Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

LAFAUTEAROUSSEAU - Page 2

  • Histoire & Actualité • Réponse au Quotidien de Yann Barthès

     

    par Francis Venciton et Gombert

     

    2355668558.jpgLe 20 avril se déroulait à Marseille le dernier meeting de Marine Le Pen avant le scrutin du premier tour. Soucieux d’alerter les patriotes sur la nécessité de changer de régime politique, l’Action française Provence était présente pour tracter. Dans le même temps les « journalistes » du Quotidien, l’émission de Yann Barthès, étaient présents. Notre vue semble les avoir transis d’hystérie car le lendemain leur dossier consacré au meeting de Marine Le Pen consacra un tiers de son temps à parler de nous. Grands dieux, nous avions distribué des tracts avant d’aller au meeting et Wallerand de Saint-Just était entré dans le Dôme avec. Que disait donc notre terrible tract ? Au recto : « L’Action française est l’espoir de la France », et au verso : « Rejoignez-nous ». Aucun doute que ces paroles violentes tombent sous le couperet de la loi. Il n’aura pas d’ailleurs effleuré l’esprit inquisiteur de la journaliste Valentine Oberti que Wallerand de Saint-Just ait pu entrer dans les lieux avec le tract afin de le mettre dans une poubelle au lieu de le jeter au sol. Chacun a la conception écologique qu'il mérite.

    Cependant notre Torquemada en jupon va plus loin : S’étonnant de « la proximité » entre le FN et l’AF, elle dresse une liste des différences entre les deux : « le FN est républicain et l’AF est royaliste, le FN ne reconnait pas le régime de Vichy, hein (sic), et l’AF en fait l’apologie. » Or, nous dit-elle, on a vu Wallerand de Saint Just avoir en 2014 sur ses listes pour les municipales Eli Hatem, membre « directeur » de l’AF. Ce qui est une très mauvaise resucée d’un vieil article de Street Press.

    Mais revenons aux accusations de Mme Oberti. Frisant le point Godwin, ou la réduction ad Pétainum, c'est selon, la chroniqueuse décide de jeter un pavé dans la marre, de faire le buzz au détriment de la vérité historique.

    Certes, on va nous lancer toujours à la face le ralliement de Charles Maurras au régime de Vichy, ralliement qui lui valut d'être condamné en 1945 pour « intelligence avec l'ennemi » ; on précisera tout de même à Mme Oberti que des spécialistes de la question comme Stéphane Giocanti ont qualifié cette accusation d'erronée, pour ne pas dire « bidon ». On conseillera aussi à cette même dame la lecture de la défense de Maurras pendant son procès (170 pages dactylographiées, bon courage !) qui apprendrait à Madame Oberti que la maison de Martigues de l'Académicien a été mise sous scellés, que le siège de l'AF a été mis à sac, que le neveu et fils adoptif du « Maître » a été détenu et interrogé 19 jours par la Gestapo. On ne saurait que trop conseiller également la lecture de « Devant l'Allemagne éternelle », remarquable ouvrage illustrant la farouche détermination du chef historique de notre mouvement à lutter contre l'influence allemande sur les plans politique, critique, doctrinal etc... Curieux pour un mouvement qui ferait l'apologie d'un régime collaborateur, non ? Et encore, ce n'est que le début ! Mme Oberti devrait savoir que fidèle à lui-même, Maurras congédia et coupa les ponts avec tous ses anciens amis qui choisirent la voie du collaborationnisme. Mme Oberti semble oublier que des royalistes membres de l’AF furent parmi les premiers résistants. Est-ce qu’Honoré d’Estienne d’Orves est une apologie de Vichy ? Jacques Renouvin est-il une apologie du pétainisme ? Est-ce que Daniel Cordier adjoint de Jean Moulin est une apologie de Vichy ? Est-il besoin de rappeler que parmi les 80 qui votèrent contre le régime de Vichy l’on retrouve le Marquis de Chambrun et le marquis Leonel de Moustier ? A ce que l’on sache le Maréchal Pétain fût un bon républicain et nullement un royaliste. Où a-t-on pu voir que le régime de Pétain voulait restaurer la monarchie en France ? L’historien Paxton que l’on ne peut qualifier de royaliste d’AF, démontre clairement que Vichy ne fut nullement la marionnette de l’AF et que les royalistes au contraire furent en marge. A l’inverse, peut-être madame Oberti ignore-t-elle que le général de Gaulle est issu d’une famille imprégnée par l’Action française, de même que le général de Lattre de Tassigny, le général de Montsabert ou le Capitaine Philippe de Hautecloque, futur général Leclerc et le lieutenant Claude Hettier de Boislambert, qui fut le premier militaire à rejoindre de Gaulle à Londres.

    Madame Oberti, vu que vous avez plus de minois que de culture, nous nous permettons de vous conseiller l’excellente lecture « Des Royalistes dans la résistance » de François-Marin Fleutot. A défaut de vous donner la déontologie qui vous manque, il vous permettra de ne pas recommencer les mêmes erreurs. 

  • Ephéméride du 29 avril

    Le Duc et la Duchesse de Vendôme ont assisté, avec leurs enfants, aux Grandes Bravades de Saint-Tropez, le 17 mai 2014. Ci-dessus, le prince Jean et le prince Gaston.

     

    68 : Aux origines de Saint Tropez, et de sa Bravade

         

    29 avril,jeanne d'arc,orléans,charles vii,reims,françois premier,charles quint,vitry le françois,richelieu,louis xiii,la jamais contente,toulorgeC'est le 17 mai pour les uns, le 29 avril pour les autres (date officielle de sa célébration, aujourd'hui) que Caius Torpetius - devenu Torpés, puis Tropez... - fut décapité, à Pise, sur ordre de Néron, pour avoir refusé d'abjurer sa foi chrétienne.

    Patricien, officier de l’empereur, chef de sa garde personnelle, intendant de son palais, Torpés fut converti par Saint Paul, avec qui il avait été emprisonné, comme chrétien. A l’occasion d’une cérémonie dans le temple de Diane, à Pise, sa ville natale, il refusa de sacrifier aux dieux et fit profession de foi chrétienne : Néron ordonna de le décapiter.

    Avec Irenée - qui à connu Polycarpe, disciple de Saint Jean l'Evangéliste (voir l'éphéméride du 28 juin), c'est donc un autre témoin direct des événements de Palestine qui vient, dès les premières années du christianisme, implanter la nouvelle religion en Gaule ; en Gaule où, par ailleurs, d'autres témoins directs de ces événements - mais non chrétiens, eux - ont terminé leurs jours : Ponce Pilate et le roi Hérode, qui, tous deux, jugèrent et condamnèrent Jésus (voir l'éphémeride du 27 février).

    Le corps supplicié de Torpetius fut placé dans une barque - entre un coq et un chien, dit-on - laissée à la dérive depuis Pise, et qui échoua sur la côte provençale, en un lieu qui prit son nom : Saint Tropez.

    Fête double, civile et religieuse, à la fois fête historique et fête patronale, la fête de la Bravade lui rend hommage, chaque année, en mai, pendant trois jours, en même temps qu'elle commémore un autre événement : le 24 juin 1558 fut nommé un Capitaine de Ville, chargé de gérer la sécurité de St-Tropez, alors constamment assaillie par les Sarrasins; celui ci forma alors les Tropéziens à la défense et au maniement des armes à feu : escopettes, haquebutes (une sorte d'arquebuse) et bombardes.  

    www.vacanceo.com/albums_photos/fiche-album_1373.php          

    29 avril,jeanne d'arc,orléans,charles vii,reims,françois premier,charles quint,vitry le françois,richelieu,louis xiii,la jamais contente

    La bravade de l’an 2000 : www.presquile-saint-tropez.com/html/bravade.html 

    3 mai,clement ader,bonaparte,louisiane,talleyrand,eole,avion,frères wright,alfred kastler,spot,jeux floraux,canal saint martin

    Lire la suite

  • Une France écartelée avec Hilaire de Crémiers sur TV Libertés

    TV Libertés [24.04] : Au dessus de la mêlée électorale de la présidentielle et pour prendre un peu de distance, Olivier Pichon reçoit Hilaire de Crémiers directeur de la publication de Politique Magazine et de la Nouvelle Revue Universelle. Nous ne saurions trop recommander l'écoute de ce remarquable entretien et, plus généralement, de cette excellente chaîne qu'est TV Libertés.  LFAR

     

     48'

    Sommaire de cet entretien

    Jamais élection présidentielle fut à ce point abaissée.

    Scandales : parlons-en !

    Pour gagner les élections il faut trop d’argent.

     La République prétendument appuyée sur la vertu (Montesquieu).

    Politiciens pharisiens !

    Hollande et les puissances d’argent, Niel Pigasse, Bergé…

    Le cas Jean-Jacques Augier trésorier de campagne de François Hollande et du même « club » que Pierre Bergé possède deux comptes aux iles Caïmans !

    Hollande merci pour ce moment … d’abaissement !

    Portrait au vitriol d’un enfant gâté, un adolescent attardé : F. Hollande.

    L’intelligence devient serve de l’argent, Maurras l’avait dit dans l’Avenir de l’intelligence au début du XXe siècle.

    Nos politiques ne sont pas libres.

    Mais pour qui donc se prennent les journalistes, payés par les puissances d’argent et les contribuables ?

    Les affaires de la république, chéquards, Panama, Stavisky, Bonny et Laffon gestapistes, liste non exhaustive.

    La pitoyable destinée de la promotion Voltaire de l’ENA.

    L’inculture chronique des conseillers de tout genre qui peuplent les ministères à nos frais.

    La fin d’un régime ?

    Le bilan désastreux du quinquennat.

    Hollande euthanasie le socialisme et met la cinquième république à genoux.

    Réflexions sur la parenthèse gaulliste.

    De Jules Grévy à François Hollande une continuité d’un siècle dans le marasme républicain.

    La France s’est constituée autour de son Etat.

    Une seule question : quel est le pouvoir du roi ? Une souveraineté concrète.

    Aujourd’hui : une abstraction au service de ceux qui convoitent le pouvoir.

    Réflexion sur l’origine du septennat.

    La figure de Jeanne : restaurer la souveraineté avant toutes choses.

    Notre république monarchique !

    Que veut le peuple français : une personnalité digne qui protège le territoire et se recentre sur ses fonctions régaliennes. Quand les « périphéries » ne supportent plus les leçons de morale de la classe politique !

    Restituer aux Français leurs libertés (scolaire, économique).

    Nous n’avons pas besoin de Hollande du « Monde » et de Joffrain (lui aussi fils de famille) pour penser à notre place !

    L’hommage rendu à Henri Emmanuelli, la république une idole, une divinité à laquelle on rend un culte !

    Une absolution républicaine aux turpitudes financières à condition de rendre un culte à la république !

    Jean Bodin et la RES PUBLICA. 

    La cinquième république moribonde ?

    Une loi de la chute quasi immuable, et toujours un militaire !

    Les politiques se disent tous antisystème !

    Peut-on être chef de l’état avec 20 % des voix au premier tour ?

    Pourquoi les partis politiques ont-ils confisqué la représentation ?

    Mitterrand et la connaissance de l’histoire, le dernier président disposant d’une grande culture, aucun de ses auteurs préférés n’était socialiste !

    Les français ne demandent pas à être représentés par des partis mais par leurs intérêts régionaux et professionnels.

    Pourquoi avoir mis la lutte partisane jusqu’au dernier clocher de France ?

    Ne pas opposer autorité et liberté, l’autorité régalienne protège la liberté.

    La France entre en phase d’indifférenciation girardienne, c’est l’aube d’une crise sociale de grande ampleur.

    Comme conseiller du Prince que faire en premier lieu ?

    Restaurer la dignité de l’Etat, repenser le système de la représentation, en retirer aux partis le monopole, sortir des féodalités républicaines.

    Nous allons vers des évènements graves, qui décide de la guerre ?

    Pouvoir faire confiance au pouvoir, un rêve !

    Reconstituer l’épargne des français, l’argent n’irrigue plus nos provinces !

    L’argent des français doit aller aux Français et ne pas s’échapper vers la pseudo mondialisation « heureuse », au seul profit de la banque et de la finance !

    Jamais élection présidentielle fut à ce point abaissée.

    Scandales : parlons-en !

    Pour gagner les élections il faut trop d’argent.

    La République prétendument appuyée sur la vertu (Montesquieu).

    Politiciens pharisiens !

    Hollande et les puissances d’argent, Niel Pigasse, Bergé…

    Le cas Jean-Jacques Augier trésorier de campagne de François Hollande et du même « club » que Pierre Bergé possède deux comptes aux iles Caïmans !

    Hollande merci pour ce moment … d’abaissement !

    Portrait au vitriol d’un enfant gâté, un adolescent attardé : F. Hollande.

    L’intelligence devient serve de l’argent, Maurras l’avait dit dans l’Avenir de l’intelligence au début du XXe siècle.

    Nos politiques ne sont pas libres.

    Mais pour qui donc se prennent les journalistes, payés par les puissances d’argent et les contribuables ?

    Les affaires de la république, chéquards, Panama, Stavisky, Bonny et Laffon gestapistes, liste non exhaustive.

    La pitoyable destinée de la promotion Voltaire de l’ENA.

    L’inculture chronique des conseillers de tout genre qui peuplent les ministères à nos frais.

    La fin d’un régime ?

    Le bilan désastreux du quinquennat.

    Hollande euthanasie le socialisme et met la cinquième république à genoux.

    Réflexions sur la parenthèse gaulliste.

    De Jules Grévy à François Hollande une continuité d’un siècle dans le marasme républicain.

    La France s’est constituée autour de son Etat.

    Une seule question : quel est le pouvoir du roi ? Une souveraineté concrète.

    Aujourd’hui : une abstraction au service de ceux qui convoitent le pouvoir.

    Réflexion sur l’origine du septennat.

    La figure de Jeanne : restaurer la souveraineté avant toutes choses.

    Notre république monarchique !

    Que veut le peuple français : une personnalité digne qui protège le territoire et se recentre sur ses fonctions régaliennes. Quand les « périphéries » ne supportent plus les leçons de morale de la classe politique !

    Restituer aux Français leurs libertés (scolaire, économique).

    Nous n’avons pas besoin de Hollande du « Monde » et de Joffrain (lui aussi fils de famille) pour penser à notre place !

    L’hommage rendu à Henri Emmanuelli, la république une idole, une divinité à laquelle on rend un culte !

    Une absolution républicaine aux turpitudes financières à condition de rendre un culte à la république !

    Jean Bodin et la RES PUBLICA. 

    La cinquième république moribonde ?

    Une loi de la chute quasi immuable, et toujours un militaire !

    Les politiques se disent tous antisystème !

    Peut-on être chef de l’état avec 20 % des voix au premier tour ?

    Pourquoi les partis politiques ont-ils confisqué la représentation ?

    Mitterrand et la connaissance de l’histoire, le dernier président disposant d’une grande culture, aucun de ses auteurs préférés n’était socialiste !

    Les français ne demandent pas à être représentés par des partis mais par leurs intérêts régionaux et professionnels.

    Pourquoi avoir mis la lutte partisane jusqu’au dernier clocher de France ?

    Ne pas opposer autorité et liberté, l’autorité régalienne protège la liberté.

    La France entre en phase d’indifférenciation girardienne, c’est l’aube d’une crise sociale de grande ampleur.

    Comme conseiller du Prince que faire en premier lieu ?

    Restaurer la dignité de l’Etat, repenser le système de la représentation, en retirer aux partis le monopole, sortir des féodalités républicaines.

    Nous allons vers des évènements graves, qui décide de la guerre ?

    Pouvoir faire confiance au pouvoir, un rêve !

    Reconstituer l’épargne des français, l’argent n’irrigue plus nos provinces !

    L’argent des français doit aller aux Français et ne pas s’échapper vers la pseudo mondialisation « heureuse », au seul profit de la banque et de la finance ! 

  • Mathieu Bock-Côté : Macron-Le Pen, « la grande explication idéologique autour de la question nationale française » est remise à plus tard

     

    Une analyse de Mathieu Bock-Côté           

    Pour Mathieu Bock-Côté, malgré un second tour Macron-Le Pen, « la grande explication idéologique autour de la question nationale française » n'est pas pour tout de suite. Cette tribune [Figarovox, 26.04] pose avec grand réalisme et lucidité, beaucoup de justes questions ; elle constate l'échec de la droite à être une vraie droite, dégagée de son asservissement à la doxa et à l'emprise de la gauche. Elle va au fond des choses qui est civilisationnel et non gestionnaire. Être antisystème bien plus radicalement que ceux qui revendiquent aujourd'hui, électoralement, ce positionnement, est évidemment à quoi aspire Mathieu Bock-Côté. Comme nous-mêmes qui n'avons jamais cru que cette mutation puisse être, ad intra, le fait du Système lui-même ou de l'une de ses composantes.  Il y faudra, selon nous, une révolution des esprits et des volontés beaucoup plus large et beaucoup plus profonde, qui monte d'une large frange de la société française. Ou, si l'on veut, un populisme lassé du Système et aspirant à tout autre chose.  Lafautearousseau 

     

    2760774407.2.jpgFinalement, les sondages ne se seront pas trop trompés. Emmanuel Macron a bien terminé en tête du premier tour de la présidentielle et Marine Le Pen est bien parvenue à se qualifier pour le deuxième. Le deuxième tour plébiscitera très probablement l'héritier de François Hollande, d'autant qu'une pression médiatique et politique immense s'exerce déjà pour pousser au grand rassemblement républicain contre un Front national ne parvenant manifestement pas à se dédiaboliser, à tout le moins chez les élites politiques et médiatiques. La consigne est généralement entendue: pas un vote pour Marine Le Pen.

    Ceux qui s'approchent de cette dernière sont immédiatement irradiés: ils sont frappés du sceau de l'infréquentabilité. On imagine mal le leader du FN susciter des ralliements chez des figures bien établies de la classe politique ou du milieu intellectuel. La démocratie postmoderne voit dans ce qu'elle appelle le populisme le grand autre représentant la part malveillante et refoulée du genre humain contre lequel tout est permis. Elle va même jusqu'à mettre sur le même pied le populisme et l'islamisme, comme si ces deux phénomènes témoignaient d'une même pathologie à combattre ouvertement. La gauche ne semble toujours pas capable de combattre le FN sans faire appel à la rhétorique antifasciste.

    On veut présenter le deuxième tour de cette présidentielle comme un grand référendum opposant la France ouverte contre la France fermée. D'autres parleront de la France de l'avenir contre la France du passé. On départage ainsi aisément les gentils et les méchants, les branchés des salauds. Le Front national accepte lui-même cette alternative bien qu'il la reformule dans d'autres mots, en distinguant le camp mondialiste et le camp souverainiste, qui recouperait la division du pays entre les élites et le peuple. Le deuxième tour est ainsi transformé en référendum depuis longtemps attendu sur l'avenir de la France. On veut y voir une élection civilisationnelle engageant toute une époque.

    Il faut pourtant résister à cette illusoire clarté idéologique. Car si Emmanuel Macron représente bien le camp de la mondialisation heureuse, il ratissera beaucoup plus large au terme d'une campagne qui verra une bonne partie de la droite libérale, conservatrice ou même souverainiste se rallier sans trop d'enthousiasme mais sans hésitation non plus à sa candidature, présentée dans les circonstances actuelles comme un moindre mal devant la possibilité de l'aventure frontiste. La majorité présidentielle qui s'en dégagera ne sera pas idéologique. Au terme du deuxième tour, il n'y aura pas en France un grand parti macronien allant de Daniel Cohn-Bendit à Bruno Retailleau.

    De même, Marine Le Pen ne rassemblera qu'une part réduite et déformée de cette France souverainiste et conservatrice qui cherche à prendre forme depuis un temps. Elle se montre manifestement incapable de la fédérer politiquement. Il faut dire que personne n'y parvient et qu'elle n'est certainement pas dans la meilleure position pour le faire. Si jamais elle atteint quand même 40% au deuxième tour, elle pourra néanmoins crier victoire: cela voudra dire qu'une bonne partie du peuple de droite est devenue indifférente ou même hostile aux critères de la respectabilité médiatique. L'électeur ordinaire aura finalement franchi le cordon sanitaire. De son point de vue, 2017 se transformera en étape vers 2022.

    Chose certaine, l'absence de la droite au second tour est tragique. La défaite de François Fillon n'est pas d'abord celle de ses idées, encore moins celle de la tendance conservatrice qui l'a porté même s'il ne voulait pas lui-même la porter. C'est celle d'un homme qui a entraîné son camp dans une spirale infernale. Qu'adviendra-t-il du renouveau conservateur de la droite ? Le leadership républicain sera-t-il tenté de faire porter la responsabilité de la défaite à cette renaissance conservatrice et identitaire ? Certains le laissent déjà entendre, comme si la droite était condamnée à la déroute dès lors qu'elle n'accepterait plus de n'être qu'une vision modérée de la gauche. Ils sont nombreux à droite à se faire une fierté de dédaigner leurs propres troupes et même à s'essuyer joyeusement les pieds sur ceux qui les soutiennent.

    Revenons-y un instant: depuis quelques années, la droite avait cherché à se délivrer de la tutelle idéologique du progressisme. Elle voulait en quelque sorte se déjuppéiser et cesser d'emprunter à ses adversaires des concepts et un vocabulaire contribuant à l'inhiber puis à l'étouffer, en la réduisant au seul espace du libéralisme comptable. C'était tout le sens de la redécouverte du conservatisme depuis quelques années : permettre à la droite de redevenir elle-même. Pour reprendre le terme du jour, la défaite accidentelle de Fillon annonce-t-elle une régression idéologique de la droite, renouant piteusement avec une philosophie moderniste, gestionnaire et comptable, renonçant à penser les enjeux de civilisation ?

    Plusieurs annoncent une recomposition politique. Il faudrait d'abord parler de décomposition. On disserte depuis des années sur la fin du clivage gauche-droite, qui semble pourtant moins superficiel qu'on ne veut le croire. Il est vrai que d'autres clivages surgissent, mais aucun ne parvient à s'imposer clairement. Souverainistes et mondialistes ? Progressistes et conservateurs ? Identitaires et cosmopolites ? Libéraux et antilibéraux ? Ces alternatives cherchent à saisir une réalité qu'on comprend bien intuitivement mais qu'on peine à conceptualiser adéquatement, comme si une partie du réel débordait toujours des représentations dans lesquelles on veut l'enfermer.

    Cette redéfinition des termes du débat politique s'inscrivait pourtant dans un contexte occidental où les questions culturelles, anthropologiques, identitaires et civilisationnelles prennent ou reprennent une importance vitale. La politique n'est plus cantonnée dans les enjeux gestionnaires ou dans le seul paradigme de la croissance et de la redistribution de ses fruits. On se délivre d'un matérialisme étroit, qui assèche l'âme. Dans toutes les sociétés occidentales, une angoisse existentielle est ressentie : celle de la dissolution du monde commun, celle de la fin d'une civilisation que plusieurs voudraient pourtant faire durer. On ne peut esquiver cette préoccupation sans esquiver au même moment l'essentiel.

    Pour l'instant, la fragmentation extrême de l'électorat est accentuée par un système politique déréglé qui fait exploser la contestation antisystème sans qu'elle ne parvienne à se fédérer autour d'une grande option politique intégratrice. Il y a ceux qui contestent la mondialisation libérale, il y a les autres qui s'en prennent à l'immigration massive, sans oublier ceux qui en veulent aux médias ou à l'Europe. On parle depuis quelques jours des quatre France, qui ne parviendraient pas à s'emboîter dans une dynamique politique créatrice. Le prix à payer pour ces nombreuses postures oppositionnelles, c'est un effrayant sentiment d'impuissance politique. Dès lors resurgit la possibilité d'une crise de régime.

    Le conflit idéologique croise ici une mutation sociologique bien réelle. On a noté l'incapacité de François Fillon de rejoindre les classes populaires tout comme l'incapacité de Marine Le Pen de rejoindre la bourgeoisie nationale et conservatrice. Les deux habitent pourtant l'espace national et témoignent d'un désir d'enracinement dont la censure alimente un profond sentiment d'aliénation politique. Ces deux catégories, en quelque sorte, s'inscrivent dans un espace national qui n'est pas celui de la nouvelle bourgeoisie mondialisée. Cette dernière contrôle encore les codes de la respectabilité médiatique et se maintient ainsi au pouvoir. S'agit-il d'une contre-offensive durable ou seulement d'un sursis ?

    Quoi qu'il en soit, le deuxième tour de la présidentielle n'aura rien de la grande explication idéologique autour de la question nationale française. En fait, ce deuxième tour maquillé en affrontement homérique entre philosophies contradictoires ne sera rien d'autre qu'une réaffirmation de la toute-puissance du système médiatique qui est parvenu en quelques mois à redéfinir une élection en la dégageant des enjeux de fond qui auraient dû la définir. Le débat de l'entre-deux tours sera à bien des égards parodique. Le fond des choses finira bien par remonter à la surface, mais pour un temps, le système médiatique aura remporté la bataille. 

    Mathieu Bock-Côté        

    XVM7713ddbc-9f4e-11e6-abb9-e8c5dc8d0059-120x186.jpgMathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (éd. VLB, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (éd. Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (éd. Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf [2016].

  • Quand Macron contredit Macron...

     

    Mur-bleu gds.jpgNous critiquons suffisamment les journalistes qui confondent carte de presse et carte de parti (de gauche, évidemment) pour nous priver du plaisir qu'ils nous donnent, parfois, en apportant leur pierre à l'établissement - ou au rétablissement - de la vérité.

    Et donc, régulièrement, nous reprenons ici même tel ou tel reportage de tel ou tel journaliste (David Pujadas, Gilles Bouleau...), tout simplement parce qu'ils disent les choses, le vrai ; bref, parce qu'ils font ce qu'ils devraient toujours faire : leur travail de journaliste, d'information, sereine et impartiale.

    Voici un exemple de cette information objective, que l'on aimerait entendre plus souvent, au lieu de l'énorme rouleau compresseur de la désinformation et, disons-le tout net, du bourrage de crâne, auquel se livrent trop de journalistes sur trop de chaînes (on parle ici des radios et télévisons) : il s'agit de « L'oeil du 20 heures », une chronique quotidienne de France 2, du lundi au vendredi, présentée par David Pujadas..

    Ce jeudi soir, 27 avril, on y parle des déclarations évolutives d'Emmanuel Macron (pardon, Hollande...); c'est édifiant, et cela se passe de commentaires.

    Contradictions : Docteur Emmanuel et Mister Macron

  • A nos lecteurs : 2017 ... Pensez à Lafautearousseau !

    D'avance merci à tous ceux qui voudront bien participer. A partir de 5 € ! 

    Remerciements

    Il nous sera sans-doute difficile de remercier individuellement toutes les personnes qui ont déjà bien voulu répondre à notre appel, envoyer leur don. Qu'elles trouvent, ici, l'expression de notre gratitude 

    Aux autres, nous renouvelons notre appel car Lafautearousseau ne doit pas manquer des moyens de se développer, de diffuser nos idées plus largement encore. Merci ! 

    Faute de pouvoir remercier personnellement chaque donateur, voici la liste des localités d'où nous sont parvenus des dons. (86 localités, à ce jour). Ceux et celles qui ont eu la générosité de répondre à notre appel s'y identifieront :

    Aix en Provence – Allauch - Ancenis - Attiches - Aubagne - Barcelonne du Gers – Beauvais – Bièvres – Bordeaux - Boulogne-Billancourt - Bourron Marlotte - Caen - Cagnes sur Mer – Calais - Camburat - Chalon-sur-Saône - Champagne en Mont d'Or – Châtellerault - Chatillon - Chatillon sur Seine – Colayrac-Saint-Cyrq - Courbevoie - Draveil - Eguilles - Eyrans - Feucherolles – Fontaine – Fontainebleau - Fontenay-aux-Roses - Gercy - Gergy - Grenoble - Guilherand Granges - - La Seyne sur Mer - Le Hezo - Le Mans - Le Perreux-sur-Marne – Les Aileuds - Les Angles - Lille - Limoges - Lodz (Pologne) - Maisons-Alfort - Manosque – Marcq en Baroeul - Marseille – Martigues – Melun - Méreau - Merigny - Meylan - Montélimar - Montigny les Bretonneux - Moulins - Nans les Pins - Nantes - Narbonne – Nevian - Pagny sur Saulx - Paris – Plan-de-Cuques - Ploemeur - Pyla sur Mer - Redon - Reims - Rioux - Robiac-Rochessadoule - Rueil Malmaison – Saint-Gratien - Saint Ismier - Saint-Nauphary - Saint-Sulpice-La-Pointe - Samois-sur-Seine - Saverne - Sèvres - Sorcy-Saint-Martin - Strasbourg - Tarare - Toulon - Toulouse - Tours - Triel sur Seine - Versailles - Ville d’Avray. Voreppe.

  • Ephéméride du 28 avril

    La Galerie des Glaces, aujourd'hui

     

    13 mars,germain pilon,renaissance,francois premier,henri ii,saint denis,jean goujonIl y a treize jours, dans l’année, pendant lesquels il ne s’est pas passé grand-chose, ou bien pour lesquels les rares évènements de ces journées ont été traités à une autre occasion (et plusieurs fois pour certains), à d'autres dates, sous une autre « entrée ».

    Nous en profiterons donc, dans notre évocation politico/historico/culturelle de notre Histoire, de nos Racines, pour donner un tour plus civilisationnel  à notre balade dans le temps; et nous évoquerons, ces jours-là, des faits plus généraux, qui ne se sont pas produits sur un seul jour (comme une naissance ou une bataille) mais qui recouvrent une période plus longue.

    Ces jours creux seront donc prétexte à autant d'Evocations :  

    1. Essai de bilan des Capétiens, par Michel Mourre (2 février)

    2. Splendeur et décadence : Les diamants de la Couronne... Ou : comment la Troisième République naissante, par haine du passé national, juste après avoir fait démolir les Tuileries (1883) dispersa les Joyaux de la Couronne (1887), amputant ainsi volontairement la France de deux pans majeurs de son Histoire. (12 février)

    3. Les deux hauts lieux indissociables de la Monarchie française : la cathédrale Notre-Dame de Reims, cathédrale du Sacre, et la Basilique de Saint-Denis, nécropole royale. I : La cathédrale de Reims et la cérémonie du sacre du roi de France. (15 février)

    4. Les deux hauts lieux indissociables de la Monarchie française : la cathédrale Notre-Dame de Reims, cathédrale du Sacre, et la Basilique de Saint-Denis, nécropole royale. II : La basilique de Saint-Denis, nécropole royale. (19 février)

    5. Quand Le Nôtre envoyait à la France et au monde le message grandiose du Jardin à la Française. (13 mars)

    6. Quand Massalia, la plus ancienne ville de France, rayonnait sur toute la Gaule et, préparant la voie à Rome, inventait avec les Celtes, les bases de ce qui deviendrait, un jour, la France. (11 avril)

    7. Quand Louis XIV a fait de Versailles un triple poème : humaniste, politique et chrétien. (28 avril)

    8. Les Chambiges, père et fils (Martin et Pierre), constructeurs de cathédrales, élèvent à Beauvais (cathédrale Saint-Pierre) le choeur ogival le plus haut du monde : 46 mètres 77 (4 mai)

    9. Quand la cathédrale Saint-Pierre de Beauvais a reçu, au XIIIème siècle, son extraordinaire vitrail du Miracle de Théophile (28 mai)

    10.  Quand Chenonceau, le Château des Dames, à reçu la visite de Louis XIV, âgé de douze ans, le 14 Juillet 1650. (26 juillet)

    11. Le Mont Saint Michel (11 août)

    12. Quand François premier a lancé le chantier de Chambord. (29 septembre)

    13. Quand Léonard de Vinci s'est installé au Clos Lucé. (27 octobre)

     

    2 fevrier,capetiens,mourre,merovingiens,carolingiens,hugues capet,philippe auguste,plantagenets,croisades,bouvines,charlemagne,saint louis,senlis

    Aujourd'hui : Quand Louis XIV a fait de Versailles un triple poème : humaniste, politique et chrétien. 

    VERSAILLES.JPG

    http://www.chateauversailles.fr/

    Lire la suite

  • Choisir Macron, c’est guillotiner la nation ... « This is the end … »

     

    Par Jean-Paul Brighelli

    Excellent Brighelli ! Comment ne pas reprendre ici cette chronique si bien venue, écrite au sortir des résultats du premier tour de l'exécrable présidentielle, parue sur Bonnet d'âne le lendemain 24 avril et sur Causeur mardi 25. Chronique, comme toujours lucide, à la tonalité sombre, pessimiste - il y a de quoi ! -, un rien dandy, tout de même, un tantinet désengagée aussi, et, comme, face au néant proprement dit, une sorte de réaction de survie ... . Mais nous ne croyons guère à la pérennité de ce genre de désengagement, Brighelli, comme nous, n'étant pas de la race des indifférents. Et puis la référence aux impacts de la Révolution française sur la vie politique de notre aujourd'hui et la sentence qui suit : « Le peuple qui avait guillotiné son roi pour élire la nation vient de guillotiner la nation » ne sont pas pour nous déplaire. Non, bien-sûr, nous ne chercherons pas à annexer Brighelli, mission impossible, mais, simplement, nous rappellerons le vieil adage d'esprit judéochrétien : « Vous aurez les conséquences ».  LFAR

     

    164510964.jpgEt pendant que Jim Morrison chante « la fin », la jungle s’embrase dans la mémoire du capitaine Willard…

    Cette fois, c’en est bien fini, et Zhu Enlai, qui dans les années 1960 pensait qu’il était trop tôt pour se prononcer sur les impacts de la Révolution française, regarderait avec son sourire chinois le résultat des élections françaises. Les députés qui s’étaient regroupés par affinités à droite et à gauche n’ont plus droite ni gauche. Le peuple qui avait guillotiné son roi pour élire la nation vient de guillotiner la nation.

    Pas tout le peuple : la carte électorale française, ce matin, coupe le pays en deux, entre un ouest macronien (plus les deux enclaves hors sol de Paris et Lyon) et le reste du territoire qui a mis Le Pen en tête. Si le second tour est plié, le troisième — les Législatives — reste ouvert, au moins en apparence. Et derrière, une France divisée en deux en diagonale, du Havre à Perpignan.

    Je salue Jean-Luc Mélenchon, le seul à ne pas se croire propriétaire des voix qui se sont portées sur lui. Les autres ont ostensiblement le « sursaut républicain » au moment même où la république se dilue. Où la culture française disparaît. C’est que dans la future coalition, les places seront chères.

    Je salue aussi Benoît Hamon, cocu des pieds à la tête, empapaouté par Hollande, qui avait besoin de lui pour cristalliser la gauche de gauche, afin que Mélenchon ne soit pas au second tour. Propulsé au casse-pipe pendant que les socialistes « raisonnables », à commencer par le chef de l’Etat, choisissaient Macron… Il y aura de l’ambiance aujourd’hui rue de Solférino. Je sens que mon ami Gérard va fulminer.

    Je salue aussi certains amis qui votèrent avec enthousiasme pour Dupont-Aignan : sans doute sont-ils heureux de voir porté au pouvoir (allez, il n’y a aucun suspense) le candidat le plus européaniste, le plus mondialiste, le moins patriote… Et sans même que leur champion atteigne les 5% fatals qui lui auraient permis de rentrer dans ses fonds ! Carton plein.

    Que restera-t-il de l’Ecole de la République dans 5 ans ? Poser la question, c’est y répondre. Et dans 10 ans ? Macron est là pour longtemps, inventé par les sondages, soutenu par les médias et par les grands argentiers qui l’ont propulsé au premier rang avec son joli sourire de télévangéliste…

    Il y avait la tentation de Venise — un joli titre pour un livre écrit par Alain Juppé en 1993. J’ai aujourd’hui la tentation de Candide — partir cultiver mon jardin, faire de la littérature — je sors un polar très noir dans un mois —, me consacrer à mes élèves (et j’avoue que l’idée de prendre ma retraite m’a saisi hier soir) tant qu’il reste des élèves auxquels on peut expliquer qu’il existe une culture française, contrairement à ce qu’affirme le futur président : certaines pages écrites pendant la campagne sur ces déclarations significatives entreront dans le gros livre sur la langue française que je sortirai en septembre, tant que nous parlons français, et pas globish — ça ne saurait tarder.

    Il nous reste à regarder les décombres, assis sur une terrasse, un verre à la main.

    En feuilletant un bon livre ou les cuisses d’une créature.
    Notez que les années à venir s’annoncent fécondes pour un polémiste — il y en aura, des choses à fustiger. Mais pour rien, et à vide.

    Oui, la tentation d’un bon vin, devant un paysage choisi, avec quelques amis. Pendant que la jungle s’embrase. 

    Jean-Paul Brighelli
    Enseignant et essayiste, anime le blog « Bonnet d'âne » hébergé par Causeur.

  • Demain, sur Lafautearousseau ... Une France écartelée avec Hilaire de Crémiers sur TV Libertés

     

    A ne pas manquer ... A écouter absolument. C'est demain.

  • Boussole anti Macron

     

    Mur-bleu gds.jpg « Dis-moi qui tu hantes, je te dirai qui tu es » (Pascal) : Junker et Merkel sont pour Macron. Deux bonnes raisons d'être contre ! A fond contre !

    Hollande vote Macron, Valls prêt à travailler avec lui dans une future majorité : Macron c'est bien le gouvernement PS presque reconstitué.

    People un jour, people toujours ! : Sarko allait au Fouquet's, le banquier Macron va à La Rotonde avec Arditti, Attali, Bern, Line Renaud..
     
    Dans l'inconscient collectif, le symbolique, il y avait « Sarko le Fouquet’s », « Fillon les costards », voilà « Macron La Rotonde » : lamentable !
     
    Excellente remarque de Bourdin à Gérard Collomb, soutien de Macron, sur « la platitude absolue de sa réaction dimanche soir ». Réponse de Gérard Collomb ? La voix de son maître : rien... 
     
    La Mafia blanchit l'argent des trafics, Macron recycle les ratés, les faillis, les vieux chevaux de retour de la classe politicienne usée jusqu'à l'os... 
     
    Deux infos, une bonne et une mauvaise. La mauvaise : Macron c'est Hollande pour cinq ans encore. La bonne : en pire, c'est impossible... Et, en plus, même pas sûr !
     
    Le pays légal et ses privilèges : contre le FN ! Nous, révolutionnaires du chaos explosif des conservateurs du désordre : tous contre Macron ! 
  • Rudolf Valentino dans « Le fils du Cheik » : un cas de racisme ignoré

    Rudolf Valentino dans « Le fils du Cheik » 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    ph - Copie (2).jpgDébut 2009 

    Depuis des décennies j'entends vanter, je vois des photos du film de Georges Melford avec Rudolf Valentino, Le fils du Cheik (et non pas le Cheikh, la première orthographe étant la bonne, en français classique du moins). Je ne l'avais jamais vu. Je le visionne enfin. La copie de cette oeuvre américaine de 1921 est excellente. Les explications en français - le film est muet - sont correctes, claires. Les cavalcades sensées déferler dans le Sahara algérien, près de Biskra, les envolées de burnous sont excellentes.

    Sans moustache, avec son visage un peu « veau bouilli », Valentino ne paraît guère être le cheik arabe qu'il joue - une sorte de prince musulman ayant enlevé au Casino de Biskra, lors d'une soirée réservée aux mahométans, une lady Diana avant la lettre (c'est d'ailleurs exactement son appellation dans le film...), friande d'hommes exotiques mais faisant des manières avant de s'abandonner à l'émir...

    Elle a peur, en l'épousant, de « choquer son milieu ».

    Passe encore... mais ce qui ne passe pas, c'est la révélation finale du film : le cheik Ahmed est « de père anglais et de mère espagnole », élevé au Sahara par un dignitaire arabe l'ayant recueilli in situ après la disparition de ses parents, et lui ayant donné une éducation arabo-française... Bref, le jeune homme, une fois débarrassé de son arabité, peut être pris par la main, sans honte, par la haute demoiselle anglaise...

    Si ce n'est pas là un cas de « racisme », qu'est-ce que c'est ? Le « racisme » selon la définition, du moins, qu'en donne notre époque... 

    Vous pouvez retrouver l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

  • Ephéméride du 27 avril

    L'Airbus A380 (Premier vol le 27 avril 2005) 

     

    1404 : Mort de Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne 

    Quatrième fils de Jean II le Bon et de Bonne d’Armagnac, frère de Charles V, Roi de France, Philippe s’illustra à la bataille de Poitiers (19 septembre 1356) en combattant aux côtés de son père assailli par les Anglais, restant dans l'Histoire pour son célèbre : « Père gardez-vous à droite ! Père gardez-vous à gauche ! ».  

    Philippe le Hardi fut un prince extrêmement intelligent, doublé d’un très bon chef de guerre, robuste et courageux au combat, comme en témoigne son surnom.

    Jean Froissart disait de lui qu’il « voyait loin » et Christine de Pizan louait son « souverain sens et conseil ».

    Lire la suite

  • Le grand n'importe quoi de Mourad Boudjellal

    Mourad Boudjellal - Emmanuel Macron 

     

    Mur-bleu gds.jpgVous ne serez pas étonné, après avoir lu ce qui va suivre, d'apprendre que l'énergumène de la pensée politique (?) dont nous allons parler ait été, durant la pitoyable campagne présidentielle que nous vivons, un soutien actif d'Emmanuel Hollande, et que le sieur Boudjellal - puisque c'est de lui qu'il s'agit - s'est placé, bien visible, au premier rang de l'assistance lors de son meeting au Zénith, à Toulon : mais, est-ce bien étonnant, de la part du personnage ?

    Vous ne serez pas étonné non plus de savoir, qu'après l'indécent bling-bling de La Rotonde - qui n'a attiré aucun commentaire désobligeant de sa part - il ait repris illico son bâton de pèlerin après le premier tour, au service, bien sûr, du même Emmanuel Macron : pas de « pudeurs de gazelles », donc, comme dirait Mélenchon, pour celui qui s'offusque tant et de tant de choses par ailleurs... 

    Mourad Boudjellal est venu à la radio pour expliquer pourquoi, après moult atermoiements, lui qui est président du Rugby Club Toulonnais, et qui voulait vendre son club, a finalement décidé de le garder, et d'en rester le président.

    Bon, ce n'est pas le scoop du siècle, mais on peut revenir quelques instants sur le personnage, à travers, par exemple, cette sorte d'entretien qu'il a  accordé à France info, il y a peu, et dans lequel il s'est montré fort déplaisant (nous parlons ici au sens « politique »  du terme) : on a entendu, lors de cet entretien avec le journaliste un bonhomme fort agité, éructant que la France est minable de ne pas accueillir les migrants, leur seul tort étant  qu'ils « sont nés du mauvais côté de la Méditerranée » (sic!) ; ou bien que la France a pillé les colonies, et d'autres insanités du même tonneau, on en passe et des meilleures (ou plutôt, des pires !).

    Tout cela s'inscrit parfaitement dans le « programme macronien », si programme il y avait. Tout cela cadre bien avec l'ignoble façon dont, à l'étranger, Emmanuel Macron a osé insulter la France, parlant de « barbarie » et de « crime contre l’humanité » à propos de la présence française là-bas, avant de se replier, devant le tollé, sur la grotesque formule de « crime contre l’humain », dont la seule chose qu'on puisse en dire est que, d'un point de vue de la langue, elle n'a aucun sens.

    Bien sûr, rien sur ce qui « fait » la France n'est évoqué par cet autoproclamé contempteur des turpitudes françaises : les châteaux de la Loire, les cathédrales, nos savants, musiciens, artistes philosophes et autres mathématiciens de génie. Mourad Boudjellal semble ne RIEN connaître de tout ce qui, selon le joli mot de Jean Dutourd que nous aimons rappeler, a fait cette France qui a « étonné le monde ».

    Mais, c'est logique puisque, dixit Macron, il n'y a pas de culture française ! Eh, oui, qui se ressemble s'assemble : il est parfaitement normal de trouver Monsieur Boudjellal au premier rang des partisans de quelqu'un qui aime aussi peu la France dans sa réalité charnelle et historique que monsieur Macron...

    Au fait, si la France est si minable, pourquoi Mourad Boudjellal y vit-il ?...

    Enfin, cerise sur le gâteau : « et, d’ailleurs », ajouta, mi-lyrique - mi en transe, notre président enragé « je suis citoyen du monde ».

    Ça, c'est la meilleure ! Citoyen du monde ! Il y a une question - pour nous en tenir aux trivalitiés - qu'on aimerait bien lui poser, à ce « citoyen du monde » : « Elle est où, par exemple, votre Sécu ? Quand vous avez des soins dentaires, une hospitalisation ou quoi que ce soit dans ce domaine, qui est-ce qui vous remboursera vos frais ? La Sécu du monde ? Vous pouvez passer l’adresse ? » 

  • Mathieu Slama : « La France d'en haut s'apprête à confisquer aux classes populaires l'élection présidentielle »

     

    Par Mathieu Slama

    ANALYSE - « Mathieu Slama voit dans le résultat du premier tour du scrutin présidentiel la preuve que la politique ne peut pas exister en dehors de la lutte des classes ». Il ne peut s'agir de lutte des classes au sens ancien. L'analyse qui suit [Figarovox, 24.04] met toutefois légitimement en lumière les deux France que le Système a dressées l'une face à l'autre, la France d'en-haut - minoritaire - et celle d'en-bas. La dialectique qui oppose ces deux catégories au détriment de l'unité et de l'intérêt du Pays, est familière aux royalistes, plus particulièrement aux maurrassiens. Or la France d'en-haut, en un sens le Pays légal a perdu le sens du Bien Commun. Ce dernier doit être refondé et rétabli.  LFAR    

     

    3724_2016-06-22_16-49-56_Slama .jpg - Copie.pngOn croyait le concept de lutte des classes dépassé. Les intellectuels de gauche Chantal Mouffe et Jean-Claude Michéa, pourtant nourris à la pensée marxienne, déclaraient récemment qu'il devait être repensé. Aucun candidat de gauche, à l'exception de Nathalie Arthaud, n'ont évoqué le concept lors de la campagne.

    Or il n'en est rien. La lutte des classes ressurgit politiquement à la faveur d'un duel de second tour qui va opposer le libéral Emmanuel Macron à la souverainiste Marine Le Pen.

    L'électorat de Macron réunit la France qui va bien, la France optimiste, la France qui gagne bien sa vie, la France qui n'a besoin ni de frontières ni de patrie, ces vieilles lunes de l'ancien monde: cette France «ouverte», généreuse parce qu'elle en a les moyens. La France de Marine Le Pen est la France qui souffre, celle qui s'inquiète. Elle s'inquiète de son avenir, de ses fins de mois, elle souffre de voir les patrons gagner autant d'argent, elle gronde face à l'incroyable arrogance de cette bourgeoisie qui lui donne des leçons d'humanisme et de progressisme du haut de ses 5000 euros par mois.

    La France de Le Pen perdra sans doute face au «front républicain» qui se prépare. Quoiqu'on pense de la candidate du Front national, il y a là une forme d'injustice qui interroge: la France d'en haut s'apprête à confisquer aux classes populaires l'élection présidentielle, la seule élection qui engage véritablement leur destin.

    Il suffisait de constater, hier soir, la différence entre les militants de Macron - des consultants branchés, des étudiants en écoles de commerce, sûrs de leur supériorité de classe -, et les soutiens de Le Pen, des gens simples, timides, ne maîtrisant pas les codes sociaux et médiatiques. Quel contraste, également, entre l'ambiance vulgaire de boîte de nuit chez Macron et le bal improvisé chez Le Pen.

    Derrière cette lutte des classes se cache un affrontement entre deux visions du monde. La vision libérale et universaliste, qui ne croit ni en l'État, ni en la nation ; et la vision que l'on nomme aujourd'hui populiste ou encore souverainiste, qui veut restaurer l'État, les frontières et le sens de la communauté face aux ravages de la mondialisation. C'est le grand combat qui, au final, n'aura jamais cessé depuis 1789.

    Malgré son talent indéniable, l'ancien banquier Emmanuel Macron ne révolutionne rien. Karl Marx le décrivait déjà dans le Manifeste du Parti communiste: la bourgeoisie, écrivait-il, a brisé sans pitié les liens complexes entre les hommes «pour ne laisser subsister d'autre lien, entre l'homme et l'homme, que le froid intérêt, les dures exigences du paiement au comptant» ; «elle a fait de la dignité personnelle une simple valeur d'échange» ; elle a «dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu'on considérait avec un saint respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages.». Elle a donné «un caractère cosmopolite à la production et à la consommation» et a «soumis la campagne à la ville». Avec son concept d'homme-entreprise, Macron poursuit la logique implacable du capitalisme qui réifie l'Homme et relègue la politique à un simple instrument de soutien aux intérêts privés. La manière dont il a utilisé tous les codes de l'entreprise et du management durant sa campagne présidentielle n'est pas anodine et mériterait une analyse approfondie.

    L'erreur de Mélenchon est d'avoir cru qu'il était possible de jouer sur tous les tableaux. Il a eu, incontestablement, une intuition géniale en s'adressant non plus à la gauche mais au peuple dans son ensemble, celui qui est victime de la mondialisation sauvage. Mais il a échoué parce qu'il a refusé d'aller jusqu'au bout de cette logique et d'embrasser la cause populiste et souverainiste. Il a aussi échoué parce qu'on ne peut pas défendre le peuple avec un régime parlementaire, régime de tous les compromis qui profitent toujours aux lobbies et aux intérêts privés. La justice sociale n'est possible qu'avec un État fort et un président qui décide souverainement, exerçant le mandat que lui a confié le peuple.

    L'erreur de la droite dans cette campagne a été symétrique de celle du Parti socialiste: celle de croire que la politique pouvait s'extraire des enjeux de classe. La recomposition politique dont on parle tant se fera en partie autour de cet enjeu parce qu'il sous-tend tous les autres: le rapport à la mondialisation, à l'État et à la nation. Et peut-être assistera-t-on, dans un avenir lointain, à une réunion de la France de Le Pen et celle de Mélenchon contre la France des libéraux. 

    Mathieu Slama         

    Consultant et analyste politique, Mathieu Slama collabore à plusieurs médias, notamment Le Figaro et Le Huffington Post, où il intervient particulièrement sur les questions de politique internationale. Il est l'auteur de La guerre des mondes, réflexions sur la croisade de Poutine contre l'Occident, (Ed. de Fallois, 2016).   

  • Deux pensées sur lesquelles méditer au prisme de l'actualité ...

     

    « De l’autorité des princes de notre race, nous avons passé sous la verge des marchands d’or, qui sont d’une autre chair que nous, c’est-à-dire d’une autre langue et d’une autre pensée. »

    Charles Maurras

    L'Avenir de l'intelligence - 1905

     


    AVT_Henri-Dominique-Lacordaire_4453.jpg« Quelquefois, les peuples s’éteignent dans une agonie insensible, qu’ils  aiment comme un repos doux et agréable; quelquefois ils périssent au milieu  des fêtes, en chantant des hymnes de victoire et en s’appelant immortels. »

    Lacordaire

     

     

    [Merci à Jean de Maistre]