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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 1496

  • Coralie Delaume : « Par quel bout l'Europe va-t-elle exploser ? »

     

    Montée des « populismes », risque de Brexit, crise grecque, Espagne sans gouvernement, banques italiennes fragilisées, crise migratoire... Coralie Delaume dresse, sur son blog, le panorama d'une Union européenne en crise et tente de répondre à la question : « par quel bout l'Europe va-t-elle exploser ? » [28.04]. Son analyse sous forme de tout d'horizon, sans optimisme et sans concession, fait un point utile et, selon nous, pertinent, de la situation de l'actuelle Union Européenne manifestement en échec. Le lecteur rapprochera cette analyse de celles de Lafautearousseau et y relèvera d'évidentes concordances.  LFAR

     

    Après le « non » au référendum néerlandais du 6 avril, qui avait rendu « triste » le très émotif président de la Commission Jean-Claude Juncker, les chroniqueurs du GEE (Grand effondrement européen) font aujourd'hui la part belle à un autre référendum, celui à venir en Grande-Bretagne. En effet, le risque du Brexit est a priori le plus immédiat d'entre ceux qui pèsent sur l'Union. Toutefois, un rapide tour d'horizon a tôt fait de montrer qu'il est loin d'être le seul. Au point où l'on en est, on ne se demande plus si l'UE – et en son sein la zone euro – survivra à tout cela. On se demande simplement de quelle plaie elle périra, et quand. 

    Le risque du Brexit 

    La « campagne Brexit » a officiellement débuté vendredi 15 avril, avec la désignation, par la commission électorale britannique des deux camps en présence. Ainsi, The In Campaign, emmené par un authentique homme du peuple en la personne de Lord Stuart Rose, ancien PDG de Marks & Spencer,sera opposée jusqu'au 23 juin à Vote Leave, regroupant le camp des partisans de la sortie. 

    En France, certains se donnent beaucoup du mal pour tenter de peser sur le scrutin. Le ministre Emmanuel Macron, par exemple, a récemment expliqué que si la Grande-Bretagne quittait l'UE, elle serait « tuée » - rien que ça - dans les négociations commerciales mondiales . En mars dernier, le même avait déjà prévenu les Anglais qu'en cas de Brexit, la France ne retiendrait à plus à Calais les migrants désireux de traverser la Manche. Bien sûr, il s'était abstenu de préciser que les modalités de contrôle de la frontière franco-britannique sont actuellement régies par l'accord bilatéral du Touquet (février 2003), d'ailleurs très désavantageux pour la France, mais qui n'a pas grand chose à voir avec l'appartenance de l'un et l'autre pays à l'Union européenne. 

    Il faudra encore un peu de patience pour savoir si les rodomontades hexagonales - et peut-être aussi celles de Barack Obama.... - sont parvenues à impressionner les électeurs d'Albion. Si les sondages indiquent plutôt, à ce stade, une avance des partisans du maintien, le résultat pourrait toutefois être serré. 

    On l'avait oubliée : revoilà la crise grecque 

    Mais le Brexit n'est évidemment pas le seul risque auquel soit confrontée l'Union européenne. Avec une économie effondrée, une dette insoutenable, l'omniprésence d'une ex-Troïka exigeant des réformes sans cesse plus dures et confrontée à des flux migratoires inédits, il était évident que la Grèce referait parler d'elle. 

    C'est le cas, alors que se profile une nouvelle échéance pour le pays. Celui-ci devra rembourser plus de 3 milliards d'euros d'emprunts (450 millions au FMI et 2,3 milliards à la BCE) entre le 13 et le 20 juillet. Ce remboursement ne sera possible que grâce au versement d'une fraction du plan d'aide de 86 milliards voté à l'été 2015, pour l'obtention duquel Alexis Tsipras a tout de même consenti à oublier le programme sur lequel Syriza s'était fait élire, et à s’asseoir sur le résultat d'un référendum. Actuellement, le pays surnage encore sans déblocage d'argent frais. Mais c'est avant tout, comme expliqué ici, parce que le gouvernement accable les Grecs d'impôts. 

    En juillet, cela ne suffira plus. C'est pourquoi il est urgent que les créanciers de la Grèce procèdent au versement d'une partie de l'aide promise, d'autant que ces 86 milliards sont presque exclusivement destinés à rembourser les prêteurs, certainement pas à adoucir les vie des gens. Problème : si Tsipras a consenti à signer le « troisième mémorandum » sous le joug duquel vit actuellement le pays, c'était pour obtenir la restructuration d'une dette - 180 % du PIB - dont tout le monde sait qu'elle ne sera jamais payée. De cette restructuration, l'Allemagne ne veut à aucun prix. Le FMI, lui, en veut bien, mais à condition de réformes d'une dureté impitoyable : poursuite du rabotage des retraites (alors que le minimum retraite a déjà été abaissé de 18 % en un an), de la hausse des impôts, augmentation du montant des excédents budgétaires à dégager, etc. 

    Entre une dette incommensurable, des demandes de réformes invraisemblables, des « partenaires » divisés mais intraitables, on pourrait rapidement en revenir à une situation proche de celle du printemps 2015, avec des blocages épars et un pays sans cesse au bord de la faillite. Le tout sur fond de rumeurs d'exfiltration possible d'Alexis Tsipras, d'organisation éventuelle d'élections anticipées, en somme, de turbulences politiques. 

    La crise des migrants, toujours en fond de tableau 

    Ce serait d'autant plus grave que la Grèce fait face à un défi migratoire d'une ampleur inédite. Elle abrite un nombre record de personnes bloquées sur son territoire depuis que la « route des Balkans » a été fermée. Ces migrants sont plus de 11 000 à s'entasser dans le camp d'Idomeni, où les heurts et les tensions s'accumulent. Le 10 avril, par exemple, 250 d'entre eux ont été blessés par des tirs de gaz lacrymogènes de la police macédonienne, alors qu'ils tentaient de franchir la frontière. 

    De telles tensions dans ce coin fragile d'Europe du Sud ne sont certainement pas une bonne nouvelle pour l'UE, quand bien même elle tente de mettre un mouchoir dessus. Comme l'explique ici le spécialiste Amaël Cattaruzza, « les Balkans sont un thermomètre de l'Europe (…) ils révèlent les faiblesses de l'Union européenne ». Dans un ouvrage de référence, l'historien Olivier Delorme, rappelle quant à lui que c'est précisément dans cette région que se prépara le Premier conflit mondial, avec, en guise de prolégomènes, les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913. Dans La Grèce et les Balkans (Gallimard 2013, tome II p. 780) il va jusqu'à qualifier la Grande Guerre de « troisième guerre balkanique ». 

    Le problème des banques italiennes 

    En tant que pays méditerranéen, l'Italie prend elle aussi plus que sa part dans la gestion de la crise migratoire. Il semble d'ailleurs que le nombre des arrivées y augmente depuis que l'accord UE-Turquie du 18 mars dernier rend plus difficile l'entrée dans Schengen via la Grèce. 

    L'Autriche, déjà à l'origine de la décision de fermer la route des Balkans, envisage de transformer l'essai et de faire de l'Italie un nouveau piège à migrants. En effet, elle a annoncé sa volonté de renforcer les contrôles à la frontière entre les deux pays, et il est même question de la construction d'une clôture « symbolique » au niveau du col du Brenner, une idée que ne renierait sans doute pas le parti de la liberté d'Autriche (FPÖ). Pour le coup, celui-ci estarrivé très largement en tête du premier tour de l'élection présidentielle de ce dimanche avec plus de 35 % des suffrages, en éliminant au passage la droite et la gauche traditionnelles. 

    Mais ce n'est pas le seul défi auquel l'Italie ait à faire face, loin de là. Ses banques, on le sait, sont dans un état d'extrême fragilité, qui inquiète la planète finance. On se souvient de leur plongée vertigineuse en bourse (-40%) au tout début de l'année 2016, cependant qu'elles ploient sous 200 milliards d'euros de créances douteuses. Du coup, entre autres tentatives de colmatage, le gouvernement italien a annoncé la semaine dernière la création d'un fonds spécial pour soutenir les banques transalpines. D'un fonds doté de... 5 milliards d'euros, soit moins de 3 % du total des prêts non performants. Apparemment amusé, le site spécialisé en finances Zero Hedge qualifie l'initiative de « blague de la semaine » . 

    Toutefois, même si elles sont loin d'être sorties de l'auberge, le zoom sur les banques italiennes ne doit pas faire oublier combien vont mal certaines banques allemandes (notamment la première d'entre elles, la Deutsche Bank), les banques grecques (évidemment), ou à négliger cette information : l'Autriche (tiens, tiens...) vient tout juste d'inaugurer le premier bail ineuropéen (sauvetage d'une banque à partir de l'argent des actionnaires et des déposants, sans usage d'argent public) d'une banque en faillite, Hypo Alpe Adria. 

    L'Espagne, toujours sans gouvernement 

    Quant à l'Espagne, si la situation économique y reste difficile avec un taux de chômage à 21%, le second plus haut de l'Union européenne, c'est surtout à une crise politique qu'elle est actuellement confrontée. Le pays se trouve sans gouvernement depuis quatre mois. En effet, les élections générales du 20 décembre 2015 y ont fait voler en éclat un bipartisme très installé qui opposait traditionnellement le Parti populaire (PP) aux socialistes du PSOE (Parti socialiste ouvrier espagnol). Elles ont introduit brutalement dans le jeu Ciudadanos (C's), un parti de droite libérale « espagnoliste », et Podemos, le parti de gauche anti-austéritaire. 

    Depuis lors, le blocage est total. Aucune coalition ne parvient à se former. On a bien cru, l'espace d'un moment, qu'un ménage à trois se révélerait possible, que le socialiste Pedro Sanchez réussirait à unir la carpe et le lapin, et à former autour de lui un gouvernement allant de C's à Podemos. Les militants de ce dernier en ont décidé autrement. Alors que Pablo Iglesias a fait le choix de les consulter pour qu'ils adoubent ou repoussent le « pacte Rivera-Sanchez », c'est à dire l'accord de gouvernement signé entre le patron du PSOE et celui de Ciudadanos, les militants l'ont très massivement rejeté. Le 18 avril, plus 88 % d'entre eux disaient « non » à ce pacte économiquement très orthodoxe. 

    Désormais, le pays s'achemine vers une dissolution du Parlement le 2 mai, puis vers la tenue d'élections anticipées le 26 juin. L’Espagne demeurera-t-elle ingouvernable après cela ? Impossible à prévoir. La seule chose que l'on sauraà cette date, puisque les Anglais auront voté trois jours avant, c'est si la Grande-Bretagne poursuit la croisière infernale ou si elle quitte enfin le bord. 

    Les relations tendues de l'Allemagne et de la BCE 

    Ce panorama d'apocalypse ne serait toutefois pas complet si l'Allemagne n'était pas là pour jeter quelques hectolitres d'huile dans la fournaise. Aussi le ministre des finances Wolfgang Schäuble a-t-il jugé le moment opportun pour critiquer la politique actuelle, certes très accommodante, de la Banque centrale européenne (taux nuls voire négatifs, quantitative easing étendu au rachat d'obligations de certaines entreprises), et pour lui attribuer les succès obtenusen mars par l'Alternative pour l'Allemagne (AfD) lors des scrutins régionaux du Bade-Wurtemberg, de Rhénanie-Palatinat et de Saxe-Anhalt. 

    Que l'AfD ait, suite à des bisbilles internes et à un changement de leader, mis en sourdine sa rhétorique anti-euro pour se consacrer exclusivement à la question migratoire, n'y change rien. Que la BCE n'ait plus que peu de marge de manœuvre, qu'elle soit obligée d'agir ainsi pour éviter que les économies du Sud de la zone euro ne soient emportées par un tourbillon déflationniste, non plus. Les largesses monétaires ne sont pas du goût des Allemands, et ne l'ont jamais été. 

    Quant à la monnaie unique et aux modalités de sa gestion par une Banque centrale fédérale, elles ne peuvent pas convenir à tout le monde. Du coup,elles finissent par ne plus convenir à personne. En juin 1992, des économistes allemands l'annonçaient déjà dans un « Manifeste des 60 contre Maastricht ».Ils y écrivaient : « l'introduction précipitée d'une union monétaire va soumette l'Europe à des tensions économiques intenses qui, à bref délai, peuvent conduire vers l'épreuve d'un déchirement. L'union monétaire pourrait menacer par là l'objectif d'intégration ». Nous y sommes.

    Et nous y sommes à un point tel que l'on ne se demande plus si l'Union européenne – et en son sein la zone euro – survivra à tout cela. On se demande simplement de quelle plaie elle périra, et on se demande quand. •

     
    Coralie Delaume est journaliste. Elle a notamment publié Europe. Les Etats désunis (Michalon, 2014). Découvrez ses chroniques sur son blog : l'Arène nue.
  • Campagne contre les discriminations : l'antiracisme à sens unique

     

    Par André Bercoff

    HUMEUR - Pour lutter contre les discriminations à l'embauche, le gouvernement a lancé la campagne #LesCompétencesD'Abord. André Bercoff s'étonne [Figarovox - 27.04] du deux poids deux mesures qui a cours quand il s'agit de combattre le racisme. Bien-sûr, à la manière d'André Bercoff : style direct, bon sens, talent ...  On est d'accord sur presque tout.

     

    449832132.3.jpgLe ministère du Travail nous l'affirme, et pourquoi ne pas l'écouter ? La France est raciste. Discriminante. Réactionnaire. Sclérosée. Corsetée dans son refus de l'autre en son infinie diversité. D'où la campagne nationale à coups d'affiches, de clips et de posters intitulée « Les compétences d'abord ». Il s'agit de combattre ce deux poids deux mesures indicible, honteux mais réel, qui empêcherait les patrons d'employer des hommes et des femmes qui n'auraient pas la même couleur qu'eux. Ainsi, sur une image divisée en deux, on voit par exemple, à gauche une jeune femme blanche à qui l'on susurre : « à demain » et à droite, une jeune femme basanée à qui l'on déclare: « désolé, on ne cherche personne ».

    Que le racisme soit une tare aussi haïssable que condamnable, nul ne le conteste. Mais désigner, depuis des années, le Blanc comme l'archétype du beauf, des Dupont-la-Joie ; psalmodier en permanence qu'il n'existe pas de racisme anti-blanc alors qu'une foultitude de faits divers prouve le contraire, c'est ajouter, au mécontentement ambiant, une frustration et un sentiment d'injustice qui nuisent à la cause même que l'on prétend défendre. Depuis près de quarante ans, de la naissance de SOS Racisme aux mouvements pro-migrants d'aujourd'hui, on ne cesse de clamer : « Touche pas à mon pote ». A une seule condition : défendons ardemment le pote si celui-ci est africain, oriental ou asiatique. Mais s'il s'agit d'un visage pâle ou d'une « face de craie », alors il est normal que l'on s'acharne sur lui et que l'on trouve des excuses à ses agresseurs, puisque, par essence, ce Français « de souche » est un colonialiste, un coupable, un oppresseur, qui doit expier tous les péchés de ses ancêtres qui ont occupé, pillé et massacré des populations entières. Par exemple, selon la doxa régnante, seuls les Occidentaux auraient été esclavagistes et il n'y aurait eu aucune traite négrière organisée et soutenue pendant des siècles par des Africains et des Arabes, ni aucune épuration ethnique au Soudan et au Rwanda, au Biafra et au Yémen : cela ne se peut. Seul l'hémisphère Nord a le monopole des génocides.

    Récemment, en France, par exemple, on a appris que pourrait se tenir cet été un « camp décolonial » interdit aux blancs. En fait, ce qui se construit ici, à l'insu du plein gré de responsables sourds et aveugles, c'est l'exact pendant des racismes propres à l'extrême-droite de l'entre-deux guerres et d'aujourd'hui. Une espèce de délire de la différence qui, par vengeance mémorielle et commémorations à l'envers, s'attache à répandre, heureusement pour le moment à basse température, les théories qui firent le bonheur de l'Allemagne et de l'Italie des années 30. Ce n'est pas en pratiquant le retour haineux de balancier et la discrimination à l'envers que l'on fera avancer les mœurs et les esprits dans une France moins apaisée que jamais, et où, pour certains, faire de la politique consiste à ajouter encore plus d'huile sur un feu qui couve de moins en moins. Les compétences d'abord ? Absolument. A condition que les Gribouille cessent d'être à la manœuvre.  •

    André Bercoff

    A lire aussi ...

    Un « Camp d’été décolonial », ou le racisme anti-blanc assumé

    Un « camp décolonial » interdit aux blancs par Eugénie Bastié

     

  • Marion Maréchal-Le Pen « un peu saoulée par les valeurs de la République »

    Orange avec AFP, publié le 27 avril 2016

     

    Voici ce que l'on pouvait lire hier [27.04] à la rubrique Actualités du portail Orange, repris, d'ailleurs, sur de nombreux autres sites et médias. Outre leur intérêt propre, ces propos de Marion Maréchal-Le Pen confirment sa participation - dans le camp républicain - au colloque d'Action Française « Je suis royaliste, pourquoi pas vous » du samedi 7 mai, à Paris. (Voir nos annonces, par ailleurs).  LFAR

     

    La députée FN du Vaucluse Marion Maréchal-Le Pen a de nouveau pris ses distances avec la "République" française. Elle a déclaré mercredi 27 avril sur iTELE appartenir à "une génération un peu saoulée par les valeurs de la République". Elle était interrogée sur des propos où elle disait ne pas "comprendre cette obsession pour la République".

    Je les "assume totalement, je suis d'une génération un peu saoulée par les valeurs de la République qu'on nous sert en permanence et dont on ne sait pas ce qu'elles recouvrent, ce qui évite d'aller sur le fond des idées", a critiqué la benjamine du Palais Bourbon, âgée de 26 ans.

    On dit 'valeurs de la République' et on exclut du pseudo-champ républicain" le Front national, a-t-elle regretté.

    - "La France a commencé avant la République" -

    Dans le trimestriel politique Charles en juin 2015, elle avait dit: "La France n'est pas que la République (...). C'est un régime politique (...). Je ne comprends pas cette obsession pour la République. Pour moi, la République ne prime pas sur la France", avait-elle dit. "Tout ce que je dis, c'est que je défends la Ve République, c'est un système auquel je suis attaché, mais la Ve République, c'est un régime politique, la France c'est mon pays, je ne confonds pas tout à fait les deux. La France a commencé avant la République", a-t-elle précisé mercredi. "J'invite nos dirigeants à dire ce que sont les valeurs de la République" a-t-elle poursuivi.

    Marion Maréchal-Le Pen était initialement interrogée sur sa participation prochaine à un colloque de l'Action française, un mouvement royaliste, le 7 mai. "C'est un débat entre républicains et royalistes, et je suis dans le camp républicain. J'aime assez le débat d'idées, même si ce n'est pas un débat brûlant aujourd'hui en France", a-t-elle reconnu en souriant.  •

  • Emmanuel Macron va présider les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans ... Redira-t-il qu'il nous manque un roi ?

     

    Invité par le maire LR, Olivier Carré, le ministre de l'Économie et des Finances présidera le 8 mai prochain les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans. Fêtes johanniques qui se dérouleront dans les rues d'Orléans, du 29 avril au 8 mai.

    Une première pour un membre du gouvernement depuis 2008, nous dit-on. Cela fait six ans qu'un ministre en exercice n'avait pas été invité aux fêtes orléanaises en tant que président d'honneur. Le dernier en date ? L'ancienne Garde des Sceaux et Ministre de la Justice, Rachida Dati.

    Interrogé par le Figaro, le cabinet d'Emmanuel Macron a naturellement démenti toute intention politicienne de la part du ministre et a ajouté : « Il a accepté, car le 8 mai est une fête nationale. Si l'on fête la fin de la seconde guerre mondiale, on célèbre aussi la libération de la France par Jeanne d'Arc. Une figure nationale.»

    Le cabinet d'Emmanuel Macron a encore précisé qu'il était du devoir de l'homme politique de rappeler la véritable « filiation » qui unit la Pucelle d'Orléans à la France. « Si Emmanuel Macron est convié à cette fête, c'est pour redonner du sens à notre histoire. Il ne faut pas laisser Jeanne d'Arc au Front National.» Ce qui est, d'ailleurs, justifié, car c'est l'Action Française qui a imposé au régime, en 1920, à la IIIe République d'alors, la Fête Nationale de Jeanne d'Arc, célébrée, depuis, tous les deuxièmes dimanches de mai. Il en avait coûté 10 000 jours de prison aux camelots du roi... Le cabinet du ministre a encore précisé : « Il pourra lors de ces fêtes s'exprimer sur notre histoire et ses racines.»

    Fort bien. Mais Emmanuel Macron, à l'exemple de Jeanne, ira-t-il au fond des choses ? Gardera-t-il au moins à l'esprit ses propres déclarations de l'été 2015 qui, pour étonnantes qu'elles fussent, n'en ont pas moins été faites et publiées ? Déclarations où il méditait sur l'incomplétude de la démocratie, datait la réalité de la dite incomplétude en France, de la mort de Louis XVI, dont il se disait en plus persuadé que les Français ne l'avaient pas voulue, constatait que depuis lors, hormis quelques rares et brèves périodes d'exception, la fonction de Chef de l'Etat n'était plus vraiment occupée, et, pour finir, concluait fort logiquement qu'il nous manque un roi. 

    Ce que dira - ou ne dira pas - Emmanuel Macron à Orléans - notamment « sur notre histoire et ses racines » - devra être suivi avec attention. Il est encore, avons-nous écrit ici, un objet politique non identifié. Se définira-t-il à Orléans ? Et en quel sens ? A suivre ... LFAR  •

     

    Retrouvez les publications de Lafautearousseau sur les  « déclarations Macron »

    Décidément, nous aurons tout lu, tout vu, tout entendu ! La voie est libre !  [9.07.2015]

    Le buzz s'est fait autour du remarquable entretien donné par E. Macron [10.07.2015]

    Quelle extraordinaire déclaration d'E. Macron, chers lecteurs de LFAR   [16.07.2015]

    Le réalisme commande le Roi par François Marcilhac [20.07.2015] 

    Royaliste, Emmanuel Macron ? Ce qu'en pense Bertrand Renouvin [27.07.2015]  

    Un royaliste dans le gouvernement français par Peroncel-Hugoz [10.08.2015]

    J. Leroy : Macron m’inquiète Le prendre au sérieux avant qu’il ne soit trop tard [18.04.2016]

     

  • D'ACCORD AVEC GUILLAUME ROQUETTE : LA VOCATION DU PAPE N'EST PAS DE SE SUBSTITUER AUX CHEFS D'ÉTAT

     Rome, le 16 avril. Le Pape François souhaite la bienvenue au groupe de réfugiés qui sont repartis avec lui de l'île grecque de Lesbos. AFP/FILIPPO MONTEFORTE/Pool

     

    LA PARABOLE DES 12 MIGRANTS

    C'est sous ce titre empruntant à la terminologie des Ecritures que Guillaume Roquette a traité, dans la dernière livraison du Figaro magazine*, de la délicate question de la politique vaticane dans l'affaire des migrants. Il l'a fait avec finesse et avec tact. Mais aussi avec une justesse de ton et d'analyse que l'on apprécie et que l'on approuve spontanément. Les prises de position du Pape en matière migratoire, les gestes publics qu'il accomplit et sont repris par tous les médias pour être exploités dans le sens qu'on devine, n'engagent pas la politique de la France. Du moins celle qu'elle devrait avoir. Et que, malheureusement, elle n'a pas. LFAR

     

    guillaume_roquette-edito__00000002__d_147_221.jpgEn ramenant avec lui de Grèce douze migrants syriens, le pape François est-il sorti de son rôle ? Difficile de ne pas voir dans son coup d'éclat un acte politique, et c'est d'ailleurs comme tel qu'il a été exploité par les dirigeants européens de tous bords, applaudissant ou critiquant - c'est selon - l'engagement pontifical en faveur d'un accueil plus généreux des réfugiés. En France, on a même vu Jean-Luc Mélenchon crier « Vive le pape ! » (l'Esprit souffle décidément où il veut).

    Au risque de passer pour un jésuite, on voudrait risquer l'hypothèse que le souverain pontife a pu se permettre un geste politique samedi dernier dans la mesure où la politique n'est pas son métier. Quand il embarque des migrants dans son avion, François met strictement en pratique l'amour du prochain auquel est appelé tout catholique, amour d'autant plus gratuit qu'il s'applique en l'occurrence à des musulmans (il paraît que des chrétiens devaient être aussi du voyage, mais qu'ils n'ont pas eu leurs papiers à temps. Si cela est vrai, on imagine que le pape annoncera bientôt leur arrivée au Vatican).

    François s'est donc conduit en autorité spirituelle, traduisant par des actes l'idéal de sa foi. Mais, malgré tout son ascendant moral, il n'a pas vocation à servir de modèle aux gouvernants européens. Le christianisme n'est pas l'islam : la distinction entre le politique et le religieux, entre Dieu et César, est un principe constant en Occident. Et c'est tant mieux. Quand les Etats se mettent à conduire leur politique étrangère en privilégiant les grands principes sur leurs intérêts vitaux, le résultat est généralement désastreux : la diplomatie des droits de l'homme menée par la France en Libye ou en Syrie n'est pas pour rien dans le chaos que connaissent ces pays, et la suppression irréfléchie des frontières dans l'espace Schengen met aujourd'hui en danger l'existence même de l'Union.

    Nous n'avons pas à avoir honte de notre politique vis-à-vis des migrants. L'Europe en a déjà accueilli un million l'année dernière, quand la plupart des pays musulmans, parfois richissimes, leur fermaient obstinément leurs portes. Nous ne pouvons pas, au risque de déstabiliser durablement nos sociétés, accueillir tous les réfugiés - de culture et de religion différentes des nôtres - qui rêvent encore d'entrer en Europe. Avec la fermeture de la route des Balkans, des centaines de milliers de nouveaux migrants vont tenter d'arriver par la Libye. Et cinquante mille attendent encore de quitter la Grèce. Malgré toute sa générosité, le pape n'a pu en emmener que douze.  • 

    CROOUETTE@LEFICARO.FR
    22 AVRIL 2016 - LE FIGARO MAGAZINE

  • Hubert Védrine [5] : « Le défi de l'islamisme »

     

    Dans son dernier essai, Le monde au défi, Hubert Védrine fait le constat de l'impuissance voire de l'inexistence de la communauté internationale. Il dresse un vaste et éclairant panorama de l'état du monde et des illusions perdues du marché, de la mondialisation heureuse et de l'Union européenne. Secrétaire général de l'Élysée sous François Mitterrand et ministre des Affaires étrangères de 1997 à 2002, Hubert Védrine se distingue par sa finesse d'analyse et sa connaissance précise des dossiers. Loin des incantations et de la dialectique binaire qui tend à remplacer la géopolitique, il défend, à la manière d'un Bainville, une vision réaliste et pragmatique de la politique étrangère. Il plaide pour « un  retour au monde réel, et inévitablement à la realpolitik, moins néfaste que l'irreal politik.» Lafautearousseau en publie au fil des jours des extraits choisis par Vincent Trémolet de Villers pour Le Figaro [8.04].  LFAR 

     

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    Le défi de l'islamisme

     

    Mais venons-en au principal défi actuel en Eurasie et en Afrique : l'affrontement mondial au sein de l'Islam entre le 1 % terroriste, au maximum (impossible à calculer, mais c'est pour souligner que c'est un pourcentage infime), et les autres. Plusieurs scénarios sont possibles. À cheval sur la Syrie et l'Irak, l'État islamique peut s'enkyster, malgré la coalition occidentalo-sunnite et la coalition russo-iranienne, toutes deux plus ou moins convergentes et qui lui ont fait perdre du terrain depuis 2015. L'organisation terroriste peut toujours essayer de déstabiliser une partie du Liban, de la Jordanie, et le nord-ouest de la péninsule arabique. Des entités associées se sont implantées et tentent de s'enraciner au Yémen - d'où la guerre qui fait rage - au Sinaï, en Libye, au Sahel, autour du lac Tchad. Comme elles l'auraient fait au Mali, jusqu'à Bamako, si la France ne s'était pas mise en travers, à la demande et au soulagement des Africains et avec l'accord du Conseil de sécurité. Dans l'hypothèse, la pire, celle où Daesh durerait et s'enracinerait, on ne peut exclure que des États sunnites, faibles ou inquiets, voire d'autres États, finissent par se résigner à traiter avec lui, d'autant que la Turquie restera toujours moins mobilisée contre lui que contre les Kurdes, à l'instar de l'Arabie contre l'Iran, etc.

    Même renforcé internationalement par l'accord de juillet 2015, l'Iran ne peut empêcher à lui seul cet enracinement de Daesh en Irak (sauf à Bagdad et dans le Sud irakien chiite qu'il protège). Il continue probablement à défendre et à utiliser à ses propres fins les chiites (Alaouites) de Syrie, du Liban (Hezbollah), du Yémen (houthistes) et de Bahreïn. L'influence du «califat», s'il dure, se fait sentir aussi en Turquie et chez les 20 millions de musulmans d'Europe. Le statu quo qui s'enkyste pose alors aux voisins de Daesh, mais aussi à l'Occident, à la Russie, à la Chine, etc. un épouvantable dilemme, comparable à ceux qui le paralysèrent durant les premières années du régime bolchevique et du communisme chinois: que faire avec cette entité, si elle n'a pas été éradiquée? Faut-il traiter avec elle? Ce cauchemar est très peu probable, mais il n'est pas totalement impensable.

    À l'inverse, il est possible que Daesh soit non seulement stoppé et affaibli, mais éradiqué, région après région - Syrie, Irak, nord-est du Nigeria, Sinaï, Libye, etc. -, et définitivement vaincu. Cela supposerait que les djihadistes aient été contenus, assiégés, neutralisés, asphyxiés, puis détruits par des coalitions arabo-occidentale-irano-russo-africaines à géométrie variable, mais déterminées et coordonnées, avec des objectifs politiques clairs et conçus au cas par cas (Syrie, Irak, Yémen, Libye, etc.). Ce scénario est apparu envisageable à la fin de 2015, quand a été évoquée une possible «grande coalition». Elle ne s'est pas concrétisée depuis, et l'affrontement Arabie-Iran a repris des formes aiguës.

    Néanmoins, chacun conserve ses propres raisons de réduire à néant Daesh. Cela ne sera possible que si, dans chaque cas, des solutions politiques de remplacement sont trouvées. Et, au-delà du Moyen-Orient, où une place devra être redonnée aux sunnites là où ils ont été marginalisés, cela suppose qu'une vaste, courageuse et efficace contre-offensive théologique et politique sunnite ait réussi à supplanter, partout dans le monde musulman, dans les mosquées, les écoles et sur Internet, dans le monde arabe, mais aussi en Asie, en Afrique, en Europe, l'endoctrinement wahhabite et salafiste qui circule sans entraves depuis des décennies et qui a alimenté et légitimé sans contre-feux un islamisme primaire, inculte et, à l'occasion, meurtrier. Dans ce schéma, l'Arabie serait contrainte, pour sortir du guêpier, car menacée par Frankenstein-Daesh, de clarifier son attitude envers l'islamisme, à l'instar de la Turquie, ce qui redonnerait a l'Égypte du maréchal Sissi un rôle de premier plan. ♦ [Fin]

    Hubert Védrine      

    A lire aussi dans Lafautearousseau :

    Hubert Védrine [1] : « La communauté internationale n'existe pas »

    Hubert Védrine [2] : « L'hubris américaine »     

    Hubert Védrine [3] : « Le marché impuissant »

    Hubert Védrine [4] : « L'Occident désemparé »

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    Le monde au défi, Fayard, 180 p.

  • Action française • Paris, week-end de Jeanne d'Arc : samedi 7 mai, colloque « Je suis royaliste, pourquoi pas vous ? »

     

    Rendez-vous le 7 MAI 2016 à 14h au forum de Grenelle, 5 rue de la Croix-Nivert - 75015 Paris. M° Cambronne

    Retrouvez toutes les informations sur le colloque du 7 mai sur le site internet de l’événement !

    Présentation, programme, plan d’accès, accès en streaming aux interventions, réservation de vos places...Vous n’avez aucune excuse !

    Pensez à acheter votre place pour le colloque ! 

     

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    Liste non-exhaustive des intervenants

    • Pierre de Meuse  • Jean-Philippe Chauvin  • Robert Ménard  • Pierre-Yves Muller  • Benoît Dakin  • Yvan Rioufol  • Guillaume de Premare  • Frédéric Rouvillois  • Charles de Meyer  • Guillaume Bernard  • Paul-François Paoli  • Marion Maréchal - Le Pen  • Yves-Marie Adeline  • Antoine de Crémiers  • Gérard Leclerc  • François Marcilhac
     
    Accès au site internet de l’événement !
    Cliquez sur l'image ci-dessous 

     
    Bande-annonce colloque
     

     

  • Action française • Paris 8 mai : Cortège traditionnel de Jeanne d'Arc

     

    Chaque année, depuis près d’un siècle, l’Action Française rend hommage à celle qui, a sauvé la France alors que tout semblait perdu.

    Les patriotes honoreront la Sainte de la Patrie, ce 8 mai, Fête nationale de Jeanne d’Arc et du patriotisme français, qui fut imposée à la République par les Camelots du roi en 1920.

    Nous serons nombreux ce 8 MAI 2016 à 10h place de l’Opéra - 75009 Paris. •

     

    Bande-annonce

     

    Repris du site Action française

  • Toulon : Causerie du Café Histoire ce mercredi 27 avril avec Pierre Gourinard

     

    Le Café Histoire de Toulon vous propose le texte (18 pages) de la causerie d' Alain Vignal sur  " Les confréries de Pénitents provençales et le catholicisme social ".  Ce riche document comporte plusieurs photos réalisées dans le Pub Le Graal ainsi que des clichés de la confrérie toulonnaise lors de maintenances annuelles. Vous y trouverez également le texte du discours du Pape Benoit XVI, du 10 décembre 2007, recevant les pénitents sur la Place Saint-Pierre de Rome : Café Histoire de Toulon - Causerie d'Alain Vignal [Cliquer]

    Ensuite, comme tous les derniers mercredi du mois,  le Café Histoire de Toulon vous rappelle la prochaine causerie du mercredi 27 avril  2016 devant les Amis du Pub Le Graal. Cette quatrième causerie 2016, animée par Pierre Gourinard, docteur en Histoire et docteur es Lettres portera sur le thème : "L'Algérie chrétienne de 1830 à 1962, une identité déracinée ".

    Pierre Gourinard nous fera comprendre comment certains royalistes français considérant la Révolution comme une oeuvre satanique mais nécessaire, voulurent la racheter au travers une regénération. Celle de la colonisation de l'Algérie constituant le symbole d'une nouvelle France qui permettrait le renouveau de la Chrétienté. Leurs premiers colons de la Mitidja ne dissociaient pas "Evangélisation" et "Colonisation" et voulaient un Roi qui aurait retrouvé le sens mystique de sa mission. En quoi peut-on parler d'une identité déracinée pour cette chrétienté missionnaire ?

    Sur place l'auteur, né à Alger, issu d'une famille du Vivarais et du Limousin, fixées en Kabylie et dans la plaine de Chélif pourra dédicacer son ouvrage Les royalistes en Algérie de 1830 à 1962 - de la colonisation au drame. Il sera possible de se procurer l'ouvrage auprès de la Librairie de l'Enfant Jésus, présente à la causerie.  •

    Le Grall, Pub associatif des missionnaires de la Miséricorde (adhésion 1 €)
    377 avenue de la République , 83000 Toulon
    La soirée pourra se poursuivre autour d’une pizza (Participation aux frais)
    Contact : cafehistoiredetoulon@gmail.com

    Café Histoire deToulon Programme 2016 des causeries du Grall

  • Zemmour : « Quand la CGT casse du flic et perd sa base »

     
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    Une matraque, du sang, et un insigne de CRS. La CGT n’a pas fait dans la dentelle pour sa dernière affiche. Le slogan n’est pas non plus un modèle de subtilité nuancée : "La police doit protéger les citoyens et non les frapper."

    C’est un retour aux sources pour la confédération de la Porte de Montreuil. Aux temps héroïques où ­Clemenceau, en 1906, envoyait l’armée pour mater les grévistes de la toute jeune CGT qui ­venait d’être fondée dix ans plus tôt. Ou plus tard, après la Seconde Guerre ­mondiale, lorsque les grèves insurrectionnelles de la CGT de 1947 laissaient craindre que les communistes français n’imitent leurs ­camarades de l’Est, et ­provoquaient la réaction du socialiste Jules Moch, ­ministre de l’Intérieur, qui s’appuya sur les ­Compagnies républicaines de sécurité. CRS qui seraient traités de SS, vingt plus tard, par de jeunes fils de bourgeois qui se prenaient pour Jean Moulin et confondaient de Gaulle et ­Pétain. Alors, la CGT et les ouvriers ne mangeaient déjà plus de ce pain ­gauchiste-là.

    Mais voilà, l’eau a coulé sous les ponts de la Seine, et le sang aussi, le sang de Charlie, de l’Hyper Cacher et du Bataclan. Les CRS ne sont plus les SS qu’il était de bon ton de détester, mais des flics de la République qu’on embrasse. Même le vieux rebelle Renaud avoue sa passion nouvelle pour ces policiers qu’il vouait ­naguère aux gémonies arpégées.

    L’affiche de la CGT est pire qu’un crime, c’est une faute. Une faute de goût, une faute de temps. Après qui court-elle ? Les "casseurs" de Notre-Dame-des-Landes ou de la Nuit debout place de la République à Paris ? Les jeunes qui crient à la discrimination parce que la police est encore la seule à combattre - ou ­plutôt à faire mine de combattre car les ordres des supérieurs et des politiques interdisent tout travail sérieux - la loi des caïds de la drogue dans les ­banlieues ? Croit-elle qu’elle va retenir ses innombrables ouvriers et même militants qui l’abandonnent pour le vote FN en cassant du flic ? 

    Les patrons de la CGT, comme les élites des autres syndicats et des partis poli­tiques, sont à des années-lumière de leur base. Aujourd’hui, ce sont les classes ­populaires qui réclament l’ordre et la protection de la police, contre les trafiquants de drogue et les djihadistes. Entre les deux, il n’y a parfois d’ailleurs qu’une question de temps. Déjà, en mai 1968, le cinéaste italien Pasolini disait : "Entre un CRS et un étudiant gauchiste, je choisis un CRS car lui est un fils d’ouvrier." Plus la centrale ouvrière perd ses adhérents, plus elle retrouve des réflexes gauchistes dont on la croyait vaccinée. Le gauchisme est la maladie sénile du communisme. •


    Paru dans Le Figaro Magazine, 22 avril 2016
  • Un « Camp d’été décolonial », ou le racisme anti-blanc assumé

     

    par Gabriel Robin

    Il est ici question d'un « camp d'été décolonial » qui se tiendra du 25 au 28 août près de Reims. Un camp de « formation à l'antiracisme politique » ... qui exclut les blancs. Initiative qui se veut « dans la tradition des luttes d'émancipations décoloniales anticapitalistes et d'éducation populaire » de la gauche radicale. Gabriel Robin a excellemment analysé l'esprit de cette opération dans Boulevard Voltaire [22.04].  LFAR 

     
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    Les tiers-mondistes pensent que le processus de décolonisation n’est pas encore achevé.

    Les gauches radicales, chaotiques et protéiformes, issues des luttes marxistes culturelles entamées à l’orée des années 1960, trouvent une seconde jeunesse au sein du mouvement Nuit debout. Enfin, disons plutôt qu’elles se radicalisent et se médiatisent. Pour faire court, ces militants estiment que les Occidentaux sont ontologiquement des oppresseurs, et ne conçoivent l’histoire du monde qu’en une succession de rapports de domination. Le dominant étant, dès l’origine, l’homme blanc cisgenre (c’est ainsi que les hétérosexuels sont désignés dans leur jargon).

    Dans les années 1980, personne n’a compris que l’antiracisme, appliqué au champ politique, et sorti du cadre de la simple morale élémentaire, n’était en réalité que le cache-sexe d’un racisme inversé, qui s’exerçait à l’encontre des personnes d’origine européenne. Héritiers des Black Panthers, et de l’affirmative action états-unienne, les Indigènes de la République développent une pensée politique articulée autour de la haine de l’Occident, de l’Europe et, en dernier ressort, de la France. Haine qui vise prioritairement les peuple historiques de ces entités politiques et charnelles.

    Les tiers-mondistes pensent que le processus de décolonisation n’est pas encore achevé. Souhaitant poursuivre la mission eschatologique que se sont donnée les « damnés de la terre », en collaboration avec un faiseur d’opinions comme Alain Badiou, ils ont décidé de ne plus se mélanger aux Français blancs. Ce concept de « non-mixité » s’est ainsi matérialisé, en marge des manifestations contre la loi portant réforme du Code du travail, avec une réunion intitulée « Paroles non blanches : rencontres autour des questions de race », ou bien encore par un « Camp d’été décolonial » réservé aux personnes « victimes du racisme d’État », qui se tiendra à Reims au mois d’août.

    Une multitude de groupuscules ont ainsi vu le jour : les susnommés Indigènes de la République, mais aussi des entités plus baroques, tels le collectif Stop le contrôle au faciès ou le collectif Mwasi, qui s’adresse aux « femmes cisgenres et transgenres noires/métisses africaines et afro-descendantes ».

    Ce capharnaüm postmoderne se nourrit de toutes les confusions contemporaines engendrées par les sociétés complexes, multiethniques et multiculturelles. Nous assistons à une véritable surenchère victimaire et narcissique : genre, ethnie…

    Laquelle surenchère profite d’une impunité totale. Les propagandistes de l’anti-France peuvent tout dire. Ils ont pignon sur rue. Pire : leur haine est niée au sommet de l’État. En témoigne la campagne à 100 millions d’euros, financée par vos impôts, qui ne fait jamais mention du racisme anti-blanc, nous livrant à la vindicte de personnages revanchards.

    Trois choses interpellent particulièrement dans ce phénomène. D’abord, la prise en otage des Français noirs ultramarins, sommés de se solidariser à des luttes qui leur sont profondément étrangères.

    Ensuite, la collusion contre nature entre ces idéologies et l’islam politique, pourtant à milles lieues de ces thèses, démontrant que nous sommes proches d’une insurrection.

    Enfin, last but not least, sur un registre plus comique, on peut se demander pourquoi ces gens vont se « décoloniser » à Reims, capitale spirituelle des rois de France ? Ils ne vont pas se « décoloniser » au Liberia. S’ils n’aiment pas la France, ne se sentent pas aimés en retour, ne se vivent pas en Français, ils peuvent toujours quitter le pays. Personne ne les en empêchera. Mais peut-être veulent-ils nous contre-coloniser ?  • 

    Juriste
  • « Un résultat historique » qui affole les médias : au cœur de l'Europe, l'Autriche réagit !

     

    Présence invasive de l'Islam, déferlante massive des migrants : ces questions majeures dominent aujourd'hui la scène européenne et les préoccupations des peuples, malgré tous les efforts, malgré le matraquage incessant, des grands médias pour y faire face.

    Le Monde [24.04] explique ainsi le résultat du 1er tour de l'élection présidentielle autrichienne :

    « La campagne électorale a été dominée par la question du droit d’asile. Le gouvernement a établi des restrictions drastiques en la matière, l’extrême droite lui reprochant de ne pas en faire assez, et les défenseurs des droits de l’homme trouvant qu’il est allé trop loin.

    L’Autriche a enregistré 90 000 demandes d’asile en 2015. Rapporté à sa population (8,58 millions de personnes), c’est un chiffre qui la place parmi les premiers pays d’accueil en Europe.

    Mais la campagne n’a pas tourné qu’autour des migrants. L’usure des partis au pouvoir a aussi largement pesé. »

    Mais l'usure des partis au pouvoir n'est pas un phénomène autrichien. Croit-on que la France et la plupart de ses partenaires européens ne sont pas dans le même cas ? LFAR •

     

  • La reine et le président

     

    par Louis-Joseph Delanglade

     

    On peut reprocher à la monarchie britannique de n’être tout simplement pas une république ou, à l’inverse, de n’être guère plus qu’une sorte de démocratie couronnée. Il n’empêche… Jeudi 21 avril, M. Calvi consacre son émission quotidienne (« C dans l’air », France 5) à la Grande-Bretagne, fêtant ainsi à sa façon les quatre-vingt dix ans de la reine Elizabeth II. Un reportage parmi d’autres montre que l’éloge de la souveraine prononcé par M. Cameron à la Chambre des Communes soulève une approbation unanime : aucune opposition, même de la part des plus « républicains » des députés travaillistes. M. Calvi, (faussement ?) naïf, demande à ses invités si ce qui fascine de ce côté-ci de la Manche, ce n’est pas justement que les Britanniques, dans leur grande majorité et dans les grands moments de leur Histoire, se rassemblent ainsi autour de leur souverain(e), quand les Français ne font le plus souvent que se déchirer à propos de leur président.  

    On pourrait répondre à M. Calvi que désormais M. Hollande fait lui aussi (presque) l’unanimité, mais contre lui, son problème étant de prêter le flanc à toutes les critiques. Un reproche récurrent concerne son manque d’autorité, inquiétant pour un chef de l’Etat - même pas capable de se faire respecter par Mme Salamé, la journaliste mal élevée de l'émission « Dialogues citoyens » (France 2, 14 avril). De toute façon, ayant accédé à la fonction suprême en politicien démagogue du Parti socialiste, il a été bien évidemment incapable de tenir, dans presque tous les cas, ses fameuses promesses électorales (« Moi, président, je… »). Avec lui, ce n’est pas seulement un homme, c’est aussi le parti qui l’a mandaté et son idéologie qui font faillite sous nos yeux. 

    Mais pas seulement : tout un système donne l’impression d’être à bout. Il a souvent été reproché à la Ve République, par ses adversaires, d’être « monarchique ». Convenons que, par certains des pouvoirs qu’elle confère à son président et par son éloignement originel manifeste à l’égard des partis, elle a constitué un réel progrès par rapport aux IIIe et IVe Républiques. Cependant, trop faible dans ce qu’elle a de fort, elle aura été incapable de résister à la réappropriation du pouvoir par les grands partis. Le président élu aura au fond toujours été l’homme d’une faction, mais il est arrivé qu’il l’oublie; désormais, la mise en pratique d’une élection « primaire » a pour effet de favoriser et d’étaler au grand jour tous les calculs partisans, le résultat de l’élection elle-même y paraissant de fait subordonné : ainsi dit-on déjà que celui qui gagnera la primaire des « Républicains » sera élu contre Mme Le Pen au second tour ! 

    On peut se moquer des Britanniques et du charme désuet de leur monarchie. Ils se retrouvent pourtant en elle qui incarne, au delà des rivalités partisanes, l’unité du pays. Elle rassemble. « Notre » république peut bien proposer des concepts qui fleurent bon l’utopie (« Liberté, Egalité, Fraternité »), personne n’y croit. Elle reste le régime des partis, rien d’autre. Elle ne rassemble pas, elle oppose.  •

     

  • Enfumages et paradis fiscaux

    Crocodile panaméen géant  © Copyright dr

    Par Peroncel-Hugoz  

    Très perplexe devant les « Papiers de Panama », notre confrère plante ses crocs cette semaine dans ce qu’il estime être « les vrais centres mondiaux de la finance douteuse ».

     

    peroncel-hugoz 2.jpgDepuis plus d’un quart de siècle, l’opinion mondiale ( et singulièrement en Occident où, selon une idée reçue bien ancrée, « la presse est la plus libre du monde »), est régulièrement abreuvée d’annonces tonitruantes, de la part de ses plus hauts dirigeants politiques, proclamant la fin « immédiate » ou « prochaine », « progressive » ou « définitive » des paradis fiscaux et autres lieux où l’on cache des fortunes bien ou mal acquises, de l’argent demandant une bonne lessive pour être présentable et autres faits du même acabit … 

    La plus péremptoire, la plus spectaculaire de ces déclarations a sans doute été, le 23 septembre 2009, celle du président Nicolas Sarkozy, claironnant, quelques mois après le Sommet G20 de Londres qui avait, dit-on, planché « sérieusement » sur le sujet : « les paradis fiscaux, le secret bancaire, la fraude organisée, c’est TER-MI-NÉ ! ». Il n’y eut guère alors, à travers la planète, à part peut-être quelques obscurs journalistes, que deux institutions en vue pour proclamer haut et clair leur scepticisme : le Comité catholique contre la faim et l’ONG anglo-saxonne OXFAM qui passent toutes deux pour échapper aux influences de Washington et Londres. 

    Tout récemment nous avons eu droit aux « révélations » contenues dans les Papiers panaméens qui, si elles sont exactes, même partiellement, réduisent en miettes les propos sarkozyens de 2009. Les grands quotidiens européens y sont allés alors, une nouvelle fois, de leurs listes exotiques, de leurs cartes des cinq continents, égrenant les endroits où se cachent l’ « argent sale », l’ « argent détourné », l’ « argent fuyant les taxes », etc.  Une fois de plus ont défilé devant nos yeux blasés les noms déjà archiconnus en la matière des Iles anglo-normandes, du Sultanat de Bruneï, des Principautés du Liechtensteïn, d’Andorre ou de Monaco, des Antilles hollandaises, de l’archipel de Vanuatu, que sais-je encore ? 

    Une fois de plus le brave peuple, érigé à son corps défendant en « opinion mondiale », est grugé car tous ces noms sonores jetés en pâture au public, coupables ou non, ne sont que très-très-très faiblement détenteurs des trésors cachés. Les milieux bancaires internationaux vraiment informés — et donc toujours muets — savent eux, de toute éternité, qu’on amuse ainsi la galerie tandis que les trois principaux centres mondiaux de l’argent malpropre ou propre, dissimulé ou placé secrètement sont, par ordre d’importance : 

    —  La City de Londres

    —  Le minuscule Etat américain du Delaware

    —  Des banques israéliennes 

    Rassurez-vous, le prochain G20, ce printemps, promet de s’attaquer enfin pour de bon aux « paradis fiscaux » et d’en publier une liste « complète et définitive » … Je doute fort que les trois « centres » cités supra figurent sur la nouvelle liste promise …

    Encore un mot quand même : s’il y a des « paradis fiscaux », c’est qu’il y a aussi des « enfers fiscaux » … dont les lois confiscatoires sont en partie responsables de l’existence de « refuges », de « tax-haven », comme disent eux-mêmes les Anglo-américains. Vous voulez savoir ce que sont des lois confiscatoires ? Eh ! bien, consultez le code des impôts de la République française ou, pis, celui du Royaume de Danemark ! Vous serez édifiés. Quant au code fiscal marocain, il figure, lui, parmi les plus bénins, les plus libéraux des cinq continents.  •

    Peroncel-Hugoz

    Repris du journal en ligne marocain le 360 du 22.04.2016

  • Fondamentaux d'Action Française • Le « coup de force »

     

    par Stéphane BLANCHONNET

    Un Article de Stéphane BLANCHONNET paru sur à-rebours.fr et dans L'AF2000. Et un article parmi plusieurs autres qui rappellent utilement les fondamentaux de la politique d'Action française.  LFAR

     

    659173882.jpgL'originalité de l'Action française ne se voit nulle part aussi nettement que dans sa doctrine du « coup de force ». N'ayant jamais cru que la question du régime puisse être tranchée par le jeu ordinaire des élections, elle n'est pas un parti royaliste. N'ayant pas la naïveté de penser que le pouvoir puisse être pris par une conspiration de « cagoulards » isolés et sans relais dans les corps constitués, elle n'est pas non plus un groupuscule tenté par la clandestinité.

    Sa vocation est de conspirer « à ciel ouvert », de créer un « état d'esprit royaliste » en répétant sans cesse ses raisons contre la République et pour la monarchie, mais aussi un état d'esprit favorable au coup qui renversera un régime que sa faiblesse condamne nécessairement et régulièrement à des crises susceptibles de le tuer.

    De la lecture des textes de stratégie écrits par Maurras (qu'il s'agisse du subtil Mademoiselle Monk ou du vigoureux Si le coup de force est possible) se dégagent deux concepts clés : l'occasion et la direction. L'occasion, c'est la crise, que le peuple soit dans la rue contre le pouvoir ou que la nullité des institutions ait provoqué un désastre militaire ; la direction, c'est notre capacité à influencer le restaurateur de l'ordre, dont la survenue est aussi inéluctablement écrite dans les lois de la physique sociale que les conditions qui auront produit la crise, d'une part à tenter le coup, d'autre part à donner à ce coup une issue royale.

    Les conséquences pratiques de ce programme sont claires : la nécessité de connaître et de propager notre doctrine de salut public, en particulier auprès des élites civiles et militaires du pays réel, la nécessité d'entretenir dans nos rangs et dans l'opinion l'état d'esprit favorable à l'insurrection (état d'esprit qui ne se confond pas avec un simple romantisme de l'action), la nécessité de construire des réseaux solides dans tous les secteurs de la vie nationale, qui seront en mesure de faciliter et de servir le coup.  •

    Repris de A rebours

    Voir aussi ...

    Fondamentaux d'Action Française • Le nationalisme intégral

    Le Quadrilatère maurrassien

    La Monarchie que nous voulons