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Immigration - Insécurité - Anti racisme

  • Civilisation • De Châteaurenard à Bonifacio, les femmes voilées à l'école on n'en veut pas...

     

    Mur-bleu gds.jpgDeux saines réactions à signaler, concernant le refus du voile à l'école (en notant toutefois que le refuser à l'école ne suffit pas : on ne doit le voir nulle part !) 

    Bernard Reynès, maire de Châteaurenard, ne veut pas - il a raison - qu'une mère d'élève accompagne, voilée, la classe de sa fille lors d'une sortie pédagogique. En face de lui se dresse le CCIF (Comité contre l'Islamophobie en France), à qui l'Inspection académique a scandaleusement donné raison.

    Mais, question : aurait-elle, cette Inspection académique, autorisé une crèche dans l'école dont il s'agit ? Poser la question c'est, évidemment, y répondre ; et c'est montrer la mauvaise foi, l'hypocrisie, la veulerie et la lâcheté de fonctionnaires douillettement installés dans leurs bureaux ; et qui capitulent devant l'Islam militant, croyant acheter ainsi la paix religieuse et/ou sociale : ce ne sont rien d'autre que des collabos...

    Il y a quelques semaines, à Bonifacio, cinq femmes voilées avaient été empêchées d'entrer dans une école maternelle de la ville par des parents - ils avaient raison - qui ne voyaient pas pourquoi - leurs propres enfants n'ayant pas le droit de porter des signes religieux distinctifs - elles pourraient, elles, entrer avec un voile ostensiblement « distinctif ».

    Le maire PS de la ville persiste à croire finaud de « dialoguer » avec l'Islam dans sa ville, et affirme être favorable à la construction d'une mosquée, pensant lui aussi, naïvement, que cela va calmer les prosélytes musulmans, et qu'il va « acheter la paix » en ouvrant toutes grandes les portes à une religion et une culture totalitaires de fait. 

    Les administrés du Maire de Bonifacio sont plus sensés que lui : aux femmes voilées, qui se « regroupaient » - comme elles disent - outrées, les habitants ont déclaré : « Si vous voulez mettre un foulard ou vous habiller long, pourquoi n'allez-vous pas au Maroc ? »

    Vox populi... 

  • Le grand n'importe quoi de Mourad Boudjellal

    Mourad Boudjellal - Emmanuel Macron 

     

    Mur-bleu gds.jpgVous ne serez pas étonné, après avoir lu ce qui va suivre, d'apprendre que l'énergumène de la pensée politique (?) dont nous allons parler ait été, durant la pitoyable campagne présidentielle que nous vivons, un soutien actif d'Emmanuel Hollande, et que le sieur Boudjellal - puisque c'est de lui qu'il s'agit - s'est placé, bien visible, au premier rang de l'assistance lors de son meeting au Zénith, à Toulon : mais, est-ce bien étonnant, de la part du personnage ?

    Vous ne serez pas étonné non plus de savoir, qu'après l'indécent bling-bling de La Rotonde - qui n'a attiré aucun commentaire désobligeant de sa part - il ait repris illico son bâton de pèlerin après le premier tour, au service, bien sûr, du même Emmanuel Macron : pas de « pudeurs de gazelles », donc, comme dirait Mélenchon, pour celui qui s'offusque tant et de tant de choses par ailleurs... 

    Mourad Boudjellal est venu à la radio pour expliquer pourquoi, après moult atermoiements, lui qui est président du Rugby Club Toulonnais, et qui voulait vendre son club, a finalement décidé de le garder, et d'en rester le président.

    Bon, ce n'est pas le scoop du siècle, mais on peut revenir quelques instants sur le personnage, à travers, par exemple, cette sorte d'entretien qu'il a  accordé à France info, il y a peu, et dans lequel il s'est montré fort déplaisant (nous parlons ici au sens « politique »  du terme) : on a entendu, lors de cet entretien avec le journaliste un bonhomme fort agité, éructant que la France est minable de ne pas accueillir les migrants, leur seul tort étant  qu'ils « sont nés du mauvais côté de la Méditerranée » (sic!) ; ou bien que la France a pillé les colonies, et d'autres insanités du même tonneau, on en passe et des meilleures (ou plutôt, des pires !).

    Tout cela s'inscrit parfaitement dans le « programme macronien », si programme il y avait. Tout cela cadre bien avec l'ignoble façon dont, à l'étranger, Emmanuel Macron a osé insulter la France, parlant de « barbarie » et de « crime contre l’humanité » à propos de la présence française là-bas, avant de se replier, devant le tollé, sur la grotesque formule de « crime contre l’humain », dont la seule chose qu'on puisse en dire est que, d'un point de vue de la langue, elle n'a aucun sens.

    Bien sûr, rien sur ce qui « fait » la France n'est évoqué par cet autoproclamé contempteur des turpitudes françaises : les châteaux de la Loire, les cathédrales, nos savants, musiciens, artistes philosophes et autres mathématiciens de génie. Mourad Boudjellal semble ne RIEN connaître de tout ce qui, selon le joli mot de Jean Dutourd que nous aimons rappeler, a fait cette France qui a « étonné le monde ».

    Mais, c'est logique puisque, dixit Macron, il n'y a pas de culture française ! Eh, oui, qui se ressemble s'assemble : il est parfaitement normal de trouver Monsieur Boudjellal au premier rang des partisans de quelqu'un qui aime aussi peu la France dans sa réalité charnelle et historique que monsieur Macron...

    Au fait, si la France est si minable, pourquoi Mourad Boudjellal y vit-il ?...

    Enfin, cerise sur le gâteau : « et, d’ailleurs », ajouta, mi-lyrique - mi en transe, notre président enragé « je suis citoyen du monde ».

    Ça, c'est la meilleure ! Citoyen du monde ! Il y a une question - pour nous en tenir aux trivalitiés - qu'on aimerait bien lui poser, à ce « citoyen du monde » : « Elle est où, par exemple, votre Sécu ? Quand vous avez des soins dentaires, une hospitalisation ou quoi que ce soit dans ce domaine, qui est-ce qui vous remboursera vos frais ? La Sécu du monde ? Vous pouvez passer l’adresse ? » 

  • Immigration : « De 2007 à 2016, le nombre d'admis au séjour a augmenté de près d'un tiers »

     

    Une analyse de Michèle Tribalat   - comme toujours pertinente et documentée. 

    Michèle Tribalat revient ici sur le chiffre de 200.000 entrées d'étrangers par an, brandi systématiquement dans le débat public. Derrière cette apparente stabilité se cache une envolée de l'immigration sous le quinquennat Hollande [Figarovox, 18.04].  Croit-on qu'un éventuel quinquennat Macron freinera la tendance ? Alors que la France n'a pas seulement besoin que l'expansion de l'immigration soit ralentie. Elle a besoin qu'elle soit stoppée et que soit organisé un mouvement inverse de retour de l'immigration vers ses terres d'origine.   LFAR  

     

    AVT_Michele-Tribalat_3638.jpgLe chiffre de 200 000 entrées d'étrangers en provenance des pays tiers est devenu une référence dans les discours politiques et parfois aussi dans les discours académiques. On invoque une stabilité de ce chiffre depuis le début des années 2000, l'immigration aurait ainsi tourné, dit-on, autour de 200 000 depuis. L'alternance politique n'y aurait rien changé. Bref, ce chiffre rond a du succès.

    Si l'on prend les statistiques du ministère de l'Intérieur qui produit tous les ans des tableaux sur les admissions au séjour des étrangers en provenance des pays tiers, on ne constate pas cette stabilité invoquée autour de 200 000 entrées par an. Ces statistiques portent sur les premiers titres de séjour délivrés. Force est de constater que le nombre d'entrées jusqu'en 2016 ne peut être qualifié de « stable ».

    De 2007 à 2016, le nombre d'admissions au séjour a augmenté de près d'un tiers. Si l'indicateur conjoncturel de fécondité passait de 2 enfants par femme à 2,64 enfants en neuf ans, parlerait-on de stabilité de la fécondité en France?

    Comme le graphique ci-dessous l'indique, le flux a augmenté fortement jusqu'en 2010 et a été nettement freiné ensuite. Tel est le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Avec le quinquennat de François Hollande le flux a repris de plus belle. On avait 172 000 entrées en 2007, on en a eu 193 000 en 2012, puis 228 000 en 2016 (chiffre estimé).

    Évolution des admissions au séjour des étrangers en provenance de pays tiers de 2007 à 2016 (base 1=2007) Source: Ministère de l'Intérieur
    Évolution des admissions au séjour des étrangers en provenance de pays tiers de 2007 à 2016 (base 1=2007) Source: Ministère de l'Intérieur

     

    Ceux qui tiennent à se fonder sur ces chiffres pour qualifier l'effet des politiques migratoires des deux quinquennats doivent avoir l'honnêteté minimale de présenter leur évolution réelle au fil de ces deux quinquennats.

    D'ailleurs, si l'on regarde comment a évolué la proportion d'immigrés en France métropolitaine au fil des enquêtes annuelles de recensement, on retrouve un résultat similaire, même si l'année 2016 manque encore. La proportion de population immigrée s'est accrue en moyenne annuelle de 1,15 % de 2007 à 2012, mais de 1,85 % de 2012 à 2015. Elle était de 8,35 % en 2007, de 8,84 en 2012, mais de 9,34 % en 2015.

    Au lieu d'aller répétant les mêmes bêtises à longueur d'antenne (et parfois de livres), revenons aux chiffres provenant de sources on ne peut plus officielles : Ministère de l'Intérieur et Insee. 

    Michèle Tribalat

    Michèle Tribalat a mené des recherches sur les questions de l'immigration en France, entendue au sens large, et aux problèmes liés à l'intégration et à l'assimilation des immigrés et de leurs enfants. Son dernier Statistiques ethniques une querelle bien française est paru aux éditions du Toucan.

  • Société • Nous sommes tous des migrants

     

    Par Edouard de Saint Blimont.

     

    Qu’on n’imagine surtout pas que j’invite le lecteur à rejoindre la foule inepte de ceux qui réclament à corps et à cris que nous ouvrions toujours plus nos frontières, nos villes et bientôt nos maisons aux errants qui déferlent sur l’Europe, parce que nous devrions secourir indistinctement tous ces êtres humains, au motif qu’ils partagent avec nous la même humanité.

    Je ne partage pas non plus le point de vue orwellien de François qui m’enjoint à retirer de mon vocabulaire le mot de « clandestins », au motif que certains mots, alors même qu’ils désignent trop précisément la réalité, doivent pour cela même ne plus être utilisés !

    Mais c’est quand même d’une autre manière que nous sommes des migrants, que nous connaissons la migration perpétuelle : nous sommes en permanence appelés à changer de « lieu », nous sommes perpétuellement dans la situation instable de ceux qui n’ont plus d’ancrage, qui vivent dans l’angoisse de ne plus savoir de quoi demain sera fait et qui se disent qu’ils pourraient même tomber de Charybde en Scylla.

    Nous sommes tous des migrants : je ne l’ai jamais ressenti aussi fortement que depuis qu’il nous est donné à nouveau de traverser les tempêtes électorales qui nous déposeront demain sur l’on ne sait quel rivage. Arriverons-nous sur l’île des lotophages avec Emmanuel Macron pour prendre le lotus, ce fruit si doux qu’il fait oublier aux étrangers leur patrie ? A moins que nous n’échouions sur l’île des Cyclopes en compagnie de Mélenchon pour y connaître le destin que l’on sait.  Les sondeurs s’en donnent à qui mieux mieux pour agiter le spectre de toutes les résolutions possibles, nourrissant encore, si c’était nécessaire, l’angoisse chez celui qui sait que par son vote seul, il ne contrariera pas les mouvements de fond.

    Nous sommes en principe habitués au jeu électoral ; la remise en cause permanente du destin politique d’une nation, d’une patrie, n’est-elle pas inhérente à la démocratie ? Dans Le pouvoir sur scènes, l’anthropologue Georges Balandier affirme même qu’en démocratie, le citoyen retrouve un certain sens de l’aventure : n’avons-nous pas là l’occasion d’introduire un peu plus de passion dans notre existence ? Mais si nous nous aventurons dans ce domaine, force est de constater que ce milieu est infiniment mouvant, la géographie des « îles » politiques qui émergent du fond de cet océan en perpétuel mouvement n’a pas encore de figure nette. Mais nous redoutons le pire.

     Et pour cause : la philosophie qui inspire ces nouveaux mondes -ou devrais-je dire de ces nouveaux monstres ? - procède de la remise en cause perpétuelle des théories qui leur donnait jusqu’ici des traits repérables. Interrogée par Figarovox (11.04.2017) voici comment Chantal Mouffe, philosophe belge, marraine de Podemos et véritable inspiratrice de la démarche de Mélenchon, considère sa propre démarche philosophique :

    « Je suis opposée à la philosophie normative. Les philosophes politiques ont tendance à faire de grandes élaborations pour expliquer comment le monde devrait être sans tenir compte du contexte. Pour ma part, j'essaie au contraire de fonder mes théories sur la réalité de l'époque. »

    Il ne s’agit plus de s’en tenir à une certaine vision de l’homme mais d’enregistrer les grandes « migrations » intellectuelles de notre temps, qu’elle définit comme la « réalité de l’époque ».

    Et la réalité de l’époque, pour elle, ce sont les mouvements sociaux qui se sont développés depuis Mai 68 : le féminisme, le mouvement écologiste, les luttes antiracistes, la lutte pour la reconnaissance des homosexuels. Ce sont des mouvements comme ceux-là, qui n’ont cessé de déstabiliser nos sociétés occidentales, auxquels Chantal Mouffe et à sa suite Jean-Luc Mélenchon, veulent reconnaître une spécificité dans la constitution d’un populisme de Gauche.

    Quel nouveau monde va naître, et quelle sera notre vie demain, si ces mouvements acquièrent, au sein d’un parti, au sein d’un gouvernement, une pleine et entière légitimité ? Une chose est sûre : ainsi se dessine peu à peu, sous nos yeux horrifiés, un monde dans les traits duquel nous ne saurons plus reconnaître nos légitimes aspirations de pères, d’époux, d’êtres humains cherchant à protéger l’ordre de la civilisation, soucieux de retrouver un ordre fondé sur les principes sains d’une philosophie qui s’emploie à reconnaître la nature et l’homme comme il est, sortant des mains de son Créateur. Mais qui nous rappellera la géographie d’un monde habitable ? Dans ce monde qui dérive, qui nous indiquera le point d’ancrage qui nous fait perpétuellement défaut ?

    Nous espérions jusqu’ici que ce point d’ancrage, l’autorité intellectuelle la plus haute, celle du Pape, la fournirait aux chrétiens que nous voudrions continuer à être. Mais un article savant du Professeur Giovanni Turco, reproduit dans le Courrier de Rome de novembre 2016, nous oblige à déchanter. Nous ne pouvons pas, dans le cadre de cet article, entrer dans toutes les subtilités philosophiques de l’éminent professeur italien. Nous pouvons cependant dégager quelques axes forts, assez peu faits pour nous rassurer :

    Le pape considère-t-il encore que la Vérité divine, révélée par Dieu, transcende nos pauvres réalités humaines et qu’elle est comme telle une référence absolue, un point d’ancrage pour l’humanité ? Le professeur Turco rappelle ce propos du pape Bergoglio : « je ne parlerais pas, même pour les croyants, de vérité ‟absolue” dans le sens où ce qui est absolu est ce qui est détaché, ce qui est dépourvu de toute relation. Or la vérité, selon la foi chrétienne, c’est l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc la vérité est une relation ! C’est si vrai que chacun de nous la saisit, la vérité, et l’exprime à partir de soi : de son histoire et de sa culture, de la situation dans laquelle il vit, etc. Cela […] signifie qu’elle se donne à nous toujours et seulement comme un chemin et une vie. »

    Cela doit-il nous étonner ? Le pape l’avait déjà déclaré dans Amoris Laetitia :

    « La Parole de Dieu ne se montre pas comme une séquence des thèses abstraites, mais comme une compagne de voyage »

    Nous y sommes : pour le pape, la Parole divine a une dimension elle aussi « migratoire ».

    Le professeur Turco montre d’ailleurs que la vision que le pape a du Saint Esprit présente une parfaite congruence avec le reste :

    « L’action même du Saint-Esprit serait qualifiable non par le contenu (ce qu’Il accomplit), mais par l’opérativité, ou mieux par la modalité opérative : « bouleverser », « remuer », « faire cheminer », étant donné qu’il y aurait en Lui de la « fantaisie » et de la « nouveauté ». Il s’agirait d’une activité non qualifiée par sa fin, mais par son devenir. En effet dans de telles actions il n’y a pas trace de finalité : on peut « remuer » pour le bien ou pour le mal, une « nouveauté » peut être fructueuse ou néfaste, on peut « cheminer » vers le meilleur ou vers le pire, de même qu’une « fantaisie » peut être innocente ou nocive. Autrement, tout « bouleversement », comme toute « nouveauté », serait nécessairement un bien. Ce qui est contredit par l’expérience la plus commune et par toute réflexion authentique. »

    Le professeur n’a aucune peine à nous montrer que nous sommes sortis d’un contexte philosophique où l’on considère que la vérité est définie à partir d’une adéquation entre l’intelligence et le réel, comme Saint Thomas le postule, à un contexte proprement moderniste, défini par le philosophe Maurice Blondel où la Vérité (si ce mot signifie encore quelque chose) est l’adéquation de l’intelligence et de la vie. Ce qui permet, conclut Turco, d’attribuer au jugement de conscience, et non plus à la Vérité, un caractère absolu.

    Nous sommes entrés dans un monde où s’impose comme vraie la situation concrète, où le « ce qui est comme ça », pour reprendre l’expression qu’utilise le Professeur Turco, a le dernier mot. Nous ne sommes donc toujours pas sortis de la réalité « migratoire », j’oserais même dire que nous y sommes en plein : une parole, « compagne de voyage », pour un cheminement, inspiré par un Saint Esprit fantaisiste…qui nous appelle au bouleversement…dans un moment où nous sommes menacés par le pire bouleversement de notre histoire ? Il n’y a décidément plus un domaine où nous ne soyons des migrants.

    Ulysse, je pense à vous, ballotté d’une île à l’autre, empêché pendant plus de dix ans de regagner votre patrie. Mais je pense à vous aussi car vous nous montriez le chemin. Car c’est la mentalité d’Ulysse que nous devrions aspirer à retrouver, tous tant que nous sommes. Ulysse ne se trompe jamais pour identifier où sont les barbares : ces derniers ne sont pas mangeurs de pain et le vin, ils ne le connaissent pas. Il sait ce qui caractérise le civilisé, notamment son respect des dieux. Il se garde de toutes les aventures sentimentales qui réintroduisent l’être dans l’aventure migratoire : Circé lui offre l’oubli dans les aventures de la chair, il le refuse. Il refuse la divinité, l’immortalité que lui offre Calypso… prélude déjà de l’aventure transhumaniste. Ulysse c’est l’homme ancré : son fils Télémaque s’inquiète de lui, sa femme, Pénélope, lui est restée fidèle, les retrouvailles avec sa mère aux Enfers et son père au palais, complètent l’image d’un bon fils. C’est aussi un bon roi que ses sujets veulent retrouver, comme le porcher Eumée.

    Quel Ulysse aura demain le cran, le courage, et pour tout dire le génie de nous ancrer sur le socle qui nous préserve de devenir des migrants perpétuels ? 

  • Fin d'un régime

    Le Figaro.fr 0,00 h.

    Et jamais régime n'a été aussi faible pour y faire face, pour en protéger la France, y assurer la paix civile, y garantir la sécurité, préserver son identité. Par delà la présidentielle, qui ne résoudra rien, c'est le régime lui-même qui est aujourd'hui en question. Inutile d'en dire plus. Les médias se chargent surabondamment du suivi factuel, d'ailleurs invariablement indifférents à ce que les Français, dans leurs profondeurs, peuvent en penser.  LFAR 

  • Pendant la campagne la plus nulle et la plus misérable qu'on ait jamais vue, le monde continue de tourner...

     

    Mur-bleu gds.jpgDes nouvelles du front

    Emmanuel Hollande est tellement ridicule que cela commence à se voir, et à se savoir : il a reçu un 5 sur 20 de la part du Jury du 7/9 de France info (c'est dire !). Motif : lors de son meeting raté de Marseille (après celui raté de la Réunion et celui, raté aussi, de Pau) il a voulu « faire peuple », « faire jeune », et a lancé un ridicule « on craint degun » (« personne », en provençal). Eh, oui ! c'était tellement grotesque que même France info s'en est rendu compte !

    Dans le même meeting, il a dit qu'il avait « honte » du pourcentage de voix que réalisait Marine Le Pen à Marseille et en Provence. Mais c'est lui qui devrait avoir honte de tenir un propos pareil ! Si des citoyens français jugent bon de voter Le Pen, ou Fillon, ou Mélenchon, ou qui que ce soit, qui est-il, lui, pour décréter que c'est une honte ? Quel langage et quelle pensée de division, pour quelqu'un qui prétend vouloir représenter, et conduire, le peuple français !

    Le précédent Comte de Paris parlait, lui, en Roi, en roi rassembleur, lorsqu'il disait, à une époque où le Parti Communiste représentait environ le quart des électeurs, qu'on ne saurait exclure de l'effort national les vingt-cinq pour cent de Français qui votaient communiste...

    Enfin, voilà notre Emmanuel adoubé par François Hollande, qui lui donne un baiser de la mort dont ledit Emmanuel ne veut surtout pas. Il n'empêche : ce qui est dit est dit, et les choses déjà claires le sont encore plus maintenant qu'elles sont comprises par tous pour ce qu'elles sont, c'est-à-dire officielles :  Macron, c'est Hollande, et Hollande, c'est Macron... 

    Et pendant ce temps, ailleurs, au Japon, au Maroc, heureux pays...

    Le Japon n'a reçu que 28 réfugiés en 2016 ! Ne vous moquez pas, ils ont tout de même fait un effort : c'est malgré tout un de plus qu'en 2015 (27) ! Et nous, pendant ce temps-là, nous leur construisons un « camp humanitaire » à Grande-Synthe, qui a coûté quatre millions d'euros au contribuable, c'est-à-dire à nous tous, et que nos chers Afghans - se battant avec les Irakiens - ont tout simplement cramé. Merci les gars ! C'est beau, la reconnaissance. C'est beau, aussi, le « vivre ensemble ». Surtout quand c'est nous qu'on paye... Maintenant, navrés, les pseudo « humanitaires » se demandent gravement, et la mine contrite, où ils vont aller. Qu'ils aillent donc se réfugier... chez eux, et qu'ils nous fichent la paix ! Vient un moment où les choses doivent être dites, alors disons-le franchement : les pseudo-migrants nous fatiguent, pour rester polis ! Nous les aimons beaucoup, les Afghans, les Somaliens, les Irakiens, les Erythréens et toute la terre entière. Nous les aimons comme Jeanne d'Arc aimait les Anglais : « Chez eux ! ». 

    Le Maroc, lui, depuis la mi-janvier, a interdit la fabrication et la vente de burqas. Un peu partout dans le royaume, et surtout dans le nord, où les salafistes sont un peu plus nombreux qu'ailleurs, les femmes portent volontiers le hijab (qui couvre les cheveux, mais laisse voir l'intégralité du visage), qui est depuis longtemps une tenue traditionnelle. Mais les salafistes promeuvent le port du niqab, à partir duquel on peut glisser insidieusement vers la burqa, et ainsi de suite.

    Heureusement pour lui, le Maroc a la chance d'être gouverné par un roi sage, Mohamed VI, qui n'est pas décidé à laisser trop la bride sur le cou aux dits salafistes. C'est-à-dire aux provocateurs. Etant descendant du Prophète, et Amir al mouminine (Commandeur des Croyants), le roi peut se permettre de surveiller de près les provocateurs islamistes.

    On devrait l'inviter pour une année sabbatique à la Goutte d'Or et dans certains autres lieux de notre ex « douce France », pour qu'il y remette un peu d'ordre ! 

  • Et si c’était vrai ?

     

    par Louis-Joseph Delanglade

     

    Philippe Val, dont on sait qu’il a exercé de hautes responsabilités à Charlie Hebdo (1992-2009) et à France Inter (2009-2014), vient de déclarer sur France 5, à propos du roman Soumission, que ce qui n’était que fiction voici deux ans est maintenant un commentaire de l’actualité. Sans doute fait-il référence à l’ambiance de violences généralisées dans laquelle nous vivons désormais, du fait de certains. Et, par là même fait-il écho à la définition réaliste de Stendhal pour lequel « un roman, c'est un miroir qu'on promène le long d'un chemin » (Le Rouge et le Noir). Mais, alors que certaine échéance s’approche, qu’en est-il de la chronique d’un cauchemar annoncé que constitue le roman d’anticipation de M. Houellebecq ? Son récit repose en effet sur un second quinquennat de M. Hollande, marqué par un délitement du pays qui favorise l’irrésistible montée en puissance d’un islamisme intérieur doux (« fraternité musulmane ») et l’élection en 2022 du candidat musulman, contre Mme Le Pen mais avec, comme il se doit, le soutien des autres grands partis et l’inévitable ralliement de M Bayrou : les « élites » se soumettent, la société est islamisée. 

    Si le renoncement de M. Hollande semble donner tort à l’écrivain, en fait le pire reste malheureusement possible. Le bon sens le plus élémentaire invite en effet à considérer que le candidat Macron n’est que l’avatar, même subliminal, de M. Hollande. Dans Un président ne devrait pas dire ça, M. Hollande déclare d’ailleurs explicitement : « Emmanuel Macron, c’est moi ! ». On peut lire par ailleurs (Boulevard Voltaire, 13 avril) le scénario tout à fait crédible proposé par M. Bernadac de la manipulation que constitue la « candidature de substitution » de M. Macron, lequel n’aurait été au départ que le « prête-nom » d’un M. Hollande bien incapable de se représenter. Le soutien en creux de M. Hollande et la distance affichée par M. Macron à l’égard de son mentor n’infirment nullement, bien au contraire, ce scénario. 

    Or, pour rester dans le cadre « islamique » du roman de M. Houellebecq, on ne peut qu’être inquiet des propos et des propositions de M. Macron dont on peut dire qu’ils ne feront que conforter dans sa conscience communautaire une partie grandissante de la population. D’abord bien évidemment parce que M. Macron ne remet pas en cause l’aspect purement quantitatif de la question musulmane en France : dans la droite ligne des dernières présidences, ce serait avec lui encore et toujours plus d’immigrés donc forcément, vu la provenance de ces derniers, encore et toujours plus de mahométans. Ensuite parce qu’il se veut un chaud partisan de la discrimination positive, laquelle consisterait à favoriser, au détriment des malheureux « Gaulois », la « diversité », c’est-à-dire pour l’essentiel des ressortissants français  issus de l’immigration, donc des musulmans. 

    On se souvient des drapeaux étrangers, drapeaux de pays musulmans bien entendu, brandis, place de la Bastille, par les partisans et électeurs de M. Hollande, après sa victoire de mai 2012. Cinq ans après, à trois semaines de l’élection présidentielle, M. Macron ne veut voir dans son public « marseillais » que des Algériens, des Tunisiens, des Comoriens, des Maliens, etc., c’est-à-dire en fait des musulmans, peut-être français, mais d’abord considérés dans leur identité originelle islamique. Pis : en déplacement à Alger, il n’a pas hésité à flatter bassement un pouvoir algérien qui hait la France et se réclame de l’islam, envoyant un signal catastrophique aux millions de bi-nationaux franco-algériens vivant de ce côté-ci de la méditerranée. 

    Alors, oui, si M. Macron devait être élu, ce serait pour le pire. On préférerait que le roman de M. Houellebecq restât ce qu’il devrait rester : une fiction.  

  • Cinéma • « À bras ouverts » , éloge de la caricature. Défendez la liberté, allez-voir Clavier !

     

    Une critique de Matthieu Baumier

    Plus qu'une critique de film, d'ailleurs; mais aussi d'une certaine société, de quelques personnalités emblématiques d'un certain monde, et enfin critique d'une idéologie encore dominante mais en déclin [Causeur, 14.04]. Nous avons aimé ces lignes à contre-courant. Les cinéphiles diront leur avis.  LFAR

    Le film « A bras ouverts », avec Elsa Zylberstein et Christian Clavier, se moque gentiment des bourgeois de gauche aux grands discours humanitaires. Inacceptable pour une certaine presse degôche, qui sort son revolver moral dès qu'on titille le bobo...
     
     

     

    À bras ouverts, dernier film de Philippe de Chauveron avec Christian Clavier, a suscité l’ire bien-pensante lors de la diffusion de sa bande-annonce. La sortie en salles ne pouvait échapper à la polémique.

    L’objet du délit

    De quoi s’agit-il ? D’une comédie sans prétention au chef-d’œuvre. Un film potache que chacun jugera plus ou moins drôle et plus ou moins réussi. Cela parle d’un intellectuel de gauche, Jean-Étienne Fougerole, incarné par un Christian Clavier qui a beaucoup de BHL. Le côté précieuse ridicule égotique. Figure de gauche, obsédée par les chiffres de ventes de ses livres et passant à la télé. Il réclame l’accueil des Roms, allégorie des migrants. Avec le camp du Bien décrit par Philippe Muray, une apparente bonne attention peut vite évoluer en catastrophe. Débattant face à un jeune intellectuel supposé réac, Barzach, les idées de Zemmour et la vie privée de Philippot, Fougerole se trouve mis devant le fait accompli : vous voulez aider les Roms ? Accueillez-les donc chez vous ! Piégé, il relève le défi. Sauf qu’une famille de roms vient s’installer dans son jardin. Un thème de comédie, pas de quoi en faire un fromage. D’autant que le film est surtout une apologie du « vivre-ensemble » : Fougerole, par mariage de son fils interposé, est finalement obligé de s’intégrer dans une culture différente de la sienne.

    À bras ouverts ? L’esprit Charlie hebdo !

    Un film « beurk » pour Le Parisien/Aujourd’hui en France, « dangereux » pour Slate, « écœurant » pour le Huffington Post, « raciste et nauséabond » pour Le Monde, « on n’aime pas » pour TéléramaLe Figaro et Valeurs Actuelles sont plus mesurés : À bras ouverts est une farce. Dans un pays, la France, où la rumeur prétend que l’on peut rigoler de tout. L’esprit Charlie hebdo. Esprit dont le film de Philippe de Chauveron ne manque pas. « Nous sommes tous des Roms ! » s’exclame Fougerole. Sauf que le blasphème ne porte pas sur une religion ou sur le populisme mais sur ceux qui manifestent dans les rues quand il s’agit de défendre le droit à la satire. D’habitude, le monde de la culture comprend la farce et la caricature. On rit de scènes de sodomie du Pape ou de Mahomet en Une de journaux satiriques. On veut avoir le droit de rire de tout. À juste titre sur le plan légal : en République, seule la loi fait limite. Alors pourquoi une telle levée de bouclier contre cette comédie ? Ce sont des intellos de gauche qui sont mis à l’épreuve du réel, Fougerole et sa femme, jouée par une Elsa Zylberstein pétillante. Ils sont caricaturaux. Comme le sont tous les personnages du film, à commencer par la famille de Roms. Mais aussi le fils des Fougerole, les jeunes étudiants manifestant aux cris de « réquisition », la jeune étudiante qui pousse son Fougerole de professeur à la prendre sur une table à la fac, le personnage réac de Barzach et son homosexualité (étonnant que le film n’ait pas été décrété homophobe…), la voisine, le maire, l’éditrice, le député, l’animateur du débat télévisé qui enclenche l’histoire… Tout dans ce film est caricature, y compris les Roms. Pas un personnage n’y échappe. Bien sûr que des membres de la communauté Rom peuvent être choqués ! Comme des musulmans ou des chrétiens le sont quand ils sont parodiés. Ou bien des intellectuels quand on les caricature en « néo réacs », ce dont les médias goûtant peu À bras ouverts se sont fait une spécialité saisonnière.

    L’intolérance au nom de la tolérance

    Au fond, toutes les caricatures seraient acceptables dans ce film, sauf celles de l’intello de gauche et des Roms. Le problème n’est pas le film en tant que tel. Le véritable problème de la polémique autour d’À bras ouverts réside dans la façon dont de prétendus militants de la tolérance sont devenus l’intolérance même, n’acceptant en définitive que ce qu’ils sont. Et n’admettant pas d’être mis, à l’instar de Fougerole, devant la réalité de leurs paroles creuses. Fougerole dit qu’il accueillerait des Roms et se retrouve obligé de le faire par intérêt égotique et financier (tiens… étonnant que ce film ne soit pas aussi accusé d’être antisémite car l’unique motivation de Fougerole en cette affaire est liée aux ventes de ses livres…). On peut tout caricaturer sauf les prétendus défenseurs du droit de tout caricaturer. On peut s’exprimer librement sauf contre les prétendus défenseurs du droit à l’expression libre. Le summum de l’intolérance : un tribunal de la pensée dont on ne compte plus les méfaits.

     

    Et Boboland créa le délit de caricature

    L’infamie contre cette comédie est un procès fait au droit de caricaturer. Ceux qui tombent à bras raccourcis sur ce film lui font ce que les djihadistes ont fait aux caricatures de Charlie hebdo, les kalachs en moins, et ils ne semblent pas s’en apercevoir. Que toutes ces bonnes âmes commencent en effet par balayer devant leur porte. Personnalités du monde de la culture ou simples citoyens militants, que ces bonnes et belles âmes aillent en effet au bout du chemin et accueillent concrètement des migrants chez elles, y compris au péril de la loi. L’argument est simpliste. Non pas. Que ces bonnes âmes en ayant les moyens financiers le fassent, et en profitent par la même occasion pour supprimer les digicodes de leurs immeubles, qui empêchent les SDF de dormir au chaud par moins 10 degrés en plein Paris. On meurt sous la fenêtre tandis que la pétition se signe sur internet, cocktail à portée de clic. Que tous ces individus moralisateurs parlent beaucoup mais agissent si peu, là est le vrai scandale. Et cela démontre à quel point nous sommes entrés dans une ère de virtualisation du Politique. La pratique politique usuelle ne consiste-t-elle pas théoriquement et traditionnellement à mettre ses actes et ses paroles en adéquation ? Autrement dit, à prendre des risques ? Vous me direz que j’ai la langue facile ? Non pas. Je ne suis ni une bonne ni une belle âme. Et ne me sens aucunement obligé de l’être. À toutes ces belles et bonnes âmes moralisant souvent dans l’opulence, le Père Ubu dirait un beau et bien gras « merdre » avec le ton de la farce et de la caricature. Un peu comme À bras ouverts. 

    Matthieu Baumier
    essayiste et romancier.

  • Décidément, Marseille ne réussit pas à Mélenchon...

     

    Mur-bleu gds.jpgNous ne parlons pas, en disant cela, du succès populaire indéniable qu'a représenté la mobilisation du Vieux-Port, dimanche passé, comparable, d'ailleurs (en un peu moins importante malgré tout) à la mobilisation sur les plages du Prado, lors de la campagne de 2012. Ni des qualités personnelles que nous n'hésitons pas à reconnaître volontiers à Mélenchon : c'est un tribun, qui s'exprime correctement, sans vulgarité, et même avec élégance, souvent ; un tribun cultivé, de surcroit ; et, par moment, on sent poindre chez lui, oui, du patriotisme, un amour sincère de la France qui s'oppose à la haine, au mépris, à la condescendance qu'expriment envers elles tant de prétendus meneurs du Pays légal. Enfin, Mélenchon est un vrai militant, comme nous, et, à ce titre, il mérite le respect des militants que nous sommes. Il s'est dit « très fatigué » récemment, durant son meeting de Châteauroux, et son discours à Marseille n'a pas duré une heure. Pourtant, la voix était forte, mais si, d'aventure, Mélenchon était affaibli, ce serait pour nous une raison supplémentaire de reconnaître en lui un adversaire véritable - on va le voir - mais un adversaire digne de respect.

    Surtout lorsque - ce fut peut-être le meilleur moment de son discours - il s'est carrément démarqué de la niaiserie de Macron sur la culture française qui, d'après lui, n'existerait pas : Mélenchon a été clair et net, il ne veut pas s'associer à ceux qui souhaiteraient porter en terre le cercueil de la culture française ; et Jean-Luc de citer ses peintres, musiciens, savants, artistes, penseurs et autres qui ont « étonné le monde »  (il reprend l'expression de Jean Dutourd, ce grand royaliste) : un moment de pur bonheur, et un menhir de taille dans le jardin de ce pauvre niais de Macron...

    Non. Quand nous disons que, décidément, Marseille ne réussit pas à Mélenchon, nous voulons parler du fond de son discours. Car, il faut bien le reconnaître aussi, une fois les points positifs relevés, les points négatifs ne manquent pas ! On nous dit - et c'est vrai... - que, dans la forme, Mélenchon a changé : moins de hargne et d’agressivité ; quasiment plus de drapeaux rouges, mais presque uniquement du tricolore ; même un rameau d'olivier en pochette, le jour des Rameaux, pour parler de paix (mais ne rêvons pas, la conversion de Mélenchon n'est pas pour demain !) ...

    Malheureusement, comme dans la parabole de l'Evangile, l'ivraie a été mélangée au bon grain, et l'on ne peut que rejeter catégoriquement l'essentiel d'un discours finalement, pour l'essentiel, révolutionnaire et immigrationniste.

    D'abord, Mélenchon a plusieurs fois exalté (il le fait toujours) la Révolution. Pour lui, aucun doute, elle est glorieuse, elle est grande, elle est l'origine de tout ce qui est bon. Mais comment ne voit-il pas, lui qui est intelligent et cultivé, la monstrueuse contradiction dans laquelle il se place de lui-même : c'est la Révolution qui, en assassinant le Roi et en aboutissant à la République idéologique - qui en est issue et trouve en elle son fondement (voir le préambule de la Constitution) - a remplacé le pouvoir du roi par le pouvoir de l'Argent. « De l'autorité des princes de notre race, nous sommes passés sous la verge des marchands d’or » écrit Maurras, dans L'Avenir de l'Intelligence. Mais Mélenchon n'a, semble-t-il, pas lu Maurras... Dans ces conditions, parler en bien du « volcan de la Révolution française » comme le fait, lyrique, Mélenchon, c'est tout simplement... stupéfiant ! 

    Par ailleurs, Mélenchon n'hésite pas à revenir sur « la Vertu », qu'il appelle de ses vœux, au sommet de l'Etat. Alors, là, attention : la vertu, l'Incorruptible, les régénérateurs à la Saint Just, on a les a déjà eus, on a déjà vu ce que cela a produit : la Terreur, le Génocide vendéen, quelque chose comme six à sept cent mille morts. Alors, franchement, merci bien, mais on a déjà donné. Merci, mais non merci !...

    Mélenchon le cultivé donne raison à Bossuet : « Dieu se rit des hommes qui maudissent les conséquences dont ils chérissent les causes »

    Ensuite, tout aussi imbuvable que son révolutionnarisme, l'immigrationnisme à la fois gnangnan et pleurnichard, mais aussi terriblement anti national de Mélenchon ne passe pas ; ne peut absolument pas passer... 

    D'autant plus que, sur ce sujet, Mélenchon perd carrément les pédales et se laisse emporter - comme en 2012, sur les plages du Prado - par une démagogie immigrationniste de bas étage. On se souvient qu'elle lui avait coûté cher à l'époque : arrivé à Marseille avec pas loin de 20% dans les sondages, il avait en une seule soirée de lyrisme pro-berbère perdu presque la moitié de son score, et devait finir à un peu plus de 11%. L'expérience, cruelle, ne lui a semble-t-il pas servi de leçon. Il a « remis ça », dimanche, et en a même remis une sacrée couche ! 

    Il s'est dit fier de « la France métissée », ajoutant que « ses enfants sont mes enfants » : ah, bon ? les terroristes de Paris et de Nice, et d'ailleurs ? Mohamed Merah et Abdelhamid Abaoud, et les autres ? Scandaleux, révoltant, répugnant... 

    Et comme si ce chiffre justifiait l'injustifiable, Mélenchon - qui parlait récemment de 11 millions d'immigrés - a décrété dimanche qu'ils étaient 25% de la population nationale aujourd'hui, soit 16,5 millions. Mais, juste ou faux, qu'est-ce que le chiffre, en soi, vient faire là-dedans ? La vérité est que l'immigration-invasion que nous subissons depuis 1975 est bien l'une des causes majeures de nos problèmes ; Mélenchon pourra déployer tout le lyrisme et toutes les incantations qu'il voudra, cela ne changera rien à l'affaire... 

    Enfin, cerise sur le gâteau - mais, là, il n'aurait pas dû : Mélenchon nous a pris pour des imbéciles. Or, il ne faut jamais prendre les gens pour des imbéciles : cela les énerve... Il nous a sorti qu'à ses origines Marseille a été créée par l'immigration, puisque Gyptis a choisi... un Grec pour époux.

    Oui, mais son Grec venait d'Europe, pas d'Afrique. C'était « une immigration est-ouest » et pas « nord-sud », comme le disait le précédent roi du Maroc, Hassan II, qui s'y connaissait en Islam, lui qui était (et son fils aujourd'hui, après lui) Amir al mouminine, c'est-à-dire Commandeur des Croyants. Et si Gyptis a choisi un étranger, son étranger n'était ni musulman ni maghrébin ; il a très probablement mangé du sanglier lors du repas de noce, comme Obélix, parce qu'on était en terre celte (eh oui, Mélenchon, chez « nos ancêtres les Gaulois », ne vous en déplaise !) ; et il l'a fait sans refuser le plat, ou sans demander qu'il fût hallal ; et il n’a pas voilé son épouse en rentrant chez eux !

    Voilà : nous avons préféré finir par un sourire, pour réagir à l'énormité de Mélenchon... 

    A lire aussi dans Lafautearousseau ...

    Les chiffres et la dure réalité condamnent Mélenchon et ses incantations révolutionnaires...  [23.3.2017]

  • Quand Philippe Muray, s'adressant aux djihadistes, moquait le courroux de l'homme en bermuda

     

    710548222.jpg« Chers djihadistes,

    L'Occident s'achève en bermuda […] Craignez le courroux de l'homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien,nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.  

    Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c'est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s'y trouvait entassé. […] Vous êtes les premiers démolisseurs à s'attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. […] À la différence des nôtres, vos démolitions s'effectuent en toute illégalité et s'attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c'est dans l'enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.  

    Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. »

    Philippe Muray

    Chers djihadistes (2002 - Mille et Une Nuits)

     

  • Société • Gilles Kepel : « L'attentat de Westminster sonne le glas du rêve communautariste britannique »

     

    Répondant ici aux questions d'Alexandre Devecchio pour Figarovox [25.03] Gilles Keppel revient sur l'attentat de Londres. Pour lui, les attentats qui frappent le sol européen pourraient être annonciateurs d'une fracture sociale à grande échelle. On en retiendra l'aggravation des problèmes que pose la présence de fortes communautés musulmanes sur le sol français et européen. Et leur traduction du point de vue des nations et des Etats. Aurons-nous affaire à une reféodalisation de l'espace européen ? LFAR 

     

    1630167502.jpgUn attentat terroriste revendiqué par l'État islamique a fait trois morts à Londres ce mercredi. Après la France et l'Allemagne, c'est donc l'Angleterre qui est visée par Daech. Que cela dit-il de l'évolution du terrorisme islamiste en Europe ?

    Les Britanniques se sont un peu endormis sur leurs lauriers depuis les attentats de Londres de juillet 2005. À l'époque, les terroristes étaient passés par les camps de formation du Pakistan, mais étaient nés et avaient grandi en Angleterre. Cela marquait une rupture par rapport aux attentats du 11 septembre ou de Madrid commis par des étrangers ou des immigrés de passage. C'était le début de la transition entre la phase pyramidale du djihad et la phase indigène européenne. Bien qu'Ayman al-Zawahiri, le chef d'al-Qaïda, s'était réclamé de cette opération, elle s'était produite alors qu' Abou Moussab al-Souri venait de théoriser cette année-là le djihad de troisième génération à bas coût. Dans son « appel à la résistance islamique mondiale », ce dernier prévoyait de faire de l'Europe le ventre mou de l'Occident et la cible par excellence des attaques terroristes. Depuis lors, le Royaume-Uni a mené une politique de prévention, mais aussi de dévolution de quartiers entiers aux islamistes, tolérant notamment les tribunaux islamiques, dans le but d'acheter la paix sociale. Birmingham où vivait l'auteur de l'attentat de Wesminster, Khalid Masood, est l'illustration de cette politique.

    deux-tchadors.jpgLe fameux quartier de Small Heath, où près de 95% de la population est musulmane, se voulait le contraire absolu du modèle français laïque et universaliste. En confiant à des salafistes la gestion de l'ordre public et de la communauté, les autorités britanniques espéraient ne pas avoir à affronter un djihadisme qui en France serait, selon eux, exacerbé par une gestion laïque de la société. L'attentat de Wesminster sonne le glas de cette illusion comme les attentats de 2005 avaient sonné le glas de ce qui était à l'époque le Londonistan, c'est-à-dire la politique de refuge systématique à Londres de tous les dirigeants de la mouvance islamiste internationale arabe. La différence, c'est qu'à Birmingham, il y a peu d'arabes, mais essentiellement des Indo-Pakistanais. Khalid Masood lui était un jamaïcain converti à l'islam. L'âge de ce dernier, 52 ans, est frappant. Cela indique que son acte n'est pas le rite de passage par la violence d'un jeune non intégré, mais le geste de quelqu'un qui a été socialisé très longtemps par une contre-société. Khalid Masood s'est probablement construit contre la société britannique et a choisi de passer à l'acte. Ce qui frappe également, c'est le mode opératoire qui rappelle celui des attentats de Nice et Berlin : un véhicule à vive allure qui fauche des piétons. Il s'agit d'un djihadisme low-cost absolu qui peut passer sous les radars de la police. On remarque enfin que l'attentat visait le parlement symbole par excellence de la démocratie européenne. Ironie volontaire ou involontaire pendant la cession où le parlement discutait du Brexit. L'agenda terroriste est ainsi venu percuter l'agenda politique institutionnel contraignant le processus à s'interrompre, les députés à être enfermés et le Premier ministre à être évacué en urgence.

    Le fait que Londres soit dirigé par un maire musulman a-t-il joué un rôle dans cet dérive communautariste ?

    Les autorités britanniques ont considéré que le fait d'avoir un maire musulman, qui de surcroît a été proche par le passé d'organisations islamistes dans la mouvance des Frères musulmans, permettrait de mieux contrôler les réseaux et d'éviter la violence. Cependant Sadiq Khan apparaît comme un traître pour les plus radicaux. De manière générale, c'est une illusion que de penser que les accommodements raisonnables peuvent apaiser une société. Au contraire, ils favorisent la fracture. Le cas de la Hollande est paradigmatique puisqu'aux Pays-Bas l'exacerbation multiculturaliste s'est traduite en une xénophobie tout aussi virulente.

    La France n'a donc pas été visée spécifiquement à cause de son modèle universaliste et laïc…

    La laïcité, le passé colonial et le chômage de masse en France sont des facteurs aggravants, mais en aucun cas structurants. Et l'Allemagne, qui n'a pas de passé colonial, un modèle où la religion est reconnue, et le plein-emploi, pouvait sembler à l'abri, elle ne l'est plus, notamment parce que le modèle a changé du fait de l'afflux de migrants. On peut aussi penser qu'à l'avenir l'immigration turque, qui est bien intégrée depuis longtemps en Allemagne, ne pourra pas rester à l'abri des soubresauts que connaît son pays d'origine avec la politique d'Erdogan qui tente de mobiliser les foules en Europe.

    Il faut aussi noter qu'en France depuis le 26 juillet 2016 et l'assassinat du père Jacques Hamel, les services de renseignements ont fait des progrès considérables en cassant le réseau Télégramme, en arrêtant préventivement les gens susceptibles de passer à l'acte, en tuant le « contremaître des attentats » de 2016 Rachid Kassim abattu par un drone américain il y a deux mois. Cela a rendu plus difficile aujourd'hui la perpétration d'attentats sur le territoire français.

    La France est une cible plus difficile aujourd'hui comme on peut le voir sur les réseaux en ligne où les djihadistes français considèrent qu'ils subissent aujourd'hui une épreuve. Beaucoup décident ainsi de se renfermer dans l'étude en attendant que la situation soit meilleure. C'est ce qu'on appelle dans la stratégie islamique théorisée à l'époque du prophète: la phase de faiblesse par rapport à la phase de force pendant laquelle il faut se ressourcer et ne pas se lancer dans des opérations suicidaires qui se retournent contre elles. C'est ainsi que le bilan des attentats de 2016 a été fait par un certain nombre de dirigeants de l'État islamique comme le montre le testament très amer de Rachid Kassim qui incrimine la hiérarchie de l'État islamique pour ne pas l'avoir soutenu. De ce fait, Allemagne, Belgique, Hollande, Angleterre ou peut-être demain Italie où les services de renseignements sont beaucoup moins aguerris, car ils n'ont pas été confrontés aux attentats depuis 2012, apparaissent comme des cibles plus aisées aujourd'hui.

    Quid de l'attaque d'Orly ou de celle du Louvre ?

    L'attaque d'Orly n'a pas été revendiquée par Daech. Elle est symptomatique d'un terrorisme low-cost qui n'est même plus contrôlé par des réseaux. L'individu avait déjà été arrêté pour braquage et trafic de stupéfiants et a fréquenté des islamistes en prison. Ces derniers expliquent aux délinquants que leurs crimes crapuleux sont en réalité un combat contre l'impiété, un djihad. Ziyed Ben Belgacem, l'auteur de l'attentat raté d'Orly, a habillé de références religieuses son banditisme. Il agresse au nom d' Allah, se réclame de l'islam lorsqu'il passe à l'acte, a un Coran dans son sac à dos, mais aussi des cigarettes, est sous l'emprise de l'alcool et consomme de la cocaïne. Ziyed Ben Belgacem peut ainsi être considéré comme «un mélange individuel détonnant», le «produit dérivé» d'un djihadisme plus structuré. Ce type de djihadisme est d'autant plus dangereux pour la société qu'il est difficile à déceler, mais fait généralement moins de dégâts. Son attaque a été un échec. Il a été abattu comme le djihadiste du Louvre il y a quelque semaines.

    En outre ce type de terrorisme est inefficace politiquement car il ne permet pas la mobilisation des masses. Les défaites que subit «le califat» sur son territoire sont un facteur anxiogène et dépressif pour les djihadistes. Nous ne sommes plus dans la logique triomphaliste d'autrefois, dans la mascarade d'otages torturés, décapités, et qui donnait le sentiment que l'État islamique était dans une «marche triomphale» pour conquérir l'humanité, mais dans l'intériorisation d'une défaite inéluctable, perçue comme une épreuve envoyée par Allah. En conséquence, les djihadistes n'ont plus le temps pour planifier soigneusement des attentats en Europe et tente de mûrir leur réflexion pour après. Nous sommes entrés dans une phase transitoire. Les djihadistes sont en train de réfléchir à la phase suivante.

    « Comment peut-on éviter la partition ?» s'interrogeait Hollande dans un incroyable aveu rapporté par Gérard Davet et Fabrice Lhomme dans leur livre, Un président ne devrait pas dire ça. Plus que le risque terroriste, à terme le risque majeur est-il celui de la partition?

    C'est ce que j'explique dans mon livre La Fracture, (Gallimard 2016). Si rien n'est fait, la société française sera de plus en plus sujette à des rétractions identitaires que ce soit autour du salafisme ou autour de l'idéologie de l'extrême droite. L'acceptation d'une forme de séparatisme, d' « apartheid » comme c'est le cas à Birmingham avec des juges chariatiques qui prononcent des sentences, pose le problème beaucoup plus profond des valeurs. Doit-on insister sur le partage d'un bien commun ou sur nos différences comme c'est le cas au Royaume-Uni où le Brexit est une sorte d'exacerbation de ce phénomène ?

    Le Royaume apparaît plus désuni que jamais comme le montrent les velléités d'indépendance de l'Écosse ou de l'Irlande du Nord, mais aussi la sécession culturelle de certains quartiers ou le sentiment d'abandon de l'Angleterre périphérique. Cet enjeu se pose aussi en France : l'effondrement social et l'échec de l'école font que le processus est en cours. Malheureusement le sujet est tabou aujourd'hui et largement esquivé du débat de la présidentielle. D'un côté le FN dénonce le communautarisme sans voir qu'il exacerbe lui-même la question identitaire. De l'autre côté, la plupart des candidats cachent la tête dans le sable sans que le problème soit analysé comme il le devrait et sans qu'aucune mesure ne soit prise pour enrayer le phénomène. Personne ne veut avouer que la situation dans un certain nombre de quartiers n'est plus maîtrisée. Pourtant, celui qui sera élu devra nécessairement se confronter à cet enjeu. Il faudra poser le problème de l'éducation, de l'apprentissage et de l'emploi. Ce sont des causes structurantes de la désaffection aussi bien d'un grand nombre d'enfants d'immigrés que d'enfants de paysans ou d'ouvriers dits de souche envers ce qu'ils appellent « le système». La superficialité du débat présidentiel s'explique par l'explosion du clivage droite/gauche et l'émergence d'un clivage système/antisystème. C'est une recomposition très profonde dans notre paysage politique derrière laquelle se profile la fracture. 

     
    XVM3e9f2b06-10b6-11e7-9ba8-d43cdbef99cb-120x154.jpgProfesseur à l'Institut d'études politiques de Paris, spécialiste internationalement reconnu du monde arabe et de l'islam, l'auteur de Terreur dans l'Hexagone (Gallimard, 2015) et de La Fracture (Gallimard, 2016) est aussi l'un des meilleurs connaisseurs des banlieues françaises, qu'il a arpentées durant de longues années. En 2010, avec une équipe de chercheurs, Gilles Kepel s'installe à Clichy-Montfermeil où sont nées les émeutes urbaines qui ont embrasé la France cinq ans plus tôt. Il en tire deux livres prophétiques, Banlieue de la République et Quatre-vingt-treize (Gallimard 2012), dans lesquels il montre la montée en puissance de l'islam politique dans les cités difficiles.
     
     
    Alexandre Devecchio           

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    Al.exandre Devecchio est journaliste au Figaro, en charge du FigaroVox. Il vient de publier Les Nouveaux enfants du siècle, enquête sur une génération fracturée (éd. du Cerf, 2016) et est coauteur de Bienvenue dans le pire des mondes (éd. Plon, 2016)

  • Réactions diverses à une actualité qui ne l'est pas moins [A suivre]

     

    Mur-bleu gds.jpgEnfants marocains fugueurs et snifeurs de la Goutte d'or

    France info nous l'apprend ce mercredi 22 mars : des enfants marocains, en grand nombre, dont certains ont moins de dix ans, courent sur les trottoirs, entre les gens, après avoir respiré colle et autres substances toxiques, dans le quartier de la Goutte d'Or, à Paris ! Dans leur état, ces malheureux gamins, évidemment, s'agressent : l'un d'eux a déjà eu la gorge tranchée, le SAMU ayant réussi à intervenir, de justesse. Le journaleux se demande, évidemment, avec gravité, ce que font les Services sociaux. Mais c'est lui qui semble avoir perdu la raison : à cet âge, quitter son pays, traverser l'Espagne pour « atterrir » à Paris, et vivre la vie que l'on vient, rapidement, de décrire, cela s'apparente à une fugue, débouchant sur un enfer. Il faut, de toute urgence, faire cesser l'une et l'autre. La solution, ce ne sont pas les Services sociaux qui la trouveront. La solution, c'est de réunir tous ces enfants, les remettre à l'ambassadeur du Maroc, à charge pour lui d'affréter un ou plusieurs avions, pour les ramener chez eux et les rendre à leurs familles.  

    Hamon, traître trahi, n'est pas content du PS !

    Voici que Benoît Hamon nous joue la version moderne, et tout aussi comique dans sa désarmante naïveté, de L'arroseur arrosé, qui fit la joie des spectateurs du cinéma, à ses débuts. Il n'a pas de mots assez durs, lui et ses « lieutenants » (!) contre ce PS qui le lâche, et va rallier (pour ceux qui ne l'ont pas déjà fait) cette sorte d'horreur absolue qu'incarne ... Macron ! Mais, de quoi se plaint-il ? C'est bien connu : un pur trouve toujours un « plus pur » qui l'épure. De même, un traître trouve toujours un plus traître qui le trahira à son tour... 

    Hamon participa au calamiteux gouvernement du calamiteux quinquennat du calamiteux Hollande ; il y embêta tout le monde, devenant même l'un des symboles des Frondeurs, tant et si bien qu'il s'en fit virer, avec son collègue Montebourg, par un Valls, père fouettard comme jamais. Oui mais ça, pense Hamon, c'était « avant » (comme dans la pub avec Alain Delon). Maintenant que petit Ben (dixit Martine, Aubry pour les intimes), tout étonné d'être là, se retrouve candidat, il ne sait plus quoi faire dans ce costume de toute évidence beaucoup trop large pour lui, pour sa « carrure ». Alors, il devient hargneux ; il appelle ses chers immigrés à la rescousse ; il trouve un lien qui bien sûr n'existe pas entre Jean Jaurès, Guy Môcquet et Ibrahim Ali ; bref il se lance dans une fuite en avant désespérée, il dit n'importe quoi pour tenter de meubler le grand vide sidéral qu'il représente : il ferait peine, s'il n'était pas repoussant, avec ses appels incessants et quasi hystériques aux grands ancêtres de la Révolution, de la Terreur, de la Commune, de la violence révolutionnaire sanguinaire...  

  • Fillon et le racisme anti-Français : l'homme occidental toujours coupable, jamais victime ?

     

    HUMEUR- François Fillon a parlé jeudi dernier, 16 mars, de « racisme anti-Français », s'attirant les foudres d'une partie de la presse. Gilles-William Goldnadel expose ici avec pertinence [Figarovox, 17.03] en quoi ce racisme est une réalité à combattre.

     

    1762865742.jpgIl peut arriver qu'en politique, comme souvent en psychanalyse, sous la couche superficielle du discours, on découvre la vérité des choses.

    Les propos de François Fillon, jeudi dernier à Caen déclarant exécrer tous les racismes «dont le racisme anti-Français» et surtout les réactions réflexes et critiques qu'elles ont inspirées à la gauche médiatique confirment ce postulat.

    Que François Fillon, en retard selon les sondages sur Marine Le Pen, n'ait utilisé à dessein cette expression peu employée par lui que pour tenter de rattraper sa rivale fait assez peu de doutes. Mais que la gauche (Libération «trumpisation», Le Nouvel Obs «discours d'extrême droite») y voie la marque infamante d'une dangereuse dérive droitière est, sur le fond, infiniment plus instructif.

    Après tout, le concept de racisme anti-Français n'est ni nouveau ni original. Mais la réaction pavlovienne de la gauche en dit long sur la béance de sa pensée.

    À aucun moment les deux journaux cités, ni plus grand monde à gauche, n'osent contester vraiment ce racisme. Mais il serait toujours aussi malséant de l'évoquer ou même de le nommer.

    Et pour cause, c'est le racisme anti-occidental ou pour parler encore plus crûment anti-blanc, et dont le caractère anti-Français n'est qu'un avatar local, qui est à l'origine même du mal qui ronge le corps social depuis trois décennies.

    J'ai essayé de montrer en 2011 dans mes Réflexions sur la question blanche qu'il était à la racine même de toutes les grandes questions actuelles et que son origine dans l'inconscient collectif occidental post-chrétien prenait sa source dans la honteuse détestation de partager la même couleur que l'Antéchrist nazi criminel qui commît la nouvelle crucifixion.

    Voilà pourquoi l'État-nation occidental, et ses institutions régaliennes (armée, police) font l'objet d'une critique permanente lorsqu'elles utilisent légalement une violence répressive devenue révulsive.

    Voilà pourquoi, l'État-nation est tétanisé donc émasculé lorsqu'il voudrait faire respecter par sa police, les lois républicaines en matière de régulation des flux migratoires, à l'encontre de populations fantasmatiquement identifiées aux nouveaux juifs souffrants.

    Article après article, ces derniers mois, je tente de montrer les ravages qu'aura occasionnés ce que je nomme «l'islamo-gauchisme».

    À plusieurs reprises, je l'ai défini comme l'interdiction de critiquer l'islam ou la radicalité arabo-islamique sous peine d'être taxé d'islamophobe ou de raciste.

    Mais il faut bien comprendre que dans le creux de la posture, bien au fond, niche ce fameux racisme anti- occidental ou en l'espèce anti-Français que l'on ne doit ni dénoncer ni même nommer sous peine d'être condamné.

    Chaque semaine pourrait nous apporter son lot d'exemples affligeants.

    Défense d'évoquer le cas de cet élue du Front de Gauche de la région parisienne , Assia Benziane qui twittait ironiquement, précisément s'agissant de François Fillon, «qu'il n'y avait que des blancs» dans ses meetings. Mon imagination est impuissante à décrire la réaction de Libération ou du Nouvel Obs, si, hypothèse improbable, un élu Républicain se serait pris à gazouiller qu'il n'y avait que des noirs ou des arabes dans les meetings de Jean-Luc Mélenchon…déclarations racistes et antisémites de Mehdi Meklat

    On se souvient que les mêmes sont restés assez cois après les invraisemblables déclarations racistes et antisémites de Mehdi Meklat ou de deux ses amies orientales fraîchement césarisées.

    En revanche, et pour les mêmes raisons que les critiques émises à l'encontre de la déclaration de François Fillon, l'antiracisme de gauche aura voulu punir Georges Bensoussan d'avoir osé évoquer l'antisémitisme d'une bonne partie de la population musulmane.

    Voilà pourquoi, sous les condamnations sélectives de cet antiracisme dévoyé, se dissimule, de plus en plus maladroitement, le racisme anti-blanc et anti-Français.

    On le voit désormais émerger en surface. Et de tous les milieux, et de tous les esprits mêmes les mieux structurés, tant ce racisme réflexe tient plus de la névrose occidentale que la réflexion.

    Un jour c'est une féministe, qui traque le machisme partout dès l'instant où il émanerait du mâle blanc mais qui refuse aveuglément de l'apercevoir dans la condition misérable faite aux femmes d'Orient. Un autre, c'est une députée de Guyane qui veut punir la négation de la traite transatlantique mais refuse de condamner la traite esclavagiste si elle est arabique, pour ne pas désespérer la jeunesse des banlieues. Un troisième, c'est un candidat à la présidence qui voit dans la colonisation française un crime contre l'humanité mais ne le distingue pas dans les massacres commis par le FLN.

    Et surtout, comment ne pas vouloir voir que dans les attentats commis récemment sur le sol français qui contre des chrétiens, qui contre des juifs, qui plus généralement contre des Français de France, et au-delà du fanatisme religieux, habite le ressentiment raciste contre l'Occidental, figure permanente du racisme blanc colonial.

    Cette sourde détestation, tellement profonde, tellement permanente, tellement entretenue, tellement obsessionnelle, qu'elle va jusqu'à lui interdire de revendiquer des racines, une histoire, une culture en propre.

    Oui, derrière la critique à l'encontre des déclarations somme toute assez banales de François Fillon, contre tous les racismes y compris le racisme anti-Français, habitent au sous-sol, dans les profonds cloaques, un racisme d'autant plus sombre et sournois qu'il a revêtu les habits de lumière de l'antiracisme militant.   

    Gilles William Goldnadel           

  • Pourquoi la France doit rendre Ibrahima, guinéen de 19 ans, à son pays...

    Manifestation de soutien à Ibrahima, devant la Préfecture des Bouches-du-Rhône

     

    Mur-bleu gds.jpg« Il n'est de richesse que d’hommes », disait déjà Jean Bodin, au XVIème siècle.

    Les néo-colonialistes, les pilleurs de l'Afrique, qui lui volent sa principale richesse (ses habitants et, surtout, sa jeunesse), les vampirisateurs de l'avenir africain : bref, tout ce que la planète bobo-gaucho-immigratio-trotsko et tout le petit monde du multitout (multiculti, multiethni...) est en émoi, à Marseille : Ibrahima, Guinéen de 19 ans, en situation irrégulière, est en voie d'expulsion ! 

    Il n'en faut pas plus aux belles consciences précitées pour être dans un état de surexcitation qui leur ôte tout jugement raisonnable, et tout bon sens.

    Déjà, le Modac (pour « Module d'accueil et d'accompagnement pour les élèves nouvellement arrivés en France », ouf !) ment en expliquant qu’« il a quitté le Congo, a traversé la mer et est arrivé en Italie ». Cela peut paraître anecdotique, mais ne l'est pas, en fait, car cela montre la mauvaise foi, et jusqu'à quel niveau de mensonge peuvent aller les néo-colonialistes, pilleurs d'Afrique et vampirisateurs de son avenir dont nous parlions au début : il faudrait savoir, ce jeune homme, il est Guinéen ou Congolais ? 

    Mais laissons ce mensonge, et allons au fond du problème...

    La vérité est que les vrais amis de l'Afrique et des Africains ne peuvent qu'être révulsés par cette monumentale hypocrisie que constitue l'alliance hideuse du Fric et de l'Idéologie :

    •  le Fric, « la Fortune anonyme et vagabonde » comme le disait L'Action française, la Finance internationale, veut des quasi esclaves venus des pays pauvres pour les faire travailler en les sous-payant, tirer ainsi les salaires vers le bas, et augmenter ses profits... 
     
    • l'idéologie mondialiste, qui veut abolir les frontières, les communautés historiques, les traditions, bref tout ce qui s'oppose à elle, veut diluer nos vieilles nations occidentales dans un flot continu d'étrangers, submergeant tout, effaçant tout de nos racines gréco-romaines, de notre religion chrétienne, de notre peuplement européen... 

    Et donc, allons-y gaiment, main dans la main, l'extrême-gauche (genre Besancenot et autres) et les grandes banques (genre Lehman Brothers et autres) voient d'un très bon œil le gigantesque déplacement de population Sud-Nord, le « vidage » de l'Afrique de sa ressource première. Chacun y trouve son compte : les banques, du fric, et l'extrême-gauche révolutionnaire, la fin (espère-t-elle) de ces maudites nations historiques qui résistent encore un peu, tant bien que mal, à ses utopies mortifères. 

    Mais c'est, bien sûr, l'inverse qu'il faut faire : il faut cesser de piller l'Afrique, et même lui rendre ce qu'on lui a volé : ses habitants. En l'occurrence, puisque c'est son cas qui a motivé cette note, le jeune Ibrahima, 19 ans, Congolais ou Guinéen, on ne sait même pas, mais en tout cas Africain.

    Maintenant, si vous interrogez individuellement chacune de ces belles âmes qui - « idiots utiles », comme le disait cyniquement Lénine - prêtent la main à cette forme moderne de traite négrière, d'esclavage économique, sans même plus rien comprendre à ce qu'elles font, tant elles sont mécanisées, tant on leur a bourré le crâne; si, donc, vous les interrogez, chacune vous jurera, la main sur le cœur, qu'il agit par idéal, par « fraternité », par « partage » et toute autre genre de niaiserie... 

    Ils en seraient presque touchants, ces « idiots utiles », tellement ils sont sincères, dans la manipulation et la mécanisation qu'ils subissent.

    On en oublierait presque que, dans les faits, ils sont bien les complices, les maillons d'une chaîne qui a un résultat bien précis : piller l'Afrique, la ruiner, vampiriser son avenir.

    Beau travail, mesdames et messieurs les belles consciences (de gauche, évidemment : les autres, s'abstenir) !

    « Idiots utiles », on vous dit. Mais « idiots utiles » complices des négriers des temps modernes... 

  • Livres & Actualité • L’islam ou la République

     

    par Bruno Stéphane-Chambon

     

    Lina Murr Nehmé, franco-libanaise, spécialiste du Moyen Age et de la Renaissance, nous avait dans son dernier ouvrage sans concession ouvert les yeux sur la montée du terrorisme islamique Fatwas et Caricatures La Stratégie de l’Islamisme. Elle reprend sa plume ou plutôt son épée pour pourfendre et dénoncer le double langage des tenants d’une religion qui tend à s’imposer en Europe.

    Si nous ne sommes pas étonnés par les omissions volontaires de Tariq Ramadan et la duplicité de Tareq Oubrou, on sera particulièrement intéressé par le portrait du Révérend Dalil Boubakeur. Certes le Maître de la mosquée de Paris, essaie de défendre un Islam de paix, mais sa soumission obligée au gouvernement algérien, l’oblige parfois à louvoyer.

    La formation des Imams dont il assure une part de responsabilité pose un problème d’incompatibilité avec le laïcisme, les lois de la République et plus encore, notre héritage judéo-chrétien transmis par nos Rois et prélats. A cet égard, le constat d’échec de Jean-Pierre Chevènement dans ses exigences avec les représentants du culte musulman est révélateur. La pierre de non-achoppement étant la liberté sans faille pour tout musulman, résidant en France, de rejeter sa religion première ou de se convertir.

    Une large partie de l’ouvrage, reconstitue la colonisation du territoire qui devait devenir l’Algérie. Nos généraux et soldats n’en sortent pas grandis mais l’imagerie autour d’Abdel Kader, non plus.

    Ce livre est à rapprocher de l’œuvre d’Hamed Abdel-Samad (de nationalité allemande et d’origine égyptienne) intitulé « Le Fascisme islamique » dans lequel il ne manquait pas de déclarer : « l’idéologie fascisante ne s’est pas introduite dans l’islam avec la montée en puissance des Frères musulmans, mais est ancrée dans les origines historiques mêmes de l’islam« .

    On ne saurait aussi ignorer les mises en garde permanente contre la progression de l’islamisme en France, de Boualem Sansal, écrivain algérien d’expression française, et essayiste, honoré par de nombreuses récompenses dont celle du Grand prix du roman de l’Académie française (2015). 

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    Tariq Ramadan, Tareq Oubrou, Dalil Boubakeur, ce qu’ils cachent, de Lina Murr Nehmé, édition Salvator 254 pages, 22 € 

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