Qabous 1er, monarque arabo-musulman exemplaire
Par Péroncel-Hugoz
Au lieu de son habituel « coup de dent », Péroncel-Hugoz soulève cette semaine son chapeau, en hommage au sultan d’Oman. Avec preuves à l’appui.
Mes reportages pour « Le Monde », jadis et naguère, me permirent, entre autres, de découvrir le plus secret, le moins connu des pays arabes : le Sultanat d’Oman. La dynastie des Bou-Saïd qui y règne depuis 1793, s’entendit presque aussitôt avec les Anglais pour sauvegarder son indépendance tout en leur laissant les mains libres dans le reste du Sinus Persicus, que nous nommerons ici « Golfe arabo-persique », pour essayer de contenter tous les riverains… En 1970, l’émir Qabous, né en 1940, força son père, le sultan régnant, à abdiquer, et il eut désormais les coudées franches pour faire bénéficier ses sujets des revenus pétroliers, issus des découvertes d’hydrocarbures de 1967.
Lors de mes séjours en Oman, libre de circuler jusque dans les régions les plus reculées du Sultanat, notamment cette curiosité naturelle que sont les oasis de montagne, je pus constater à loisir le véritable art avec lequel Qabous 1er a modernisé son pays sans léser son âme arabo-musulmane traditionnelle. Et en revenant aux sources mêmes de l’Islam, Coran et Sunna, en donnant le plus souvent le dernier mot à l’esprit des textes plutôt qu’à leur lettre. Est-ce dû au fait que la dynastie nationale appartient à une version de l’Islam ultraminoritaire, l’ibadisme ? Ou avant tout à l’intelligence politique, à la culture universelle de Qabous ? Je pencherai plutôt pour la seconde hypothèse. Rappelons que l’ibadisme est aussi l’Islam de la Pentapole du Mzab, au Sahara algérien, de l’île tunisienne de Djerba et de l’île de Zanzibar, ancienne colonie omanaise. Si, théologiquement, les ibadites passent pour être un peu plus près du chiisme que du sunnisme, au quotidien, ils se sentent humainement plus proches des sunnites que des chiites. En tout cas, Oman est de nos jours un modèle de cohabitation interreligieuse, chrétiens et hindous compris, bien que ces derniers ne soient pas « Gens du Livre ».
Je ne vais pas dresser ici une liste de toutes les réalisations qaboussiennes mais, à l’heure où les nouvelles de la santé de ce monarque, longtemps soigné en Allemagne, ne sont pas fameuses, je voudrais m’attarder seulement sur un point particulier, important à mes yeux : le traitement réservé aux animaux. Un point sur lequel les musulmans ont en général, il faut bien le reconnaître, pas très bonne réputation. Qabous 1er, au lieu de nier cette réalité, a travaillé et fait travailler ses théologiens sur ce que disent de ce thème, trop négligé par les Arabes, le Coran et la Sunna.
Et, en se basant sur ces deux textes sacrés, sans les triturer, le sultan en a fait passer l’essentiel dans l’enseignement scolaire, tout en multipliant les hommages à la beauté animale, sans toutefois cette zoolâtrie débile constatée de nos jours en Occident, notamment en Anglo-Américanie. Ces hommages omanais se sont traduits notamment en statues de gazelles ou de chevaux, innovation absolue en terre d’Islam arabe, sauf dans le Maroc de la fin du XXe siècle où le ministre hippophile Driss Basri fit élever, en sa bonne ville de Settat, une haute colonne surmontée d’une caracolante statue équine.
Mais revenons à Oman et regardons les sourates ou les hadiths, relatifs aux bêtes, enseignés depuis que règne Qabous 1er, aux écoliers du Sultanat :
CORAN :
« Au même titre que les anges, les animaux se prosternent devant Dieu » (S16.V51.).
« Les bêtes forment une communauté pareille à nous, les humains » (S6.V38).
« Toutes les créatures seront rassemblées un jour, animaux compris ».« Celui qui traite bien son cheval, sera protégé de la pauvreté ». (Cette sourate est applicable aussi aux ânes. S99.V7 et 8).
SUNNA :
« Une femme ira en Enfer parce qu’elle a laissé mourir de faim une chatte » (Bokhari)
« Ne faites pas de mal (à qui ne vous a rien fait) et ne rendez pas le mal pour le mal » (hadith n° 32, parmi les 40 sûrs d’El Nawawi et, selon l’enseignement omanais, s’appliquant aux animaux).
« Il est défendu de frapper les bêtes au visage ».
« Le Prophète de l’Islam essuyait avec son vêtement la face de son cheval ».
« Il faut jeter des pierres à ceux qui chevauchent à trois une monture ».
« Il ne faut pas séparer une bête de ses petits ; ni mettre le feu sans raison à un nid de fourmis ».
« Il est défendu de tuer des oiseaux sans raison, en particulier pour s’amuser ». (Sounnan d’El Nasaï, t.VII).
« Le couteau des sacrifices d’animaux doit être bien aiguisé et cela hors de la vue de la victime ; on n’égorge pas une bête en présence d’une autre et celui qui observera cet usage sera récompensé dans l’Au-delà (Moslim ; El Nawawi).
« Il est défendu de charger une bête au-delà de ses forces. Le calife Omar frappait lui-même les gens qui chargeaient trop les bêtes de somme ; il soignait lui-même les plaies des dromadaires blessés par le bât ».
« Un imam décida de se consacrer à Allah seul, ayant vu un chat nourrissant un de ses congénères aveugle », etc. etc.
J’arrête là ces listes que certains trouveront peut-être par trop « édifiantes »… En tout cas, quiconque séjourne en Oman pourra y constater que les animaux y sont mieux traités, notamment par les jeunes gens, que dans la plupart des autres sociétés arabo-musulmanes. •
Lire : Georges-Henri Bousquet, « Des animaux et de leur traitement selon le judaïsme, le christianisme et l’islam », « Studia Islamica », n° IX, 1958, Paris ; Ahmed-Hamoud El Maâniny, « Omani Sultans in Zanzibar (1832-1964) » (en anglais), Ed Kumar, La Nouvelle-Delhi, Inde, 1988.
Repris du journal en ligne marocain le 360 du 04.03.2016
Après tant et tant de voyages, de combats et d'épreuves, Boutros Boutros-Ghali eut l'ultime consolation de mourir au Caire, dans son pays, parmi les siens ; malgré les atteintes de l'âge, il était toujours, à 94 ans, débordant d'esprit, de cœur et d'un goût insatiable pour le travail, qui firent de ce grand scribe d'apparence frêle et d'une impeccable élégance, une personnalité connue et respectée dans le monde entier, en particulier dans l'univers francophone, en France et bien entendu en Egypte.
Dans son roman d'anticipation 2084, le grand écrivain algérien imaginait un monde dominé par l'islam radical. Il se montre tout aussi pessimiste pour l'avenir de l'Algérie.
Entretien par
Il est vrai, que dire du retour de Ayrault en remplacement du catastrophique Fabius promu à la présidence du Conseil constitutionnel, de l’arrivée de trois ministres écologistes, d’un retour au respect strict de la parité dans l’équipe ministérielle ou de la création de secrétariats d’Etat à l’intitulé démagogique — on croyait avoir tout vu, en 1981, avec le ministère du temps libre ? C’était sans compter des équipes de communicants pouvant vendre n’importe quoi à un François Hollande, voire à un Manuel Valls qu’on pensait plus lucide, totalement dépourvus du sens du ridicule. Croient-ils que les Français, confrontés, sur leur sol, au terrorisme islamiste, au déferlement migratoire et à l’aggravation de la crise économique, n’aient d’autre attente que la création d’un très stalinien secrétariat d’Etat à l’égalité réelle (sic), d’un autre, lacrymal, à l’aide aux victimes ou, d’un troisième, très politiquement correct, aux relations internationales sur le climat et à la biodiversité ? Alors qu’en temps de crise une équipe resserrée s’impose pour garantir la cohérence de l’action, Hollande, en homme de la IVe, a fait le choix inverse : satisfaire tous ceux qui pourront, pense-t-il, l’aider à gagner en 2017, des radicaux de gauche, avec le retour de leur président, Baylet, ancien ministre, ancien député, ancien sénateur, et présentement puissant homme de presse, qui jappait d’impatience depuis le début du quinquennat, aux deux tendances écologistes : EELV par la personne d’Emmanuelle Cosse, et la dissidence. Non sans que cette promotion d’arrivistes notoires n’achève une mouvance qui, depuis sa création, n’a jamais su donner que le pire des spectacles politiciens, ce qui est assez naturel pour un parti dépourvu de tout sens de la cité : il est alors condamné à n’être que sa propre caricature, l’ambition personnelle ne pouvant prendre le masque de la recherche du Bien commun.
Joie, gastronomie et croissance ! La France accueille désormais sur les Champs-Élysées le plus grand « restaurant » McDonald's du monde. Un exemple de réussite puisque le géant du sandwich atteint en France la quintessence de son art, au moment même où ses résultats reculent aux États-Unis. Là-bas, c'est une blogueuse qui a sonné la révolte contre la nourriture grasse et sucrée, déclenchant un mouvement de défiance contre le modèle jusque-là triomphant. Heureusement pour McDonald's, il reste la France, ce paradis ! La direction américaine, jusque-là sceptique, est même venue en délégation au printemps 2015 prendre des cours auprès de son entité française.
Après mille ans d’anathèmes, Rome et Moscou se parlent de nouveau, pour le plus grand profit des chrétientés orientale et romaine.
Certes, les rapprochements n'ont pas valeur absolue car rien ne se répète à l'identique en Histoire. Ils ne sont pas non plus à ignorer car rien n'y est radicalement nouveau. A l'esprit d'analyse et de finesse, au devoir de réalisme et d'observation de faire leur travail ... Le moins que l'on puisse dire c'est que la diplomatie française a singulièrement manqué de ces qualités élémentaires ces dernières années.
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