JOYEUSES PÂQUES !
lafautearousseau
UA-147560259-1
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
lafautearousseau
En un soir de confinement, Elisabeth II, la reine d’Angleterre, souveraine du Royaume-Uni et du Commonwealth, a prononcé un discours qui, par sa simplicité et sa brièveté, a porté au-delà des frontières mêmes du pays sur lequel elle règne sans politiquement gouverner. Evidemment, certains n’ont pu s’empêcher de comparer sa courte intervention télévisée avec celles, plus longues, plus dramatisantes et moins consensuelles de l’actuel locataire du palais de l’Elysée ; les mêmes ont pu évoquer les différences de réactions à l’égard des deux chefs d’Etat, plus crispées et souvent agressives envers le président français quand elles semblaient pour la plupart plus bienveillantes, voire admiratives, envers la monarque d’un pays dont les Malouins chantent encore le rejet à la façon du mot de Cambronne…
Le Christ tire Adam et Eve de leur tombeau,
église Saint-Sauveur-in-Chora, à Constantinople.
© Pascal Deloche / Godong
La pandémie bouscule nos habitudes et nos représentations en tous domaines. Notamment le religieux, qui est en cause jusque dans sa spiritualité, nos relations avec Dieu. La semaine sainte est propice à une méditation sur le cœur même de la mission du Christ parmi nous.
© Pascal Deloche / Godong
Laurent Joffrin, directeur du quotidien Libération, a cru bon consacrer son éditorial du 3 avril à un très beau sujet : « Dieu et le virus ». De la part de celui qui se veut incroyant, on ne pouvait s’attendre à un profond exercice de théologie. Même s’il se défend de bouffer du curé, il ne peut s’empêcher de manier une ironie qu’on pourrait appeler voltairienne : « Les autorités religieuses constituées, chrétiennes, juives ou musulmanes, appellent toutes au civisme anti-virus et font manifestement plus confiance aux “gestes barrières” qu’aux génuflexions et aux bénédictions pour combattre le fléau. »
Depuis le début de l’épidémie, les petites Sœurs de la consolation de Draguignan confectionnent plus de 200 masques sanitaires par jour et prient sans relâche devant le Saint-Sacrement pour la conversion du monde.
3000 masques ! Mardi 31 mars, les Sœurs de la consolation ont cousu leur 3000ème masque de protection. Depuis quinze jours, ces moniales missionnaires travaillent sans relâche dans leur monastère varois transformé en atelier de couture à la demande du maire de Draguignan, Michel Strambio. « Au lendemain de sa réélection il nous a sollicitées car il s’est rendu compte que personne, ni les pompiers, ni la police municipale, n’était protégé face à l’épidémie. Nous avons immédiatement accepté cette mission et vidé tous nos placards pour récupérer le maximum de tissu », raconte sœur Sophie.
La scène est unique dans l’histoire. Le Pape s’adresse au monde entier, depuis une place Saint-Pierre absolument vide de tout public. Il est vrai qu’en l’occurrence, c’est l’humanité entière qui se trouve symboliquement présente entre les colonnades du Bernin largement ouvertes comme deux bras tendus à tous les hommes et les femmes de bonne volonté. Dans ces circonstances exceptionnelles, le successeur de Pierre ne peut répercuter que le pur message de l’Évangile. En l’espèce, il a choisi le passage de l’évangile de saint Marc (4, 35-41) désigné habituellement comme celui de la tempête apaisée.
"Terres de mission", Guillaume de Thieulloy reçoit le 22 mars l'écrivain Alain Pascal qui présente son dernier ouvrage sur "Le siècle des ténèbres" - une dénonciation du caractère anti-catholique, et parfois même luciférien, des philosophes dits "des Lumières".
Julien Clos, porte-parole de l'association des Pauvres chevaliers du Christ, réunissant des jeunes gens pour protéger les églises, invite ensuite à la deuxième marche contre la christianophobie qui aura lieu à Nice le 5 avril prochain. (Marche contre la christianophobie annulée. Pour en savoir plus, écrivez à Julien Clos : pauvreschevaliersduchrist@yahoo.fr)
Enfin, Jacques et Marie-Anne, bénévoles du pèlerinage de Notre-Dame de France, présentent ce magnifique projet du "M de Marie" qui va commencer au mois de mai à Lourdes et La Salette, passer par Pontmain et la rue du Bac pour finir le 15 août à Pellevoisin, traversant ainsi une bonne partie de la France.
1°/ En 2001, un procès a été intenté par la Grande Mosquée de Paris et la Ligue des droits de l’homme contre le romancier Michel Houellebecq pour avoir déclaré que la nature de l’islam est « de soumettre » (Lire, septembre 2001). Il fut relaxé en 2002 au motif que la critique d’une religion ne constitue pas un appel à la haine contre ses fidèles.
2°/ En 2004, le film Soumission, considéré comme blasphématoire, a valu à son réalisateur, le cinéaste hollandais Théo Van Gogh d’être assassiné par des islamistes.
3°/ En 2005, le quotidien danois Jyllands-Posten publia par solidarité une dizaine de dessins représentant Mahomet. Suite au tollé qui s’ensuivit, le gouvernement regretta cette publication puis le directeur du journal présenta des excuses, promettant de ne plus recommencer.
4°/ En 2006, France-Soir reproduisit les caricatures, ce qui valut à son directeur d’être licencié.
5°/ Puis, Charlie-Hebdo édita un numéro spécial reprenant les caricatures complétées par d’autres (février 2006). L’hebdomadaire fut relaxé en 2007, décision confirmée en appel en 2008. Mais, le 7 janvier 2015, 11 personnes travaillant à Charlie-Hebdo ont été assassinées par deux djihadistes.
La justice française a certes tranché en faveur de la liberté d’expression, mais depuis lors une partie des musulmans se mobilise en faveur de la reconnaissance du délit du blasphème telle qu’elle se pratique dans les pays islamiques (cf. Petite Feuille Verte n° 68).
L’Église, dans l’épreuve de la pandémie tient sa place propre d’instance spirituelle. Elle participe à l’élan de solidarité et d’unité. Mais il n’est pas toujours facile de garder son calme lorsque, par ailleurs, la polémique fait rage. Est-elle toujours illégitime ? Sans doute pas, à condition que le climat général n’en soit pas empoisonné.
Saint-Nicolas de Veroce
© Pascal Deloche / Godong
L’attitude actuelle de l’Église dans la crise épidémique n’est pas toujours comprise. Elle donne même lieu à polémique. Les consignes de confinement ne sauraient pourtant être transgressées par les chrétiens sous peine de grave faute morale.
Il est vrai que la situation présente de l’Église est déconcertante. On ne voit pas de précédents à cette décision de fermer toutes les Églises et de priver les fidèles de l’eucharistie. Que les sanctuaires de Lourdes soient fermés pour la première fois de leur existence, c’est aussi un paradoxe, alors que la grotte de Massabielle et les basiliques qui l’environnent sont les lieux privilégiées d’accueil des malades de toutes conditions [1].
Que dire de l’étrange journée vécue hier ? Quelle pythonisse aurait bien pu prévoir la situation qui est la nôtre ? Un pays paralysé, une sourde crainte face à l’extension d’une pandémie qui s’est emparée de l’Europe entière alors qu’elle venait d’Asie, des fidèles privés de leur eucharistie dominicale. Et pour terminer le tableau, une journée de compétition électorale. On discutera à l’infini du bien-fondé de la décision du président de la République de maintenir le vote des municipales, alors que lui et son Premier ministre donnaient des consignes de plus en plus strictes en ce qui concerne la protection des personnes et donc la restriction maximum des occasions de rencontres et de contacts.
Le président chinois, Xi Jinping a déclaré au directeur général de l’OMS, le 28 janvier 2020, que « l’épidémie est un démon. Nous ne pouvons pas laisser le démon se terrer. »
Pour la Chine de toujours, « la politique n’est qu’une forme suprême de l’art médical ». Elle se doit donc de purifier l’ensemble du corps social de tout ce qui le corrompt. En 2017, dans un discours au Parti communiste chinois, il avait dénoncé l’extrémisme religieux comme un poison devant être éradiqué. Pour lui, seule la religion chinoise traditionnelle est bonne. C’est pourquoi les hôpitaux bâtis à la hâte dans la périphérie de Wuhan s’appellent « l’hôpital du dieu du mont tonnerre » et « l’hôpital du dieu du mont volcan ». « Ainsi la religion est considérée par le pouvoir chinois à la fois comme la source du mal qu’il faut combattre et comme la solution pour venir à bout de ce même mal : à la fois le poison et le remède. Lorsqu’elle est entre les mains du pouvoir qui l’utilise pour ses objectifs politiques, c’est un remède, mais lorsque la religion est vue par le pouvoir comme un phénomène incontrôlable qui propage des maladies idéologiques ou physiques dans le corps socio-politique, c’est un mal démoniaque contre lequel il faut lutter sans pitié » [1].