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Ferme-t-on les églises par manque de foi ?, par Gérard Leclerc.

 

Saint-Nicolas de Veroce

© Pascal Deloche / Godong

L’attitude actuelle de l’Église dans la crise épidémique n’est pas toujours comprise. Elle donne même lieu à polémique. Les consignes de confinement ne sauraient pourtant être transgressées par les chrétiens sous peine de grave faute morale.

Il est vrai que la situation présente de l’Église est déconcertante. On ne voit pas de précédents à cette décision de fermer toutes les Églises et de priver les fidèles de l’eucharistie. Que les sanctuaires de Lourdes soient fermés pour la première fois de leur existence, c’est aussi un paradoxe, alors que la grotte de Massabielle et les basiliques qui l’environnent sont les lieux privilégiées d’accueil des malades de toutes conditions [1].

gerard leclerc.jpgUn début de polémique a eu lieu à ce propos, et je lui ai donné moi-même écho en citant la réaction d’Andrea Riccardi, fondateur de la communauté Sant’Egidio. Oui, dans le passé, les évêques se sont dressés à la tête de leurs peuples pour lutter contre les épidémies, notamment lors de processions spectaculaires. La discrétion actuelle du pape François, avec ses gestes symboliques, est d’évidence en retrait par rapport aux souvenirs mémorables laissés par les hommes d’Église lors des grandes épidémies.

Serait-ce donc manque de foi ? Il convient de bien faire attention, car la foi ne débouche pas forcément sur le miracle. Certains donnent l’impression que les chrétiens, brandissant leur confiance en la Providence, seraient immunisés, ipso facto de la contagion de la maladie. L’enseignement de l’Église n’a jamais prétendu à cela. Sinon, le père Damien, saint Damien de Veuster n’aurait jamais contracté la lèpre, pour avoir soigné les lépreux dans l’île d’Hawaï. L’Église l’a reconnu comme un martyr de la charité, et il est célébré comme patron protecteur des lépreux.

De même, nous avons appris, ces jours-ci, la mort de plusieurs prêtres italiens, victimes de l’actuelle épidémie, pour avoir assisté leurs paroissiens malades. Si le christianisme a toujours reconnu les miracles comme signes de la sollicitude de Dieu, il ne s’est jamais défini comme une institution qui permettrait aux fidèles d’échapper à la condition commune, et donc à la maladie. Cela ne signifie pas que Dieu s’absente de nous, lorsque nous sommes dans l’épreuve. Bien au contraire, des signes sensibles comme l’exposition du Saint-Sacrement peuvent être privilégiés pour marquer que Dieu est au milieu de nous et qu’il nous assiste dans notre faiblesse. Mais au-delà de ces signes et de la ferveur qu’ils sollicitent, il ne saurait être question de nous retrancher des précautions nécessaires définies avec sagesse et prudence par nos évêques.

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