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Histoire • La monarchie contre l’esclavage

 

Relevé sur le site du Salon Beige ces quelques éléments d’Histoire utiles à connaître et à faire connaître.

 

Le 4 février 1776 : abolition de l'esclavage en France.

Selon_le_droit_de_Nature_chacun_doit_naître_franc.jpgL'esclavage en France métropolitaine n'a jamais existé ! Dans Institutions coutumières, (éd. Loysel, livre I, art. 6), il est rappelé qu'un édit du 3 juillet 1315, de Louis X le Hutin, stipule que : 

« Le sol de France affranchit l'homme qui le touche ». 

Encore un mensonge de l'histoire officielle, car ce n'est pas la Convention, qui en 1792 abolit l'esclavage en décidant d'accorder la citoyenneté aux hommes libres de couleur, mais bien le roi Louis XVI qui promulgue, dès 1776, un édit condamnant fermement la possession d'esclaves sur le territoire français. Et la République se garde bien de nous rappeler que trois ans plus tard, le roi va plus loin, puisque le 8 mai 1779, Louis XVI abolit par ordonnance, le servage, le droit de suite et affranchit tous les « mains mortables » [les serfs] des domaines royaux, ainsi que les hommes de corps, les « mortaillables » et les « taillables ».  

Encore un mythe mensonger destiné à draper la république d'habits respectables qu'elle ne mérite pas. Où sont la liberté, l'égalité et la fraternité quand on justifie l'esclavage ? 

En effet, l'Assemblée Nationale de 1790 réaffirme par deux décrets, du 8 mars et du 12 octobre 1790, que l'esclavage est légal ; abolissant une liberté de plus en supprimant ainsi la réforme royale. L'Assemblée rejette ainsi la publication de Brissot Adresse à l'Assemblée Nationale pour l'abolition de la traite des Noirs

Ce n'est que devant son impuissance face aux révoltes des esclaves des colonies qu'elle finit par abolir l'esclavage en 1794 et, comme par hasard, le 4 février ! La France est par l'action réformatrice de son roi l'une des premières nations du monde à abolir l'esclavage et le servage. 

Mais qui sait encore qu'à l'époque un esclave qui met le pied sur le sol du royaume devient automatiquement libre, ou « franc» ? Le serf dépend du seigneur, qui en échange de son travail, lui doit protection ; il est attaché à sa terre, mais on ne peut la lui retirer. Avec le temps, le servage disparaît, ne subsistant que sous des aspects secondaires, variant selon les endroits. Quant aux corvées, elles sont un impôt en nature et n'ont rien à voir avec l'esclavage. L'esclave est une « chose », un « bien meuble » (conception du droit romain reprise à la Renaissance), tandis que le serf n'a jamais cessé d'être une « personne », possédant la personnalité juridique. Tempéré par le Code noir de 1685, qui est un progrès pour l'époque, l'esclavage demeure aux colonies, et est effectivement confirmé en 1790. Ce qui est moins connu, c'est l'esclavage des Blancs aux Antilles, par d'autres Blancs, sous la forme de « l'engagement ». Il existe tout au long du XVIIe siècle. 

Merci à Michel Franceschetti de sa transmission

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Commentaires

  • Ce ne serait pas plutôt «franc» que «ranc», qualité automatiquement acquise dès qu'un esclave met le pied sur le sol de France? Merci par avance de votre réponse. J'ai cherché dans mes dictionnaires et n'ai rien trouvé.

  • Cher Patrik111,
    Vous êtes toujours vigilant et vous avez à chaque fois raison. Merci. Nous avons, bien-sûr, rectifié la coquille que vous avez découverte.
    (Excusez notre réponse tardive !)

  • Pourquoi parler d'abolition de l'esclavage alors qu'il était toujours légal dans les colonies? Le rendre illégal là où il n'est jamais pratiqué sans le rendre illégal là où il est appliqué…n'est-ce pas pure hypocrisie? Aucun Roi de France n'a aboli l'esclavage dans les colonies. C'est à la République que l'on doit cette abolition…par deux fois Les rois de France de Louis XV à Louis-Philippe n'ont pas non plus aboli le code noir. Ce qui veut dire que les Rois de France ne considérait ni l'esclavage ni la mutilation de l'esclave qui cherche la liberté comme inacceptable, Ce qui n'est pas étonnant car comme le disait Bossuet, l'esclavage ayant l'appui divin via la bouche de Saint-Paul, s'y opposer c'est être un hérétique.

  • Ce que vous dites est discutable. D'abord, il est faux de dire que l'esclavage n'était pas pratiqué en France, et qu'il était hypocrite de l'y rendre illégal. Bien au contraire, il y avait beaucoup de gens qui cherchaient à y importer des esclaves, soit comme domestiques (la mode des serviteurs noirs), soit comme main d'oeuvre gratuite pour l'industrie. L'illégalité de ces pratiques était dissuasive à leur égard. D'autre part, le "code noir" était justement une protection contre les abus des propriétaires d'esclaves. je vous rappelle que ce n'est pas la France mais l'Espagne et le Portugal qui avaient généralisé l'esclavage et la traite. Les autres nations ont suivi.

  • Vous ne répondez pas sur le point essentiel: Pourquoi aucun Roi de France n'a aboli l'esclavage dans les colonies françaises, c'est à dire là où cela comptait le plus?

    Quand au Code noir, je cite l'article 38:
    "L'esclave fugitif qui aura été en fuite pendant un mois, à compter du jour que son maître l'aura dénoncé en justice, aura les oreilles coupées et sera marqué d'une fleur de lys une épaule; s'il récidive un autre mois pareillement du jour de la dénonciation, il aura le jarret coupé, et il sera marqué d'une fleur de lys sur l'autre épaule; et, la troisième fois, il sera puni de mort."

  • Le rôle du roi de France n'était pas de changer le monde mais de veiller sur les français. L'esclavage existait en Afrique et en Asie depuis des millénaires, et d'ailleurs, il existe toujours. La traite triangulaire existait depuis que l'esclavage des nègres avait été déclaré bienfaisant par Las Casas, parce qu'elle "épargnait les souffrances des indiens" (!) Elle ne fut pas instaurée aux Antilles ni ailleurs par la France, mais par les Espagnols, d'abord, les portugais ensuite, et sur une plus grande échelle. En l'interdisant sur le territoire français le roi évitait sa dispersion. Si le roi de France avait décidé, comme vous l'imaginez, d'abolir l'esclavage, il en aurait payé des conséquences graves. N'oubliez pas qu'un siècle plus tard, l'empereur du Brésil perdit son trône pour avoir écouté son esprit humaniste en abolissant l'esclavage. Contrairement à ce que vous suggérez, enfin, le code noir était un considérable progrès: les esclaves y étaient considérés comme des sujets de droit: ils pouvaient saisir l'autorité, témoigner en justice, se marier, mener un procès, on ne pouvait séparer les enfants de leurs parents, ils étaient baptisés, leurs maîtres ne pouvaient les torturer ni les tuer. Les sources de ce code n'étaient nullement la théorie romaine de l'"instrumentum vocale", celle de la minorité statutaire. Toute la jurisprudence des parlements se réfère à cette théorie.

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