vendredi, 17 juillet 2009
Ephéméride du 17 Juillet.
1429: Jeanne fait sacrer Charles VII à Reims. C'est le tournant décisif de la Guerre de Cent Ans. La légitimité de Charles VII ne peut plus, désormais, être contestée : http://pagesperso-orange.fr/jean-claude.colrat/sacre.htm
Le réalisme politique de Jeanne aboutit à l'effet escompté: les esprits sont retournés en faveur du Roi légitime, et même la mort de Jeanne, le 30 mai 1431, n'empêchera pas la défaite anglaise.
En 1453, vingt quatre ans à peine après le sacre, les Anglais ont perdu toutes leurs possessions en France (sauf Calais, qui ne redeviendra française qu'en 1558).
1453 : L'armée française de Charles VII remporte une victoire décisive sur les Anglais dans le village girondin de Castillon.
Cette bataille marque la fin de la Guerre de Cent Ans,mais elle met aussi un terme définitif à la présence anglaise en Guyenne. La reconquête de la région aquitaine sera complète quand le roi de France s'emparera de Bordeaux le 19 octobre.
1794 : Les seize Carmélites de Compiègne sont guillotinées sur la Place du Trône, actuellement Place de la Nation. Est retenu contre elles le crime d'avoir "...formé des conciliabules de contre-révolution, et d'avoir le désir de voir le peuple remis aux fers de ses tyrans et dans l'esclavage des prêtres sanguinaires... leur attachement à des croyances puériles...".
Dès le début, la Révolution Française a cherché à anéantir le monachisme et à extirper à jamais de la mémoire des Français tout souvenir du Dieu d'Abraham. Pour les carmélites de Compiègne, le fait d'être martyres de la foi à cette époque n'a donc vraiment rien d'exceptionnel. Ce qui rend leur histoire singulière, c'est qu'elles sont mortes en communauté et ont fait de leur martyre une sorte d'acte liturgique auquel elles s'étaient préparées quotidiennement
Âgées de 25 à 75 ans, elles gravissent une à une les marches de l'échafaud, ce 17 juillet 1794, au chant du Veni, creator spiritus... (Viens, Esprit créateur...)
http://missel.free.fr/Sanctoral/07/17.php
1796 : Naissance de Corot : http://www.impressionniste.net/corot.htm
1888 : Le docteur Edouard Alfred Martel commence l'exploration de la grotte de Bramadiau dans le Gard, puis découvre le gouffre de Padirac (ci dessous).
http://www.francegazette.com/pages/default.asp?SectionID=...
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Commentaires
Le rapport de l'athéisme révolutionnaire au christianisme est un rapport de parenté critique. Avant de dégénérer en simple matérialisme pratique, l'athéisme révolutionnaire a retourné contre le christianisme ses propres armes, à commencer par le primat de la raison. Il a mené à son terme le procès de"désenchantement du monde"entamé par la désacralisation chrétienne du cosmos.
Il a ramené sur terre les aspirations chrétiennes fondamentales (le bonheur remplaçant le salut, et l'avenir l'au-delà), c'est-à-dire qu'il lui a opposé ses propres valeurs désormais laïcisées, tout en prétendant se passer de sa clef de voûte : Dieu.
Comme le dit René Girard, la modernité a rejeté la tradition chrétienne "au nom d'idéaux qu'elle accuse le christianisme de méconnaître et qu'elle croit incarner mieux que lui".
La modernité, paradoxalement, a opposé au christianisme une prétention à être plus chrétienne que lui.
Ecrit par : Baphomet | vendredi, 17 juillet 2009
J’ignorais complètement :
1. Que le christianisme professait le primat de la raison,
2. Qu’il existait une « désacralisation chrétienne du cosmos »,
3. Que le christianisme avait « entamé un procès de désenchantement du monde »
Je croyais, au contraire :
1. Que le christianisme professait la primauté de la foi sur la raison,
2. Qu’il sacralisait le cosmos et toute la création, comme l’œuvre de Dieu,
3. Que le « désenchantement du monde » provenait plutôt de son refus, moderne, de toute transcendance, donc de sens.
Mais il est aussi possible que toute pensée, œuvre ou croyance humaine soit, en fait, susceptible de dégénérer en autre chose qu’elle-même à partir de ses propres fondements et que les « rapports de parenté critique » entre les dites pensées, œuvres ou croyances et leurs dégénérescences soient tout simplement d’une extrême banalité.
Ecrit par : LORI | samedi, 18 juillet 2009
Mon cher LORI, le processus de substitition est connu. Les dieux ont d'abord été remplacés par Dieu, au terme d'une longue lutte d'influence dont le christianisme est officiellement sorti vainqueur. Le Dieu chrétien a ensuite perdu progressivement de sa crédibilité et vu s'affaiblir son emprise. Le Dieu dont Nietzsche proclame la «mort » en 1886 n'est que ce Dieu moral, le Dieu de la métaphysique occidentale.
Mais sa mort dans la conscience collective a rendu cette conscience malheureuse. Le Dieu «mort » a continué de s'y inscrire en creux, en y laissant un manque.
Pour combler ce manque, la modernité a inventé une série de substituts profanes (le Peuple, la Nation, la Patrie, la Classe, la Race, le Progrès, la Révolution, etc.) qui, tous sans exception, se sont révélés inaptes à servir d'absolus de rechange. Les espérances investies dans l'action politique (où l'on entrait «comme en religion ») n'ont engendré que la désillusion, le découragement, et parfois l'horreur. Le décès de l'espérance révolutionnaire dans un salut terrestre constitue l'événement spirituel de cette fin de siècle.
Le nihilisme contemporain signe l'échec de ces démarches de substitution.
Ecrit par : Baphomet | samedi, 18 juillet 2009
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