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  • Que se passe-t-il vraiment à La Ghouta ?

     

    Par Antoine de Lacoste

     

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    Depuis le 18 février, l’aviation syrienne bombarde à nouveau La Ghouta, cette vaste banlieue qui ceinture Damas. En 2013, à l’apogée de l’insurrection, les islamistes contrôlaient 150 000 km2 de ce territoire où les zones urbaines alternent avec les vergers.

    Cette proximité rendait la vie difficile à Damas, en raison des obus qui tombaient quotidiennement dans la capitale. Depuis, l’armée syrienne a méthodiquement repris le contrôle du terrain perdu.

    Seules deux enclaves islamistes subsistent : une petite au Sud (avec plusieurs centaines de combattants de Daesh) et une plus importante à l’Est,  110 km2 qui échappent à Damas. Quatre-cent- mille civils y vivent.

    C’est cette dernière enclave qui fait l’objet de l’offensive syrienne d’ailleurs pas si récente : depuis plusieurs mois, l’armée a repris plusieurs dizaines de villages et tente de négocier avec les milices islamistes pour une reddition puis un transfert vers Idleb, comme cela avait été le cas à la fin du siège d’Alep.

    Si l’Armée de l’Islam (soutenue par l’Arabie Saoudite) est prête à discuter, ce n’est pas le cas de ses deux concurrents : Fatah al-Cham (l’ex al Nosra, proche d’Al Quaida) et Faylak al-Rahman (affilié aux  Frères musulmans et au Qatar).

    Ces groupes reproduisent exactement la même tactique qu’à Alep : prise en otage de la population (tout civil qui veut quitter la zone est abattu), installation des armes lourdes dans les hôpitaux (pour obliger l’aviation à les bombarder et ainsi discréditer le régime), interception des rares convois de ravitaillement à leur profit.

    L’impact médiatique compte beaucoup dans cette guerre, et est utilisé avec maestria par les insurgés : les fameux casques blancs tant célébrés en Europe, sont tous, sans exception, des militants ou des combattants islamistes. Ce sont eux que l’on voit partout en photo évacuant les blessés après un raid aérien. Les photographes autorisés à opérer dans ces zones sont évidemment triés sur le volet par les islamistes : il ne faudrait pas qu’ils révèlent le dessous de certains montages…

    Quant au bilan des pertes, fourni quotidiennement par nos médias, il est invérifiable mais a une source unique : l’Observatoire syrien des droits de l’homme, l’OSDH. Basé à Londres, il est affilié aux Frères musulmans, et c’est lui qui, depuis le début de la guerre, donne les chiffres des morts et des blessés, docilement reproduit en boucle, sans la moindre vérification. La guerre en Syrie est un magnifique monument de désinformation.

    Cette offensive syrienne était inévitable. Chaque semaine, des obus tombent sur la capitale et cette situation ne pouvait durer. L’armée syrienne, depuis la libération de Deir ez-Zor, peut maintenant concentrer ses efforts sur la Ghouta orientale.

    L’aviation russe, absente depuis des mois dans cette région, est intervenue également. Dans le ballet diplomatique qui entoure cette nouvelle flambée de combats, les Russes veulent aller vite, comme à Alep.   

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.

  • Une politique pour l'an 2000 de Pierre Debray (18)

    lfar bleu.jpgNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFARNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFAR

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  • Une Europe sans boussole

     

    par Gérard Leclerc

     

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    Il est désormais bien loin le temps où un universitaire américain pouvait tranquillement énoncer sa thèse de « la fin de l’histoire », grâce à l’avènement universel du capitalisme et de la démocratie. La chute du Mur de Berlin en 1989, avec l’effondrement du système soviétique semblait donner quelque crédit à cette idée d’une paix universelle avec la constitution d’un État de droit à l’échelle mondiale. D’ailleurs certains économistes libéraux plaidaient dans le même sens, en expliquant que désormais il était impossible de sortir du cercle de raison de l’économie mondiale, générant une prospérité générale. Ce bel optimisme s’est trouvé contrarié par des facteurs auxquels on n’avait guère pensé sur le moment. Mais il y eut un premier réveil brutal, le 11 septembre 2001, avec les attentats spectaculaires de New York et de Washington. On connaît la suite avec les guerres du Proche-Orient et l’offensive généralisée du fondamentalisme islamiste.

    Et puis il y a l’Europe elle-même. Ne devait-elle pas constituer l’exemple d’un espace de paix, assuré par son organisation politique ? Sa situation privilégiée ne devait-elle pas favoriser une extension du bien être et de la sécurité ? On a dû déchanter, non seulement à cause des attentats qui ont meurtri le sol européen mais à cause de la déstabilisation qui s’est emparée, depuis quelques années, du continent. Partout, on a assisté à la montée des populismes et au recul des formations de centre droit et de centre gauche. On parle pour l’Europe centrale, qui fut délivrée du communisme, de l’établissement d’un régime illibéral. Les vagues migratoires consécutives aux guerres et aux malheurs d’autres peuples ont suscité la crainte des populations locales, par ailleurs inégalement touchées par les retombées de la croissance mondiale.

    L’Italie est l’exemple même de cette incertitude qui s’est emparée surtout des classes moyennes et des classes défavorisées marquées par le chômage. Après les élections de dimanche on va jusqu’à parler de cataclysme électoral. Mais n’était-ce pas prévisible ? L’Europe semble avoir perdu la boussole qui avait orienté sa marche au lendemain de la guerre. On a peut-être aussi, du côté des élites, un peu trop pris de haut des gens qui n’étaient pas conquis par principe au bel avenir qu’on leur assurait. D’une façon ou d’une autre, il faudra bien répondre à un désarroi qui n’a pas trouvé, jusqu’ici, de réponse adéquate.   

    Gérard Leclerc

    Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 6 mars 2018.

     

    Lire aussi dans Lafautearousseau...

    Italie : l'extension de l'euroscepticisme à l'aire des pays fondateurs

  • Macron ferait bien de regarder dans la boule de cristal italienne, selon Éric Zemmour

    Buste de Mirabeau (Musée de la Révolution française)

     

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +.jpgBILLET -  Les élections législatives italiennes du week-end dernier ont consacré deux vainqueurs - la Ligue (extrême droite) et le Mouvement 5 étoiles (M5S, populiste) - et un grand vaincu - l'ancien premier ministre, Matteo Renzi.  [RTL 3.06].  Y a-t-il une commune nature entre Emmanuel Macron et Matteo Renzi ? Zemmour le pense et le montre.  Il leur voit même un commun destin...  LFAR

     

     

    Résumé RTL par Éric Zemmour et Loïc Farge 

    Il était jeune et beau. il était fringant et élégant. Il était l'idole des médias et de la Commission européenne. Il était l'incarnation de l'efficacité technocratique, un manager au pays des politiciens madrés et pusillanimes.

    Il était issu de la gauche, et même du centre-gauche, mais il n'hésitait pas à reprendre les recettes libérales qui venaient de la droite. Il était le meilleur rempart contre le populisme. Toute l'Europe le regardait avec des yeux de Chimène. Emmanuel Macron ? Non. Matteo Renzi. Emmanuel Macron avant Emmanuel Macron. Cinq ans avant précisément. 

    Il y a cinq ans au pinacle, aujourd'hui à la rue. L'échec économique des réformes libérales a remis au cœur des discussions les questions de l'euro et du libre-échange, qui sont tabous à Bruxelles, et que Renzi, comme Macron, croyait avoir mises sous le boisseau. 

    Même chose pour l'immigration. Renzi comme Macron, tenait lui aussi un discours équilibré, alliant fermeté et intégration. Mais son discours a été balayé par la réalité.

    Macron devait scruter le destin politique de Renzi, comme il regarderait dans une boule de cristal. Renzi est son double, son clone. Il est son passé, il risque aussi d'être son avenir.  

    Éric Zemmour

  • Italie : l'extension de l'euroscepticisme à l'aire des pays fondateurs

     

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    A quoi assistons-nous au fond, d'une journée électorale européenne l'autre, depuis le Brexit ?

    Il se pourrait bien que ce soit tout simplement à la déconstruction de l'Union Européenne, étape par étape. Chacune nationale. Pays après pays. On peut s’en féliciter ou le regretter, il devient difficile de ne pas le constater. 

    L'Union Européenne se défait donc elle aussi, du moins telle qu'elle avait été rêvée puis mise en route par les vieux messieurs qu'étaient déjà, dans les années 50 et 60 du siècle dernier, Konrad Adenauer, Robert Schumann, Alcide de Gasperi et Jean Monnet. Tous quatre avaient vécu deux guerres mondiales, deux tragédies immenses, et pensaient devoir faire en sorte qu'elles ne se renouvellent pas. Leur vision - celle qui prévalut - fut celle que Jean Monnet incarnait : économique et marchande.  Regis Debray disait dimanche matin sur France Inter qu’ils mirent la charrue avant les bœufs : il eût fallu commencer par la culture qui unit et non par l’argent qui divise. Nous avons toujours dit la même chose. Il faudrait sans-doute ajouter que la menace d'invasion soviétique commandait alors le regroupement. Cette menace, si inquiétante et mobilisatrice en ce temps-là, où Staline et les Bolcheviques régnaient au Kremlin, s'est aujourd'hui évanouie. Nous l’avons oubliée. La CECA, le Pool Charbon Acier, le traité de Rome, le Marché Commun, ce ne sont plus là eux non plus que des souvenirs d'une époque déjà lointaine. Il ne serait pas surprenant que l'idée européenne perdure car elle a toujours survécu au fil des siècles depuis la fin de l'empire romain et l'éclatement de l'unité chrétienne médiévale au XVIe siècle*. Mais sous sa forme strasbourgo-bruxelloise il n'est pas impossible qu'elle ait vécu, que ce ne soit plus qu'une survivance d'un passé révolu. Les peuples l’ont rejetée, le désenchantement n’a fait que grandir. Il s’est installé. Une autre Europe reste à construire. Il faut espérer que ce sera avec bon sens et réalisme. 

    Est-ce là la leçon qu'il conviendrait de tirer des élections italiennes ? Il nous paraît assez clair qu'après la sécession britannique, la dissidence polonaise, tchèque, hongroise et slovaque, la singularité autrichienne, l'Italie à son tour, quelle que soit l'anarchie de son système politique et les combinaisons palliatives qui pourraient être tentées, consacre l'extension de l'euroscepticisme à l'aire des pays fondateurs.  Ce dernier est de toute façon majoritaire désormais en Italie. Il se pourrait bien que les prochaines élections européennes confirment la tendance plus nettement encore.  

    * Sur ce sujet, nous recommandons la lecture d’un livre ancien instructif et toujours parfaitement pertinent, Survol de l’Histoire de l’Europe de René Sédillot, Fayard - Les Grandes Études Historiques, 1967.

    Retrouvez l'ensemble de ces chroniques en cliquant sur le lien suivant ... 

    En deux mots, réflexion sur l'actualité

  • Une politique pour l'an 2000 de Pierre Debray (17)

    lfar bleu.jpgNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFARNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFAR

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  • Soutien à Mathilde, oui, mais attention au « forçage idéologique » !

     

    Par Pierre Renucci 

    Cet article, paru dans Boulevard Voltaire le 27 février dernier, calme et dépasse largement par l'équilibre et la sagesse de sa réflexion les ardeurs et la tristesse de la polémique née autour de la jeune Mathilde. Les lecteurs de Lafautearousseau y réagiront sans-doute de diverses manières et y trouveront par ailleurs l'occasion de lire ou relire le remarquable article que Pierre Renucci avait donné ici il y a un peu plus d'un mois [Cf. Lien ci-dessous].   LFAR 

     

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    Quelle tristesse que cette polémique autour de la jeune Mathilde ! Sur le fond, il ne faut jamais attendre grand-chose d’une polémique. Elle n’est qu’un combat verbal où le mot l’emporte sur l’idée et où le slogan tient lieu de raisonnement. Ce n’est pas un hasard si le sens premier de polémique est « chanson guerrière » et si « slogan » vient d’un mot gaélique qui signifie « cri de guerre ». Certes, la polémique a son utilité : elle réveille les esprits et amène les plus curieux à réfléchir, c’est-à-dire à découvrir ce qui se cache derrière les mots chocs pour s’intéresser au fond des choses. En revanche, elle se révèle suicidaire lorsqu’elle amène les gens d’un même camp à s’invectiver.

    C’est la faute que commet Nicolas Kirkitadze, selon moi, dans son dernier article intitulé Jeanne d’Arc, soutien total à Mathilde. Je me permets de lui répondre « en camarade », et avec l’espoir que ce billet contribuera un tant soit peu à calmer les esprits. Cela m’est d’autant plus aisé que je soutiens, moi aussi, Mathilde.

    La différence tient à ce que je me refuse, en revanche, à taxer de racisme tous ceux qui contestent le choix porté sur cette jeune fille. Car c’est bien ce que fait cet article. Sous prétexte de l’inévitable utilisation des réseaux sociaux par des individus bas de plafond, pas une fois l’auteur n’envisage que les critiques puissent être fondées sur autre chose que le racisme. Se disant « patriote », il ne cherche pas à comprendre la perception que d’autres « patriotes » ont de l’affaire Mathilde. Au contraire, utilisant la vieille technique de la gauche contre ceux qu’il appelle ironiquement « ses camarades », il les marque d’infamie parce qu’ils ne pensent pas comme lui. 

    Bref. Laissons la polémique, surtout entre « camarades », et tentons d’y voir clair. Hormis les racistes véritables, personne ne conteste les qualités de Mathilde, ni qu’elle puisse, en droit, incarner Jeanne puisqu’elle répond à tous les critères requis par les règles des Fêtes johanniques. Le problème se situe donc ailleurs. Les réactions – parfois maladroites – à la nomination de Mathilde se comprennent si on les place dans le contexte délétère de la mondialisation et de ses effets pervers que l’on connaît bien : effacement des frontières ; submersion migratoire ; négation des nations et des cultures (surtout si elles sont blanches), des « genres », de la famille ; dénaturation de l’Histoire. Et, bien sûr, idéologie, typiquement raciste, du métissage. Je dis bien « typiquement raciste du métissage », car il n’y a aucune raison, autre que raciste, de vouloir une humanité ou même seulement une Europe ou une France métissée. 

    Il est compréhensible, dans ces conditions, que des « patriotes » voient sincèrement dans le choix de Mathilde une nouvelle provocation des « multiculturalistes ». Peut-on être sûr qu’ils se trompent ? Quoi qu’il en soit, les crispations sont telles que la commémoration symbolique d’une sainte française patriote devient, dans l’esprit de certains, une reconstitution historique. Eux-mêmes en sont plus ou moins conscients, d’ailleurs. Je me souviens d’un tweet qui disait à peu près : « Il y a quelques années, je n’aurais rien trouvé à redire. Enfant, j’ai vibré pour Marius Trésor et Tigana. Mais aujourd’hui, c’est du forçage idéologique. » L’expression de « forçage idéologique » me paraît définir judicieusement la propagande remplaciste que nous subissons.

    Je considère encore les Fêtes johanniques comme une communion symbolique autour d’une grande âme française. Je sais aussi que les « Français de cœur » sont plus français que bien des « Français de souche ». C’est pourquoi je soutiens Mathilde. J’espère, simplement, que les instances qui l’ont choisie sont pures de toute arrière-pensée.  

    Historien du droit, des institutions et des faits sociaux

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    Marc Antoine : un destin inachevé entre César et Cléopâtre  [26.00€]

    Du même auteur, lire aussi dans Lafautearousseau ...

    Le peuple français acceptera volontiers un Roi-conscience de la Nation ...

  • Café Actualité d'Aix-en-Provence, prochaine réunion ce mardi 6 mars. A ne pas manquer !

     

    La République une et indivisible s’est toujours méfiée d’une Corse qui n’entrait pas aisément dans ses schémas idéologiques.

    Après quarante ans de lutte, la victoire du mouvement nationaliste aux élections territoriales est un seuil important. Un scénario « à la catalane » est-il possible ? Le président Macron pourra-t-il éviter les erreurs des gouvernements précédents ?

    18 h 45 : accueil. Entrée libre.

    19 h : conférence et débat animé par Antoine de Crémiers

    20 h 30 : fin de la réunion.

    Participation sous forme de consommation.

    Consommations à commander et régler au bar en arrivant. Merci !

    La soirée s'achèvera par un dîner réunissant les participants qui le souhaitent. 

    Inscriptions et renseignements: 06 16 69 74 85

  • Qu’est la paysannerie devenue ?

     

    Par Hilaire de Crémiers

     

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    En France, un agriculteur se suicide tous les deux jours ; c’est le taux de suicide le plus élevé de toutes les professions.

    En dehors de quelques filières et de quelques régions naturellement favorisées – et, il faut le dire, largement soutenues –, l’ensemble du monde agricole souffre – et terriblement. Il s’amenuise en peau de chagrin et, financièrement, il est réduit à une portion qui n’est même plus « congrue ». Un peu plus de 600 000 chefs d’exploitation – et encore ! – représentent le secteur agricole dont les 3/4 ont du mal à vivre. En dix ans le nombre a diminué de 21 %, ce qui correspondait, sans que cela soit clairement dit, aux objectifs de la PAC. Et malgré la PAC et ses systèmes compliqués de subventions, malgré les promesses de tous les politiciens, leur sort ne s’est pas amélioré. 41 % vont encore dans les années qui viennent partir à la retraite. Autrement dit ce monde agricole n’est plus une force électorale !

    L’objectif de l’État français comme de la Commission bruxelloise – qui, d’ailleurs, se disputaient sur les détails – tenait en quelques mots-clefs : compétitivité, taille critique, investissement productif, gestion managériale, modernisation, ouverture à la mondialisation, protection orientée par des aides ciblées mais respectant la sacro-sainte concurrence, constitution de marchés et organisation de filières, système de prêts bancaires, toujours prétendument avantageux, soutien de la qualité bio et du souci environnemental, bref tout y était. Le moins que l’on puisse dire, malgré les prétentions technocratiques de ces beaux messieurs qui font de l’agriculture avec des dossiers et des chiffres, c’est que pratiquement rien n’a réussi. C’est un échec et qui coûte cher à la France, à l’Europe aussi, mais surtout aux agriculteurs pressurés de tous les côtés et obligés de vendre à perte.

    Emmanuel Macron le sait ; il a étudié les fameux dossiers mal foutus que lui ont légués ses prédécesseurs. Avec un certain cran, il a affronté les difficultés en passant plus de 12 heures au Salon international de l’agriculture le samedi 24 février, le plus long temps qu’un responsable politique y ait jamais passé.

    Le jeudi précédent il avait convoqué à l’Élysée mille jeunes agriculteurs. Il leur a parlé pendant plus d’une heure. Portant des jugements extrêmement sévères sur les gouvernements précédents, il a prétendu se démarquer d’eux. Il a expliqué à cette « nouvelle génération » son « plan » d’avenir à lui, lui qui est de la même génération et qui à la ferme intention de tout renouveler. Le mot « plan » est revenu dix fois dans sa bouche. Et qu’est-ce que ce plan ? Eh bien, aussi surprenant que ça puisse paraître, c’est encore et toujours la même chose ! Les aides de la PAC qu’il faut obtenir, en particulier celles qui ne sont versées qu’avec retard, les MAEC (mesures agro-environnementales et climatiques), les ICHN (aides compensatrices des handicaps naturels) ; la PAC elle-même pour laquelle lui et son ministre de l’agriculture vont se battre, sachant qu’une partie des aides sera supprimée, – mais au fait, si les partenaires européens s’opposent au « plan » Macron, que se passera-t-il ? – ; la filière bovine dont il va s’occuper personnellement tout en vantant l’accord avec le Mercosur – l’Amérique latine – qui aboutira à la saturation de nos marchés, car CETA, Mercosur, c’est la mondialisation dans laquelle Macron s’est juré de faire entrer la France, tout en reconnaissant en incise que, jusqu’à aujourd’hui, c’est un marché de dupes. Cependant, « le Mercosur n’est pas le problème », dit Macron, « les yeux dans les yeux » ; évidemment c’est la politique européenne qui a déjà causé ce désastre. Pourtant il ne s’en dédit pas ; il rassure en affirmant qu’il marquera « les lignes rouges » ! Dix fois répété !

    Mais voilà : il faut que « l’exploitant agricole » devienne un « entrepreneur agricole » ; « Il faut changer les choses », « mener une vraie révolution culturelle ». Les États généraux de l’alimentation qu’il a initiés, « permettront d’avoir des organisations de producteurs qui négocieront avec le transformateur et le distributeur les bons prix ». Ah bon ! Et le droit de la concurrence européenne qui aboutit à la braderie du capital et du revenu français ?

    Alors Macron revient sur les mêmes concepts de « modernisation des structures », « de taille critique », de « pédagogie », de « plan » de 5 milliards dont 1,4 seront des prêts. C’est du déjà vu, archi-vu. Le président avoue ingénument « que plus personne ne comprend ce que fait l’État et ce que font les régions ». Il ose parler d’aide au foncier, « d’investissement stratégique dont dépend notre souveraineté », lui qui ne croit plus, comme il l’a dit cent fois, qu’à la seule souveraineté européenne, et au moment même où on apprend qu’un Chinois s’est acheté 1000 hectares dans l’Allier. Un cas qui va devenir de plus en plus fréquent.

    « Je ne suis pas là pour plaire, a-t-il dit, je suis là pour faire ». Il est terrible de penser que le sort de la paysannerie française dépend des « plans » d’un inspecteur des finances. Où donc est le brave Sully avec son bon sens : « labourage et pâturage sont les deux mamelles dont la France est alimentée et les vrais mines et trésors du Pérou » ? Il est vrai que Sully servait Henri IV.  ■ 

    Hilaire de Crémiers

  • Politique magazine numéro de mars : « La France paysanne : une mort programmée »

     

    Un excellent numéro de Politique magazine, qui a le mérite de traiter - sujet ô combien important - du sort de la paysannerie française. Bien plus qu'un sujet économique ! Nous publierons dans les prochains jours les analyses d'Hilaire de Crémiers. LFAR

    Au sommaire de ce nouveau numéro :

    UN DOSSIER : Crise ou pas crise ? 

    CORSE : La double leçon

    SAHEL : La guerre continue

    Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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  • Une politique pour l'an 2000 de Pierre Debray (16)

    lfar bleu.jpgNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFARNous poursuivons la publication de notre série, dont la lecture expliquera à ceux qui ne l'ont pas connu le rôle intellectuel important de Pierre Debray à l'Action Française dans les années 1950-2000.  Cette analyse politique, économique, sociologique et historique, menée méthodiquement, à la maurrassienne, comporte de multiples enseignements, utiles aujourd'hui à notre école de pensée. Comme un stimulant de notre réflexion sur la situation présente de la France et sur l'action que nous avons à y mener. Même si le lecteur devra tenir compte des événements et des faits intervenus au cours des trois dernières décennies.  LFAR

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  • Culture • Loisirs • Traditions

  • Société & Histoire • « L'héritage, une obsession française depuis la Révolution » ... Vu par Éric Zemmour

    Buste de Mirabeau (Musée de la Révolution française)

     

    TRAVAUX DIVERS - Largeur +.jpgBILLET - Les querelles familiales autour de l'héritage de Johnny Hallyday passionnent les médias et les Français. C'est Mirabeau qui a bouleversé les règles en la matière. Un égalitarisme révolutionnaire qui n'a pas eu que des avantages.. [RTL 15.02]. Il en fait surtout ressortir les inconvénients avec humour et pertinence. Les royalistes sociaux du XIXe siècle ne disaient pas autre chose. Et les lecteurs de L'Enquête de la monarchie se souviendront que la liberté de tester était toujours au programme de Maurras et de ses amis royalistes en 1900. C'est bien clair, redisons-le : Zemmour est mieux qu'un réactionnaire, un antimoderne.   LFAR

     

    Résumé RTL par Éric Zemmour et Loïc Farge 

    Johnny sera toujours Johnny. Toujours au cœur de l'actualité, toujours objet de scandales, toujours au centre des passions. Même mort, il continue de faire la « une » des journaux et d'enflammer les conversations familiales.

    La famille de Johnny est comme toutes les familles : dès qu'il est question d'héritage, c'est la guerre. Surtout entre des enfants qui ne sont pas du même lit. Poisons et délices des familles recomposées. 

    Nos contemporains ont beaucoup de mal à comprendre qu'on ose contester à Johnny le droit de faire ses quatre volontés. Dans toutes les séries américaines, le père déshérite tous ceux qui osent lui manquer de respect. 

    Mais en France, cette pratique est strictement interdite. La règle date de la Révolution. C'est même le dernier texte de loi que le grand Mirabeau lui-même défendit à l'Assemblée quelques jours avant sa mort.

    Avant, les nobles avaient deux grands privilèges qu'ils ont perdus : ils ne payaient pas d'impôts, et ils avaient le droit de déshériter à leur guise leurs enfants.

    Avec cette querelle autour de l'héritage de Johnny, on se rend compte que les riches ont retrouvé les deux privilèges des aristocrates d'avant : il leur suffit de s'exiler à l'étranger pour ne pas payer d'impôts et retrouver leur pouvoir souverain de choisir leurs héritiers. La Révolution française est bien finie. 

    Éric Zemmour

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