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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 6

  • Pas facile de trouver ce que vous cherchez sur Lafautearousseau ? Voici un moyen utile !

    762895540 - Copie (2).pngOn nous le dit souvent : malgré les diverses classifications et moyens de recherche, il n'est pas toujours facile de trouver ce que l'on recherche sur le blog. 

    Voici qui pourra vous aider – qui n’est qu’un rappel :

    Quoi que vous cherchiez – un article, un sujet, un nom - il vous suffit de taper dans votre barre de navigation – ou dans la barre de navigation Google - le titre de l’article (si vous vous en souvenez) ou quelques mots résumant l'essentiel, voire un nom propre, et de faire suivre votre texte tout simplement par lafautearousseau : neuf fois sur dix, vous verrez apparaître ce que vous cherchez.

    Par exemple, sur la récente primaire de la droite et du centre, vous tapez primaire de la droite et du centre lafautearousseau et, ô miracle, vous voyez apparaître les articles consacrés au sujet. Si c'est Patrick Buisson et son La cause du peuple qui vous intéressent, même procédé : vous tapez Patrick Buisson lafautearousseau et le même résultat suivra ! Vous aurez trois pages, soit trente références, d’articles de Lafautearousseau sur ledit Patrick Buisson.

    Dans le cas particulier des éphémérides, même processus, sauf qu'au lieu de taper seulement lafautearousseau vous taperez éphéméride de lafautearousseau. Si, par exemple, vous voulez mieux connaître le journal L'Action française, vous tapez premier numéro de l'Action française éphéméride de Lafautearousseau : curieusement, le premier lien qui sortira sera celui du dernier numéro, mais, en deuxième position, vous aurez le lien menant vers l'éphéméride du 21 mars 1908, date de la première parution de L'Action française. Et suivent tous les autres liens menant à chaque éphéméride où l'on parle de L'Action française.

    En espérant que ce petit rappel vous sera utile ... à vos claviers !  •

  • Ephéméride du 14 avril

    Inauguration de la cinquième Exposition universelle de Paris, le 14 avril 1900 : la ville s'embellit des Petit et Grand Palais (ci-dessus)

     

    1711 : Mort de Louis de France, le Grand Dauphin 

     

    Premier enfant et fils aîné de Louis XIV et de Marie-Thérèse d'Autriche, on l'appelait couramment « Monseigneur ». Son premier fils, le duc de Bourgogne, devient Dauphin, mais meurt un an plus tard, en 1712, prématurément lui aussi (il est le père du futur Louis XV, arrière-petit-fils de Louis XIV); son second fils, le duc d'Anjou, deviendra le Roi d'Espagne, Philippe V :  

     http://www.chateauversailles.fr/decouvrir/histoire/grand-dauphin

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    Portrait, par Hyacinthe Rigaud, Musée de Versailles 

    De François Bluche, Louis XIV, (pages 527/528) :

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  • Mathieu Slama : en Syrie, pour la première fois, Trump a trahi ses promesses de campagne

     

    Analyse par Mathieu Slama         

    En décidant de frapper la Syrie, Donald Trump semble avoir renoué avec un interventionnisme qu'il condamnait pourtant pendant sa campagne. Mathieu Slama expose [Figarovox, 10.04] comment le président américain retombe dans les mauvais travers d'un Occident qui prétend imposer ses valeurs dans le monde entier. On pourra lire [cf. liens en fin d'article] d'autres analyses de Mathieu Slama sur des sujets voisins, nous ayant amenés à signaler l'importance de ses travaux.  Lafautearousseau 

     

    3724_2016-06-22_16-49-56_Slama .jpg - Copie.pngPour la première fois depuis son intronisation, Trump a trahi ses promesses de campagne. Les échecs successifs du « muslim ban » et de la réforme de l'Obamacare étaient le fait des juges et du Congrès et non d'une quelconque trahison de ses électeurs. En revanche, son attaque soudaine visant des bases militaires syriennes est le résultat de sa propre volonté. Voici comment Trump a conclu sa déclaration après l'attaque : « Nous espérons que tant que l'Amérique se dressera en défense de la justice, la paix et l'harmonie finiront par prévaloir ». Conclusion qui succédait à un appel à toutes les « nations civilisées » à s'unir contre Assad.

    Pendant sa campagne présidentielle, Trump avait pourtant tenu une toute autre ligne. Son diagnostic tranchait de façon radicale avec la ligne des néoconservateurs ainsi qu'avec celle de l'administration Obama : « Tout a commencé avec cette idée dangereuse selon laquelle nous pouvions convertir à la démocratie libérale des pays qui n'ont ni l'expérience ni l'intérêt de devenir une démocratie libérale ». Les guerres d'ingérence, la volonté d'imposer son système de valeurs (la démocratie libérale) par la force, l'universalisme belliqueux des néoconservateurs: Trump promettait d'en finir avec une philosophie non seulement dangereuse mais aussi profondément discutable du point de vue moral et philosophique. Sur le plan politique, Trump réveillait l'espoir d'un rapprochement possible (et ô combien souhaitable) avec la Russie et de la naissance d'un monde réellement multipolaire.

    En quelques jours, ces espoirs se sont effondrés - au moins provisoirement. Et on assiste, circonspects, au retour de ce concept clef de la pensée libérale et néoconservatrice, la « guerre juste ».

    Le grand juriste allemand Carl Schmitt a longuement médité cette question dans plusieurs ouvrages majeurs, dont Le nomos de la Terre (1950). Conciliant le commentaire de grands poètes grecs comme Pindare et Homère avec des réflexions juridiques et historiques d'une grande érudition, Schmitt examine dans cet ouvrage l'évolution du droit public européen et l'émergence d'une nouvelle conception de la guerre qui n'a plus rien à voir avec le sens qu'on lui prêtait auparavant. Alors que la notion chrétienne de « guerre juste » (telle que l'a développée le théologien espagnol Francisco de Vitoria) reconnaissait à l'adversaire sa respectabilité et son statut, il en va tout autrement de l'acception moderne du terme, selon Schmitt. « Dans la conception moderne et discriminatoire de la guerre, la distinction entre la justice et l'injustice de la guerre sert précisément à traiter l'ennemi non plus en justus hostis [ennemi respectable] mais en délinquant criminel. » Schmitt précise sa pensée un peu plus loin: « Si la guerre devient d'un côté une action punitive au sens du droit criminel moderne, l'adversaire de l'autre côté ne peut plus être un justus hostis. L'action menée contre lui n'est donc pas davantage une guerre que ne l'est l'action de la police étatique contre un gangster (…). La guerre est abolie, mais seulement parce que les ennemis ne se reconnaissent plus mutuellement comme égaux sur le plan moral et juridique.».

    Ce que dit Carl Schmitt ici résume, de façon prophétique, toutes les guerres d'ingérence menées par l'Amérique et l'Occident depuis des décennies. Schmitt a préfiguré, dès 1950, le concept d' « Etat voyou » né sous la présidence Reagan dans les années 80 et qui connaîtra son heure de gloire sous l'administration Bush, en particulier aux lendemains des attentats du World Trade Center de 2001.

    Il ne s'agit pas ici de défendre le président Assad qui, manifestement, fait lui-même peu de cas des règles de droit international et même du droit de la guerre. Il s'agit de remettre en cause l'action unilatérale et non-concertée du président Trump qui retombe dans les mauvais travers d'une Amérique « gendarme du monde » qui déstabilise des régions entières au nom des droits-de-l'homme et d'une conception purement occidentale de la liberté..

    Beaucoup d'observateurs, y compris aux Etats-Unis, semblent estimer que l'action de Trump n'était qu'un coup de semonce, une manière d'affirmer son autorité et de se démarquer de l'attentisme de son prédécesseur face à une situation similaire en 2013. Il s'agit là d'une hypothèse rassurante, quoique fragile. Il a fallu Vladimir Poutine pour rappeler à Trump cette vérité essentielle : la Syrie est un Etat souverain. A cet égard, on ne peut chercher à trouver une solution politique favorable au peuple syrien en considérant son chef actuel, aussi détestable soit-il, comme un criminel à éliminer, dans un conflit où tous les belligérants ont du sang sur les mains. Ajoutons que ce ne sont pas aux pays occidentaux de décider du régime politique qui sied au peuple syrien. C'est à ce dernier qu'il revient de décider de son propre destin, et c'est à l'ONU qu'il revient de reprendre en main ce dossier et de fixer les conditions de possibilité d'une solution politique à cette crise.

    Dans un ouvrage antérieur au Nomos de la Terre (La notion de politique, 1932), Schmitt explorait déjà cette difficulté essentielle de la guerre menée au nom de l'humanité : « Le concept d'humanité est un instrument idéologique particulièrement utile aux expansions impérialistes, et sous sa forme éthique et humanitaire, il est un véhicule spécifique de l'impérialisme économique. On peut appliquer à ce cas, avec la modification qui s'impose, le mot de Proudhon : ‘Qui dit humanité veut tromper'». Aucune action ne sera légitime tant qu'elle sera menée unilatéralement par des pays occidentaux qui brandissent leurs valeurs comme des vérités universelles - ce qu'elles ne sont nullement.   

    Mathieu Slama        

    Lire aussi dans Lafautearousseau ... 

    Mathieu Slama : « Il y a du Soljenitsyne dans le discours de Poutine »

    Mathieu Slama : « Le grand drame de la modernité »

    Syrie : Perplexité après les frappes U.S. Retour au « monde d'avant » ?

  • Corse … Pays basque … Guyane … Fessenheim...

    Ericka Bareigts (ministre des Outre-mer) s'adressant au peuple guyanais
     
     

    Mur-bleu gds.jpgCorse … Pays basque …

    De soi-disant « nationalistes » ne veulent pas du FN (Marine ou Marion). Ils sont républicains-démocrates, mais pas trop ! Par ailleurs, beaucoup de ces nationalistes ont soutenu les terroristes du FLNC ou de l'ETA. Logique, quand tu nous tiens ! Comme on dit à Marseille - puisqu'on en parle beaucoup en ce moment : Mélenchon y était dimanche, après Macron et avant Fillon, ce mardi -  le jour où les couillons voleront, il y en a qui seront chefs d'escadrille. Et même beaucoup pourraient postuler pour être ministre de l'Air !...

    Allez, vive la Corse et vive le Pays basque, quand même ! Ces deux magnifiques contrées ne se réduisent évidemment pas à quelques énergumènes, qui ont dû forcer sur la fumette !

    Guyane : une « île », un « peuple » : n'en jetez plus !

    On s'en souvient, car c'était il y a très peu de temps, Emmanuel Macron avait mis ses pas dans ceux d'un Jean-Louis Debré qui déclarait - à propos de la Corse, justement - qu'il ne voyait pas l'avenir de l'île... séparée du continent ! Macron, lui, dans la grande lignée comique de nos hommes politiques, a répondu à une question sur la Guyane, parlant du département comme... d'une île ! Il fallait le faire, direz-vous, eh, bien ! il l'a fait ! Peu de temps après, s'ouvrait le conflit social que l'on connaît. Madame le ministre des Outre-mer (pourquoi « des » ?), refusant d'abord de se déplacer, a fini par venir sur place (et pas sur l'île !) et a même cru bon de présenter ses excuses « au peuple guyanais ». Tiens donc ! Il n'y a pas si longtemps, l'inénarrable Eric Besson avait déclaré (le 5 janvier 2010) : « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage ». Donc, la France n'est pas un peuple, mais la Guyane oui. C'est même une île (pour Macron) : comme aurait dit Pascal, vérité au-delà de l'Atlantique, erreur en-deçà ! 

    Fessenheim : un décret de fermeture pour rien !

    Plutôt que de prétendre prendre un décret pour « fermer » Fessenheim, Ségolène Royal aurait mieux fait de « la fermer » tout court. Cela lui aurait évité le ridicule.

    En effet, de toute façon, il est prévu que la centrale ne peut fermer avant la mise en service effective de l'EPR de Flamanville. Ce qui n'arrivera certainement pas avant la fin de l'année 2018. Alors, à quoi sert-il de prendre un décret-bidon, annonçant une fermeture bidon, publié par un ministère-bidon, d'un gouvernement qui ne l'est pas moins. Encore ne dira-t-on rien du semble-président de ce gouvernement, parce que nous avons encore le respect de la fonction. Mais nous n'en pensons évidemment pas moins...

    Ségolène veut faire croire qu'ainsi la promesse électorale de François Hollande sera tenue : ce serait comique, si ce n'était pitoyable.

    Dans quel état se trouve ce lamentable Pays légal !...  

  • Les artichauts du président Poutine

    Entretien entre le président russe et le roi du Maroc à Casablanca [2006] 

     

    Par Péroncel-Hugoz 

    TRAVAUX DIVERS - Largeur + 2.jpgNotre confrère Péroncel-Hugoz, longtemps correspondant du Monde dans l'aire arabe, a publié plusieurs essais sur l'Islam, et il travaille maintenant à Casablanca pour le 360,  l'un des principaux titres de la presse francophone en ligne au Royaume chérifien. Il tient aussi son Journal d'un royaliste français au Maroc, dont la Nouvelle Revue Universelle a déjà donné des extraits. Nous en faisons autant, depuis janvier 2016, en publiant chaque semaine, généralement le jeudi, des passages inédits de ce Journal.  LFAR    

     

    IMG - Copie.jpg2009 

    Mustapha, un maçon de la Chaouïa, qui est venu travailler chez moi deux ou trois fois au cours du lustre écoulé, me raconte chaque fois, avec la même inaltérable fierté dans l'oeil, qu'il a participé à des aménagements à la résidence à Rabat de Moulay- Rachid, frère cadet du roi, et deuxième sur la liste de succession, après l'héritier Moulay-Hassan. Chaque fois, je fais comme si je ne savais pas l'honneur ainsi échu au brave maçon et je le félicite.

    L'autre fois, c'est un jeune électricien qui a travaillé, lui, durant un mois, au Palis royal de Casa, lors d'une période où sa Majesté chérifienne y a reçu le président russe Vladimir Poutine. Selon l'usage local, les reliefs - considérables - des repas des deux personnalités sont allés ensuite au personnel.

    Le Trician  - électricien, en dialecte marocain - me décrit en long et en large la saveur d'un immense tajine de mouton aux artichauts, des « artichauts énormes mais tendres comme de la crème », auxquels les deux chefs d'Etat dîneurs avaient, paraît-il, à peine goûté.

    Veinard de Trician ! 

    Vous pouvez retrouver l'ensemble des textes parus depuis le 14 janvier 2016 en cliquant sur le lien suivant : Journal d'un royaliste français au Maroc.

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    Lafautearousseau   

  • Ephéméride du 13 avril

     

    1598 : Henri IV signe l'Edit de Nantes 

    edit de nantes.JPG

    De Jacques Bainville, Histoire de France, chapitre X, Henri IV restaure la monarchie et relève l'Etat :

    « ...Presque en même temps que la paix de Vervins fut signé l'Édit de Nantes (13 avril 1598). Les protestants avaient été aussi longs que la Ligue et l'Espagne à reconnaître le fait accompli. Depuis la conversion du roi, ils ne cessaient de s'agiter, de tenir des assemblées, d'adresser au gouvernement des plaintes et des sommations, de chercher des appuis au-dehors, et même de profiter, pour accroître leurs exigences, des embarras et des revers du gouvernement, comme ce fut le cas au désastre d'Amiens. C'est quand ils virent que la paix avec l'Espagne allait être conclue qu'ils réduisirent leurs prétentions et acceptèrent un accord.

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  • L'erreur de vocabulaire de M. Mélenchon

     

    Par Jean-Philippe Chauvin

     

    1345578492.2.jpgLa Monarchie est souvent citée en ce moment, querelle présidentielle oblige,  mais il y a erreur des partisans de la Sixième République sur le sens et la portée de ce mot et des institutions qu'elle peut définir en France. La « monarchie présidentielle » évoquée par M. Mélenchon n'est pas une monarchie au sens historique du terme, elle n'en est que la caricature, et elle semble être une monocratie quinquennale renouvelable plutôt qu'une monarchie héréditaire et successible telle que l'a connue la France et telle que les royalistes le souhaitent.

    La monocratie, c'est le pouvoir d'un homme de parti qui gouverne sans autre légitimité que celle, provisoire et désormais toujours contestée, du suffrage universel, que cela soit directement ou par le biais de la représentation démocratique et parlementaire. Le président peut se croire Antigone, mais il n'est que Créon, et il manque à l'élu, parfois présenté comme « homme providentiel », cette hauteur donnée par la liberté originelle de la Couronne qu'elle doit à son mode de transmission, la succession héréditaire. Né fils de roi et « presque roi », devenu entièrement roi par l'effacement de son prédécesseur (par la mort ou le renoncement), le monarque ne doit rien aux intrigues et aux alliances électorales, et il peut, au cours de son règne, « supporter » (mais non pas soutenir, gare à la confusion !) des gouvernements de tendance différente et antagoniste de l'un à l'autre, sans être soumis à l'un comme à l'autre. L'indépendance royale, dans la Monarchie à la française, n'est pas un obstacle à la direction du pays mais une garantie de la continuité de l’État et de sa permanence malgré les aléas de la vie politique et parlementaire : un gouvernement peut tomber, avoir failli ou être en difficulté, la magistrature suprême de l’État est toujours là, visible et active. C'est une présence rassurante en des temps qui le sont moins... 

    Quand la monocratie personnalise le pouvoir présidentiel à l'extrême, la Monarchie le « familiarise » et le monarque incarne le pouvoir arbitral sans se confondre avec l'arbitraire et avec un parti quel qu'il soit : si le portrait du roi peut trôner dans les administrations et les salles municipales, il n'est pas une affiche électorale permanente comme le dénonçaient jadis quelques militants opposés au président du moment quand celui-ci était candidat à sa propre réélection (ce qui n'est pas le cas avec l'actuel locataire en fin de bail de l’Élysée). 

    incident1-1.jpgLa confusion entre monocratie et monarchie, confusion entretenue (parfois de bonne foi, d'ailleurs) par les partisans de MM. Mélenchon et Hamon, est néanmoins compréhensible, non au regard de la réalité historique mais au regard de l'image que certains (fort nombreux, au demeurant) se font de la Monarchie elle-même qu'ils confondent avec l'apparat que la République a récupéré sans pour autant en comprendre toujours le sens et la portée qu'il pouvait avoir sous la Monarchie absolue de François Ier à Louis XVI, voire au-delà avec la Restauration : quand la Monarchie pense le prestige comme un moyen de gouverner et de se représenter aux yeux des autres États en assumant la part de « spectaculaire utile » qui, d'ailleurs, peut survivre à travers un riche patrimoine aujourd'hui devenu attraction touristique (un des atouts de la France...), la République se l'approprie sous la forme d'avantages privés avec, parfois, quelques corruptions certaines qui émaillent la longue suite des Républiques sans s'en défaire autrement qu'en promesses et qu'en paroles... Est-il nécessaire de donner des noms ? Cette dernière décennie présidentielle a de quoi remplir encore quelques gazettes à scandales et tant d'éprouvettes à indignations... 

    9782868397775FS.jpgNon, décidément, la République n'est pas la Monarchie royale : se battre « contre la Monarchie » n'a pas grand sens dans notre pays, surtout si c'est juste l'alibi pour renouer avec les mauvais précédents de la Troisième et de la Quatrième Républiques... La Cinquième, si elle peut parfois emprunter quelques aspects de la Monarchie (et parfois les meilleurs, comme un hommage du vice à la vertu) et si elle a pu vouloir, par la volonté de son fondateur, renouer avec une tradition monarchique d'autorité et de liberté de l’État, reste bien une République, malgré tout : c'est d'ailleurs ce dernier aspect-là du régime né en 1958 qui, en grignotant peu à peu les vestiges de la logique capétienne remise en valeur par le général de Gaulle, a motivé l'effacement de moins en moins discret de notre pays sur la scène diplomatique mondiale, processus accéléré depuis une décennie à travers les deux quinquennats successifs de MM. Sarkozy et Hollande. 

    En fait, contrairement à une idée reçue et évidemment fausse, ce n'est pas d'un excès de Monarchie dont souffre la France aujourd'hui mais, bien au contraire, d'une républicanisation de plus en plus accentuée des institutions, de cette déresponsabilisation contemporaine de la magistrature suprême de l’État au risque de ne plus assumer les fonctions qui devraient être les siennes : ce n'est pas, soulignons-le, une bonne nouvelle, ni pour l’État ni pour la nation et encore moins pour les peuples de France... 

    Le blog de Jean-Philippe Chauvin

  • Macron, héritier ridicule et scandaleux du tout aussi ridicule et scandaleux Eric Besson

    Emmanuel Macron et Mehdi Belmadjoub (à sa gauche) à Marseille

     

    Mur-bleu gds.jpgQui a oublié l'effarante déclaration d’Éric Besson - ministre d'ouverture « de gauche » nommé avec six ou sept autres compères de la même gauche par un Sarkozy fraîchement élu - à propos du peuple français ? Voici : « la France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage. »

    Déclaration effarante, et scandaleuse, certes, mais, plus que tout peut-être, grotesque. Pour paraphraser Fouché, auteur du fameux « pire qu'un crime, c'est une faute », on aurait pu dire « plus qu'une provocation c’est une niaiserie » ... Nous n'avions d'ailleurs pas manqué, sitôt prononcés, le 16 février 2010, de relever le crétinisme intrinsèque de ce propos insane.

    Voilà qu'à Marseille, lors de sa grande réunion publique du samedi 1er avril, à Marseille, Macron a mis ses pas, en quelque sorte, dans ceux d’Éric Besson ; et a tenu à s'inscrire dans cette « grande » (!) tradition de la provocation, sorte de Jeux Olympiques de la stupidité.

    Non seulement parce qu'il a cru devoir « faire peuple », faire « couleur locale » en lançant un grotesque et loufoque « On craint dégun !», se couvrant de ridicule. Mais surtout parce que, confondant, comme à son habitude, vocifération et éloquence (il ne se rend pas compte qu'il est burlesque, à se presque casser la voix, comme cela, à chaque fois ?) Macron a terminé son discours en signalant l'origine des citoyens présents dans la salle : Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Marocains, Tunisiens.., comme une grande célébration du « vivre-ensemble ». Du moins pour les étrangers ou « Français de plastique », car, des Français de souche, c'est-à-dire de nous, il n'a pas été question. Comme Eric Besson, monsieur Macron semble n'avoir que mépris pour « ces gens-là », dont il fait pourtant partie, comme lui ! Mais voilà, quand on préfère les étrangers aux habitants du pays, quand on pratique un tranquille « racisme inversé », on ne voit, dans une ville provençale du pays de France, que des « Maliens, Sénégalais, Ivoiriens, Marocains, Tunisiens... »;

    Ce rendez-vous marseillais du candidat d'En Marche ! n'a d'ailleurs pas été un grand succès : comme à celui de la Réunion, beaucoup de personnes ont quitté le meeting bien avant son terme : «  C'est très ennuyeux « , disait l'un ; «  Je voudrais une vision pour le pays, quand même » , disait un autre ; un autre encore : «  Il ne va pas assez au fond des choses, il est trop superficiel »; les journalistes présents pour couvrir l'évènement, et qui ont organisé - surpris par cette désertion massive - un micro-trottoir pour ces déçus du macronisme réel, ont aussi entendu, et rapporté, des « il reste dans la banalité », «  sans idées concrètes », « c'est du vide, c'est du vent, il ne joue que sur les émotions », « il se met en valeur à travers un autre parti, c'est vraiment dommage. Ils n'ont que le mot FN à la bouche en fait »...

    Mais surtout, le candidat affirme avoir réuni 6 000 personnes, alors que la salle - d'une capacité de 7 000 places - avait été coupée en deux par un rideau noir... Noir ? Espérons que c'est un présage, car, nous ne nous en cachons pas, si nous ne donnons pas de consigne de vote, nous prenons résolument parti contre Macron, comme, à l'époque de la primaire à droite, nous avions pris parti contre Juppé...  

    Macron, paraît-il, commence à baisser dans les sondages, et si cela devait continuer, nous dirions - comme Houellebecq parlant de la République - que nous n'aurions rien à regretter. •

    A Lire aussi dans Lafautearousseau ... 

    Rions un peu, d'eux : la grandiloquence révolutionnaire, mais aussi les décisions de Justice, revues et corrigées, à la sauce Besson !

  • Grands textes [XL] • PIERRE BOUTANG : Le mythe de la jeunesse (Revue universelle, février 1941)

    Pierre Boutang, jeune militant d'Action français aux environs de la guerre

     

    2504458051.5.jpgOn hésite, en effet, comme la Nouvelle Revue Universelle* qui l'a republié, à introduire ce texte, si beau en soi-même. Précisons tout de même qu'il s'adresse à la jeunesse d'un pays défait, vaincu et occupé, la jeunesse française, de l'hiver 1941. Boutang en fait lui-même partie. Il a 24 ans et l'on admirera encore aujourd'hui la puissance de ses sentiments, la vigueur de sa pensée. Bornons-nous à résumer son exhortation : « Désormais, nous sommes une jeunesse qui veut se situer à l'origine ». Laquelle ? La France millénaire. En un sens, nous voici dans une situation en partie comparable, victimes d'une autre forme d'invasion, d'une autre occupation. Nous aussi n'aurons de salut que si nous restons un peuple qui veut se situer à l'origineLafautearousseau   

     

    IMG 2.jpgLe mythe de la jeunesse a fondu sur nous avec la défaite. Et nous voilà hésitants, ignorants, bégayant des cantiques à la déesse inconnue. Nous attendons, comme dans le terrible Champ de blé aux corbeaux de Van Gogh, que la moisson pourrisse au vol noir du désastre ou que quelque chose paraisse qui donne son sens au destin.

    Aurons-nous le courage de vouloir, aurons-nous la force de chanter ?

    On nous a assez dit que nous ignorions la force et la grandeur des mythes, et c'est vrai que nous n'avions pas conçu de mythe de nous-mêmes, que nous n'avions pas de mythe de la jeunesse.

    Ce n'est pas une raison pour emprunter aux autres leurs histoires, si belles et tentantes qu'elles nous apparaissent ; car il n'y a pas de jeunesse universelle, sinon par certains caractères négatifs et indéterminés. Et ce qui parfois fait de la jeunesse une jeunesse, ce qui vient donner forme à ses pures possibilités, c'est la réalité de la nation, le destin de la nation. La jeunesse d'un pays battu n'est pas la jeunesse d'un pays vainqueur. Nous allons peut-être, grâce à un véritable État français, grâce au Chef qui incarne cet État, devenir une Jeunesse. Mais que l'on respecte notre nature propre et la particularité de notre destin. Que l'on ne nous parle pas trop de joie. La joie est conscience d'une perfection atteinte, d'un devenir accompli. « Nous sommes une jeunesse au rire dur », écrivait Henri Lagrange en 1914. Si, en 1940, nous ne sommes plus une jeunesse au rire dur, c'est que nous n'avons plus envie de rire du tout ; c'est que l'inutile sacrifice de ceux qui eurent vingt ans en 1914 n'est pas précisément quelque chose qui puisse nous inspirer de la joie — peut-être seulement un peu de fierté sombre, car nous sommes, on ne peut nous empêcher de le savoir, les fils de ces vainqueurs inutiles et douloureux.

    Plus salubre, le mot d'Alain-Fournier : « Nous ne chercherons pas le bonheur, nous avons bien autre chose à faire. »

    saintlouis_reliquaire.jpgSi nous ne voulons pas de la joie, et justement par pitié et amour de la joie qui peut-être viendra, nous ne voulons pas non plus de la force, par amour et merci de la force qui ne nous manquera peut-être pas toujours. C'est une vertu que la force, une des plus hautes, ce n'est pas un fait, ce n'est pas non plus un programme. Celle que nous voyons surgir à nos moments d'espoir, lumineuse et sereine, nous ramène au passé, et c'est Saint Louis ou c'est Bayard.

    — Et quoi ! toujours le passé ?

    Mais c'est que nous n'avons pas un passé comme les autres, et nos vertus ne sont pas comme celles des autres, nos vertus longtemps oubliées, pourtant présentes. Et cela est vrai que « s'il n'y avait pas ces Français », et ces jeunes Français, il y a des choses que Dieu fait et que personne ne comprendrait.

    Nous vous en prions, professionnels, théoriciens et flatteurs de la jeunesse, qui avez déjà essayé votre éloquence aux temps honteux de la démocratie, ne nous définissez pas par cette force abstraite, cette force indéfinie et si douloureusement absente.

    Laissez-nous, désarmés, sans pouvoir autre que sur nous-mêmes, songer librement à une force bien précise et délimitée, à une loi de force inscrite au coeur du monde et de l'histoire : à la force française. L'adversaire ne nous demande pas d'oublier cela : il a bien autre chose à faire. Il ne nous demande pas de rêver une Internationale de la Jeunesse, lui dont la jeunesse n'est forte que par les déterminations qu'elle puise dans la nation. Que serait une  jeunesse qui crierait les mythes des autres, qui parlerait de force quand elle est encore faiblesse et division, qui se placerait au terme, supposerait la tâche terminée, quand elle a le devoir de se placer à l'origine ?

    Et voilà bien le point. Nous sommes une jeunesse qui veut se situer à l'origine. Non pas à l'origine de tout, mais à l'origine de la France. Il y avait, une fois, une jeunesse de la France, une jeune possibilité qui pouvait mourir ou passer à l'acte. Et il y avait une jeune monarchie qui donnait corps et force à ce possible.

    Et parce qu'il y avait la jeunesse de la France, et ce refus et profond de la mort : le roi de France ne meurt pas, ni le roi ni la France ne meurent, il y avait une jeunesse française, innocente et hardie - non pas un mythe de la jeunesse, non pas une jeunesse en général, mais justement une jeunesse française, une jeunesse de notre pays.

    Être jeune, cela signifiait croître sans se répéter, épuiser une noble durée, à la recherche d'un point de perfection, de ce qui ne saurait se perdre ni vieillir. Cette recherche, c'était la jeunesse au sens strict : l'âge de la jeunesse. Mais la jeunesse, en un sens plus haut, c'était l'objet de la recherche et son accomplissement. Cela n'avait pas d'âge, c'était la perfection atteinte et l'instant éternel de cette perfection. Et les jeunes hommes alors savaient bien que l'idéal et le modèle, ce n'est pas le jeune homme, mais l'homme, et peut-être le vieillard : le véritable homme, celui qui n'est pas un jeune homme « prolongé », ni un jeune homme qui a manqué son but. Car la jeunesse qui n'aspire pas à l'accomplissement, qui ne veut pas s'abolir dans les perfections entrevues, ce n'est plus une flèche qui vole, c'est une flèche qui rampe, et c'est une jeunesse de mort. Et cela aussi les jeunes gens le savent, puisque leur désir le plus authentique, c'est de devenir des hommes.

    La jeunesse a donc sans cesse un autre objet que soi, qui la tourmente et la fait mûrir. Elle se supporte mal, et elle ne se supporte pas du tout. Et c'en serait fini d'elle si elle se supportait ou même se tolérait, si elle se traitait comme une chose accomplie.

    Mais sa vertu est la patience, la patience de son développement, le ferme propos de ne pas brusquer ce mouvement vers la perfection.

    Il n'y a qu'un jeune qui se devance soi-même et échappe à la loi du mûrissement : c'est le héros. Il se devance jusque dans la mort, et fait mûrir lui-même, autre soleil, le fruit âpre de sa mort Encore ne se devance-t-il ainsi que par une plus secrète patience, une attente souvent longue où la perfection lui est apparue comme l'objet de son désir : il n'est de héros que par la tradition héroïque, et les premiers héros l'ignorèrent si peu qu'ils se conçurent des modèles et s'appelèrent demi-dieux.

    Et voici que tout est devenu à la fois dur et simple pour la jeunesse de France, puisqu'il y a un biais par où tout recommence, puisque l'unité s'est retrouvée et affirmée justement à cause de ce qui la menace, puisque nous sommes au matin de tout. La seule question pour notre jeunesse est d'être française, et d'être originellement française pour ainsi dire. Elle se comprendra soi-même si elle sait comprendre la jeunesse de la France. La France n'est-elle pas maintenant plus jeune et plus ancienne que toute l'Europe ?

    Nous sommes donc, dans une Europe tourmentée et motivante, cette même jeunesse de la France capétienne, attentive seulement à son unité naissante (mais pour nous elle est renaissante et c'est notre surplus), attentive à son idée et à son espérance, avec tout à faire devant, mais avec cette certitude que cela vaut la peine d'être fait, et que Dieu n'est pas contre. Attentive à soi seulement, et au pré carré, et c'est dans ce pré seul que nous voulons danser si un jour l'envie nous en vient, et tout le fracas de l'Europe qui se déchire ne troublera pas notre idée, car nous sommes patients, têtus et désarmés. Désarmés comme à l'origine, avec seulement cette infrangible unité et cet état naissant. Et les espérances de nos pères sont devenues nos souvenirs, et nos souvenirs deviennent notre espérance, et nous sommes là dans ce jardin, dans ce coin d'Europe, et nous sommes la plus jeune jeunesse d'Europe, parce que c'est nous qui avons les plus beaux souvenirs qui sont maintenant nos plus beaux désirs.

    2000px-Arthur_Rimbaud_signature.jpgNous approfondirons tout cela chaque jour. Tout ce que nous avons aimé avant la guerre, et ce qui charma notre enfance, nous le verrons dans la perspective de cette idée, de notre idée capétienne de la vie. Même Rimbaud nous le regagnerons, nous le reprendrons aux surréalistes, et la merveilleuse fin de la Saison en Enfer prendra pour nous son vrai sens :

    « Point de cantiques : tenir le pas gagné. Dure nuit !
    « Le sang séché fume sur ma face et je n'ai rien derrière moi que cet horrible arbrisseau.
    « Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes...
    « Cependant c'est la veille. Recevons tous les influx de vigueur et de tendresse réelle.
    « Et, à l'aurore, armés d'une ardente patience, nous entrerons aux splendides villes. »

    Tel le voeu de cette jeunesse, la plus moderne parce que la plus ancienne, jeunesse d'une nation maintenant la plus semblable à son origine. Point de cantiques à la jeunesse ; pas d'émerveillement, qui serait un reproche — puisque ce qu'elle veut faire elle ne l'a pas encore fait. Seulement cette promesse, cette patience ardente, ce désir de perfection qu'une recherche commune détermine et dirige.

    Au bout, le meilleur nous sera donné si nous gardons en la mémoire ceux-là qui peuvent seuls ordonner et mesurer notre mouvement : nos saints, nos frères et nos morts. 

    * Nouvelle Revue Universelle n°45 - Eté 2016 - 18 €.

    Illustrations  

    Pierre Boutang 

    Saint-Louis           

    Arthur Rimbaud, signature

  • Où Jacques Bainville nous rappelle que l'Histoire est tragique et qu'elle ne finit pas

     

    « Ceux qui ne croient pas à la possibilité de la guerre, des invasions, des annexions, des écroulements d'empires, croient en somme à la stabilité du monde tel qu'ils l'ont connu et à l'éternité de la carte de géographie telle qu'ils l'ont vue dessinée à l'école. Quand les catastrophes arrivent, les mêmes n'admettent pas que ce puisse être sérieux et pensent toujours que le monde ne va pas tarder à rentrer dans son assiette, comme les fleuves rentrent dans leur lit après une inondation. » 

    Jacques Bainville 

    L'Action française, 3 mai 1918. Nous avons seulement pris la liberté de mettre au présent cette phrase écrite au passé, à l'issue de la Grande Guerre. 

  • Ephéméride du 12 avril

    Le château de Villandry et ses jardins (inscrits aux Monuments Historiques le 12 avril 1927) 

     

    1229 : Fin de la Croisade des albigeois 

    Un traité est signé à Paris entre Blanche de Castille, régente, mère de Louis IX, et Raymond VII, comte de Toulouse, contraint, par sa défaite, à en accepter les termes.

    L’accord met fin à la Croisade menée contre les Albigeois, ou cathares, depuis 1209.

    Le comte doit céder une grande partie de ses terres au royaume de France mais conserve le comté de Toulouse et le Lauragais. Il s’engage également à marier Jeanne de Toulouse, son héritière, à Alphonse de Poitiers, frère cadet du roi.

    Ce traité abandonne au roi de France les sénéchaussées de Beaucaire et Carcassonne, et s'engage à marier sa fille unique et héritière Jeanne à l'un des frères de Louis IX. Le comté de Toulouse ira aux enfants de ce mariage, et à défaut d'enfants, reviendra à la couronne. Ainsi, à sa mort, le reste de son territoire reviendra définitivement au royaume de France (sur l'importance de la Croisade des Albigeois dans l'extension territoriale du Royaume de France, voir notre éphéméride du 16 mars)
     
    TRAITE DE PARIS.jpg
     
    Ratification du traité de Paris par Raymond VII, comte de Toulouse. Acte en latin donné le 12 avril 1229, scellé d'un sceau de cire verte appendu sur lacs de soie verts  
     

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  • La bataille de Damas n'est pas terminée

    Daraya, au sud-ouest de Damas

     

    Par Antoine de Lacoste

     

    antoine_de_lacoste.pngDepuis le début du conflit syrien, une large partie de la banlieue de Damas est occupée par différentes factions islamistes. Les loyalistes ne sont jamais parvenus à les en déloger hormis à Daraya, au sud-ouest de la capitale. C'est en effet la seule localité où des moyens conséquents ont été déployés pour vaincre la rébellion.

    Pourquoi à Daraya et pas ailleurs ? Parce qu'elle se trouve au sud-ouest et qu'elle était la seule. Toutes les autres villes aux mains des islamistes se situent à l'est. Il était donc logique de s'attaquer sérieusement à cette verrue d'autant qu'elle se situait à proximité de la route menant au Liban, axe stratégique, ainsi qu'à la grande station d'eau potable alimentant Damas.

    La reprise de Daraya a tout de même duré plusieurs mois et s'est soldée par la toute première négociation entre l'armée et les islamistes, sous l'égide des Russes. Plusieurs centaines de combattants islamistes ont cessé le combat et ont été autorisés à conserver leurs armes. Ils ont ensuite été acheminés avec leurs familles en car jusqu'à la province d'Idlib, occupée par de nombreuses factions islamistes. Ils ont depuis été rejoints par les vaincus de la grande et décisive bataille d'Alep.

    Cette dernière ayant monopolisé le gros de l'armée syrienne et de ses alliées chiites, un certain statu quo prévalait à Damas et sa banlieue jusqu'à la semaine dernière.

    Mais l'histoire s'est brutalement accélérée. L'armée syrienne a mis la pression, sans véritablement attaquer, sur la ville de Qaboun située au nord-est de la capitale. C'était en effet une cible intéressante car isolée; mais surtout cet isolement avait entraîné de la part des islamistes la construction de nombreux tunnels permettant son ravitaillement depuis leurs places fortes de la Ghouta,Saqba, Irbine et Jobar, toutes situées à l'ouest de Damas.

    La prise de Qaboun aurait permis à l'armée d'accéder au réseau des tunnels ce  qui représentait un danger mortel pour la rébellion.

    Les islamistes ont alors osé une stratégie particulièrement audacieuse : tout en envoyant des combattants vers Qaboun pour rompre son encerclement, ils ont dans le même temps directement attaqué le centre de Damas pour essayer d'atteindre la prestigieuse place des Abbassides, celle-là même qui est restée tout au long de la guerre le centre de la vie des Damascènes.

    Fort heureusement, l'armée ne s'est pas laissée surprendre malgré plusieurs attaques suicides parfaitement organisées par le Front Fatah al Cham (le nouveau nom du Front al Nosra) et les islamistes ont été repoussés vers Jobar, leur principale place forte.

    L'aviation russe n'est pas intervenue et cette fois c'est bien l'armée syrienne qui a assumé l'organisation des opérations bien aidée toutefois par les hommes du Hezbollah libanais.

    Aujourd'hui, l'éradication de ces bastions islamistes aux portes de Damas est une nécessité absolue pour les Syriens. Mais ce sera long et difficile d'autant que les Russes sont militairement nettement moins actifs en Syrie depuis la reprise d'Alep et privilégient pour l'instant les discussions avec les Turcs, les Américains et les Iraniens. 

  • Syrie : Perplexité après les frappes U.S. Retour au « monde d'avant » ?

    Illustration : Action française Provence 

     

    DÉBAT - Éric Zemmour et Nicolas Domenach reviennent sur la réponse des États-Unis après l'attaque chimique imputée au régime syrien [RTL 7.04].

    On ne sera pas étonné si nous disons que c'est dans les réflexions d'Eric Zemmour que nous trouvons les vraies réponses.  LFAR 

     

     

    Version RTL du débat ...

    Quelques heures après les mots, Donald Trump est passé aux actes. Jeudi 6 avril, les États-Unis ont envoyé 59 missiles sur la base syrienne, en réponse à l'attaque chimique perpétrée par le régime, à l'origine de la mort d'au moins 86 personnes, dont 27 enfants. La veille, le Président américain avait dénoncé "un affront pour l'humanité", tout en affirmant que sa position "sur la Syrie et Assad avait beaucoup changé". Mais rien ne laissait présager une riposte aussi rapide. Du côté de la Russie, alliée de Bachar al-Assad, on condamne ces frappes, qui auraient fait 6 victimes, selon l'armée syrienne. Vladimir Poutine a dénoncé une "agression" contre la Syrie, "en violation des normes du droit international, (se fondant) sur des prétextes inventés". 

    "Avec Donald Trump il y a deux lectures", estime Nicolas Domenach. "Soit vous pensez qu'il rend le monde encore plus dangereux, ou alors vous évoquez la "stratégie de l'homme fou", un terme qu'avait employé Kissinger à propos de Nixon pendant la guerre du Vietnam. Il disait que la violence imprévisible de Nixon était une garantie de paix, parce qu'il imposait le respect aux autres, mais aussi la peur, la peur de l'apocalypse", raconte l'éditorialiste. 

    Pour Éric Zemmour, cette stratégie s'applique également au dictateur syrien. "Je ne comprends pas pourquoi Assad a fait cela, il n'a aucun intérêt. Il était en train d'être reconnu par les Américains. L'explication pourrait être qu'il veuille en imposer par son hyper violence pour être irrévocable, mais la stratégie est bizarre", poursuit-il. 

    La stratégie américaine "prend tout le monde à contre-emploi"

    Cette intervention des États-Unis en Syrie, "elle prend à contre-emploi tout le monde", continue Éric Zemmour. "Moi qui était plutôt favorable à Donald Trump et à son idéologie non-interventionniste, je suis pris à contre-pied, et les gens qui sont contre lui au nom des droits de l'Homme sont pris eux aussi à contre-pied puisqu'il fait exactement ce que Barack Obama n'a pas osé faire. C'est un moment étrange qui défie les analyses".

    Les deux éditorialistes sont ensuite revenus sur le rôle de la communauté internationale. "Elle n'existe pas", tranche Éric Zemmour. "Il y a des nations qui défendent leurs intérêts, et on a inventé un mythe qui a pour nom la communauté internationale". Si Nicolas Domenach reconnaît qu'elle "est trop souvent impuissante", il estime de son côté qu'il "va se passer quelque chose". "Ils se réunissent, ils parlent, ils peuvent agir, je pense que ça va bouger", conclut-il.