Gilles-William Goldnadel : « Emmanuel Macron, bravo l'artiste ! »
I
l n'est pas interdit, ni irrévérencieux de crier: Bravo l'artiste!
Car la victoire d'Emmanuel Macron est avant tout artistique, médiatique et esthétique.
Elle aura été scénarisée de main de maître communicant, à l'instar de cette traversée pharaonique du Carrousel du Louvre sur fond d'hymne européen joyeux et d'éclairages mystérieux.
Le monde virtuel existe. Il influence les esprits. Il les séduit. Il les galvanise. Il les télé-transporte. Il les effraie. Il les impressionne. Il les intimide. Il les embellit. Il les contraint. En ce sens, il peut agir sur le réel électoral.
Il n'est pas sérieusement contestable que l'ensemble quasiment unanime du monde médiatique français, à commencer par son service public audiovisuel, aura puissamment contribué à la victoire de l'ancien ministre de François Hollande.
Il est difficile de ne pas y déceler un soubassement idéologique au moins réflexe.
Au premier tour, en focalisant l'attention sur les problèmes judiciaires du candidat de droite, au détriment des sujets de sociétés controversés et sciemment occultés.
Au second tour, en contribuant au retour du débat névrotique autour de la seconde guerre mondiale, comme à la culpabilisation de ceux qui, taxés implicitement de collaborationnisme, refusaient de choisir entre l'erreur économique de l'une et l'horreur multiculturaliste de l'autre.
Cela n'enlève évidemment rien à l'audace et au talent du gagnant, ni aux errements et aux manquements de la perdante.
On notera, toutefois, que cette prégnance de l'influence médiatique idéologisée au détriment des droites ne fait toujours pas l'objet d'une véritable réflexion critique argumentée de la part de ses victimes, en dehors de malédictions aussi véhémentes que stériles.
La victoire de M. Macron, n'est pas seulement médiatique, elle est aussi esthétique.
Faire profession d'optimisme océanique est plus beau, plus populaire, plus gratifiant que de décrire de manière ingrate cette laideur du monde réel contre laquelle il conviendrait de se protéger ou de se colleter.
Le programme du jeune gagnant, sorte d'Obama blanc, misant sur sa verdeur, était aussi lisse que son visage juvénile qui lui servait d'affiche.
La seule véritable stratégie du candidat d'En Marche était de pouvoir donner la réplique gagnante à la méchante représentante officielle des vilains.
Celle du monde ingrat, qui marche lourdement avec ses gros sabots crottés sinon fourchus.
Il convenait pour y arriver, d'utiliser élégamment les creux et de remplir par l'air du temps, le vide sidérant laissé par un mentor définitivement déconsidéré par ses logorrhées vespérales, qui n'avait plus les moyens ni de le reconnaître ni de le déshériter.
Pas question donc dans le monde virtuel de raconter des histoires tristes avec des terroristes islamistes. Pas question, dans le décor en technicolor de dessiner des murs, des douanes ou des frontières.
Et encore moins des barbelés.
En ce sens, on peut effectivement encore décrire après sa victoire, M. Macron comme une bulle médiatique, n'ayant pas éclaté, mais, précisément, s'étant élevée grâce à sa légèreté.
La revanche, avais-je écrit dans une précédente chronique dans ces mêmes colonnes, de l'antimatière sur la matière, conformément aux dernières découvertes de la physique quantique.
Ce cadre enchanteur et utopique ne pouvait que séduire le monde artistique et cinématographique sans frontières dont le virtuel est la réalité. Un monde aérien de beauté, de légèreté, de paix et de volupté, qui ne connaît ni limites, ni fin, ni petitesse. Dans ce monde ironique, la poésie est politique et la politique, onirique. En ce sens, la victoire d'Emmanuel Macron est aussi la sienne.
Certes, la victoire artistique d'Emmanuel Macron , au-delà des dithyrambes de la presse internationale de papier, n'a rien de triomphal.
Le monde virtuel a eu beau agir sur le monde réel, la fâcheuse sphère électronique en a limité considérablement les effets.
Les foules, sans doute dans leur souvenir confus des meurtres de masse, n'ont pas eu le cœur à faire la liesse.
La parenthèse magique et anesthésique va bientôt se refermer.
Déjà, dans quelques jours, une autre consultation aura lieu, où la part artistique sera plus congrue.
La pleine saison va reprendre pour la délinquance et l'immigration forcée de masse, et l'islam radical comme la dette n'accorderont aucun délai de grâce.
Le multiculturalisme n'a pas encore définitivement gagné la partie, mais en dépit de l'opposition d'une majorité du pays, par la grâce médiatique et artistique, il n'a pas perdu.
Quand l'heure sera venue de lui dire vraiment non, c'est peut-être parce qu'il sera trop tard. •
C'est dans L'Express que nous l'avons appris : le fondateur d'une association de lutte contre la radicalisation (ah ! les braves gens ! Ah ! « Le pauvre homme », comme disait l'Orgon de Molière, à propos de Tartuffe), le psychanalyste niçois Patrick Amoyel a été mis en examen, ce jeudi 27 avril, pour viols sur mineurs, et écroué.
Le système politique fondé sur l’élection du président au suffrage universel a montré, une fois de plus et de façon particulièrement criante, ses limites et sa perversité.
Au fil du psychodrame présidentiel français qui, tous les cinq ans, dresse une moitié des Français contre l’autre moitié, on ne compte plus, cette année, les faits importants qui sont passés quasi inaperçus du public, emportés par le tsunami informatif déversé sur l’Hexagone…
On l'a dit et redit partout, cette élection présidentielle - outre sa nullité et son indécence - fut à nulle autre pareille.

Le fils politique de François Hollande, candidat par ailleurs choisi et IMPOSE par la cléricature médiatique, est donc le nouveau visage de ce Système mortifère qui, inexorablement, déclasse et rabaisse la France.

L’Action française a toujours consacré autant d’énergie à défendre l’héritage qu’à préparer le retour de l’héritier. Ses militants ont donné leurs vies par milliers pour défendre la patrie pendant la Grande Guerre et elle n’a jamais cessé, depuis, de pratiquer le « compromis nationaliste ». Comme les princes de la Maison de France, Philippe VIII et Henri VI, qui ont bravé la loi d’exil en 1914 et en 1940 pour rejoindre l’armée, l’Action française n’a jamais déserté le rempart.
