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  • Lafautearousseau : 10 ans aujourd'hui !

    « Tout ça pour ça ! »

     

    2504458051.3.jpg28 février 2007 - 28 février 2017

    Lafautearousseau a dix ans aujourd’hui

     

    C'est en effet le 27 février 2007 que fut mise en ligne la première note de ce qui allait devenir notre quotidien royaliste sur le net. 

    Avec Lafautearousseau, l'Action française dispose ainsi, à nouveau, d'un moyen d’expression quotidien, et ce, pour la première fois depuis 1944, année où une période de « Terreur » dénatura et souilla la libération du territoire national et permit aussi aux « révolutionnaires » d’alors de dépouiller l’Action française de ses biens (notamment son imprimerie) et d’interdire purement et simplement la parution du quotidien fondé en 1908, qui avait été l’une des gloires de la presse française.

    Bien sûr, notre quotidien ne prétend pas lui être comparé.

    Mais, en premier lieu, à l'exemple de l'Action française, il propose tous les jours de l’année, une ligne politique claire sur tous les sujets touchant aux grands intérêts de la France, sur le double plan intérieur et international [immigration, terrorisme, économie, culture, justice, institutions, grands enjeux géopolitiques]. Cette ligne politique d’Action française nous la proposons soit directement, à travers nos propres analyses, soit en les confrontant aux articles et réflexions de différentes autres publications, en y adjoignant nos commentaires. Ainsi, nos positions se dégagent souvent de riches débats …   

    Et nous le faisons dans l’esprit de L'Action française – un esprit « réellement d'opposition, c'est-à-dire prêchant ouvertement la subversion du régime » (Léon Daudet). Une subversion du régime ou du Système non pour elle-même, non par esprit révolutionnaire, mais pour « restaurer [au sens de Pierre Boutang] l’ordre légitime et profond ».

    Quels sont nos autres objectifs ? A quoi servons-nous encore ? Voici :

    Contribuer à faire connaître le Prince, et notre Famille royale, rendre compte de ses activités, de sa pensée, de sa vie familiale et publique, de sa présence sur le sol français, de sa participation à la vie nationale. Pour susciter envers le Prince un courant de sympathie, d'estime et d'affection, et préparer cet appel, ce recours au Prince qui ne manqueraient pas d’apparaître nécessaires aux Français si des circonstances graves l’exigeaient. Circonstances graves dont, de toute évidence, nous ne sommes pas très éloignés.
     
    Servir de caisse de résonance aux activités royalistes partout en France. L'on s'aperçoit alors qu'il y en a beaucoup ... Lafautearousseau (ainsi que ses pages Facebook et son compte tweeter) annonce et rend compte de toute activité importante (colloque, réunion, manifestation, actions militantes, etc.) organisée par ceux que nous considérons comme des amis, c'est à dire aux deux seules conditions que les dites activités se fassent dans la fidélité à la tradition, à la pensée, à la doctrine de l'Action française, et dans la fidélité au Prince et à la Famille de France.
     
    Servir - on nous passera l'expression – de « boîte à outils » ou, pour mieux dire, de riches et précieuses archives, à tous ceux qui veulent travailler à penser clair et marcher droit, et qui peuvent piocher à volonté dans cette véritable malle au trésor, où se trouve stockée, pour aujourd’hui et pour demain, une partie importante de la mémoire, de l’héritage, de l’Action française. Et ce, sous diverses formes [grands textes, albums, vidéos anciennes et récentes, dossiers, sans compter plus de 10 000 articles et les éphémérides de chaque jour]. Nous n’en dresserons pas ici un catalogue : on en trouvera un aperçu en cliquant sur lire la suite.
     
    Servir, enfin, à maintenir une liaison, une cohésion, et donc une unité, entre membres – anciens ou nouveaux car nombreux sont ceux qui arrivent – d’une même famille d’esprit. Cet ultime service que nous tentons de rendre – avec quelque succès ! – n’est sans-doute pas le moindre.

    Au compteur, donc, pour l'instant, dix ans de militantisme au quotidien.

    Et maintenant ?

    La réponse est claire : aussi longtemps que nécessaire, on progresse et on continue !

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    « LA » question de fond...

    Mercredi 27 février, première note de Lafautearousseau (aujourd'hui, plus de 10 176 notes 143 56 commentaires)

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  • L’Action Française aujourd’hui, un entretien avec Stéphane Blanchonnet

     

    Par Stéphane Blanchonnet 
     
    Propos recueillis par Maximilien Friche
    pour Mauvaise nouvelle, le 26.02.2017
     

    659173882.jpgStéphane, vous êtes président du Comité directeur de l'Action française, vous êtes également reconnu au sein du mouvement comme une référence doctrinale. Ma première question vient de mon propre étonnement. L'Action française existe encore ? Plus de cent après, le mouvement qui fut la première force politique française, est encore très actif. Qu’est-ce qui fait la vitalité de ce mouvement, qu’est-ce qui fait qu’il ne meurt pas ? Comment se réactualise ses combats politiques ?

    Votre question révèle un double malentendu. D'une part, l'AF si elle a été une école de pensée influente, ayant compté dans ses rangs des figures intellectuelles majeures (Bernanos, Brasillach ou Dumezil ont appartenu à l'AF, Proust, Gide ou Malraux en furent proches un moment), dotée de moyens relativement importants (comme son journal quotidien, entre 1908 et 1944), elle n'a jamais été numériquement « la première force politique » (si on la compare au Parti communiste par exemple) et, d'autre part, elle n'a jamais cessé d'exister, notamment après 1945. Elle a même été une force militante notable au moment des combats de l'Algérie française dans les années 60, ou de la résistance au gauchisme à l'université, dans les années 70. Aujourd'hui par le nombre de ses sections (plusieurs dizaines, dans la plupart des grandes villes du pays), le dynamisme de ses jeunes militants et le rayonnement de ses idées (une figure politique comme Marion Maréchal-Le Pen l'a reconnu l'an passé en répondant à notre invitation pour un colloque ; plus récemment Steve Bannon, un des proches conseillers de Donald Trump citait Maurras et sa distinction « pays réel, pays légal »), elle reste une force qui compte.

    Nos combats sont les mêmes depuis l'origine : nous sommes nationalistes, c'est-à-dire que nous défendons la nation française avant tout (son identité, sa souveraineté, son rayonnement) et monarchistes (« nationalistes intégraux » dans notre vocabulaire) car nous pensons que l'ADN politique de la France est la monarchie : les constitutions depuis 1789 tirent leur force ou leur faiblesse de leur plus ou moins grande correspondance avec cette identité politique fondamentale de la France. Aujourd'hui les combats pour la civilisation et même pour la nature humaine (menacée par la théorie du genre ou le transhumanisme) viennent s'ajouter à nos combats politiques traditionnels.

    L’Action française est un mouvement royaliste, vous sentez-vous néanmoins légitime d’agir dans une campagne pour la présidence de la république ? Comment cherchez-vous à agir ? En nourrissant le débat d’idées, en faisant campagne pour un candidat ? Quel serait le candidat le plus proche de l’AF ?

    SB : L'AF est royaliste parce que nationaliste. Elle a d'abord été républicaine, à sa fondation. Puis Maurras a convaincu les autres membres du groupe de la nécessité de restaurer l'outil capétien pour servir l'intérêt général. Mais il est évident pour nous qu'en attendant cette restauration (à laquelle nous travaillons), nous ne sommes pas indifférents à la situation du pays, encore moins quand les périls sont extrêmes. Aujourd'hui la France doit retrouver sa souveraineté, sortir de l'UE, sortir de l'OTAN ; elle doit ressaisir et assumer son identité, notamment son identité catholique ; elle doit enfin chercher les moyens d'inverser les flux migratoires par la suppression des « pompes aspirantes » et un partenariat de développement ambitieux avec les pays sources de l'immigration. Les candidats qui ont conscience de ces nécessités et les affirment comme nous sont ceux que nous pouvons soutenir. Nous allons dans les jours qui viennent faire connaître plus précisément notre position.

    Un monarque peut-il sortir de l’élection présidentielle ?

    Pourquoi pas ! Nous aimons dire à la suite de Maurras : « par tous les moyens, même légaux ! » D'ailleurs, Maurras propose parmi les modèles du coup censé restaurer la monarchie, celui du 2 décembre 1851, qui vit le prince-président, Louis-Napoléon Bonaparte, renverser la Seconde République depuis son bureau de l’Élysée où il avait été porté par les urnes trois ans plus tôt !

    Votre mouvement est nationaliste. La référence à cette notion républicaine de nation fait d’ailleurs sourire. N’auriez-vous pas troqué l’esprit contre-révolutionnaire, l’amour de la patrie, contre le service d’une France qui n’est plus qu’un avatar idéologique, un instrument de la Révolution (je pense, vous l’aurez compris à la critique que fit jean de Viguerie de votre mouvement dans son excellent livre Les deux patries*) ?

    Le mot « natio, nationis » peut déjà signifier « peuple » en latin classique. Par ailleurs, comme le montrent tous les historiens le sentiment national en France est très ancien. Nous avons l'un des plus vieux États du monde et cet État monarchique a produit le sentiment national. Certains le font remonter à Bouvines (XIIIe siècle), d'autres à la Guerre de Cent ans (XIVe-XVe siècles). La nation n'a rien de spécifiquement républicain même s'il était très à la mode de se gargariser de ce mot entre 1789 et 1799 ! Je serais plus réservé que vous sur les thèses de Jean de Viguerie, par ailleurs estimable spécialiste du XVIIIe siècle, et plus encore sur l'utilisation qui en est faite dans certains milieux. Sur la nation, je lui préfère Marie-Madeleine Martin.

    Aujourd’hui les mouvements identitaires fleurissent sur le territoire, comme symbole d’une civilisation qui refuse de mourir, d’être réduite à un sanctuaire, vous sentez-vous proches de ces mouvements ? L’AF n’a-t-elle pas un rôle fédérateur à jouer ?

    Il faut distinguer le thème identitaire et la mouvance identitaire. La conjonction du déracinement (causé par la République jacobine puis par la société du spectacle et la globalisation) et de l'immigration de masse font du thème identitaire un sujet incontournable pour le nationalisme contemporain. En revanche, il n'est pas nécessaire d'appartenir à la mouvance identitaire pour le comprendre. Cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas entretenir avec elle de bons rapports, mais que nous connaissons aussi nos différences. L'AF défend le « politique d'abord » et n'adhère pas à l'idée d'un communautarisme blanc (c'est cela d'ailleurs « réduire la civilisation à un sanctuaire »). La nationalité française ne peut se définir seulement par la race ou, à l'inverse, par le contrat social républicain (ou l'adhésion aux Lumières). Elle est essentiellement liée à la langue, à l’État, à la civilisation catholique et à la monarchie. 

    * Les deux patries

    Mauvaise nouvelle

  • Maastricht, vingt-cinq ans ... • Éric Zemmour : « Ce Traité qui fait déchanter les lendemains…»

     

    Le traité de Maastricht fête ses vingt-cinq ans ce mois-ci et Eric Zemmour dresse ici comme un bilan synthétique de ces vingt-cinq années, à travers la monnaie unique, l'euro, qui fut, de fait, ce que ce traité instituait de plus important et de plus concret. On connaît la suite que Zemmour résume excellemment.  LFAR  

     

    picture-1649413-612mqxqb.jpgC'est l'anniversaire le plus discret de l'année. Pas de bougies ni gâteau. Le traité de Maastricht fête ses vingt-cinq ans et tout le monde regarde ailleurs. Les anciens partisans du « oui » n'en sont pas particulièrement fiers ; les anciens partisans du « non » n'ont pas envie de célébrer une défaite.

    La monnaie unique s'est pourtant installée dans la liste brève des grandes monnaies mondiales ; mais l'euro n'est toujours pas parvenu à contester au dollar son rôle de monnaie de réserve. Les chantres du oui promettaient une période de croissance et la fin du chômage ; la zone euro est la région du monde où la croissance est la plus faible. Les concepteurs de la monnaie unique assuraient qu'elle favoriserait « la convergence » des économies européennes ; elle a au contraire accentué les divergences.

    Nos experts avaient oublié une loi économique élémentaire : dans une zone unifiée, chaque pays se spécialise dans ce qu'il a de meilleur; l'industrie la plus productive (l'Allemagne) devient l'usine de la zone ; les plus doués dans les services (France, Espagne) développent toujours plus de services ; et les mieux dotés en belles plages et en patrimoine culturel (Italie, Grèce) attirent toujours plus de touristes. Seule une politique de change peut permettre de contrebalancer ces évolutions inexorables : c'est ainsi que Pompidou a forgé les grands groupes industriels français à l'abri d'une monnaie dévaluée. La monnaie unique est une machine conservatrice qui rend beaucoup plus difficiles les changements de cap économique.

    C'est pour cette raison que l'euro qui était conçu comme un outil de paix a provoqué une résurgence des conflits entre nations. L'industrie allemande a réduit en miettes la concurrence de ses rivales française et italienne. La production industrielle de cette dernière a baissé de 20 % depuis l'introduction de l'euro. La seule solution pour compenser ces effets structurels serait une redistribution entre vainqueurs et perdants. Mais les Allemands refusent avec véhémence cette « union de transferts ».

    Un échec économique

    L'euro est donc un échec économique, mais est avant tout un symbole politique, celui d'une plus grande unification du continent européen. Cette monnaie fut voulue par les Français et imposée aux Allemands qui connaissaient, eux, les lois économiques. Mitterrand voulait s'emparer du deutsche mark, la « bombe atomique » allemande.

    Mais c'est l'Allemagne, qui ne voulait pas de l'euro, qui en profite le plus : son industrie règne sans partage sur le continent et exporte mieux grâce à une monnaie plus faible que ne le serait le seul mark.

    Mais le bon temps s'achève pour les Allemands. Trump veut fermer le marché américain aux voitures allemandes tandis que la politique accommodante de la Banque centrale européenne exaspère les épargnants allemands qui accumulent des économies guère rémunérées.

    L'euro s'est avéré une tragique erreur économique ; mais s'en débarrasser pourrait en constituer une plus tragique encore. C'est l'ultime argument des partisans de l'euro. Alors, comme on dit à Bruxelles : happy birthday

    Eric Zemmour

    Article paru dans Le Figaro Magazine du 17 février 2017 - Repris ici de La semaine de Magistro

     
  • Ephéméride du 29 février

    Le pavillon de la reine Jeanne aux Baux de Provence - qui a servi de modèle au tombeau de Mistral à Maillane 

     

    1904 : Frédéric Mistral reçoit son Prix Nobel de littérature

     

    mistral mireio.jpgLe premier prix Nobel avait été remis en 1901, et Mistral était alors en compétition avec Sully Prudomme, qui lui fut finalement préféré (voir l'éphéméride du 6 septembre).

    Le jury du Prix Nobel ne souhaitant pas distinguer deux fois de suite un même pays, Mistral ne fut pas retenu en 1902. En 1903, de nouveau candidat, Mistral arriva deuxième, et dut laisser la place à un auteur scandinave.

    Ce fut donc en 1904 que - Miréio étant enfin disponible en langue suédoise - Mistral reçut la distinction prestigieuse, qu'il partagea cependant avec le poète espagnol José Echegaray : de nombreuses coquilles dans le texte, des maladresses ou erreurs de traduction avaient joué contre lui...

    Les Nobel sont attribués en décembre (généralement le 10), mais Mistral était trop fatigué pour faire le voyage de Stockholm (il devait mourir dix ans après, juste avant le début de la Grande Guerre...) : il reçut donc son prix en différé, en quelque sorte, le 29 février 1904...

    Frederic-Mistral.jpgA ce moment-là, il reste donc dix ans à vivre au poète provençal, qui a écrit la quasi totalité de son œuvre :

    Mirèio (Mireille), en 1851;

    Calendau (Calendal), en 1866;
     
    Lis Isclo d'Or (Les Îles d'Or), en 1875;
     
    Memori e raconte (Mémoires et récits), en 1906;
     
    Lou Tresor dou Felibrige (Le Trésor du Félibrige), de 1878 à 1886.
     
     
    Son dernier recueil, Lis Oulivado (Les Olivades, 1912) commencera par ces vers : 
     
    "Lou tèms que se refrejo, e la mar que salivo / Tout me dis que l'ivèr es arriba per ièu / E que fau, lèu e lèu, acampa mis oulivo / E n'oufri l'oli vierge à l'autar dou bon Diéu"
     
    (Le temps qui fraichit et la mer qui gronde / Tout me dit que l'hiver est arrivé pour moi / Et qu'il faut, vite, vite, ramasser mes olives /Et en offrir l'huile vierge sur l'autel du Bon Dieu). 
     
    Mistral consacrera l'intégralité de son Prix à réaliser le projet qui lui tenait à coeur : agrandir et re-créer le Muséon Arlaten, l'un des tous premiers musées d'ethnographie créé en France... (achat du palais Laval-Castellane, acquisition des collections...)
     

    mistral museon arlaten.jpg

    Le Muséon arlaten, déjà créé en 1896 par Mistral, fut donc installé dans l’hôtel Laval-Castellane du XVème siècle; il présente costumes, mobilier, outils de travail, objets de culte... et illustre la vie des provençaux du XIXème siècle 
     

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  • Ephéméride du 28 février

    Le château de Montaigne [Né le 28 février 1533]

     

    1105 : Mort de Raymond IV de Toulouse 

    Il est également appelé Raymond de Saint-Gilles, comte de Toulouse et de Tripoli (nom sous lequel il est, d'ailleurs, plus connu). 

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    Dominant toujours Tripoli du Liban, le Qalaat Sandjil, le Château Pèlerin de Raymond de Saint Gilles, comte de Toulouse. 
     

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  • Alain de Benoist : Emmanuel Macron - tout le contraire d’un populiste !

     

    Alain de Benoist

    En peu de mots, quelques phrases, une brève analyse, Alain de Benoist dit au fil de l'entretien qui suit, [Boulevard Voltaire, 23.02] ce qu'il convient de penser d'Emmanuel Macron, du moins selon lui comme selon nous. Chacun sait que nous avons ou avons eu avec ce brillant intellectuel, de fort anciens débats et certains points de divergence. En tout cas, face à l'imminence de dangers très évidents et très certains, pour la France, comme, en général, pour la civilisation européenne, nous partageons les mêmes points de vue sur un certain nombre de sujets essentiels. Ces convergences méritent, nous semble-t-il, d'être signalées et utilisées.  Lafautearousseau 

     

    Benoist2.jpgEmmanuel Macron comme Donald Trump : le phénomène est plus intéressant que le personnage lui-même. Comment expliquer l’actuel phénomène Macron, qui se veut candidat hors système, alors qu’il est justement un pur produit du système ?

    On peut facilement ironiser sur le personnage. Le petit Mickey travesti en Rastignac, la petite chose qui veut se faire aussi grosse qu’un président, le Micron transformé en Maqueron, le Ken du couple Ken et Barbie, le télévangéliste christique débitant à chacun les niaiseries qu’il veut entendre. Mais tout cela ne cerne qu’imparfaitement le phénomène. Ce qui frappe d’abord, c’est qu’Emmanuel Macron est le premier candidat postmoderne que l’on ait jamais vu se présenter à l’élection présidentielle. Les arguments raisonnés, les promesses lyriques, les démonstrations destinées aux électeurs, tout cela faisait encore partie de la modernité. Avec la postmodernité, on est dans l’affect à l’état pur, dans l’émotion, l’amour, l’extase. Le sentiment submerge tout, comme dans le discours des gourous.

    Certains reprochent à Macron de n’avoir pas de programme et de multiplier les déclarations contradictoires. Mais on perd son temps à s’indigner ou à vouloir lui répondre. En régime postmoderne, les contradictions n’ont aucune importance, et ce n’est pas avec des programmes que l’on conquiert l’opinion. C’est avec des postures et des incantations. Ce ne sont pas les mots qui comptent, mais le métalangage, pas le réel mais le plus-que-réel, pas le textuel mais l’hypertextuel. En recourant à des stratégies narratives, à des mécanismes persuasifs fondés sur ce que lui indiquent les algorithmes, Macron ne cherche à convaincre que d’une chose : qu’il faut communier avec lui, fusionner avec lui, qu’il faut l’aimer autant qu’il s’aime lui-même (« Parce que je veux être Président, je vous ai compris et je vous aime ! »). Il est plein de vide, mais ce vide le remplit mieux que tout autre contenu. Une bulle, certes, mais qui continue à enfler.

    Un mutant politique, un phénomène typiquement postmoderne. 

    Dans L’Obs, le philosophe Michel Onfray – qui faisait récemment la une de votre revue, Éléments – assure qu’Emmanuel Macron « est en réalité l’autre nom de l’ubérisation de la société ». Vous confirmez ?

    Bien sûr. Au-delà des banalités et des platitudes qu’il accumule avec un aplomb que rien ne vient entamer, Macron se situe dans une perspective bien précise qu’on peut résumer de la façon suivante : la mondialisation heureuse, l’ubérisation de la société et la précarité pour tous. De ce point de vue, Macron est un libéral au sens complet du terme : libéral en économie, libéral en matière « sociétale », libéral en tout. C’est pourquoi il séduit à la fois la gauche « branchée », les économistes hors-sol et les centristes fascinés par la Silicon Valley, Jacques Attali et Bernard Kouchner, Alain Minc et Corinne Lepage, Renaud Dutreil et Pierre Bergé. Nathalie Kosciusko-Morizet ne déparerait pas dans ce paysage !

    Macron se dit au-delà de la droite et de la gauche. Vous venez vous-même de publier un livre intitulé Le Moment populiste – Droite-gauche, c’est fini ! (Pierre-Guillaume de Roux). Ce positionnement apporte de l’eau à votre moulin ? 

    La grande caractéristique du populisme est de substituer au clivage horizontal droite-gauche un clivage vertical entre le peuple et les élites (« ceux d’en haut » contre « ceux d’en bas »). Mais l’effacement du clivage droite-gauche ne se constate pas seulement à la base. Par réaction, il se retrouve aussi dans la classe dominante, avec l’idée d’une « union nationale » destinée à faire barrage au populisme et à neutraliser les « récalcitrants » des deux bords. Il y a, là, une certaine logique : en même temps qu’il coalise à la base un électorat venu de la gauche et un électorat venu de la droite, le populisme suscite à la tête un regroupement de factions hier encore antagonistes, mais qui n’ont pas de mal aujourd’hui à réaliser que rien ne les sépare vraiment.

    Cette nouvelle stratégie était déjà présente dans l’idée de « troisième voie » théorisée par Anthony Giddens à l’époque de Tony Blair, dont l’objectif avoué était de contribuer au « renouveau » de la social-démocratie dans le sens d’une fusion assumée avec la logique libérale. C’est elle que l’on retrouve en France chez Emmanuel Macron, véritable héritier du blairisme, quand il assure que « le vrai clivage dans notre pays […] est entre progressistes et conservateurs », ou chez le libéral Guy Sorman, pour qui « le récent référendum britannique sur la sortie de l’Union européenne n’a pas opposé la droite conservatrice à la gauche travailliste, mais les partisans de l’ouverture à ceux de la fermeture ». La « fermeture » étant censée désigner le « tribalisme » et le « repli sur soi », il faut comprendre que l’« ouverture » signifie l’adhésion à tout ce qui transcende les frontières, à commencer par les marchés financiers. La position de Macron représente donc le symétrique inverse du populisme. Elle cherche à unifier les élites mondialisées au-delà des étiquettes, tout comme les populistes essaient d’unifier le peuple.

    Personne ne semble réaliser que, dans cette optique, un second tour de l’élection présidentielle opposant Marine Le Pen et Emmanuel Macron, où ne serait donc présent aucun représentant des deux grands partis de gouvernement qui ont en alternance gouverné la France pendant trente ans, représenterait un véritable tournant historique. 

    Entretien réalisé par Nicolas Gauthier

    Intellectuel, philosophe et politologue 

    Revue Eléments

  • « Un roi immédiatement » ... Un livre dont on parle déjà beaucoup, dont on reparlera

     

    2504458051.3.jpgLe Figaro - papier et éditions en ligne - a fait largement écho, il y a trois jours [25.02], à la sortie d'Un Roi immédiatement, de Marin de Viry*.

    Mais pourquoi une telle injonction, une telle exigence, une telle urgence, un tel impératif, se demandera-t-on ? L'introduction du Figaro au Grand entretien de Vincent Trémolet de Villers avec Marin de Viry à propos de son ouvrage, en donne la raison : « la crise politique qui traverse le pays », « sur fond de déroute morale, intellectuelle, économique et sociale. » Crise politique, déroute : ces mots sont forts. Ils ne sont pas exagérés. 

    Pour Marin de Viry une telle situation vécue par les Français dans une sorte de sidération désabusée et en un sens désespérée de cette politique, exige un roi immédiatement

    Vincent Trémolet de Villers interroge longuement Marin de Viry, dans ce Grand entretien du Figaro de vendredi dernier et ce que nous appelons dans Lafautearousseau, depuis l'origine, la question du régime, en forme la trame, le souci, l'objet.   

    Est-il si important de se demander si la conception de la monarchie de Marin de Viry correspond à la nôtre ? Nous savons depuis longtemps qu'il y a bien des façons d'être monarchiste et que la monarchie qui se dégagera un jour, peut-être, de ce que feu le Comte de Paris appelait les réalités de notre temps, et ses urgences, comme celles d'aujourd'hui, sera surtout ce que l'Histoire la fera bien plutôt que des théories.

    A chaque jour, sans-doute, suffit sa peine et, pour aujourd'hui, ce qui importe, c'est que la question soit posée, que l'exigence d'un roi pour immédiatement - même si cet immédiatement signifie demain ou après demain - soit si impérativement proclamée.

    On saura gré à Marin de Viry de s'être chargé de cette sorte de mission et à Vincent Trémolet de Villers de lui avoir fait écho.

          

    Marin de Viry est un écrivain et critique littéraire français, membre du comité de direction de la Revue des deux Mondes. Il enseigne à Sciences Po Paris, dont il a été diplômé en 1988, et a été le conseiller en communication de Dominique de Villepin durant sa campagne pour l'élection présidentielle de 2012. Auteur du Matin des abrutis (éd. J.C. Lattès, 2008) et de Mémoires d'un snobé (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2012), il vient de publier Un Roi immédiatement (éd. Pierre-Guillaume de Roux, 2017).

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  • En France, le retour du peuple

     

    PAR CHRISTIAN TARENTE

     

    933807218.jpgLes événements extérieurs survenus en 2016 - succès international de Poutine, Brexit, élection de Trump -, tout à fait inattendus, ont heureusement surpris ceux qui aspirent à secouer le cocotier mondialiste. En réalité, ils n'ont pas de quoi nous réjouir : alors que le monde se réveille, nous, Français, continuons à nous repaître de combats de coqs dans des fonds de basse-cour... Comment voir autrement ces fameuses « primaires », qui étaient censées apporter une modernisation décisive à notre vie démocratique ? Le pays légal reste fidèle à son refus de prendre en compte le bien commun. Pourtant, le peuple de France multiplie les signes de son réveil. Longtemps leurré par le rêve mondialiste - horizon irremplaçable des élites, de la classe politique et des médias -, il a eu peu à peu les yeux dessillés par le réel. Sur au moins trois plans : les conséquences de l'immigration exorbitante ; les résultats d'une économie livrée aux seules forces du marché planétaire ; enfin, les perspectives menaçantes ouvertes par le rejet de toute éthique naturelle. Dans ces trois cas, on a pu voir des révoltes gronder. Le jour où elles sauront comprendre ce qui les relie et se coordonner, les Français seront mûrs pour passer de la simple révolte à la révolution culturelle globale que la situation exige.

    LE PEUPLE NOUS DEÇOIT :
    CHANGEONS LE PEUPLE !

    On a vu comment l'immigration, répondant initialement à des besoins purement économiques, a progressivement engendré un monstre idéologique où les fantasmes d'un nomadisme généralisé ont rejoint les vieilles haines contre le passé de la France, et d'abord son patrimoine chrétien. Des populations assimilables tant qu'elles étaient peu nombreuses et qu'il y avait volonté de les intégrer, se sont retrouvées trop importantes pour pouvoir éviter plus longtemps un clivage culturel dommageable à tous. On se rappelle les « odeurs » dénoncées par Chirac, en dépit de son « progressisme » revendiqué. L'Islam lui-même, dans ses aspects socio-politiques comme sur le plan des moeurs (voile, hallal, etc.), a fini par apparaître comme destructeur du mode de vie français. Les élites, au lieu de prendre le problème à bras le corps, se sont abritées derrière une ligne de défense : la dénonciation de l'islamophobie. Une digue qui s'est révélée de plus en plus fragile.

    Confronté à ces nouvelles réalités, le peuple les a d'abord subies passivement comme on subit les intempéries. Puis il a réagi, avec ses seuls moyens : le racisme, c'est-à-dire le rejet global de l'autre, ou, lorsque des élections lui en donnait l'occasion, le vote Front national. Il est indéniable que, sur ce sujet, le peuple attend désormais du pouvoir, quel qu'il soit, une politique forte. Mis à part les discours électoraux, qui n'engagent « que ceux qui y croient », rien n'indique encore que les élites en aient pris conscience : en 2016, la seule immigration « légale » est en nette croissance par rapport à 2015, et représente l'équivalent de villes comme Bordeaux, Rennes ou Le Havre. « Grand remplacement » ? « Changement de peuple » ? En tout cas, on voit bien qu'il y a là un facteur déterminant de ce qu'il est convenu d'appeler la « droi-tisation » de la société.

    LA CASSE ÉCONOMIQUE

    Un nom marque l'origine du grand dérapage économique que nous continuons de vivre, même s'il a du plomb dans l'aile : Jean Monnet. Après la Libération, Monnet s'est habilement allié à la démocratie chrétienne alors au pouvoir, imperméable aux arguments gaulliens, et qui, naïve, n'a pas vu où il voulait l'emmener, et la France avec elle. Monnet, c'était le libre-échange généralisé, européen et transatlantique pour commencer, et c'était le triomphe des puissances d'argent. C'est son programme qui a été réalisé, non sans certains succès économiques, mais avec des effets pervers, destructeurs en profondeur de la société, tant sur les plans politique, social et humain que du point de vue économique lui-même.

    FRANCE PÉRIPHÉRIQUE
    ET HORREUR ANTHROPOLOGIQUE

    On lui doit notamment la dislocation méthodique du tissu industriel français, et le chômage qui lui est lié. Le résultat, consternant, est surtout humainement dramatique. La description clinique du stade actuel en a été faite par le géographe Christophe Guilluy, notamment dans son livre La France périphérique (Flammarion). Encore n'est-ce qu'un des aspects d'une dérive progressive, une véritable fuite en avant : elle a conduit à construire l'Europe contre les nations, alors qu'il fallait au contraire, pour qu'elle soit durable, bâtir la solidarité européenne sur la reconnaissance des réalités nationales, bref, faire l'Europe des nations. La prise de conscience de cette réalité par le peuple de France est sans doute longue et difficile, tant la propagande « pro-européenne » est omniprésente, mais le rejet progressif de l'oligarchie encore dominante prélude à une remise en cause de tous ses dogmes. Le Brexit en a été un signal retentissant.

    Simone Veil, auteur de la loi autorisant l'avortement, ne semble pas en considérer les suites sans quelque désarroi. Sur le mode de Guillaume II disant de la guerre mondiale qu'il avait provoquée : « Je n'ai pas voulu cela. » Les suites de la loi Veil, c'est l'application systématique d'un « effet cliquet » conduisant à avancer sans cesse vers une destruction croissante de la nature humaine. Selon la formule d'Alphonse Allais, « quand on a passé les bornes, il n'y a plus de limites... » C'est en effet ce à quoi on assiste, faisant redouter le pire des perspectives annoncées par le « transhumanisme ». À cet égard, l'optimisme invétéré d'un Luc Ferry n'est, hélas, pas de nature à nous convaincre, contrairement aux mises en garde de beaucoup d'autres, comme Jean-Pierre Dickès.

    Cet « effet cliquet » paraissait inéluctable quand la décision d'étendre l'institution du mariage civil aux homosexuels a fait déborder le vase. Et ce fut la grande révolte populaire de la Manif pour tous. Sans effet apparent, puisque l'autisme des parlementaires a imposé le vote de la loi, mais la résonnance en a été profonde : on sait désormais qu'une réaction est possible, le printemps 2013 en constitue une butte-témoin, prélude à l'indispensable révolution culturelle de demain.

    Le retour du peuple fait peur à ceux qui ont tôt fait de le stigmatiser en le qualifiant de « populisme ». Ils se gardent bien de donner la moindre publicité au « Baromètre politique français », le dispositif d'enquête électorale le plus complet jamais réalisé en France, dû au Centre de recherches politiques de Sciences Po, le CEVIPOF. On y constate que, depuis des années, l'institution dont les Français ont la meilleure opinion est... l'armée. Suivie de la police et des PME... Et cette tendance ne cesse de croître. Le retour du peuple ? Ce sont maintenant les statistiques officielles qui l'annoncent.. 

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  • La Semaine de Magistro, une tribune d'information civique et politique

     

    La  Semaine de MAGISTRO - Adossée à des fondamentaux politiques avérés, Magistro, une tribune critique de bon sens, raisonnée et libre, d'information civique et politique. [26.02]  

    A tout un chacun

    • Henri de SAINT-BON  Essayiste   L’islam éclaté

    Du côté des élites

    Ivan RIOUFOL  Journaliste politique     Le vieux monde politique est en perdition  

    Michel PINTON   Ancien Délégué général de l’Union pour la Démocratie Française (UDF)   Macron peut-il gagner ?

    Eric ZEMMOUR  Journaliste politique   Trump : un contre tous, tous contre un !

    En France

    Jacques BICHOT    Economiste, Professeur émérite à l'Université Lyon 3   Ruineuse décentralisation ?

    Maxime TANDONNET   Haut fonctionnaire, ancien conseiller au cabinet du Président de la République    Douze raisons de soutenir François Fillon

    De par le monde

    Renaud GIRARD   Journaliste, reporter de guerre et géopoliticien français   Les difficultés d’une détente américano-russe

    Au-Delà

    Annie LAURENT   Journaliste, essayiste, conférencière, spécialiste du Proche-Orient, de l'Islam et des chrétiens d'Orient   Dieu ou Allah ?  Jésus ou Issa ?

    Devant l'histoire

    Paul RIGNAC  Ecrivain, essayiste   Du fait colonial

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  • Ephéméride du 27 Février

     

    36 : Date possible du départ de Judée de Ponce Pilate, qui doit aller se justifier devant l'Empereur Tibère 

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    http://www.interbible.org/interBible/decouverte/archeologie/2007/arc_070316.htm

     

    Il ne le sait pas encore, mais, arrivé à Rome en 37 - Tibère étant mort entre-temps - le nouvel empereur Caligula va le nommer en Gaule, à Vienne, où il mourra; et le même Caligula va également exiler en Gaule - à Saint Bertrand de Comminges -  le roi Hérode Antipas, qui y mourra également.

    Ainsi, deux des trois puissants qui ont eu à juger Jésus de Nazareth viendront-ils finir leurs jours dans ce pays qui n'est pas encore la France, mais qui va le devenir peu à peu. Seul le Grand prêtre Joseph Caïphe restera à Jérusalem, pour y mourir. Encore son sort se trouve-t-il - d'une certaine manière - associé à celui des deux autres puisqu'il fut, lui aussi, déchu de sa fonction par le même légat de Syrie, Vitellius - nommé par l'empereur Tibère - qui contraignit Ponce Pilate à aller rendre compte de sa gestion, très critiquée, devant l'empereur, à Rome.

    Petit retour en arrière...

    Ponce Pilate avait été nommé Préfet de Judée par Tibère. Qui nomma également, par la suite, Lucius Vitellius Légat de Syrie.

    Vitellius, mécontent de Pilate et de Caïphe - le Grand Prêtre - destitua le second et obligea le premier à aller se justifier devant l'empereur Tibère, à Rome. A la même époque, mais de sa propre initiative, l'ambitieux roi Hérode partit aussi pour Rome, afin de se concilier les bonnes grâces de l'empereur; mais, on l'a vu, mal lui en prit.

    Cet Hérode Antipas est le fils du roi Hérode le Grand, celui qui reçut les Mages, cherchant le roi des Juifs, dont ils avaient vu se lever l'étoile. Il leur demanda de venir le voir, une fois qu'il l'auraient trouvé, afin qu'il puisse, lui aussi, aller l'adorer, mais eux - disent les Evangiles - avertis en songe, rentrèrent dans leurs pays par un autre chemin. Furieux, Hérode fit périr tous les nouveaux-nés : ce fut le massacre des innocents...

    Son fils, Hérode Antipas, avait une personnalité et des moeurs assez troublantes : il fit décapiter Jean le Baptiste, afin de complaire à sa nièce et  épouse, Hérodiade - qu'il avait enlevée à son demi-frère... -  mais aussi et surtout à Salomé, la fille qu'Hérodiade avait eue avant de l'épouser, et dont il était secrètement amoureux.

    Puis c'est à lui que le Sanhédrin et Caïphe envoyèrent Jésus,  pour le juger (photo ci-dessus).  

    Mais comme le vrai pouvoir appartenait aux Romains, et que ni le Sanhédrin ni le roi fantoche Hérode n'avaient le pouvoir de condamner Jésus, Hérode l'envoya à Pilate...

    Les deux acteurs/témoins non-chrétiens de l'Affaire Jésus restèrent à peine deux ans en Gaule : arrivés en 37, ils disparurent dans le courant de l'année 39 :

    Ponce Pilate à Vienne, où il serait tombé d'une falaise ("aidé à tomber", il aurait plutôt été poussé, selon de tenaces traditions orales...) : le mont Pilat perpétuerait son souvenir;

    et Hérode Antipas à Saint-Bertrand de Comminges (appelée alors Lugdunum Convenarum).

     

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    Dion Cassius, Eusèbe de Césarée et Flavius Josèphe (dans ses Antiquités judaïques et dans La Guerre des Juifs) sont les principales sources traitant de ces évènements lointains; s'ils se contredisent parfois, ou émettent des affirmations confuses ou incomplètes, le recoupement de leurs affirmations permet cependant d'arriver à une certitude d'ensemble : ainsi, par exemple, Flavius Joseph indique d'abord (dans les Antiquités judaïques) qu'Hérode fut exilé « à Lugdunum », et donc certains pensèrent qu'il fut exilé avec - ou à côté de - Ponce Pilate, dans l'actuelle ville de Lyon; mais, ensuite, dans La guerre des Juifs, le même Flavius Josèphe affirme que c'est « en Hispanie » que fut exilé Hérode : les frontières étant moins précises à l'époque qu'aujourd'hui, il ne peut donc plus s'agir que de Lugdunum convenarum, devenue Saint-Bertrand de Comminges, tout à côté de l'Espagne actuelle, et non pas de la « grande » Lugdunum, Lyon.

    Ainsi donc, parmi les autres nations chrétiennes, c'est un sens particulier que prend, en Gaule - puis en France - l'expression « racines chrétiennes » : car, on vient de le voir, dès les débuts de la religion chrétienne, la Gaule fut associée, si l'on peut dire, et quelle qu'en soit la façon - en l'occurrence, paradoxale, pour employer un terme philosophique - à la nouvelle religion, qui n'allait pas tarder à devenir celle du peuple presque tout entier, par l'évangélisation : avec Saint Irénée, qui avait connu Polycarpe, disciple de Saint-Jean l'évangéliste (voir l'éphéméride du 28 juin), ce sont des représentants des tous premiers disciples - et non plus seulement deux des trois acteurs/témoins des débuts du christianisme - qui arrivent en Gaule : saint Irénée, arrivé en 157, rejoint Pothin, à Lyon, dont il devint le deuxième évêque, puisqu'il succéda à Pothin, victime (avec Blandine et ses compagnons) de la grande persécution de Marc-Aurèle en 177.

     

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    Le mont Pilat est situé dans le département de la Loire, au sud-est de Saint-Etienne et au sud-ouest de Vienne et Givors :  simple accident, suicide, ou bien « aidé à tomber », c'est de ce mont Pilat que Ponce Pilate - qui lui a donné son nom - aurait « chuté » en 39, cette même année qui vit disparaître également son comparse/complice dans « 'affaire Jésus » : le roi Hérode Antipas. 

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  • Culture • Loisirs • Traditions ...

  • Justice & Actualité • Que vienne le Prince

    Le Duc et la Duchesse de Vendôme

     

    PAR JACQUES TRÉMOLET DE VILLERS

     

    1295935921.jpgLes hasards des travaux, des plaidoiries, des discours et des conférences m'ont conduit, depuis quelques semaines, à fréquenter un très ancien confrère âgé de plus de deux mille ans : Marcus Tullius, dit Cicéron.

    Cette rencontre avait un aspect de retrouvailles car, en dehors des années d'humanités, comme on disait alors à propos des lettres classiques, je l'avais quelque peu fréquenté dans les premières années de mon exercice professionnel. Elle s'est révélée d'une jeunesse étonnante.

    Depuis que j'ai embrassé la carrière d'avocat, voilà maintenant plus d'un demi-siècle, je n'ai cessé d'entendre le même refrain. À savoir que notre profession changeait, suivant l'évolution du droit et des moeurs, des nécessités et des techniques.

    On se moquait des avocats à la Daumier, à l'allure méprisante et au geste emphatique, sans se rendre compte que, Daumier, de son temps, se moquait déjà d'eux et que le pli méprisant de la bouche et le verbe incontrôlé sont d'aujourd'hui et seront demain comme ils étaient hier.

    Et, dans ces retrouvailles, que dit Cicéron, aujourd'hui, aux avocats mais aussi aux juges et aux hommes politiques - car il fut, par la nécessité, autant juge qu'avocat et homme d'État ? II dit que ces métiers - disons mieux ces professions, ou, selon les termes qu'il employait, ces « devoirs » - ne peuvent pas être convenablement accomplis si ceux qui en ont la charge n'ont pas exercé leur esprit et leur âme à la pratique d'une saine et simple philosophie. Tout le reste, techniques, agrément, art de la parole, sens de la communication, habileté, richesse, voire même cette vertu que Napoléon appréciait tant chez ses généraux - la chance - sont secondaires. En effet, sans cette vertu (au sens premier du mot) fondamentale, les hommes ne sont ni bien défendus, ni bien jugés et les cités ne sont pas bien gouvernées.

    Que cette lumière simple, égale et tranquille, éclaire aujourd'hui, comme elle servait en son temps à voir ou à éclairer le droit des gens et la prospérité de la république ! Elle renvoie les interminables et ennuyeux débats à leur vide. Elle pose les questions essentielles à ceux qui se présentent à nos suffrages : qui êtes-vous ? Que pensez-vous ? Où est votre âme ? Où est votre esprit ? Qui sont vos amis ? Et pourquoi sont-ils vos amis ? Avec, en ligne de fuite nécessaire à la compréhension du tableau : que savez-vous de la France et que voulez-vous pour elle ?

    Elle nous renvoie aussi nous-mêmes à nos propres responsabilités. La République n'est pas la chose de quelques-uns. Elle n'est surtout pas l'enjeu des factions. Elle est la chose publique. C'est-à-dire qu'elle appartient à tous. Et donc d'abord à nous, qui nous en préoccupons, avec, au fond de l'âme, l'angor patriae, cette angoisse de la patrie qui est la marque sensible de la vraie charité politique.

    ciceroa.jpgNous connaissons, tous le combat sans issue que Cicéron mena pour sauver l'unité de la République et la concorde des citoyens contre les factions en furie. Il en mourut, martyr d'un temps qui semblait révolu. Mais nous savons aussi que la semence jetée par sa sagesse devait fleurir chez celui-là même qui commit la faute - le crime - de le faire exécuter. Octave devenu Auguste, remplaça le chaos républicain par un principat qui vit fleurir les arts de la paix, Horace, Virgile, les routes et les aqueducs, les villes et le droit, la civilisation étendue au monde connu.

    Après la cacophonie insupportable de nos campagnes interminables, que vienne, pour nous aussi, celui en qui germent nos espérances : le Prince français. 

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  • Religions • Un athée face aux religions

     

    Par Péroncel-Hugoz

    Lors de son récent séjour en Europe, notre confrère a été frappé par la véritable « occupation » des médias réalisée par le néo-philosophe Michel Onfray dont les prestations naguère au Maroc ne passèrent pas inaperçues non plus… D'où ce récit vu du Maroc, et cette analyse par les textes.

     

    peroncel-hugoz 2.jpgC’était il y a cinq ou six ans dans l'espace des pas perdus de l’Institut français de Casablanca. Je m’y trouvais en compagnie d'un fameux psychanalyste et essayiste marocain, le docteur Rouchdi Chamcham*, qui m’y présenta l'une de ses connaissances françaises, l’essayiste Michel Onfray, spécialiste de l’athéisme ou, plutôt, selon sa propre formulation, de l’« athéologie ». 

    Changement de thème

    Il nous précisa qu’il était venu à Casa pour « s’y adresser à des étudiants ». Pour leur parler de quoi ? « D’athéologie », nous répondit-il, ce qui me conduisit à lui dire que l’athéisme n’était pas du tout bien vu par le Maroc officiel ou populaire. Pas de réaction de sa part, si ce n’est une moue dubitative, mais rencontrant quelque temps plus tard l'un des étudiants ayant assisté à la conférence de M. Onfray, il m’apprit que ce dernier avait finalement parlé d’une autre de ses spécialités : « l’art de jouir », bref « l’hédonisme »… 

    Une place à part

    Se définissant lui-même, dans ses écrits, comme « d’aucun sérail, d’aucune coterie, d’aucune tribu », Michel Onfray occupe, il est vrai, depuis bientôt vingt ans une place à part au sein de l’intelligentsia de l’Hexagone : issu d’un milieu populaire et provincial, en Normandie, il a créé avec succès dans cette province industrielle et agricole, une « université gratuite », ouverte à tous et très courue. Regardé de haut à Paris par la « gauche caviar » mais ayant conquis de très nombreux lecteurs ou auditeurs grâce à ses textes ou émissions non-conformistes sur Albert Camus, Nietzsche, les Freudiens, les Libertins, il est peu à peu devenu, comme on dit, « incontournable ». Il faut ajouter qu’il est avenant, qu’il sait parler, qu’il est rarement ennuyeux, et puis, il y a eu un phénomène de mode, drainant même des intellos très parisiens vers les percutants cours publics du « Maître » en sa bonne ville de Caen, un lieu peu « branché » jusqu’ici… 

    Près de cent volumes…

    Suivant une tendance de plus en plus marquée de l’édition française actuelle, Onfray l’athée militant, l’hédoniste proclamé, s’est donc mis à publier sur les religions, notamment sur les deux principales fois révélées : le christianisme et l’islam. La bibliographie de cet auteur relativement jeune encore (il est né en 1959) frise déjà la centaine de volumes. Pour nos suiveurs, nous avons sélectionné quelques définitions très « onfreïennes», extraites notamment de trois ou quatre de ses plus récents entretiens ou essais, par exemple Décadence. De Jésus à Ben Laden, vie et mort de l’Occident (Flammarion, Paris) et Penser l’Islam (Grasset, Paris). 

    Du Vatican à Israël 

    « Le Concile Vatican-II (réputé avoir « modernisé » l’Eglise) a évacué la transcendance et le sacré, pour confiner le catholicisme dans un moralisme politiquement correct ».

    « Une civilisation vit tant qu’elle résiste à ce qui veut sa mort ».

    «Le catholicisme triomphe médiatiquement parce que le pape François sait en user, en jésuite, mais (…) le catholicisme est épuisé ».

    « La France blanche et catholique va vers sa disparition ».

    « Si d’aventure un Mélenchon ou une Marine Le Pen arrivaient au pouvoir pour mener une autre politique, ils auraient le même destin que Tsipras et Syriza [en Grèce] ».

    « L’Islam bénéficie d’un jugement favorable : la fameuse religion de paix, de tolérance et d’amour…»

    « Si les droits de l’homme  étaient la véritable raison des attaques françaises, [contre les jihadistes], pourquoi n’attaquerions-nous pas (…) la Chine, Cuba, l’Arabie, l’Iran, le Pakistan ? ou même les Etats-Unis sinon Israël… ? ». 

    De l'Irak à la Libye

    « Le droit d’ingérence, théorisé par (le ministre français) Kouchner, permet à l’Occident de continuer sa politique impérialiste sans en avoir l’air ».

    « Nous avons bombardé des pays musulmans qui ne nous menaçaient pas directement : Irak, Afghanistan, Libye, Mali aujourd’hui, l’Etat Islamique ».

    « La plupart des intellectuels (occidentaux) ayant pignon sur rue ont soutenu les guerres quand ils ne les ont pas voulues ; je songe au terrible rôle de Bernard-Henry Lévy (philosophe parisien ayant poussé le président Sarkozy à intervenir en Libye pour y éliminer Kadhafi) ».

    « Islamophobe au-dehors la France est islamophile au-dedans ».

    « Aujourd’hui l’Islam est une religion exponentielle, en pleine forme, forte de ce que Nietzsche appelait la grande santé ».

    « Islamophobe renvoie, par le suffixe « phobe » à la peur : avoir peur de l’islam n’est pas le détester (…) Est-ce être islamophobe que de préférer la paix à la guerre ? »

    Conclusion provisoire

    Comme le montrent éloquemment les citations ci-dessus, Michel Onfray ne redoute ni les paradoxes, ni les oxymores, ni de bousculer maintes idées présentement dominantes… 

    * Auteur d’essais marquants sur La psychanalyse au Maroc (Eddif, Casablanca) et La circoncision au Maroc (Afrique-Orient)

    Péroncel-Hugoz

    Repris du journal en ligne marocain le360 du 3.02.2017

  • Histoire • La monarchie contre l’esclavage

     

    Relevé sur le site du Salon Beige ces quelques éléments d’Histoire utiles à connaître et à faire connaître.

     

    Le 4 février 1776 : abolition de l'esclavage en France.

    Selon_le_droit_de_Nature_chacun_doit_naître_franc.jpgL'esclavage en France métropolitaine n'a jamais existé ! Dans Institutions coutumières, (éd. Loysel, livre I, art. 6), il est rappelé qu'un édit du 3 juillet 1315, de Louis X le Hutin, stipule que : 

    « Le sol de France affranchit l'homme qui le touche ». 

    Encore un mensonge de l'histoire officielle, car ce n'est pas la Convention, qui en 1792 abolit l'esclavage en décidant d'accorder la citoyenneté aux hommes libres de couleur, mais bien le roi Louis XVI qui promulgue, dès 1776, un édit condamnant fermement la possession d'esclaves sur le territoire français. Et la République se garde bien de nous rappeler que trois ans plus tard, le roi va plus loin, puisque le 8 mai 1779, Louis XVI abolit par ordonnance, le servage, le droit de suite et affranchit tous les « mains mortables » [les serfs] des domaines royaux, ainsi que les hommes de corps, les « mortaillables » et les « taillables ».  

    Encore un mythe mensonger destiné à draper la république d'habits respectables qu'elle ne mérite pas. Où sont la liberté, l'égalité et la fraternité quand on justifie l'esclavage ? 

    En effet, l'Assemblée Nationale de 1790 réaffirme par deux décrets, du 8 mars et du 12 octobre 1790, que l'esclavage est légal ; abolissant une liberté de plus en supprimant ainsi la réforme royale. L'Assemblée rejette ainsi la publication de Brissot Adresse à l'Assemblée Nationale pour l'abolition de la traite des Noirs

    Ce n'est que devant son impuissance face aux révoltes des esclaves des colonies qu'elle finit par abolir l'esclavage en 1794 et, comme par hasard, le 4 février ! La France est par l'action réformatrice de son roi l'une des premières nations du monde à abolir l'esclavage et le servage. 

    Mais qui sait encore qu'à l'époque un esclave qui met le pied sur le sol du royaume devient automatiquement libre, ou « franc» ? Le serf dépend du seigneur, qui en échange de son travail, lui doit protection ; il est attaché à sa terre, mais on ne peut la lui retirer. Avec le temps, le servage disparaît, ne subsistant que sous des aspects secondaires, variant selon les endroits. Quant aux corvées, elles sont un impôt en nature et n'ont rien à voir avec l'esclavage. L'esclave est une « chose », un « bien meuble » (conception du droit romain reprise à la Renaissance), tandis que le serf n'a jamais cessé d'être une « personne », possédant la personnalité juridique. Tempéré par le Code noir de 1685, qui est un progrès pour l'époque, l'esclavage demeure aux colonies, et est effectivement confirmé en 1790. Ce qui est moins connu, c'est l'esclavage des Blancs aux Antilles, par d'autres Blancs, sous la forme de « l'engagement ». Il existe tout au long du XVIIe siècle. 

    Merci à Michel Franceschetti de sa transmission

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