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Soutien à Mathilde, oui, mais attention au « forçage idéologique » !

 

Par Pierre Renucci 

Cet article, paru dans Boulevard Voltaire le 27 février dernier, calme et dépasse largement par l'équilibre et la sagesse de sa réflexion les ardeurs et la tristesse de la polémique née autour de la jeune Mathilde. Les lecteurs de Lafautearousseau y réagiront sans-doute de diverses manières et y trouveront par ailleurs l'occasion de lire ou relire le remarquable article que Pierre Renucci avait donné ici il y a un peu plus d'un mois [Cf. Lien ci-dessous].   LFAR 

 

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Quelle tristesse que cette polémique autour de la jeune Mathilde ! Sur le fond, il ne faut jamais attendre grand-chose d’une polémique. Elle n’est qu’un combat verbal où le mot l’emporte sur l’idée et où le slogan tient lieu de raisonnement. Ce n’est pas un hasard si le sens premier de polémique est « chanson guerrière » et si « slogan » vient d’un mot gaélique qui signifie « cri de guerre ». Certes, la polémique a son utilité : elle réveille les esprits et amène les plus curieux à réfléchir, c’est-à-dire à découvrir ce qui se cache derrière les mots chocs pour s’intéresser au fond des choses. En revanche, elle se révèle suicidaire lorsqu’elle amène les gens d’un même camp à s’invectiver.

C’est la faute que commet Nicolas Kirkitadze, selon moi, dans son dernier article intitulé Jeanne d’Arc, soutien total à Mathilde. Je me permets de lui répondre « en camarade », et avec l’espoir que ce billet contribuera un tant soit peu à calmer les esprits. Cela m’est d’autant plus aisé que je soutiens, moi aussi, Mathilde.

La différence tient à ce que je me refuse, en revanche, à taxer de racisme tous ceux qui contestent le choix porté sur cette jeune fille. Car c’est bien ce que fait cet article. Sous prétexte de l’inévitable utilisation des réseaux sociaux par des individus bas de plafond, pas une fois l’auteur n’envisage que les critiques puissent être fondées sur autre chose que le racisme. Se disant « patriote », il ne cherche pas à comprendre la perception que d’autres « patriotes » ont de l’affaire Mathilde. Au contraire, utilisant la vieille technique de la gauche contre ceux qu’il appelle ironiquement « ses camarades », il les marque d’infamie parce qu’ils ne pensent pas comme lui. 

Bref. Laissons la polémique, surtout entre « camarades », et tentons d’y voir clair. Hormis les racistes véritables, personne ne conteste les qualités de Mathilde, ni qu’elle puisse, en droit, incarner Jeanne puisqu’elle répond à tous les critères requis par les règles des Fêtes johanniques. Le problème se situe donc ailleurs. Les réactions – parfois maladroites – à la nomination de Mathilde se comprennent si on les place dans le contexte délétère de la mondialisation et de ses effets pervers que l’on connaît bien : effacement des frontières ; submersion migratoire ; négation des nations et des cultures (surtout si elles sont blanches), des « genres », de la famille ; dénaturation de l’Histoire. Et, bien sûr, idéologie, typiquement raciste, du métissage. Je dis bien « typiquement raciste du métissage », car il n’y a aucune raison, autre que raciste, de vouloir une humanité ou même seulement une Europe ou une France métissée. 

Il est compréhensible, dans ces conditions, que des « patriotes » voient sincèrement dans le choix de Mathilde une nouvelle provocation des « multiculturalistes ». Peut-on être sûr qu’ils se trompent ? Quoi qu’il en soit, les crispations sont telles que la commémoration symbolique d’une sainte française patriote devient, dans l’esprit de certains, une reconstitution historique. Eux-mêmes en sont plus ou moins conscients, d’ailleurs. Je me souviens d’un tweet qui disait à peu près : « Il y a quelques années, je n’aurais rien trouvé à redire. Enfant, j’ai vibré pour Marius Trésor et Tigana. Mais aujourd’hui, c’est du forçage idéologique. » L’expression de « forçage idéologique » me paraît définir judicieusement la propagande remplaciste que nous subissons.

Je considère encore les Fêtes johanniques comme une communion symbolique autour d’une grande âme française. Je sais aussi que les « Français de cœur » sont plus français que bien des « Français de souche ». C’est pourquoi je soutiens Mathilde. J’espère, simplement, que les instances qui l’ont choisie sont pures de toute arrière-pensée.  

Historien du droit, des institutions et des faits sociaux

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Commentaires

  • Que dirait-on si on prenait un Blanc pour incarner le rôle d'Aimé Césaire au cinéma? ou Nelson Mandela? ou, pire, un Noir pour jouer le rôle d'Hitler? J'attends, au nom des fameux "quotas", qu'on propose celui de Louis XIV à Will Smith!

  • Commentaire équilibré auquel je souscris sans aucune hostilité de principe à cette Mathilde. Mais, comme dit Pierre Renucci, reste le soupçon de "forçage idéologique" qu'on ne peut totalement écarter.

  • Je me méfie des " commentaires équilibrés " Je suis d ' accord avec Patrick Jourdes : Jeanne d ' Arc n ' était pas métisse . A l ' évidence , il s ' agit d ' une nième provocation : il y en aura d ' autres ...

  • Votre analyse ainsi que celle de Charlotte d'Ornellas correspondent exactement à ce que je pense mais ne saurais pas aussi bien dire.

  • Continuez à penser , mais vous ne pensez pas que la ficelle est un peu grosse : comparez les 2 portraits et vous serez fixée ..

  • Ce n'est pas cette rosière qui est à critiquer mais il y aurait lieu de s'interroger sur l ' état d'esprit des membres du jury ou du comité l'ayant choisie .

  • Que le "fond" est profond à atteindre ? ... encore un petit effort !

  • Sur 150 candidates, pourquoi celle là ?
    Cessons de finasser, cessons d'avoir peur de dire les choses !
    Renaud Camus sur la Jeanne d’Arc métissée : « Un piège diabolique »

    "Toutes les catastrophes qui ont été infligées à notre peuple depuis un demi-siècle l’ont été par ce procédé simple, et d’une efficacité sans pareille : obliger l’adversaire, s’il entend protester contre elles, à tenir l’emploi du méchant — que personne ne souhaite assumer, évidemment : qui veut chagriner Mlle Gamassou ? qui veut jouer le rôle de l’affreux raciste ? C’est à quoi tout opposant est contraint, pourtant, à moins qu’il ne se résigne à se taire, et à accepter le fait accompli, dès lors qu’à la jeune Mathilde échoit le rôle de Jeanne d’Arc. Or c’est là, d’évidence, une étape décisive dans l’effacement du peuple français, dans l’éradication de sa mémoire, dans la suppression de tout lien charnel entre sa pauvre existence d’aujourd’hui et ses aïeux, qui sont à peu près tout ce qui lui reste." (.......)
    https://www.polemia.com/renaud-camus-sur-la-jeanne-darc-metissee-un-piege-diabolique/

  • Et la parité des sexes ? Après des siècles de Jeannes, vivement unJean ... Jehan le Puceau ! ! Ça, ce serait vraiment moderne.

  • Certes ! au point ou nous sommes "arrivés" ... l' idée est "géniale" !!! ... il ne faudrait pas oublier les lesbiennes , homos, arabes et les luxembourgeoises ???

  • La question que pose Roger Carcellé est, de tout ce qui a été dit plus haut, cent fois ressassé, la plus iconoclaste, la plus anticonformiste. En un sens, la plus intelligente.
    Normal, c'est un des anciens de l'Action Française.

  • Merci, Benoît ! En effet, à 15 ans en 1952, je vendais Aspects aux Réformés ou à N.D. du Mont, puis j'ai suivi P.B. à la N.F.

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