le Système : il a de moins en moins de croyants, et, conséquemment, de pratiquants. Ce qui pose déjà, et posera de plus en plus, le problème de "la" et de "sa" Légitimité, quand on sera arrivé à ce qu'il y ait moins de 50% de votants. Ce qui ne saurait tarder, au vu des innombrables et écoeurantes magouilles, tripatouillages, alliances contre nature de ces dernières Municipales.
• 2. Par la grâce d'une droite (?) qui est à la fois la plus bête et "la plus à gauche du monde" (dixit Mathieu Bock-Côté), un grand nombre de villes ont aujourd'hui un Maire communiste, ou LFI : Nîmes, par exemple, et surtout - hélas ! - Martigues.
Mais comment ces deux Maires communistes vont-ils dire à leurs administrés : "Je suis le Maire, je représente la population, vous devez m'obéir" ? À Martigues, Charroux a réuni 8.900 voix et ses deux adversaires de droite 7.115 et 4.224, soit 11.339 Martégaux qui ont rejeté le communisme ! À Nîmes, le nouveau Maire a "fait" 40,97% des voix, mais ses deux adversaires de droite 37,52 et 21,51%, ce qui, si nous ne nous trompons pas, "fait" 59,03% ! C'est donc "ça" la république idéologique et la démocratie ? Comment prendre au sérieux un Système pareil ! Certes, c'est "légal", mais c'est surtout illégitime : en Iran, il est légal de pendre un manifestant contre la mafia de la mollarchie islamique, qui a volé au peuple 80% de l'économie, et dont "le monstre suprême numéro un" - heureusement éliminé - avait 200 milliards placés un peu partout dans le monde... Le problème n'est pas la légalité, mais la légitimité. Gageons que ces élections d'hier seront porteuse d'une nouvelle avancée de l'abstention, vers les fatidiques 50%...
• 3. Un grand regret, à côté de ces deux leçons : à Martigues, le mur de Berlin entourant la Bastide de Maurras n'est pas tombé. Sociologiquement, la ville a basculé : à la "municipale" de 2020, Charroux "faisait" encore 8.883 vois, et ses deux adversaires (les mêmes qu'hier) 3.111 et 1.516, soit 4.627. Mais, hier, pour la première fois depuis plus de soixante ans - et c'est déjà une victoire, et une bonne nouvelle, prometteuse - Martigues n'a plus "voté à gauche" : un vrai changement.
La seule chose qui nous inquiète, c'est le devenir de la Bastide. Tiendra-t-elle encore debout six années, sans entretien, jamais ouverte ni ventilée, ni entretenue, dans cette ville bâtie - comme le disait joliment Alexandre Dumas, non pas au bord de l'eau mais dans l'eau ? Comme dirait Bainville : "C'est douteux". Son état actuel est proche de la déclaration de "péril", et tout le rez-de-chaussée est étayé...
Les optimistes diront qu'il faut croiser les doigts; les croyants qu'il faut prier, oui : prier ! Et peut-être que, dans six ans...


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