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marxisme leninisme

  • Le processus de dé-révolution... ou : quand les hasards de l'actualité font bien les choses !

            Oui, comment rêver d'une meilleure illustration pour ce que nous venions de dire ? Nous en parlions, dans notre seconde session du Café actualité, et c'était le troisième thème choisi, vous vous en souvenez, pour la soirée du 27 : 3 : Avec Soljénitsyne : pour un processus de dé-révolution....

            Or, voici que, le lendemain même de ce Café, on pouvait lire dans la presse que l'Archipel du goulag entrait à l'école !...

            Le processus de dé-révolution en Russie se poursuit, donc. Il est rapide, et fort, là-bas, où, comme cela avait été prédit, la Russie a bu le communisme comme le buvard boit l'encre. Et c'est bien Molnar qui avait raison, avant tous les autres, lorsqu'il annonçait la fin prochaine du marxisme-léninisme : depuis longtemps, le système, là-bas, était une coquille vide...

            Ce processus de dé-révolution est plus lent, plus diffus, moins spectaculaire, ici, malgré nos impatiences. Il n'en demeure pas moins qu'il est à l'oeuvre, également, et d'une façon irrésistible. Et nous assistons bien - même si, encore une fois, c'est toujours trop lent à notre goût... - à un grand mouvement de ré-appropriation par les français de leur héritage, de leur Histoire, mais debarrassée des trucages, des falsifications et autres mensonges de la verité officielle (qu'on se souvienne du Mallet-Isaac !...). Un mouvement auquel contribuent ceux qui, tels François Furet hier, mais aussi Max Gallo, Jean-Christian Petitfils et tant d'autres ne cessent de remettre les choses à  l'endroit...

            "Sans la connaissance de ce qui est exposé ici, nous ne nous représenterons pas pleinement notre pays et nous ne pourrons pas penser à l'avenir" a déclaré Poutine, devant les caméras de télévison. Et en présence de Natalia Soljénitsyne, la veuve de l'écrivain, qui a établi la version réduite, pour les scolaires, de l'Archipel du Goulag

            Poutine a, évidemment, raison, et ce qui est vrai là-bas est - et sera... - évidemment, vrai ici aussi....

            Nous devons donc, tous, tout faire pour pousser à la roue, afin que ce mouvement de dé-révolution s'accélère, ici, et s'amplifie encore, jusqu'à devenir, lui aussi, et ici aussi, irrésistible.....

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  • Ces monarchies que l'on instaure.... (2/2) : le Tsar Loukachenko, et le tsarévitch de cinq ans, son petit-fils.....

     

    Le président Biélorusse et son fils Nikolay, Minsk, septembre 2008 

    Le président Biélorusse et son fils Nikolay, Minsk, septembre 2008.

    Depuis un an, le président Loukachenko s’affiche en public avec un petit garçon aujourd’hui âgé de 5 ans. Récemment, il a révélé qu’il s’agissait de son propre fils… et qu’il le préparait à sa succession.

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  • Ces monarchies que l'on instaure.... (1/2) : Kim Jong-il prépare l'arrivée du petit prince rouge...

                Eh, oui, on instaure des monarchies en ce début du XXIème siècle ! Et, qui plus est, parfois -ce qui est franchement cocasse... - dans des régimes communistes.

                Et pas des communistes décadents ou amollis, ou corrompus. Non, dans des régimes authentiquement marxistes-léninistes, chez des purs et durs.

                On avait été un peu sidéré par le népotisme des Castro, avec cette transmission par fratrie - pourrait-on dire - du pouvoir. Mais dans ces deux autres enfers sur terre que sont le pays de Loukachenko - la Biélorussie - ou celui de Kim Jong Il - la Corée du Nord - là on explose carrément tous les compteurs : là c'est, en effet, carrément la transmission directe du pouvoir, le retour à une hérédité qui devrait s'en faire étrangler plus d'un... mais passons.....

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    Kim Jong-il lors d'une visite non datée dans l'usine de fabrique de farine de maïs de Pyongyang.

    Le parti s'apprête à tenir un congrès extraordinaire qui doit mettre en scène l'arrivée aux commandes du troisième fils du dictateur. 

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  • Souvenons-nous de Molnar

     

    molnar,communisme,marxisme leninismeNous avons appris, tardivement, le décès de Thomas Molnar, survenu aux Etats-Unis, le 26 juillet. Nous avions, avec lui, beaucoup de liens, de souvenirs, et, surtout, une profonde amitié d'esprit.

    Nous publions, aujourd'hui, un excellent hommage de Michel Fromentoux, dans Action Française 2000. L'essentiel y est dit. Mais notre contribution propre consiste, ici, à donner à voir et à écouter une conférence de Molnar, tenue à Marseille, pour l'Union Royaliste Provençale, dans les années 80. Une de celles qu'il y donnait chaque année.

    Sa qualité technique n'est pas fameuse. Mais il existe, sans-doute, peu de documents vidéo de cette époque, permettant de retrouver vivante la personnalité, la parole même, la pensée, si attachante, l'extrême lucidité de Thomas Molnar. Nous en possédons une seconde. Nous la publierons, aussi, un jour prochain. La réflexion de Thomas Molnar, en effet, n'a pas fini de nourrir et d'enrichir la nôtre, encore aujourd'hui. C'est ainsi que notre communauté d'esprit et de tradition se prolonge, vivante, à travers les années et les situations ...  Lafautearousseau

     

     

    Thomas Molnar par Michel Fromentoux 

    Soulignant les contradictions dans lesquelles se perdent les faiseurs de systèmes, Thomas Molnar souffrait de voir les puissances intellectuelles et même religieuses trop absorbées par l’esprit de la modernité..

    Notre ami le philosophe Thomas Molnar a rendu son âme à Dieu le 20 juillet dernier à Richmond (Virginie). C’est avec tristesse que nous apprenons la nouvelle de l’extinction d’une des trop rares grandes voix qui s’efforcent de faire comprendre au monde dit moderne qu’il court à sa ruine. Nous nous souvenons des articles sévères mais jamais désespérés qu’il nous donnait régulièrement dans Aspects de la France puis L’Action Française hebdo dans les années 80-90, ainsi que des conférences passionnantes qu’il prononça à l’Institut d’Action française, à Paris. Jamais il ne refusa d’apporter son concours au combat que nous continuons de mener envers et contre tout.

    Au carrefour de l’Est et de l’Ouest

    Cet observateur attentif des idées et des mœurs était né à Budapest le 26 juin 1921, avait passé sa jeunesse en Transsylvanie, puis en Belgique, et avait dû s’exiler aux États-Unis où il enseigna dans plusieurs universités dont celle de Long Island et de Yale. Grand ami de la France dont il parlait impeccablement la langue, il avait épousé une Allemande, aimait passer ses vacances en Espagne, et participait à des colloques dans le monde entier. En 1969, il donna des cours à l’université de Transvaal, et devint en 1985 docteur de l’université de Mendoza en Argentine. Cet homme ouvert à l’universel était tout le contraire d’un mondialiste. En disciple brillant de Joseph de Maistre et de Charles Maurras, cet ami de Georges Bernanos savait quel trésor représentent pour l’humanité entière les apports enracinés profondément dans chaque nation historique. Dès qu’il put rentrer dans sa Hongrie natale libérée du joug du communisme, il accepta avec joie d’enseigner à l’université catholique de Budapest, tout en gardant sa chaire à l’université de Yale.

    C’est durant ces années qu’il se manifesta comme un combattant intrépide de la tradition catholique, dénonçant à chaque occasion l’esprit de la Révolution et ses conséquences dans la société et dans l’Église elle-même : on le lisait alors, outre L’Action Française, dans Itinéraires, Monde et Vie, Rivarol, plus tard dans Catholica… et ses articles aidaient à toucher du doigt les contradictions dans lesquelles se perdent, hors de tout fondement dans la tradition, les faiseurs de systèmes.  La liste de ses ouvrages publiés entre 1970 et 2000 est en elle-même tout un programme d’assainissement des esprits. En voici quelques uns : La Contre-Révolution (coll. 10/18), L’Animal politique (Table Ronde), Le Socialisme sans visage (PUF), Le Modèle défiguré - L’Amérique de Tocqueville à Carter (PUF), Le Dieu immanent - La grande tentation de la pensée allemande (Le Cèdre), L’Éclipse du sacré – Entretiens avec Alain de Benoist (Table Ronde), L’Europe entre parenthèses (Table Ronde), L’Américanologie, triomphe d’un modèle  planétaire ? (L’Âge d’homme), L’Hégémonie libérale (L’Âge d’homme), Du mal moderne : symptômes et antidotes ( Le Beffroi, Québec), Moi Symmaque suivi de L’Âme et la Machine (L’Âge d’Homme).

    Contre l’esprit de modernité

    Thomas Molnar avait vu s’établir et s’écrouler les grands totalitarismes, le national-socialisme et le communisme, qu’il avait courageusement combattus. Il ne souhaitait pas pour autant que vînt les  remplacer le libéralisme sur le modèle américain qu’il avait chaque jour l’occasion d’analyser. L’individualisme forcené ne libère pas l’homme, il limite son horizon à ses intérêts particuliers, affairistes et bassement matériels, et réduit le fondement de son être à l’égoïsme et au conflit, empêchant toute ouverture vers le surnaturel. Les fardeaux imposés jadis par des supérieurs, tirant leur légitimité d’au-dessus d’eux, ont été remplacés par de nouveaux fardeaux bien plus écrasants, ceux de l’argent, ceux de la masse, ceux des conformismes, ceux des systèmes idéologiques refermés sur eux-mêmes. Mais l’homme post-moderne commence à comprendre qu’il gît dans une prison, que ce monde désenchanté n’est pas le sien, il appelle cruellement de nouvelles réponses à ses angoisses, des discours sortant des sentiers battus du conservatisme ordinaire. En ce sens Molnar n’était ni de droite ni de gauche. Il souffrait de voir les puissances intellectuelles et même religieuses trop absorbées par l’esprit de la modernité et par les sirènes du nivellement universel, pour opérer cette révolution dans les esprits.

    Le marché des valeurs

    Il constatait  dans L’Hégémonie libérale que l’État, dans nos sociétés, n’est plus qu’un outil de gestion aux mains des lobbies, et que trop souvent l’Église se laisse réduire à un groupe de pression parmi d’autres qui propose son produit sur le marché mondial des valeurs. La société civile a commencé de tout envahir depuis la cassure de la chrétienté au XVIe siècle et elle impose à l’ère industrielle ses valeurs fondées sur les exigences de la mécanique comme le fondement d’une nouvelle morale, utilitaire et sans issue. Il importe donc de restaurer le politique et le sacré, l’État et l’Église, pour que la société puisse respirer dans l’ordre, dans le respect des hiérarchies, dans la soumission à l’ordre créé par Dieu.

    C’est, disait-il, « l’objectif de la réflexion sur les grandes institutions archétypales, mais ce n’est pas là œuvre purement humaine ». L’homme a trop longtemps oublié « sa condition de créature ». Tel est le message que laisse Thomas Molnar à tous ceux qui ont à cœur l’avenir de la civilisation. Nous ne devons pas l’oublier.  

    Action Française 2000 du 2 septembre 20

  • A propos de Jules Monnerot...

                Nous formons le projet -en cours de réalisation...- de présenter un resumé de L'avenir de l'Intelligence, accompagné des notes et commentaires de Pierre Boutang et de Jules Monnerot.

                Ceci nous amène -puisque nous ne l'avons encore jamais fait dans ce blog...- à parler un peu de Jules Monnerot, à le présenter à celles et ceux qui ne le connaissent pas, en leur donnant quelques pistes et indications utiles......

                Voici d'abord comment Pierre Boutang en parle, de Jules Monnerot, et de son Charles Maurras et l'Avenir de l'Intelligence  (Liberté de l'Esprit, décembre 1952 - Repris dans Inquisitions). Cela se trouve dans Maurras, la destinée et l'oeuvre (Plon), à la page 287; quand Boutang, parlant de ce grand petit livre de Charles Maurras, écrit que, le lire, c'est « Aller à l’essentiel, et contre l’apparence au plus actuel ».

                Boutang consacre en effet 30 pages de son monumental Maurras... à un commentaire de l'Avenir de l'Intelligence: il s’agit des pages 287 à 313, Livre V, Critique du Romantisme. Et, là, il situe bien l'importance de Jules Monnerot:

                "..... Au lendemain de la mort de Maurras, Jules Monnerot, le meilleur et le plus haineusement méconnu de nos sociologues, choisit de lui rendre hommage en relisant, pour la revue gaulliste Liberté de l’Esprit, l’Avenir de l’Intelligence. C’était aller à l’essentiel, et contre l’apparence au plus actuel. Il résuma quelques uns des vingt-six brefs chapitres que couronne, vingt-septième, le mythe de l’alliance nécessaire, et même possible, entre l’Intelligence et le Sang : il conclut que l’état de fait ainsi décrit – une barbarie croissante et un état des « Lettres » combiné avec la plus illusoire des royautés – échappait à toute contestation, et que l’immense et terrible prévision rationnelle, qui en prolongeait le constat, avait été vérifié en réalité. En marquant des différences sur les conséquences pratiques qui découlaient de l’analyse, il avançait que l’Avenir de l’Intelligence est un de ces livres qu’il conviendrait de refaire tous les cinquante ans, comme le Discours de la Méthode ou L’Introduction à la médecine expérimentale……"

                L'ayant nous-même longtemps cherché, il nous a paru utile de signaler que Sociologie du Communisme, de Jules Monnerot, pouvait être commandé aux Éditions du Trident....

                Voici maintenant un lien qui permet de découvrir Jules Monnerot, et une très rapide présentation de Sociologie du Communisme.....

     

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  • GRANDS TEXTES XIX : De l'égalitarisme au Goulag, par Chateaubriand.

                Ou: Quand Chateaubriand -et Lamennais- démontent, dès 1840, le mécanisme qui mène logiquement et nécessairement de l'idéologie égalitaire à l'Etat totalitaire.

                Un siècle avant Staline, vingt ans avant Le Capital, et Le Manifeste du Parti communiste n'étant pas encore publié, ces lignes sur l'égalité -ou plutôt l'idéologie égalitaire, l'égalitarisme- ne sont-elles pas prémonitoires ?

                N'y voit-on pas une description saisissante de ce que sera, précisément, le marxisme-léninisme, instituant le Goulag par la dictature du prolétariat ? Et n'y voit-on pas apparaître, en filigrane, Soljénitsyne qui se dressera contre ce Goulag, et Jean-Paul II, avec son libérateur "N'ayez pas peur !"

                Et n'y défend-on pas ces inégalités naturelles auxquelles il suffira à Maurras -qui emploiera le mot au singulier- d'accoler l'épithète "protectrice" ?

                Dans cette prémonition manifestée ici par Chateaubriand et Lamennais, dans ce démontage clinique du mécanisme de l'oppression, on est au coeur des drames et des monstruosités du XXème siècle. Et "d'une servitude à laquelle l'histoire, si haut qu'on remonte dans le passé, n'offre rien de comparable".....

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