Bon à savoir ? Oui : Des souverainistes de gauche, ex-proches de Mélenchon, veulent lancer leur parti
C'est Le Figaro du 11 janvier qui nous l'apprend sous la plume de Sophie de Ravinel. Et pour qui participe au débat politique autrement que par voie d'injures et de polémique vulgaire, l'information est importante. Ce n'est pas autrement, mutatis mutandis, que s'est élaborée en Italie une convergence entre souverainistes de gauche et de droite qui a porté les populistes patriotes et eurosceptiques au Pouvoir. Nous n'en sommes pas là. Mais les lignes bougent. Suivons les affaires aussi de ce côté-là de l'échiquier politique ! LFAR
Des souverainistes de gauche, anciennement proches de Jean-Luc Mélenchon, présentent samedi à Paris les contours d'une nouvelle formation politique. Le concept de la nation y sera tout sauf tabou.
La réunion est publique. Elle se déroule samedi dans le XIe arrondissement de Paris, rue de Charonne. Deux conditions pour s'y rendre: être souverainiste, et de gauche. Même si le mot gauche pour eux, n'a plus grand sens. Trois personnalités sont invitantes : le philosophe Denis Collin, le journaliste Jacques Cotta mais aussi Djordje Kuzmanovic (Photo, de gauche à droite), un spécialiste de géopolitique et jusqu'à il y a peu proche collaborateur de Jean-Luc Mélenchon sur les questions internationales. Tous trois s'apprêtent à proposer aux participants de monter une nouvelle formation politique. « Nous allons faire des propositions et nous verrons quelles sont les réponses », précise Jacques Cotta, qui souhaite s'orienter vers « un Collectif pour la souveraineté et la justice sociale ». « Ce mouvement sera à l'écoute de ce que dit le pays dans ce temps de crise exprimée par les « gilets jaunes ». Il n'exclura personne, ne niera pas les particularités mais rassemblera ». C'est Djordje Kuzmanovic qui devrait présenter les contours du projet.
Jacques Cotta, qui a animé une émission à la télévision Le Media, a aussi été proche de Mélenchon. Quant à Denis Collin, son amitié avec le leader des Insoumis remonte à ses jeunes années de l'OCI (l'Organisation Communiste Internationaliste). Il l'a ensuite accompagné au PS et enfin au PG, avant que leurs chemins ne se séparent sur fond de divergences politiques et personnelles. Ce spécialiste de Karl Marx vient de publier Après la gauche aux Éditions Perspectives libres, un essai proche des thèses de Jean-Claude Michea. Sur le blog La Sociale qui rassemble ce clan souverainiste, un « Appel des 100 » a été publié, dans lequel les signataires - au-delà de leurs éventuelles divergences - défendent « la souveraineté de la Nation ». « Une force existe dans le pays pour la république laïque, démocratique et sociale, une et indivisible, une république souveraine au service du peuple de France », écrivent-ils.
On y trouve des personnalités diverses comme l'essayiste Coralie Delaume proche de Natacha Polony, la militante féministe Fatiha Boudjahlat ou... l'ancien candidat royaliste à la présidentielle de 1974, Bertrand Renouvin (photo). Il est à la tête de la Nouvelle action royaliste, la NAR. Un mouvement non maurrassien soucieux d'instaurer une monarchie constitutionnelle en France.
« Dupont-Aignan et Le Pen ne sont pas en faveur d'une véritable répartition des richesses »
« Ce qui nous rassemble, c'est notre ADN de gauche antilibérale et un souverainisme assumé », explique Fatiha Boudjahlat. Elle ne sera pas à la réunion samedi mais se dit « très intéressée » par ce qui se construit. « Contrairement à La France Insoumise où Jean-Luc Mélenchon nuit à ses propres idées par son attitude autoritariste, personne ne cherche ici à capter la lumière ». Boudjahlat l'assure, ce projet n'a « rien à voir » avec Debout La France de Nicolas Dupont-Aignan, et « encore moins » avec le Rassemblement national de Marine Le Pen. « Chez nous, contrairement à Dupont-Aignan, le souverainisme n'est pas une fin en soi, c'est le moyen de récupérer l'autorité politique pour réaliser la République sociale ». « Et jamais, poursuit-elle, jamais nous ne nous serions unis à Marine Le Pen qui a une vision exclusive de la nationalité ». « Dupont-Aignan et Le Pen ne sont pas en faveur d'une véritable répartition des richesses », poursuit Cotta. « Quand ils affirment qu'il faut prendre sur les cotisations sociales, c'est-à-dire sur les salaires différés, pour les mettre sur les salaires et augmenter le Smic, ils sont sur une même position que l'Europe et Emmanuel Macron ! »
Reste que ces souverainistes de gauche, chez les « Gilets jaunes » et ailleurs, pêchent dans les mêmes eaux populaires. Avec une réhabilitation volontaire et très nette de la « nation ». « J'aime le mot nation, défend Boudjahlat (photo), c'est le mot qui exprime le mieux l'intérêt général. Le peuple, c'est devenu quantitatif...» Sur son blog La Sociale, Denis Collin vise clairement Jean-Luc Mélenchon. « Ceux qui parlent du peuple sans vouloir la nation (suivez mon regard), ne voient pas le peuple autrement qu'une masse coagulée par le charisme d'un chef, d'un « caudillo » et non pas le peuple politique, apte à délibérer dans le silence des passions ». Il reconnaît qu'il y a « des passions nationales qui peuvent être dangereuses ». Il pointe aussi la « xénophobie » qui à « l'amour de la patrie substitue la haine des étrangers ». Mais il va jusqu'à prétendre qu'« une certaine xénophobie est plus ou moins inévitable ». « Il n'y a pas de nation s'il n'y a pas une forme de préférence nationale », ajoute-t-il encore, avouant avec ironie « dire une horreur ». ■

Dans une conférence à Marseille le 3 mars 1988 - dont il existe, par chance, une vidéo - Pierre Boutang dit à un moment, comme réfléchissant pour lui-même, au détour d'un raisonnement fulgurant, à sa manière, évoquant sa jeunesse d'Action française et ce qu'il y faisait avec ses camarades dont beaucoup, dans cette génération, merveilleux d'intelligence, d'enthousiasme, de dévouement et de courage : «
Boutang considère un demi-siècle plus tard, que cette actualité poignante, quelles que soient les passions légitimes et les combats justes qu''elle suscitait alors, passerait ; que la France traverserait les terribles épreuves qui manqueraient la tuer ; mais que restaurer le culte de l'héroïne nationale, la pure figure du patriotisme français, salvifique dans le pire malheur, était, finalement, ce que l'on pouvait
En définitive, avec l'âge et la maturation de son esprit, il dit mettre Saint-Louis plus haut que tout, ce roi saint qui pourtant n'a pas craint de guerroyer, d'aller porter au loin la Croisade, de s'opposer au pape, lorsqu'il le fallait pour la défense du Royaume. Saint-Louis, le Prince chrétien par excellence, archétype d'un pouvoir juste et fort.
La mort de Louis XVI guillotiné, n'est pas symbole de victoire ni de gloire françaises. Et de fort loin. Elle en est même le contraire. Elle constitue dans notre histoire nationale un acte singulier de rupture tragique avec nous-mêmes qui a bouleversé la France et le monde, les jetant dans une suite interminable de révolutions et de guerres dont nous ne nous sommes
Les Britanniques sont simplement nationalistes. Sur tous les plans : économique, financier, militaire, politique et identitaire.


En avril dernier, le même Mgr Raï (photo) posait la première pierre d’une autre église, dédiée à Saint Charbel, le grand saint libanais, mais au Qatar cette fois, sur un terrain offert par l’émir. Trente mille libanais travaillent au Qatar il est vrai, mais de là à offrir un terrain pour une église chrétienne…
Lors de la mise en place du blocus, la Turquie avait volé au secours du Qatar et envoyé des soldats dans l’émirat à titre d’avertissement pour Ryad. La bonne entente des deux pays s’explique notamment par leur proximité commune avec les Frères musulmans. Rassuré sur sa sécurité, l’émir qatari (photo) met depuis les bouchées doubles pour se démarquer en tout du voisin honni saoudien. Il a ainsi cessé tout soutien aux milices islamistes en Syrie alors que l’Arabie garde un pied là-bas, et continue à entretenir de bonnes relations avec l’Iran, le grand Satan chiite.


Mathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur
Jusqu'ici Javier Portella nous avait remarquablement éclairés sur les événements d'Espagne, nous permettant d'ajouter ses réflexions très documentées aux nôtres. Mais nous constatons qu'il a bien des cordes à son arc. Voici en effet qu'il vient de produire un article superbe et profond 
Et face à cela, le grand Non à la vie que balbutient les personnages d’Houellebecq, notamment ce Florent-Claude Labrouste dont les actions… ou non-actions charpentent Sérotonine. Ce qui se passe, c’est que le Non d’Houellebecq n’est jamais univoque. Il l’exprime avec un tel humour et un tel art qu’à travers lui grouille toute la contradictoire complexité d’une vie qui, avec ses mille tendresses et mesquineries, ses mille amours et désamours, ses mille bontés et méchancetés, souffle et se débat face au grand Néant qui prétend l’engloutir.


Toutefois, les Italiens ont la dent dure et sont intelligents. A l’image de M. Macron, c’est-à-dire dans un subtil mélange de politique intérieure (on sait la rivalité des deux partis de la coalition au pouvoir) et de politique européenne (faire de l’Italie l’avant-garde du mouvement populaire qui agite toute l’Europe), MM. Di Maio et Salvini, les deux vice-présidents du Conseil des ministres italien, proclament lundi 7 janvier leur soutien au mouvement des Gilets jaunes.
Du coup, Mme Schiappa, en réponse à sa propre question à propos de la cagnotte des Gilets jaunes (« Qui finance les violences, qui finance les casseurs ? Il faut savoir si des puissances étrangères financent ces casseurs. » - France Inter, jeudi 10) Mme Schiappa donc nomme explicitement et prioritairement l’Italie. C’est peut-être vrai, cela relève peut-être de ce délire complotiste qui semble s’être emparé du gouvernement (on se rappelle les premiers propos de MM. Castaner et Darmanin, début décembre, sur les « factieux » et la « peste brune » en parallèle aux images de ces Gilets jaunes défilant au cri de « Salvini ! Salvini ! »). C’est à coup sûr une nouvelle version de la faute commise par M. Macron.
Quoi qu’il en soit, l’ambition européenne de celui-ci se retrouve ainsi fortement compromise. Pour « refonder l’Europe » (Sorbonne, septembre 2017), il lui faut, selon sa propre feuille de route, obtenir une victoire éclatante aux élections de mai 2019, de façon à favoriser l’émergence au Parlement européen du groupe central à vocation majoritaire qu’appellent de leurs voeux les Bayrou, Juppé, Raffarin et autres vieux crabes de l’européisme militant. D’où le retour à des listes nationales, mode de scrutin jugé plus favorables aux « marcheurs » ; d’où l’exacerbation du clivage progressisme-populisme qui avait plutôt bien fonctionné lors de la présidentielle. Mais cela, c’était avant. Avant la succession de problèmes et déconvenues du second semestre de l’année 2018. Désormais, le scrutin de mai, en raison même du mode choisi, risque fort de virer au référendum pour ou contre M. Macron, bien loin donc d’être gagné
pour le président. Quant aux attaques visant les pelés, les galeux (M. Macron lui-même parlait de « lèpre » - Quimper, juin 2018), elles sont contre-productives : non seulement le populisme continue de monter un peu partout en Europe (dernier exemple : la percée en Andalousie du parti Vox, ouvertement de « droite réactionnaire », percée qui le place dans une position incontournable) mais, désormais, à l’initiative de M. Salvini, les populistes tentent de s’organiser au plan européen dans la perspective du prochain scrutin, faisant ainsi du Macron contre M. Macron, lequel risque de se retrouver dans la fâcheuse situation de l’arroseur arrosé.


Près d’un siècle plus tard, Sous le soleil de Satan n’est-il pas aussi incongru, voire incompréhensible ? Qui sait ? Si l’on se rapporte aux deux pages conclusives du dernier roman de Houellebecq, auteur bien contemporain en phase avec les mœurs du temps, on se trouve face à une poignante interrogation métaphysique, qui consonne étrangement avec Bernanos. En lisant ces deux pages, ma jeune collègue du Figaro, Eugénie Bastié a pleuré comme elle avait pleuré en lisant les dernières pages du Crime et châtiment de Dostoïevski. Il n’est pas question de Satan chez Houellebecq, mais il est présent à chaque page. Il détruit les corps et les âmes, il détruit les couples. Le romancier décrit, de façon impitoyable, le travail de destruction qui s’opère et infuse partout le goût du néant. Et pourtant, dit-il « Dieu s’occupe de nous en réalité, il pense à nous à chaque instant, et il nous donne des directives parfois très précises. » Et d’évoquer « ces élans d’amour qui affluent dans nos poitrines jusqu’à nous couper le souffle ».