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Feuilleton : Vendée, "Guerre de Géants"...

  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (1)

    (retrouvez l'intégralité des textes et documents de cette visite, sous sa forme de feuilleton ou bien sous sa forme d'Album)

     

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    Aujourd'hui : Au sommaire et présentation de l'Album...

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    1. Présentation de l'Album...
    2. Les premiers résistants contre le Totalitarisme et pour la liberté de l'homme intérieur...
    3. Invention et mécanique du Génocide, le premier des Temps modernes, matrice de tous les suivants...

    4. Ouvrages sur le Génocide...

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    Présentation de l'Album

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    À partir de 1789, les principes du Totalitarisme furent énoncés, ses bases en furent jetées, et il fut appliqué méthodiquement avec - comme conséquence inévitable - le Génocide, qui en découlait fatalement.

    Au même moment, le principe opposé fut également proclamé : liberté intérieure face à l'oppression d'un pouvoir sans limite qui, ne se reconnaissant aucune autorité supérieure, se révélait vite mille fois plus tyrannique que les antiques oppressions qu'il prétendait abolir.

    Deux messages, antinomiques, contradictoires et irréconciliables, furent donc lancés au monde en France, et par la France, au moment de l'ouverture du grand cycle révolutionnaire...

    Le 21 janvier 1793 est l'acte fondateur de tous les Totalitarismes modernes et il est à l'origine de toutes les horreurs qui devaient suivre: Staline, Hitler, Mao, Pol Pot...

    Il est également - selon le mot fort juste de Prosper de Barante - "l'évènement le plus terriblement religieux de notre Révolution", car c'est bien une religion nouvelle qu'il veut instaurer, la Nouvelle Religion Républicaine, prétendant effacer toute trace de l'antique religion chrétienne...

    De ce fait, le 21 janvier dure encore aujourd'hui, par ses conséquences désastreuses, qui ont affecté non seulement la France mais toute l'Europe et, aussi, la terre entière... Il ne s'agit pas d'un fait historique "terminé".

    Il est l'origine du premier crime de masse contre l'Humanité des Temps modernes -des crimes dont on sait qu'ils sont imprescriptibles...

    À l'inverse, le soulèvement vendéen est lui aussi l'acte fondateur de toutes les révoltes modernes contre l'oppression tyrannique d'un État sans limites.

    En tant que fait historique donné, avec ses formes extérieures qui appartiennent maintenant à l'Histoire, les Guerres de Vendée, "Guerre de Géants" comme les a qualifiées Napoléon, sont évidemment terminées, et depuis longtemps.

    Mais, en tant que première expression collective du refus de l'oppression, de la défense de la liberté intérieure de la personne, de la Résistance à l'État tout-puissant, tyrannique et oppresseur, elles sont un message universel, comme l'a très bien vu et très bien compris Soljenitsyne. Et ce message appartient à l'Histoire en même temps qu'à chaque être humain.

    De ce point de vue - évidemment fondamental - les Guerres de Vendée ne sont pas terminées elles non plus, pas plus que le 21 janvier, leur acte fondateur contraire.

    Les Vendéens, les chouans, ne se soulevaient pas pour imposer l'État partout, le Totalitarisme, aux autres habitants de France. Ils n'étaient pas agresseurs, ils étaient agressés. Ils ne souhaitaient pas imposer, ils souhaitaient qu'on ne leur imposât pas. Ils se soulevèrent contre l'État, pour refuser son intrusion dans la sphère privée, pour l'empêcher d'organiser tout, de réglementer tout, d'installer une loi unique régissant tout et tous, jusques et y compris - et surtout - dans les consciences. Les paysans vendéens, les chouans ne se sentaient pas porteurs d'un modèle parfait qu'ils prétendaient imposer aux autres. Ils demandaient juste que l'État ne sortît pas de sa sphère, et ne s'arrogeat pas le pouvoir sur les consciences. Ils voulaient qu'on les laissât en paix, qu'on les laissât vivre comme ils l'entendaient.

    Les Vendéens - et Louis XVI en refusant la Constitution civile du Clergé et ce qui en découlait - sont bien les premiers résistants de France, et du monde, au Totalitarisme qui pointe à la fin du XVIIIème, et qui va ravager la terre, sous ses diverses formes - diverses mais semblables, au fond - au XXème.

    Les Vendéens ont lutté contre l'État totalitaire, en affrontant ceux qui ont lutté pour l'imposer...

    Ce combat de titans entre liberté intérieure et oppression étatique dure encore, le cycle révolutionnaire n'étant pas achevé. Et il durera jusqu'à la fin de ce cycle... Jusque là, pour reprendre le beau titre de la chaîne publique Arte pour l'une de ses émissions, on appellera les Vendéens "Dissidents : les artisans de la liberté..."

    Depuis plus de deux siècles maintenant, les victimes attendent non pas la vengeance, mais la Justice : qu'avec la reconnaissance officielle du Génocide vendéen, il soit mis fin au négationnisme, au révisionnisme, au mémoricide dont se rend coupable le Système actuel, héritier des criminels de guerre de 1793/1794 et du régime totalitaire qu'ils ont imposé à la France...

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (2)

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    Aujourd'hui :

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     Les premiers résistants contre le Totalitarisme... et pour la liberté de l'homme intérieur.

     

    La Vendée militaire (I) :

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    Cette zone d'environ 10.000 km2 recouvre les deux tiers du département de la Vendée, un bon tiers de la Loire-Inférieure (actuelle Loire-Atlantique), près de la moitié du Maine-et-Loire et des Deux-Sèvres...

     

    La Vendée militaire (II) :

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    Cliquez sur l'image pour l'agrandir un peu...

     

    La Vendée militaire (III) :

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    Les 3 pôles d'insurrection vendéenne :
    • L'armée du Marais autour de Legé,
    • L'armée d'Anjou autour de Cholet,
    • L'armée du centre dans le bocage...

     

    Zone insurgée en mars 1793 :

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (3)

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    Aujourd'hui : La France contre la Convention...

     

    "La Convention" est la plus grande escroquerie démocratique de tous les temps, au nom de laquelle on a commis les pires atrocités, dont le Génocide vendéen, le premier Génocide des Temps modernes... : sans mandat légitime du Peuple français, étant donné le nombre ridiculement bas de "votants" :

    - elle a aboli la Royauté, notre Régime traditionnel qui a fait la France et en a fait, sous Louis XVI, la première puissance du monde (économique, démographique, culturelle, militaire...);

    - elle a assassiné le Roi et la Reine, et commencé le monstrueux et lent infanticide - qui s'étalera sur environ cinq ans - du petit Roi Louis XVII...

    - et ses "soldats de l'an II" (encore une image d'Épinal !...) sont tous simplement ceux de l'armée de Louis XVI, la plus forte au monde avec ses canons Gribeauval...

    - elle a multiplié les actes de démence terroriste et barbare dans toute la France (noyades de Carrier à Nantes, cannonades de Fouché à Lyon, massacres à Toulon et à Marseille...)

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    - enfin, et surtout, seuls 10% des citoyens ont voté, pour soi-disant élire cette soi-disant Convention, tant était grand l'épouvante et l'effroi (annonciateurs de le Terreur prochaine...) causés par les tous récents "massacres de septembre"; et, comme les femmes ne votaient pas, il ne s'agit donc que de 5% de la population qui a pris part à cette plus grande escroquerie, dite "démocratique", de tous les temps...

    • mais le Système, héritier de la Terreur révolutionnaire, refuse toujours, deux siècles après, de reconnaître le Génocide vendéen (le premier des Temps modernes) perpétré par ces révolutionnaires qui ont inventé le Terrorisme d'État et sur l'héritage desquels se fonde notre actuel Système mortifère qui nous conduit au grand remplacement, au grand déclassement, au grand endoctrinement (ou, si l'on préfère : à la des-Éducation nationale...) Il ajoute ainsi le crime de Mémoricide au crime de Génocide...

    Il semblerait que le nombre de morts soient plutôt autour des 220 000.
     
    Et lorsque, comme si tout cela ne suffisait pas, "la Convention" décréta "la levée en masse de 300.000 hommes", cette dernière folie fut l'étincelle qui mit le feu aux poudres, la goutte d'eau qui fit déborder le vase : on se révolta partout en France contre cette démence révolutionnaire et si, bien sûr, "la Vendée" reste unique, on ne peut que constater qu'il y eut des révoltes et insurrections contre la Convention dans deux tiers des Départements nouvellement créés !
     
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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (4)

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    Aujourd'hui : Drapeaux vendéens...

     

    • Drapeau de la Grande Armée Catholique et Royale :

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    Guidon général :

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    Drapeau de Charette :

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    "Mais si, profitant de leurs étonnants succès, Charette et Cathelineau eussent réuni toutes leurs forces pour marcher sur la capitale... c'en était fait de la République, rien n'eût arrêté la marche triomphante des armées royales ; le drapeau blanc eût flotté sur les tours de Notre-Dame..." (Mémoires pour servir à l'histoire de France sous Napoléon, écrits à Sainte-Hélène, tome 6, 1825, Paris : Firmin Didot, pp. 221-222)

     

    Drapeau de La Rochejaquelein :

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    La devise est reprise d'une maxime latine, "pro aris et focis", c'est-à-dire pour les dieux pénates - dieux de la patrie - et pour les dieux lares, dieux du foyer domestique. L'expression latine a donc plus de profondeur et d'étendue que l'expression française : combattre pour la patrie. Elle embrasse à la fois les choses divines et humaines, l'intérêt général et l'intérêt particulier. Pour la comprendre vraiment, il faut bien se rendre compte du vrai sens des mots "aris" et "focis". Aris est l'autel public, celui des temples; focis, l'autel domestique, qui était placé près du foyer.

    À cette vision complémentaire des choses divines et humaines, La Rochajaquelein ajoute la touche politique avec le "Rege" : l'Ordre traditionnel est bien saisi comme formant un tout, face à la Révolution qui le nie, et veut lui substituer sa nouvelle religion républicaine...

     

    Drapeau de Bonchamps :

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    Marines royales :

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    Drapeau de la Commune de La Poitevinière :

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    Drapeau de la Paroisse de La Verrie :

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    Drapeau de la Compagnie du Puy Saint Bonnet :

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (5)

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    Aujourd'hui : L'héroïsme vendéen, vu par Chateaubriand...

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    Un paysan vendéen...

    "M. du Theil, chargé des affaires de M. le comte d'Artois à Londres, s'était hâté de chercher Fontanes : celui-ci me pria de le conduire chez l'agent des Princes. Nous le trouvâmes environné de tous ces défenseurs du trône et de l'autel qui battaient les pavés de Piccadilly, d'une foule d'espions et de chevaliers d'industrie echappés de Paris sous divers noms et divers déguisements, et d'une nuée d'aventuriers belges, allemands, irlandais, vendeurs de contre-révolution. Dans un coin de cette foule était un homme de trente à trente-deux ans qu'on ne regardait point, et qui ne faisait lui-même attention qu'à une gravure de la mort du général Wolf. Frappé de son air, je m'enquis de sa personne : un de mes voisins me répondit : "Ce n'est rien, c'est un paysan vendéen, porteur d'une lettre de ses chefs".

    Cet homme, qui n'était rien, avait vu mourir Cathelineau, premier général de la Vendée et paysan comme lui; Bonchamp, en qui revivait Bayard; Lescure, armé d'un cilice non à l'épreuve de la balle; d'Elbée, fusillé dans un fauteuil, ses blessures ne lui permettant pas d'embrasser la mort debout; La Rochejaquelein, dont les patriotes ordonnèrent de vérifier le cadavre, afin de rassurer la Convention au milieu de ses victoires. Cet homme, qui n'était rien, avait assisté à deux cents prises et reprises de ville, villages et redoutes, à sept cents actions particulières et à dix-sept batailles rangées; il avait combattu trois cent mille hommes de troupes réglées, six à sept cent mille réquisitionnaires et gardes nationaux; il avait aidé à enlever cinq cent pièces de canon et cent cinquante mille fusils; il avait traversé les colonnes infernales, compagnies d'incendiaires commandées par des Conventionnels; il s'était trouvé au milieu de l'océan de feu, qui, à trois reprises, roula ses vagues sur les bois de la Vendée; enfin, il avait vu périr trois cent mille Hercules de charrue, compagnons de ses travaux, et se changer en un désert de cendres cent lieues carrées d'un pays fertile.

    Les deux Frances se rencontrèrent sur ce sol nivelé par elles. Tout ce qui restait de sang et de souvenirs dans la France des Croisades, lutta contre ce qu'il y avait de nouveau sang et d'espérances dans la France de la Révolution. Le vainqueur sentit la grandeur du vaincu. Thureau, général des républicains déclarait que "les Vendéens seraient placés dans l'histoire au premier rang des peuple soldats". Un autre général écrivait à Merlin de Thionville : "Des troupes qui ont battu de tels français peuvent bien se flatter de battre tous les autres peuples." Les légions de Probus, dans leur chanson, en disaient autant de nos pères. Bonaparte appela les combats de la Vendée "des combats de géants".

    (Mémoires d'Outre-Tombe, La Pléiade, tome I, pages 391/392/393)

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (6)

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    Aujourd'hui : Les Moulins du Mont des Alouettes...

     

    Ces "moulins qui parlent" étaient au nombre de huit, au moment de la Révolution. Ils furent détruits par "les Bleux" lorsque ceux-ci, étonnés de la rapidité de réaction et de mouvements des Vendéens, comprirent que "les Blancs" s'envoyaient des messages par les ailes des moulins, disposées selon un code bien précis, avec quatre types de messages : danger proche, danger passé, rassemblement et repos.

    Deux furent restaurés, et une chapelle érigée sous la Restauration...

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    https://www.vendeevallee.fr/essentiels/le-mont-des-alouettes/

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (7)

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    Aujourd'hui : 27 mars 1793 : Proclamation de la Roche-Bernard...

     

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    Le blason de La Roche Bernard : "D’or à une aigle éployée bicéphale de sable, becquée, lampassée et membrée de gueules"

    Elle est envoyée par les Chouans du Morbihan aux représentants de la Convention : depuis le 13 mars, le peuple s'est soulevé contre les décrets venus de Paris; après un rapide combat, il s'est emparé - le 15 - de La Roche Bernard, d'où il envoie cette Proclamation aux Conventionnels :

    "Écartez de nous le fléau de la milice, et laissez aux campagnes des bras qui leur sont nécessaires. Vous nous parlez d’ennemis qui menacent nos foyers : c’est là que nous saurons les repousser, s’ils viennent nous attaquer ; c’est là que nous saurons défendre contre eux et contre tous autres, nos femmes, nos enfants, nos bestiaux et nos récoltes, ou périr avec eux.

    Rendez à nos vœux les plus ardents nos anciens pasteurs ; ceux qui furent, dans tous les temps, nos bienfaiteurs et nos amis ; qui, partageant nos peines et nos maux, nous aidaient à les supporter par de pieuses instructions et par leur exemple. Rendez-nous avec eux le libre exercice d’une religion qui fut celle de nos pères et pour le maintien de laquelle nous saurons verser jusqu’à la dernière goutte de notre sang.

    Rendez à nos campagnes ceux de ces dignes pasteurs que vous retenez dans vos murs, et permettez à ceux qui se sont exilés de revenir nous distribuer les consolations dont nous avons grand besoin ; leur retour ramènera partout la paix, l’union, la concorde.

    Telles sont nos principales demandes. Nous y joignons notre vœu pour le rétablissement de la royauté, ne pouvant vivre sous un gouvernement républicain, qui ne présente à nos esprits que des idées de division, de troubles et de guerres."

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (8)

     

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    Aujourd'hui : Sept mois de Gloire, et puis le Génocide...

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    Michel Mourre commence son entrée "Vendée (guerres de)" par les mots suivants :

    "Nom donné aux guerres menées par les catholiques et les royalistes de l'Ouest de la France contre la Révolution. Ces guerres eurent pour théâtre le bas Poitou, l'Anjou, le bas Maine et la Bretagne méridionale. Si la Vendée n'avait pas accueilli la Révolution avec le même enthousiasme que d'autres régions de la France, elle n'avait pas montré non plus une hostilité systématique aux réformes de l'Assemblée constituante. La vente des biens du clergé n'y avait pas suscité de révolte, et, parmi les acquéreurs, il y eut même des nobles, tels que Bonchamps et Lescure, qui se firent plus tard les chefs de l'insurrection. C'est la Constitution civile du Clergé (été 1790) qui provoqua la rupture morale entre la Vendée et le nouveau régime; la plupart des prêtres vendéens refusèrent de prêter serment, et, dès 1791, l'agitation se répandit dans la région..."

    La Constitution civile du Clergé fut donc bien la première des étincelles qui devait mettre le feu aux poudres; ensuite vint la deuxième : l'assassinat du Roi, le 21 janvier 1793; la troisième - et, celle-là décisive... - eut lieu à peine deux mois plus tard lorsque la Convention décréta la Levée en masse de 300.000 hommes, le dimanche 10 mars 1793.

    La Révolution ayant follement déclaré la guerre à l'Europe entière - alors que la France était en paix avec tout le monde... -  elle avait besoin de "sang" pour affronter ces nations auxquelles elle venait stupidement de s'attaquer, dans une aventure insensée qui ne s'achèvera qu'en 1814 et 1815, à Waterloo, avec la tragédie d'une France brisée dans son élan de "Grande Nation"...

    Dans tout le pays, la population comprit fort bien, partout, ce sont il s'agissait, et les oppositions - armées - à la folie de plus en plus ouverte, de plus en plus violente et sanguinaire de cette Convention se multiplièrent, partout en France, et pas seulement dans l'Ouest : c'est dans les deux tiers des Départements nouvellement créés que les armes parlèrent...

    Les soulèvement furent les plus tragiques dans l'Ouest de la France, avec un total d'environ deux cent mille tués et disparus en deux ans de guerres : plus de cent mille victimes dans le seul département de la Vendée (qui comptait 800.000 habitants en 1792) mais un nombre très important aussi dans les Provinces voisines de Bretagne, du Maine, de Normandie, d'Anjou (où l'on prit le nom de "Chouans"). À Nantes, sur ordre du représentant en mission Carrier, deux mille personnes furent noyés dans des gabarres coulées au milieu de la Loire, qualifiée par le sinistre Carrier et ses massacreurs de "baignoire nationale" !

    Le jour même de la réquisition, le 10 mars 1793, les paysans, déjà révoltés par la Constitution civile du clergé et l'assassinat du Roi, attaquèrent ceux qui, envoyés par "Paris", venaient procéder à la-dite réquisition : ce fut un soulèvement spontanée, dans les Mauges, le Choletais, tout le bocage vendéen, le marais de Challans et le pays de Retz (toute cette région du sud de la Loire qui prendra bientôt le nom de Vendée militaire). Et ce fut le début des Guerres de Vendée, où, malgré l'atroce Génocide, des soubresauts importants se produisirent jusqu'en 1796 !...

    Comme les paysans n'avaient pas de chefs, ils allèrent chercher les hobereaux locaux : d'Elbée (lieutenant de cavalerie), Charette (officier de marine), Bonchamps, d'Autichamp, Lescure, Sapinaud, Talmond... 

    Le tout jeune Henri du Vergier, comte de la Rochejaquelein n'avait que 20 ans : sous-lieutenant de cavalerie, il accepta hardiment la demande des paysans, leur lançant son fameux : "Allons chercher l'ennemi : si je recule, tuez-moi; si j'avance, suivez-moi; si je meurs, vengez-moi !".

    Simplement armés de leurs faux et de leurs fourches, les insurgés - qui ne tardèrent pas à s'appeler, et à être appelés, "les Blancs" - chassèrent "les Bleus" (les soldats républicains, dont l'unifomre était bleu...).

    Ils trouvèrent sur place des fusils et des canons (à Beaupréau, à Vihiers, à Cholet le 17 mars, Chemillé le 11 avril, Bressuire le 12 mai, Thouars le 5, Fontenay le 25, Saumur le 9 juin...) et constituèrent une "Grande armée catholique et royale", d'environ 40 000 hommes. La bravoure palliant le manque d'expérience, cette armée va d'abord aller de succès en succès, jusqu'à conquérir Angers le 18 juin, et tenir en échec la sinistre Convention jusqu'en septembre. 

    Le 1er août 1793, un premier décret de la Convention ordonna la destruction et l'incendie de la Vendée et confia la mise en oeuvre de ce plan au général François Westermann. Ce premier décret, monstrueux, fut confirmé deux mois plus tard - le premier octobre 1793 - par un second décret, de Lazare Carnot, qui organisait et détaillait le Génocide vendéen. Les Colonnes infernales du sinistre Turreau le mettront en oeuvre à partir du 21 janvier 1794, les républicains célébrant ainsi, à leur façon, le sinistre premier anniversaire de l'assassinat du Roi Louis XVI !...

    La Convention décrète...

    Article premier :
    le ministre de la guerre donnera sur-le-champ les ordres nécessaire pour que la garnison de Mayence soit transportée en poste dans la Vendée ; Il sera envoyé par le ministre de la guerre des matières combustibles de toute espèce, pour incendier les bois, les taillis et les genêts... Les femmes, les enfants et les vieillards, seront conduits dans l'intérieur ; il sera pourvu à leur subsistance et à leur sûreté, avec tous les égards dus à l'humanité... Les biens des rebelles de la Vendée sont déclarés appartenir à la république.
    (Extrait du décret de la convention nationale du 1er août 1793, A.D.V., 52J4).

    Pourtant, le 14 août, l' "armée catholique et royale" défit les républicains dans la plaine de Luçon et menaça de marcher sur Paris. Prenant alors la mesure du péril, la Convention envoya 100.000 hommes en Vendée : les "Mayençais", qui venaient de capituler à Mayence, placés sous les ordres de Kléber et Haxo.

    Du 19 au 22 septembre, les royalistes remportèrent encore cinq victoires en cinq jours.
    Mais ensuite, ce fut... Cholet, hélas...

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (9)

     

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    Aujourd'hui :

    1. Le tournant malheureux de la bataille de Cholet...

     

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    Kléber et son armée de Mayence entre en Vendée, mais il est défait à Torfou le 19 septembre : "les Blancs" chantent :
    "L'armée de Mayence est une armée de faïence, et nous l'avons brisée..."

    Presqu'un mois après, le 17 octobre, à Cholet, 35.000 Blancs rencontrent 32.000 Bleus.
    Ce sera la plus grande bataille de la Guerre de Vendée et, d'après Kléber, "un combat de tigres contre des lions".


    Bonchamps blessé, l'armée blanche se retire vers la Loire...

     

    2. ... et la Grande Virée de Galerne...

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    De Victor Hugo...

    "La Loire vit alors,
    sur ses plages désertes,
    S'assembler les tribus
    Des vengeurs de nos Rois.
    Peuple qui ne pleurait,
    Fier de ses nobles pertes,
    Que sur le Trône
    Et sur la Croix.

    C'étaient quelques vieillards,
    Fuyant leurs toits en flammes..
    C'étaient des enfants et des femmes,
    Suivis d'un reste de Héros.

    Au milieu d'eux marchait leur patrie exilée,
    Car ils ne laissaient plus qu'une terre peuplée
    De cadavres et de bourreaux..."

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (10)

     

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    Aujourd'hui : Charette ! (1/2)

     

    1.

    "Notre patrie à nous, c’est nos villages, nos autels, nos tombeaux, tout ce que nos mères ont aimé avant nous.
    Notre patrie, c’est notre foi, notre terre, notre roi.
    Leur patrie à eux, qu’est-ce que c’est ? Vous le comprenez, vous ?
    Ils veulent détruire les coutumes, l’ordre, la tradition. Alors qu’est-ce que cette patrie narguante du passé, sans fidélité et sans amour. Cette patrie de billebaude et d’irreligion ? Beau discours, n’est-ce pas ?
    Pour eux la patrie semble n’être qu’une idée : pour nous, elle est une terre…
    Ils l’ont dans le cerveau, nous nous l’avons sous les pieds : c’est plus solide.
    Et il est vieux comme le diable leur monde qu’ils disent nouveau et qu’ils veulent fonder en l’absence de Dieu… Vieux comme le diable…
    On nous dit que nous sommes les suppôts des vieilles superstitions… Faut rire.
    Mais en face de ces démons qui renaissent de siècle en siècle, nous sommes une jeunesse. Messieurs, nous sommes la jeunesse de Dieu, la jeunesse de fidélité ! Et cette jeunesse veut préserver, pour elle et pour ses fils, la créance humaine, la liberté de l’homme intérieur…"

     

    2. Blason des Charette

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    "D'argent au lion de sable soutenu de trois canettes du même ordonnées deux et une."

    Devise : "Combattu, souvent; battu, parfois; abattu, jamais !"

     

    3. Le Château de la Contrie

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    Ce château de style anglais est visible depuis le haut du Bois-Brûlé sur la route d'Ancenis.

    Le 21 avril 1763 naissait dans cette demeure celui qui devait devenir le Général en chef de l'armée catholique et royale, François Athanase Charette de la Contrie.

    Après son épopée fulgurante, il fût exécuté sur la Place Viarme, à Nantes, le 29 mars 1796.

    Une statut de Gaucher a été édifiée en son honneur en 1997. Elle se trouve place Saint-Pierre.

     

    4. La Chabotterie

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    La Chabotterie était au XIVe siècle une propriété Chabot. Le logis actuel date des XVe et XVIe siècles.

    Ce très beau logis, dont la visite est un enchantement, fait bien sentir la douceur de vivre à la campagne, en France, à la fin du XVIIIème siècle.

    Talleyrand ne disait-il pas : "Qui n'a pas vécu dans les années voisines de 1789 ne sait pas ce que c'est que la douceur de vivre..." ?

     

    5. Lettre de Charette sur la mort de Stofflet

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    "J'ai appris avec une peine bien sincère la perte du général Stofflet. Elle afflige tous les braves royalistes. Aussi, ils ne pensent qu'à venger sa mort ...".

    Les lettres de chefs vendéens ou chouans - comme Cadoudal - sont très rares.

    Et celle-ci est d'autant plus rare que, lorsque Charette l'écrit à l'abbé Bernier, une figure de la Vendée militaire, il est traqué par les soldats révolutionnaires, et n'a plus que quelques jours à vivre...

     

    6. Belleville-sur-Vie, Quartier général de Charette...

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    À Belleville-sur-Vie, le QG de Charette a été rénové par la Mairie : c'est maintenant "l'Espace Charrette", installé dans la maison où le chef vendéen avait établi son quartier général.

    L’Espace Charette, ou Manoir de la Jariette, (rue Charette, autrefois appelée rue de la Jariette) est un bâtiment très ancien dont les origines précises ne sont pas connues mais que l’on date du XVIème ou XVIIème siècle.
    Cet espace possède un passé historique assez riche et témoigne de l’évolution de la commune de Belleville, car il fut tour à tour, quartier général de Charette pendant les Guerres de Vendée, puis couvent et enfin École privée Sainte-Anne.

    En 2013, la commune a réhabilité le bâtiment en un espace culturel et associatif tout en y préservant les éléments patrimoniaux : l'escalier central desservant le grenier, le porche d’entrée, la croix en pierre, le clocheton et sa cloche.

    Ce nouvel espace, accessible uniquement aux associations et aux entreprises, propose trois salles spacieuses, claires, nommées en mémoire des généraux des Guerres de Vendée :


    * une grande salle (Bonchamps);

    * une petite salle (Sapinaud); 

    * et une salle de réception (d'Elbée) ornée d'une cheminée massive.

     

    7. La Croix de La Chabotterie

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    Elle marque l'endroit où Charette fut fait prisonnier, le 23 mars 1796, par l'adjudant-général Travot. Le 29 mars, il sera fusillé, à Nantes...

    "Oui, Charette me laisse l'impression d'un grand caractère, je lui vois faire des choses d'une énergie, d'une audace peu commune, il laisse percer du génie." (paroles de Napoléon, rapportées par Emmanuel de Las Cases dans Le Mémorial de Sainte-Hélène)

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (11)

     

    (retrouvez l'intégralité des textes et documents de cette visite, sous sa forme de feuilleton ou bien sous sa forme d'Album)

     

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    Aujourd'hui : Charette ! (2/2)

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    1. Charette, exalté par Léon Daudet...

     

    Le 25 juillet 1926, au Mont des Alouettes, l'Action française organisa un immense Rassemblement royaliste : plus de 60.000 personnes...

    Léon Daudet, dans "Une campagne de réunions" (Almanach de l'Action française 1927, page 60) a raconté la journée, consacrant ces quelques mots à Charette :

    "...À l'horizon, dans la plaine immense de la Vendée militaire, étincelaient sous le ciel ensoleillé de l'ouest, - mais que modifie à chaque instant le vent venu de la mer - brasillaient les clochers et les villages. Là-bas, c'était le bois de la Chabotterie, que traversa Charette blessé, et prisonnier, Charette, personnification de cette race sublime dont la résistance étonna le monde et continue à étonner l'histoire..."


    Illustration : la statue du général, dans sa ville et devant sa maison natale de Couffé. Elle porte l'inscription :
    Général François-Athanase Charette de la Contrie, né le 2 mai 1763 à Couffé - Exécuté à Nantes place Viarme le 29 mars 1796 -
    Avec sa devise :
    "Tant qu'une roue restera, la Charette roulera".

     

    2. ...et par Philippe de Villiers :

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    Le "Charette" de Philippe de Villiers : "Charette, c'est l'anti Robespierre"

    Article de Maurice Livernault, pour la lettre du SIEL - Janvier 2013 :

    La première partie de ce palpitant ouvrage est consacrée à la carrière maritime d’Anathase Charette, car il passa quinze ans dans la marine royale, qu’il aborda adolescent à Brest, pour finir lieutenant de vaisseau à trente ans. La marine de guerre française était alors, sous le règne de Louis XVI, la première d’Europe, et c’est au cours de ses affrontements avec sa rivale britannique qu’il forgea sa personnalité et développa sons sens des responsabilités. En effet, les navires sur lesquels il servit, auprès des navigateurs les plus prestigieux de l’époque, participèrent à la victoire des insurgés américains ; puis, par l’aide apportée aux rebelles grecs, ils jouèrent un rôle non négligeable dans les prémisses de la perte de puissance de l’empire ottoman. Charette contribua également à éradiquer la contrebande en Méditerranée et séjourna à Alger et à Malte.

    Il est de retour à Toulon quand la révolution y éclate, et se marie à Nantes avec une dame d’âge mûr de la bonne société dont il convoitait la fille, puis il démissionne de ses fonctions. Il hésite alors entre rester au pays pour y faire front, ou rejoindre les émigrés à Coblence, solution à laquelle il se rallie finalement. Déçu par la coterie qu’il y rencontre, il revient en France, passe par Paris où il assiste à la mise à sac du Palais des Tuileries, dont il réchappe par miracle. De nouveau en Vendée, il est désigné par la population, un peu à son insu, comme chef de guerre, et il commence à constituer son armée en s’appuyant sur les bandes de paysans qui représentent la résistance à l’ordre que la République veut instaurer par la violence, et auquel se sont ralliées, paradoxalement, la bourgeoisie et une partie de la noblesse locale.

    Puis ce sont les premiers combats, la succession impressionnante de succès et de revers qui aboutit, grâce à une parfaite connaissance du terrain, à la libération du pays de Retz ; mais les luttes intestines minent l’unité et le bon fonctionnement de la guérilla, et la prise de Nantes échoue. La Convention confie à Kléber la mission de mater la Vendée par tous les moyens, dont le plus atroce, le feu. C’est la déroute finale, un moment stoppée par une offre du Comité de Salut Public, qui surestimant la rebellion, la craint, d’ériger la province en principauté autonome, dont il deviendrait le consul. Mais la mésentente s’installe au cœur de sa délégation. Ce n’était en vérité qu’un traquenard échafaudé sur une clause secrète, perverse et mensongère.

    Il reprend le maquis, torturé par le désespoir. Puis c’est la capture au combat, le procès expéditif, et la marche vers le supplice ultime, le long des rues de Nantes, conspué par une population versatile qui l’acclamait encore fougueusement la veille.

    Cette tragique épopée est relatée de main de maître, grâce à une écriture flamboyante, parfaitement contrôlée, exempte de redite, et dont la richesse et l’élégance permettent de décrire des situations parfois insoutenables de cruauté. Le vocabulaire est greffé d’expressions dialectales sans que l’on ressente jamais la moindre propension à la tentation régionaliste. L’auteur exclut clairement toute explication manichéenne du conflit. En effet, c’est par sa voix que Charette, à Coblence, fustige sans équivoque les représentants de l’aristocratie qu’il y côtoie, et dont il constate vite la futilité et l’inconscience qui lui feront abréger son séjour. De même ne sont pas évacuées les dissensions qui opposent entre eux les généraux vendéens, ainsi que celles de son propre état-major, où l’on conspire contre lui. Les exactions auxquelles se livrent parfois ses propres troupes, et qu’il réprouve avec vigueur, sont évoquées sans détour.

    Ce livre révèle, au-delà d’un indéniable talent, les authentiques qualités de cœur de son auteur, qui n’est animé par aucun sentiment revanchard, mais qui souhaite uniquement que la vérité soit proclamée et que la concorde règne, comme en témoigne le splendide spectacle qu’il a écrit et réalisé au Puy-du-Fou. Nous aimerions que ce retour sur la scène littéraire soit le prélude à sa rentrée dans l’arène nationale, tant il nous paraît impensable que la résurgence de notre nation, enlisée dans la servitude et la médiocrité, puisse un jour s’effectuer sans son indispensable et précieux concours.

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (12)

     

    (retrouvez l'intégralité des textes et documents de cette visite, sous sa forme de feuilleton ou bien sous sa forme d'Album)

     

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    Aujourd'hui : Henri de La Rochejaquelein...

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    1. De Michel Mourre :

    "Ancien officier de la garde constitutionnelle de Louis XVI et fils d'un émigré, il se retira après le 10 août 1792 dans la terre de Clisson, auprès de son cousin Lescure.
    À la tête de paysans vendéens, il rejoignit Bonchamps et d'Elbée, se distingua à la bataille de Fontenay (24 mai 1793), entra dans Saumur (9 juin), sauva les vendéens de la déroute à Luçon, remporta la victoire de Chantonnay (septembre) mais fut vaincu à Cholet (octobre).

    Devenu commandant en chef des vendéens après la mort de Lescure, il fit preuve de réels talents militaires, mais finit par être réduit à une guérilla sans espoir après les défaites d'Ancenis et de Savenay, et fut tué au combat de Nouaillé." 

     

    ...et son frère Louis

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     Louis du Vergier, marquis de La Rochejaquelein, par Pierre-Narcisse Guérin.



    Né le 30 novembre 1777 à Saint-Aubin-de-Baubigné et tué au combat le 5 juin 1815, à 37 ans, à Saint-Hilaire-de-Riez...

    Général de la grande Armée catholique et royale, il participa au soulèvement de la Vendée lors du retour insensé de Napoléon de l'île d'Elbe.
    Il participa aux batailles d'Aizenay, de Saint-Gilles-sur-Vie, des Mathes, à Saint-Hilaire-de-Riez, où il fut tué...

    En 1801, il épousa Victoire de Donnissan, veuve du marquis de Lescure, héros des premières guerres de Vendée.
    Napoléon chercha, en vain, à le gagner à sa cause.
    Dès le mois de mars 1813, il se concerta avec un envoyé du roi, et quand le parti royaliste fut de nouveau formé à Bordeaux - sous l'impulsion, entre autres, de Jean-Baptiste Lynch - il fut choisi pour aller présenter au duc d'Angoulême, alors à Saint-Jean-de-Luz, l'hommage de la ville qui venait de proclamer Louis XVIII, Roi de France.

    Au premier retour de Louis XVIII, il fut nommé chef d'un des corps militaires de sa garde (commandant des grenadiers royaux) et élevé ainsi au grade d'officier général.

    Au retour de Napoléon en France il protégea la retraite du roi jusqu'aux frontières du nord, et de là jusqu'à Gand.
    Revenu en Vendée dès le 16 mai, il souleva le pays : Napoléon apprit cette insurrection dans la nuit du 17 mai, et il se hâta d'envoyer un corps de 12.000 hommes sous les ordres du général Lamarque.
    La Rochejaquelein arriva à Saint-Jean-de-Monts le 3 juin, avec la division de son frère Auguste (le troisième et dernier garçon de la fratrie).
    Là, il apprit qu'une forte colonne s'approchait ; elle était commandée par le général Estève, qui, le lendemain, au point du jour, se porta à la ferme des Mattes, sur le bord du Marais. Au cours d'un combat furieux, et héroïque, Louis fut tué, à la tête de ses troupes, et son frère blessé...

    Il est inhumé avec ses frères dans l'église de Saint-Aubin-de-Baubigné dans les Deux-Sèvres.
    Il laissait huit enfants et une veuve.

     

    3. La Durbeliere

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    Ruines du château de La Rochejaquelein, incendié cinq fois pendant la Révolution...

    https://monumentum.fr/propriete-durbeliere-pa00101257.html

     

    4. Blason des La Rochejaquelein

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    De sinople à la croix d'argent cantonnée de quatre coquilles du même et chargée d'une coquille de gueules en abîme

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (13)

     

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    Aujourd'hui : Cathelineau

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    De Michel Mourre, Dictionnaire encyclopédique d'Histoire, page 809 :

    "Il exerçait la profession de tisserand lorsque, en 1793, une révolte éclata à Saint Florent parmi les jeunes vendéens appelés à tirer au sort. Cathelineau, quoique exempt de service militaire en tant qu'homme marié, se mit à le tête des insurgés, battit les républicains (10 mars 1793), s'empara de Cholet, de Thouars, puis de Saumur, et devint (12 juin 1793) "Commandant en chef de l'armée catholique et royale".

    Il ne craignit pas de s'attaquer à Nantes, mais fut repoussé et reçut, au cours des combats, une blessure dont il devait mourir." 

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    Son tombeau, à Saint Florent le Vieil...

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    ... et sa statue sur la place de l’église au Pin-en-Mauges.

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (14)

     

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    Aujourd'hui : "Bonchamps, en qui revivait Bayard..." (Chateaubriand)

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    Blason des Bonchamps.

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    "De gueules à deux triangles vidés d’or entrelacés en forme d’étoile"

     

    Bonchamps mourant

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    Mortellement blessé devant Cholet, Charles Artus, marquis de Bonchamps, expire après avoir gracié 5.000 prisonniers républicains, enfermés dans l'église de Saint Florent-le-Vieil, qu'on allait massacrer: "Grâce aux prisonniers, Bonchamps l'ordonne !" furent ses dernières paroles.

    David d'Angers, dont le père fut l'un de ces graciés, sculptera son monument funéraire.

     

    Le dernier ordre de Bonchamps

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    17 octobre 1793...

    En toute hâte, on s’affaire sous la fine pluie qui trempe la terre. L’armée vendéenne est en déroute. Dans le bruit des chevaux qui hennissent, des hommes qui s’interpellent, des armes que l’on apprête, les derniers combattants royalistes dressent le camp de repli. Leur général en second, le marquis de Bonchamps a été blessé devant Cholet et c’est mourant, qu’avec eux, il a gagné St-Florent au bord de la Loire.
    Il est étendu sur un brancard. Autour de lui, ses lieutenants, hommes du peuple ou grands noms de l’Ouest, le veillent. Tous savent que la fin est proche. Après Cathelineau, le voiturier, à qui il avait laissé la tête de l’armée, c’est l’une des grandes figures de la guerre de Vendée qui va s’éteindre. Sur les visages épuisés de ses hommes dont les yeux ont pourtant déjà vu tant de morts, l’émotion perce et les larmes coulent.
    Un prêtre, cachant sa soutane sous un pourpoint, pistolet, épée et crucifix entremêlés à la ceinture, récite l’office des défunts.
    À l’extérieur de la tente, des cris éclatent : "À mort ! À mort !"; "Tuons-les !" "À mort les Bleus !" Scandés comme un refrain macabre les cris de haine résonnent dans le crâne bouillant de fièvre du marquis de Bonchamps. Se relevant à grand peine, il demande :
    - Qu’est-ce donc ? Après qui en a-t-on de la sorte ?
    - Mon général, ce sont nos hommes qui veulent se venger des Bleus.
    - Quels Bleus ?
    - Dans notre déroute, nous avons capturé cinq mille républicains que nous avons enfermés dans un couvent à quelques pas d’ici. Ce sont sur eux que nos hommes ont décidé de pointer les canons.
    Le marquis se crispe. Malgré l’agonie qui meurtrit son corps, malgré la souffrance qui contracte ses traits et l’empêche de se lever, il supplie son cousin, le comte d’Autichamp, d’obtenir la grâce des Bleus : "Mon ami, c’est sûrement le dernier ordre que je vous donnerai…"
    D’Autichamp ne discute pas. Il se précipite au dehors de la tente, saute sur un cheval et galope jusqu’aux abords du couvent où les hommes s’apprêtent déjà à la vengeance. Là, il fait battre tambour pour obtenir le silence et proclame : "Grâce au prisonniers ! Bonchamps le veut. Bonchamps l’ordonne !" Les soldats hésitent, se regardent. Ils n’ont pas la charité de leur général. Mais ils le respectent profondément. Depuis qu’ils sont allés le chercher pour combattre avec eux, le marquis de Bonchamps est devenu pour eux un père et un modèle. Certains regagnent les tentes dressées un peu plus loin et obéissent par devoir; d’autres comprenant les motifs de leur chef, acceptent de libérer les républicains.
    En fait ce dernier geste ne les étonne pas vraiment. Clémence, miséricorde, justice… : Charles de Bonchamps a toujours été un exemple d’humanité.
    Les plus anciens se souviennent que dès les premiers jours de la guerre, il avait empêché les pillages, les incendies et les exécutions. Il avait relâché les prisonniers sur la simple promesse qu’ils ne reprendraient pas les armes. Comme certains violaient leur serment, les Blancs avaient décidé de raser la tête de ceux que leur général libérait. À Thouars, en mai, Bonchamps avait battu le général Quétineau, un républicain réputé pour sa bravoure et son honnêteté. Pour ces raisons, le marquis l’avait soustrait au désir de vengeance des Vendéens et lui avait même offert l’asile pour le protéger des Bleus qui ne manqueraient pas de le mettre à mort s’il retournait vers eux. Par honneur et par fidélité à la Révolution, Quétineau avait refusé. Bonchamps l’avait donc libéré et le tribunal révolutionnaire l’avait immédiatement condamné à être guillotiné pour reddition et connivence avec les rebelles !
    Sur les bords de la Loire, un autre roulement de tambour retentit dans la nuit. Il appelle les hommes à se rassembler. Le marquis de Bonchamps est mort. Son corps est exposé sur une civière. Un dais blanc, marqué d’une fleur de lys et des cœurs de Jésus et de Marie enlacés, le protège de la pluie. Un à un, ses soldats viennent s’agenouiller devant lui. Ils ne cachent pas la peine qui les étreint. Certains racontent les mois passés avec lui. "Je faisais parti des sept gars du pays qui sont allés le chercher. Je m’en souviens, il avait hésité, mais le 21 mars, il était à Challonnes avec d’Elbée", raconte un paysan d’Anjou, la terre des Bonchamps.
    Les uns et les autres racontent les hauts faits du marquis. En sept mois de guerre, le jeune officier qui avait fait ses classes en Inde, s’était révélé un général exceptionnel. En avril, il avait sauvé l’armée catholique et royale par un repli sur Tiffauges qu’il avait imposé à ses pairs découragés. En mai, il avait gagné la bataille de Fontenay, avant d’être blessé par un soldat qu’il venait de gracier. En juin, il s’était opposé à l’attaque de Nantes, qu’il jugeait trop téméraire. Malgré son concours, la bataille avait tourné au désastre pour les Blancs. De nouveau blessé en juillet, il n’avait pu reprendre le combat que le 19 septembre, à Torfou, où il avait battu les Mayençais de Kléber. Mais voilà, qu’à Cholet, ces mêmes Mayençais avaient été les plus forts....
    Tard dans la nuit, à la lumière des feux de camp, les soldats épuisés continuent de tisser la vie de leur général aux fils de la mémoire et de la légende.
    Dans sa dépêche du 19 octobre au Comité de salut public, le citoyen Merlin de Thionville écrit : "Il faut ensevelir dans l’oubli cette malheureuse action." Pour lui, le pardon de Bonchamps déshonore les soldats ainsi empêchés de mourir en héros de la République. On poursuit et condamne sa veuve qui en transmettait le souvenir. Peine perdue. Elle s’échappe, aidée par ces soldats mêmes que son mari avait rendus "indignes". C’est le fils de l’un d’entre eux, le sculpteur David d’Angers, qui figera le geste du pardon dans la pierre. La statue funéraire, à Saint-Florent-le-Viel, montre Bonchamps mourant, se soulevant de son grabat pour tendre la main vers le ciel et crier dans son dernier soupir :"Grâce aux prisonniers !"

     

    De Louis Aragon, sur Bonchamps...

     

    "...Regardez-le bien, ce jeune homme, ce général de 34 ans, dans toute la force de l'âge, ce chef de Partisans, mortellement atteint.
    Le bras droit qu'il lève, c'est celui qui fut fracassé à Torfou; la poitrine, puissante, est enflée par le cri de l'agonisant.
    Tout, le mouvement du cou, de la bouche, tout s'achève dans ce cri...
    Regardez bien, car ceci c'est la France, et vous ne me direz plus que l'art n'a pas de patrie..."

     

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  • Feuilleton "Vendée, Guerre de Géants..." (15)

     

    (retrouvez l'intégralité des textes et documents de cette visite, sous sa forme de feuilleton ou bien sous sa forme d'Album)

     

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    Aujourd'hui : Lescure...

     

    I. De Michel Mourre :

    "Commandant d'une Compagnie du Royal-Piémont au début de la Révolution, il rentra dans le Poitou après le 10 Août et fut emprisonné; délivré par les Vendéens, il devint un de leurs chefs.

    Il mena de brillants combats à Bressuire, Thouards, Fontenay, Saumur, Torfou, montrant partout une grande humanité à l'égard des prisonniers républicains.

    Blessé à la tête au combat de La Tremblaye, il mourut quelques jours plus tard..." 

    Il fut surnommé "le saint du Poitou".

     

    II. Blason des Lescure

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    "Écartelé, d'or au lion d'azur et de gueules au lion d'or accompagné de douze besants du même posés en orle"

     

    III. Le Calvaire des besnardières, où tomba Lescure...

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    IV. Lescure : le Calvaire des Besnardières (détail)

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