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Révolution - Terrorisme - Totalitarisme

  • Société • Flics, présomption de culpabilité - Théo : l’aristocratie des ghettos aura-t-elle le dernier mot ?

     

    Par Jean-Paul Brighelli 

    Une chronique façon Brighelli - tel qu'on l'aime - parue dans Bonnet d'âne [17.02] et où l'essentiel est dit sur la lamentable situation que le régime a laissé s'installer et, même, qu'il aggrave par sa démagogie. L'idéologie, la préférence immigrationniste apparaît pour ce qu'elle est aux yeux des Français : la honte de cette République. Et son discrédit grandissant. LFAR

     

    2304514035.jpgIl y a quelques jours, dans le questionnaire que devait remplir une étudiante pour postuler à Kedge Business School, on demandait : « Quel est l’évènement majeur, de ces derniers mois, qui vous a marqué(e) ? »

    Et la jeune fille, une Marseillaise issue, comme on dit, de l’immigration, de répondre : « Le viol du jeune Théo… » Empathie maximale. Sans doute s’y est-elle vue.

    Il m’a fallu des trésors de diplomatie pour lui conseiller de prendre un autre exemple. Pour expliquer que les flics ont droit, comme les autres citoyens, à la présomption d’innocence — même si les faits sont clairement établis, ce qui n’est pas vraiment le cas. Et qu’en tout état de cause, même si le policier incriminé se révélait finalement coupable, il est quelque peu délicat de juger prématurément d’une affaire en cours d’instruction. C’est même carrément illégal.

    Comme c’est une fille intelligente, elle a obtempéré. De bon cœur ? C’est une autre histoire.

    D’autant que rien dans l’actualité ne l’engage à faire preuve de modération. Les temps sont au lynchage préventif — et Internet est un merveilleux champ de lapidation sans examen. Des « people » n’ont-ils pas écrit dans Libé une tribune exemplaire assimilant tout porteur d’uniforme à un violeur en puissance ? Le directeur général de la police nationale s’en est ému. Tous racistes ? Tous violeurs ? Allons donc ! Quand je les vois fermer les yeux sur les trafiquants de dope et de clopes du Marché des Capucins, ou renoncer à verbaliser une femme voilée des pieds à la tête, je les trouve même drôlement coulants — et globalement polis.

    Au passage, qui sont ces « people » qui éructent dans Libé ? Des « gens », si je comprends bien l’anglais : quelle expertise ont-ils des affaires judiciaires ? Le fait d’appartenir à un tout petit monde artistico-littéraro-de gauche leur donne-t-il une quelconque autorité ? Nous vivons sous la dictature de la Pensée unique et du Camp du Bien…

    Il fut un temps — en 68 — où le slogan était plus politique : Flics ! Fascistes ! Assassins ! Après tout, ils étaient au service d’un pouvoir (De Gaulle) qui ressemblait un peu à une monarchie.

    Violeurs, ça vous a une autre gueule que fasciste. On est passé en quarante ans de l’épithète cérébrale à la dénomination libidinale. Le niveau baisse — en dessous de la ceinture.

    Et les politiques ont embrayé avec volupté — voir Benoît Hamon, par exemple, qui condamne les « actes inadmissibles » des policiers — sans doute y était-il. Sauf François Fillon, qui en a profité pour proposer un abaissement de l’âge de la majorité pénale à 16 ans (il faudra en discuter avec les gardiens de prison, trop peu nombreux, trop peu formés), et Marine Le Pen, qui a déclaré que « par principe, elle soutient la police, sauf démonstration par la justice que des actes en violation de la loi aient pu être commis » : la présomption d’innocence n’est pas à géométrie variable. Tant qu’un délit (ou un crime, dans le cas d’un viol) n’est pas prouvé, tant que les faits n’ont pas été établis, il n’y a pas de raison de condamner préventivement. On peut plaisanter sur les conclusions provisoires de l’IGPN, mais elles sont justement provisoires.

    D’autant qu’il n’y a pas de limite au pig-bashing, comme j’écrirais si je parlais anglais. Une semaine après Aulnay, voici que Mohamed K. affirme dans l’Obs qu’il a été passé à tabac par le même policier : et d’exhiber son visage tuméfié, ce qui a entraîné l’ouverture d’une seconde enquête. Allez, parions que d’ici peu, tout individu qui se sera fait casser la gueule incriminera un policier. Tous violeurs, tous assassins. Surtout quand on est bronzé. Pas tibulaire, mais presque, disait Coluche. Délit de sale gueule. Les belles âmes devraient de temps en temps sortir de Paris et visiter les « quartiers », comme on dit, pour voir à quoi ressemble l’aristocratie des ghettos. Ou s’intéresser aux statistiques des prisons françaises, telles qu’elles ont été rassemblées et commentées par le Washington Post — et analysées par le Monde pour les non-anglicistes. Ce n’est pas être raciste que de constater que la misère et la ghettoïsation produisent immanquablement les mêmes dérives — et que c’est sur le front des dérives qu’opèrent les flics. Pas à Paris VIIème (Matignon ou le Ministère de l’Education) ou VIIIème (Elysée et Place Beauvau) arrondissements, où la délinquance n’est pas tout à fait la même…

    C4FDcwvWMAE0RWk.jpg-small.jpgLes manifestants de 1968 voulaient changer le monde — mince, c’est raté ! Ceux d’aujourd’hui veulent juste casser du flic, et être sur le selfie : chacun fait avec les moyens de ses ambitions. Ils ont fait de leur mieux, ces derniers temps — mais le policier grièvement brûlé dans sa voiture en octobre a disparu des radars, d’autant que François Hollande n’est jamais allé le voir, celui-là. Alors qu’il s’est précipité au chevet de Théo et a déclaré que le jeune homme avait « réagi avec dignité et responsabilité ». Qui a dit « deux poids, deux mesures » ? Que pèsent les flics français, quantitativement parlant, face au public cible de Terra Nova ? Mais non, il ne peut pas y avoir de calculs aussi bas, surtout pas en période électorale !

    Je sens que je vais me faire allumer, à tenir de pareils propos. Déjà, il y a quelques jours, expliquer que Roman Polanski n’avait jamais été inculpé de quoi que ce soit en France m’a valu une volée de bois vert. Mais vous savez quoi ? Frankly, I don’t give a damn, comme dit le beau Rhett à la jolie Scarlett.   

    Jean-Paul Brighelli
    Enseignant et essayiste, anime le blog Bonnet d'âne hébergé par Causeur.

  • Histoire & Actualité • Macron en Algérie : un crime contre la vérité En Marche pour caresser un certain électorat

    Emmanuel Macron accueilli par le chef de la diplomatie algérienne. Sipa 

     

    Par Bernard Domeyne.

    En visite en Algérie, Emmanuel Macron a qualifié la présence française dans le pays (1830-1962) de « crime contre l'humanité ». Une ficelle électoraliste aussi grosse que honteuse. La critique qui en est faite ici [Causeur, 16.02] est, en elle-même, pleinement justifiée. Elle confirme les analyses déjà publiées sur ce triste sujet dans Lafautearousseau. S'il en est un pour qui patriotes et royalistes ne voteront pas à la présidentielle, c'est bien, en toute certitude, Emmanuel Macron.  LFAR

     

    « C’est un crime. C’est un crime contre l’humanité. C’est une vraie barbarie, et ça fait partie de ce passé que nous devons regarder en face en présentant aussi nos excuses à l’égard de celles et ceux vers lesquels nous avons commis ces gestes »

    Voici ce qu’a affirmé, en Algérie, Emmanuel Macron, candidat autoproclamé à la Présidence de la République Française, lors d’une interview au média local Echorouk News.

    Lyautey et Goering, même combat !

    Crime contre l’humanité. Si les mots ont un sens, cela veut dire que l’on met sur le même plan qu’Adolf Hitler, Joachim von Ribbentropp, Hermann Göring, Ernst Kaltenbrunner, Wilhelm Keitel, Alfred Rosenberg, les Français Jacques Cartier, Joseph-François Dupleix, Louis Antoine de Bougainville, Thomas Robert Bugeaud, et les maréchaux Joseph Simon Gallieni et Hubert Lyautey entre autres. Et bien entendu les penseurs de ce crime contre l’humanité, Colbert, Duplex, Jules Ferry et tant d’autres…

    Il conviendra donc, si l’on suit ce bel esprit, de débaptiser toutes les rues, tous les lycées Jules Ferry, les places Lyautey, les avenues Gallieni…

    Avec ces propos dont le moins que l’on puisse dire est qu’ils sont navrants, on voit bien où le candidat autoproclamé veut en venir : au vote des musulmans des banlieues, bien sûr. Un électorat à caresser dans le sens du poil.

    Ces propos révèlent qui est Emmanuel Macron, que beaucoup fantasment comme un homme providentiel, au-dessus des querelles partisanes… C’est clairement un héritier de François Hollande, un socialiste qui a inspiré le quinquennat, et il sera prêt, lui aussi, à crier, « reviens, Léonarda ! » et à faire dans la contrition pour s’attirer les bonnes grâces des indigènes de la république, qui, c’est sûr, veulent beaucoup de bien à la France…

    Des crimes de guerre largement partagés

    Puisqu’il s’agit de l’Algérie, il convient toutefois de rappeler quelques vérités historiques. Que jusqu’en 1818, l’un des repaires des pirates barbaresques qui infestaient la Méditerranée depuis trois siècles, était précisément le port d’Alger, célèbre pour son marché aux esclaves, et que deux pays occidentaux, avant la France, avaient fait la guerre au Dey d’Alger pour faire cesser – outre la piraterie – ce qui était, précisément, un crime contre l’humanité, l’esclavage subi par les chrétiens et les chrétiennes. Les États-Unis, on le sait peu, ont fait la guerre aux barbaresques de 1801 à 1805, puis à nouveau en 1815 ; les Anglais en 1818, toujours pour libérer les esclaves chrétiens.

     

    J’ai grandi sous la présidence du Général de Gaulle. J’ai 59 ans. Je ne suis pas d’origine pied-noir. Alors que les armateurs nantais et bordelais s’enrichissaient dans le commerce triangulaire, mes aïeux crevaient de faim dans les Hautes-Alpes. Je ne me sens, contrairement à Emmanuel Macron, en tant que Français, coupable de rien, de rien du tout, et je n’ai d’excuses à faire à personne.

    Jacques Cartier, Bougainville, Lyautey… Le père Bugeaud et sa casquette… Tous ces héros ont peuplé mon enfance. Car jamais personne ne pourra me faire avaler – car il s’agit bien de cela – que ces héros, dont certains, je pense à Gallieni et Lyautey, ont sauvé la France et son empire durant la Guerre de 1914-18, sont des criminels contre l’humanité. Jamais leur image ne pourra être associée aux bouchers des camps d’Auschwitz et de Treblinka.

    Une ambition pour la France ?

    Je ne suis pas en train de dire que la France n’a rien à se reprocher. Notre pays n’a pas su mener la décolonisation, celle de l’Indochine, celle de l’Algérie. Des crimes de guerre ont été commis. Mais ces crimes de guerre ont été largement partagés : le Viet-Minh et le FLN aussi ont du sang sur les mains, du sang français, comme l’armée française a sur les siennes du sang vietnamien et algérien.

    C’était il y a longtemps. Les sujets, les enjeux, désormais, sont ailleurs. Il serait peut-être temps d’en parler.

    Il paraît que M. Macron serait un philosophe. Qu’il serait un littéraire. En tout cas, ce n’est sûrement pas un historien.

    Pour qu’Emmanuel Macron devienne Président de la République, il faudrait qu’à côté de l’ambition et du sens des affaires qu’on apprend à l’École Nationale d’Administration, il ait aussi de l’ambition pour la France ; une vision.  Cela s’appelle le sens de l’histoire. 

    Bernard Domeyne
    docteur en histoire.

  • Jean Sévillia : « La colonisation et le non-sens historique d'Emmanuel Macron »

     

    Par Alexis Feertchak

    Alors qu'Emmanuel Macron a qualifié la colonisation de crime contre l'humanité, Jean Sévillia explique [Figarovox, 16.02] pourquoi une telle déclaration est un non-sens historique. En tant qu'historien, il estime que l'on ne peut pas jeter ainsi « l'opprobre sur les Européens d'Algérie, les harkis, et leurs descendants ». Nous n'ajouterons rien à cette pertinente analyse, si ce n'est que les déclarations d'Emmanuel Macron le disqualifient pour parler au nom de la France et diriger le pays.  LFAR

     

    XVM374ace7c-f3ac-11e6-a80c-3dc5aaa52285-120x168.jpgLors de son déplacement en Algérie, Emmanuel Macron a accordé un entretien à la chaîne Echorouk News où il qualifie la colonisation d'« acte de barbarie » et de « crime contre l'humanité ». Ces qualifications morale et juridique ont-elles un sens historiquement ?

    Sur le plan juridique, la première définition du crime contre l'humanité a été donnée en 1945 par l'article 6 de la Charte de Londres qui instituait le Tribunal militaire international, instance qui allait juger les chefs nazis à Nuremberg. Étaient visés « l'assassinat, l'extermination, la réduction en esclavage, la déportation, et tout autre acte inhumain inspirés par des motifs politiques, philosophiques, raciaux ou religieux et organisés en exécution d'un plan concerté à l'encontre d'un groupe de population civile ». D'autres textes affineront la définition, comme le statut de Rome créant la Cour pénale internationale, en 1998, sans en changer l'esprit. Or la colonisation est le fait de peupler un pays de colons, de le transformer en colonie, voire, nous dit le dictionnaire le Robert, de procéder à son « exploitation» afin de le «mettre en valeur ».

    Historiquement parlant, à l'évidence, la colonisation suppose un rapport de domination du colonisateur envers le colonisé, variable en intensité et en durée selon les lieux où elle s'est déroulée, mais elle n'a pas pour but d'exterminer les colonisés, ce qui, sans parler de l'aspect moral, n'aurait même pas été de l'intérêt matériel du colonisateur. Parfois, dans les périodes d'installation du colonisateur, et cela a été le cas, en Algérie, la colonisation est passée par une guerre de conquête, avec son lot de violences inhérentes à toute guerre. Les travaux d'historiens comme Jacques Frémeaux ou le regretté Daniel Lefeuvre nous ont cependant appris à contextualiser les méthodes d'alors de l'armée française, une armée qui sortait des guerres révolutionnaires et napoléoniennes, et ont montré qu'Abd el-Kader n'était pas non plus un enfant de chœur quand il combattait les Français. Mais cent trente années de présence française en Algérie ne se résument ni à la guerre de conquête des années 1840 ni à la guerre d'indépendance des années 1950. Il y a un immense entre-deux qui a duré un siècle, avec ses échecs, ses pages grises, mais aussi ses réussites, ses motifs de fierté.

    Qualifier la colonisation d'acte de barbarie ou de crime contre l'humanité est un non-sens historique, un jugement sommaire, manichéen, qui passe sous silence la part positive de l'Algérie française, celle qui a conduit des Algériens musulmans à croire à la France et à s'engager pour elle. L'histoire a pour but de faire la vérité et non de jeter de l'huile sur le feu, mais, s'agissant de « barbarie », on pourrait rappeler que, dans les événements tragiques de la fin de l'Algérie française, des Européens d'Algérie ou des musulmans fidèles à la France ont été victimes d'actes aujourd'hui constitutifs du crime contre l'humanité. Si on veut vraiment faire de l'histoire, il faut tout mettre à plat.

    Dans cet entretien, Emmanuel Macron est revenu sur ses propos parus dans Le Point en novembre 2016 qui ont été « sortis de leur contexte », notamment quand il évoquait les « éléments de civilisation » apportés par la colonisation française. Comment comprenez-vous cette expression d'« éléments de civilisation » ?

    Je suppose qu'Emmanuel Macron faisait alors allusion, par exemple, à l'œuvre d'enseignement menée par la France en Algérie, certes avec retard, un retard dû à l'impéritie de la IIIe puis de la IVe République. En 1960, 38% des garçons musulmans et 23% des filles fréquentaient l'école, pourcentage qui était supérieur à Alger où 75% des garçons musulmans et 50% des filles étaient scolarisés, Européens et Arabes étant mêlés sur les bancs des écoles au moment où, dans maints États américains, la ségrégation sévissait encore entre Blancs et Noirs. Peut-être l'ancien ministre faisait-il encore allusion à la médecine coloniale. L'École de médecine d'Alger a été fondée moins de trente ans après la conquête. En 1860, le taux de mortalité infantile pouvait atteindre les 30 % dans la population algérienne. En 1954, il sera descendu à 13 %, pourcentage certes trop élevé, mais qui témoignait quand même d'un progrès. C'est à Constantine, en 1860, qu'Alphonse Laveran a identifié l'agent du paludisme, ce qui lui vaudra le prix Nobel de médecine en 1907. À l'école ou à l'hôpital, où était le crime contre l'humanité dans l'Algérie française ?

    Ajoutant que l'on ne construit rien sur « la culture de la culpabilisation », l'ancien ministre de l'Économie précise aujourd'hui: « La France a installé les droits de l'Homme en Algérie, mais elle a oublié de les lire ». Ne peut-il pas ainsi réconcilier l'opposition entre les partisans de l'excuse et les critiques de la repentance ?

    Il est certain que défendre un minimum l'œuvre française en Algérie tout en flattant un maximum les contempteurs de la colonisation française est un exercice qui demande de la souplesse. Mais je laisse les commentateurs de l'actualité analyser les balancements contraires d'Emmanuel Macron, spécialiste du rien-disant destiné à contenter tout le monde afin d'attirer un maximum de voix. Je rappellerai seulement que l'histoire électorale française, depuis un siècle et demi, a vu régulièrement surgir du paysage politique des personnages de ce type et jouer les hommes providentiels dont de braves citoyens attendaient tout. La société du spectacle y ajoute une dimension où il faut avoir la gueule de l'emploi : être jeune et beau. Ce sont des phénomènes sans enracinement dans la société, et par-là éphémères.

    Comment expliquez-vous que la « colonisation » suscite encore aujourd'hui un tel débat dans l'opinion publique ? Est-ce le signe de la crise identitaire que traverse le pays ?

    L'opinion me paraît plutôt indifférente à la question : déjà, dans les années 1950-1960, elle était de plus en plus hostile à l'Algérie française qui exigeait des sacrifices que plus personne n'avait envie de supporter. Mais en France, l'esprit de repentance permet à certains réseaux d'attiser la détestation de notre passé, phénomène de haine de soi qui conduit à dissocier la nation. Et en Algérie, la dénonciation de la colonisation française cela fait partie des fondamentaux du pouvoir actuel qui s'est construit sur toute une mythologie autour de la guerre d'indépendance. Le drame nous revient en ricochet par les jeunes Français d'origine maghrébine qui ont été élevés avec l'idée que la France aurait commis des crimes à l'égard de leurs aïeux. Comment pourraient-ils aimer la France dans ces conditions, comment pourraient-ils se reconnaître dans notre passé ? C'est un chemin difficile mais il n'y en a pas d'autre: il faut faire toute la vérité sur la relation franco-algérienne à travers la durée et à travers la multiplicité de ses facettes. On pourra regarder en face l'histoire de la présence française en Algérie dans sa totalité le jour où l'opprobre ne sera plus jeté par principe sur les Européens d'Algérie et les harkis, et leurs descendants. 

    « On pourra regarder en face l'histoire de la présence française en Algérie le jour où l'opprobre ne sera plus jeté sur les Européens d'Algérie et les harkis, et leurs descendants. » 

     

    Journaliste, écrivain et historien, Jean Sévillia est rédacteur en chef adjoint du Figaro Magazine. Il vient de publier Écrits historiques de combat, un recueil de trois essais (Historiquement correct ; Moralement correct ; Le terrorisme intellectuel) qui vient de paraître aux éditions Perrin.

    Alexis Feertchak

     

  • Après l'insanité ridicule, l'insanité odieuse : Macron crache sur la France en Algérie !

     

    Mur-bleu gds.jpgEmmanuel Macron vient de se disqualifier. En visite en Algérie, il a osé déclarer que la présence française sur cette terre, ce fut de la « barbarie », un « crime contre l’humanité » !

    Ces propos scandaleux ne déshonorent que lui. Est-ce la campagne électorale qui le pousse à de tels excès de langage ? 

    Que cherche-t-il, Macron, en disant cela, lui, le candidat de la Haute finance et qui reçoit peut-être des dons de Goldman Sachs : les voix des racailles des banlieues ? Il est vrai que celles-ci votent à gauche à 93% (pour Ségolène en 2007 et pour Hollande en 2012), mais rien ne pourra pourtant nous empêcher de trouver dérisoire et grotesque cette alliance-collusion entre Macron, le candidat des banques, qui refuse de publier la liste de ses donateurs (et pourquoi donc : y en aurait-il de gênants ?) et les racailles des cités ; entre Macron, l'homme aux costards à plusieurs milliers d'euros et les « jeunes » casseurs qui haïssent la France : Haute finance et racaille des cités, même combat ? Voilà Macron devenu délinquophile... Casseurs de toutes les cités, banquiers de toute la terre, unissez-vous ! 

    Cracher sur la France comme Macron vient de le faire, lui qui prétend accéder à la magistrature suprême, cela vous classe, définitivement, quelqu'un. En voilà un qui n'aime résolument pas notre Histoire... tout simplement peut-être parce qu'il ne la connaît pas.

    Il est plus habitué à jongler avec les milliards et les zéros, à servir « la fortune anonyme et vagabonde », qu'à fréquenter les bons auteurs et à connaître sérieusement ses sacines, notre Histoire.

    Nous dénoncions justement, avant-hier*, son autre scandaleux propos sur la culture française (« Il n'y a pas une culture française ; il y a une culture en France : elle est diverse, elle est multiple «).

    Il n'est pas étonnant que quelqu'un qui commence par proférer une telle énormité, continue par une autre, plus grande encore. 

    Quoi qu'il en soit, Macron, l'homme jusqu'ici sans programme et qui ne publie pas les noms de ses donateurs, commence malgré tout par lâcher, de ci, de là, des propos qui le font apparaître pour ce qu'il est : quelqu'un qui n'aime pas la France, ni sa culture, ni son histoire, ni ses traditions, ni ses racines, ni son être profond. Quelqu'un, même, on peut le dire, qui hait ce que nous sommes, ce que l'Histoire nous a faits. En fait, un vrai bon petit soldat de la révolution. Bien habillé, propre sur lui, très « classe », mais, à l'intérieur, tout est pourri.

    Et, comme on le sait, « c’est par la tête que pourrit le poisson » ... 

    * La macro énormité d’Emmanuel Macron : « Il n'y a pas une culture française »

    Lire aussi dans Lafautearousseau ...

    Jean Sévillia : « La colonisation et le non-sens historique d'Emmanuel Macron »

  • Sa Majesté Kim III, roi communiste de Corée du Nord, lance la foudre

     

    Mur-bleu gds.jpgKim Jong Un, le troisième représentant de la dynastie marxiste-léniniste de cette pauvre Corée du Nord, s'appelle - cela ne s'invente pas ! - « Nuage vertueux ». Il a succédé à son père Kim II (dit Kim Jong Il, ou « Cher dirigeant », ou « Dirigeant Bien Aimé), lequel succédait à son père, Kim 1er, fondateur de la dynastie : de son vrai nom Kim Il Sung, appelé rien moins que « Grand Leader », « Président éternel » ou encore - allons-y gaiment ! - « Professeur de l'humanité toute entière ». Rien que ça ! Modestes s'abstenir...

    Il y a aussi Castro, qui a « passé » le pouvoir à son frère ; Loukachenko, en Biélorussie, qui prépare son fils à lui succéder (Gorbatchev l'annonçait déjà en 2011 : en public, il « tient Kolia (son fils) par la main, il se prépare un successeur sans le cacher, comme si c'était le Royaume de Biélorussie » ...

    Ces trois régimes marxistes-léninistes instaurant, curieusement, une monarchie, cela nous avait déjà interpellé quelque part, comme disent les précieux ridicules pédagogistes-bobos, et dès 2010*

    Voir, en effet, des héritiers de Karl Marx - ou prétendus tels - rejoindre Franco, qui a, lui aussi, réinstauré la royauté en Espagne, avouez que cela a de quoi laisser pantois ! On aimerait demander son avis à Olivier Besancenot, lui qui disait que « ce qu'il nous fallait c'était une bonne vieille révolution » : une révolution, mais qui, si ça se trouve, nous remettrait un roi ? Pourvu qu'il  ne ne soit pas du même type qu'en Corée, qu'à Cuba ou qu'en Biélorussie, on aurait envie de lui répondre : chiche !

    Allons, revenons aux choses sérieuses, et observons ce qui se passe du côté de la monarchie marxiste etc.… de Corée du Nord.

    D'abord, « Nuage vertueux » a fait tirer un missile balistique samedi dernier (le 11 février, à 23h55, heure française, pour qui aime la précision). Tiré de la base aérienne de Banghyon (ouest de la Corée du Nord) l'engin a parcouru environ 500 kilomètres avant de tomber en mer du Japon...

    Ensuite, le même « nuage », toujours « vertueux », a fait exécuter, tout simplement, son demi-frère, à l'aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie : Kim Jong-Nam, 45 ans, fils aîné du dirigeant défunt Kim Jong-Il, vivait depuis des années en exil. Il a vraisemblablement été empoisonné par deux femmes qui auraient pris la fuite en taxi ; certains médias ont évoqué des aiguilles empoisonnées, d'autres parlent d'un liquide lancé au visage de la victime. 

    Rien de nouveau sous le soleil - le « soleil rouge drapé de deuil » comme l'a si justement écrit Jacques Julliard : Trotsky, poursuivi par les sbires de Staline jusqu'au Mexique où il s'était réfugié, et où il pensait lui avoir échappé, fut, lui, massacré en 1940, d'un coup de piolet à l'arrière du crâne. Finalement, sur l'échelle de l'horreur, on dira ce qu'on voudra, mais « Nuage vertueux » est un tout petit peu moins sauvage que Staline, non ? Il y aurait comme une légère évolution, oh, très légère, dans les moeurs !

    Bon, d'accord, le résultat ne change pas, mais tout de même...  

    Lire aussi dans Lafautearousseau ... 

    Ces monarchies que l'on instaure : Kim Jong-il prépare l'arrivée du petit prince rouge.

    Ces monarchies que l'on instaure : le Tsar Loukachenko, et le tsarévitch de cinq ans, son petit-fils.

     
  • Tocqueville : « l’espèce d’oppression, dont les peuples démocratiques sont me­na­cés » ...

     

    « Je pense que l’espèce d’oppression, dont les peuples démocratiques sont me­na­cés ne ressemblera à rien de ce qui l’a précédée dans le monde. [...] Je cherche en vain moi-même une expression qui reproduise exactement l’idée que je m’en forme et la renferme ; les anciens mots de despotisme et de tyrannie ne conviennent point. La chose est nou­velle, il faut donc tâcher de la définir, puisque je ne peux la nommer.

    Je veux imaginer sous quels traits nouveaux le despotisme pourrait se produire dans le monde : je vois une foule innombrable d’hommes semblables et égaux qui tournent sans repos sur eux-mêmes pour se procurer de petits et vulgaires plaisirs, dont ils emplissent leur âme. Chacun d’eux, retiré à l’écart, est comme étranger à la destinée de tous les autres : ses enfants et ses amis particuliers forment pour lui toute l’espèce humaine ; quant au demeurant de ses concitoyens, il est à côté d’eux, mais il ne les voit pas ; il les touche et ne les sent point ; il n’existe qu’en lui-même et pour lui seul, et, s’il lui reste encore une famille, on peut dire du moins qu’il n’a plus de patrie.

    Au-dessus de ceux-là s’élève un pouvoir immense et tutélaire, qui se charge seul d’assurer leur jouissance et de veiller sur leur sort. il est absolu, détaillé, régulier, pré­voyant et doux. Il ressemblerait à la puissance paternelle si, comme elle, il avait pour objet de préparer les hommes à l’âge viril ; mais il ne cherche, au contraire, qu’à les fixer irrévocablement dans l’enfance ; il aime que les citoyens se réjouissent, pourvu qu’ils ne songent qu’à se réjouir. Il travaille volontiers à leur bonheur ; mais il veut en être l’unique agent et le seul arbitre ; il pourvoit à leur sécurité, prévoit et assure leurs besoins, facilite leurs plaisirs, conduit leurs principales affaires, dirige leur industrie, règle leurs successions, divise leurs héritages, que ne peut-il leur ôter entièrement le trouble de penser et la peine de vivre ?

    C’est ainsi que tous les jours il rend moins utile et plus rare l’emploi du libre arbitre ; qu’il renferme l’action de la volonté dans un plus petit espace, et dérobe peu à peu à chaque citoyen jusqu’à l’usage de lui-même. L’égalité a préparé les hommes à tou­tes ces choses : elle les a disposés à les souffrir et souvent même à les regarder comme un bienfait.    

     

    Alexis de Tocqueville 

    Le Despotisme démocratique - Carnets de l'Herne - 2009

     

  • Georges Bernanos : « ... tant que votre industrie et vos capitaux vous permettront de faire du monde une foire ...»

     

    Est-ce que je vous empêche, moi, de calculer la précession des équinoxes ou de désintégrer les atomes ? Mais que vous servirait de fabriquer la vie même, si vous avez perdu le sens de la vie ? Vous n’auriez plus qu’à vous faire sauter la cervelle devant vos cornues. Fabriquez de la vie tant que vous voudrez ! L’image que vous donnez de la mort empoisonne peu à peu la pensée des misérables, elle assombrit, elle décolore lentement leurs dernières joies. Ça ira encore tant que votre industrie et vos capitaux vous permettront de faire du monde une foire, avec des mécaniques qui tournent à des vitesses vertigineuses, dans le fracas des cuivres et l’explosion des feux d’artifice. Mais attendez, attendez le premier quart d’heure de silence. Alors, ils l’entendront, la parole - non pas celle qu’ils ont refusée, qui disait tranquillement : « je suis la Voie, la Vérité, la Vie » - mais celle qui monte de l’abîme : « Je suis la porte à jamais close, la route sans issue, le mensonge et la perdition. »   

    Georges Bernanos

    Journal d'un curé de campagne, Plon, 1936

     

  • La charge d'Alain Finkielkraut contre « les fossoyeurs du grand héritage français »

    Patrick Boucheron

     

    Par Alain Finkielkraut           

    TRIBUNE - Alain Finkielkraut commente ici l'Histoire mondiale de la France* dirigée par Patrick Boucheron [Figarovox - 25.01]. Il s'étonne et même il s'indigne de n'y avoir rien trouvé de la civilisation française. Cette superbe charge nous apparaît dictée par un pur patriotisme littéraire et culturel. Par le patriotisme tout court. Nous ne sommes pas toujours et en tous points d'accord avec Alain Finkielkraut. Certaines de ses passions ne font pas vraiment partie des nôtres. Si différends il y a, nous les regrettons, car tant qu'il y aura en France des intellectuels de son rang, des esprits animés d'une telle ferveur française, disposant de l'audience qui est la sienne, l'espoir de toutes les formes de renaissance nationale reste permis. Permis et réaliste.   Lafautearousseau.

     

    sans-titre.pngComme les auteurs de l'Histoire mondiale de la France, je déteste voir mon pays se refermer sur lui-même. Rien ne m'inquiète, ne me hérisse, ne me scandalise davantage que la négation ou l'oubli de l'Autre. Le regard étranger m'importe au plus haut point. Et notamment celui du grand romaniste allemand Ernst Robert Curtius dans son Essai sur la France publié en 1930 : « La littérature joue un rôle capital dans la conscience que la France prend d'elle-même et de sa civilisation. Aucune autre nation ne lui accorde une place comparable. Il n'y a qu'en France où la nation entière considère la littérature comme l'expression représentative de ses destinées. »

    Nombre d'autres témoignages corroborent l'observation de Curtius. La France mondiale, c'est d'abord la France vue d'ailleurs. Et la France vue d'ailleurs est une patrie littéraire. Fort de cette définition, j'aborde le livre publié sous la direction de Patrick Boucheron, professeur au Collège de France, et je découvre, effaré, que ni Rabelais, ni Ronsard, ni La Fontaine, ni Racine, ni Molière, ni Baudelaire, ni Verlaine, ni Proust n'y figurent. Et si Mauriac est cité, ce n'est pas pour son œuvre, c'est pour sa critique honteusement réactionnaire du féminisme.

    Certes, il y a bien un chapitre sur la Comédie humaine, mais Jérôme David, son auteur, n'est pas content : il déplore que Balzac découpe les cultures en nations au lieu de reconnaître et de pratiquer l'hybridation, et il lui oppose le cosmopolitisme véritable de Claude Fauriel qui, au même moment, occupait la première chaire de littérature étrangère à la Sorbonne et qui a consacré un chapitre de son Histoire de la poésie provençale à l'influence des Arabes sur la littérature française : « Personne n'a formulé une telle hypothèse après lui. Il serait pourtant à souhaiter, aujourd'hui, que de tels chapitres deviennent tout simplement pensables. » Telle est la conclusion de l'article sur l'auteur du Père Goriot et des Illusions perdues.

    Ainsi s'éclaire le sens de « monde » pour les nouveaux historiens. Mondialiser l'histoire de France, c'est dissoudre ce qu'elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage. Et c'est répondre au défi islamiste par l'affirmation de notre dette envers l'Islam. De manière générale, l'Histoire mondiale de la France remplace l'identité par l'endettement. Ici doit tout à ailleurs. De la France, patrie littéraire, ce qui surnage, c'est la traduction des Mille et Une Nuits par Antoine Galland et l'audace qui a été la sienne d'ajouter au corpus original des histoires que lui avait racontées un voyageur arabe venu d'Alep.

    Instructif aussi est le récit de l'invasion musulmane de 719 à Narbonne, où les cultures se sont mêlées avant que les Francs, hélas, n'arriment par la force cette ville à leur royaume. Ceux qui, en revanche, croient pouvoir mettre au crédit de la France naissante la première traduction latine du Coran par l'abbé de Cluny Pierre le Vénérable en 1143, sont avertis que cette démarche n'était pas inspirée par la curiosité mais par une volonté de dénigrement. Et peu importe le fait que l'Islam de son côté ne pouvait pas même envisager de traduire les Écritures saintes des religions antérieures à son avènement.

    Nos éminents universitaires n'ont que l'Autre à la bouche et sous la plume. Ouverture est leur maître mot. Mais ils frappent d'inexistence Cioran, Ionesco, Kundera, Levinas, tous ces étrangers qui ont enrichi notre philosophie et honoré notre littérature. Car c'est à ce « notre » qu'ils veulent faire rendre l'âme. Leur rejet de toute cristallisation identitaire les conduit à répudier le nous de la continuité historique pour celui, multiracial, de l'équipe « black-blanc-beur » qui a remporté la Coupe du monde de football le 12 juillet 1998. Au nom du combat contre la lepénisation des esprits, les chercheurs réunis par Patrick Boucheron vident la France de ce qu'elle a de singulièrement aimable et admirable. Car si Lilian Thuram, Marcel Desailly, Zinédine Zidane mais aussi Bourvil, Catherine Deneuve et Charles Aznavour figurent dans ce grand récit, on ne trouve pas plus la trace de Poussin, de Fragonard, de Watteau, de Géricault, de Courbet, de Monet, de Degas, de Bonnardou, de Berlioz, de Bizet, de Debussy, de Ravel, de Gabriel Fauré que de Proust ou de La Fontaine. Ni littérature française, ni peinture française (à l'exception des Demoiselles d'Avignon), ni musique française. Le dégoût de l'identité a fait place nette de la culture. Les façonniers de l'Histoire mondiale de la France sont les fossoyeurs du grand héritage français.

    « Une histoire libre », dit le journal Libération pour qualifier ce bréviaire de la bien-pensance et de la soumission, cette chronique tout entière asservie aux dogmes du politiquement correct qui ne consacre pas moins de quatorze articles aux intellectuels sans jamais mentionner Raymond Aron, ni Castoriadis, ni Claude Lefort, ni aucun de ceux qui ont médité la catastrophe totalitaire et la bêtise de l'intelligence au XXe siècle. Certes, la mort de Staline n'est pas oubliée, mais si Patrick Boucheron et son équipe n'étaient pas obnubilés par les prescriptions et les priorités de l'idéologie dominante, ils auraient évidemment accueilli cet événement mondial que fut le procès Kravchenko.

    « Histoire jubilatoire », ajoute Libération. Ce mot - le plus insupportablement bête de la doxa contemporaine - convient particulièrement mal pour une histoire acharnée à priver la France de son rayonnement et à l'amputer de ses merveilles. Ce qui tient lieu de vie avec la pensée, ce n'est pas la Recherche du temps perdu, c'est Les Damnés de la terre de Frantz Fanon. Et l'affaire Strauss-Kahn a ceci de bénéfique, apprend-on une fois arrivé à l'année 2011, qu'elle porte un coup fatal au mythe français de la galanterie et qu'elle érige la transparence en impératif démocratique universel.

    Levinas disait de la France que c'était « une nation à laquelle on peut s'attacher par l'esprit et le cœur aussi fortement que par les racines ». L'Histoire mondiale de la France rend cet attachement impossible, car la France qu'elle nous présente n'est plus une nation mais un courant d'air ou, comme l'écrit Éric Aeschimann dans L'Obs : « Une succession d'aléas, un fatras doux et violent, une vaste aventure collective sans signification particulière. »

    Il n'y a pas de civilisation française, la France n'est rien de spécifiquement français : c'est par cette bonne nouvelle que les rédacteurs de ce qui voudrait être le Lavisse du XXIe siècle entendent apaiser la société et contribuer à résoudre la crise du vivre-ensemble. Quelle misère ! 

    « Mondialiser l'histoire de France, c'est dissoudre ce qu'elle a de spécifique, son identité, son génie propre, dans le grand bain de la mixité, de la diversité, de la mobilité et du métissage »

    * Histoire mondiale de la France, Le Seuil, 776 p., 29 euros.

    Alain Finkielkraut

    De l'Académie française   

    Lire aussi ...

    Le livre publié sous la direction de Patrick Boucheron

    De manière générale, l'Histoire mondiale de la France remplace l'identité par l'endettement

  • A prendre avec le sourire : les deux contradictions de Renaudo...

    L'horrible tête de veau du 21 janvier, une tradition républicaine, toujours en vigueur ...

     

    Mur-bleu gds.jpgRégulièrement, spécialement à chaque 21 janvier, un certain Renaudo surgit et ressurgit. Dans le langage ordurier qui est le sien, il accable Louis XVI d'insultes qui ne salissent et ne rabaissent que lui, Renaudo, avant de retomber dans une profonde absence, un profond silence, l'une et l'autre bienvenus, qu'il ne rompra que le 21 janvier suivant : nihil novi sub sole...

    L'affaire est attristante, pour lui surtout, mais nos commentaires, libres, lui seront dorénavant fermés. Une dernière évocation, donc, de ce triste sire, avant que de le laisser à ses élucubrations, et, pour ce faire, adoptons le meilleur parti : celui d'en rire !...

    Risible, en effet, et doublement, est l'argumentation (?) du citoyen Renaudo :

    1. Il dit se réjouir de la mort du Roi, mais il est, évidemment, contre la peine de mort ! Logique, cohérence, quand tu nous tiens !...

    2. Il déclare fonder son hostilité à la royauté - et donc son républicanisme - sur le refus de l'hérédité, de l'héritage, de tout ce qui est « reçu ». Fort bien. Mais, alors, qu'il mette ses actes en accord avec ses paroles, au lieu de, chaque année, venir nous casser les oreilles avec les mêmes propos orduriers : il refuse l'hérédité ? Mais, ses parents lui ont-ils demandé son avis avant de le mettre au monde ? Qu'il renonce donc à tout ce qu'il a reçu de ses parents, en commençant par les biens matériels, et, surtout, surtout, en finissant par renoncer à.… la vie !

    Certes, cela s'appelle se suicider, et c'est interdit par l'Eglise, mais, l'Eglise, Renaudo n'en à que faire, il a sa Nouvelle Religion Républicaine ! Alors, chiche, en plein accord avec ses principes, au nom du refus de l'hérédité, que Renaudo refuse sa vie, horriblement héritée de ses parents, une bonne fois pour toutes, et qu'il y mette fin ! Cela nous fera des vacances, et puis, surtout, n'oublions pas que, comme on dit dans le jargon, ce sera un suicide, certes, mais un suicide « citoyen », un suicide... « républicain » !

    Mais, comment saluer cet acte citoyen et républicain ? On ne pourra évidemment pas lui dire : « A Dieu Renaudo » (Dieu, quelle horreur !). Alors, « A l'Être suprême » ? Ou bien « A la Déesse Raison » ? Toute suggestion est la bienvenue.

    En tout cas, dorénavant, pour cet énergumène, ce sera « porte close » ...

  • A Paris, Marseille, et des dizaines de villes de France ou de l'étranger, ferveur d'un 21 janvier patriotique

     

    Ce sont des dizaines de messes pour le roi Louis XVI qui ont été dites en France, aux Etats-Unis, en Belgique, en Roumanie, en Pologne et en bien d'autres lieux, samedi 21 janvier. Nous en avons annoncé ici près de quatre-vingt, auxquelles s'ajoutent toutes celles dont certainement nous n'avons pas eu connaissance. Des messes nombreuses et recueillies, mais aussi beaucoup de rencontres, conférences, débats et manifestations de diverses sortes. En ces temps de trouble et d'inquiétude, le besoin de racines, de retour aux sources, nationales et historiques, apparaît ainsi bien plus prégnant qu'aux époques d'insouciance. Ainsi ces évocations du roi Louis XVI, du martyre de la famille royale et des horreurs révolutionnaires, prend-il un tour très actuel.

    A Paris, cette année encore, l’église Saint-Germain-l’Auxerrois, était tout simplement pleine à craquer, pour rendre hommage au Roi Louis XVI, lâchement exécuté il y a 224 ans. (Photo en titre). La messe, dite à la demande de l’Oeillet Blanc, a été célébrée par le Père Jean-François Thomas. À la demande du chef de la Maison de France, présent, un membre de l’Oeillet Blanc, en l’occurrence, Monsieur Christian Franchet d’Esperey,  a lu en introduction à la Messe de Requiem, le testament du Roi Louis XVI.

    IMG_0786.JPGA Marseille, après une très belle messe, fervente et recueillie, merveilleusement chantée, célébrée par Mgr. Jean-Pierre Ellul, dans la basilique du Sacré-Coeur en présence d'une très nombreuse assistance, une rencontre enrichissante et réussie s'est tenue à Notre-Dame du Liban. Là encore, les participants ont été nombreux, dans une atmosphère amicale et chaleureuse. Jeunes et anciens s'étaient chargés ensemble de l'organisation qui a été de bout en bout excellente : accueil dans les jardins de Notre-Dame du Liban autour d'un vin chaud, bienvenu en cette fin janvier; puis une remarquable conférence de Jacques Trémolet de Villers sur Jeanne d'Arc et Louis XVI, deux martyrs français, après les interventions de Jean Gugliotta, Jérémy Bizu  et la lecture du très beau texte de Choderlos de Laclos qu'on pourra lire ou relire en cliquant ici. Nous n'en disons pas plus : On retrouvera les moments forts de ce 21 janvier à Marseille, on pourra écouter la conférence de Jacques Trémolet de Villers, grâce à une vidéo que nous diffuserons sous quelques jours...  

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    Illustrations : Guy Bertan, Jean Gugliotta, Jacques Trémolet de Villers à la tribune; vues de la salle, comble lors de la conférence.

  • Albert Camus :« Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Certes, c’est un répugnant scandale »

     

    albert_camus.jpgLe 21 janvier, avec le meurtre du Roi-prêtre, s’achève ce qu’on a appelé significativement la passion de Louis XVI. Certes, c’est un répugnant scandale d’avoir présenté, comme un grand moment de notre histoire, l’assassinat public d’un homme faible et bon. Cet échafaud ne marque pas un sommet, il s’en faut. Il reste au moins que, par ses attendus et ses conséquences, le jugement du roi est à la charnière de notre histoire contemporaine. Il symbolise la désacralisation de cette histoire et la désincarnation du Dieu Chrétien. Dieu, jusqu’ici, se mêlait à l’histoire par les Rois. Mais on tue son représentant historique, il n’y a plus de roi. Il n’y a donc plus qu’une apparence de Dieu relégué dans le ciel des principes.

    Les révolutionnaires peuvent se réclamer de l’Evangile. En fait, ils portent au Christianisme un coup terrible, dont il ne s’est pas encore relevé. Il semble vraiment que l’exécution du Roi, suivie, on le sait, de scènes convulsives, de suicides ou de folie, s’est déroulée tout entière dans la conscience de ce qui s’accomplissait. Louis XVI semble avoir, parfois, douté de son droit divin, quoiqu’il ait refusé systématiquement tous les projets de loi qui portaient atteinte à sa foi. Mais à partir du moment où il soupçonne ou connaît son sort, il semble s’identifier, son langage le montre, à sa mission divine, pour qu’il soit bien dit que l’attentat contre sa personne vise le Roi-Christ, l’incarnation divine, et non la chair effrayée de l’homme. Son livre de chevet, au Temple, est l’Imitation de Jésus-Christ. La douceur, la perfection que cet homme, de sensibilité pourtant moyenne, apporte à ses derniers moments, ses remarques indifférentes sur tout ce qui est du monde extérieur et, pour finir, sa brève défaillance sur l’échafaud solitaire, devant ce terrible tambour qui couvrait sa voix, si loin de ce peuple dont il espérait se faire entendre, tout cela laisse imaginer que ce n’est pas Capet qui meurt mais Louis de droit divin, et avec lui, d’une certaine manière, la Chrétienté temporelle. Pour mieux affirmer encore ce lien sacré, son confesseur le soutient dans sa défaillance, en lui rappelant sa « ressemblance » avec le Dieu de douleur. Et Louis XVI alors se reprend, en reprenant le langage de ce Dieu : « Je boirai, dit-il, le calice jusqu’à la lie ». Puis il se laisse aller, frémissant, aux mains ignobles du bourreau.

     

    Albert Camus

    L’homme révolté, La Pléïade, pages 528-529

     

  • Une loi liberticide, et en contradiction avec le discours permissif ambiant !

     

    Mur-bleu gds.jpgDepuis 2013, un mineur se déplaçant seul pouvait voyager dans l’UE avec un titre d’identité en cours de validité, sans autorisation parentale. Dans un hémicycle garni d’une dizaine de députés, l'Assemblée nationale a voté, le jeudi 8 octobre dernier, à l'initiative du groupe Les Républicains, le rétablissement de l'autorisation de sortie du territoire pour les mineurs. Le texte vient d'entrer en vigueur ces jours derniers, et ceci (sic) « afin de tenter de limiter les départs vers les zones de conflits comme la Syrie » !

    Bon. Après tout...

    Mais il y a une chose qui intrigue, là-dedans, et qui serait presque amusante. C'est la contradiction flagrante entre le discours que l'on ne cesse de tenir aux jeunes, en particulier, mais aussi à toute la société, en général, et ce désir soudain d'interdiction.

    Par exemple, de nos jours, le discours obligé, issu du politiquement correct, c'est :

    Tu veux avorter, ma fille ? Mais bien sûr ! Et comment donc ! C'est ton choix, c'est ton corps, c'est ta liberté, c'est ta vie...
     
    Tu veux te marier avec ton meilleur copain de classe, mon fils (ou : ma fille, avec ta copine...) ? Mais bien sûr, voyons, qui pourrait t'en empêcher ! C'est ton choix, ton corps, ta liberté, ta vie...
     
    Tu veux fumer, mon gâs ? Du cannabis ou n'importe quoi d'autre ? Mais vas-y donc, qui oserait t'en empêcher ! La loi permissive n'est pas encore passée, mais on s'y active déjà, puisque, tu le vois, la première « salle de shoot » a été ouverte à Paris... Et tant pis pour le minot qui va traverser dans les clous et que tu écraseras parce que tes réflexes seront fortement amoindris : il n'avait qu'à être chez lui ou à l'école ! Tant pis pour celui ou celle qui, affaiblis par l'âge ou la maladie, croiseront la route de ton deux roues ou quatre roues qui ne les évitera pas, pour la même raison. Ils sont au moins sûrs que cela ne leur arrivera plus !... 

    Et on pourrait multiplier les exemples : tout est permis, il est interdit d'interdire, pourvu que cela aille toujours dans le même sens, celui de la destruction de la famille et de la société, par le biais d'un individualisme exacerbé et poussé jusqu'à ses plus folles limites.

    Mais, alors, puisque tout est permis aux jeunes (et aux moins jeunes) du moment que c'est « leur corps, leur choix, leur liberté, leur vie », pourquoi, tout d'un coup, une interdiction ?

    Dans Le Médecin malgré lui, Molière fait dire à Martine : « Il me plaît, à moi, d'être battue... ». Des centaines de jeunes, Français de plastique, adaptent cette réplique au délire terroriste islamiste ambiant, et veulent partir faire le djihad en Syrie, ou ailleurs : "il me plaît, à moi, d'aller faire le djihad". Et on prétendrait le leur interdire ? Eux à qui l'on permet tout ?

    Mais, qu'ils y aillent, en Syrie ! Qu'ils partent, et en masse ! Vous voulez aller au paradis d'Allah, allez-y, c'est par là !...

    On devrait même leur offrir le billet d'avion (un aller simple) pour une fois, ce serait une dépense utile, qui viderait un peu nos cités et zones de non-droit d'assassins en puissance et dé-poubelliserait un petit peu nos « quartiers » ... 

  • Après Juvisy : L'explosion générale de violence redoutée, vue par Thibault de Montbrial

     

    Par Vincent Tremolet de Villers           

    ENTRETIEN - Samedi soir, des jeunes ont semé la terreur dans un quartier calme de Juvisy. Thibault de Montbrial expose [Figarovox du 16.01] comment ces bandes mues par la haine de notre pays atteignent un degré de violence paroxysmique. Et pourraient conduire à une explosion communautariste généralisée. Face à quoi l'incompétences des politiques est manifeste. Il y a là, pour la France, un danger majeur. Une explosion en gestation. Et un système politique inefficace.  LFAR

     

    XVM0daf6508-dc02-11e6-8620-c271acfe3201.jpgUne bande venue d'Athis-Mons a semé la terreur samedi soir dans un quartier calme de Juvisy. Ce type de violence semble s'installer dans le pays. Est-ce le cas ?

    Les violences commises en bande se multiplient sur le territoire national.

    Ces phénomènes sont le plus souvent observés dans les transports. Certains TER de la région PACA en sont ainsi régulièrement la cible, comme d'autres en Rhône-Alpes et en région parisienne.

    Mais les forces de l'ordre sont les premières victimes de ces violences de groupe.

    Tout le monde conserve à l'esprit la dramatique attaque de deux équipages de police survenue à Grigny le 8 octobre 2016, au cours de laquelle deux policiers avaient été grièvement brûlés.

    Depuis le début 2017 et pour ne s'en tenir qu'aux seuls événements dont j'ai pu avoir connaissance, des policiers ont été victimes de violences graves et ont dû battre en retraite avec des blessés lors du tournage d'un clip de rap à Mantes-la-Jolie, après un contrôle à Bobigny, ou encore dans une banlieue de Nancy.

    La tendance est donc nettement à l'accentuation de ce phénomène de « bandes ». Leur violence toujours plus désinhibée n'est guère freinée par des moyens policiers très vite submergés par le nombre. Quant au système judiciaire, il est dépassé, d'une part du fait de la difficulté de rassembler les preuves contre les participants à ces razzias, et d'autre part, en raison de l'entrave que constitue l'ordonnance de 1945 applicable aux nombreux participants mineurs : lorsque ceux-ci sont arrêtés, leur remise en liberté assortie d'une lointaine convocation chez le juge des enfants n'a en effet pas grand-chose de dissuasif.

    Certains des casseurs seraient rentrés dans un appartement privé pour le saccager. N'y a-t-il pas un risque d'un basculement collectif dans l'autodéfense ?

    Non seulement la propriété privée n'est pas un frein à la violence, mais elle constitue manifestement une incitation.

    Comme certains des commentaires recueillis par la presse auprès de riverains de Juvisy concernés le montrent, de tels phénomènes ne peuvent sur la durée qu'inciter les résidents à envisager leur sécurité différemment.

    Plutôt que le terme péjoratif d'autodéfense, je préfère l'expression légale de légitime défense, qui permet à un individu qui est soumis à une agression d'utiliser la violence pour se défendre ou défendre des tiers (famille, voisins…). À cet égard, il est intéressant de rappeler que le Code pénal prévoit une présomption de légitime défense spécifique pour « celui qui accomplit l'acte pour se défendre contre les auteurs de vols ou de pillages exécutés avec violence » (article 122-6-2e).

    Lorsque l'irruption dans un appartement se produit la nuit, cette présomption se combine à celle prévue par le 1er alinéa de ce même article 122-6 du Code pénal, qui présume de la légitime défense de « celui qui accomplit l'acte pour repousser, de nuit, l'entrée par effraction, violence ou ruse dans un lieu habité ».

    Il va de soi que si, dans un monde idéal, il appartient à la police et à la gendarmerie de protéger les populations, personne ne pourra sérieusement reprocher à un père de famille de défendre sa famille y compris par la violence si les forces de l'ordre n'ont pu empêcher l'agression subie, qu'elles aient été débordées ou que, trop peu nombreuses, elles soient tout simplement absentes.

    Les politiques proclament leur refus des zones de non-droit mais ont-ils selon vous pris la mesure de cette violence endémique ?

    On sent un embarras politique autour de cette question. Si certains ont la lucidité de reconnaître l'existence de « zones de non-droit » sur notre territoire, d'autres dans un mélange d'angélisme, de déni et d'incantation, prétendent toujours qu'elles n'existent pas.

    La réalité permet de jouer sur les mots : s'il n'existe aucun endroit du territoire qui soit totalement et en permanence inaccessible aux forces de l'ordre et aux services de secours, certaines zones ne font plus l'objet que d'intrusions ponctuelles d'effectifs en nombre, pour les besoins d'une opération précise et pour une durée limitée. Mais en pratique, les forces de l'ordre n'y sont plus présentes au quotidien, état d'urgence ou pas.

    D'une façon générale, les hiérarchies préfectorales et policières n'hésitent plus à décourager, voire à interdire verbalement aux équipages de sécurité publique de se rendre dans tel ou tel quartier, sous le prétexte édifiant de ne pas « provoquer ». La même logique conduit à stationner les unités de CRS ou de gendarmes mobiles à l'extérieur des périmètres les plus chauds. La crainte quotidienne des autorités est qu'un « incident », comme on appelle pudiquement les guets-apens contre les policiers, gendarmes ou pompiers par des bandes agressives et souvent armées, ne conduise les fonctionnaires à ouvrir le feu pour se dégager, ce qui constituerait l'étincelle que chacun redoute avant un enchaînement de grande violence.

    Il faut avoir la lucidité de comprendre deux choses. D'abord, ces bandes sont constituées autour d'une logique ethnico-territoriale, et leur développement est une des nombreuses conséquences néfastes de la communautarisation de la société. Ensuite, corollaire du point précédent, ces bandes sont mues par une haine de notre pays, qui s'exerce contre ses représentants (les forces de l'ordre) et ses habitants, comme dans les transports ou bien à Juvisy samedi.

    Il s'agit donc d'un phénomène d'une gravité extrême, à la fois par ses causes éthiques et par son expression.

    À cet égard, je suis sidéré de constater que la question de ces violences en bandes ethnico-territoriales est quasiment absente des débats politiques actuels, qu'il s'agisse des primaires de droite ou de gauche ou des déclarations publiques des autres candidats. À supposer que l'explosion générale de violence redoutée par la plupart des professionnels ne survienne pas d'ici à la prochaine élection, il est crucial que notre prochain président de la République prenne conscience de ce que les tensions ont désormais atteint sur différents points de notre territoire un degré paroxysmique, et nécessiteront d'autres initiatives que les éternelles condamnations de circonstance pour éviter une réaction en chaîne dont chaque jour nous rapproche. 

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    Spécialiste des questions de terrorisme, Thibault de Montbrial est avocat au barreau de Paris et président du Centre de réflexion sur la sécurité intérieure. Son premier livre, Le sursaut ou le chaos, est paru en juin 2015 aux éditions Plon. Il a préfacé le livre La France djihadiste d'Alexandre Mendel, paru en avril 2016 aux éditions Ring.

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    Vincent Tremolet de Villers           

  • On a les héros qu'on peut ! Les héros qu'on veut ...

    Mémorial Léon Blum {Israël)

     

    Mur-bleu gds.jpgCambadélis a voté Léon Blum ! Il s'agissait pour lui et pour le PS - ce lundi 9 janvier - de la simulation de vote destinée à vérifier la bonne préparation de la primaire de la gauche : il fallait tester les bureaux de vote, le bon déroulement du vote proprement dit et tutti quanti... Quatre bulletins « d'essai » avaient été imprimés : l'un portait le nom de Léon Blum (choisi, donc, par Cambadélis), ce Léon Blum qui n'a pas su utiliser le temps dont il disposait, avant la guerre, pour armer la France, alors qu'Hitler transformait l'Allemagne en forge de Vulcain ; les trois autres noms étant Jean Jaurès (le pacifiste plus que naïf, qui fit pourtant baptiser ses enfants, et ne renia jamais sa foi chrétienne, en pleine période d'hystérie antichrétienne de la jeune IIIe République...), Colette Audry (très connue dans son immeuble), et la sinistre Louise Michel : vous savez, cette communarde qui mit le feu à Paris, en détruisant des trésors d'art inestimables, notamment le Palais des Tuileries. « Paris sera à nous ou n'existera plus ! », disait-elle, illustrant parfaitement l'esprit révolutionnaire ; et s'inscrivant dans la ligne d'un Carrier, qui déclarait « Nous ferons de la France un cimetière plutôt que de ne pas la régénérer à notre façon ! »

    Nous laisserons Jean-Christophe Cambadélis à ses amitiés si surprenantes. Et nous préférerons, puisque nous sommes le 11 janvier, faire mémoire d'une autre personnalité, autrement sympathique, et ô combien plus attachante : le Maréchal de Lattre de Tassigny (mort le 11 janvier 1952). 

    Il disait : « A la Grèce, nous devons surtout notre raison logique. A Rome, nos maximes de droit et de gouvernement. Mais à l'Evangile nous devons notre idée même de l'homme. Si nous renions l'Evangile, nous sommes perdus. »

    Combien cela nous change d'un Blum ou d'une Louise Michel ! Voilà, certes, un modèle, un ami, bien préférable à ceux de Jean-Christophe Cambadélis !...

    Et comme ses mots sonnent juste, au moment où l'Europe subit sa troisième agression par l'Islam : après les deux premières agressions militaires (celle de 711, par l'Espagne et Gibraltar, et celle de 1453, par Constantinople) voici l'agression démographique et mentale, tout aussi dangereuse.

    Et pour s'y opposer, quoi ?

    Comme le disait Chateaubriand - à qui la phrase de de Lattre fait écho - « Chassez le christianisme et vous aurez l'Islam... » 

  • Les recettes anti-jihadistes de M. Fillon

     

    Par Péroncel-Hugoz

    La propulsion au premier rang des candidats à l’élection présidentielle française de 2017 du néo-gaulliste François Fillon, au détriment des « favoris » Alain Juppé et Nicolas Sarkozy, a provoqué une ruée sur les écrits récents de cet homme politique discret, lus par notre confrère. On aura intérêt à les connaître, sans omettre de noter les interrogations qui les accompagnent.

     

    peroncel-hugoz 2.jpgLe plus vendu, le plus lu, le plus commenté des nouveaux livres de M. Fillon paraît être Vaincre le totalitarisme islamique (Albin Michel, 2016, 155 p.). L’islam fait vendre, tous les éditeurs européens le savent depuis dix ou quinze ans. Beaucoup d’auteurs écrivant sur ce thème se copient les uns les autres... L’ancien chef de gouvernement du président Sarkozy a-t-il fait oeuvre originale dans l’essai pré-cité ? 

    Il ne suffit pas en effet de se placer soi-même sous les prestigieuses égides d’Albert Camus, Richelieu, Montaigne, Renan, Hannah Arendt, voire d’invoquer la Sagesse persane, sans oublier, évidemment, Charles de Gaulle, pour être soi-même à la hauteur. Mais laissons toute idée préconçue et allons directement aux textes de François Fillon ! 

    Quelques citations 

    Chers lecteurs, jugez donc par vous-mêmes ! 

    « [Après les premiers attentats dans Paris], de nombreux intellectuels, vexés sans doute d’avoir découvert à cette occasion ce peuple auquel ils ont confisqué la parole depuis quelques décennies [ont mis en doute la gravité de la situation] ». 

    « Il y a tellement de « loups solitaires » qu’ils ont fini par constituer une meute ! ». 

    « Pour reprendre l’écrivain [algérien] Boualem Sansal : « La France a fait montre de cécité, naïveté, ignorance ». 

    « Sur les six premiers mois de 2016, 550 attentats ont été recensés, soit plus de 4.000 morts, soit trois attentats par jour [dans le monde] ». 

    « Le serpent change de peau, non de nature ! » (adage persan). 

    « Après la Révolution de 1789, la France s’est trouvée une autre religion mensongère et idolâtre : la démocratie et la laïcité », écrit le magazine francophone de l’Etat islamique, dans sa livraison du 12 février 2015 ». 

    « En Syrie, Poutine a fait preuve d’un pragmatisme froid mais efficace (...). La Russie a obtenu en six mois ce que les Etats-Unis et leurs alliés n’ont pu réaliser depuis 2014 ». 

    « Nous avons refusé, par peur de stigmatiser, par souci de ne pas blesser, de faire le lien entre religion et terrorisme », etc., etc. 

    Après les constats, les remèdes... 

    S’il est élu à l’Elysée au printemps 2017, voici les quatre mesures « concrètes » que M. Fillon promet d’édicter aussitôt, dans le cadre des lois françaises existantes : 

    - Le « bannissement perpétuel » de la France sera appliqué à certains Français ou étrangers résidents dans l’Hexagone, sur le modèle de ce que décréta Danton, sous la Révolution, à l’encontre des nationaux ayant pris les armes contre le pays, et dont le nombre est à présent estimé à 2.000. (Notons que peu de temps après avoir, jadis, édicté la même mesure, Danton fut guillotiné par ordre de son rival Robespierre, lui-même étant décapité ensuite...). Conséquence de ce bannissement : la nationalité française sera retirée aux bannis, avec effet « immédiat et effectif ». 

    - Les individus, convaincus « d’entretenir des intelligences avec une puissance ou une organisation étrangère, en vue de susciter des actes d’agression contre la France », seront punis de trente ans de détention criminelle. 

    - « Expulsion sans délai du territoire national, avec interdiction d’y revenir, aux étrangers de mouvance intégriste et tenant des propos incompatibles avec les valeurs de la République française ».  

    - Surveillance sévère d’« Internet, devenu l'un des meilleurs sergents recruteurs de Daech » sur le modèle de la surveillance des banques pratiquant le blanchiment d’« argent sale », avec si besoin est, sous contrôle d’un juge, coupure de l’accès à la Toile. 

    Comme l’écrit le général de Gaulle, dans le tome II de ses « Mémoires de guerre » : « L’optimisme va bien à qui en a les moyens...» 

    M. Fillon a-t-il ces moyens ? Et ses concurrents ?... Réponse mi-2017 Inchallah !

    Péroncel-Hugoz

    Repris du journal en ligne marocain le360 du 6.01.2017