Les droits de l’homme au service du terrorisme
Les attentats qui ont fait tant de morts en France, en 2015, ont ému jusqu’à nos gouvernants qui ont aussitôt pris une mesure importante : interdire tout paiement en espèces de plus de 1000 euros, comme si c’était la mesure la plus appropriée et la plus urgente. Ils ont aussi suspendu nombre de libertés individuelles en décidant l’état d’urgence. Pour montrer l’efficacité de notre système de sécurité, on a médiatisé à outrance les premiers succès de l’enquête. Mais aujourd’hui, on constate que l’enquête piétine.
Quelques jours après l’affreuse tuerie de Paris, un couple de « musulmans radicalisés » déclenchaient une fusillade à San Bernadino en Californie, provoquant la mort de quatorze personnes. Depuis, l’enquête du FBI, qui recherche les complices des tueurs, semble ne pas avancer.
Dans les deux cas, les enquêteurs prétendent, à tort ou à raison peu importe, que la principale difficulté à laquelle ils se heurtent est le fait que le point commun entre tous ces « terroristes » est l’utilisation pour préparer leurs actes, d’un iPhone. Dans les deux cas, ils demandent donc à la société Apple de déverrouiller leurs appareils ou, du moins, de leur donner accès au système de chiffrement des données. L’enjeu de la mesure, en ce qui concerne la sécurité des citoyens, dans tous les pays du monde est grand tant le géant informatique domine les communications téléphoniques mobiles.
La firme américaine refuse de coopérer avec les autorités judiciaires prétextant que l’inviolabilité de leur système de cryptage fait la force de leur système et qu’il est nécessaire pour garder la confiance des consommateurs… et donc son chiffre d’affaires. L’intérêt financier du géant américain est donc, aux yeux de ses dirigeants, plus important que la sécurité des citoyens.
Le 4 mars 2016, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein, a apporté son soutien à la firme de Cupertino en déclarant que forcer Apple à se plier à une injonction judiciaire pour aider le FBI à lutter contre le terrorisme serait risquer d’ouvrir une boîte de Pandore aux « conséquences négatives ». Et pour justifier sa position, il a ajouté que ces outils de chiffrement étaient largement utilisés dans le monde, notamment par les journalistes et les « lanceurs d’alerte » (en français courant : les cafardeurs, les délateurs). Ainsi, la vie des citoyens et leur intégrité physique passent après la circulation de l’information et la dénonciation, par les membres de leur personnel, des entreprises qui ne respectent pas les règles de « déontologie » !
En France, le député du Cher, Yann Galut, a aussitôt déposé un amendement pour « contraindre les géants de l’informatique, notamment Apple et Google, à collaborer avec la justice », comme si notre arsenal juridique ne suffisait pas. Et pour faire bonne mesure, il a proposé de leur infliger une amende d’un million d’euro en cas de refus de coopérer. Il est inutile d’insister sur le caractère ridicule de la somme dont il menace les entreprises dont la capitalisation boursière est supérieure aux 500 milliards d’euros.
Mais, contrairement à ce que dit le député pour justifier sa mesure, nous ne sommes pas en présence d’un vide juridique. Il existe dans le droit pénal français la notion de complicité. Or, comme l’a encore rappelé la chambre criminelle de la Cour de cassation le 7 janvier 2014, la complicité par fourniture de moyen ne requiert pas que l’auteur du crime ait été en relation directe avec le fournisseur du moyen, il suffit que « la fourniture du moyen ait contribué à la commission de celui-ci ». En l’occurrence, il apparaît bien que l’iPhone, grâce à son système de chiffrement des données, a permis aux auteurs des attentats de préparer leur crime et de se coordonner lors de son exécution. On peut donc bien poursuivre pour complicité devant les juridictions pénales toute personne qui, au sein d’Apple, refuse de collaborer avec la justice dans le cadre des enquêtes ouvertes pour retrouver les auteurs d’attentats terroristes et tous leurs complices, et, bien sûr, son président.
N’en déplaise au Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, la sécurité physique de tous les citoyens est plus importante que les bénéfices des géants de l’informatique, les scoops des journalistes et l’impunité des délateurs. •
Mes reportages pour « Le Monde », jadis et naguère, me permirent, entre autres, de découvrir le plus secret, le moins connu des pays arabes : le Sultanat d’Oman. La dynastie des Bou-Saïd qui y règne depuis 1793, s’entendit presque aussitôt avec les Anglais pour sauvegarder son indépendance tout en leur laissant les mains libres dans le reste du Sinus Persicus, que nous nommerons ici « Golfe arabo-persique », pour essayer de contenter tous les riverains… En 1970, l’émir Qabous, né en 1940, força son père, le sultan régnant, à abdiquer, et il eut désormais les coudées franches pour faire bénéficier ses sujets des revenus pétroliers, issus des découvertes d’hydrocarbures de 1967.
Après tant et tant de voyages, de combats et d'épreuves, Boutros Boutros-Ghali eut l'ultime consolation de mourir au Caire, dans son pays, parmi les siens ; malgré les atteintes de l'âge, il était toujours, à 94 ans, débordant d'esprit, de cœur et d'un goût insatiable pour le travail, qui firent de ce grand scribe d'apparence frêle et d'une impeccable élégance, une personnalité connue et respectée dans le monde entier, en particulier dans l'univers francophone, en France et bien entendu en Egypte.
Dans son roman d'anticipation 2084, le grand écrivain algérien imaginait un monde dominé par l'islam radical. Il se montre tout aussi pessimiste pour l'avenir de l'Algérie.
Entretien par
Il est vrai, que dire du retour de Ayrault en remplacement du catastrophique Fabius promu à la présidence du Conseil constitutionnel, de l’arrivée de trois ministres écologistes, d’un retour au respect strict de la parité dans l’équipe ministérielle ou de la création de secrétariats d’Etat à l’intitulé démagogique — on croyait avoir tout vu, en 1981, avec le ministère du temps libre ? C’était sans compter des équipes de communicants pouvant vendre n’importe quoi à un François Hollande, voire à un Manuel Valls qu’on pensait plus lucide, totalement dépourvus du sens du ridicule. Croient-ils que les Français, confrontés, sur leur sol, au terrorisme islamiste, au déferlement migratoire et à l’aggravation de la crise économique, n’aient d’autre attente que la création d’un très stalinien secrétariat d’Etat à l’égalité réelle (sic), d’un autre, lacrymal, à l’aide aux victimes ou, d’un troisième, très politiquement correct, aux relations internationales sur le climat et à la biodiversité ? Alors qu’en temps de crise une équipe resserrée s’impose pour garantir la cohérence de l’action, Hollande, en homme de la IVe, a fait le choix inverse : satisfaire tous ceux qui pourront, pense-t-il, l’aider à gagner en 2017, des radicaux de gauche, avec le retour de leur président, Baylet, ancien ministre, ancien député, ancien sénateur, et présentement puissant homme de presse, qui jappait d’impatience depuis le début du quinquennat, aux deux tendances écologistes : EELV par la personne d’Emmanuelle Cosse, et la dissidence. Non sans que cette promotion d’arrivistes notoires n’achève une mouvance qui, depuis sa création, n’a jamais su donner que le pire des spectacles politiciens, ce qui est assez naturel pour un parti dépourvu de tout sens de la cité : il est alors condamné à n’être que sa propre caricature, l’ambition personnelle ne pouvant prendre le masque de la recherche du Bien commun.
Joie, gastronomie et croissance ! La France accueille désormais sur les Champs-Élysées le plus grand « restaurant » McDonald's du monde. Un exemple de réussite puisque le géant du sandwich atteint en France la quintessence de son art, au moment même où ses résultats reculent aux États-Unis. Là-bas, c'est une blogueuse qui a sonné la révolte contre la nourriture grasse et sucrée, déclenchant un mouvement de défiance contre le modèle jusque-là triomphant. Heureusement pour McDonald's, il reste la France, ce paradis ! La direction américaine, jusque-là sceptique, est même venue en délégation au printemps 2015 prendre des cours auprès de son entité française.
Après mille ans d’anathèmes, Rome et Moscou se parlent de nouveau, pour le plus grand profit des chrétientés orientale et romaine.
Certes, les rapprochements n'ont pas valeur absolue car rien ne se répète à l'identique en Histoire. Ils ne sont pas non plus à ignorer car rien n'y est radicalement nouveau. A l'esprit d'analyse et de finesse, au devoir de réalisme et d'observation de faire leur travail ... Le moins que l'on puisse dire c'est que la diplomatie française a singulièrement manqué de ces qualités élémentaires ces dernières années.
Parmi mes manies figure l’ordre, y compris quand je ne suis que de passage dans une chambre d’hôtel. « L’air de rien, l’ordre et la méthode ont fait la force de la Vieille Europe », devait me dire un jour le président-poète sénégalais Léopold Senghor, sans doute pour me décomplexer.
Dimanche, l’Algérie votera sa nouvelle Constitution. Dernière œuvre politique majeure du président Abdelaziz Bouteflika, la révision de la Constitution a été approuvée le 11 janvier dernier en Conseil des ministres. Si certaines mesures ont été saluées par l’opinion publique, comme la reconnaissance officielle de la langue amazighe, d’autres agacent quelques opposants. C’est le cas de l’article 51 qui restreint fortement les droits des binationaux.