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Aboubakar Fofana : il aurait donc fallu que la presse cache ses démêlés avec la justice ?

 

Par Gabrielle Cluzel

Cette excellente chronique qui revient sur les récentes émeutes de Nantes [Boulevard Voltaire, 9.07] ne dit que des vérités premières. On ne peut qu'approuver, partager.  LFAR

 

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Sur les émeutes de Nantes, les articles de presse se suivent et se ressemblent. On finit par les lire en diagonale, sans y prendre garde. Et pourtant certains sont de jolis morceaux d’anthologie.

Ainsi celui du site RMC.BFMTV, qui annonce la constitution partie civile, ce lundi, de la famille d’Aboubakar Fofana.

Passons sur l’introduction passablement surréaliste – « un calme relatif a a régné dans les quartiers de Nantes dans la nuit de samedi à dimanche. Seulement quelques (sic) véhicules ont été incendiés (…) ». Combien au juste ? Le site préfère rester vague. Comme sa racine l’indique, « relatif » permet… de relativiser. Avec souplesse, comme on tire délicatement sur un élastique. À partir de quel moment le calme relatif devient une émeute objective ? Tout est affaire d’appréciation. Sans doute doit-on comprendre, que les nuits précédentes, le curseur « intensité » ayant été mis assez haut, ce modeste incendie (18 voitures précisément, lit-on ailleurs, sur Le Télégramme) semble comparativement bien peu de chose.

C’est surtout le titre qui attire l’œil et laisse perplexe : « On a sali la mémoire d’Aboubakar Fofana en faisant allusion à son passé ». Les propos ont été tenus pas l’avocat, citant la famille.

Si l’on compatit à la peine des proches, si l’on comprend que ses démêlés avec la justice – il était « sous le coup d’un mandat d’arrêt » , « recherché pour vol en bande organisée, recel et association de malfaiteurs » (L’Obs) – ne soient pas ce qu’ils souhaitent retenir du jeune homme décédé, comment peut-on affirmer que citer des faits – qu’en l’occurrence nul ne remet en cause – serait « salir la mémoire » ? La mémoire n’est-elle pas, par définition, la conservation du passé ?

Et donc en toute logique, si le CRS incriminé avait eu des antécédents de « violence policière », il aurait aussi fallu miséricordieusement les cacher pour ne pas porter atteinte à sa réputation ? À moins que cette censure de précaution ne vaille que pour certains ? Comment la presse pourrait-elle faire son métier, si elle occulte ce qui est avéré ?

Décidons donc une bonne fois que par principe, toute fusillade, arrestation, altercation, tout règlement de compte, barrage de police forcé, n’impliquera plus désormais que des enfants de chœur, des rosières et des premiers communiants, ce qui rendra évidemment la compréhension des faits divers – tous confits dans l’eau bénite – plus complexe mais permettra de ne fâcher personne.

On a légiféré contre les fake news. C’est insuffisant. Il faudrait encore, pour une partie de la population supposée stigmatisée, éradiquer tout ce qui n’est pas clean news, sweet news, sugar news, pretty news ? Informer en vérité va devenir décidément terriblement compliqué.  • 

Ecrivain, journaliste

Son blog

Commentaires

  • qui sème le vent récolte la tempête . Pauvre enfant de chœur .

  • Voler en bande organisée est il passible de la peine de mort? Qu’un policier tire sur un « individu  qui refuse d’obtemperer » est assez inquiétant. Si vous avez des enfants qui conduisent la nuit de retour d’une fête, dites-leur de bien obéir aux CRS: pour avoir pu apprécier leur comportement pendant les manifs de la marche pour tous, je me mefie un peu de ces gens là. Et pourtant, je suis de ceux qui pensent que si les parents de ce pauvre type étaient restés. dans le Bled, rien ne serait arrivé.

  • Toutes ces "chances pour la France" auraient mieux fait de rester des chances pour leur pays d'origine! Quand on fait le bilan de l'immigration de masse et le décompte de ce qu'elle coûte, depuis cinquante ans, au budget de l'Etat et à celui des collectivités locales, donc au budget de la minorité de citoyens qui paient de très lourds impôts, ajoute-t-on, au coût des "politiques de la ville", à celui des charges et allocations sociales diverses, du gaspillage sur le système scolaire, des logements sociaux, etc. etc., celui des émeutes de banlieues à répétition : voitures incendiées, boutiques vandalisées, espaces et mobilier publics détruits ? A quoi il faut encore ajouter le coût, direct et induit (en charges de sécurité) du terrorisme islamique. Et on continue à vouloir en accueillir davantage, au nom de la "fraternité" de la trilogie républicaine. Quand donc réclamera-t-on des comptes à ceux qui nous gouvernent, ceux nous intoxiquent avec leurs médias..et leurs associations humanitaires, pour la ruine de ce pays et la disparition programmées de notre peuple ?

  • N´oublions pas que les forces de l´ordre, (et au premier chef les CRS) sont confrontées à des missions dangereuses et éprouvantes depuis plusieurs années, exposées comme elles le sont journellement à des agressions auxquelles le pouvoir ne leur laisse pas la possibilité de réagir comme cela devrait êtrre le cas dans un État de droit, Le pouvoir se moque éperduemment de la situation des citoyens francais dans les zones ensauvagées.
    Le peuple francais sait en tout cas qu´entre la racaille et le citoyens, il y des CRS pour les protéger dans la mesure où le pouvoir leur en laisse l´opportunité.
    Qu´ils trouvent dans ces lignes le respect dû à leur courage et à leur sang froid..

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