Médias & Actualité • « Je suis un peu perdu, Le Figaro vote Macron »
Une tribune de Thibaud Collin
Qui pointe - à fort juste titre - « les ambiguïtés du libéral-conservatisme » [Causeur, 27.04]. Thibaud Collin dit ici son fait au Figaro, malgré maints articles positifs, notamment sur Figarovox, que nous-mêmes reprenons ici très souvent, parce que nous voyons entre les idées qui s'y expriment et les nôtres, de réelles et substantielles convergences. En l'occurrence, Thibaud Collin, selon nous, a raison. LFAR
C’est peu dire que lundi matin j’ai été surpris par l’éditorial d’Alexis Brézet, patron du Figaro. Comment comprendre que quelqu’un qui a tenu une ligne si courageuse sur les questions dites « sociétales » notamment au moment de la loi Taubira, appelle à voter Macron, chantre de la PMA pour toutes et mol adversaire de la GPA, comme l’a rappelé l’autre jour Sylviane Agazinski dans ce même journal ? Comment peut-il refuser de voir que ce deuxième tour pose une question de civilisation et non pas d’abord de simple politique économique ? Ai-je mal lu ?
Les noces du Figaro
Je relis : « Bien sûr, entre la grippe et le choléra, entre la poursuite du déclin hollandais et la catastrophe immédiate – politique, sociale et financière – que serait une sortie unilatérale de l’euro, le choix va de soi. Le projet économique de Marine Le Pen est suffisamment insensé pour dissuader de voter pour elle quiconque serait tenté de le faire pour d’autres raisons.» Alexis Brézet étant certainement un homme d’honneur, doué d’honnêteté intellectuelle, il ne peut être déterminé par des intérêts de carrière. Alors, comment comprendre ce qui m’apparaît être une grave incohérence intellectuelle et morale ? Je continue à chercher. Est-il attaché à ce point à François Fillon qu’il veuille suivre à tout prix sa consigne de vote ?
Alexis Brézet tance pourtant sans ménagement le candidat défait qui s’est révélé, somme toute, un vrai chiraquien en appelant à voter pour son adversaire encore hier honni: « Ne nous y trompons pas : un homme a perdu, victime de ses propres faiblesses, de ses erreurs… » Et de poursuivre : « Mais ses idées n’ont pas été disqualifiées pour autant : c’est cette synthèse libérale-conservatrice qui en dépit de tout, et souvent en dépit de lui-même, a permis à Fillon de tenir dans la tempête ».
Le portefeuille d’abord ?
Ma surprise doit être le signe de ma grande naïveté. Ce que j’ai pris pour une incohérence n’est peut-être en réalité que le déploiement de la logique « libérale-conservatrice » chère à Alexis Brézet. Mais comment interpréter cette expression ? Est-ce un conservatisme libéral ou un libéralisme conservateur ? Et puis, que s’agit-il de conserver et selon quelle hiérarchie ? Manifestement, cette synthèse est ultimement mesurée par le critère économique puisque celui-ci a le pouvoir de disqualifier toutes les « autres raisons » de voter Le Pen ou même de s’abstenir. Je saisis enfin la cohérence qui m’avait dans un premier temps échappée. Il s’agit sans doute de conserver en priorité son patrimoine et ses intérêts économiques ; et si ceux-ci exigent de sacrifier telle ou telle raison « sociétale », nous savons désormais que le directeur du Figaro ne mégotera pas.
Ce deuxième tour est une expérience cruciale révélatrice des pensées profondes de nombre de personnalités dites de « droite » ou « conservatrices ». Le voile se déchire sous mes yeux effarés et décidément bien candides. Ce que je croyais être un engagement dans un combat civilisationnel n’est en réalité qu’une variable d’ajustement d’un combat beaucoup plus fondamental et impérieux, celui pour une libéralisation du marché, une relance de la croissance, la défense de la zone euro, etc. Et donc de son corollaire objectif : « l’individu total » du libéralisme enfin réconcilié dans ses deux versants, économique et sociétal. Si j’ai un dernier doute quant à la pertinence de ma découverte, la lecture du papier de Nicolas Baverez, juste en dessous me l’enlève définitivement. Les litanies hebdomadaires à la Sainte Dérégulation et à la Bienheureuse Transition numérique et robotique sont bien récitées. Comment ai-je pu être aussi aveugle et croire que Le Figaro allait poursuivre le combat de civilisation contre François Hollande, Emmanuel Macron et leurs officines ? L’âme de la France peut attendre ; pas les valeurs boursières. •
Thibaud Collin
philosophe et auteur de Les lendemains du mariage gay
Le 20 avril se déroulait à Marseille le dernier meeting de Marine Le Pen avant le scrutin du premier tour. Soucieux d’alerter les patriotes sur la nécessité de changer de régime politique, l’Action française Provence était présente pour tracter. Dans le même temps les « journalistes » du Quotidien, l’émission de Yann Barthès, étaient présents. Notre vue semble les avoir transis d’hystérie car le lendemain leur dossier consacré au meeting de Marine Le Pen consacra un tiers de son temps à parler de nous. Grands dieux, nous avions distribué des tracts avant d’aller au meeting et Wallerand de Saint-Just était entré dans le Dôme avec. Que disait donc notre terrible tract ? Au recto : « L’Action française est l’espoir de la France », et au verso : « Rejoignez-nous ». Aucun doute que ces paroles violentes tombent sous le couperet de la loi. Il n’aura pas d’ailleurs effleuré l’esprit inquisiteur de la journaliste Valentine Oberti que Wallerand de Saint-Just ait pu entrer dans les lieux avec le tract afin de le mettre dans une poubelle au lieu de le jeter au sol. Chacun a la conception écologique qu'il mérite.
Finalement, les sondages ne se seront pas trop trompés. Emmanuel Macron a bien terminé en tête du premier tour de la présidentielle et Marine Le Pen est bien parvenue à se qualifier pour le deuxième. Le deuxième tour plébiscitera très probablement l'héritier de François Hollande, d'autant qu'une pression médiatique et politique immense s'exerce déjà pour pousser au grand rassemblement républicain contre un Front national ne parvenant manifestement pas à se dédiaboliser, à tout le moins chez les élites politiques et médiatiques. La consigne est généralement entendue: pas un vote pour Marine Le Pen.
Nous critiquons suffisamment les journalistes qui confondent carte de presse et carte de parti (de gauche, évidemment) pour nous priver du plaisir qu'ils nous donnent, parfois, en apportant leur pierre à l'établissement - ou au rétablissement - de la vérité.
Et pendant que Jim Morrison chante « la fin », la jungle s’embrase dans la mémoire du capitaine Willard…
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Vous ne serez pas étonné, après avoir lu ce qui va suivre, d'apprendre que l'énergumène de la pensée politique (?) dont nous allons parler ait été, durant la pitoyable campagne présidentielle que nous vivons, un soutien actif d'Emmanuel Hollande, et que le sieur Boudjellal - puisque c'est de lui qu'il s'agit - s'est placé, bien visible, au premier rang de l'assistance lors de son meeting au Zénith, à Toulon : mais, est-ce bien étonnant, de la part du personnage ?
On croyait le concept de lutte des classes dépassé. Les intellectuels de gauche Chantal Mouffe et Jean-Claude Michéa, pourtant nourris à la pensée marxienne, déclaraient récemment qu'il devait être repensé. Aucun candidat de gauche, à l'exception de Nathalie Arthaud, n'ont évoqué le concept lors de la campagne.
« Quelquefois, les peuples s’éteignent dans une agonie insensible, qu’ils aiment comme un repos doux et agréable; quelquefois ils périssent au milieu des fêtes, en chantant des hymnes de victoire et en s’appelant immortels. »
Voici des commentaires significatifs, dont certains remarquables, reçus hier sur LAFAUTEAROUSSEAU. Soit au lendemain du premier tour de l’indigne présidentielle en cours. Les royalistes ne se sentiraient-ils pas impliqués, pas intéressés par ces événements ? On constatera ici tout le contraire. LFAR
Il faut tout de même reconnaître à Macron un immense talent. Jamais je n'avais entendu des discours aussi vides. Il parle avec conviction, alignant les phrases mélodieuses, mais totalement dépourvues de sens. Résumer un discours de Macron, c'est vouloir tamiser du vent. Et il est capable de parler des heures sans jamais prononcer autre chose que des lieux communs, des banalités, des insignifiances, des flatus vocis. Son visage s'anime, sa voix enfle, ses mains suggèrent des concepts absents. Un sourire aux lèvres, les yeux agrandis, il hypnotise son public avec du néant.


Comme à son habitude - cela relève de l'existentiel chez lui ! - Emmanuel Macron fédère tout et n'importe quoi, tout et son contraire.
Mais qu'ont fait la République idéologique - et sa matrice : la Révolution - du pays le plus avancé de l'Europe et donc, en 1789, du monde ? Un pays qui ne cesse de descendre la pente d'un déclin aussi lent qu'inexorable, marqué par les effroyables moments de la Terreur et du Génocide vendéen et les boucheries napoléoniennes, l'année terrible de 1870, le million et demi de morts de 14-18, le désastre de 1940, pour nous amener au pays en grand danger d'aujourd'hui, miné par ses six millions de chômeurs, ses huit millions et demi de mal logés, ses neuf millions de pauvres, ses presque quinze millions d'immigrés, dont une bonne part sont de réels « ennemis de l'intérieur ». Encore ne fait-on, là, qu'un très rapide bilan, à très grands traits, de l'effacement du pays induit par la funeste instauration de la République en 1875...