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  • Culture • Loisirs • Traditions

    Ce visuel a pour seul objet de marquer l'unité des articles du samedi et du dimanche, publiés à la suite ; articles surtout culturels, historiques, littéraires ou de société. On dirait, aujourd'hui, métapolitiques. Ce qui ne signifie pas qu’ils aient une moindre importance.  LFAR

  • Patrimoine cinématographique • Marie-Antoinette, reine de France

     

    Par Pierre Builly  

    Marie-Antoinette, reine de France de Jean Delannoy (1956)

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    Solide et émouvant  

    Évidemment, si l’on n’est pas ému, à l’extrême fin du film, par ces images fiévreuses du prêtre réfractaire qui s’est faufilé sous l’échafaud où l’on va couper en deux Marie-Antoinette, qui lit en balbutiant les prières des agonisants et qui est brusquement interrompu dans son oraison par le sang de la reine assassinée qui ruisselle, il faut mieux éviter de perdre son temps et garder pour soi une occasion de ricaner qui ne serait pas de très bon goût. 

    Marie_Antoinette_reine_de_France.jpgJe concède volontiers que Jean Delannoy n’est qu’un honnête cinéaste et non pas un immense créateur. Mais il a construit là un beau film grave, bien construit, bien photographié, bien émouvant, et Michèle Morgan, qui, à mes yeux a toujours porté une ombre de tristesse dans son regard, y est mieux que personne cette reine qui passe de la frivolité naïve, de la légèreté gracieuse du début de sa vie à la tragédie d’une femme saisie par une tourmente qu’elle comprend mal, puis au drame de l’épouse dont on tue le mari et qu’on sépare de ses enfants avant de la conduire à la mort. 

    tumblr_p5biiqQ2DD1soti42o10_500.pngLe beau visage inexpressif et un peu bête de Michèle Morgan convient particulièrement à l’illustration du drame de cette femme dont la vie n’a été que contraintes et souffrances, et qui est morte, sacrifiée, à 38 ans, haïe d’une foule sanglante, puérile et imbécile. 

    Le film de Jean Delannoy, qui a eu un grand succès, n’est pas très bon.

    Il accorde une place démesurée à une intrigue hasardeuse, présentant la passion amoureuse de marie_antoinette-02.jpgMarie-Antoinette et du comte Alex de Fersen (Richard Todd) comme avérée, ce qui n’est pas l’avis de nombre d’historiens sérieux, mais offre l’avantage cinématographique d’instiller des épices romanesques qui font pleurer Margot. 

    Ce qui est plus embêtant (car, après tout, l’aventure avec Fersen, qu’elle ait eu lieu ou non, n’a, aux yeux de la postérité, aucune importance), c’est que, banalement, Delannoy présente Louis XVI comme le font les pires chromos de l’historiographie militante : un lourdaud insouciant et glouton, uniquement préoccupé de chasses, de bombances et de serrurerie, alors que le Roi, géant (1,92 mètre), timide et pataud était passionné de sciences et de découvertes (on dit que ses derniers mots sur l’échafaud furent A-t-on des nouvelles de M. de La Pérouse ?, grand navigateur qu’il avait envoyé compléter la cartographie du monde connu, et qui disparut corps et bien aux Nouvelles-Hébrides). 

    Surtout Delannoy, qui fut pourtant un homme de droite, ne dit pas un mot de ce que furent les tentatives désespérées et continuelles de Louis XVI de réformer l’Ancien Régime ; je cite là Wikipédia : abolition de la torture en 1781 et 1788, abolition du servage dans le domaine royal en 1779, abolition du péage corporel des juifs d’Alsace en 1784, édit de tolérance des protestants en 1787. Il est aussi marqué par quatre tentatives de réformes profondes du royaume (1774-1776, 1781, 1787 par deux fois) passant par l’instauration d’un impôt direct égalitaire (en remplacement de la taille inégalitaire) et d’assemblées provinciales élues destinées à contrôler cet impôt. Ces dernières réformes butèrent sur l’hostilité des privilégiés, en particulier celle de la noblesse de robe, celle du Parlement de Paris et celle de la Cour de Versailles. Louis XVI tenta alors de passer outre leur opposition en présentant ses réformes devant une assemblée de notables (1787) puis devant les États généraux (1789).

    S’il eût été réalisé, ce grand œuvre de réformation eût sauvé la Monarchie et épargné à la France et à l’Europe les monstruosités de la Terreur et les guerres de la Révolution et de l’Empire, tant de ruines et de sang… Mais Delannoy n’en dit pas un mot. 

    348848.jpgCela dit, il faut bien admettre que le film, d’insignifiant et caricatural au début, devient, au fur et à mesure que les événements s’accentuent, aussi pathétique que le fut la réalité. Comme on l’a remarqué, il y a de la grandeur et de l’émotion à voir la famille royale humiliée, abîmée, souillée par les révolutionnaires et conservant une immense dignité, une grandeur admirable dans les épreuves et les abominations. Le couple royal, rassemblé à l’origine pour des raisons profondément et hautement politiques, ce couple mal assorti trouve dans son malheur de suffisantes raisons de se hausser à la grandeur du Destin qui lui est dévolu. 

    image_bonus_A_0948115907.jpgSi l’on peut comprendre, sans admettre, l’exécution du Roi Louis XVI comme un rite sacrificiel archaïque, primitif et fondateur, l’assassinat de la Reine n’a aucune justification et ne peut bénéficier d’aucun pardon : la République est souillée à jamais par ce crime inexpiable ; que des rues et des places françaises portent encore le nom de Robespierre est aussi incompréhensible que si des places allemandes se baptisaient encore du nom d’Adolf Hitler. Et le sang qui ruisselle sur l’autel hâtivement édifié sous l’échafaud par un prêtre réfractaire qui dit en toute hâte les prières des agonisants au moment où la guillotine coupe en deux la Reine retombe encore en pluie désolée sur notre pays. 

    Une observation sur le film : il est assez singulier, et finalement rigolo que Delannoy ait choisi, pour incarner le buveur de sang Marat, Jacques Dufilho, dont les opinions politiques étaient notoirement royalistes et que, parallèlement, le prêtre réfractaire qui, au péril de sa vie, célèbre sous l’échafaud, le sacrifice, soit Michel Piccoli, notoire compagnon de route du Parti Communiste ! Merveilles du cinéma ! 

    Une observation sur le DVD, qui n’est pas à l’honneur de Gaumont : le sang de la Reine étoile à peine les ornements sacerdotaux que les images sont brutalement interrompues pour revenir au Menu… Dix secondes de plus n’auraient pas été si coûteuses….           

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    DVD autour de 15 €     

    Retrouvez l'ensemble des chroniques hebdomadaires de Pierre Builly sur notre patrimoine cinématographique, publiées en principe le dimanche, dans notre catégorie Culture et Civilisation.
  • Chiffres en vrac sur la France actuelle... Collectés par Péroncel-Hugoz [7/7]

    Par Péroncel-Hugoz

    images[3].jpgAu gré de ses lectures ou des émissions de radio-télévision qu'il a suivies, Péroncel-Hugoz a glané - c'est le mot - nombre de chiffres, significatifs de la France actuelle, classés en six catégories : Politique – Société – Civilisation – Religion – Économie - Aides sociales ou allocations. À quoi il a ajouté une Petite bibliothèque française. Cela fait sept parties - de longueur inégale. Sept jours aussi, une semaine sur lafautearousseau.  Publication de la série de lundi 25 à dimanche 31 mars. Pour servir à notre documentation, nos articles, nos commentaires, nos débats. À ne pas rater ! LFAR 

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    PETITE BIBLIOTHÈQUE FRANÇAISE

     1837 : Rois de France suivi de Napoléon, d’Honoré de Balzac. Réédité en 2017 par Africorient, Casablanca.

    1924 : Histoire de France, de Jacques Bainville.

     1938 : La France et son armée, de Charles de Gaulle.

    • 1961 : Mahomet, de Maxime Rodinson.

     1971 : Race et Culture, de Claude Lévi-Strauss

     1990 : Le voile et la bannière, de Slimane Zeghidour, Hachette, Paris.

     1996 : Vivre avec l’Islam ?, sous la direction d’A. Laurent, Saint-Paul, Versailles.

     2000 : La France aux ordres d’un cadavre, de Maurice Druon, le Rocher, Monaco.

    9789954670125_1_75.png 2004 : Traversées de la France. Hexagone et Outremer, de J.P. Péroncel-Hugoz, Bartillat, Paris.

     2006 : Le premier sexe, d’Eric Zemmour, Denoël, Paris.

    • 2006 : Cette France qu’on oublie d’aimer, d’Andreï Makine, Flammarion, Paris.

     2013 : La France Orange mécanique, de Laurent Obertone, Ring, Paris.

     2014 : La France périphérique. Comment on a sacrifié les classes populaires, de Christophe Guilluy, Flammarion, Paris.

     2015 : Soumission, de Michel Houellebecq.

    • 2017 : Richelieu, de Sylvie Taussig, Gallimard, Paris.

     2018 : La France vendue à la découpe, de Laurent Izard, agrégé en économie, L’Artilleur, Paris

     2018 : Les 100 inventions qui font la fierté de la France, d’Emmanuel Hecht, le Figaro, 2018. [Suite et fin]  

    SOURCES : Conflits, Jeune Afrique, L’Incorrect, Le Monde diplomatique, la Nef, la Nouvelle Revue universelle, Valeurs actuelles, le Figaro, le Figaro-Histoire, la Croix, Var-Matin, lafautearousseau.fr, le360.ma, Radio-France, Europe 1, Médi-1 (Tanger), Wikipédia, etc.
    Pour consulter l'ensemble de la série ...
    [7 chapitres - 28 illustrations]
    Chiffres en vrac sur la France actuelle
  • Révolution française : "Crois ou meurs !", un livre iconoclaste, à lire d'urgence !

    "Crois ou meurs ! Histoire incorrecte de la Révolution française", par Claude Quétel.


    Présentation de l'éditeur :

    "Crois ou meurs ! Voilà l’anathème que prononcent les esprits ardents au nom de la liberté !" Ainsi s’indigne le journaliste Jacques Mallet du Pan dans le Mercure de France du 16 octobre 1789, au tout début de la Révolution. Voilà qui s’inscrit en faux contre la thèse, solidement ancrée aujourd’hui, de deux révolutions : une bonne, celle des droits de l’homme, qui aurait dérapé pour aboutir à une mauvaise, celle de la Terreur.

    Et si la Révolution tout entière avait été un immense, un désolant gâchis, et ce dès les premiers jours ?

    Et si ce qui a été longtemps présenté comme le soulèvement de tout un peuple n’avait été qu’une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont l’enjeu mémoriel divise toujours les Français ?

    Il fallait reprendre l’enquête en revisitant les événements, en les décryptant et en se libérant de l’historiquement correct.

    Ce récit circonstancié s’adresse à tous ceux qui souhaitent qu’on leur raconte enfin une autre histoire de la Révolution française, la vraie."

     

     


    Dès la parution de l'ouvrage, Jean Sévillia écrit dans Le Figaro magazine du 29 mars qu'il s'agit d'un "livre iconoclaste, à lire d'urgence" et lui consacre son billet hebdomadaire "La page d'Histoire de Jean Sévillia, sous le titre éloquent : Un pavé dans la mare révolutionnaire : Signé Claude Quétel, un récit de la Révolution qui déconstruit les mythes

    Voici le texte intégral de ce court billet :

    "Entre 1986 et 1989, environ 8OO livres ont paru à l'occasion du bicentenaire de la Révolution française. Trente ans plus tard, l'enthousiasme n'est plus au rendez-vous : les parutions nouvelles sur la période 1789 -1799 sont en proportion peu nombreuses, et rares sont les livres qui sortent du lot. En voici un, au moins qu'on n'oubliera pas : ne craignant pas de détoner, l'ouvrage, tranquillement, ouvertement, est une charge contre la Révolution française.
    Directeur de recherche honoraire au CNRS, ancien directeur scientifique du Mémorial de Caen, Claude Quétel est un spécialiste du XVIIIème siècle qui s'est intéressé à l'histoire de la folie et de la psychiatrie. Puis ses activités l'ont conduit à écrire sur la Seconde Guerre mondiale. Mais de n'être pas un spécialiste de la Révolution française lui confère, précisément, une précieuse liberté vis-à-vis des gardiens du Temple. Elle lui permet, en l'occurrence, d'aboutir à une conclusion qu'il énonce sans ambages dès l'introduction : "La Révolution française fut un épisode exécrable, de bout en bout, de l'histoire de France. Elle ne fut pas le magnifique soulèvement de tout un peuple mais une folie meurtrière et inutile, une guerre civile dont la mémoire continue aujourd'hui encore à diviser fondamentalement les Français."
    Claude Quétel connaît trop bien le métier pour s'aventurer sans biscuits. Outre l'abondante bibliographie qui signale ses sources, l' "essai historiographique critique" situé à la fin du volume prouve que ce prétendu non-spécialiste maîtrise fort bien son sujet. De la prise de la Bastille à la conquête du pouvoir par Bonaparte, son récit montre donc la part essentielle de la violence dans le phénomène révolutionnaire ("Crois ou meurs"), une violence qui, commencée en 1789, n'a pas attendu la Terreur de 1793 pour se déployer. La Révolution, certes, a eu le mérite de faire aboutir des réformes que la monarchie n'avait pas su mener à bien. Elle a cependant inventé les droits de l'homme pour les violer tous, et inauguré la dictature des minorités radicales sur la majorité silencieuse, gouvernant au nom du peuple mais sans lui, et souvent contre lui.
    Un livre iconoclaste, à lire d'urgence."

  • Ephéméride du 31 mars

    Palerme, de nos jours 

    1282 : Massacre des Français à Palerme, lors des « Vêpres siciliennes » 

    Les « Vêpres siciliennes » désignent le soulèvement populaire de la Sicile contre la domination du roi français Charles d’Anjou, frère de Louis IX (futur Saint Louis), survenu le mardi de Pâques. À la suite de ce soulèvement et du massacre des Français, les Siciliens passent sous la protection du roi d’Aragon, Pierre III.

    A cette époque, l’Italie est le théâtre de la lutte entre les partisans du pape (les «Guelfes ») et ceux de l'empereur (les « Gibelins »). En 1250, l'empereur Frédéric II de Hohenstauffen, roi de Sicile et ennemi déclaré de la papauté, décède. Son fils, Conrad IV, lui succède mais ne règne que quatre ans, et meurt en 1254 :  le pape Innocent IV, suzerain nominal de la Sicile, veut profiter de la minorité de son fils Conradin pour évincer les Hohenstaufen d’Italie. Le régent de Conradin, Manfred de Hohenstauffen, fils bâtard de Frédéric II, se proclame roi en 1258, au détriment de son neveu. Il est alors excommunié et privé de son royaume par le pape, qui investit Charles d’Anjou (frère du roi de France, Louis IX, le futur saint Louis) roi de Sicile, en 1266.

    Charles envahit le sud de la péninsule italienne et tue Manfred à la bataille de Bénévent, le 26 février 1266, mais il doit, alors, faire face par la suite aux attaques de Conradin, dorénavant assez âgé pour faire valoir ses droits. Conradin, vaincu, est fait prisonnier en1268, et décapité.

    Mais les ambitieux projets de Charles d’Anjou (une nouvelle Croisade contre les musulmans mais aussi la guerre aux Byzantins pour les contraindre à l’union religieuse avec Rome) et, surtout, les exactions des seigneurs qui entourent Charles entraînent dans l'aristocratie et les classes urbaines siciliennes un rejet des Français.

    Le roi Pierre III d’Aragon (une grande puissance maritime, à l’époque) est très intéressé par la Sicile ; de son côté, l’empereur Byzantin Michel VIII Paléologue, inquiet des visées sur l'Orient qu'entretient Charles d'Anjou, est également approché par des émissaires siciliens.

    henri ii,claude de france,francois premier,saint denis,chateaubriand,bourbons,bonaparte,napoléon,tour eiffel,saint john perseLe soulèvement des « Vêpres siciliennes » débute le 30 mars – lundi de Pâques - à Palerme et à Messine à l’heure des vêpres, au son des cloches. Le 31 mars - mardi de Pâques – lors du pèlerinage habituel des familles palermitaines de la porte Sainte-Agathe à l'église du Saint-Esprit (Santo Spirito) hors les murs, c’est l'embrasement : les Français ont-ils recherché des armes sur les jeunes gens et sur les femmes, ont-il offensé une jeune fille, ou bien des enfants - qu’ils auraient insultés - leur auraient-ils jeté des pierres ? Quel que soit la cause, difficile à établir avec certitude, l’ensemble des Français et des Italiens qui les soutiennent est massacré, au cri de « Mort aux Français ! ».

    Une seule commune ne participe pas à la rébellion, et donc au massacre des Français : celle de Sperlinga, dont le château (ci-dessous) porte encore, sur l’arc en ogive de sa première chambre, la devise gravée sur deux pierres :  

    Quod Siculis Placuit Sola Sperlinga Negavit : ce que les Siciliens ont aimé, seulement Sperlinga l’a nié 

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  • Livres & Société • Histoire de l’islamisation en France, 1979-2019

       

    michelletribalat.pngLes auteurs de ce livre ont eu l’idée géniale de reprendre ce qui s’est dit et écrit sur l’immigration et l’islam au cours des quarante ans qui viennent de s’écouler en rappelant « les faits et les décisions », comme le mentionne la quatrième de couverture.

    Ce rappel se fait à travers de très nombreuses citations tirées d’archives. De ces auteurs nous ne savons rien, puisque la signature est celle d’un collectif anonyme. Mais on comprend, à la lecture, qu’ils se soient mis à plusieurs, compte tenu de la masse documentaire considérable qu’ils ont eu à travailler. 

    Histoire-de-l-islamisation-francaise-1979-2019.jpgLe titre du livre, Histoire de l’islamisation française – et non Histoire de l’islamisation de la France – insiste sur la fabrication française d’un renoncement à être et à persévérer dans son être d’une nation abandonnée par des élites qui s’appliquent à domestiquer des autochtones qui renâclent à l’adaptation qu’elles attendent d’eux.

    Ce livre est l’occasion de nous rappeler tout ce que nous avons eu tendance à oublier ou que nous n’avons tout simplement pas remarqué et qui, au fil des ans, fait système. Il raconte la lente élaboration d’une idéologie islamophile, portée par une bonne partie des élites intellectuelles et médiatiques dont le bréviaire de gauche est en train de changer en début de période et qui va avoir tendance, au fil des ans, à devenir hégémonique.

    Chacun des titres des 40 chapitres est un millésime (de 1979 à 2018), accompagné d’une citation qui en donne la tonalité. Le premier chapitre démarre ainsi sur la révolution iranienne de 1979, avec ces mots de Serge July dans Libération : « La joie fait son entrée à Téhéran ». Le dernier chapitre s’ouvre sur le lapsus du décodeur de France Culture, Nicolas Martin, lapsus qui révèle « son incompétence et ses préjugés inconscients » :

    « Si les immigrés font plus d’enfants, seront-ils plus nombreux ? »

    Ce livre est l’occasion de repérer les prémisses de ce que l’on entend aujourd’hui, de manière récurrente, sans y avoir toujours prêté attention alors. Qui se rappelle qu’en 1979, en réponse aux propos de Georges Marchais, Libération publiait une tribune de Fredj Stambouli de l’université de Tunis qui plaidait déjà pour une décolonisation des esprits des populations occidentales, afin de leur permettre « d’accepter et même d’encourager le droit légitime des Autres à rester ce qu’ils veulent être » ? Nous étions à la fin des années 1970 et, déjà, l’assimilation faisait figure de repoussoir. C’étaient déjà les autochtones qu’il fallait acclimater aux nouveaux venus.

    Déjà, dans les années 1980, les propos des musulmans dits « modérés » étaient reçus avec politesse, même s’ils disaient la même chose que ceux proférés par d’autres qualifiés d’islamistes. Dans Le Monde de mars 1989, Mohammed Arkoun, grand « modéré » s’il en est, pouvait ainsi accuser, sans soulever le moindre tollé « la raison des Lumières d’avoir substitué le dogme de sa souveraineté à celui de la raison théologique ». On ne lui répondit pas.

    « La raison des Lumières d’avoir substitué le dogme de sa souveraineté à celui de la raison théologique. »

    Vingt-cinq ans plus tard, le réflexe de l’inversion ou du mensonge par omission s’est si bien propagé que la presse rapporte parfois exactement l’inverse de ce qui est dit, tout en faisant silence sur les propos les plus gênants. C’est l’objet du chapitre 2014. Cette année là, le « modéré » Dalil Boubakeur, recteur de la mosquée de Paris et président du CFCM, présente à la presse une Convention citoyenne des musulmans de France pour le vivre-ensemble concoctée par le CFCM. Ça sonne bien à nos oreilles. Lors de la conférence de presse, Dalil Boubakeur se garde bien d’évoquer l’article 5 de la convention sur les tenues vestimentaires qui fait du voile une obligation islamique. Les rares médias qui évoquent cette convention trouvent motif à se réjouir, sans jamais parler de l’article 5. Ainsi, Le Monde  déclara que « ce message ne pouvait pas mieux tomber ». Il ajouta que « le texte s’attache aussi à lever les soupçons qui pèsent sur l’islam. “L’islam est parfaitement compatible avec les lois de la République” proclame-t-il […], le texte affirme que “les musulmans de France désirent se joindre au renouveau de la pensée religieuse sur l’islam” et “ajuster leurs pratiques” à la société française. » Jean-Louis Bianco aussi salua cette avancée. MédiapartLe Nouvel Observateur et la Ligue de l’enseignement ne furent pas en reste. La lettre ouverte de trois femmes du collectif « Femmes sans voile » d’Aubervilliers, parue dans Marianne et qui dénonçait le CFCM, n’aura aucun écho. Les féministes ne bougeront pas. Enhardi par cette méprise volontaire, Dalil Boubakeur récidive en juin 2017 lorsqu’il met en ligne, sur le site de la mosquée de Paris, des textes injurieux, méprisants et hostiles au christianisme et au judaïsme, textes qui reprennent en gros la doctrine islamique sur le sujet. Sans provoquer, là encore, la moindre réaction.

    Le cas Redeker

    XVMb988ecf6-6456-11e6-89ca-170f2a825fda.jpgHeureusement, le chapitre 2006 nous a déjà rappelé la veulerie dans laquelle se sont vautrés les contempteurs de Robert Redeker, menacé de mort et condamné à la clandestinité pour avoir écrit dans Le Figaro ce que d’autres avant lui avaient écrit sur l’islam. C’est vrai, c’est plus facile et moins risqué de se mettre du côté du plus fort. Olivier Roy y vit « un tissu d’imbécilités », Le Monde, « des vociférations ». Libération parla d’une « tribune satanique ». Et, n’écoutant que son courage, la responsable de la page « Débats » du Monde rassura les lecteurs du journal : Si la tribune avait été proposée au Monde, « nous ne l’aurions certainement pas publiée ». On retrouve donc les “Usual Suspects”, dont Le Nouvel Observateur qui a l’audace d’écrire que Robert Redecker n’est pas victime d’islamistes, de musulmans vindicatifs mais « de son orgueil de roseau pensant », mettant ainsi en doute sa compétence de philosophe. C’est la curée. S’y joignent Témoignage chrétien qui voit dans la tribune de Robert Redeker une injure islamophobe digne de l’extrême droite et Paris Match qui pousse au maximum le renversement moral en parlant de chronique haineuse d’un « simplet » qui cherche la notoriété et n’est pas digne d’être défendu au nom de la liberté d’expression.

    Les auteurs du livre y voient une inversion, dénoncée au fil des chapitres, qui place la violence du côté de celui qui en est victime. Olivier Roy gagne le pompon de la lâcheté lorsque, dans Libération, en septembre 2006, il accuse Robert Redeker de « chatouiller la fatwa », lequel ne devrait pas s’étonner de ce qui lui arrive. Pour Olivier Roy, qui remet ça dans Esprit, « Robert Redeker est raciste ».

    Et, si l’on veut bien remonter au chapitre 1989, on trouvera le même genre de veulerie intellectuelle lors de l’affaire Rushdie. Rappelons simplement ce que le grand Jacques Berque écrivait dans Le Figaro à l’époque. Il aurait préféré que Les versets sataniques ne soient pas diffusés en France et considérait que Salman Rushdie ne pouvait en aucun cas être pris pour un héros de la libre-pensée après avoir insulté si grossièrement le prophète de l’islam.

    Les caricatures danoises de 2005

    JFSCaric2.jpgSans oublier l’affaire des caricatures danoises publiées en 2005 qui donna l’occasion aux députés européens de montrer leur courage en adoptant une résolution dénonçant les abus de la liberté d’expression qui incitent « à la haine religieuse, au racisme et à la xénophobie » et exprimant leur « sympathie à l’égard de ceux qui se sont sentis offensés par les caricatures du prophète Mahomet ». Le Conseil des ministres de l’UE s’était fendu, rappelons-nous, d’un texte où il avait cru bon de préciser que « la liberté d’expression devait respecter les croyances et les convictions religieuse ». On a là un renversement de l’interprétation de l’incitation à la haine décrit par Flemming Rose, qui parle d’inversion de l’effet et de la cause dans son livre, jamais traduit en français, The Tyranny of Silence. Rappelons seulement la stupéfaction qui fut la sienne lorsqu’il fut accueilli le 10 décembre 2005 pour participer à un débat organisé par Amnesty International et l’Institut danois des droits de l’homme, lesquels avaient installé une bannière au titre orwellien « Victimes de la liberté d’expression » (http://www.micheletribalat.fr/439913052). Le livre illustre la progression de cette inversion et de l’activisme nécessaire pour, au moins, faire taire ceux qui seraient tentés par la lucidité.

    Jacques Chirac lui-même avait condamné les caricatures, ce qui avait rendu le CFCM audacieux au point de demander une loi interdisant le blasphème, demande relayée par Éric Raoult qui fut un temps ministre de l’intégration ! Cette affaire des caricatures a eu les conséquences que l’on sait et a renforcé la tyrannie du silence dénoncée par Flemming Rose, dont les effets désastreux sont parfaitement décrits au fil des pages de ce livre.

    Même sans loi écrite sur le blasphème, la liberté d’expression n’est plus qu’un lointain souvenir. Les poursuites en justice qui se sont multipliées ont un puissant pouvoir d’intimidation. Même lorsque les personnes poursuivies gagnent leur procès, l’intimidation dont elles ont fait l’objet tend à les rendre plus discrètes et plus prudentes et à dissuader celles qui seraient tentées de s’exprimer librement de le faire. Et, depuis Charlie Hebdo, la menace s’est concrétisée.

    La peur a abîmé la notion de respect et de tolérance. Salman Rushdie craignait par dessus tout que des gens bien puissent céder à la peur en appelant cela du respect. Jens-Martin Eriksen et Frederik Stjernfelt, deux chercheurs danois, parlent de « respect-mafia ».

    La peur a aussi démonétisé toute idée de subversion…

    Alors qu’on attendait des élites politiques, intellectuelles et médiatiques qu’elles défendent la liberté d’expression, elles se sont trop souvent illusionnées en croyant défendre les faibles et les déshérités. Elles ont ainsi pratiqué l’amalgame qu’elles dénoncent tant par ailleurs en prétendant défendre les musulmans qu’elles considèrent authentiques, sans grand discernement, tout en abandonnant les dissidents acquis aux valeurs libérales. L’assimilation des critiques et des moqueries de l’islam à du racisme a produit cet amalgame et favorisé l’infantilisation des musulmans.

    Ce livre permet de mesurer ce qui nous sépare aujourd’hui d’un temps pas si lointain où les connaisseurs de la question, tombés dans l’oubli pour ce qu’ils ont écrit sur l’islam (c’est le cas de Jacques Ellul), écrivaient ce qui leur vaudrait aujourd’hui un passage à la 17e chambre, sans parler des menaces de mort. Et les livres scolaires sont à la pointe du « progrès ».   

    Article paru sur le site de Michèle Tribalat, avec son aimable autorisation

    Source : ICI

  • Chiffres en vrac sur la France actuelle... Collectés par Péroncel-Hugoz [6/7]

    Par Péroncel-Hugoz

    images[3].jpgAu gré de ses lectures ou des émissions de radio-télévision qu'il a suivies, Péroncel-Hugoz a glané - c'est le mot - nombre de chiffres, significatifs de la France actuelle, classés en six catégories : Politique – Société – Civilisation – Religion – Économie - Aides sociales ou allocations. À quoi il a ajouté une Petite bibliothèque française. Cela fait sept parties - de longueur inégale. Sept jours aussi, une semaine sur lafautearousseau.  Publication de la série de lundi 25 à dimanche 31 mars. Pour servir à notre documentation, nos articles, nos commentaires, nos débats. À ne pas rater ! LFAR 

    2222227622.jpgAides sociales ou allocations

      L’Etat français a créé au fil du temps des dizaines d’aides sociales ou allocations (42 principales), autre record mondial détenu par la France. Voici quelques-unes de ces « aides » :

    Dispositif J’apprends à nager gratuit ; aide au permis de conduire ; allocation pour la diversité dans la fonction publique ; aide à la mobilité internationale ; aide aux vacances familiales (Vacaf) ; chèque-vacances, aide services à domicile (coiffure, pédicure, portage de repas, …) ; aide téléassistance ; exonération de la redevance télévision ; Pass culture pour les jeunes ; subventions pour la rénovation urbaine ; aide ponctuelle d’urgence ; aide personnalisée au logement (APL) ; aide personnelle à l’accession à la propriété ; exonération de la taxe d’habitation en fonction des revenus ; bourses sur critères sociaux (BCS) ; aide à la mobilité en master ; tarifs modulés des cantines scolaires ; exonération de taxe foncière (titulaires de les-aides-pour-les-familles-sont-les-plus-meconnues-selon-ce-sondage.jpgl’Aspa, allocation de solidarité aux personnes âgées, ou de l’Asi, allocation supplémentaire d’invalidité) ; tarif réduit du Vélib’ (jeunes, chômeurs, non imposables) ; tarifs modulés des colonies de vacances ; tarifs modulés des transports publics (gratuité pour les retraités à Paris sous conditions) ; tarif des musées en fonction de l’âge ; Prêt à taux zéro ; fonds de solidarité logement (FSL) ; Louer abordable (réduction d’impôts) ; Louez solidaire ; Paris logement familles ; Paris logement familles monoparentales ; Paris logement ; aides à l’amélioration de l’habitat pour les familles ; aide à l’installation dans un logement pour les étudiants (Aile) ; chèque énergie ; crédit d’impôts pour la transition énergétique (Cite) ; distribution d’ampoules gratuites ; subventions Habiter mieux (ANAH) ; aide pour le paiement des factures d’eau ; couverture maladie universelle (CMU) ; couverture maladie universelle complémentaire (CMU-C) ; aide pour une complémentaire santé (ACS) ; aide médicale de l’Etat (AME) ; gratuité de l’assurance maladie étudiante ; subventions à la MSA ; retraites minimum (Cnav, fonction publique…) ; bonification de la retraite en fonction du nombre d’enfants ; prise en charge des cotisations retraite en cas de chômage ; avantage retraite pour les mères de famille ; retraite anticipée « service actif » ; retraite anticipée pour carrière longue ; quotient familial (enfants) ; conjugalisation de l’impôt sur le revenu ; allocations familiales sous condition de ressources ; prime de naissance sous condition de ressources ; allocation journalière de présence parentale (AJPP) ; allocation de soutien familial (ASF) ; complément familial (3 enfants et plus) ; prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE) ; complément de libre choix du mode de garde (CMG) ; allocation de rentrée scolaire (ARS) ; prime de Noël ; allocation aux adultes handicapés (AAH) ; assurance vieillesse des parents au foyer (AVPF) ; aide à la garde d’enfants parents isolés (Agepi) ; bonus à l’achat d’une automobile ; parcours emploi compétences ; emplois francs, classes de CP à 12 élèves ; écoles de la deuxième chance ; réseaux d’éducation prioritaire (Rep et Rep+) ; revenu de solidarité active (RSA) ; RSA jeunes ; RSA jeune actif ; allocation personnalisée d’autonomie à domicile (Apa) ; aide sociale à l’hébergement rea_213782_035.jpg(ASH) ; aide à l’accueil chez des particuliers ; aides ménagères et auxiliaires de vie ; allocation compensatrice pour tierce personne (ACTP) ; prestation de compensation du handicap (PCH) ; accueil de jour ; exonération de charges sociales pour les bas salaires ; allocation supplémentaire d’invalidité (Asi) ; aides communales et régionales aux projets agricoles ; actions éducatives à domicile (AED) ; actions éducatives en milieu ouvert (AEMO) ; contrats d’insertion ; revenus de solidarité outre-mer (RSO) ; aide à l’acquisition ou au renouvellement d’équipement ménager (Caf) ; allocation de solidarité spécifique (ASS) ; carte SNCF Famille nombreuse ; billet congé annuel SNCF ; aide individuelle à l’achat de matériel (AIA) ; aide individuelle à la création (AIC) ; aide aux familles en cas de chute brutale des ressources ; aide à l’amélioration de l’habitat pour les familles ayant un ou plusieurs enfants handicapés ; la carte Enfant + ; aide à la mobilité Pôle emploi (frais de déplacement, repas, hébergement) ; aide à la mobilité pour les apprentis (repas, hébergement) etc.  [Suite et fin demain dimanche]  

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    Chiffres en vrac sur la France actuelle
  • Cinéma • Vice

    Par Guilhem de Tarlé     

    A l’affiche : Vice, un film américain (VOSTF) d’Adam McKay, avec Christian Bale et Amy Adams (Richard Bruce Chenay, alias Dick Chenay, et son épouse Lynne), Sam Rockwell (George W. Bush), Tyler Perry (Colin Powell), Bill Camp (Gerald Ford).

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    « Une  fiction passionnante qui met à l'honneur la Royale »

    Le vice, c'est le contraire de la vertu qui est l'aptitude à faire le bien (on notera au passage que le premier est masculin et le second féminin... ça devrait réjouir les féministes !).

    Quoiqu'il en soit, on en a suffisamment, ou en tout cas j'en ai suffisamment, pour ne pas aller voir ceux des autres au cinéma.

    C’est donc la bande annonce qui nous a attirés.

    Parce que vice, c'est aussi selon l’étymologie « ce qui prend la place ».

    vice-1_6151628.jpgConnaissez-vous le vice-président de George W. Bush ? Si oui, bravo... si non, c'est sans importance puisque le VP aux USA n'a, constitutionnellement et généralement, aucun rôle.
    Ce ne fut pas le cas de Dick Cheney qui négocia sa place.

    Américain,  j'aurais voté pour Bush en 2000 contre l'écolo Al gore...

    En 2004, aussi, sans doute, en raison de sa position très ferme contre l'avortement (tant qu'on « sanctifiera » cette violence-là, je ferai la guerre aux ennemis sans m’offusquer de leur violence – c’est l’enseignement de la paille et la poutre).

    Christian-Bale-gauche-incarne-Dick-Cheney-president-George-W-Bush_0_729_486.jpgMais Bush, c’est aussi, hélas, la fake news ou l’infox sur les « armes de destruction massive » de l’Irak et la dramatique intervention militaire américaine qui a eu le résultat que l’on connaît avec  l'Etat Islamique.

    Précisément Vice est un biopic de  Dick Cheney, manipulateur d'un Bush qui préside mais ne gouverne pas.

    L'Irak, ce serait Dick Cheney bien davantage que Bush...

    Bref, un film très intéressant, certes un peu compliqué avec un parti pris « démocrate », mais dans une mise en scène originale, qui mérite d'être vu... et certainement revu (en VF).L     

    PS : vous pouvez retrouver ce « commentaire » et plusieurs dizaines d’autres sur mon blog Je ciné mate.
  • Ephéméride du 30 mars

    3O mars 1930 : première élection de la reine d'Arles 

    1349 : Traité de Romans, par lequel Charles V acquiert le Dauphiné 

    30 mars,charles v,dauphiné,dauphin,vauban,louis xiv,saint simon,verlaine,bourse de paris,mistral,reine d'arles,vigee lebrunPour le Royaume de France, l'avancée territoriale, à l'est du Rhône, est très importante; elle est surtout le premier pas dans l'acquisition de la « frontière naturelle » du sud-est : les Alpes. Un processus qui demandera cependant cinq siècles et demi :

    en 1482, la Provence deviendra française (voir l'éphéméride du 15 janvier);

    en 1601, Henri IV réunira le Bugey, la Bresse et le pays de Gex, permettant ainsi à la France d'atteindre la rive nord du Léman (ou Lac de Genève) avec la possession de la ville de Versoix. Malheureusement, en guise de punition après les Cent Jours, Versoix et sept communes voisines nous furent enlevées et données au Canton de Genève, en 1815.

    enfin, en  1860, Nice et la Savoie deviendront françaises (voir l'éphéméride du 24 mars). Les deux communes de Tende et La Brigue, qui avaient voté pour le rattachement, furent laissées au roi d'Italie (comme domaine de chasse !...) et durent attendre une nouvelle consultation, en 1947, pour être, à leur tour rattachées à la France. Le Val d'Aoste avait été malencontreusement « oublié » par les plénipotentiaires de Napoléon III, et ne fut donc pas consulté : il y a fort à parier qu'il aurait voté dans le même sens.

    30 mars,charles v,dauphiné,dauphin,vauban,louis xiv,saint simon,verlaine,bourse de paris,mistral,reine d'arles,vigee lebrunUne des clauses du Traité de Romans stipule que le Prince héritier portera dorénavant le nom de Dauphin, le Dauphiné ayant à perpétuité le prestigieux honneur d'être l'apanage du fils aîné du roi de France, donc son héritier.

    Le blason évolue et indique le statut de fils de France par la juxtaposition des armes traditionnelles du Dauphiné de Viennois et des armes de France :

    Ecartelé de :
    1 et 4 - France moderne (d'azur à trois fleurs de lys d'or)
    2 et 3 - Dauphiné de Viennois (d'or au dauphin d'azur, crêté, barbé, loré, peautré et oreillé de gueules)
     
    30 mars,charles v,dauphiné,dauphin,vauban,louis xiv,saint simon,verlaine,bourse de paris,mistral,reine d'arles,vigee lebrun

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  • TRUMP ET BATTISTI, MÊME COMBAT ?

     

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    « S'étonnera-ton encore que le fil de la confiance se soit rompu ? »

    En un seul jour de la semaine qui s'achève, l'on aura appris tout à la fois les aveux de Cesare Battisti et le blanchiment de Donald Trump.  

    L'accusation de collusion de l'équipe de campagne de Donald Trump avec les Russes, comme on le sait, vient de faire long feu. L'enquête menée à la demande de la majorité démocrate du Congrès a déclaré l'accusation infondée ... Airs de victoire du côté de chez Trump. Confusion chez les démocrates. 

    bernard-henri-levy-marine-le-pen-est-dangereuse 22.jpgBattisti a avoué avoir menti sur les crimes qu'il a bel et bien commis et qu'il a niés avec la dernière énergie pendant près de 40 ans. Le monde officiel avait épousé sa thèse et sa cause. Selon son penchant habituel. Tout ce que la gauche avait de forts esprits et de belles âmes l'a soutenu si l'on peut dire perinde ac cadaver. De BHL - sur tous les fronts - â Guy Bedos. Le président Hollande l'avait visité dans sa prison. Battisti était une intouchable victime. En avouant ses crimes, comme l'écrit Gérard Leclerc*, il « a porté un coup terrible » au clan innombrable de ses soutiens. Mais qu'en a à faire Battisti ?  

    Sur Trump, avant et après élection, l'on a tout dit, tout prédit, tout parié, tout hasardé. A chaque étape de sa course à la présidence, à chaque stade de l'exercice de son mandat, l'on a misé  sur son échec. Auto-intoxication ? Formatage de l'opinion ? L'un et l'autre, bien-sûr. 

    Trump n'a pas commis de crime hormis celui de n'être pas politiquement correct. Ce péché ne lui sera pas remis. 

    000_1f2085_0.jpgBattisti a avoué ses crimes et ses soutiens n'en éprouveront ni honte ni regrets. Ils courront les conférences, les salons parisiens, les restaurants à conciliabules, les plateaux télé, ils y péroreront, comme si de rien n'était. Ils y dénigreront Trump et Poutine avec l'autorité qui leur échoit du fait de leur haute valeur morale. 

    S'étonnera-ton encore que le fil de la confiance se soit rompu, sans-doute pour longtemps, entre les Français et ceux qui les dirigent, les représentent, les informent ou ceux qui, le cas échéant, auraient à les juger ? Il faudrait un sacré changement, des hommes d'une trempe toute différente, et des institutions d’une autre nature, pour que ce fil de la confiance soit renoué.  lafautearousseau

    Gérard LeclercLes aveux de Cesare Battisti

     
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    En deux mots, réflexion sur l'actualité
  • Chiffres en vrac sur la France actuelle... Collectés par Péroncel-Hugoz [5/7]

    « L’industrie ne représente plus en France que 12,5% du produit intérieur brut »

    Par Péroncel-Hugoz

    images[3].jpgAu gré de ses lectures ou des émissions de radio-télévision qu'il a suivies, Péroncel-Hugoz a glané - c'est le mot - nombre de chiffres, significatifs de la France actuelle, classés en six catégories : Politique – Société – Civilisation – Religion – Économie - Aides sociales ou allocations. À quoi il a ajouté une Petite bibliothèque française. Cela fait sept parties - de longueur inégale. Sept jours aussi, une semaine sur lafautearousseau.  Publication de la série de lundi 25 à dimanche 31 mars. Pour servir à notre documentation, nos articles, nos commentaires, nos débats. À ne pas rater ! LFAR 

    2222227622.jpgÉconomie 

     La France, Hexagone et Outremer, représente 1% de la population mondiale, 4% de la production mondiale et elle distribue à sa population, étrangers « clandestins » compris, 15% de toutes les prestations sociales versées dans le monde, ce qui est de loin le record planétaire en la matière.

    • Selon le Fonds monétaire international (FMI), la France, en 2017, figurait à la 29ème place dans le monde pour le revenu per capita, après Qatar, Macao, le Luxembourg, Singapour, la Suisse etc.

    1920px-CR400AF-2003,_October_2017.jpg Avec 514 km/heure, le train français détient le record mondial de vitesse, avant la Chine (320 km/h). [Photo : Nouveau train Fuxing Hao, en gare de Pékin-Sud, en 2017].

    • La France est la 1ère destination touristique du monde : 90 millions de visiteurs en 2018.

     57% des foyers français ne paient pas d’impôts sur le revenu. 10% des foyers imposés assurent 70% des recettes procurées à l’Etat français par cet impôt ; la totalité dudit impôt représente moins de 80 milliards d’euros par an et ne vient qu’au troisième rang des recettes fiscales de l’Etat.

    654198-france-mineur-isole.jpg• Les « mineurs isolés » étrangers, dont le Tiers Monde s’est débarrassé en les envoyant chez nous, coûtent à la France au moins 2 milliards d’euros par an…

    • La dette publique française représente 3500 euros par tête de citoyen.

    • L’industrie ne représente plus en France que 12,5% du produit intérieur brut (18,5% en Allemagne, Autriche et Pays-Bas).

    • Après plus de 25 ans d’obéissance aveugle de Paris aux « directives » libre-échangistes de Bruxelles, l’industrie française ne représente plus que moins de 10% de notre emploi salarié total. C’est deux fois moins qu’en Allemagne où les intérêts nationaux passent toujours avant les engagements « mondialistes ».

    Evolution_empire.png• Les quelque 70 pays francophones, France en tête, représentent 20% des échanges commerciaux mondiaux.

    La France détient le record européen annuel de la fiscalité immobilière (72,7 milliards d’euros en 2018).

    • En contradiction avec son principe constitutionnel d’ « égalité », la France en 2019, compte pas moins de 42 régimes différents de retraite, soit autant que d’« aides sociales principales ».

    humanite.750.jpg• Parmi les quotidiens français les plus subventionnés par l’Etat figurent Libération, Le Monde, Le Figaro, La Croix et l’Humanité, lequel titre bat un record avec une dotation publique d’environ 4 millions d’euros par an pour un journal tirant à environ 30 000 exemplaires/jour. Le socialiste Jean Jaurès, fondateur de ce qui est le quotidien communiste national actuel, estimait qu’« un journal est libre à condition de rejeter les subventions »… Quant au quotidien communiste de Marseille, La Marseillaise, il reçoit pour sa part 700 000 euros par an. [A suivre, demain samedi 

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    Chiffres en vrac sur la France actuelle
  • Le dernier stratagème du régime algérien peut-il réussir?

    Le général Gaïd-Salah

    Par Bernard Lugan
    Historien et spécialiste de l’Afrique 

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    « La rue sera-t-elle dupe de la manœuvre ? »

    Paniqué par l’ampleur des manifestations populaires, et craignant de les voir évoluer vers un processus révolutionnaire incontrôlable, les vrais maîtres de l’Algérie viennent de tenter un coup de poker destiné à leur permettre de conserver la réalité du pouvoir. 

    En faisant jouer l’article 102 de la Constitution qui autorise à faire constater par le Conseil constitutionnel que le président Bouteflika se trouve dans l’impossibilité d’exercer ses fonctions, le régime algérien tente en effet de gagner plusieurs mois d’un précieux répit qui va lui permettre de contrôler l’organisation du futur scrutin présidentiel. Explications : 

    1. Faire constater l’incapacité du président Bouteflika permet de vider l’abcès en  donnant une satisfaction à bon compte à une grande partie des manifestants, tout en isolant les jusqu’au-boutistes qui veulent un changement de régime et la fin du système FLN. 

    2. Cette décision permet de replacer l’armée au centre du pouvoir, mais une armée qui joue la carte de la légalité et qui apparaît comme ressoudée, un voile ayant été mis sur ses profondes fractures. 

    3. Cette reconnaissance d’inaptitude  ne changera rien au fonctionnement du pouvoir puisque, quasi inconscient depuis plusieurs années, ce n’était plus Abdelaziz Bouteflika qui gouvernait. 

    4. Le parlement, sur proposition du  Conseil constitutionnel va  donc, à la majorité des 2/3, constater l’incapacité présidentielle et, comme le veut la Constitution, l’intérim va être assuré pour 45 jours par Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation. Puis, si au bout de ces 45 jours, l’incapacité présidentielle est confirmée, la vacance du pouvoir sera alors constatée et Abdelkader Bensalah aura 90 jours au maximum pour organiser une élection présidentielle. Donc au total, 45 jours plus 90 jours, un vrai ballon d’oxygène pour le régime alors-que le couperet du 28 avril devait marquer la fin de la présidence Bouteflika. 

    5. Comme Tayeb Belaiz, le président du Conseil constitutionnel, et Abdelkader Bensalah, le président du Conseil de la Nation, sont deux fidèles du clan Bouteflika, il est logique de penser qu’ils vont tout faire pour gérer la période qui s’ouvre au mieux des intérêts de ce dernier puisqu’ils en sont une composante. Ils vont être aidés en cela par l’appareil du FLN, notamment par Amar Saadani,  ancien secrétaire général du mouvement qui,  le dimanche 24 mars, a allumé la mèche du processus actuel en déclarant qu’Abdelaziz Bouteflika était le jouet du Premier ministre Ahmed Ouyahia…et que c’était ce dernier qui non seulement dirigeait l’Algérie, mais encore écrivait les lettres attribuées au président. 

    6. Un bouc-émissaire commode est donc trouvé et désigné à la foule, ce qui devrait permettre de sauver la tête de Saïd Bouteflika [Photo ci-dessous], des caciques du FLN, des oligarques et des généraux qui ont gouverné l’Algérie à leur profit, en s’appuyant sur l’ « alliance des coffres forts et des baïonnettes ». 

    La rue sera-t-elle dupe de la manœuvre ? Va-t-elle se laisser confisquer sa révolution ? L’avenir le dira… Une situation à suivre !  

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    Le blog officiel de Bernard Lugan  

    Quelques articles sur le sujet dans Lafautearousseau ... 

    Algérie : l’heure de vérité approche pour le clan Bouteflika
    Un ancien ministre algérien prédit l’effondrement de l’Algérie en 2019
    L'Algérie bientôt une urgence française ?
    Éric Zemmour : « Bouteflika, symbole du mal-être de l'Algérie »