Dimitri Pavlenko reçoit Eugénie Bastié, pour parler des jeunes et de leur rapport au travail :
"Les jeunes ne veulent plus rien foutre, certes, mais faut-il les juger ? N’ont-ils pas leurs raisons ? Si la valeur travail disparait, c’est aussi parce que le travail n’a plus de valeur. Il ne paye plus. Les jeunes générations savent qu’elle vivront moins bien que leurs parents. Les marges de progression sont faibles. L’ascenseur social est rouillé. Les carrières sont bouchées par trop de diplômés. Les salaires sont plombés par trop de charges, destinées notamment à payer un système de retraite déséquilibré et intenable. Le coût du logement a explosé. La natalité est en berne. A quoi bon travailler si on a ni maison ni enfants ? Le problème n’est donc pas seulement une jeunesse qui rechigne à l’effort. Le problème, c’est un pays qui ne sait plus transformer le travail en promesse de vie meilleure..."
(extrait vidéo 3'25)
https://x.com/EugenieBastie/status/2032371441849557317?s=20

Tout ce que dit Eugénie Bastié est juste.
Sauf qu'elle cherche les causes du "problème" (comme elle dit) ailleurs que là où elles se trouvent, et qu'elle ne s'en tient qu'au "mécanique", qu'au "matériel"...
"Le problème..." n'est pas que "ceci...", ou "cela...", même si c'est parfaitement juste. "Le problème", il est dans le Système lui-même, qui a créé une société mal construite, sur de mauvaises bases, à son image.
"Le problème", il est qu'on a planté, en 1875, un arbre mauvais, pourri, qui donne, il fallait s'y attendre, des fruits mauvais et pourris.
Car ce Système, ce Régime, cette république ("puisqu'il faut l'appeler par son nom", comme dit La Fontaine dans ses "animaux malades de la peste") est une construction intellectuelle, une accumulation d'abstractions générales, qui se contente d'aligner des mots et des phrases, des utopies et des chimères, au lieu de partir des réalités concrètes du Pays qui est le nôtre, des données que la géographie, la nature, l'Histoire, l'amitié ou l'inimitié de ses voisins, les intérêts... lui imposent.
Voilà pourquoi nous disons tous les jours que ce n'est pas en république que nous vivons aujourd'hui (comme les Suisses, par exemple...) mais en "république idéologique". Même chose pour la prétendue "notre démocratie" : là aussi, les Suisses vivent en démocratie, mais, nous, non : nous vivons dans une "démocratie idéologique", dans laquelle, si on additionne les non inscrits, les abstentionnistes, les "bulletins blancs et nuls" et, bien entendu la répartition entre les différents courants politiques, ce ne sont pas des majorités vraies (la moitié des habitants plus un) qui gouvernent, dans la plupart des cas, mais des minorités, donc illégitimes, même si elles sont "légales"...
Ajoutons à cela le "court termisme" d'une Présidence qui ne dure que cinq ans (adieu, la continuité, les projets et politiques qui demandent du "temps long"...).
Ajoutons encore les alliances électorales (souvent misérables) imposées par la volonté de se faire ré-élire (l'alliance socialistes/écologistes, qui a failli tuer notre nucléaire en est un bien triste exemple) et l'on aboutit à ce bateau ivre, sans pilote, et livré à tout ce qui est anti-national : l'étranger, les partis, les groupes de pression et, surtout, l'Argent, "la fortune anonyme et vagabonde", pour reprendre l'expression de L'Action française.
Ajoutons aussi les cent cinquante années de "des-Éducation nationale", initiée par Jules Ferry et les maudits "hussards noirs" de son école à qui il assigna la tâche de vider les cerveaux des enfants de Dieu et du Roi, des toutes les Traditions constitutives de notre Être profond, les amputant ainsi de tout ce qui les "tirait vers le haut", vers ce que les Anciens appelaient "le Vrai, le Beau et le Bien" et ce que le christianisme vint comme couronner heureusement... Une désolante "horizontalité" succéda ainsi à cette "verticalité" vivifiante que l'on appela Civilisation occidentale, puis Chrétienté...
Il est là, "le problème" : la Grande Nation qu'était la France sous ses Rois a vu son Régime premier disparaître - lui qui gérait le quotidien mais laissait toute sa place au spirituel - au profit d'un nouveau Régime idéologique, avec pour seul but sa prétention orgueilleuse à l'universalité, inversement proportionnelle au travail qu'il devrait consacrer, d'abord, aux intérêts de la France et des Français (la chimère européiste et celle - débile - du "couple franco-allemand", qui n'a jamais existé en sont deux exemples criants)...
Voilà pourquoi - trop rapidement résumé, et à trop grands traits, certes, mais il est difficile de "faire court", sur un sujet pareil - la France est passé du stade de pays le mieux géré d'Europe (selon les rapports des Ambassadeurs vénitiens, sous Louis XIV) à celui de pétaudière, foutoir et "grand n'importe quoi" d'aujourd'hui...
Et la belle mécanique bien huilée d'autrefois ne cesse, jour après jour, de déchoir...

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