Une défense européenne ? Jacques Myard - malheureusement - a encore raison !
Par Jacques Myard
Un article où Jacques Myard frappe fort - et juste, à son habitude. Il a malheureusement raison ; en matière de défense européenne ses distinctions et ses diagnostics sont exacts. Emmanuel Macron persiste dans l'ambiguïté, l'utopie et, en fin de compte, l'enfumage : Jacques Myard l'explique fort bien. [Boulevard Voltaire, 30.10].
Le Président Macron vient de tenir des propos sur la défense européenne qui dénotent une singulière méconnaissance des réalités. Selon lui, « on ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne [il faut] nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis. »
Mais que lui est-il passé par la tête, à ce cher Jupiter, pour ignorer les réalités bien connues de tous ceux qui se sont occupés du sujet ? Qu’en pensent nos chers partenaires européens qui n’ont de cesse – il convient de le rappeler – d’acheter des matériels américains ?
L’article 42-7 du traité de Lisbonne est explicite à ce sujet : « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. »
Tout est dit : nos chers partenaires – en dehors de l’Irlande et de la Suède, neutres – sont dans l’OTAN et n’ont nulle envie d’en sortir. Cette clause n’a pas été introduite dans le traité de Lisbonne que par la seule volonté de l’Angleterre, et si certains pensent que le Brexit peut changer la donne, ils se trompent lourdement; tous les pays de l’Est européens y tiennent mordicus et n’ont d’yeux que pour l’OTAN.
L’attitude de Trump est-elle de nature à changer les choses ? Que nenni ! Le président américain grogne comme ses prédécesseurs sur les efforts insuffisants des pays européens, mais il n’a jamais dit qu’il allait sortir et laisser tomber l’Europe comme certains eurobéats naïfs l’espèrent, se disant que les Européens seront alors au pied du mur et devront prendre leurs responsabilités.
La réalité est tout autre : l’OTAN est la première organisation POLITIQUE en Europe et elle est gouvernée par un logiciel américain. Ce n’est pas demain la veille que Washington va y renoncer, quelles que soient les foucades de l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Faire payer, oui ; partir, non !
Surtout, le prétendu repli de l’Amérique sur elle-même est impossible dans la nouvelle donne géostratégique du village planétaire : tout ce qui surviendrait de grave en Europe aurait des répercussions sur les États-Unis, qui ne peuvent l’ignorer. La crainte d’assister à la résurgence d’une Amérique isolationniste appartient à un temps révolu.
Le Président Macron appelle de ses vœux une souveraineté européenne : c’est une pure chimère ! L’Union européenne est une union hétérogène et vouloir en faire un bloc est une faute qui ne peut qu’exacerber les différences et les antagonismes. La voie possible est celle de la coopération et, surtout, du renforcement de nos moyens nationaux.
La défense de l’Europe passe d’abord par le maintien de notre crédibilité militaire, de notre force de frappe nucléaire dont la décision de mise en œuvre éventuelle ne peut être partagée, sauf à perdre toute crédibilité dissuasive…
En matière de coopération, créer de nouveaux systèmes d’armes est une voie parfaitement possible mais, paradoxalement, elle ne doit pas se limiter aux seuls pays européens dont les compétences industrielles ne sont pas suffisantes pour couvrir tout le champ de développement des équipements projetés. La France (Safran) a su développer avec General Electric un moteur d’avion qui est un succès mondial sans équivalent. L’Europe n’est pas, en matière industrielle, un passage obligé !
De plus, pour réussir une coopération, il est indispensable qu’il y ait un pilote dans l’avion qui détermine les missions de chaque industriel. Toute coopération fondée sur un principe d’égalité politique est vouée à l’échec.
Enfin, la question des exportations hors Europe est une question délicate. L’exportation des armements est un sujet très sensible qui relève de la politique étrangère mais aussi de considérations de politique intérieure. La France et l’Allemagne avaient conclu un « accord » en décembre 1971 et février 1972, arrangement Debré-Schmidt (alors ministres de la Défense) stipulant « qu’aucun des deux gouvernements n’empêchera l’autre d’exporter […] des matériels d’armement issus de développement ou de production menés en coopération ». Or, l’Allemagne, en 2014, a bloqué l’exportation, par la société MBDA, des missiles antichars Milan ER et la commande de VAB Mark 3 de Renault Trucks défense vers un pays du Golfe !
En exposant en permanence des utopies, Emmanuel Macron ne peut que braquer nos partenaires, qui le considèrent de plus en plus comme un agitateur et un donneur de leçons arrogant ! ■


Ces pages ultimes de l'ouvrage évoquent l'inhumation définitive dans l'hiver 1921 du jeune Pierre Villard dont l'important héritage financier permettra la naissance et la publication durant un quart de siècle de La Revue Universelle fondée et dirigée par Jacques Bainville. Elles forment une sorte de déambulation entre paysages des territoires de la guerre et souvenirs des espérances des débuts de l'Action Française, quand Maurras parcourt en train la distance qui sépare Paris de Verdun. Il y a une mélancolie certaine de Maurras, teintée d'une amertume qui se transforme en colère, cette sorte de « furia francese » dont Maurras, jadis polémiste de conquête, deviendra coutumier, non sans certaines raisons, et que le général de Gaulle, « ce maurrassien pressé d'agir » comme le nommera un rédacteur de la revue étudiante Insurrection en 1993, résumera par une formule bien trouvée : « Il a eu tellement raison qu'il en est devenu fou ! ».
Maurras doit désormais se contenter d'établir un bilan et de rappeler l'histoire sans les moyens humains de la faire, ou de l'orienter différemment de la République : « Nos rois n'aimaient pas la guerre, mais ils savaient la préparer, la conduire, la terminer, l'utiliser : nous l'avons vu depuis la mort de Pierre Villard, notre paix démocratique, cette prétendue paix des peuples dictée par un consortium de banquiers à nos armes victorieuses, ne vaut pas non plus la paix de nos rois. » Effectivement, la suite lui donnera raison, malheureusement (et Maurras sera le premier à le regretter pour l'avoir tant annoncé et dénoncé) et douloureusement, et la guerre, la défaite, l'occupation, l'infamie même, seront au bout de cette paix des banquiers !

C’est là que les frères Saadé (photo), Karim et Sandro, ont décidé en 2003 de replanter des vignes. Les cépages sont classiques : Syrah, Merlot et Cabernet-Sauvignon pour le rouge, Chardonnay et Sauvignon pour le blanc.
La guerre a failli tout remettre en cause. Les islamistes ont occupé des villages non loin de domaine et des obus ont atteint les vignes. Surtout, il n’est plus possible pour les deux frères de se rendre en Syrie. Même si les combats se sont éloignés grâce aux succès de l’armée syrienne, les risques d’enlèvement sont trop grands.


Justement, l'un de ses articles a été republié dans le recueil intitulé La monarchie des lettres, dans la collection Bouquins de Robert Laffont, et apparaît comme malheureusement visionnaire, comme celui d'une Cassandre que l'Opinion et les élites de la République n'entendent pas, ne veulent pas entendre, engoncées dans leurs certitudes et aveuglées d'illusions. Cet article c'est celui du... 14 novembre 1918, dans l'A.F. monarchiste qui sort exsangue d'une guerre qui l'a privée de sa jeunesse saignée dans la Somme ou à Verdun. Son titre : Demain ?. Il faudrait le citer en entier, même si, en définitive, sa lecture est éprouvante, presque désespérante lorsque l'on connaît la suite et que l'on constate que les avertissements de Bainville n'ont servi à rien : comme le général de Gaulle, grand lecteur de Bainville, on peut n'en éprouver que plus de mépris pour cette IIIe République imbécile et assassine par son aveuglement, sa lâcheté aussi face au pangermanisme et au nazisme des années 30, cette République qui se réfugiera dans les bras d'un vieux maréchal qu'elle ira chercher à son ambassade de Madrid avant de disparaître dans la catastrophe de mai-juin 1940...
Cette guerre terrible est, à nos yeux de contemporains, absurde. Mais elle a mobilisé 65 millions de personnes sur tous les champs de batailles (9 millions, je crois, de Français) sans vraiment de révoltes ni de mutineries, à quelques exceptions près. « Quand la guerre est là, qu'il y a danger aux portes de la Cité, il n'y a plus qu'à la faire, et à la gagner », expliquaient alors les monarchistes, pourtant méfiants à l'égard de la IIIème République qui gouvernait alors le pays. Les générations d'après-40 reprocheront beaucoup à ceux de 1940 de n'avoir pas su la faire, et la gagner... L'Occupation montra, avec toutes les horreurs liées à l'application de l'idéologie nazie, que la défaite ou la soumission (même au nom du pacifisme), est la pire des catastrophes pour les « occupés ». Cela permet aussi de mieux comprendre l'acharnement des soldats de 1914-1918 « à ne pas céder », malgré l'horreur de cette première « guerre industrielle ».
On sait que nous aimons les textes de Jean-Paul Brighelli, son style, son humour, son expression directe et sans ambages, son érudition, son bon sens, son non-conformisme et jusqu'à la verdeur de son langage. Qui mieux que lui pouvait dire ce qu'il convient de penser des effondrements de Marseille ? Il l'a fait, dans son blog, ce 11 novembre. Voici ! 
Une promenade, nez en l’air, vous en convaincra aisément. Les immeubles du Quartier Noailles furent jadis de bonne tenue. Mais les saints patrons installés aux corniches ne protègent plus les habitants des coups du sort et de l’incurie municipale. D’ailleurs, ils sont désormais en concurrence avec les poêles à frire qui permettent de capter Sainte Al Jezeera, nouvelles paraboles d’une nouvelle religion.
Les façades écaillées, lézardées, condamnées,camouflent à peine les toits crevés, rue du Musée. C’est bien pour les pigeons. C’est médiocre pour les humains qui s’obstinent à vivre ici. Que ne déménagent-ils donc pour aller habiter le VIIIe arrondissement, comme Gaudin, ou le VIIe, comme la sénatrice Samia Ghali…
Plus de la moitié des habitants de la ville ne sont pas assujettis à l’impôt, par défaut de revenus — contre 12% à Lyon. Et le petit paquet noir assis sur une cagette au milieu du carrefour, c’est une gamine en burka qui fait la manche — c’était vendredi, jour propice à l’aumône…
Oui — mais les façades se lézardent. Un rapport en 2015 ciblait déjà les immeubles qui se sont effondrés, rue d’Aubagne ? Broutilles. C’est la faute à la pluie, as-tu dit…
Tu sais, mon Jean-Claude, je suis passé deux fois dans ton bureau du Sénat, quand tu en étais vice-président. Le gentil jeune homme rougissant qui te servait alors de secrétaire, et qui faisait une thèse sur Jacques Maritain (eh, sur qui d’autre pouvait-il la faire !) m’avait montré, très fier, les belles photos où tu posais en compagnie du pape. Es-tu allé à confesse récemment, Jean-Claude ? L’homicide par imprudence, par incurie, par incompétence, ce n’est pas prévu dans les canons de l’Eglise ? « Tu ne tueras point », Jean-Claude — remember ?
Si le populisme pose les bonnes questions, Emmanuel Macron a du mal à convaincre qu‘il peut y apporter les bonnes réponses.







Si c’est à Luxembourg qu’a été signée une «
Qu’est-ce en effet qu’une « armée européenne », si ce n’est une armée unique qui remplacerait les armées nationales ? Or, on se rappelle l’échec de 1952 (Communauté européenne de défense) et même celui de 1999 (Force d’intervention rapide). C’est que les Etats existent et que la défense relève de leur souveraineté - ce que l’U.E. elle-même admet dans un texte de 2016, tandis que le document de la D.G.R.I.S. se contente de noter, à propos de l’I.E.I., sa « forte compatibilité avec l’Otan et/ou l’U.E. ». Il est donc plus réaliste d’envisager une solide alliance fondée sur un engagement sérieux (et financier) de la part d’une Allemagne toujours frileuse dans ce domaine depuis la fin de la seconde guerre et de quelques autres partenaires jusqu’à présent confortablement à l’abri sous le parapluie américain.
Après avoir dénoncé les faiblesses de la politique étrangère de la IIIème République (notamment à travers ce chef-d’œuvre qu’est le Kiel et Tanger de Maurras, qui faisait l’admiration du président Pompidou), après avoir contribué puissamment par ses campagnes au vote de la loi des trois ans, qui allongeait la durée du service militaire, l’Action française participa sans réserve en 1914 à l’Union sacrée et jeta toutes ses forces dans la guerre.