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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 1233

  • Sérotonine, de Michel Houellebecq. Le Oui et le Non à la vie

     Par Javier Portella

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgJusqu'ici Javier Portella nous avait remarquablement éclairés sur les événements d'Espagne, nous permettant d'ajouter ses réflexions très documentées aux nôtres. Mais nous constatons qu'il a bien des cordes à son arc. Voici en effet qu'il vient de produire un article superbe et profond [Boulevard Voltaire, 13.01] sur le dernier livre-événement de Michel Houellebecq. Nous avons déjà dit que nous reviendrions sur ce dernier opus. Et nous n'en avons pas fini car son importance n'est pas - si l'on peut dire - seulement littéraire. Lisez donc !    LFAR

     

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    Il m’a laissé à la fois heureux et accablé, le dernier roman d’Houellebecq. Heureux ? Non. Quel bonheur peut apporter une histoire qui, aussi réjouissants que soient ses sarcasmes à l’encontre des bobos, baigne dans une tristesse si épaisse ? Oublions le bonheur, le plus usé (et faux) des mots. Ce que cette histoire m’a apporté, c’est la plénitude déchirée – ce n’est pas pareil : c’est infiniment mieux – qu’apporte tout grand chef-d’œuvre.

    Et celui-là en est un. C’est peut-être la plus grande des œuvres qu’Houellebecq nous a offertes. C’est, en tout cas, la plus déchirée et décharnée, la plus nihiliste et désespérée. Nul espoir n’y est permis. Cent ans de solitude, disait García Márquez. Pas cent ans, cent siècles, semble dire Houellebecq, en songeant surtout au nôtre : au siècle dont les hommes tombent plus seuls et plus nus que jamais dans l’abîme où halètent échec, ruine et décomposition.

    Et pourtant…

    Si ce n’était que cela ; si Houellebecq se bornait à cela ; si tout se réduisait à un plaidoyer sur la noirceur du monde et le non-sens de la vie, ni ce livre n’aurait rien à voir avec l’art, ni je ne m’y serais plongé à fond. C’est toujours la même chose qui m’arrive avec Houellebecq – et avec Céline aussi, cet autre génie auquel il ressemble à tant d’égards.

    En un sens, je suis profondément en désaccord avec ses idées. Ma sensibilité, si différente, ne peut que se soulever face à une vision tellement désolée du monde. Comment pourrais-je y adhérer quand, tout en souffrant et tout en combattant cette désolation, je fais mien l’amor fatinietzschéen : l’acceptation – non résignée : offensive – des desseins du sort ; le grand vitalisme qui conduit Nietzsche à s’exclamer : « Je veux en toute circonstance être celui qui dit Oui »« le grand Oui à toutes les choses élevées, belles, téméraires, le grand, le sacré Oui à la vie ».

    2051844117.jpgEt face à cela, le grand Non à la vie que balbutient les personnages d’Houellebecq, notamment ce Florent-Claude Labrouste dont les actions… ou non-actions charpentent Sérotonine. Ce qui se passe, c’est que le Non d’Houellebecq n’est jamais univoque. Il l’exprime avec un tel humour et un tel art qu’à travers lui grouille toute la contradictoire complexité d’une vie qui, avec ses mille tendresses et mesquineries, ses mille amours et désamours, ses mille bontés et méchancetés, souffle et se débat face au grand Néant qui prétend l’engloutir.

    À l’occasion – et elle est cruciale –, la vie souffle même en prenant la hauteur d’un combat politique où Houellebecq manifeste toutes ses sympathies. Elles vont à l’ancienne et aujourd’hui dépossédée aristocratie rurale, ainsi qu’aux paysans – les seuls à se sauver du grand désastre postmoderne – en butte à la spoliation entreprise par Bruxelles et par les grandes entreprises du capitalisme mondialisé.

    Non, le désarroi qui anéantit les personnages d’Houellebecq n’est pas seulement un désarroi psychologique, intime, individuel. Ou, s’il est individuel, c’est dans la mesure où il est individualiste. Ce qui les accable, c’est le désarroi qui fait chavirer les hommes dépourvus d’amour érotique, et d’attaches familiales, et des liens d’un peuple, et de l’enracinement dans des traditions, et de la fermeté d’un ordre donnant un sens à la vie vouée à la mort.

    S’il en est ainsi, si se déploient dans l’œuvre les deux moteurs qui, s’affrontant, poussent le monde – le Oui et le Non, la vie et la mort –, qu’importe alors que la littéralité de l’œuvre privilégie celui des deux moteurs qui ne serait peut-être celui qu’on tendrait à privilégier ? ■  

    Écrivain et journaliste espagnol

  • Découvrir, lire, le numéro de janvier de Politique magazine et pourquoi pas ? s'y abonner ...

    Au sommaire de ce nouveau numéro ...

    Les noires humeurs de Macron. 

    Dossier : Immigration et terrorisme. 

    France : Que faire des étrangers délinquants ? 

    Monde : Rien ne va plus dans la « Davocratie » !

    Et aussi dans ce numéro…  54 pages d’actualité et de culture !

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    Sommaire du mois

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  • La Une du Figaro d'aujourd'hui : l'art de l'euphémisme ou de la litote du grand quotidien du matin fait plaisir à voir !

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    Ce sera dur !

  • L’arroseur arrosé

    par Louis-Joseph Delanglade 

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    La faute de M. Macron dans cette affaire est d’avoir pensé qu’il pouvait critiquer voire insulter des hommes politiques étrangers en raison de leurs idées alors même qu’ils exerçaient le pouvoir.

    Ce faisant, il s’en prenait de fait à des pays, à des peuples, à des États. On se rappelle ainsi qu’en juin dernier, dans une vie politique antérieure à l’avenir plutôt serein et prometteur, il avait choisi l’Italie comme tête de Turc, notamment à propos de l’Aquarius, ce navire qui satisfaisait conjointement négriers et bobos humanistes. Déjà, la réaction de Rome l’avait obligé à mettre un bémol. Il y eut par la suite les attaques misérables de M. Moscovici, commissaire européen certes mais Français tout de même et surtout très proche de M. Macron. Attaques traitées à Rome par le mépris qu’elles méritaient. 

    640_000_15j3yz.jpgToutefois, les Italiens ont la dent dure et sont intelligents. A l’image de M. Macron, c’est-à-dire dans un subtil mélange de politique intérieure (on sait la rivalité des deux partis de la coalition au pouvoir) et de politique européenne (faire de l’Italie l’avant-garde du mouvement populaire qui agite toute l’Europe), MM. Di Maio et Salvini, les deux vice-présidents du Conseil des ministres italien, proclament lundi 7 janvier leur soutien au mouvement des Gilets jaunes.

    maxresdefault.jpgDu coup, Mme Schiappa, en réponse à sa propre question à propos de la cagnotte des Gilets jaunes (« Qui finance les violences, qui finance les casseurs ? Il faut savoir si des puissances étrangères financent ces casseurs. » - France Inter, jeudi 10) Mme Schiappa donc nomme explicitement et prioritairement l’Italie. C’est peut-être vrai, cela relève peut-être de ce délire complotiste qui semble s’être emparé du gouvernement (on se rappelle les premiers propos de MM. Castaner et Darmanin, début décembre, sur les « factieux » et la « peste brune » en parallèle aux images de ces Gilets jaunes défilant au cri de « Salvini ! Salvini ! »). C’est à coup sûr une nouvelle version de la faute commise par M. Macron. 

    XVM8153c940-f72e-11e5-b1ee-e22b0efeb22d.jpgQuoi qu’il en soit, l’ambition européenne de celui-ci se retrouve ainsi fortement compromise. Pour « refonder l’Europe » (Sorbonne, septembre 2017), il lui faut, selon sa propre feuille de route, obtenir une victoire éclatante aux élections de mai 2019, de façon à favoriser l’émergence au Parlement européen du groupe central à vocation majoritaire qu’appellent de leurs voeux les Bayrou, Juppé, Raffarin et autres vieux crabes de l’européisme militant. D’où le retour à des listes nationales, mode de scrutin  jugé plus favorables aux « marcheurs » ; d’où l’exacerbation du clivage progressisme-populisme qui avait plutôt bien fonctionné lors de la présidentielle. Mais cela, c’était avant. Avant la succession de problèmes et déconvenues du second semestre de l’année 2018. Désormais, le scrutin de mai, en raison même du mode choisi, risque fort de virer au référendum pour ou contre M. Macron, bien loin donc d’être gagné 1482558-madrid-nombreux-drapeaux-espagnols-ornent.jpgpour le président. Quant aux attaques visant les pelés, les galeux (M. Macron lui-même parlait de « lèpre » - Quimper, juin 2018), elles sont contre-productives : non seulement le populisme continue de monter un peu partout en Europe (dernier exemple : la percée en Andalousie du parti Vox, ouvertement de « droite réactionnaire », percée qui le place dans une position incontournable) mais, désormais, à l’initiative de M. Salvini, les populistes tentent de s’organiser au plan européen dans la perspective du prochain scrutin, faisant ainsi du Macron contre M. Macron, lequel risque de se retrouver dans la fâcheuse situation de l’arroseur arrosé. ■

  • Justice de classe ?

    Par Aristide Renou

    Dettinger2-800x360.jpgChristophe Dettinger, le boxeur de la passerelle Léopold-Sédar-Senghor, a été mis en détention provisoire en attendant son procès, le 13 février. 

    Jugé en comparution immédiate, Christophe Dettinger aurait pu connaitre sa sentence le jour-même mais son avocat a demandé le report de son procès pour préparer sa défense. D’où la détention provisoire, que le parquet a justifié notamment par « un risque de réitération ». Soit.

    Chacun est dans son droit, à la fois au sens légal et au sens moral. Il est normal que l’avocat puisse demander un délai pour préparer la défense de son client, et il est normal que certains prévenus soient mis en détention provisoire en attendant le procès. Je ne conteste pas le principe. Je ne conteste même pas que les actes commis par Dettinger mériteraient, dans une société civilisée, une sanction assez lourde.

    Simplement, je lis dans la presse le même jour le fait divers suivant : un homme de 19 ans soupçonné de trois cambriolages a été arrêté à Vénissieux. Il aurait déjà à son actif 54 antécédents judiciaires (tout en gardant bien à l’esprit que la justice ne connait jamais qu’une partie des méfaits commis par ce genre de multirécidivistes). « Lors de sa garde à vue », précise le journal 20Minutes, « le suspect a reconnu les faits. Laissé libre, il devra s’expliquer devant la justice le 17 septembre prochain ».

    Ai-je besoin d’en dire plus ?

    D’un côté un homme au casier judiciaire vierge, « risque de réitération ». De l’autre côté un délinquant chronique, connu pour tel, qui reconnait les faits pour lesquels il a été arrêté, mais là, apparemment, pas de risque de réitération. Donc pas de détention provisoire. Et à votre avis, à quoi va s’occuper ce charmant jeune homme en attendant son procès (si tant est qu’il s’y présente, bien sûr) ? Vous croyez qu’il va vivre de la vente de crayons et de cartes postales ?

    Coupons court : je dirais en substance exactement la même chose que ce que j’ai dit lors du procès d’Esteban Morillo et Samuel Dufour : « une sévérité en elle-même justifiée devient absolument insupportable lorsqu’elle apparait comme une exception au milieu d’un océan de laxisme et de mépris pour la vie humaine de la part de la « justice » française. »

    Comment voulez-vous que le procès à venir de Dettinger, tout comme celui de Morillo et Dufour, n’apparaisse pas comme un procès politique ? Comme l’expression d’une odieuse justice de classe ? On voudrait hâter une révolution sanglante qu’on ne s’y prendrait pas autrement.   ■

    Aristide Renou

     

  • Culture • Loisirs • Traditions

    Ce visuel est destiné à marquer l'unité des articles du samedi et du dimanche, publiés à la suite ; articles surtout culturels, historiques, littéraires ou de société. On dirait, aujourd'hui, métapolitiques. Ce qui ne signifie pas qu’ils aient une moindre importance.  LFAR

  • Littérature & Spiritualité • Sous le soleil de Satan

    par Gérard Leclerc

    Bernanos et Houellebecq - et « leur fraternité » en apparence improbable - évoqués ici, mis en perspective. Mais il est aussi question de Houellebecq à propos de cinéma, dans le bel article de Pierre Builly qui suit celui-ci. Et d'une autre comparaison. Houellebecq est devenu un centre. Nous aurons à y revenir. LFAR 

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    Un très grand livre, mais complètement anachronique ... 

    J’ai reçu hier la réédition, sous la marque Folio Classique, du premier roman de Georges Bernanos Sous le soleil de Satan.

    Un très grand livre, mais complètement anachronique, du moins si l’on prend pour repères les idéologies dominantes. En pleine période de déchristianisation, que peut bien signifier l’histoire d’un petit prêtre en conflit avec le mal, non pas le mal abstrait, mais Satan en personne. Une sorte de curé d’Ars en lutte avec le « grappin ». De quoi susciter l’ironie grinçante des incrédules et des rationalistes. Mais déjà, Bernanos se moquait de ce genre d’esprits superficiels en la personne d’un Anatole France, brillant écrivain académique, représentant typique d’une certaine mentalité Troisième République.

    bernanos.jpgPrès d’un siècle plus tard, Sous le soleil de Satan n’est-il pas aussi incongru, voire incompréhensible ? Qui sait ? Si l’on se rapporte aux deux pages conclusives du dernier roman de Houellebecq, auteur bien contemporain en phase avec les mœurs du temps, on se trouve face à une poignante interrogation métaphysique, qui consonne étrangement avec Bernanos. En lisant ces deux pages, ma jeune collègue du Figaro, Eugénie Bastié a pleuré comme elle avait pleuré en lisant les dernières pages du Crime et châtiment de Dostoïevski. Il n’est pas question de Satan chez Houellebecq, mais il est présent à chaque page. Il détruit les corps et les âmes, il détruit les couples. Le romancier décrit, de façon impitoyable, le travail de destruction qui s’opère et infuse partout le goût du néant. Et pourtant, dit-il « Dieu s’occupe de nous en réalité, il pense à nous à chaque instant, et il nous donne des directives parfois très précises. » Et d’évoquer « ces élans d’amour qui affluent dans nos poitrines jusqu’à nous couper le souffle ».

    En ce sens, il y a bien une fraternité entre les deux écrivains, même si Bernanos est plus explicitement du côté de ce Christ que Houellebecq, pourtant, nomme aussi. L’un et l’autre sont des explorateurs du désespoir contemporain. Michel Crépu, dans sa belle préface, note que Bernanos, explorateur de la nuit et des ténèbres, nous ouvre à la grande aventure spirituelle du XXe siècle. Elle se poursuit aujourd’hui.  ■ 

    Gérard Leclerc
    Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 janvier 2019.
  • Patrimoine cinématographique • Le déclin de l'Empire américain

    Par Pierre Builly

    Le déclin de l'Empire américain de Denys Arcand (1986)

    20525593_1529036520490493_4184281983923317414_n.jpgLa fatigue du monde occidental

    Voilà un film qui a eu, en France et partout ailleurs je crois, un grand retentissement et dont on ne parle plus du tout.

    Et pourtant, avec sa suite et son binôme, Les invasions barbares, il forme une des critiques les plus cohérentes, les plus intelligentes et les plus vraies de l'épuisement vital du monde occidental et du processus général d'effritement des existences, livrées à elles-mêmes par la disparition des systèmes de valeur antagoniques et par l'institution de l'individu comme sa propre et unique mesure. (On le voit partout dans le monde avec la généralisation du mariage pour tous). 

    220px-Declineamempire_ver1.jpgJe n'avais encore jamais fait le lien, qui m'est apparu pourtant hier de façon aveuglante, entre Le déclin de l'Empire américain, qui date de 1986, et l’œuvre romanesque du plus original des romanciers actuels, Michel Houellebecq, dont Extension du domaine de la lutte est sorti en 1994, et Les particules élémentaires en 1998. 

    Peu de ressemblances apparentes entre les flamboyants universitaires québécois du film, qui manient la langue avec une virtuosité et une gourmandise également exemplaires et les personnages décrits par le romancier, souvent falots, parcimonieux, étriqués, coincés au delà du possible. Mais, dans l'un et l'autre cas, pesanteur, lourdeur de la sexualité ou, plutôt, à l'omniprésence de la sexualité obligatoire. 

    Au début du film, Dominique (Dominique Michel), interviewée par Diane (Louise Portal) dans le cadre gigantesque et glaçant d'une de ces galeries couvertes qui permettent, pendant l'hiver, d'affronter les éléments québécois donne la clef du titre du film : Le bonheur personnel s'amplifie, dans le champ littéraire, au fur et à mesure que diminue le rayonnement d'une nation. Le bonheur personnel ou plutôt, me semble-t-il, son exigence revendiquée, exclusive aspiration. C'est à peu près, considéré sous un autre angle d'attaque, ce qu'écrit Houellebecq : l'extension à toutes les sphères de la vie de la logique économique libérale. 

    e9794063215244be3c6bb3055672e1d28ad2a626.png_1200x630.pngC'était sûrement un sacré pari pour Denys Arcand de tourner un film presque entièrement animé par les dialogues, eux-mêmes intervenant principalement dans des lieux clos. Un minimum d'incursions, sous forme de brefs flashbacks dans les récits des participants : le récit de la soirée échangiste de Louise (Dorothée Berryman) et Rémy (Rémy Girard), la rencontre dans un salon de massage de Pierre (Pierre Curzi) et de Danielle (Geneviève Rioux). Et malgré un discours qui tourne continuellement sur les pratiques sexuelles, aucune image trouble si ce n'est, sans doute, lors de l'évocation de sa rage de drague homosexuelle par Claude (Yves Jacques) ; séquence et rage qui font d'ailleurs singulièrement songer aux Nuits fauves de Cyril Collard. 

    arti3.jpgMalgré de superbes cabrioles verbales et le brio formidable de tous les acteurs, Le déclin de l'Empire américain est tout, sauf un film drôle ; c'est même le constat d'un désastre, qui apparaît, très furtivement, très fugitivement, au coin d'une réplique qui mentionne l'éloignement de tous les couples avec leurs enfants, ou l'absence d'enfants... 

    Parce que vieillir est intolérable si l’on a perdu le désir de transmettre. Mais si l’on a pu donner un peu de souffle à la matière, le souffle qu’on a reçu et à qui, si possible on a pu ajouter quelque chose, où est le drame ? On n’est que fils et que père : le reste n’a pas beaucoup d’importance.   ■

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    DVD autour de 5 € .

    Retrouvez l'ensemble des chroniques hebdomadaires de Pierre Builly sur notre patrimoine cinématographique, publiées en principe le dimanche, dans notre catégorie Culture et Civilisation.
  • Culture • Loisirs • Traditions

    Ce visuel est destiné à marquer l'unité des articles du samedi et du dimanche, publiés à la suite ; articles surtout culturels, historiques, littéraires ou de société. On dirait, aujourd'hui, métapolitiques. Ce qui ne signifie pas qu’ils aient une moindre importance.  LFAR

  • Actualité & Religion • LES MARTYRS D’ALGÉRIE BÉATIFIÉS

    Par Annie LAURENT  

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    « Que Mgr Pierre Claverie et ses dix-huit compagnons, fidèles messagers de l’Évangile, humbles artisans de paix, soient dès maintenant appelés bienheureux ».

    En proclamant ce décret de béatification à l’ouverture de la messe solennelle présidée par lui le 8 décembre dernier dans le sanctuaire Notre-Dame de Santa-Cruz, situé sur les hauteurs d’Oran, le cardinal Angelo Becciu, préfet de la Congrégation pour la Cause des saints, donnait à l’événement une dimension historique. En effet, pour la première fois, une telle célébration s’est déroulée dans un pays dont la population est majoritairement musulmane et dont l’Etat se réfère officiellement à l’islam.

    Puisqu’il est d’usage, dans l’Eglise catholique, de célébrer les béatifications sur les lieux où les nouveaux élus ont terminé leur vie terrestre, le choix de l’Algérie pour honorer les dix-neuf martyrs (quinze Français, deux Espagnoles, un Belge et une Maltaise), assassinés dans ce pays entre 1994 et 1996, se justifiait.

    La mission de ces bienheureux s’est déroulée dans l’Algérie indépendante, même si les congrégations religieuses auxquelles appartenaient la plupart d’entre eux y exerçaient leur apostolat depuis plus ou moins longtemps. Les Missionnaires d’Afrique (les Pères Blancs) y furent fondés en 1868 par le cardinal Charles Lavigerie, troisième évêque d’Alger. Quatre des leurs, Jean Chevillard, Alain Dieulangard, Christian Chessel et Charles Deckers, ont été tués ensemble le 27 décembre 1994 à Tizi-Ouzou (Kabylie) par un commando islamiste.

    cq5dam.thumbnail.cropped.750.422.jpgQuant à la présence de moines trappistes, elle remonte à 1843. D’abord érigé à Staouëli, près d’Alger, leur monastère se fixa en 1938 à Tibéhirine, dans le massif de l’Atlas. C’est là que le prieur, Christian de Chergé, et six de ses moines (les Pères Célestin Ringeard et Bruno Lemarchand ; les Frères Luc Dochier, Michel Fleury, Christophe Lebreton et Paul Favre-Miville) ont été enlevés dans la nuit du 26 mars 1996, leurs têtes ayant été retrouvées à quelques kilomètres le 30 mai suivant, neuf jours après l’annonce de leur meurtre par les Groupes islamiques armés (GIA).

    Pour leur part, les Frères maristes ont ouvert leurs trois premières écoles en 1891. Arrivé à Alger en 1969 pour y diriger le collège Saint-Bonaventure, le Frère Henri Vergès demeura sur place après la nationalisation des établissements catholiques, prenant alors en charge la bibliothèque étudiante de la Casbah, propriété de l’archevêché d’Alger, où il était secondé par Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, appartenant aux Assomptionnistes, présentes en Algérie depuis 1946. Ils moururent ensemble sous les balles de trois terroristes venus les tuer le 8 mai 1994.

    Les Augustines missionnaires, originaires d’Espagne, se sont établies à Constantine et à Blida en 1933, ouvrant ensuite une maison à Bab-El-Oued, quartier populaire d’Alger, où elles s’adonnaient à des œuvres de charité. Deux d’entre elles, les Sœurs Esther Paniagua Alonso et Caridad Alvarez Martin, ont été assassinées dans la rue le 23 octobre 1994 alors qu’elles partaient assister à la messe. La congrégation missionnaire Notre-Dame des Apôtres est en Algérie depuis 1937 pour divers services (paroisses, enseignements, santé). Deux de ses religieuses, les Sœurs Bibiane Leclercq et Angèle Marie-Littlejohn, ont été tuées à bout portant à Belcourt (Alger) en revenant de la messe, le 3 septembre 1995. Les Petites Sœurs du Sacré-Cœur, de spiritualité foucauldienne, sont, elles aussi, arrivées en Algérie avant l’indépendance. L’une d’elles, Odette Prévost, vint à Alger en 1968 pour fonder une communauté puis intégrer le Centre culturel diocésain des Glycines. Elle a été abattue dans la rue le 10 novembre 1995 alors qu’elle se rendait à la messe.

    Enfin, l’itinéraire de Mgr Pierre Claverie se distingue des autres bienheureux car, né en 1938 à Bab-El-Oued dans une famille de pieds-noirs, il était un enfant du pays. Devenu dominicain, il put s’établir dans la capitale algérienne en 1967. Avant d’être nommé évêque d’Oran en 1981, il dirigeait le Centre diocésain d’Alger. Victime d’une bombe qui l’attendait à la porte de son évêché, il est mort le 1er août 1996, devenant le dernier des dix-neuf martyrs dans l’ordre chronologique. Mais s’il est placé en tête de la liste c’est bien sûr en sa qualité d’évêque, ce qui explique aussi le choix d’Oran comme lieu de la cérémonie des béatifications.

    Un choix expressément demandé au Vatican par les quatre évêques d’Algérie, comme l’a indiqué le successeur de Mgr Claverie, Mgr Jean-Paul Vesco, lui aussi dominicain, car il s’agissait de mettre en lumière la fidélité des bienheureux à leur vocation, librement consentie malgré l’islamisation croissante de la société et les menaces que les djihadistes faisaient peser sur eux. Déjà en germe durant la guerre d’indépendance où djihad et socialisme s’entrecroisaient, cette évolution s’appuya ensuite sur l’arabisation promue par les dirigeants algériens avec l’aide de professeurs venus du Proche-Orient. Elle s’accompagna de l’extension de la charia dans des domaines tels que la famille ou la liberté de culte. L’Eglise peine aussi à obtenir des visas pour ses membres (1).

    « Dans la logique de l’islamisme, tout ce qui n’est pas musulman est impur. Pour nous, il est important de rester pour mettre en échec cette logique de haine », confiait, peu avant sa mort, Mgr Claverie (2). Il tenait à ce que le rôle des chrétiens fût bien compris en France. « Je n’aime pas l’on nous fasse passer pour des martyrs (…). C’est le moment pour nous de la gratuité et j’y insiste toujours, nous n’avons rien d’autre à proposer que d’être là et de garder avec ce peuple une relation d’amitié dans laquelle se traduit un peu de l’amour de Dieu, sans autre moyen que d’être avec eux, avec le risque d’y laisser sa vie (…). Nos interlocuteurs sentent bien dans quel esprit nous agissons » (3).

    La collaboration de l’Etat pour le bon déroulement de la cérémonie, la présence à Santa-Cruz du ministre des Affaires religieuses, Mohamed Aïssa, ainsi que des principaux imams, semblent accréditer cette affirmation. L’Eglise a néanmoins pris soin de poser des gestes visant à empêcher toute incompréhension. Ainsi, dans un message lu avant la célébration, le pape François a souhaité que celle-ci soit aussi « une prière pour tous les fils et filles de l’Algérie qui ont été, comme eux [les bienheureux], victimes de la même violence », allusion aux 200 000 victimes de la guerre civile, dont 114 imams qui s’opposaient aux islamistes, sans oublier le jeune chauffeur musulman de Mgr Claverie, Mohamed Bouchikhi. A l’intention des représentants de l’Etat, le Saint-Père a ensuite émis le vœu « que cet événement inédit dans votre pays dessinera un grand signe de fraternité dans le ciel algérien à destination du monde entier ».

    Mais « faut-il encore une fois faire le deuil de nos morts et de la vérité ? », s’est interrogé l’écrivain algérien, Boualem Sansal, craignant que ces béatifications ne servent de prétexte à enterrer l’enquête relative aux circonstances et aux responsabilités du drame des moines de l’Atlas (4). Or, sur ces points le mystère demeure comme le montre la journaliste Mireille Duteil, au terme d’une recherche fouillée : outre les maladresses de la politique française envers le pouvoir algérien et la « guerre des services » de renseignements, nos juges s’opposent depuis le début à des manœuvres dilatoires du côté de l’Etat algérien et de sa justice. « Tellement de bruits invérifiables et d’intoxications plus ou moins volontaires ont couru sur ce septuple enlèvement (…). Chacun garde ses secrets », note l’auteur qui, tout en retenant l’hypothèse d’une opération montée par l’armée algérienne, conclut à « l’impossible vérité » (5).

    lesechosdalger-Monseigneur-Paul-Desfarges-église-protestante-660x330.jpgDans une Lettre pastorale intitulée La béatification de nos frères et sœurs, une grâce pour notre Eglise, Mgr Paul Desfarges, archevêque d’Alger, invite ses fidèles à ne pas faire de tri parmi les dix-neuf bienheureux, malgré l’attirance que chacun peut avoir pour « la figure de l’un ou l’autre », car « l’Eglise nous les donne ensemble ». Et de préciser : « Quoi de commun entre tous ? Ils ont donné leur vie dans l’amour et le service du peuple algérien » et partageaient la parole de Christian de Chergé dans son testament : « J’aimerais que ma communauté, mon Eglise, ma famille, se souviennent qe ma vie était DONNÉE à Dieu et à ce pays ».

    L’archevêque évoque ensuite les possibles ambiguïtés du dialogue islamo-chrétien. « II n’y a qu’un seul médiateur, le Christ », écrit-il. Puis il rappelle comment Mgr Claverie « a bien su mettre en garde […] contre des ressemblances qui sont des ressemblances apparentes », mentionnant notamment Abraham et Jésus. Faut-il y voir une allusion aux positions doctrinales du prieur de Tibéhirine dont certains écrits peuvent légitimement troubler tant il semblait subjugué par l’islam ? Mgr Desfarges entend sans doute souligner avec raison que la reconnaissance d’un martyr, si beau que soit son sacrifice, n’en fait pas un docteur de l’Eglise. 

    Article paru dans La Nef, n° 310 – Janvier 2019.

    __________

    1. Mireille Duteil, Les martyrs de Tibhirine. L’histoire d’un drame politico-religieux, Salvator, 2018.
    2. Ibid., p. 35. 
    3. Pierre Claverie, Un amour plus fort que la mort, Cerf, 2018, p. 78-79. 
    4. Le Figaro, 7 décembre 2018. 
    5. Duteil, op. cit., p. 176, 220-225.

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    L'ISLAM, Annie Laurent,
    Editions Artège, 285 p., 19,90 €

    Annie Laurent
    Spécialiste du Proche-Orient, des chrétiens d’Orient et de l’islam, Annie Laurent est à l’origine de l’association Clarifier et est l’auteur notamment de L’Islam, pour tous ceux qui veulent en parler (mais ne le connaissent pas encore) (Artège, 2017), L’islam peut-il rendre l’homme heureux (Artège, 2012), Les chrétiens d’Orient vont-ils disparaître ? (Salvator, 2017). 
  • Cinéma • Au bout des doigts

     Par Guilhem de Tarlé 

    A l’affiche : Au bout des doigts,  un film français de Ludovic Bernard, avec Lambert Wilson (Pierre Geitner), Jules Benchetrit (Mathieu Malinski), Kristin Scott Thomas ("La Comtesse") et Karidja Touré (Anna).

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    2019 commence en grande musique ! 

    L'Ascension était un bon film de 2017 au cours duquel Ludovic Bernard a fait escalader l'Everest à un jeune de banlieue.

    Au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, aujourd'hui, ce même réalisateur fait monter un jeune délinquant au sommet de la gloire. 

    Au bout des doigts, c'est pourtant du bout des lèvres, ou plutôt de la plume, que les critiques des quotidiens locaux commentent ce film,  La Provence et surtout Var-matin qui titre « Concerto de fausses notes ».

    1280x720.jpgEh bien non ! 2019 commence en grande musique avec cette comédie dramatique pleine de  suspense et d'émotion dans laquelle - une fois n'est pas coutume, amusons-en nous - le scénario orchestre joliment la diversité des notes blanches et noires.    

    PS : vous pouvez retrouver ce « commentaire » et plusieurs dizaines d’autres sur mon blog Je ciné mate.

  • Actualité • « Nous avons désespérément besoin de quelqu'un qui décide de manière salvatrice »

     

    Nous détachons des nombreux commentaires de qualité reçus ces jours derniers sur Lafautearousseau, celui-ci signé d'Antiquus. 

    « Nous avons désespérément besoin de quelqu'un qui décide de manière salvatrice dans les circonstances exceptionnelles qui sont les nôtres. Si cet homme était l'héritier légitime du royaume, alors il refonderait la souveraineté et nous n'en serions pas à ratiociner sur un roi muet et immobile, sans opinion ni volonté. Mais le temps presse. Il nous reste trente ans pour conserver la France en vie. »

  • Macron, le double échec

     

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    Il doit arriver un moment dans l'existence humaine mais aussi sociale, où  rien ne réussit plus, où les petites et les grandes choses de la vie privée ou publique se soldent toutes ou presque par des échecs, des incompréhensions, des déconvenues plus ou moins profondes ou stupides.

    Tout se ligue, y compris le hasard, pour que les catastrophes s'accumulent. Chance et malchances  jouent aussi sur la vie des hommes et des États comme leurs  mérites ou leurs bévues, leur paresse et leurs errements. Quand tout s'en mêle pour enclencher un processus de descente aux enfers, il semble que rien ne l'arrêtera plus, que la loi des séries est imparable, que le retour à bonne fortune est impensable. 

    800px-Kairos-Relief_von_Lysippos,_Kopie_in_Trogir.jpgIl est bien possible que ce soit ce qui arrive à Emmanuel Macron et, très accessoirement, à l'équipe inconsistante qu'il a mise en place - de concert avec les oligarques, pour sauver le Système mis à bas par ses prédécesseurs. Le Macron actuel est passé sous l'empire de l'anti-kairos.  

    Les causes de son échec tiennent sans doute d'abord à l'inadéquation de sa politique aux réalités nouvelles de la France et du monde. Il s'est refusé à prendre en compte que le vent avait tourné en Amérique (Nord et Sud), en Europe, en France et ailleurs, entre les mois de pure exaltation européiste, mondialiste, néolibérale, caricaturalement élitiste de sa campagne, et les changements de fond intervenus depuis le Brexit ; la rupture nationaliste et populiste opérée par Donald Trump, les progrès du même populisme partout en Europe, le grand retour des nations, du politique, la reprise en mains de l'économique par ce dernier, sur tous les continents. Macron ne veut pas démordre de ses options originelles désormais obsolètes. Et, de pure évidence, il est en train de le payer fort cher. 

    661_magic-article-actu_761_1c4_98f1c8609b3047048290c95cd6_travail-europe-et-anecdotes-macron-devoile-son-jeu-dans-un-discours-enflamme_7611c498f1c8609b3047048290c95cd6.jpgSon échec – qui semble consommé - tient sans-doute en second lieu à sa propre personne, laquelle avait plu de prime abord, parce qu'il était un outsider, qu'il incarnait le dégagisme tant souhaité, qu'il rompait, par son intelligence, sa culture, sa prestance, en bref par un certain charisme, au moins d'apparence, avec la trop évidente médiocrité de ses prédécesseurs et qu'il semblait porter la promesse d'un changement de régime. Cela aussi est désiré des Français. Dans l'opinion publique, la confiance en ces belles qualités d'Emmanuel Macron a fait long feu. La révélation progressive de son arrogance, de son élitisme méprisant pour qui n'est pas de ses amis, ses étrangetés, ses mauvaises fréquentations et finalement les conséquences douloureuses pour nombre de Français de ses décisions politiques, a retourné son image de plutôt positive à très négative et mué l'empathie bienveillante et curieuse des débuts en détestation ou même en haine. Cette seconde cause d'échec nous paraît bien plus grave que la première. On peut changer de politique. Pas vraiment de personnalité. Celle-ci chez Macron s'est dévalorisée pour une raison plus subtile, plus profonde, et somme toute irrémédiable, qu'Emmanuel Todd a exposée avec finesse : depuis ses frasques de l'été dernier (affaire Benalla, fête de la musique de l’Elysée, équipées à Lagos et dans les territoires d'Outre-Mer) son image a désormais les traits de l'enfance. Mais d'un enfant volontaire et capricieux, incapable d'autorité, parce que cette dernière emprunte toujours plus ou moins à l'image du père. Et cette perception dégradée est sans-doute la plus irrémissible de toutes. Luc Ferry a traduit cela de la façon suivante : « nous avons envoyé un gamin à l'Élysée, nous allons le payer très cher ». D'autant que ce gamin n'a pas l'innocence de l'enfance : il a subi le formatage de Science Po et de l'ENA, de profs de même acabit et de quelques gourous visionnaires aux idées très fausses et très nuisibles, dont l'archétype est son mentor, le fumeux Jacques Attali. On ne peut guère trouver pis.  

    Retrouvez l'ensemble des chroniques En deux mots (112 à ce jour) en cliquant sur le lien suivant ... 

    En deux mots, réflexion sur l'actualité

  • Pour retrouver les 4 articles de Lafautearousseau, « Jacques Attali : autopsie métaphysico-politique »

    Lʼinfluent conseiller des présidents

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    Pour les 75 ans d'Attali ... 

    Par Rémi Hugues 

    Intellectuel, idéologue, esthète, homme de culture et homme d'influence, conseiller des princes et banquier... Auteur prolifique. Jacques Attali a été, est ou a voulu être tout cela. Homme politique, homme des combinaisons obscures, aussi. Ses idées, ses aspirations, ses songes, qui sont ceux d'une certaine modernité ou post-modernité, Attali a rêvé de les voir se réaliser. Rémi Hugues au fil d'une série de quatre articles a tenté son autopsie. Une suite passionnante dont vous pouvez retrouver l'intégralité en suivant les liens ci-dessous ... ■  

    Jacques Attali : autopsie métaphysico-politique
    [1]    [2]    [3]    [4]