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Défense nationale

  • Toulon : l'hommage en mer aux 52 membres d'équipage de la Minerve

    Les familles ont rendu un émouvant hommage aux 52 sous-mariniers de la Minerve, ce dimanche, au-dessus de l’épave. Un moment qu'elles attendaient depuis 51 ans.

  • Deux moments forts du 75ème anniversaire du Débarquement en Provence...

    Hier, c'était relâche sur lafautearousseau (comme à chaque Assomption/Noël/Pâques).

    Pas de reportage, donc, sur la belle cérémonie marquant le 75ème anniversaire du Débarquement en Provence : voici cependant deux moments marquants :

    - d'abord, la toujours très attendue Patrouille de France, égale à elle-même dans la perfection...

    - ensuite, très émouvant, le "chant des Africains" entonné par les militaires... 

    "...CAR NOUS VOULONS PORTER, HAUT ET FIER,

    LE BEAU DRAPEAU DE NOTRE FRANCE ENTIERE,

    ET SI QUELQU'UN VENAIT A Y TOUCHER,

    NOUS SAURIONS, TOUS, MOURIR JUSQU'AU DERNIER !..."

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  • Historique ! Le magnifique exploit de Franky Zapata, c'est celui de la France qui ose, qui gagne !

    4 août, 8h16 : il s'envole... vers le succès !

     

    Bravo à l'homme et à son équipe pour le courage, l'inventivité, la ténacité dont tous ont fait preuve, y compris et surtout lors du premier échec, la semaine dernière...

    Il reste maintenant à l'inventeur à perfectionner sa machine - que le monde entier nous envie déjà... - et aux Pouvoirs publics à l'aider correctement : la variété presque infinie des domaines d'application de cette invention, les services immenses et non encore totalement connus qu'elle pourra rendre (aux Armées, notamment, mais, bien sûr, pas seulement) leur en font une impérieuse nécessité.

    Franky Zapata ? Un sportif, un héros, une chance pour la France !...

    (Voici le film de l'exploit : nous mettrons une vidéo dès qu'il y en aura une de réalisée...)

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  • Soldats du feu, soldats tout court, héros français...

    Hommage au pilote du Tracker qui a trouvé la mort hier, en luttant contre l'incendie criminel de Générac; condoléances à sa famille, et à l'ensemble de la grande famille des soldats qui, en toutes circonstances, répondent présent lorsque la défense de la collectivité l'exige...

  • Deuxième essai pour Franky Zapata : ce sera demain, BONNE CHANCE A LUI !

    "L'aviation d'aujourd'hui est le fruit de l'échec des pionniers qui ont su se relever" : le 25 juillet dernier, lors de son premier essai/premier échec, alors qu'il n'avait pas été aidé par les autorités françaises, Zapata avait réussi à la fois à ne pas se blesser lui-même mais aussi à sauver son appareil, dont il n'a qu'un seul et unique exemplaire.

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  • Franky zapata : nouvel essai en fin de semaine. Bon vent à lui, à la France qui innove, qui va de l'avant, qui gagne !

    Ce sera samedi ou dimanche, en fonction de la météo : "Franky" ne veut pas rester sur un échec, et il a raison. Il faut repartir tout de suite, son matériel est réparé, son dossier prêt à être représenté à la Préfecture maritime : cette fois-ci, la Préfecture a fait savoir qu'elle n'émettrait pas d'avis défavorable et même qu'elle autoriserait le ravitaillement dans les eaux territoriales. C'est bien la moindre des choses !

    Un plein succès à Franky Zapata, beau symbole de cette France qui bouge... en bien !

  • Traditions militaires, la prochaine bataille ?

    Salle des drapeaux, appelée familièrement « de la couronne », au Service historique de la Défense, château de Vincennes

    Par Thierry de Cruzy

    Dans un rapport parlementaire rendu public le 27 mars, les députés Christophe Lejeune (LREM) et Bastien Lachaud (FI) s’attaquent aux traditions militaires sous prétexte de lutter contre les discriminations.

    Les députés dénoncent le caractère religieux de certaines fêtes ancrées dans les traditions : « Nous croyons utile de veiller à un strict respect de la neutralité. La laïcité et la neutralité prémunissent de tout mélange des genres préjudiciable à la cohésion du groupe ». Leur objectif n’est pas seulement les traditions, ni la religion.

    Contre la croix et le croissant ?

    Pour eux « Les moyens généraux sont en effet trop souvent utilisés pour envoyer des invitations à des cérémonies catholiques. Il n’est pas rare que le courriel d’invitation à la messe en l’honneur du saint patron soit envoyé depuis la boite mail de l’unité ou depuis celle du commandant. » On se croirait revenu aux temps de l’affaire des fiches avec la chasse aux officiers allant à la messe. Dans cette logique, les députés devraient interdire les insignes avec des croix : latine (7e Brigade blindée, 1er RI, 1er RHP, …), lorraine (2e Brigade blindée, 9e DIMa, RICM, 13e DBLE, commandos marine, …). Les décorations, comme du temps des héritiers de la Révolution, devront uniquement être des croix à cinq branches sur le modèle de la Légion d’honneur. Ils ne devront pas oublier les autres symboles confessionnels comme le croissant, la croix d’Agadès ou l’étoile chérifienne. Car l’armée française respecte les croyances des soldats qui combattent dans ses rangs. La sacralisation de ses symboles n’est pas seulement l’expression de croyances, elle est légitimée par le sang des soldats. Le culte du sang et des morts est le ciment des armées. Il est sur les autels catholiques comme il est à l’Arc de triomphe dans sa forme d’autel (4 pieds et 1 plateau), les noms gravés sur ses faces et la flamme du Soldat inconnu régulièrement ranimée. « Sans le cérémonial, tout meurt » a dit Jean Cocteau, y compris l’autorité elle-même.

    Les traditions militaires ne font que refléter celles du pays. Les éliminer serait comme détruire des forteresses immatérielles, effondrant un dispositif aussi invisible qu’indispensable de l’outil de défense. Comme le fait remarquer le Gal Pinard-Legry, président de l’Association de soutien à l’armée française : « C’est ignorer l’importance que revêt l’esprit de corps au combat et qui est fondé pour une large part sur le culte des valeurs et des traditions. » Il faut être bien étranger aux questions militaires pour ne pas mesurer ce que représente la Saint-Michel pour les parachutistes ou Noël pour les légionnaires.

    Les grandes manœuvres contre les traditions

    L’armée est régulièrement la cible d’offensives destinées à saper la cohésion des troupes, quelques exemples parmi les plus récents : novembre 2018, opération de débaptisation de la promotion Général Loustaunau-Lacau des élèves-officiers de l’Ecole spéciale militaire ; septembre, reconnaissance par le Président de la République « que Maurice Audin a été torturé puis exécuté ou torturé à mort par des militaires » ; mars, campagne contre les agissements sexistes au lycée militaire de St-Cyr-l’Ecole.

    Encore une fois, ce sont les traditions de l’ESM qui sont dans le collimateur de ces deux députés : « On peut citer aussi la journée de cohésion, organisée au Mont Saint-Michel par les saint-cyriens, et qui donne lieu à un baptême du sabre ou du casoar. Dans une telle journée, dont l’acmé est manifestement cette cérémonie, on peut s’interroger sur la possibilité de s’éclipser pour manifester sa différence. Autre incongruité : la participation des saint-cyriens à une cérémonie d’accueil de l’anneau supposé de Jeanne d’Arc au Puy-du-Fou ! ». Les écoles sont les cibles privilégiées de ces attaques car les traditions militaires y sont enseignées et transmises aux plus jeunes, ceux qui formeront l’armée de demain. Leurs traditionnels bahutages excitent périodiquement les garants de valeurs républicaines. Ainsi lancée au sein de l’Assemblée nationale, cette offensive vient soutenir toutes les précédentes. Et ce n’est pas un hasard si elle s’en prend ainsi à certaines des plus anciennes mémoires françaises, en effet, ces traditions militaires sont entretenues par des “familles tradi”, transmises et entretenues à travers les générations, les plus anciens ayant quitté le service depuis longtemps restant en contact avec ceux qui sont sous les armes, ainsi qu’avec ceux qui s’y destinent. Ces lignées mémorielles, qui n’ont rien de confidentiel mais n’ont pas vocation à être médiatisées, assurent la transmission de valeurs professionnelles françaises transcendant les individus comme les institutions. En affaiblissant ces structures, c’est toute l’armée qui perdrait en efficacité, ces députés peuvent l’ignorer, pas ceux qui les commanditent.

    La haine de l’ordre

    Ainsi ces campagnes ne sont que l’expression de la vieille haine contre le monde militaire et l’ordre qu’il représente, en 2013 celle du compagnon de Cécile Duflot très fier de boycotter l’invitation au défilé du 14 Juillet pendant que la ministre distribue son quota de Légions d’honneur ; celle des porteurs de valises des terroristes du FLN pendant la guerre d’Algérie ; celle des militants communistes partant, au cours des hostilités, conseiller l’encadrement des camps viet-minhs au taux de mortalité supérieur à celui des camps nazis ; celle du PCF en 1939 avec les sabotages et désertions alors que le pays est en guerre.

    Les traditions militaires ont été élaborées par ceux qui acceptent l’éventualité de la mort pour défendre le pays. Un risque qui n’est pas inhérent à toutes les professions. Bien éloigné des préoccupations matérielles ordinaires, il impose certaines règles moyennant la liberté d’adopter une conception surnaturelle de l’existence.

    Les traditions militaires ne sont pas constituées d’éléments interchangeables au gré de majorités politiques volatiles. Elles ne sont pas adoptées par un quelconque vote, elles ne peuvent pas être mises à jour comme un simple logiciel, pas plus qu’elles ne seraient disponibles “sur étagère”. A l’instar des monuments, les traditions s’inscrivent dans la mémoire longue des peuples, résultat de consensus collectifs que le législateur ne peut que désorganiser. Les mêmes politiques qui ont supprimé les frontières pour mettre les soldats dans les rues relancent les hostilités contre les traditions militaires, la longue mémoire de l’armée, l’ossature de sa cohésion. Ils mènent l’attaque depuis l’Assemblée nationale avec un député de la majorité présidentielle. Ce n’est donc pas un combat de rencontre.   

    Thierry de Cruzy

  • VIE D'UN HOMME ILLUSTRE

    Hélie de Saint Marc

    Par Jean-Christophe Buisson

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    C'est ce soir ...

    Un documentaire réalisé à partir des textes laissés par Hélie de Saint Marc, qui met en lumière le destin de ce grand soldat au sens de l'honneur aigu. 

    CHERS ORPHELINS DE GRANDS HOMMES, le documentaire de 52.minutes (Histoire, ce 15 mars, à 21 h 35) consacré au commandant Hélie de Saint Marc, disparu en 2013 après une vie exemplaire, ne va pas aider à vous faire admirer notre époque où les héros à chanter sont aussi nombreux que les parents donnant à leurs enfants le prénom de Marie en Seine-Saint-Denis (voir à ce sujet l'étude de Jérôme Fourquet).

    Même si Hélie de Saint Marc, témoin du siècle n'apporte pas d'éléments nouveaux sur cette figure incarnée de l'honneur et de la droiture, il a notamment pour mérite de ne donner la parole qu'à l'officier lui-même. A partir de ses écrits — nombreux et superbes —, lus par Jean Piat, Marcela Feraru et Jean-Marie Schmitz reconstituent, images d'archives parfois inédites à l'appui, la trajectoire singulière d'un homme qui, 91 ans durant, s'en tint à un principe d'airain : ne pas décevoir, ne pas déchoir.

    Enfance bordelaise où naît sa passion (méconnue) pour la nature et se développe, grâce aux « hussards noirs de la République », un haut sens de la morale et de la patrie.

    Désespoir où se mêlent dégoût et fascination pour « la force joyeuse du vainqueur allemand », en 1940. Résistance et déportation à Buchenwald avec cet apprentissage de la grandeur et de la misère de l'homme, ce « regard fixe retourné vers l'intérieur » qui devient le sien malgré lui, cette révélation de « l'absolue vérité des êtres ».

    L'engagement dans la Légion, « la grande affaire de ma vie ». L'Indochine, histoire de troquer la noirceur des camps de la mort avec la lumière du Tonkin. Le traumatisme d'avoir à abandonner au couteau viêt-minh ces milliers de supplétifs dévoués de l'armée française.

    45273.jpgPuis l'Algérie, les rêves de fraternisation sans lendemain en mai 1958, le putsch — seule manière de ne pas trahir à nouveau la parole donnée, seule réponse possible à « l'abus de confiance » du général de Gaulle —, le procès, la prison, le statut de réprouvé jusqu'à la réhabilitation des années 2000 avec le prix Femina, la grand-croix de la Légion d'honneur. Cet honneur enfin, et légitimement, retrouvé.

    Ce destin raconté et montré est exceptionnel. Il eût mérité une hagiographie. Il n'en est rien.

    Ce documentaire remarquable est une leçon de vie. Et de philosophie de la vie.  

    Source : Figaro magazine, dernière livraison. 

    Jean Christophe Buisson est écrivain et directeur adjoint du Figaro Magazine. Il présente l'émission hebdomadaire Historiquement show4 et l'émission bimestrielle L'Histoire immédiate où il reçoit pendant plus d'une heure une grande figure intellectuelle française (Régis Debray, Pierre Manent, Jean-Pierre Le Goff, Marcel Gauchet, etc.). Il est également chroniqueur dans l'émission AcTualiTy sur France 2. Son dernier livre, 1917, l'année qui a changé le monde, vient de paraître aux éditions Perrin.

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    1917, l'année qui a changé le monde de Jean-Christophe Buisson, Perrin, 320 p. et une centaine d'illustrations, 24,90 €.
  • ARMÉE EUROPÉENNE ? POLITIQUE D’ABORD !

    Par Georges-Henri Soutou

    Europe. Le rêve d'une armée européenne est aussi ancien que la Communauté européenne du charbon et de l'acier. De Gaulle avait échoué à ranger l’Allemagne sous la tutelle française. Macron poursuit une chimère insaisissable. 

    4095725311.jpgDevant le Bundestag, le président de la République a récemment proclamé la nécessité de créer une « Armée européenne », expression qui va beaucoup plus loin que les formules plus fréquentes de « défense européenne » ou de « personnalité européenne de sécurité et de défense ». Car là il ne s’agit plus de simplement coordonner, mais d’ « intégrer » et même d’unifier. Mme Merkel a repris l’expression devant le Parlement européen. Cela nous ramène aux années 1950, quand on désignait par le raccourci d’« Armée européenne » ce qui était en fait le projet de Communauté européenne de défense (CED) imaginé par la France pour contrôler le réarmement allemand, que souhaitait Washington ; et que Paris pensait bien diriger. Quand il devint évident que ce ne serait pas le cas, et qu’en outre la France perdrait une large partie de sa souveraineté pour la politique extérieure et la défense, le traité de la CED échoua devant le parlement français (30 août 1954).

    L’idée cependant d’une « défense européenne » à côté de l’Alliance atlantique (mais sans l’intégration et la supranationalité prévues par la CED) ne disparut pas. Elle était présente dans l’esprit du général de Gaulle quand il conclut avec la RFA le traité de l’Élysée en janvier 1963 : celui-ci était bilatéral mais il était aussi une pierre d’attente pour reprendre le projet d’union politique interétatique à six (couramment appelé « Plan Fouchet ») que nos partenaires avaient finalement repoussé en 1961. Rappelons ce que le Général avait dit à la Führungsakademie de Hambourg le 7 septembre 1962 : « La coopération organique de nos armées en vue d’une seule et même défense est donc essentielle à l’union de nos deux pays ».

    Le traité de l’Élysée prévoyait, outre les réunions régulières des principaux responsables politiques et des chefs d’état-major, une coopération étendue en matière de politique extérieure, « en vue de parvenir, autant que possible, à une position analogue » sur tous les problèmes d’intérêt commun. Le traité comportait en matière de défense un volet important. Le préambule constatait « la solidarité qui unit les deux peuples […] au point de vue de leur sécurité ». L’objectif était ambitieux. Outre des échanges de personnels et un travail en commun en matière d’armements dès le stade d’élaboration des projets, il prévoyait que « sur le plan de la stratégie et de la structure, les autorités compétentes des deux pays s’attacheront à rapprocher leurs doctrines en vue d’aboutir à des conceptions communes. Des instituts franco-allemands de recherche opérationnelle seront créés. »

    Tout cela allait loin, et nous verrons plus loin qu’Emmanuel Macron a repris ces objectifs. Mais tout cela était d’abord politique, et reposait sur un accord géopolitique fondamental entre de Gaulle et le chancelier Adenauer : la crise de Cuba à l’automne précédent avait prouvé la nécessité pour les Européens de reprendre en mains leur sécurité, car en cas de crise les Américains penseraient d’abord à eux. En outre de Gaulle comme Adenauer pensaient tous deux que la nouvelle stratégie américaine de « riposte flexible » rendait la garantie nucléaire de Washington beaucoup moins crédible. Il existait entre les deux hommes un profond accord politico-stratégique.

    L’Allemagne choisit la souplesse et la modestie

    Mais le Bundestag et les élites politiques allemandes dans leur majorité ne partageaient pas l’analyse du chancelier Adenauer et ils firent précéder le traité, lors du débat de ratification, d’un Préambule qui réaffirmait le rôle primordial de l’Alliance atlantique. Et ce non seulement parce que Washington, effectivement, avait procédé à Bonn à une reprise en mains, mais aussi parce qu’une majorité de responsables allemands n’avaient nulle envie d’être les brillants seconds de Paris.

    Or nous sommes en train de rejouer la même séquence. En septembre et octobre 2017 Paris a fait une série de propositions pour relancer la « Politique de sécurité et de défense commune » évoquée par le traité de Lisbonne : établissement d’une « coopération structurée permanente » entre pays volontaires ; création d’un Fonds européen de défense ; « initiative européenne d’intervention » pour les opérations extérieures ; et appel à une « culture stratégique partagée », par des échanges d’officiers dans les états-majors et les écoles de Guerre, ce qui rappelle 1963. Mais Berlin n’accepta pas la création d’un « Quartier Général européen commun », annoncé dans le programme électoral d’Emmanuel Macron. Ce point ne fut donc pas finalement repris dans le discours du président de la République à la Sorbonne le 26 septembre. Or il est essentiel : l’Union européenne ne dispose que d’un petit état-major de planification, les opérations importantes relèvent toujours des états-majors de l’OTAN (les accords de 1996 qui devraient permettre à l’OTAN de mettre des moyens à disposition de l’Union européenne ont toujours été bloqués par la Turquie).

    Certes, Paris et Berlin sont d’accord pour penser que la résurgence de la Russie et les incertitudes et la brutalité américaines doivent pousser les Européens à s’unir davantage en matière de défense. Mais l’accord s’arrête là : « la coopération structurée » a été signée par 23 pays sur 28, beaucoup plus que ne le souhaitait Paris, qui voulait un petit groupe très structuré pour des opérations « dures », alors que Berlin préférait un grand ensemble souple pour des opérations plus modestes. Avec un souci qui se comprend : ne pas paraître, aux yeux des autres partenaires, vouloir tout régenter à partir de Paris et Berlin. Mais ainsi conçue, et sans quartier général commun, l’« armée européenne » n’aurait aucune substance.

    Sans même parler du siège de la France au Conseil de Sécurité de l’ONU, que l’Allemagne nous réclame ! et sans évoquer tous les problèmes que poserait une véritable armée commune (quel recrutement ? quelle organisation ? quel degré d’acceptation par les peuples?), bien des problèmes politico-stratégiques non résolus se posent. Que faire de la dissuasion nucléaire française ? Peut-on raisonnablement la partager (et plus seulement laisser entendre qu’elle peut être « étendue » à nos voisins, comme il est dit depuis le Livre blanc de 1972) ? Et peut-être, surtout : d’où vient la principale menace, de l’Est ou du Sud, sachant que Berlin est peu convaincu de la pertinence de notre politique africaine ?

    D’autre part, si l’Armée fait partie des organismes de l’Union européenne elle relèvera de la juridiction de la Cour de Justice européenne de Luxembourg. Cela compliquera beaucoup la gestion d’éventuelles opérations extérieures. À l’heure actuelle, force est de constater que les avancées les plus concrètes ont lieu dans le domaine des armements, avec des programmes multinationaux et la création d’un Fonds européen de Défense qui va financer des recherches et des fabrications et qui est doté d’un important budget (13 milliards d’euros). C’est certes indispensable, mais cela correspond à l’approche et à la méthode de la construction européenne depuis la Communauté europénne du charbon et de l’acier en 1950 : la création de structures économiques et techniques communes supposée conduire à l’émergence d’un sentiment d’appartenance et d’une volonté politique partagés.

    Or les armements ne peuvent jamais être compris en dehors de leur contexte politique, intérieur et extérieur, de leur environnement économique, social, voire culturel.

    Faute de volonté politique commune, faute de conceptions stratégiques communes, il ne peut y avoir de Défense européenne. Et même les programmes d’armements communs trouveront vite leurs limites dans la multiplication des versions « nationales » et les hésitations doctrinales. On en a eu de nombreux exemples par le passé…  

    Georges-Henri Soutou
    Historien, membre de l'Institut
  • Histoire & Actualité • Guerre et paix, qui n’est pas la paix

    Par Richard de Sèze

    Le Musée de l’Armée, qui avait magnifiquement commencé cette longue commémoration de la Grande Guerre par la remarquable exposition « Vu du Front – Représenter la Grande Guerre », la clôt avec une exposition intelligente, « À l’Est, la guerre sans fin – 1918-1923 ».

    La guerre de 14, qui avait commencé dans les Balkans avant 14, ne se termine qu’après 18, en 1923, dans les sables du Levant. Et les combats qui avaient ravagé la France, se sont développés en Ukraine, en Pologne, en Allemagne… Alors les Européens, qui ont dressé des cartes géographiques, linguistiques, ethnologiques et sans doute minéralogiques pour imaginer des nations viables (concept défendu par E. de Martonne, géographe français), se mettent à écrire des traités, longs et minutieux, ratifiés par des dizaines de pays, dont tous les alliés sud-américains des États-Unis.

    Les vitrines nous présentent d’épais volumes d’où s’échappent des passementeries luxueuses retenant des sceaux de cire protégés par des custodes en métal précieux. Une affiche sobre est l’acte de renoncement de Charles 1er, empereur d’Autriche, placardée dans tout le défunt empire. Sur une autre affiche, le maire de Versailles appelle au calme et à la dignité pour la signature du traité de paix, en 1919, à la Galerie des glaces. Le drapeau bleu-blanc-rouge du Bataillon assyro-chaldéen accueille gravement un griffon et un taureau barbu. Les soldats de Bela Kun posent fièrement autour du cadavre pendu d’un « contre-révolutionnaire ».

    L’exposition parcourt tous les champs de bataille, nous fait vivre chaque changement de frontière avec des cartes animées et exhibe avec émotion des reliques incongrues : la pèlerine ou la casquette de celui qui fut un chef éphémère, la croix de 1ère classe de l’ordre letton de Lāčplēsis, le tueur d’ours, décernée à Foch. La croix est au Musée de l’Armée ; les glorieuses frusques viennent de toute l’Europe – ou de France où ont convergé tous les réfugiés, fuyant leurs propres guerres. Les communistes ont tout raflé, tout détruit, et les Allemands ont pris le reste. La Hongrie a prêté beaucoup d’objets : elle ne célèbre pas 1918 et ses commémorations ne sont pas en concurrence avec les nôtres… Le Quai d’Orsay a beaucoup prêté aussi. À côté des gros traités, un livret d’instruction technique explique comment procéder au « nettoyage de la frontière » en entretenant une bande d’un mètre de large de chaque côté de la ligne hungaro-tchécoslovaque ; et la carte D / P.V. 21 se demande, croquis à l’appui, si la frontière passera entre la maison et la grange de la ferme Szelespuszta. Pendant ce temps, le chaos fait rage dans les empires implosés.

    On comprend tout mais cela reste vertigineux : un monde nouveau est en train de naître de tous ces papiers secs et précis. Qu’en reste-t-il, presque cent ans plus tard ? Un tract du Parti socialiste appelant déjà les travailleurs de France à trahir leur pays au profit de la Russie ; l’étendard rouge de l’escadrille SAL 580, une « unité aérienne française déployée en Pologne en 1919 pour aider l’armée polonaise à lutter contre les bolcheviks » ; et l’étendard du 101e Régiment de tirailleurs russes bolcheviques, trophée polonais pris à la bataille de Varsovie en 1920. Il est tout blanc. Parce que la teinture a passé. C’est sans doute la meilleure leçon à méditer.   

    Richard de Sèze
    « À l’Est, la guerre sans fin – 1918-1923 ». Musée de l’Armée, jusqu’au 20 janvier 2019 

  • Une défense européenne ? Jacques Myard - malheureusement - a encore raison !

     

    Par Jacques Myard

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgUn article où Jacques Myard frappe fort - et juste, à son habitude. Il a malheureusement raison ; en matière de défense européenne ses distinctions et ses diagnostics sont exacts. Emmanuel Macron persiste dans l'ambiguïté, l'utopie et, en fin de compte, l'enfumage : Jacques Myard l'explique fort bien.  [Boulevard Voltaire, 30.10]. 

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    Le Président Macron vient de tenir des propos sur la défense européenne qui dénotent une singulière méconnaissance des réalités. Selon lui, « on ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne [il faut] nous protéger à l’égard de la Chine, de la Russie et même des États-Unis. »

    Mais que lui est-il passé par la tête, à ce cher Jupiter, pour ignorer les réalités bien connues de tous ceux qui se sont occupés du sujet ? Qu’en pensent nos chers partenaires européens qui n’ont de cesse – il convient de le rappeler – d’acheter des matériels américains ?

    L’article 42-7 du traité de Lisbonne est explicite à ce sujet : « Au cas où un État membre serait l’objet d’une agression armée sur son territoire, les autres États membres lui doivent aide et assistance par tous les moyens en leur pouvoir, conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies. Cela n’affecte pas le caractère spécifique de la politique de sécurité et de défense de certains États membres. »

    Tout est dit : nos chers partenaires – en dehors de l’Irlande et de la Suède, neutres – sont dans l’OTAN et n’ont nulle envie d’en sortir. Cette clause n’a pas été introduite dans le traité de Lisbonne que par la seule volonté de l’Angleterre, et si certains pensent que le Brexit peut changer la donne, ils se trompent lourdement; tous les pays de l’Est européens y tiennent mordicus et n’ont d’yeux que pour l’OTAN.

    L’attitude de Trump est-elle de nature à changer les choses ? Que nenni ! Le président américain grogne comme ses prédécesseurs sur les efforts insuffisants des pays européens, mais il n’a jamais dit qu’il allait sortir et laisser tomber l’Europe comme certains eurobéats naïfs l’espèrent, se disant que les Européens seront alors au pied du mur et devront prendre leurs responsabilités.

    La réalité est tout autre : l’OTAN est la première organisation POLITIQUE en Europe et elle est gouvernée par un logiciel américain. Ce n’est pas demain la veille que Washington va y renoncer, quelles que soient les foucades de l’actuel locataire de la Maison-Blanche. Faire payer, oui ; partir, non !

    Surtout, le prétendu repli de l’Amérique sur elle-même est impossible dans la nouvelle donne géostratégique du village planétaire : tout ce qui surviendrait de grave en Europe aurait des répercussions sur les États-Unis, qui ne peuvent l’ignorer. La crainte d’assister à la résurgence d’une Amérique isolationniste appartient à un temps révolu.

    Le Président Macron appelle de ses vœux une souveraineté européenne : c’est une pure chimère ! L’Union européenne est une union hétérogène et vouloir en faire un bloc est une faute qui ne peut qu’exacerber les différences et les antagonismes. La voie possible est celle de la coopération et, surtout, du renforcement de nos moyens nationaux.

    La défense de l’Europe passe d’abord par le maintien de notre crédibilité militaire, de notre force de frappe nucléaire dont la décision de mise en œuvre éventuelle ne peut être partagée, sauf à perdre toute crédibilité dissuasive…

    En matière de coopération, créer de nouveaux systèmes d’armes est une voie parfaitement possible mais, paradoxalement, elle ne doit pas se limiter aux seuls pays européens dont les compétences industrielles ne sont pas suffisantes pour couvrir tout le champ de développement des équipements projetés. La France (Safran) a su développer avec General Electric un moteur d’avion qui est un succès mondial sans équivalent. L’Europe n’est pas, en matière industrielle, un passage obligé !

    De plus, pour réussir une coopération, il est indispensable qu’il y ait un pilote dans l’avion qui détermine les missions de chaque industriel. Toute coopération fondée sur un principe d’égalité politique est vouée à l’échec.

    Enfin, la question des exportations hors Europe est une question délicate. L’exportation des armements est un sujet très sensible qui relève de la politique étrangère mais aussi de considérations de politique intérieure. La France et l’Allemagne avaient conclu un « accord » en décembre 1971 et février 1972, arrangement Debré-Schmidt (alors ministres de la Défense) stipulant « qu’aucun des deux gouvernements n’empêchera l’autre d’exporter […] des matériels d’armement issus de développement ou de production menés en coopération ». Or, l’Allemagne, en 2014, a bloqué l’exportation, par la société MBDA, des missiles antichars Milan ER et la commande de VAB Mark 3 de Renault Trucks défense vers un pays du Golfe !

    En exposant en permanence des utopies, Emmanuel Macron ne peut que braquer nos partenaires, qui le considèrent de plus en plus comme un agitateur et un donneur de leçons arrogant !  

    Jacques Myard 
    Homme politique
    Député-maire de Maisons-Laffitte
    A lire dans Lafauteousseau ...
    I.E.I.
  • Le Prince Jean de France rend hommage aux soldats tombés pour la France

     

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    11 novembre 2018

    En ce jour de commémoration de l'armistice de 1918, comme beaucoup de Français, je pense aux noms gravés sur nos monuments, au coeur de nos villages, et je me souviens de nos soldats tombés pour la France.

    Dans l'Europe pacifiée d'aujourd'hui, leur mort peut paraître distante et vaine. Pourtant, emportés dans l'escalade de violence qui se mettait en place, souvent bien loin de leurs vies quotidiennes, et des limites de leur existence individuelle, c'est une frontière commune qu'ils ont défendue. La frontière d'une histoire, d'une manière de vivre, d'une langue qui rendent la France si chère à notre coeur.

    Tout doit être évité pour que l'humanité ne donne plus le spectacle d'un tel carnage. Mais que ce voeu ne nous empêche pas de méditer le courage de ces soldats qui ont fait tous les sacrifices, non seulement par obéissance, mais aussi par conscience d'un bien supérieur à leur propre existence.

    Le prince Jean de France
    (Page facebook officielle)
  • I.E.I.

     

    par Louis-Joseph Delanglade
     

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    Voilà donc commémoré l’armistice de 1918.

    L’événement a quelque peu occulté la première réunion à Paris, mercredi 7, des pays signataires de l’« Initiative européenne d’intervention » (I.E.I.).  Ils sont désormais dix : neuf pays membres de l’Union européenne (France, Allemagne, Danemark, Belgique, Pays-Bas, Espagne, Estonie, Portugal, Finlande) auquel il faut ajouter le Royaume-Uni (hors U.E. de jure, le 29 mars 2019), l’Italie ayant préféré rester dans une prudente expectative. 

    logo-long-dgris_a_la_une.jpgSi c’est à Luxembourg qu’a été signée une « lettre d’intention » par les ministres de la défense de neuf pays européens (25 juin 2018), c’est bien une fois de plus la France qui est à l’origine de cette initiative avec le discours de M. Macron à la Sorbonne (26 septembre 2017). L’ambition est grande, si l’on en croit la D.G.R.I.S. (Direction Générale des Relations Internationales et de la Stratégie) du Ministère des Armées : créer « les conditions préalables pour de futurs engagements coordonnés et préparés conjointement » par des « États européens ayant démontré leur volonté politique et leur capacité militaire d’assumer un engagement en opérations ». 

    Alors que M. Trump conserve à l’évidence, suite aux résultats des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, le pouvoir de persévérer dans une politique étrangère de désengagement, l’affichage d’une telle volonté « politique » peut sembler de bon augure.  Pour l’Europe en général, cela va de soi, grâce au rapprochement franco-britannique. Mais aussi pour la France, laquelle dispose d’atouts de premier ordre dans le domaine de la défense (sa force de dissuasion et sa présence outre-mer, par exemple). Cependant, on peut avoir quelques inquiétudes, à tout le moins quelques doutes. Ainsi, mardi 6 (soit la veille de la réunion de Paris), M. Macron déclare sur Europe 1 : «  On ne protégera pas les Européens si on ne décide pas d’avoir une vraie armée européenne. » Cette dernière dénomination peut surprendre. 

    5b328a8809fac2f5058b4568.jpgQu’est-ce en effet qu’une « armée européenne », si ce n’est une armée unique qui remplacerait les armées nationales ? Or, on se rappelle l’échec de 1952 (Communauté européenne de défense) et même celui de 1999 (Force d’intervention rapide). C’est que les Etats existent et que la défense relève de leur souveraineté - ce que l’U.E. elle-même admet dans un texte de 2016, tandis que le document de la D.G.R.I.S. se contente de noter, à propos de l’I.E.I., sa « forte compatibilité avec l’Otan et/ou l’U.E. ». Il est donc plus réaliste d’envisager une solide alliance fondée sur un engagement sérieux (et financier) de la part d’une Allemagne toujours frileuse dans ce domaine depuis la fin de la seconde guerre et de quelques autres partenaires jusqu’à présent confortablement à l’abri sous le parapluie américain. 

    Croyant sans doute y trouver une bonne justification à ses propos, M. Macron affirme par ailleurs, le même jour sur la même radio, que la Russie représente un danger. On doit, certes, regretter que la situation géopolitique actuelle et l’hostilité manifeste de l’Otan à son égard tiennent la Russie éloignée de la communauté des nations d’Europe. Mais la nommer comme le premier de nos ennemis potentiels est chose grave. D’abord parce qu’elle ne nous menace pas vraiment, ensuite et surtout parce qu’elle a naturellement vocation à faire partie de la véritable Europe, pas celle de l’U.E. évidemment. 

    On soulignera enfin, car c’est une donnée politique très importante, que le Brexit ne devrait avoir aucune incidence sur le processus d’alliance militaire enclenchée par l’I.E.I. Les Britanniques quittent l’Union mais se rallient à l’I.E.I. : cela prouve que l’Union européenne, qui se reconnaît bien incapable de promouvoir quoi que ce soit en matière de défense, est tout simplement hors jeu. Redit de façon différente : ce sont bien des Etats, certes membres pour la quasi totalité de l’U.E., qui se rapprochent militairement, en dehors de la technostructure de Bruxelles. 

    Le possible grand retour des Etats et l’affichage des souverainetés nationales : M. Macron aura peut-être été, sans le vouloir, l’initiateur d’un processus fécond pour l’Europe. Affaire à suivre.   

  • Histoire & Actualité • Un siècle après la fin de la Grande Guerre Zemmour décrypte les non-dits du 11 novembre 2018

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgÉric Zemmour dénonce ici les non-dits du 11 novembre 2018. Qui ne sont, en vérité, ni à l'honneur d'Emmanuel Macron et des semble-élites de notre pays, ni utiles à la nécessaire réconciliation franco-allemande qui ne peut se fonder sur la soumission et l'abaissement de la France. Encore moins sur le déni du sacrifice des Français et sur le mépris de nos gloires militaires. Les Allemands ont d'ailleurs les leurs et il ne serait pas plus convenable de les leur dénier. C'est ce qu'explique ici Éric Zemmour avec qui nous sommes d'accord. [Figaro magazine du vendredi 9 novembre]  LFAR 

      

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    « C'était une demande de Berlin » L'aveu vient de l'Elysée. Surtout pas de parade ni de défilé en ce 11 novembre. On se souviendra de la boucherie, mais surtout pas de la victoire.

    Les poilus français n'étaient que des « civils qu'on avait armés » et non des soldats, héritiers des vertus militaires séculaires de leur peuple, défendant leur patrie et leur sol contre l'envahisseur. Ils se battaient pour « plus jamais ça » et pas du tout contre les Boches. Pourtant, en 2005, les Anglais n'ont pas demandé l'autorisation à Paris de célébrer Trafalgar. Et, en 2015, toute l'Europe a fêté avec faste Waterloo sans se soucier des susceptibilités françaises.

    Ce sont les dirigeants français qui, de Chirac à Macron, ont des pudeurs de jeune vierge dès qu'il faut évoquer les triomphes militaires français, d'Austerlitz à la Grande Guerre. Le prétexte est de ne pas gâcher la réconciliation franco-allemande. Fragile réconciliation qui ne supporte pas la vérité ! Vérité d'autant plus cruelle qu'elle fut longtemps niée par les Allemands, qui s'accrochèrent à la thèse du « coup de couteau dans le dos » qu'auraient donné les révolutionnaires communistes à une armée allemande invaincue. Thèse qui fit le lit de la propagande nazie.

    IMG.jpgIl est vrai que les populations allemandes n'avaient pas vu un soldat français sur leur territoire. Cette décision de ne pas « entrer dans Berlin » fut prise par Clemenceau et Foch, sous pression des alliés anglais et américains, qui souhaitaient avant tout éviter le retour de l'hégémonie française sur le continent. Et voilà comment la France de Clemenceau - le héros de Macron ! - perdit la paix après avoir gagne guerre ! Mais cette version de l'histoire est aujourd'hui occultée par l'historiographie française. Celle-ci, mettant ses pas dans ceux de l'économiste anglais (et francophobe) Keynes, ne veut voir dans le traité de Versailles que le « diktat » qui, humiliant les Allemands, aurait alimenté leur volonté de revanche.

    A l'époque, pourtant, le président de la République Poincaré et d'autres généraux comme Pétain et Mangin, s'étaient opposés au choix de Clemenceau et Foch.

    Mais Poincaré, l'homme de la « revanche », et surtout Pétain, l'homme de Vichy, sont aujourd'hui persona non grata de notre histoire officielle. Macron n'assistera même pas à l'hommage militaire des Invalides, de peur de devoir prononcer le nom maudit de Pétain !

    Le général de Gaulle, lui, n'hésitait à célébrer le vainqueur de Verdun, tout en rappelant son hostilité à Vichy. Il fut l'artisan de la réconciliation avec l'Allemagne sans cesser de rappeler aux nouvelles générations la gloire militaire de leurs ancêtres Pour de Gaulle, la France devait être le « jockey » du « cheval » allemand, tandis que nos élites d'aujourd'hui, dont Macron est la quintessence, veulent noyer l'identité et la souveraineté françaises dans un ensemble européen. D'où les projets de partager avec l'Allemagne notre siège à l'ONU, voire notre arme nucléaire. C'est toute la perversité du projet macronien : tout en prétendant « revivifier le roman national », il le dévitalise et achève sa destruction de l'intérieur.  

  • Histoire & Actualité • Un siècle après la fin de la Grande Guerre Zemmour décrypte les non-dits du 11 novembre 2018

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgÉric Zemmour dénonce ici les non-dits du 11 novembre 2018. Qui ne sont, en vérité, ni à l'honneur d'Emmanuel Macron et des semble-élites de notre pays, ni utiles à la nécessaire réconciliation franco-allemande qui ne peut se fonder sur la soumission et l'abaissement de la France. Encore moins sur le déni du sacrifice des Français et sur le mépris de nos gloires militaires. Les Allemands ont d'ailleurs les leurs et il ne serait pas plus convenable de les leur dénier. C'est ce qu'explique ici Éric Zemmour avec qui nous sommes d'accord. [Figaro magazine du vendredi 9 novembre]  LFAR 

      

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    « C'était une demande de Berlin » L'aveu vient de l'Elysée. Surtout pas de parade ni de défilé en ce 11 novembre. On se souviendra de la boucherie, mais surtout pas de la victoire.

    Les poilus français n'étaient que des « civils qu'on avait armés » et non des soldats, héritiers des vertus militaires séculaires de leur peuple, défendant leur patrie et leur sol contre l'envahisseur. Ils se battaient pour « plus jamais ça » et pas du tout contre les Boches. Pourtant, en 2005, les Anglais n'ont pas demandé l'autorisation à Paris de célébrer Trafalgar. Et, en 2015, toute l'Europe a fêté avec faste Waterloo sans se soucier des susceptibilités françaises.

    Ce sont les dirigeants français qui, de Chirac à Macron, ont des pudeurs de jeune vierge dès qu'il faut évoquer les triomphes militaires français, d'Austerlitz à la Grande Guerre. Le prétexte est de ne pas gâcher la réconciliation franco-allemande. Fragile réconciliation qui ne supporte pas la vérité ! Vérité d'autant plus cruelle qu'elle fut longtemps niée par les Allemands, qui s'accrochèrent à la thèse du « coup de couteau dans le dos » qu'auraient donné les révolutionnaires communistes à une armée allemande invaincue. Thèse qui fit le lit de la propagande nazie.

    IMG.jpgIl est vrai que les populations allemandes n'avaient pas vu un soldat français sur leur territoire. Cette décision de ne pas « entrer dans Berlin » fut prise par Clemenceau et Foch, sous pression des alliés anglais et américains, qui souhaitaient avant tout éviter le retour de l'hégémonie française sur le continent. Et voilà comment la France de Clemenceau - le héros de Macron ! - perdit la paix après avoir gagne guerre ! Mais cette version de l'histoire est aujourd'hui occultée par l'historiographie française. Celle-ci, mettant ses pas dans ceux de l'économiste anglais (et francophobe) Keynes, ne veut voir dans le traité de Versailles que le « diktat » qui, humiliant les Allemands, aurait alimenté leur volonté de revanche.

    A l'époque, pourtant, le président de la République Poincaré et d'autres généraux comme Pétain et Mangin, s'étaient opposés au choix de Clemenceau et Foch.

    Mais Poincaré, l'homme de la « revanche », et surtout Pétain, l'homme de Vichy, sont aujourd'hui persona non grata de notre histoire officielle. Macron n'assistera même pas à l'hommage militaire des Invalides, de peur de devoir prononcer le nom maudit de Pétain !

    Le général de Gaulle, lui, n'hésitait à célébrer le vainqueur de Verdun, tout en rappelant son hostilité à Vichy. Il fut l'artisan de la réconciliation avec l'Allemagne sans cesser de rappeler aux nouvelles générations la gloire militaire de leurs ancêtres Pour de Gaulle, la France devait être le « jockey » du « cheval » allemand, tandis que nos élites d'aujourd'hui, dont Macron est la quintessence, veulent noyer l'identité et la souveraineté françaises dans un ensemble européen. D'où les projets de partager avec l'Allemagne notre siège à l'ONU, voire notre arme nucléaire. C'est toute la perversité du projet macronien : tout en prétendant « revivifier le roman national », il le dévitalise et achève sa destruction de l'intérieur.