L’Iran et l’atome, par Champsaur (II/III)
Une frappe « EN PREMIER »
La première observation est que l’utilisation de l’arme « EN PREMIER » n’a strictement aucun sens et est donc impensable. Elle conduirait à ce que les doctrines d’emploi appellent la destruction mutuelle assurée. Avec la finesse diplomatique qu’on lui connaissait, Jacques Chirac avait provoqué un tollé en disant sans ambages à des journalistes américains du Herald Tribune, qu’il voyait mal l’Iran utiliser une arme nucléaire, avec la certitude d’en recevoir deux cents le lendemain (c’est à peu près le nombre de têtes de l’arsenal israélien), interview du 1er Février 2007. La déclaration était très juste, mais réduisait à néant le matraquage des propagandistes du danger iranien. Nous avons eu la même mise au point dans l’interview du 8 Juin 2010 d’Ahmadinedjad par une journaliste de TF1, à laquelle il fit une leçon sur la dissuasion, expliquant à Mme Ferrari en dépit de sa très épaisse insistance, que l’on parlait d’une arme politique d’interdiction, et certainement pas d’une frappe « EN PREMIER ».
Et donc à nos yeux cette question est définitivement évacuée, et ne peut en aucun cas être un argument, dans le contexte de la dissuasion du faible au fort.