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Rheinmetall, bluff ou puissance ? Ou : faut-il avoir peur d el'ogre allemand... (sur OpexNews)

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En lisant cet article (ndlr : du Financial Time), on ne peut s’empêcher de voir Rheinmetall comme un ogre. Pas au sens moral mais au sens mécanique : une créature industrielle qui grandit à vue d’œil, qui étend ses bras bien au-delà des obus et des blindés, jusqu’aux satellites et aux programmes spatiaux et navals.

Dans une Allemagne qui veut (un peu) réduire sa dépendance aux États-Unis et reconstituer de la puissance, l’histoire est presque logique : quand l’État cherche de la masse et de la vitesse, il se tourne vers ceux qui promettent d’en fabriquer. Mais il y a un revers, plus discret : à force de vouloir une solution simple, on risque de fabriquer une dépendance nouvelle. Quand un acteur devient la réponse automatique au problème de coordination, l’écosystème respire moins. La concurrence s’érode, la transparence se tend, l’innovation peut se retrouver reléguée et l’on finit par confondre « champion » et « passage obligé ».

Or la résilience industrielle, ce n’est pas la taille seule : c’est la diversité, les alternatives, la capacité à ne pas tout miser sur un seul pari. Surtout, l’ogre devra se mesurer à la seule chose qui compte vraiment : l’exécution. Des millions d’obus, des usines à bâtir, une chaîne de sous-traitance à étirer sans la casser, des programmes complexes à tenir dans les délais… L’industrie, elle, s’en fiche des objectifs affichés. Ce qu’elle regarde, c’est le concret : des machines qui tournent, des équipes qu’on trouve et qu’on garde, des fournisseurs qui suivent, des pièces qui arrivent, des chaînes qui tiennent la cadence. Et c’est souvent là que les grands discours se font rattraper : au moment de livrer, pas au moment d’annoncer. Au fond, c’est ce qui rend le moment fascinant et un peu inquiétant.

L’Europe veut se réarmer vite, donc elle concentre. Mais elle veut aussi durer, donc elle devrait multiplier les options. Rheinmetall incarne la tentation du « on s’occupe de tout » comme le dit son PDG. Reste à savoir si cette faim gargantuesque produira des livraisons, ou seulement une accumulation de promesses.

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