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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 1523

  • Crise des migrants : « L'espace Schengen n'existe plus »

     

    Pour le Figaro, une analyse de Gérard-François Dumont, président de la revue Population & Avenir.

    Une analyse qui, par delà un avis autorisé sur le phénomène migratoire en cours, ne manque pas de mette en cause les options géopolitiques des nations européennes ou dites occidentales au cours des dernières années. LFAR

     

    LE FIGARO - Face à l'arrivée ininterrompue de migrants par train, l'Allemagne a décidé de suspendre le trafic ferroviaire en provenance de l'Autriche, et de renforcer les contrôles aux frontières. La République tchèque a annoncé un renforcement similaire de ses frontières avec l'Autriche. Comment interprétez-vous ces décisions ?

    Gérard-François DUMONT - Les événements qui se déroulent correspondent à l'une des dix lois de géopolitique des populations que j'ai désigné « loi du nombre »*: lorsque le nombre de demandeurs d'asile n'était pas fort différent des années précédentes, les procédures prévues se mettaient en œuvre sans difficulté majeure. Lorsque la pression du nombre devient considérable, la nature du phénomène change de nature et la situation devient difficilement gérable, même pour un pays comme l'Allemagne qui a exprimé la volonté initiale de recevoir de nombreux demandeurs d'asile et d'en financer les conséquences.

    Quand l'Allemagne a décidé fin août de suspendre les accords de Dublin (aux termes desquels toute demande d'asile doit être faite dans le premier pays européen où la personne pose le pied) uniquement pour les personnes en provenance de Syrie, aucun autre pays européen, pas même la France, n'a suivi. L'Allemagne s'est donc retrouvée seule et l'est encore à ce jour. Comme les autres pays européens ne sont pas inscrits dans son sillage, l'appel d'air sur l'Allemagne, plus particulièrement sur les Länder les plus proches de l'Autriche et donc de la Hongrie, c'est-à-dire des pays où débouchent la route des Balkans, s'en trouve considérablement accru.

    On peut se demander si l'Allemagne n'a pas confondu des modalités de gestion fédérale avec celle de l'Union européenne. Après la fin du rideau de fer en 1989, l'Allemagne a accueilli des centaines de milliers de «rapatriés tardifs» (Spätaussiedler), c'est-à-dire de personnes considérées de souche allemande au titre de la Loi fondamentale de 1949, mais vivant auparavant en URSS. Berlin a organisé une répartition démographique entre les Länder. En 2015, a-t-elle pensé mettre en œuvre le même procédé entre les États de l'Union européenne qui n'est pourtant pas une fédération ?

    Alors qu'une réunion d'urgence des ministres de l'Intérieur et de la Justice européens doit se tenir ce lundi à Bruxelles, l'Allemagne cherche-t-elle à exercer une forme de pression sur ses voisins qui, comme la Pologne, la Slovaquie ou la République tchèque, ne veulent pas appliquer le système des quotas ?

    Cette décision n'est pas le fait du hasard dans la mesure où elle aurait pu aussi être prise quelques jours auparavant, puisque la montée de la pression migratoire était prévisible. Mais l'Allemagne se trouve surtout prise par l'urgence, en difficulté de faire face à cette loi du nombre, comme l'a exposé le maire de Munich le 13 septembre.

    Que peut-on attendre de la réunion d'urgence à Bruxelles ?

    Trois scénarios sont possibles. Soit des déclarations d'intention pour donner l'impression qu'une solution est apportée à la crise des migrants, avec une répartition affichée des migrants, dont la mise en œuvre risque d'être aléatoire, car tout probablement contournée par certains gouvernements ou par les migrants eux-mêmes qui souhaitent se diriger là où ils peuvent disposer d'un meilleur réseau ou de meilleures chances d'accueil et de revenus. Soit des annonces signifiant que l'on partage l'émotion ressentie depuis la diffusion de la photo de ce pauvre garçon syrien mais qui, en réalité, renvoient à une prochaine réunion. Troisième scénario, l'échec: il acterait que les voies suivies par les autorités de Bruxelles depuis des mois sont inadaptées, soit ne rien dire aux pays membres qui ne respectent pas les modalités des accords de Schengen, vouloir répartir les humains comme des marchandises, et ne pas s'attaquer aux causes des exodes et des mouvements migratoires.

    Faudrait-il alors un « Schengen 2 », comme l'évoquait Nicolas Sarkozy au Touquet ce week-end ?

    Dans les faits, tous les événements qui se sont déroulés ces derniers mois aux frontières internes comme aux frontières extérieures de l'espace Schengen, montrent que le « Schengen 1 » ne fonctionne plus. Nous sommes déjà dans un « Schengen 2 », mais avec les règles nullement définies, d'où des décisions divergentes des États de l'Union européenne ou de membres de l'espace Schengen non membres de l'Union européenne, comme la Suisse.

    Comment voyez-vous les semaines et les mois à venir?

    Cela fait longtemps que j'ai annoncé la montée en flèche des migrations en Europe, dans la mesure où elles sont notamment le résultat direct d'événements géopolitiques se déroulant depuis 2011 et du manque d'anticipation des pays européens, notamment dans la zone syrienne et la zone libyenne, où aucune solution politique ne se dessine. La guerre civile syrienne est très particulière, non seulement du fait de la présence de l'État islamique, mais en raison de la pluralité des groupes militaires qui s'opposent. L'exode ne semble pas devoir s'arrêter, d'autant qu'il s'est trouvé amplifié par l'absence de réaction face à l'offensive de l'État islamique sur Palmyre. En outre, parmi les premiers pays d'asile, la Turquie d'Erdogan ne fait guère - c'est un euphémisme - pour faciliter une solution politique et ne décourage en rien le départ des Syriens vers d'autres destinations, comme si elle voulait contribuer à gêner, voire à déstabiliser l'Union européenne. 

    Gérard-François DUMONT, professeur à la Sorbonne et président de la revue Population & Avenir. 

    *Démographie politique. Les lois de la géopolitique des populations, Paris, Ellipses.

  • L'Image du jour ... Non Angela n'est pas infaillible ... Et n'est pas le génial dirigeant que l'on croit !

  • Lignes de partage

     

    par Louis-Joseph Delanglade

     

    On pouvait sen douter, la « fête de lHuma » a été loccasion pour certains (communistes, écologistes, gauchistes, etc.) de ranimer la flamme, purement électoraliste, dune gauche extrême, cest-à-dire marxiste - à lexemple de l’étranger (Grèce, Espagne, bientôt Grande-Bretagne). Cette tendance lourde de la vie politique française risque fort cependant, dans lactuel contexte sociologique de « droitisation des esprits », de se ramener à une sorte d’épiphénomène. Mais son argumentation reste recevable : le clivage droite-gauche « classiques », toujours opératoire sur le plan du fonctionnement des institutions, semble avoir vécu sur le plan idéologique, comme le montre linsignifiance de ce qui sépare les deux « partis de gouvernement » (les socialistes et les « républicains »).

     

    Plus atypiques sont ces récentes manifestations de convergence transversale, directes ou indirectes, entre certains acteurs de la vie politique qui ont comme point commun une méfiance certaine, voire une hostilité déclarée, à l’égard de leuro-mondialisme : MM. Sapir, Mélenchon, Chevènement, Dupont-Aignansans oublier Mme Le Pen. Ainsi, M. Sapir, économiste issu de lextrême-gauche et farouche contempteur de la monnaie unique en appelle, contre celle-ci, à une sorte daxe qui, de gauche àdroite - et jusquau F.N. - permettrait de « marcher séparément, mais frapper ensemble ». Plus politique, M. Chevènement assiste à luniversité d’été de « Debout la France », après avoir souhaité explicitement « un dialogue de Mélenchon à Dupont-Aignan ». M. Mélenchon, justement (paradoxe pour quelquun qui a participé à la fête communiste ?), ne cesse de répéter (France 5, « C Politique », dimanche 6 septembre) : « je choisis la France ».

     

    On eût aimé que MM. Valls et Hollande reprissent à leur compte lanaphore mélanchonienne. Mais le calendrier confirme qu’à propos des « réfugiés » ils se sont couchés (sans aucun doute volontiers) devant les exhortations, les injonctions et les menaces des « autorités » du Vieux Continent : du pape François (demandant à « chaque paroisse » daccueillir « une famille ») au président de la Commission européenne (exigeant - « Ceci doit être fait de façon obligatoire »- que lEurope reçoive immédiatement cent soixante mille personnes) en passant par Mme Merkel (imposant lintérêt allemand par un nouveau diktat). En fait, Paris na rien décidé, Paris est tout ce quon veut (papiste, euro-mondialiste, allemand) sauf français. Paris a, dans cette affaire, abdiqué sa souveraineté.

     

    On peut être sceptique sur l’émergence dun « front souverainiste », lequel pourrait bien se réduire, au mieux, à des rapprochements politiciens tactiques purement ponctuels. On peut malgré tout considérer que, sur le plan de la pensée politique, une nouvelle ligne de partage, motivée par lessentiel, passe de façon de plus en plus évidente par le critère souverainiste - et son corollaire, un nécessaire Etat jamais trop fort dans ses prérogatives régaliennes. 

     

  • Éric Zemmour à propos des « migrants » : « Nos gouvernements mettent en scène leur inutilité »

     

    Pour sa rentrée sur RTL, Éric Zemmour constate que « migrants » aura été le mot de l'été : « migrants à Calais, migrants à Kos, migrants en Macédoine, migrants à Vintimille, migrants en Hongrie »... Un mot qui s'est imposé « parce qu'on ne pouvait pas dire immigrés, puisqu'ils n'étaient pas invités ». On ne voulait pas dire clandestins, « pour ne pas les diaboliser ». Ce terme a été choisi « pour imposer l'idée à une population rétive que ce phénomène est inévitable, inéluctable, irrésistible et irrépressible ».

    Ainsi, il faut accepter comme le temps qu'il fait ce phénomène aussi vieux que l'humanité. Il serait inutile de se révolter, « à moins d'être un populiste stupide ». Ainsi, « nos gouvernements, pris dans l'étau entre les élites qui en appellent à l'âme de l'Europe, et les classes populaires, qui ont l'angoissante impression d'être envahies, mettent en scène leur inutilité ».

    Conclusion : « Les discours officiels sont faussement raisonnables et faussement compatissants. » 

     
     
     
  • Immigration : Stop ou encore ?

     

    Cet avis, signé coordination du pays réel, circule sur la toile. Annonçant une réunion publique et appelant à une manifestation au mois de novembre. La question posée est d'importance. Le sujet concerne l'avenir de la France et de l'Europe. Si la chose est sérieuse, nous y reviendrons.  LFAR 

  • Les Lundis de Louis-Joseph Delanglade

    2930543338.jpgLes Lundis de Louis-Joseph Delanglade ont repris depuis le 7 septembre.

    Ce sont des réflexions - hebdomadaires (hors vacances) - sur l'actualité politique (politique intérieure et politique étrangère généralement alternées) qui synthétisent ou définissent les positions - la ligne politique - de Lafautearousseau.

    C'est pourquoi ces chroniques sont regroupées depuis l'origine (20.11.2012) et toutes consultables dans une annexe de LafautearousseauLes lundis de Louis-Joseph Delangladeen permanence à votre disposition.  Vous pouvez donc consulter l'ensemble des chroniques déjà parues, en cliquant sur l'icône les lundis de Louis-Joseph Delanglade. (Page d'accueil, colonne de droite)

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Famille de France • A propos du DVD par Stéphane Bern du mariage du Duc et de la Duchesse de Vendôme

     
    Six ans après le mariage du Duc et de la Duchesse de Vendôme et après la naissance du prince Gaston, de la princesse Antoinette et de la princesse Louise-Marguerite, Stéphane Bern vient de réaliser un DVD consacré au mariage des princes qui ouvre un nouveau chapitre de l’Histoire de la famille de France.

    Sur la jaquette du DVD Stéphane Bern note à l’attention du public « Des essayages de la robe de mariée en faille de soie ivoire créée par Christian Lacroix aux fiévreux préparatifs des noces, du mariage civil à la mairie du VIIéme arrondissement de Paris à la cérémonie religieuse dans la cathédrale de Senlis, et du vin d’honneur dans les jardins du château d’Hugues Capet à Senlis au déjeuner sur la pelouse devant le château de Chantilly, ce film vous propose de revoir enfin les grands moments de ce mariage princier émaillé des interviews du couple et des principaux protagonistes. Plus qu’un album souvenir, c’est une page d’Histoire de France. » (Source N&R / Photo : Newscom) 

    Ce DVD est vendu auprès de : Gotha Conseil – 15, rue Taitbout – 75009 Paris ou encore auprès de l’association du Prince « Gens de France, 2 square d’Aumale, 28100 Dreux », au prix de 19,90 euro. 

     
    La jaquette du DVD, le récit de Stéphane Bern
    (Cliquez sur les images pour les agrandir)
     

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    Lafautearousseau a abondamment évoqué le mariage du prince Jean et de la princesse Philomena dans ses publications des environs d'avril et mai 2009. Nous en avons gardé, ici, un grand et très heureux souvenir.

    On pourra se reporter si on le souhaite à ces publications en cliquant sur notre catégorie "Famille de France, Prince Jean" (la première des catégories, colonne de droite) puis en se déplaçant jusqu'à la période du mariage des Princes (avril, mai, juin ... 2009). Vous pourrez remonter jusqu'à l'annonce de leurs fiançailles en cliquant ici  

    Sources : Site officiel Prince Jean de France & La Couronne

     

  • Education • Jean-François Chemain : » On produit des citoyens frustrés »

     

    par Jean-Baptiste d'Albaret

    A l’heure de la rentrée des classes, Politique magazine a rencontré Jean-François Chemain, un professeur pas comme les autres. Ancien cadre dirigeant d’un grand groupe industriel français, il décidait, en 2006, de se consacrer à l’enseignement dans un collège de ZEP de la banlieue lyonnaise. Rencontre avec un homme qui porte un regard aimant mais lucide sur notre système éducatif.

    Chemain-600x417.jpgPourquoi avez-vous choisi d’enseigner l’histoire dans des quartiers réputés difficiles ?

    C’était sans doute ma vocation. J’ai fait mon collège en banlieue lyonnaise, à Villeurbanne, où, dans les années 70, il y avait déjà une forte immigration maghrébine et cela m’a marqué. Or l’intégration des enfants d’immigrés est aujourd’hui en panne et laisse le terrain à un communautarisme où le mépris le dispute au ressentiment. Situation préoccupante, surtout quand ce communautarisme prend la forme du radicalisme le plus violent. Comment certains de ces jeunes débordant de vie en viennent-ils à avoir des pulsions de mort ? Je crois que l’éducation nationale a un rôle à jouer dans la réussite de l’intégration.

    Comment ?

    Comme le disait Simone Weil : « Il faut donner à la jeunesse quelque chose à aimer et ce quelque chose c’est la France »… Croyez-moi, ces jeunes n’attendent que ça. J’obtiens d’excellents résultats en évoquant Jeanne d’Arc ou Napoléon, fortement minimisés dans les programmes. A l’évocation du dernier carré de la garde à Waterloo, les yeux brillent de fierté. Donnons-leur de bonnes raisons d’aimer notre pays ! Même si dans leur famille ou leur pays d’origine ils entendent toutes sortes de clichés négatifs sur notre histoire – mais la faute à qui ? –, il n’en demeure pas moins que leurs parents ont, à un moment donné, choisi la France. C’est de cette histoire qu’ils attendent qu’on leur parle. Malheureusement, ce n’est pas le projet de ceux qui, au contraire, s’appliquent à déconstruire le roman national en imposant par les programmes un regard critique et distancié sur la France car il faudrait faire accéder notre jeunesse à une conscience supérieure, cosmopolite et mondialisée. Mais la mère de toutes les violences, c’est précisément celle qu’on lui inflige en refusant d’étancher sa soif d’aimer et de connaître. Dans ces quartiers, on risque de produire des citoyens frustrés.

    Ou, à défaut d’aimer la France et de se sentir français, on se revendique musulman…

    En banlieue, beaucoup se définissent en effet par rapport à l’islam. Il y a les convictions mais il y a aussi un fait sociologique : la grande majorité étant de confession musulmane, l’islam est une culture populaire qui homogénéise et structure l’environnement. C’est très net au moment du ramadan quand ceux qui ne le font pas sont regardés de travers. C’est que cette majorité religieuse n’imagine sincèrement pas que l’on puisse ne pas croire en Dieu ni même que l’on puisse venir d’une autre culture. Aussi faut-il montrer des signes d’appartenance. D’où de nombreux européens « de souche » qui se disent musulmans.

    On parle de plus en plus de laïcité à l’école. Ce discours a-t-il prise sur ces jeunes ?

    L’école s’est donné pour but d’éduquer les enfants afin d’en faire de bons petits républicains… Mais ce n’est pas avec des programmes édulcorés qu’on va leur donner le goût de notre pays. De même, quelques heures de morale laïque ne suffiront pas à faire d’une population très ancrée dans son identité culturelle et religieuse d’origine, un peuple unifié autour des « valeurs » promue par l’Education nationale. L’ambition est démesurée ! Certains tombent des nues en découvrant que certaines familles n’ont de cesse de déconstruire ce que leur enfant apprend à l’école. Dans les quartiers populaires, tel Sisyphe, le professeur doit recommencer le lendemain ce qu’il croyait acquis la veille.

    Vous dites que le discours sur la laïcité est inadapté auprès de la jeunesse des quartiers populaires ?

    Oui, car il est complètement à côté de la plaque. Dans un de mes livres (Une autre histoire de la laïcité, NDLR), je démontre que la laïcité, ce n’est pas le combat de l’état pour se libérer de la tutelle de l’église mais exactement l’inverse. Ce combat n’a pas 200 ans mais 2000 ans. Si nous sommes effectivement dans un pays laïc, c’est d’abord parce que ce pays est chrétien, et particulièrement catholique. La laïcité n’est donc pas neutre. D’ailleurs les principes dits « républicains » qu’elle veut imposer sont très largement issus du message évangélique : partage des richesses, accueil des étrangers, reconnaissance et expiation de ses fautes… Sauf que la gauche qui s’en réclame veut les appliquer sans référence à Dieu et les rendre obligatoires sous peine de sanctions pénales ! C’est ce que j’appelle une forme d’augustinisme politique… Pour résumer, contrairement à ce qu’on dit, la laïcité n’est pas une logique de neutralité religieuse mais un principe chrétien. On ne la fera pas accepter tant qu’on ne l’aura pas définie avec précision et vérité.

    Quelles sont, selon vous, les autres tares de l’éducation nationale aujourd’hui ?

    La toute-puissance de l’idéologie en son sein est un véritable drame. Un exemple. Au nom de l’égalité, on a supprimé partout les classes bilangues qui drainaient beaucoup de bons élèves. De mêmes origines sociales et religieuses que les autres, ces élèves « d’élite », mis dans une ambiance de travail et d’excellence, réussissaient souvent brillement leurs études et leur vie professionnelle. Demain, ces jeunes « bons » à l’école et motivés par les études se retrouveront dans des classes dissipées où ils seront aspirés vers le bas. Par idéologie égalitariste, on prive ainsi une part non négligeable de la jeunesse des banlieues de la possibilité de faire de bonnes études !
    Le collège unique est un autre fléau. Certains jeunes ont de l’or dans les mains mais sont obligés de rester au collège jusqu’à l’âge de 16 ans pour étudier des matières qui ne les intéressent pas. Naturellement, ces gamins décrochent et rentrent dans un cercle vicieux de chahut et d’indiscipline. Ils sortent finalement du système scolaire avec un total sentiment de dévalorisation mais aussi d’impunité qui en conduira certains à faire bien autre chose qu’un travail manuel. Concrètement, le collège unique, c’est ça. Mais nous avons affaire à des idéologues. Et le propre des idéologues, c’est de s’entêter à marcher tout droit, même quand le chemin emprunté mène manifestement à l’impasse. 

    Jean-François Chemain a publié plusieurs livres, tous chez Via Romana : La vocation chrétienne de la France (2010), Kiffe la France (2011 et 2015 en version poche), Une autre histoire de la laïcité (2013), L’argent des autres, histoire de la caution à Rome (2015).

      - Politique magazine

     

  • CINEMA • Erick Dick : « La Vendée a lutté contre l’agression culturelle »

     

    par Raphaël de Gislain

    Auteur d’un documentaire en forme de voyage sur les traces du chef vendéen le plus emblématique, le réalisateur Eric Dick remet Charette à l’honneur. Alors que son film vient de sortir, Politique magazine l’a rencontré.

    Pourquoi cet intérêt pour les guerres de Vendée ?

    Avant tout, je suis vendéen et l’histoire des guerres de la Vendée militaire fait partie de mon identité, de ma culture ; elle est toujours présente pour les habitants de la région et nous la portons en nous. Cette histoire revêt un caractère universel ; les Vendéens ont souffert ; ils ont été exterminés par cette nouvelle république parce qu’ils croyaient en Dieu, en leur roi et qu’ils ont refusé de mettre de côté leurs convictions. Ils en sont sortis grandis.

    Par quel prisme racontez-vous l’histoire de ce peuple ?

    La première chose qui m’importait était de donner la parole aux Vendéens. Les rares documentaires qui existent sur le sujet donnent un point de vue assez parisien des évènements, souvent centré sur Robespierre. A l’opposé, j’ai tenu à ce que cette période tragique, de 1793 à 96, soit rapportée par des gens du terroir et du peuple. C’est leur sentiment qui m’a intéressé, et l’aspect légendaire autant que la vérité historique. L’autre point était de m’attacher à un héros ; en l’occurrence Charette. Il demeure le plus emblématique. Il a rassemblé les maraîchins, avec le panache d’un guerrier qui aimait faire la fête. Mille fois il aurait pu avoir les honneurs, partir en Angleterre ou encore virer sa veste, mais il est resté fidèle à sa foi en la monarchie, quitte à se retrouver seul.

    Vous ralliez-vous à la thèse du génocide ?

    Je pense qu’il y a eu beaucoup d’exagération de la part des militaires et qu’on a fait en sorte que le peuple vendéen soit très affaibli. Y-a-t-il eu des ordres qui venaient d’en haut pour exterminer méthodiquement une population ou les exactions furent-elles le fait de généraux zélés des colonnes infernales ? Mon rôle, en tant que réalisateur, n’est pas de trancher. Avec ce film, j’espère surtout délier les langues. Il semble qu’aujourd’hui l’heure de la « victoire des vaincus » ait sonné et que d’aucuns demandent des comptes…

    En quoi serait-ce une histoire d’actualité ?

    Voilà un peuple qui a osé se dresser et se battre contre ce qui représentait à ses yeux une invasion, craignant de voir ses croyances anéanties. Ce soulèvement contre un envahisseur peut se transposer aisément à notre époque, où l’islamisation est ressentie de plus en plus comme une agression culturelle. Je pense qu’à terme, les mêmes causes conduiront aux mêmes effets…

    Comment peut-on voir votre film ?

    Aucun producteur n’ayant voulu participer, j’ai eu recours à des financements propres… Il est donc important que les gens puissent le voir. Le film va être distribué au cinéma dans plus de 80 salles, à Paris comme en province. Il sera ensuite décliné en séries télévisées dans le courant de l’année 2016 et disponible en VOD. 

    C’était une fois dans l’Ouest, d’Eric Dick, Zedig distribution, 120 min. En salles. Toutes les informations sur le site : www.cetaitunefoisdanslouest.a3w.fr/ 

     

     

  • JEUNESSE • Le camp Maxime Real del Sarte 2015

     

    Par la plume de Charles Horace, les jeunes participants à ce camp en ont donné le compte-rendu qui suit. 

    Du 16 au 23 août derniers s’est déroulée l’édition 2015 du camp Maxime Real del Sarte. Pendant cette semaine intense se sont succédé conférences magistrales, cercles d’études, ateliers pratiques et séances de sport. En conformité avec l’esprit et la doctrine d’Action française, l’accent a été mis sur la formation des militants. Fidèle au mot d’ordre « Politique d’abord ! », elle fut premièrement doctrinale, puisqu’« il n’y a aucune possibilité de restauration de la chose publique sans doctrine » (Charles Maurras). 

    Au cours de plusieurs cercles quotidiens, les jeunes militants, armés de leur livret de camp, ont pu s’initier aux grands thèmes de la doctrine d’Action française (nationalisme intégral, empirisme organisateur, politique naturelle). Doctrine qui, bien entendu, ne pouvait aller sans une initiation aux grands thèmes éclairant l’actualité. Les thèmes abordées furent variés : de la question de l’enseignement (école, syndicalisme étudiant) à celle de la nature de l’homme et de sa place dans le monde (anthropologie maurrassienne, transhumanisme), en passant par des réflexions institutionnelles (démocratie, Union européenne, monarchie marocaine). Autant de sujets permettant à chacun de disposer d’une base pour comprendre les grandes questions de notre temps.

    Intellectuels et violents

    Aux ateliers théoriques s’ajoutaient des ateliers pratiques, destinés à inculquer techniques et réflexes militants : sécurité de l’information, dialectique, répression, réalisation d’un tract ou d’un visuel, composition d’une banderole, animation et direction de section, être un émetteur crédible sur les réseaux sociaux. De même, suivant la célèbre formule de Charles Maurras, « nous devons être intellectuels et violents », chaque jour, après une journée chargée en conférences, ateliers et cercles de doctrine, une séance de sport (préparation physique et sports collectifs) permettait aux participants de renforcer leur cohésion et de se préparer physiquement à une année qui, n’en doutons pas, sera chargée !

    Un entraînement à l’action

    Les conférences dispensées au cours de cette semaine, et lors de l’université d’été, peuvent, quant à elles, être réparties en trois axes, celui de notre histoire en premier lieu. En effet, comme le remarquait en son temps l’historien grec Polybe, « l’étude de l’histoire constitue l’éducation politique la plus efficace et le meilleur entraînement à l’action ». Stéphane Blanchonnet aborda tout d’abord la question du roman national, afin d’exposer ce que doit être une juste conception de notre histoire, entre le respect de mythes fondateurs et l’analyse positive des faits. Cette histoire, celle de la constitution de la France sous l’impulsion séculaire de la famille capétienne, cette « longue patience » (Régine Pernoud), fut présentée par François Marcillhac, qui en profita pour rappeler les deux constantes de l’oeuvre capétienne : la défense de l’indépendance de la souveraineté française, à l’intérieur comme à l’extérieur. Bernard Lugan s’appuya sur les leçons de l’histoire coloniale de la France afin d’expliquer les problèmes contemporains posés par le multiculturalisme, et l’inconséquence du modèle universaliste. Jean-Louis Harouel a déterminé, quant à lui, les codes génétiques intellectuels de la gauche et de la droite, la première prenant ses origines dans la gnose et le millénarisme, la seconde dans le catholicisme. Le second axe de cette série de conférences se rapportait à l’application pratique, passée et potentielle, de principes défendus par l’Action française. Le protectionnisme fut abordé par Stéphane Blanchonnet à partir de l’étude du colbertisme, mettant l’économie au service du politique. Michel Corcelles aborda quant à lui la question de la décentralisation, et de sa possible utilité stratégique pour le combat royaliste. La question du corporatisme a également été abordée, notamment dans l’optique des nouveaux défis posés par les nouvelles technologies, lors d’une présentation de Philippe Mesnard. Une table ronde, composée de Frédéric Rouvillois, Gérard Leclerc et François Marcillhac, aborda la question de la place de l’État, et de la nécessité de la sacralisation des domaines régaliens, afin que l’État, « fonctionnaire de la nation » (Maurras), puisse servir au bien commun. Une autre table ronde, elle composée de Stéphane Blanchonnet et de Philippe Mesnard, posa la question de la subsidiarité et de la place des corps intermédiaires dans une société décentralisée.

    L’écologie et le royalisme

    Enfin, une part importante des interventions abordèrent les relations entre écologie et royalisme. Ces deux thématiques ont en commun de poser la question du bien commun et de ses implications, ce qu’a démontré Philippe Mesnard, lors de sa conférence sur Napoléon III et l’aménagement du territoire. S’il n’existe pas un seul mode de gestion des ressources ou une solution valable unique à la question écologique, comment, dès lors, concilier protection de la maison commune et bien public ? À nationalisme intégral, écologie intégrale ! Frédéric Rouvillois, dans sa conférence sur ce dernier thème, analysant l’encyclique Laudato si du pape François, arrive à la conclusion de la nécessité d’un arbitre, le roi, afin d’imposer les mesures de long terme qu’imposent ces colossaux enjeux. En effet, lors d’une ultime table ronde, Frédéric Rouvillois et Michel Collin ont souligné que le roi, rattaché au bien commun par sa famille, était plus à même de se sentir membre d’un tout organique, et à le défendre face au rouleau compresseur libéral et productiviste. En somme, passée la dernière conférence présidée par François Bel-Ker, dans laquelle a été présentée la stratégie d’Action française, chacun des participants a pu rentrer dans sa section formé et motivé pour affronter l’année militante qui vient, prêt à royaliser la France comme elle se doit de l’être, chaque jour un peu plus… afin de pouvoir mesurer le chemin accompli lors de l’édition 2016.  Charles Horace 

     

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • SPORT • Complaisance footbalistique algéromane ...

    KAMEL DAOUD. ECRIVAIN ET JOURNALISTE ALGERIEN D'EXPRESSION FRANCAISE

     

    Par Péroncel-Hugoz

    Cette semaine Péroncel-Hugoz ne peut s’empêcher de donner un coup de dent dans le milieu du football algérien …

     

    peroncel-hugoz 2.jpgQuelques lignes dans « France-Football », en août, ont lâché une info qui, si elle avait concerné la France ou l’Espagne, aurait déclenché un tintamarre « antiraciste », « antidiscrimination », avec pétitions et indignations, bref une de ces tempêtes médiatiques dont les « démocraties » occidentales ont le secret … 

    Rien de tout cela ne s’est produit car, figurez-vous, l’info de FF concernait l’Algérie, laquelle tout benoîtement venait de déclarer – discrètement mais néanmoins avec un aplomb superbe – que les étrangers étaient désormais indésirables dans ses équipes de ballon rond ! Actuellement, une trentaine de joueurs non algériens appartiennent à ces équipes : leurs contrats ne seront pas renouvelés et aucun étranger ne sera plus engagé ( déjà pas plus de deux d’entre eux ne pouvaient paraître ensemble dans un stade algérien …) Raison officiellement invoqué : des « difficultés financières » ! … Quoi, la richissime Algérie, la propriétaire des gisements de naphte et gaz sahariens, qui dépense sans compter pour s’armer et pour sa propagande politique, avait soudain les poches vides ? La baisse conjoncturelle des cours du pétrole a bon dos car la réserve de devises d’Alger reste celle d’un Etat nanti (mais dont le peuple est pauvre). 

    Après tout, le sport algérien est libre chez lui, xénophobie ou pas, mais ce qui est remarquable en cette petite affaire, c’est une fois de plus la complaisance médiatique occidentale envers les affaires algériennes : en matière de foot, comme de libertés publiques, de voisinage, d’exploitation de la question sahraouie ou de manipulations souterraines des mouvements armés au Sahel, le complexe militaro-politique au pouvoir depuis une génération en Alger continue d’avoir à sa main une partie de la communication politique internationale. Timorés, les « spécialistes » en science politique de Boston, Paris, Aix-en-Provence, Barcelone ou Montréal se gardent bien d’essayer d’analyser les causes profondes de cette sorte d’immunité dont bénéficie le régime algérien, y compris désormais, en matière sportive … 

    Devant cette stagnation algérienne, rappelant la glaciation brejnévienne ayant précédé la chute du communisme, une voix parfois donne à espérer, celle, par exemple, d’un audacieux confrère algérien, Kamel Daoud, Prix Goncourt 2015 de la nouvelle et qui, là, s’exprime dans l’« International New-York Times » : « L’Algérie a réussi à se vendre à l’étranger comme un modèle alors qu’elle n’est même pas une démocratie, la situation y est intenable. (…) les islamistes gagnent du terrain. L’exception algérienne ne peut plus durer ». 

    Péroncel-Hugoz  - Le 360

     

  • SOCIETE & ACTUALITE • Petit glossaire de la migration

     

    Par Ph. Delelis 

    La grande affaire de ces derniers mois et plus encore de cet été avec de bonnes conditions de navigation mais aussi, désormais, l’ouverture d’un axe terrestre à travers les Balkans, est sans conteste le déplacement des populations venues du Moyen-Orient. On aura sûrement remarqué que le langage des médias est particulièrement étudié : il s’agit de ne pas être pris en flagrant délit d’opinion dominante ni, inversement, d’injurier l’avenir qui n’est écrit nulle part, comme chacun sait (surtout les politiques). Il a donc paru utile de donner à nos lecteurs quelques clés sémantiques devant ce grand bouleversement qui, probablement, en annonce d’autres. Parler ainsi de « Migrant » ou de « Réfugié » n’est pas neutre, ne jamais employer les vieux mots d’« Emigré » ou d’ « Immigré », non plus : tout se passe comme si les acteurs et les commentateurs de l’évènement étaient lancés dans un nominalisme aussi débridé qu’empirique. Essayons de ne pas y voir plus clair.

    Balkans : Ont causé beaucoup de soucis au début du XXe siècle en raison de leur géographie politique complexe. Se reconvertissent aujourd’hui en route de migration (voir ce terme) géographiquement beaucoup plus simple que la Méditerranée (voir ce terme).
    Calais : Ville franchement mal placée, qui ne fait plus dans la dentelle. Si ses Bourgeois ne s’étaient pas sacrifiés pendant la Guerre de Cent ans, ce serait aujourd’hui un problème anglais. Victime de l’attractivité du libéralisme anglo-saxon.
    Emigré : Terme désuet désignant un Migrant (voir ce terme) du point de vue de son pays d’origine.
    Immigré : Terme désuet désignant un Migrant (voir ce terme) géographiquement et souvent culturellement stabilisé du point de vue de son pays d’arrivée.
    Méditerranée : Mer fondatrice des civilisations égyptienne, minoenne, phénicienne, carthaginoise, grecque, romaine, etc. que l’on ne regarde plus du même œil depuis que des embarcations de fortune veulent y rivaliser avec les paquebots et les yachts.
    Migration : Déplacement collectif. S’utilise de préférence avec l’adjectif « grande », et, encore mieux, au pluriel. Concept de démographie popularisé avec succès par l’exemple.
    Migrant : Héros des temps modernes de ces derniers mois, surtout s’il s’avère être Réfugié (voir ce terme).
    Passeur : Commerçant peu scrupuleux, faisant courir des risques inconsidérés à ses clients, permettant aux Migrants de réaliser leurs projets, voire leurs rêves.
    Photo : Voir Plage.
    Plage : Endroit dangereux : 60 noyades d’enfants entre le 1er juin et le 9 août en France soit presque une par jour. Aucune photo diffusée ni sans doute prise car confinant au voyeurisme malsain. Néanmoins, une tragédie personnelle peut devenir universelle avec une bonne Photo (voir ce terme).
    Réfugié : Héros des temps modernes de ces dernières semaines ayant vocation à remplacer le Migrant (voir ce terme). Pacifiste dans l’âme, il a fui la guerre et les persécutions. S’il est économique et non politique, sujet à discussion politique.
    Quota : Vérifie l’adage selon lequel on se refait pas. Concept technocratique inventé par la Commission européenne pour contraindre (puis, devant le tollé général, inviter) chaque Etat membre à accueillir les Migrants (voir ce terme). Selon son dernier calcul, la France devrait en accueillir 24 031 et l’Allemagne 31 443 (sic). Cette dernière table plutôt sur 800 000.