... Reçue de Pierre, Outre-Océan, cette citation tirée d'un livre qu'il est en train de lire...
... reçues de Pierre, Outre-Océan...
"En l’espace de trois siècles et quart, de l’élection de Hugues Capet à la mort de Philippe le Bel, onze rois seulement avaient gouverné la France, tous laissant un fils pour leur succéder au trône.
Prodigieuse dynastie que celle des Capétiens ! Le destin, jusque-là, semblait l’avoir marquée pour la durée. Sur les onze règnes, on n’en comptait que deux qui eussent couvert moins de quinze ans.
Cette extraordinaire continuité du pouvoir avait grandement contribué, et quelle qu’ait été la médiocrité de certains rois, à la formation de l’unité nationale. Au lien féodal, lien purement personnel de vassal à suzerain, de plus faible à plus fort, se substituait progressivement cet autre lien, cet autre contrat qui unit les membres d’une vaste communauté humaine longtemps soumise aux mêmes vicissitudes et sous une même loi.
Si l’idée de nation n’était pas encore évidente, son principe, sa représentation existaient déjà dans la personne royale, source permanente d’autorité. Qui pensait « le roi » pensait aussi « la France ». Reprenant les objectifs et les méthodes de Louis VI et de Philippe Auguste, ses plus remarquables devanciers, Philippe le Bel, pendant près de trente ans, s’était appliqué à charpenter, à maçonner cette unité naissante ; mais le ciment était encore frais..."
(tiré de "Les rois maudits - L'intégrale (Tomes 1 à 7)", par «Maurice Druon»).
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