dimanche, 16 février 2014

Ephéméride du 16 Février.

1761 : Naissance de Jean-Charles Pichegru.

 

Napoléon a dit de lui : "Comme Général, Pichegru était un Homme d’un talent peu ordinaire".

De fait, dans l'imagerie populaire, il restera avant tout comme celui qui a réalisé une opération proprement inimaginable : capturer une flotte entière, par une charge de cavalerie ! Il faut dire que la flotte en question était prise dans les glaces, la plupart des canons pointés en hauteur, les bateaux ayant été figés de biais, les canons vers le haut, et ne pouvant donc pas tirer sur leurs assaillants.

Il n'empêche, la chose reste unique dans les annales: impossible n'est vraiment pas français !...

    

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Gravure extraite de notre Album Le dernier livre de Jacques Bainville...


Mais Pichegru représente aussi autre chose : dans cette période où, en réalité, rien n'était écrit d'avance (le fameux sens de l'Histoire, dont on nous aura tant rebattu les oreilles, n'existe pas...), Pichegru montre bien comment tout aurait pu être différent, et comment un très grand nombre de protagonistes de la Révolution auraient très bien pu changer de camp : Danton lui-même n'a jamais fait mystère du fait que, s'il ne servait pas la Cour et Louis XVI c'est, tout simplement, parce que celui-ci ne lui offrait pas assez d'argent...

Quoi qu'il en soit, valeureux soldat et très brillant général, Pichegru, comme tant d'autres, aurait pu... Avec lui, ou avec d'autres, les choses auraient pu prendre une autre tournure...

Il ne s'agit pas de cultiver de vains regrets mais, tout simplement, de le savoir, et de ne pas être dupe des boniments et des images d'Epinal d'une histoire officielle prétendant que la Révolution - du moins dans les formes qu'elle a prises... - était inéluctable, et inscrite dans l'ordre naturel et obligatoire des choses... 

 

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De l’Encyclopedia universalis :

Fils d'un cultivateur du pays d'Arbois, Pichegru parvient très jeune à devenir répétiteur de mathématiques à Brienne ; il s'engage comme soldat en 1780 (contrairement à la légende, Napoléon n'aura donc guère eu le temps de profiter de ses connaissances mathématiques) et fait la guerre d'Amérique. Sergent-major en 1789, il milite avec ardeur au club des Jacobins de Besançon et devient lieutenant-colonel d'un bataillon de volontaires. La rapidité de ses promotions est alors foudroyante ; en octobre 1793, il commande en chef l'armée du Rhin. Il est subordonné à Hoche (ce qu'il supporte mal) pour la délivrance de l'Alsace ; au printemps de 1794, soutenu par la faveur de Saint-Just, il commande l'armée du Nord, conjugue ses actions avec Jourdan pour achever la conquête de la Belgique et, en janvier 1795, s'empare de toute la Hollande. Pichegru apparaît alors comme l'un des plus glorieux et des plus sûrs entre les chefs « sans-culottes » des armées de la République.

De passage à Paris en avril 1795, il reçoit pleins pouvoirs de la Convention pour mater l'insurrection populaire de germinal an III. Est-ce alors que, premier général révolutionnaire appelé à trancher de l'épée les nœuds de la politique, il entrevoit à son ambition de nouvelles perspectives ? À peine nommé au commandement de l'armée nouvellement créée de Rhin-et-Moselle, il accepte d'avoir une série d'entrevues avec un agent du futur Louis XVIII et du prince de Condé ; il s'engage par écrit à mettre sous quelque délai son armée au service de la royauté, moyennant énormément d'argent, le bâton de maréchal, le gouvernement de l'Alsace et la propriété de Chambord. C'est dans de telles vues qu'il entame fort mollement sa campagne d'été de 1795, laisse battre Jourdan sans le secourir et se replie. Se sentant suspecté, il offre sa démission, qui est acceptée contre son attente en mars 1796 ; ici prend fin une carrière militaire qui promettait mieux.

Député, et aussitôt président des Cinq-Cents (avril 1797), Pichegru se pose alors ouvertement en leader de la droite et prépare secrètement un coup d'État royaliste ; Barras le paralyse en le menaçant de publier une note sur sa trahison, remise par d'Antraigues à Bonaparte en juin ; arrêté le 18-Fructidor, Pichegru est déporté en Guyane, s'évade et se réfugie à Londres. Il n'abandonne pas la partie ; lié à l'élaboration du complot de Cadoudal, il débarque clandestinement à Biville en janvier 1804, vient à Paris, met en rapport avec Cadoudal son vieil ami (et déjà complice ?) Moreau, mais est arrêté. Le 6 avril au matin, il est trouvé étranglé dans sa prison...

 

 

 

 

1785 : Expérience de Lavoisier, qui décompose l'eau en oxygène et hydrogène.
 
L'eau est transformée en vapeur par l'immersion d'un fer chauffé au rouge, et cette vapeur est décomposée dans un canon à fusil chauffé à blanc. Il apparaît à sa sortie de l' "air inflammable" (hydrogène); l' "air vital" (oxygène) s'est fixé dans le fer.
 
Lavoisier avait déjà réalisé une première synthèse de l'eau, le 24 juin 1783.
 
Souvent considéré comme le père de la Chimie moderne, Louis Pasteur a dit de lui qu'il était le législateur de la chimie.

 
 
 
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  Lavoisier et son épouse en 1788, par David.
 
 
 
        
Cette gloire ne devait pourtant pas le protéger: le 24 novembre 1793, la Convention lance un décret d'arrestation contre les fermiers généraux. Le 8 mai 1794, le Tribunal révolutionnaire juge trente-deux fermiers généraux : vingt-huit d'entre eux sont condamnés à la guillotine et exécutés le jour même; tous leurs biens sont confisqués: Lavoisier est le quatrième.
 
 
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La République n'a pas besoin de savants !...
 
 
 
         
Ayant demandé un sursis pour pouvoir achever une expérience, il s’entend répondre par Jean-Baptiste Coffinhal, le président du tribunal révolutionnaire : « La République n'a pas besoin de savants ni de chimistes ; le cours de la justice ne peut être suspendu. »
 
Au lendemain de sa mort , son collègue Joseph Louis Lagrange (1736-1813) commente:
 
"Il ne leur a fallu qu'un moment pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable. "
 
 
 
 
 
 

1786 : Naissance de François Arago.

 

           http://expositions.obspm.fr/F.Arago/intro.html          

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1855 : Naissance de la météorologie.
 
Le 14 novembre 1854, une tempête coule trois vaisseaux et trente-huit cargos franco-anglais au large de Sébastopol.
 
A Paris, le Ministère de la guerre crée une commission d'étude, dirigée par l'astronome Le Verrier, qui conclut que des observations systématiques auraient permis de prévoir, donc d'éviter, cette catastrophe.
 
A la suite de ce rapport, Napoléon III ordonne, le 16 février 1855, la création d'un vaste réseau météorologique, afin de prévoir le temps.
 
 
      
 
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Urbain Le Verrier, peint par Daverdoing en 1846

Commentaires

Que l'histoire n'ait pas de sens,cela paraît une évidence indiscutable.Cela nous conduirait à un déterminisme destructeur au pire,ou à la prédestination chère à Calvin,réductrice des capacités humaines au mieux.Ce sont les hommes qui font ou défont l'histoire en fonction de leurs qualités ou de leurs défauts,de leurs vertus ou ce leurs vices,de leurs aspirations ou de leurs besoins.
Par contre les religions ont un rôle déterminant dans la formation et l'orientation de l'histoire,en particulier par les passions qu'elles peuvent susciter.Quand quelqu'un se prétend agnostique,je me demande toujours à quoi il croit tout de même,sans vouloir l'admettre.
En revanche,je ne suis pas sûr qu'il faille tresser trop de lauriers à Pichegru.C'était une tête dure et bien faite du Jura aux talents et à l'expérience militaires incomparables.Sa victoire de Texel aux Pays-Bas,avec quelques régiments de cavalerie contre toute la flotte hollandaise prise par les glaces
fut admirée par le monde entier,et livra tout ce pays à la France,d'un coup.
Mais l'ambition fut le trait dominant de son caractère et l'amena à manger à tous les râteliers.Ancien Conventionnel, devenu jacobin,après avoir été girondin et maçon,les excès sectaires et sangunaires de Thermidor l'effrayèrent suffisamment pour qu'il se rapprochât de l'habile Louis XVIII qui dut,je pense,lui promettre monts et merveilles.Cela ne l'empêcha pas de devenir ensuite Président du Conseil des 500,tout en complotant avec Cadoudal,ce qui le conduisit en prison.Sa mort par strangulation au Temple reste un mystère : la police impériale la transforma en suicide,alors que tout porte à croire qu''il fut assassiné sur ordre du futur empereur (l'Empire naissait un mois et demi après), qui voyait en lui un concurrent au service des Bourbons.(Alors même que quelques jours avant la mort de Pichegru,le futur Napoléon commettait l'ignominie de faire enlever à l'étranger-en Allemagne- par le général de Caulaincourt le duc d'Enghein-un Bourbon-Condé-,le faisait juger sommairement et exécuter dans les fossés du château de Vincennes au bout de trois jours).

Écrit par : Patrick Haizet | jeudi, 16 février 2012

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