Islam, immigration : quand Hollande dynamite les restes de la gauche morale
Par Gilles William Goldnadel
Si les propos du président sur les footballeurs ou les magistrats ont choqué, ceux sur l'islam et l'immigration ont provoqué moins de remous. Gilles-William Goldnadel - dit Le Figaro - s'étonne de ce silence qui traduit la gène d'un « camp du Bien » en mauvaise posture. [Figarovox 17.10]. Mais cette remarquable chronique fait bien plus que marquer son étonnement. Bien plus que pointer la gêne du « camp du Bien ». Elle sous-entend leur désarroi et peut-être la proximité d'un grand dévoilement. Celui qui déchirera ce voile - politique et médiatique - qui interdit pour l'instant encore que ce que pensent les Français très majoritairement au fond d'eux-mêmes - le Pays Réel - puisse être universellement reconnu et proclamé. Notre accord avec ce qu'exprime ici Gilles-William Goldnadel va de soi; est une évidence. Lafautearousseau
Et si, sans le vouloir, François Hollande avait rendu enfin un signalé service à la France ?
On aura beaucoup disserté sur ses confidences vespérales à deux journalistes d'un quotidien du soir, mais il n'est pas sûr que l'on en ait tiré la leçon principale.
On a vitupéré une incontinence médiatique indigne d'un souverain républicain. Et on a eu raison.
On s'est questionné légitimement sur l'économie de son temps par un homme affairé et dont on imagine qu'il devrait être ménager d'occupations futiles et subalternes.
On a critiqué à juste raison l'insulte faite à une magistrature française taxée de lâche par le premier garant de son indépendance.
On peut, et l'on devrait plus souvent, reprocher à certains juges, syndiqués ou non, leur tropisme idéologique, à d'autres leur obsession pour l'avancement, à quelques-uns encore leur indolence professionnelle. On ne voit pas pour quelle raison magique, ce corps serait préservé d'une maladie nationale qui n'a rien d'orpheline. Et il est vrai encore que ce métier et ses représentants n'ont pas un goût immodéré pour la critique. De là à prétendre, comme le premier des Français, que l'ensemble de celui-ci serait atteint, c'est pratiquer une généralisation erronée et blessante.
On a, également à bon droit, condamné les propos officieux de notre premier officiel sur la débilité intellectuelle de nos footballeurs nationaux. On peut ici encore - c'est même recommandé - considérer certains professionnels du ballon rond comme de parfaits anti-modèles pour la jeunesse française. On peut regretter, comme François Hollande, « une communautarisation, une segmentation, une ethnicisation (sic) » de ce sport, mais Benzema, Cantona, Ribéry, Anelka et quelques autres n'incarnent pas à eux seuls le football tricolore.
En revanche, je n'ai point entendu un concert de protestations touchant à l'expression par le chef de l'État de sa pensée profonde sur l'islam et l'immigration. Alors qu'il s'agit des deux questions qui fâchent le plus, les Français, y compris les plus vétilleux, n'ont pas été fâchés des propos officieux et pourtant détonants de leur président.
Je ne me lasserai pas de les reproduire après Vincent Trémolet de Villers (le Figaro du 13 octobre) : « il y a des choses qui les taraudent (les Français), ils arrivent dans un train, ils voient des barbus, des gens qui lisent le Coran, des femmes voilées… Il y a des choses qui marchent très bien et l'accumulation de bombes potentielles liées à une immigration qui continue. Parce que ça continue ».
Sur ces déclarations de Nadine Morano qui lui valurent l'opprobre et la moquerie médiatique et politique, y compris dans son propre camp : « Je suis convaincu que, quand on interroge les Français, ils sont majoritairement sur sa position. Ils pensent : " on est plutôt des blancs, il y a plus de blancs que d'autres" »…
Sur l'immigration invasive : « je pense qu'il y a trop d'arrivées, d'immigration, qui ne devraient pas être là.… C'est Sisyphe ! On les fait parler Français, et puis arrive un autre groupe, il faut tout recommencer. Ça ne s'arrête jamais… donc, il faut à un moment que ça s'arrête ».
Sur l'islam, et sans craindre l'amalgame devant pourtant deux représentants d'un journal ombrageux : « il y a un problème avec l'islam, c'est vrai. Nul n'en doute ». Le voile ? : « Un asservissement »…
Sur la poussée migratoire : « On ne peut pas continuer à avoir des migrants qui arrivent sans contrôle, dans le contexte en plus des attentats ».
Enfin, sur le risque d'affrontements ethniques : « comment peut-on éviter la partition ? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition ».
Le plus important habite ici : l'ensemble des propos qui précèdent - s'ils avaient été prononcés par le même ou par quelqu'un d'autre à la télévision auraient fait l'objet d'une déflagration atomique - n'ont pas fait l'objet d'une contestation factuelle, morale ou politique générale.
Celui qui les a prononcés n'est pourtant pas n'importe qui : il est le représentant officiel de la gauche morale, intronisé par le Parti Socialiste, oint par le suffrage universel.
Celui qui les a prononcés ne les a pas contestés. Il ne s'en est pas excusé parce que nul ne lui a demandé de le faire. S'agissant des magistrats ou des footballeurs, le président était coupable d'une généralisation abusive qui lui fut reprochée. Touchant à la question migratoire ou islamique, nul aujourd'hui ne s'est hasardé à lui faire ce mauvais procès qui était de rigueur, il y a encore peu, pour cause de racisme.
François Hollande pouvait dire impunément et sans avoir à le regretter ce qu'officiellement le clergé médiatique, politique et même épiscopal réprouve encore hautement contre l'avis des gens.
L'étrange tragi-comédie des bavardages présidentiels qui aura sans doute épuisé définitivement le crédit d'un responsable déjà largement à découvert, aura eu au moins le mérite d'illustrer la folie de l'époque : il est désormais licite de penser convenablement à condition de ne pas le chanter, ce qui serait inconvenant.
Qu'un maître en hypocrisie ait pu contribuer, à son corps défendant, au dynamitage de la plus formidable et dommageable hypocrisie du temps n'est pas le moindre signe du surréalisme de l'époque.
Les tartuffes et les diafoirus interprètent leur dernier acte. Ils ont déjà modifié les dialogues. Mais le public ne connaît pas encore l'épilogue du drame.
Il sait seulement qu'il a déjà trop payé. •
Sur le risque d'affrontements ethniques : « comment peut-on éviter la partition ? Car c'est quand même ça qui est en train de se produire : la partition ».
Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain. Il est président de l'association France-Israël. Toutes les semaines, il décrypte l'actualité pour FigaroVox.

Nous laisserons ces élus à leur « honte », qui n'est honteuse que pour eux : car, par exemple, ni l'un ni l'autre n'ont honte que Samia Ghali, maire de quartiers paupérisés à l'extrême, vive dans une très belle villa, sur la superbe Corniche, qui est - pour ceux qui l'ignorent - un peu « le seizième arrondissement » de Marseille - bien loin de la misère de ses quartiers nord. Ils doivent sentir trop mauvais à son goût, sans doute ; elle doit leur préférer l'air iodé. Mais, de cela, elle n'a pas honte ; mais, alors, absolument pas. Et Roger Rozé, lui, trouve cela normal...
Un mot chasse l’autre : on évoque désormais la précarité plutôt que la pauvreté. Les deux mots désignent-ils la même chose ?

Le quinquennat de François Hollande s’achève comme il avait commencé, c’est-à-dire dans la confusion la plus totale. Fanfaron, cabotin, manœuvrier, hypocrite et malhonnête sont les qualificatifs qui viennent à l’esprit pour définir le premier secrétaire de la République des copains à la lecture des meilleures feuilles du livre d’entretiens Un Président ne devrait pas dire ça.
Dans le dernier numéro de Causeur (sur papier, 5€90, pas cher), outre une belle interview de Christophe Guilluy à propos de son dernier livre, le Crépuscule de la France d’en haut, et de Daniel Mesguich, à qui je dois quelques fascinants souvenirs de théâtre
J’ai assez défendu Eric

Aujourd'hui, c'est à La Sorbonne, et - à juste titre - cela indigne tout le monde : « Frapper vite, frapper fort, un bon flic est un flic mort » ou « J’ouvre une bouteille à chaque fois qu’ils ferment un cercueil d’un flic ». Mais que disaient d'autre les terroristes de Marseille quand ils criaient (avec le peu de force que l'usage immodéré du cannabis et de l'alcool leur laissaient) : « Robespierre, reviens ! Y'a du travail à faire ».* Ce qui n'est, ni plus ni moins, que l'apologie de la guillotine, du meurtre institutionnalisé et de l'assassinat légalisé, codifié et organisé des Français par une Terreur déclarée d'utilité publique et « à l'ordre du jour », comme en 1793; et qui avait commencé dès le 14 juillet 1789, avec l'ignoble « journée des têtes au bout des piques », le vrai nom que l'on devrait donner au sinistre épisode de la Bastille.
Ces jeunes délinquants-terroristes-assassins qui appellent au meurtre, mais ce sont les grands ancêtres : Danton, Robespierre, Marat ! Ils ne parlaient pas autrement, n'agissaient pas autrement que leurs enfants d'aujourd'hui : oui, ceux qui ont écrit ces graffitis immondes à La Sorbonne, et crié ce cri immonde à Marseille sont comme la réincarnation, en tout cas la perpétuation, de Danton et de ses massacres de septembre; de Fouquier-Tinville et de son Tribunal révolutionnaire; de Marat et de son ivresse sanguinaire... C'est Clemenceau qui a raison : la révolution est un bloc, et elle est toujours en cours. Sauf que, à l'époque, elle a pris la forme du chaos explosif, alors qu'aujourd'hui elle a revêtu les habits formellement décents du chaos figé (l'image est de Gustave Thibon) : mais, sous l'habit, c'est toujours la même fièvre sanguinaire, « la révolution... ou la mort ! »
L'opposition pays réel, pays légal a d'abord un sens politique. Elle prend place dans la critique d'ensemble adressée par Maurras au fonctionnement de la République jacobine. Le pays réel (on parle aujourd'hui de la société civile dans ce sens) s'est vu privé de toute autonomie, dépouillé de toute liberté concrète (alors qu'une Liberté abstraite et absolue était proclamée solennellement), par un pouvoir centralisé s'occupant de tout, s'immisçant partout, au détriment des anciens corps intermédiaires mais aussi du bon exercice des fonctions propres du pouvoir central, les fonctions régaliennes. C'est en ce sens qu'Anatole France affirmait :
