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  • Louis XVI 2016 !

     

    « On est près du grand mouvement de l’inversion ». Lequel ? Celui qui mettra en cause la Révolution, la Révolution historique (« La terreur est dans son ADN ») mais aussi la Révolution agissant aujourd’hui. « Il y a des signes du sursaut ; des gens qui bougent ; des voix qui s’élèvent et qui parlent de plus en plus fort ». Philippe de Villiers 

    Vous trouverez ici les messes et activités prévues dans votre région - du moins, toutes celles dont nous aurons eu connaissance. Vous aurez certainement à cœur d'y prendre part. Il ne s'agit pas de simples commémorations et votre présence, nombreuse, leur donnera le sens qu'indique le propos de Philippe de Villers, repris ci-dessus.  

    Premières annonces

    Nous publierons ici la liste de toutes les messes, conférences, débats et manifestations dont nous aurons connaissance.

    JEUDI 21 JANVIER

    Paris : 12h, Saint-Germain-l'Auxerrois, paroisse des Rois de France, Messe célébrée à la demande de l’Oeillet Blanc pour le repos de l’âme du roi Louis XVI, en présence des Princes de la maison de France.

    Saint Denis : 12h, Basilique de Saint-Denis, 1 rue de la Légion d'honneur

    Marseille : 19h, Basilique du Sacré-Coeur, 81 avenue du Prado. La Messe, dite à la demande de la Fédération Royaliste Provençale et Action Française Provence, ainsi que du Souvenir Bourbonien, sera célébrée par Mgr. Jean-Pierre Ellul. Un dîner-conférence suivra, dont le programme sera donné dans les tout prochains jours.   

    Toulon : 18h30, Eglise Saint-François de Paule, Place Louis Blanc

    DIMANCHE 24 JANVIER

    Paris : 10h30, Chapelle expiatoire, 22 rue Pasquier (8ème arrdt)

    SAMEDI 30 JANVIER

    Souvigny (Bourbonnais) : 10h30, Eglise prieurale Saint-Pierre Saint-Paul, Place Aristide Briand 

    Concerts - Messe de Requiem (payants)

    Versailles, les 21 et 22 janvier, à 20 h, Chapelle Royale du Château (à partir de 30 euros : inscriptions/réservations)

    Tourcoing, le 21 janvier, à 20h, Eglise Saint-Christophe, 11 rue de Tournai (23 ou 25 euros : inscriptions/réservations)

     

  • Lettre au Tribunal administratif de Nantes ... Succulent ! D'une année à l'autre toujours d'actualité !

    Crèche de la Mairie de Béziers [2014]

    Cher monsieur le tribunal,

    J'ai pris connaissance il y a quelques jours de votre décision d'interdire la crèche de Noël traditionnellement installée dans le hall du Conseil Général de la Vendée.

    Quelle mouche vous a donc piqué ?

    Vous avez fait des études je suppose. Peut-être savez vous donc que Noël vient du latin Natalis qui veut dire Naissance. Alors je vais vous livrer un secret que vous voudrez bien transmettre à vos confrères qui peut-être nagent avec complaisance dans la même ignorance que vous. La naissance dont il est question est celle d'un certain Jésus de Nazareth né il y a un peu plus de 2000 ans. je dis ça parce qu'étant donné que vous n'avez pas interdit les illuminations de Noël, je suppose que vous ignoriez ce détail. Voyez-vous, Noel n'est pas l'anniversaire de la naissance du Père Noel (je suis désolé si je casse ici une croyance ancrée en vous) mais bien celle de ce Jésus. Interdire une crèche sans interdire toute manifestation publique de cette fête est aussi stupide que si vous autorisiez la fête de l'andouillette tout en interdisant la consommation d'andouillette le jour de la fête de l'andouillette.

    La crèche c'est ce qu'on appelle une tradition. Et ne me faites pas croire, Monsieur le Tribunal, que le principe de la tradition vous est étranger. Sinon, comment expliquer que les magistrats exercent leur métier dans un costume aussi ridicule si ce n'est parce qu'il est le fruit d'une tradition ?

    Vous êtes un briseur de rêves Monsieur, vous êtes un étouffeur de sens. La crèche c'est Noël et Noël c'est la crèche. La crèche c'est aussi l'histoire d'une famille qui faute de droit opposable au logement est venue se réfugier dans une étable. C'est un signe d'espoir pour tous les sans logement. La crèche c'est aussi un roi arabe et un autre africain qui viennent visiter un Juif. C'est un signe d'espérance et de paix en ces temps de choc de civilisations et de conflit au Moyen Orient. La crèche c'est aussi des éleveurs criant de joie et chantant dans une nuit de décembre. Connaissez vous beaucoup d'agriculteurs qui rigolent en cette période de crise ? La crèche c'est un bœuf, symbole de la condition laborieuse de l'homme. Enfin, la crèche, c'est un âne, même si une rumeur court disant que cet âne a quitté la crèche en 2013 pour rejoindre le Tribunal administratif de Nantes et ne semble pas en être revenu.

    Malgré le fait que vous allez sans doute, par souci de cohérence, vous rendre à votre travail le 25 décembre, 

    Je vous prie de croire, Monsieur le Tribunal, à l'expression de mes souhaits de bon et joyeux Noël.

    Jean Pierre Santon 

    [Merci à Jean-Louis Faure]

     

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Rire ou sourire un peu ... même s'il n'y a pas vraiment de quoi

     

    Signe des temps

    Remerciements à Antoine Lazinier

     

  • Le duc de Vendôme nouveau propriétaire des ordres royaux

    (Photos : Sotheby’s)

    Il a été assez largement question vers la fin de l'été de  la vente des tableaux et souvenirs historiques des défunts Comte et Comtesse de Paris.

    L'on a moins su que le prince Jean de France, duc de Vendôme, a acheté dans le cadre d’une transaction privée l’objet le plus précieux de cette vente aux enchères Sotheby’s : symbole de la royauté française par excellence, le collier de l’Ordre du Saint-Esprit par Ouizille et Lemoine que porta Louis-Philippe, alors Duc d’Orléans, ancêtre du Duc de Vendôme, lors du sacre de Charles X, autre ancêtre du Prince Jean.

    Le futur Chef de la Maison de France a acheté également lors de cette vente la précieuse croix double en or émaillé réalisée entre 1791 et 1814 pour Louis-Philippe alors Duc d’Orléans. L’avers de la croix est ornée des attributs habituels de l’Ordre du Saint-Esprit et le revers est orné d’un médaillon de grande qualité figurant Saint Michel terrassant le Démon avec sa lance ceint de la devise de l’Ordre de Saint Michel.

    C'est à la veille du départ du duc de Vendôme pour les États-Unis afin de recevoir une distinction en reconnaissance du rôle crucial qu’a joué la famille royale de France dans la guerre d’Indépendance américaine, que le magazine Point de Vue a annoncé ce rachat d'une grande portée symbolique, effectué par le Prince.

    En faisant l’acquisition de ces pièces historiques de premier plan, le prince Jean a souhaité que ces souvenirs des derniers rois demeurent, à travers lui, au sein de la Maison de France.  

    Non seulement les royalistes, mais tous les Français attachés à leur Histoire et à leurs racines, salueront de grand coeur ce geste très princier du duc de Vendôme.  

    Pour en savoir plus :

     Famille de France, Prince Jean

  • Société • Pas de crèche dans les mairies mais avec Najat Vallaud Belkacem on y fête le nouvel an berbère

     

    Les crèches ne seraient pas à leur place dans les mairies; le sapin suffit largement. Laïcité oblige. Mais ...  

    Pas de crêches donc, à Noël, mais, avec Najat Vallaud Belkacem, on fête le nouvel an berbère en mairie. Et pour ce faire, on ouvre l'hôtel de ville de Paris et la mairie de Lyon. En soi, la chose pourrait être compréhensible, voire acceptable, s'il n'était pas fait preuve envers les traditions ancestrales de notre pays, notamment celles liées à la religion catholique, d'ostracisme actif et d'un sectarisme particulièrement agressif et exclusif ...

    la vidéo dure 1 mn, tout est dit à 0 mn 40...  Et c'est assez étonnant.  LFAR 

     

     

  • Ecologie • Cop 21 : juridiquement croustillant

     

    par Ph. Delelis

     

    La COP 21 s’est achevée samedi sur un succès si l’on en juge par les images de liesse collective et les commentaires journalistiques, tous centrés sur la joie d’en avoir fini et pas du tout sur le texte. Devant les récriminations de quelques esprits chagrins – du genre jamais contents – le ministre des affaires étrangères, président de la conférence, a donné quelques assurances et a notamment répété, comme il l’avait fait quelques semaines auparavant, que l’accord était « juridiquement contraignant ». Ces mots ont un sens précis et clair pour le commun des mortels, pas seulement pour le commun des juristes : la contrainte consiste à forcer quelqu’un à agir contre sa volonté, la contrainte suppose des sanctions en cas de violation de la norme. M. Cornu, dans son inoxydable Vocabulaire Juridique (Quadrige / PUF) en propose plusieurs déclinaisons dont celle-ci : « L’ensemble des voies et moyens de droit offerts et garantis par l’État en vue de l’exécution (au besoin forcée) des obligations et du respect des droits. » Les contribuables, par exemple, savent ce que « juridiquement contraignant » veut dire.

    Or l’Accord de Paris, contrairement au Protocole de Kyoto, ne comporte pas de sanctions. On pourrait ne pas s’arrêter à ce détail, ce que font d’ailleurs des juristes émérites, pour soutenir que l’accord « met une telle pression » sur les États parties à la conférence qu’il y aurait là comme une sorte d’équivalence à la contrainte juridique. Peut-être, et on reconnait que « comportant une équivalence à la contrainte juridique » n’est pas une expression très marketing ce qui pourrait expliquer le raccourci saisissant de « juridiquement contraignant ». La pression existe, c’est indéniable, mais elle résulte davantage de la dynamique collective des conférenciers que de l’accord lui-même. Là encore, inutile d’être expert en droit pour distinguer le présent ou le futur (contraignants) du conditionnel (non contraignant). Or, dans le texte final en version anglaise, les « should » ont remplacé les « shall » dans les passages les plus sensibles, notamment la première phrase de l’article 4.4. Nous sommes en mesure, pour nos lecteurs, de dévoiler l’évolution des corrections successives de ce texte récupérées dans les corbeilles recyclables de la conférence :

    Developed country Parties shall should shall should shall should continue taking the lead by undertaking economy-wide absolute emission reduction targets.

    Juridiquement alternant, accommodant, boitillant, captivant, consolant, emballant… Les participes présents ne manquaient pas pour la conférence de presse. Mais contraignant…   

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Religions & Cultures • Les chrétiens d'Orient et nous face aux attentats de Paris ...

     
    par Annie LAURENT
     
    ob_a31a73_dsc04030.jpgLes attentats qui ont ensanglanté Paris le 13 novembre 2015 ont profondément touché les chrétiens du Proche-Orient sans pour autant les étonner. Depuis longtemps, ils nous prévenaient que l’Europe n’était pas à l’abri des malheurs dont ils font eux-mêmes la douloureuse expérience. Mais nous n’avons pas su ou voulu les écouter. 
     
    Clairvoyance et expérience des chrétiens d’orient

    En août 2014, après avoir été contraint de quitter son diocèse conquis par l’Etat islamique, l’archevêque chaldéen de Mossoul, Mgr Emile Nona, adressait aux chrétiens du monde entier une déclaration prophétique :
    "Nos souffrances d’aujourd’hui sont un prélude aux vôtres, chrétiens européens et occidentaux qui souffrirez aussi dans un proche avenir".
    Et il invitait les Etats occidentaux à prendre des mesures "fortes et courageuses". Comme en écho, une Syrienne réfugiée en France confiait au lendemain des attentats : "La France a pris en son sein des gens prêts à la mettre à genoux. J’ai vu en France des barbus que je n’avais jamais vu dans ma vie en Syrie, avant la guerre".
    Les Orientaux chrétiens nous invitaient à ouvrir les yeux sur des réalités propres à l’islam, réalités que nous ne voulions pas voir.

    Le cardinal Béchara Raï, patriarche des maronites, peu avant les attentats :
    "Les musulmans considèrent les chrétiens comme faibles et ils croient que, parce qu’ils n’ont pas d’enfants et pratiquent à peine leur foi, l’islam les vaincra facilement. Malheureusement, les musulmans prennent leur foi plus au sérieux que la plupart des chrétiens, et ils gagnent du terrain à cause de cela".
    Critiquant la politique des Européens dans la crise migratoire, il disait :
    "Il est inutile pour l’Europe de se quereller sur la question de l’accueil des réfugiés, sans traiter la cause fondamentale de l’émigration du Moyen-Orient qui est un conflit armé." (Entretien publié par l’hebdomadaire italien Famiglia cristiana daté du 5 novembre 2015).

    Mgr Issam Darwich, archevêque melkite de Zahlé (Liban) :
    "Nous avons toujours su que Daech est un danger pour le monde entier. Mais l’Europe ne l’a pas pris au sérieux(…). Les fondamentalistes ne peuvent pas supporter que des musulmans soient gouvernés par une majorité chrétienne, comme en France. Ils croient que ce devrait être le contraire, que les musulmans doivent dominer le monde entier (…). L’Europe doit modifier sa politique concernant le conflit en Syrie et ouvrir enfin les yeux (…). Il est temps de lutter contre Daech conjointement avec le gouvernement syrien. Ce n’est qu’après que nous pourrons voir comment les choses vont évoluer en Syrie".
    Lui aussi critique la politique européenne en matière d’immigration :
    "L’Europe doit examiner au plus près ceux qu’elle laisse entrer. C’est facile pour Daech de mêler ses combattants aux réfugiés."(Entretien à l’Aide à l’Eglise en Détresse, AED, 20 novembre 2015).

    Mgr Georges Abou Khazen, vicaire apostolique latin d’Alep :
    "Ici, depuis des années, nous subissons des massacres et nous vivons dans la terreur(…). Tout cela a lieu dans l’indifférence de la communauté internationale. Aujourd’hui, après les massacres de Paris, il faut trouver une unité forte et authentique pour lutter contre le terrorisme (…). La réponse politique à apporter consiste dans l’arrêt de tout appui à ces groupes, promoteurs de mort, qui se servent d’une idéologie religieuse comme d’un bouclier. " (Agence Fides, 14 novembre 2015).

    Père Samir-Khalil Samir, jésuite égyptien :
    "La solution de facilité, très à la mode, consiste à dire que Daech n’a rien à voir avec l’islam. C’est le pire discours que je connaisse.[…] Des dizaines de passages du Coran justifient la violence […]. Il faut distinguer islam et islamisme, mais l’islamiste n’est pas contre l’islam. […] Aujourd’hui, l’Occident est vu [par les musulmans],d’un point de vue religieux et moral, comme décadent. […] Ils disent : l’Occident est devenu athée, il faut donc le combattre".
    Le P. Samir déplore aussi la naïveté des Européens à l’égard de l’islam car cette attitude "entraîne des erreurs qui peuvent être graves". Enfin, il déplore la compromission des dirigeants européens, prêts à sacrifier l’éthique pour le profit en vendant des armes à des pays comme l’Arabie-Séoudite ou Qatar : "On ne peut pas se contenter d’être l’ami de certaines puissances sous prétexte qu’on en tire un profit." (Entretien à Famille chrétienne, n° 1975, 21-27 novembre 2015).

    Père Pierre Madros, prêtre du patriarcat latin de Jérusalem :
    Ces événements tragiques, inattendus et incompréhensibles chez beaucoup d’Occidentaux, fort prévisibles,(…) vont-ils réveiller la fille aînée de l’Eglise, afin qu’elle revienne à son premier amour ? Ou bien tout sera-t-il oublié, et noyé dans un “pas d’amalgame” expéditif et peu objectif ? N’est-ce pas là, pour la ville-lumière, l’heure du Malin et le royaume des ténèbres ? ".
    Le Père Madros regrette aussi le dévoiement de la laïcité française :
    "L’Etat et l’école devraient promouvoir la foi, non la combattre. Nous venons de le constater à nos dépens et sur les corps des 130 victimes de la capitale française : interdire le catéchisme a créé un vide où facilement et sournoisement a pu s’infiltrer, au lieu de l’Evangile de la paix, de l’amour et de la vie, le prêche du djihad mortel".
    Il déplore enfin l’interdiction de "toute critique et de toute clairvoyance [de l’islam] sous prétexte de charité", rappelant toutefois :
    "En tant que chrétiens, disons-le une fois pour toutes, nous n’avons peur de personne et nous ne haïssons personne !"(Homélie de la fête du Christ-Roi, 22 novembre 2015).

    Des ecclésiastiques orientaux ont pour leur part mis l’accent sur la réponse spirituelle à apporter au drame de Paris.

    Sa Béatitude Ignace III Younan, patriarche syro-catholique (Beyrouth) :
    "Nos deux pays, le Liban et la France, dans l’espace de 24 heures, ont été la cible des attaques barbares, qui visent clairement à miner les valeurs sur lesquelles ils ont été fondés : liberté, respect d’autrui et convivialité civile. Des valeurs dont nous ne devons absolument pas avoir honte ou nous flageller(…). Les loups sont dans le bercail ! Réveille-toi, France bien-aimée" (Message adressé à l’Œuvre d’Orient, 17 novembre 2015).

    Sa Béatitude Grégoire III Laham, patriarche grec-catholique (Damas) :
    "Une fois de plus, nous voilà dans la spirale de cette violence aveugle qui semble aspirer notre monde,[…] nous rappelant les paroles de saint Paul, "Car le mystère d’iniquité s’opère déjà…”, dans ce monde éloigné de Dieu alors que résonnent en nous celles de Notre-Seigneur Jésus-Christ : "… si vous ne vous repentez pas, vous périrez tous de même” (Luc 13, 3) ».

    Mgr Jean-Abdo Arbach, archevêque grec-catholique de Homs (Syrie), de passage en France dans le cadre du jumelage de son diocèse avec celui de Fréjus-Toulon :
    "Il faut détruire la menace terroriste bien entendu et en protéger la France. Mais il faut également que la France retrouve la foi, l’espérance et la charité. Il faut vivre du Dieu d’Amour, et nourrir les âmes errantes ! Soyez ce que vous êtes, des chrétiens, pour résister à la sauvagerie de ces fanatiques"(Propos rapportés par Charlotte d’Ornellas, SOS Chrétiens d’Orient, 15 novembre 2015).

    Ces derniers mois, un livre intitulé Fatwas et caricatures (éditions Salvator), écrit par une Libanaise chrétienne, Lina Murr-Nehmé, aurait dû alerter les dirigeants et l’opinion sur la guerre impitoyable que l’islamisme mène à l’Occident. Historienne courageuse, l’auteur s’appuie sur des documents irréfutables, dont certains sont reproduits en fac-similés dans son ouvrage, pour montrer que la propension à la violence n’est pas accidentelle, mais connaturelle à l’islam qui l’a mise en œuvre dès l’origine, sous Mahomet et les premiers califes. Les musulmans l’ont assumée en lui donnant une caution divine. L’action de Daech et des autres mouvements islamistes n’est donc que l’actualisation de ce programme. Fatwas et caricaturesa été écrit pour réveiller les consciences européennes

    Des leçons à tirer et des révisions à opérer

    Toutes ces prises de position suggèrent les révisions que la France doit opérer pour opposer un front de fermeté au mépris de certains musulmans et aux agressions des djihadistes. Voici un petit vademecum avec quelques pistes de réflexion et d’action éclairées par ce que nous disent les chrétiens d’Orient.

    Une approche lucide et réaliste

    • Les élites françaises (dirigeants politiques, élus locaux, intellectuels, journalistes, ecclésiastiques) doivent porter un regard lucide et correct sur l’Islam dans toutes ses dimensions (religieuse, anthropologique, sociale, politique), et entretenir avec les musulmans un rapport de vérité.Car il n’est pas indifférent d’être citoyen selon que l’on est musulman ou non, compte tenu de la manière dont l’Islam envisage l’organisation de l’État et de la société, ainsi que le statut de la personne et ses relations avec les non-musulmans.

    • Il ne faut pas faire semblant de croire que l’Islam est une religion comme les autres et qu’il n’est qu’une religion. Il n’appartient pas aux non-musulmans de dire quel est le véritable Islam, ce qui implique d’éviter des déclarations telles que : "L’Islam est une religion de paix, d’amour et de tolérance", "Daech pratique un Islam dévoyé", etc.

    • Il faut éviter le déni de certaines réalités gênantes dans l’Islam alors que l’actualité les met en évidence. Ce mensonge conduit les populations européennes non musulmanes à la méfiance et à la peur, voire à l’agressivité envers les musulmans, ce qui risque d’engendrer un cercle vicieux de violences. Quant aux accusations d’« islamophobie », elles sont un piège dans lequel il faut éviter de tomber, sous peine de se priver de la liberté de critiquer les aspects dérangeants, voire inacceptables de l’Islam, comme l’absence de liberté religieuse ou le traitement de la femme.

    •  Il faut éviter toute attitude pacifiste ou fausse dans les rapports de la France (et de l’Europe) avec les États musulmans. Par exemple, nier que l’on a des ennemis ou refuser de les nommer ; pratiquer une diplomatie à géométrie variable : on combat certains régimes sous prétexte de servir la démocratie (cf. la Libye et la Syrie) en même temps que l’on conclut des alliances avec des régimes indéfendables (cf. les États de la péninsule Arabique) ou que l’on cède au chantage d’autres pays comme la Turquie. Le mensonge est facteur de guerre et non de paix. Le monde musulman, qui traverse une crise très grave, a besoin de se sentir respecté par l’Occident pour guérir du ressentiment qui l’anime. 

    Des dispositions à adopter

    La France doit prendre acte des effets négatifs de l’idéologie du multiculturalisme et y renoncer tout en s’efforçant d’interrompre le processus en cours de confessionnalisation des musulmans établis sur son sol.

    •  Il faut concevoir l’accueil et le traitement des musulmans, qu’ils soient immigrés ou nationaux, en tant que personnes et non comme membres d’une communauté aux traditions et mœurs incompatibles avec celles qui fondent la civilisation française. Ceci pour favoriser leur assimilation dans le droit fil de la tradition française, qui concerne précisément les personnes individuelles et non les communautés.

    •  Il ne faut pas céder aux revendications communautaristes au nom de la tolérance ou du respect des cultures. Cela relève d’une générosité mal éclairée. En se multipliant dans tous les secteurs de la vie, l’acceptation de ces revendications par les pouvoirs publics entraîne forcément une rupture du lien social et nuit à la cohésion nationale.

    •  Il faut exiger des citoyens musulmans l’engagement à respecter pour eux-mêmes et pour autrui le droit et les valeurs français, tels que la liberté religieuse (y compris de conscience, donc le droit de changer de religion) ou l’égalité en dignité de l’homme et de la femme. Mais pour cela, il est essentiel de refonder une société vertueuse, digne d’être enviée et imitée, par exemple par une politique favorable à la famille.

    •  La France doit reformuler le contenu de la laïcité. La neutralité de l’État en matière religieuse ne signifie pas la neutralité de la société dans ce domaine. La laïcité ne doit pas être une idéologie hostile aux religions.
    "La saine laïcité signifie libérer la croyance du poids de la politique et enrichir la politique par les apports de la croyance, en maintenant la nécessaire distance, la claire distinction et l’indispensable collaboration entre les deux" (Benoît XVI, exhortation apostolique Ecclesia in Medio Oriente, 12 septembre 2012).

    •  Il est nécessaire d’assumer l’histoire de la France avec fiertéet de remettre à l’honneur l’héritage culturel et spirituel de la patrie, notamment au sein de l’enseignement public, au lieu d’entretenir le dénigrement systématique. Les dirigeants doivent assumer les racines chrétiennes de la civilisation française qui ont contribué à son rayonnement dans le monde.
     
    • La France doit réviser sa politique étrangère, en particulier envers le Proche-Orient, pour tenir compte des réalités locales, sans chercher à imposer à d’autres pays ses propres critères d’organisation sociale et politique ; elle doit renoncer à certaines alliances financièrement avantageuses mais immorales, cesser de manipuler le monde arabe pour ses propres intérêts sans chercher à résoudre honnêtement la question palestinienne.

    •  Enfin, il faut considérer le combat contre Daech dans sa dimension spirituelle comme condition essentielle à la victoire temporelle.
    "C’est la figure de l’amour qui domine dans la vie chrétienne, celle du frère, du fils, de celui qui dialogue, de celui qui compatit. Mais nous ne pouvons plus oublier celle du guerrier. Guerrier dont les armes sont d’abord spirituelles, mais guerrier quand même […]. Si nous ne retrouvons pas cette virilité guerrière, celle qui faisait chanter à saint Bernard la louange de la nouvelle milice, nous aurons perdu contre l’islamisme aussi bien spirituellement que matériellement" (Fabrice Hadjadj,Famille chrétienne, n° 1975, 21-27 novembre 2015).
    Petite Feuille Verte de l'association Clarifier, décembre 2015
     

    Journaliste, essayiste, conférencière, spécialiste du Proche-Orient, de l'Islam et des chrétiens d'Orient.
    Docteur d'Etat en sciences politiques. Thèse sur "Le Liban et son voisinage" (Université Paris II).
    A participé comme experte au Synode spécial des Evêques pour le Moyen-Orient, convoqué par Benoît XVI en 2010.
    Ouvrages
    Guerres secrètes au Liban (1987) - Vivre avec l'Islam ? - Saint-Paul (1996) - L'Europe malade de la Turquie (2005) - Les chrétiens d'Orient vont-ils disparaître ? (2005) - L'islam peut-il rendre l'homme heureux ? (2012) 

  • Société • Y en a marre de la camelote chinoise !

    © Copyright : DR

    par Péroncel-Hugoz 

    L’économie chinoise vient d’entrer en crise. Pas étonnant, estime Peroncel-Hugoz, qui a testé personnellement ce qu’il nomme « la qualité inférieure » des produits Made in China, vendus notamment au Maroc, où il réside habituellement. Ajoutons seulement que y en a marre de la camelote chinoise en France aussi !

     

    peroncel-hugoz 2.jpgAh! Certes les produits importés de Chine et sous lesquels croulent littéralement les kissarias* et souks marocains, ne sont pas chers mais ce « bon marché » est fallacieux car, à la longue, on débourse beaucoup pour compenser les défectuosités des articles achetés.

    Et encore je m’en tiendrai à mon expérience personnelle et à celle de mon entourage, depuis deux ou trois ans. Des exemples de mes déceptions, j’en ai à revendre. Citons en vrac, sans hiérarchie, quelques uns de ces tests décevants :

    Les ciseaux à papier qui déchirent au lieu de couper

    • Les clés cassantes

     • Les jouets coupants

    • Les aiguilles à coudre dont le chas est bouché

     • Les parapluies qui se tordent ou se retournent au premier petit coup de vent

    • Les sécateurs, pinces et pioches qui se déglinguent aux premières utilisations et sont « inremontables » même par le plus habile artisan local

    • Les agrafeuses qui se détraquent très vite quand elles ne vous agrafent pas un doigt (bon là, j’exagère un tantinet, mais vraiment à peine …)

    • Le papier collant et la colle qui ne … collent pas

    • Les sous-vêtements (en pur coton, il est vrai, mais il n’a pas la tenue de celui d’Egypte) dont les élastiques se distendent après deux ou trois lavages.

    • Les vélos dont les pneus crèvent à la première sortie (cela s’est passé en France, laquelle, pauvre naïve, s’est, elle aussi, laissée envahir sans méfiance par les importations chinoises) et s’avèrent, comme les sécateurs, irréparables. Eh bien sûr, aucun de ces produits n’est garanti ! Pas bête la Chine …

    • Les clous qui se cassent ou les punaises qui se plient et nous blessent (là, je n’exagère pas, ça m’est positivement arrivé au Maroc et en France)

    • Et pire que tout, les alarmes d’auto, hypersensibles et qui se mettent à hurler à répétition en pleine nuit suite au passage d’un chat sous le véhicule ou bien, m’a affirmé un mécanicien de Casablanca, suite aux simples évolutions d’une seule mouche ou d’une guêpe restées enfermées dans la voiture …

    Enfin l’inimaginable, l’intolérable : des babouches jaunes citron, théoriquement spécificité marocaine et qu’un ministre du gouvernement Benkirane a eu la très désagréable surprise de trouver dans le souk de Marrakech: en simili cuir et, bien sûr, collées au lieu d’être cousues. Et en plus tamponnées made in China ! Sans vergogne. Halte là ! Pour leur propre réputation, industrie et artisanat du royaume, ont tout intérêt à faire pression sur les autorités publiques afin qu’un contrôle technique rigoureux soit imposé aux articles exportés de Chine vers le Maroc.

    Précision : non, je ne suis pas le moins du monde sinophobe ! En reportage en Chine, naguère, j’y fus au contraire séduit d’emblée par la conscience professionnelle des artisans du cru, par la finition de leurs objets, par leur amour du travail. Notamment dans le domaine des tissages. Mais ces produits de qualité ne sont apparemment pas exportés. Jadis, ce fut pareil au Japon; bons articles au pays, qualité inférieure à l’export. Nul doute que les Chinois sont capables de suivre la voie nipponne de la qualité. En attendant, faites gaffe à vos achats ! 


    * Survivance, dans le parler arabe marocain du XXIe siècle du « Césareum », le forum ou place centrale des cités berbéro-romaines du futur Maroc. 

    Péroncel-Hugoz

    Repris du journal en ligne marocain le 360 du 04.12.2015

  • Livres & Patrimoine • La grâce d'une cathédrale

    La grâce des grandes cathédrales de France, vous la découvrirez en lisant la présentation qui suit et en visitant le site qui leur est consacré.

    Vous y trouverez de riches possibilités de lectures, de très beaux livres, de superbes cadeaux à offrir, pour ces temps de fêtes, ou - qui sait ? - plus tard.

    Cliquez sur l'image ci-dessous.

    La grâce d'ue cathédrale.jpg

    UNE GRANDE COLLECTION D'ART

    Un patrimoine exceptionnel, des livres prestigieux

    Les cathédrales, témoins d’une grande et riche histoire, fédèrent les hommes dans la fascination, quelles que soient leurs convictions religieuses. La collection de livres d'art « La grâce d’une cathédrale » propose une approche scientifique et accessible à un large public. Elle a été créée et est dirigée par le théologien et éditeur Mgr Joseph Doré, archevêque émérite de Strasbourg.

    Toutes les facettes du monument

    Chaque volume est dirigé par l'évêque de l'édifice concerné, rédigé par une trentaine de spécialistes reconnus, et structuré en trois grandes parties : l'histoire du chantier ; la description exhaustive (richesses et particularités de l'édifice) ; la vie de la cathédrale à travers les siècles (histoire religieuse, politique et symbolique).

    Plus de 500 pages, plus de 600 images...

    Avec un grand format, entre 400 et 500 pages et 500 à  600 illustrations traversant les époques, ces livres présentent la somme des connaissances actuelles sur les grandes cathédrales de France. Une reliure de grande qualité et une somptueuse jaquette en font des ouvrages d’exception, dans un excellent rapport qualité-prix. 

  • BD • Une BD un brin anar’

     

    par CS

    En 2012, on allait voir ce qu’on allait voir. François Hollande, devenu chef de l’Etat, reprenait les rênes du pays et l’espoir renaissait à gauche. Le président de la République élu autant par inadvertance que par rejet de l’ancien hôte de l’Elysée allait appliquer son programme, ses 60 engagements et son exemplarité, grâce à un « gouvernement de combat », à des parlementaires dévoués., etc. Oui on allait voir ce qu’on allait voir ! Mais entre l’intention et sa concrétisation, il existe un monde. Et ceux qu’on croyait être de gauche montrent finalement un tout autre visage : celui d’une droite complexée, empêtrés qu’ils sont dans leurs contradictions, ne trouvant pas le bon ton, reniant leurs idées, leurs amis, trahissant leurs promesses, et, in fine, dégoûtant le peuple de gauche et cristallisant un plus encore les rancœurs des électeurs de droite. C’est ce fil rouge que tire à l’envi le dessinateur Aurel, de son vrai nom Aurélien Froment. S’appuyant sur l’actualité et les grands thèmes développés depuis trois sans (travail le dimanche, lutte contre le chômage, la crise grecque…), le dessinateur s’enivre du vitriol qu’il lance dans chacun des dessins qu’il a publiés dans Le Monde, Le Canard enchaîné ou Politis. Avec hardiesse (Oui vraiment Aurel est hardi ! ), il décrit le monde politique tel qu’il est. Ni antigauchiste ni antidroitiste primaire, Aurel est avant tout un bon analyste, un peu anarchiste et iconoclaste. Il rejoint en ce sens Coluche qui disait : « La droite vend des promesses et ne les tient pas, la gauche vend de l’espoir et le brise ». Et cette compilation de dessins en est le remarquable exemple. 

    La droite complexée – Aurel – Editions Glénat – 160 pages – 15 euros.

    - Politique magazine

  • Heureuse nouvelle : une 4ème naissance attendue chez le duc et la duchesse de Vendôme

     

    Evénement heureux dans la Famille de France : Le duc et la duchesse de Vendôme attendent leur quatrième enfant. La nouvelle vient d'être annoncée par le magazine Point de Vue.

    Mariés en 2009, le prince Jean et la princesse Philomena qui résident au Domaine royal de Dreux sont déjà les parents du prince Gaston (2009), de la princesse Antoinette (2012) et de la princesse Louise-Marguerite (2014). 

    Le bébé sera le 11eme petit-enfant du comte de Paris et de la duchesse de Montpensier et le 107eme arrière-petit-enfant des défunts comte et comtesse de Paris. 

    Lafautearousseau adresse toutes ses félicitations et ses vœux cordiaux au prince Jean et à la princesse Philomena, à qui, on le sait, sont portés ici, respect et affection. Nous sommes certains que nos lecteurs s'y joignent de grand cœur.  

     

  • La République introuvable

    La République Charlie, place du même nom

     

    Par Jacques Burnel

    Sous ses deux formes, adjectivale et nominale, le mot « République » a littéralement envahi le discours des médias, des pouvoirs publics et du personnel politique. Or, explique Frédéric Rouvillois dans un livre jubilatoire (Être ou ne pas être républicain, Le Cerf, 237 p., 14 euros), si les républicains sont partout, la République est nulle part... 

    Etre ou ne pas être - cadre.jpg« Le terrorisme ne détruira pas la République ; c'est la République qui le détruira » ; « La riposte de la République sera totale » ; « Les associations qui s'en prennent aux valeurs de la République seront dissoutes »... Du président François Hollande au Premier ministre, Manuel Valls, en passant par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, les propos martiaux de nos dirigeants politiques, réagissant à la tuerie de masse du 13 novembre, ont été salués unanimement. Tout juste quelques rares observateurs ont-ils pu faire remarquer qu'ainsi placés sous les auspices de la République, ils avaient l'immense avantage d'exonérer ceux qui les prononcent de toute forme de responsabilité dans ces tragiques évènements. Événements dont la nation en deuil pourrait légitimement tenir rigueur à ses représentants...

    Au début de l'année 2015, en d'autres circonstances dramatiques, les Français l'avaient appris à leurs dépens : certains clichés mobilisant mécaniquement la pensée (le « pas d'amalgame » avait alors fait florès) peuvent être utilisés comme des armes dialectiques qui paralysent la pensée. Il suffit d'entendre les mots magiques pour que chacun s'incline et passe son chemin. Circulez, il n'y a rien à voir ! Et dans cet arsenal d'expressions toutes faites et de mots qui enivrent, le terme « républicain » n'a pas d'équivalent. Exemple : pourquoi s'est-on cru obligé de parler de mobilisation « républicaine » au lendemain de l'attaque contre Charlie Hebdo et pas de manifestation « royale » ou « monarchique » en 2004 après les attentats de la gare de Madrid ? C'est cet « usage invraisemblable et littéralement diluvien du terme « républicain » » qui a poussé le professeur de droit public et historien des mentalités, Frédéric Rouvillois, à s'interroger sur la signification de ce mot pour le moins redondant dans la parole publique. Suffrage universel, pluralisme, éducation, universalisme, laïcité : dans un livre au titre réjouissant - Être (ou ne pas être) républicain -, il passe en revue les critères habituellement admis du « républicanisme ». Et le moins que l'on puisse dire, c'est que le piédestal sur lequel on a placé la République vole en éclats. Reste un concept creux, usé jusqu'à la corde, mais qui ôte immanquablement toute substance au débat politique contemporain. La pantalonnade de cour d'école autour de la nouvelle dénomination de l'ex-UMP l'atteste : chacun accuse l'autre de s'approprier un terme censé appartenir à tous.

    UN MOT QUI RENVOIE À TOUT ET SON CONTRAIRE

    Pourquoi alors, répété comme un mantra, demeure-t-il aussi envahissant ? La « forme républicaine du gouvernement », comme il est dit dans la Constitution de 1958 sans que l'on sache de quoi il retourne exactement, est-elle menacée ? Mais même s'il continue à vivre intellectuellement, notamment dans les pages de ce magazine, le royalisme est politiquement mort depuis longtemps. Du Parti communiste au Front national, des souverainistes de droite aux fédéralistes de gauche, des plus libéraux aux plus étatistes, les républicains revendiqués sont partout. D'ailleurs, fait justement remarquer Rouvillois, le mot « République », res publica, la chose publique, synonyme le plus souvent d'État ou de communauté de citoyens, se retrouve dans les écrits officiels de la monarchie, mais aussi dans le langage courant de l'Ancien Régime. Monarchie et République ne s'oppose donc pas nécessairement, pas plus d'ailleurs que République et dictature, la première s'accommodant volontiers de la seconde. En témoignent de nombreux épisodes de notre histoire, du Comité de salut public au « Gouvernement de défense républicaine » de Waldek Rousseau en 1899. Songeant à la République romaine et à ses dictateurs, Mussolini ne disait-il pas que le fascisme est essentiellement républicain ? « Faute de définition claire, note notre auteur, on est obligé de reconnaître que tout le monde a le droit de se qualifier de républicain, dès lors que le mot de « République », auquel renvoie ce qualificatif, a lui-même recouvert à peu près toutes les hypothèses imaginables. »

    UNE RELIGION DE SUBSTITUTION

    Contrairement à ce que la répétition compulsive du mot voudrait laisser croire, il n'existe donc aucune définition de la République. Ni comme régime politique, ni comme doctrine ou comme philosophie hormis quelques vagues références à la devise abstraite de la Révolution française et à « l'esprit » des Lumières. Bref, « la République », comme essence, est une vue de l'esprit. Rouvillois dit : une légende. De fait, dans sa version française, qui est spécifique, cette légende s'est construite sous la Ille République et au moment de l'affaire Dreyfus quand elle s'est en quelque sorte figée en une « construction mythologique » et même en une « religion de substitution ». Une tentation que le régime républicain a eue dès son origine : en 1793, les Hébertistes ont institué le culte républicain de la Raison et Robespierre celui de l'Être suprême ; Michelet parlait d'ailleurs des Jacobins, le parti républicain par excellence, comme du « parti-prêtre ».... Mais c'est sous la Ille République que l'éducation fut conçue comme un conditionnement des esprits, un dogmatisme destiné à républicaniser le pays... et à lui faire oublier qu'il y avait eu une France avant 1789. La République, conclut Rouvillois, est un mot vide et sacré. Vide, parce qu'il renvoie à tout et son contraire. Sacré, car il exclut tout ce qui n'est pas lui : cela risquerait de « brouiller le récit légendaire, de le rendre incohérent, d'affaiblir son rôle mobilisateur »...

    Ainsi « la République », cette ancienne notion désignant le bien commun qui fut utilisé dans les ordonnances d'Henri IV et de François Ier, est-elle devenue, par glissements successifs, la religion républicaine d'un petit clergé qui sermonne, catéchise et excommunie au nom de « valeurs » à la fois absolues et contradictoires. En ce sens, elle est anti-démocratique puisqu'elle s'apparente à une prébende et justifie toutes les prévarications. Est-ce un hasard si ce qu'il est convenu d'appeler les « élites » - médias, pouvoirs publics, personnel politique -, ne disent presque jamais « la France » mais presque toujours « la République » ? « République » : ce mot-posture qu'en période de crise elles psalmodient en attendant le miracle... 

     - Politique magazine