Quand l’islam 2.0 fascine les Latino-américaines [1]
Jeunes femmes autochtones priant à San Cristobal de Las Casas, État du Chiapas, Mexique, 2016
Par Sylvie TAUSSIG
Nous proposons (...) à nos suiveurs un article fouillé de S. Taussig paru récemment dans la revue internationale en ligne The Conversation. Créée en 2011 en Australie, ce site est vite devenu le rendez-vous de la fine fleur de l’intelligentsia universitaire mondiale, et il dispose maintenant d’une version francophone, d’où nous avons ramené cet article. Bonne lecture ! Péroncel-Hugoz
Les réseaux sociaux jouent un rôle considérable dans tous les domaines de la mondialisation, y compris la spiritualité, la religion et la foi. Le pape s’exprime par tweet, le dalaï-lama donne des cours en ligne, et le phénomène des imams sur le web est bien étudié.
Il existe cependant une réalité musulmane encore peu étudiée pour l’Amérique latine, mais bien vivante, et qui prospère d’autant plus que la population musulmane y est clairsemée. De fait l’implantation musulmane est faible dans la plupart des pays (voir l’étude du Pew Research Center pour une estimation totale) mais structurée par les grands courants prosélytes depuis les années 1980. Nous sommes dans bien des cas dans un islam de deuxième génération, qui prétend à une certaine visibilité. Je me limite ici aux pays principalement hispanophones, le Brésil présentant un cas particulier d’islam plus local.
Documentaire de Vice sur les musulmans mexicains.
La structuration de ces musulmans en Amérique hispanophone passe le plus souvent par une connexion forte soit avec les pays d’origine, soit avec des groupes très actifs aux États-Unis (et l’un n’empêche pas l’autre), et donc par la circulation de prédicateurs et de biens symboliques. En marge de ces connexions transrégionales, il existe de façon surprenante des sites de rencontre spécifiquement musulmans, spécialement conçus pour mettre en contact des hommes vivant dans des pays musulmans avec des femmes latino-américaines, dans le but de contracter un mariage temporaire ou permanent, via l’immigration.
Dans certains cas, Internet réalise la projection de la sociologue marocaine Fatima Mernissi, à savoir que l’amour, facilité par Internet, permet de dépasser le fossé entre islam et occident ; dans d’autres cas, l’abus de confiance est caractérisé.
Habibi latino
Alors que les courants musulmans orthodoxes remettent en question le caractère haram (illicite) des relations virtuelles entre hommes et femmes non mariés, et argumentent moins sur la dimension éthique que sur des concepts de légalité islamique et de relation entre les sexes. Certains sites Web (où les usagers communiquent en espagnol et parfois en anglais) et pages Facebook, parfois des « groupes secrets » et réservés aux femmes (Musulmanas latinas por un matrimonio halal, Enamorada De Un Musulman, CUÉNTANOS TU HISTORIA (TENGO PAREJA MUSULMANA), Amor Arabe Enamorada, Casada de un Arabe o Musulman, Quien es mi habibi) ont spécifiquement ouvert un nouvel espace de réflexion sur la violence contre les femmes.
Enamorada de un musulm
Un mariage religieux plutôt que laïque
Ces pages poursuivent différents types d’objectif – soit facilitation de la rencontre en vue du mariage, soit expression de doléances, soit vérification que le « habibi » en vue n’est pas déjà le « habibi » d’une autre, soit enquête informelle sur la sincérité du galant –, et elles ont souvent une durée de vie limitée car elles sont à un moment ou un autre « trollés » et investis par des officines prosélytes ou des individus voulant vendre tel ou tel type de services.
Les pages Facebook de femmes latino-américaines – interdites aux hommes sur la base d’un questionnaire d’entrée- racontent leurs terribles histoires de tromperie et désillusion, où se font jour de nombreux éléments de la violence faite aux femmes. Les femmes racontent comment elles ont été abusées par leur habibi, qui parfois en drague plusieurs à la fois ; parfois elles leur ont envoyé de l’argent pour qu’il vienne les rejoindre et n’en ont jamais vu la couleur ; certaines se sont même rendues dans le pays du habibi, où elles se sont vu retirer leur passeport et ont vécu des choses qui relèvent du crime. Elles viennent raconter, informer, dissuader, conseiller ou simplement pleurer pour se reconstruire par l’écoute. On constate que ces hommes s’attaquent plus facilement à des personnes fragiles (par leur âge, leur physique, leur situation de famille, etc.)
C’est particulièrement le cas lorsque les mariages ne sont célébrés que par religion et non sous une forme civile. Ces sites ouvrent aussi une fenêtre sur des pratiques moralement douteuses, soit des hommes qui draguent plusieurs femmes en même temps, soit des femmes qui tâchent de s’emparer des « habibis » des autres, dont elles savent tout via l’indiscrétion virtuelle.
Dans ce cas, alors que les pays d’Amérique latine exigent, comme en France, un mariage civil, cette problématique montre comment les exigences religieuses peuvent s’opposer à la normativité juridique laïque. Ainsi certains religieux en font même un instrument prosélyte.
Le wali pakistano-péruvien que j’ai rencontré affirme que l’islam constitue une meilleure protection pour les femmes que l’État de droit qui, pour un croyant, crée une culpabilité morale intérieure et génère une loyauté divisée (tension par rapport à ce qu’on doit à Dieu). En effet, le mariage « islamique » où la femme est nécessairement accompagnée de son témoin garantirait selon lui une protection supérieure au mariage civil.
L’Arabe glamour de la télénovelas
Le vaste travail de terrain que j’ai mené, principalement au Mexique, au Pérou et au Chili met d’abord en lumière la manière dont se constitue et se véhicule une image de l’Arabe idéal, à travers les telenovelas et sur la série el clon et son succès au Brésil et les réseaux sociaux, sur la base d’un goût « oriental » déjà ancien.
Trailer de « El clon » (le clone) série diffusée depuis 2010. Met en scène une histoire d’amour entre Lucas, son clone et une belle jeune femme exotique car « arabe », Jade.
Prince sur son cheval, émir du pétrole, bellâtre caractérisé par son romantisme et sa douceur avec les femmes, par opposition au machiste latino – la violence conjugale est effectivement un thème majeur – l’arabo-musulman jouit d’une représentation favorable (à côté de formes non moins certaines de xénophobie).
Cette dernière est encouragée par les réussites spectaculaires d’un Carlos Slim et autres hommes d’affaires d’origine du Levant, que l’on retrouve d’un pays à l’autre, en politique ou dans le mécénat. Ceci est aussi répercuté par les sites musulmans.
La valorisation, qui part d’une ambivalence liée à la mise en avant d’une source arabe de l’identité espagnole des Latinos, va jusqu’à la « glamourisation ». ■ [Série suite et fin demain].
Sylvie Taussig
Chercheuse, CNRS, Institut français des études andines
Voir dans Lafautearousseau ...

Les membres du gouvernement, trop intelligents, trop subtils, ne sont pas responsables du fait que ce peuple de Gaulois est réfractaire au progrès et aux réformes, bref au changement.
« Tout va très bien, Monsieur le petit marquis » : le marché de l’automobile s’est bien comporté en 2018, tiré notamment par les ventes de voitures françaises. Pensez donc, si la croissance du nombre de voitures neuves vendues s’établit à 2,97 %, c’est grâce au groupe Peugeot dont les ventes ont bondi de plus de 13,3 %. Qu’importe que cette augmentation provienne des voitures Opel/Vauxhall, qui n’y sont comptabilisées que depuis la mi-2017 ? Ne parlons donc pas de Renault qui, avant même que n’éclate l’affaire Carlos Ghosn, n’avait vu ses ventes augmenter que de 2,48% (moins bien que l’ensemble du marché). Quant aux ventes du mois de décembre, il est trop tôt pour tirer les conclusions d’une chute de près de 20% ; n’en parlons pas.
On feint de continuer à croire que, par ses représentants, le peuple consent à l’impôt. Mais c’est oublier que plus de la moitié des électeurs ne payent pas d’impôt direct et que les plus fortunés savent qu’ils peuvent compter sur la complexité des lois fiscales préparées par les hauts fonctionnaires de Bercy pour trouver, avec l’aide des cabinets d’avocats internationaux, les moyens d’éviter la spoliation. Pourtant le montant des impôts directs perçus augmentent. Mais c’est un nombre de plus en plus restreint – les plus productifs mais aussi les moins représentés – qui supportent une facture toujours plus lourde.

Sylvie Taussig a d’abord forgé sa plume avec Gassendi (Photo), ce philosophe méridional du Grand Siècle qui voulait (et pourquoi pas ?) montrer que Jésus et Épicure étaient compatibles ; elle a ensuite publié des romans oniriques à l’écriture décoiffante ; elle nous a donné un plus classique Richelieu mais débordant de vie et qui montrait également que le grand cardinal-ministre de Louis XIII, fut, en toute discrétion, un bon prêtre ; ensuite elle contribua à soulever le voile, c’est le cas de le dire, sur l’islamisation de moins en moins rampante qui avance inexorablement dans notre pays, depuis plus de 30 ans ; elle joua alors un rôle moteur dans un hors-série de la revue Cités, en 2004, l’Islam en France (une nuée de contributaires les plus divers dans un volume de 725 pages qui a fait date) ; sur cette lancée islamologique, Sylvie Taussig est partie comme chargée de mission du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en Amérique latino-amérindienne, basée dans la province mexicaine puis à Cuzco, au cœur du Pérou inca. Elle a opéré, sous ces latitudes, des découvertes absolument inattendues sur le recul du catholicisme*, non seulement devant les évangéliques, bras armé et financé par l’hégémonie étatsunienne dans la région (cela on le savait)** mais désormais, et ça c’est la découverte de S. Taussig, l’Islam grignote aussi l’ex-monopole catholique sud-américain.
Sur ce phénomène inédit et passablement inquiétant pour l’Eglise (que fait notre pape italo-argentin ? Il vante l’accueil des musulmans en Europe !)

On peut bien sûr benoîtement penser que M. Macron est allé signer un traité bilatéral visant à renforcer une alliance équilibrée, c’est-à-dire une alliance où chacun des partenaires trouve son compte : ce faisant, il se serait inscrit dans la conception gaullienne de coopération entre nations souveraines, de Gaulle lui-même ayant signé avec Adenauer le fameux « traité de l’Elysée » (22 janvier 1963). Si l’on se donne la peine d’aller au fond des choses, on doit pourtant admettre que le traité d’Aix-la-Chapelle n’est pas si anodin que cela - on le prétendait même « symbolique » à l’Elysée. Derrière les mots se cachent des réalités.
Posons donc les bonnes questions. Que pèsera, face au mastodonte allemand, une France industriellement exsangue dans une «

En fait, c'est la première fois depuis l'audacieuse demande du roi Louis XVI adressée aux « peuples du royaume », que l’État prend, à une telle échelle et sous cette forme ancienne, la responsabilité de demander à tous les Français, dans leur commune, leurs souhaits, leurs revendications, leurs propositions, au moment même où les colères, multiples et parfois incontrôlées, débordent et s'affirment en tumultes parfois incontrôlables. 230 ans que ce que l'on pourrait qualifier de « pays réel », entier et pluriel, n'a pas été ainsi appelé par « l’État légal » à prendre la parole...
Il est des thèmes que les cahiers de doléances n'ont pas encore, semble-t-il, abordés et qui peuvent l'être en ces deux mois de débats et de rédactions, et que les royalistes auront à cœur d'évoquer : sur les questions régionales, par exemple, la nécessité d'un nouveau découpage territorial qui prenne aussi en compte les particularités historiques, comme en Alsace ou en Bretagne, avec le rattachement souhaitable de la Loire-Atlantique à la région administrative bretonne ; sur les questions d'aménagement du territoire avec un véritable « redéploiement rural » qui permette de redonner vie et vitalité à nos villages, et les nouvelles techniques de communication peuvent favoriser, par le télétravail par exemple, cette nécessaire politique ; sur les questions environnementales avec une meilleure prise en compte des intérêts locaux pour la préservation des paysages, ce qui éviterait bien des conflits et des blocages, comme on l'a vu jadis à Notre-Dame-des-Landes, dont la population a longtemps été tenue à l'écart des décisions prises « d'en haut » quand elles concernaient aussi les gens « d'en bas » ; sur les questions économiques, avec un soutien, étatique comme régional, plus actif au « Produire français » et un meilleur contrôle des pratiques de la grande Distribution ; sur les questions agricoles, avec le soutien aux agriculteurs qui veulent se dégager du productivisme et des jeux mortifères d'un Marché qui ne favorise plus que les « gros » quand il faut permettre à tous de vivre du travail de la terre et de la ferme ; sur les questions patrimoniales, avec une politique de rénovation et de valorisation à grande échelle de ce qui fait la richesse de notre pays en tous ses territoires, et pour lesquelles Stéphane Bern et tant d'autres ne cessent de se mobiliser malgré les petites manœuvres de Bercy ; sur les questions scolaires, avec la nécessité d'une plus grande autonomie de fonctionnement des établissements, de la maternelle à l'université, dans le cadre de la commune et de la région plutôt que dans celui de l’État qui ne doit jouer qu'un rôle d'arbitre et, éventuellement, d'investisseur (ou de facilitateur) pour certaines branches de la Formation des intelligences françaises...

L'un des participants à la conférence-débat avec André Bercoff du 21 janvier dernier à Marseille, lui-même Camelot du Roi*, nous a remis la photographie en en-tête. Il s'agit d'un défilé d'Action Française d'avant-guerre (seconde moitié des années 1930). C'est un document d'archive. Il est bon que nous gardions nos traditions, que nous nous souvenions de quelle histoire nous sommes les héritiers et les continuateurs ; et que les jeunes qui nous rejoignent le sachent eux aussi !
Les Camelots du Roi défilent en tête sur la célébrissime Canebière non encore envahie et défigurée par l'Afrique. Les premiers sont venus avec leur bicyclette. Si l'on y regarde de plus près, on remarque que tous portent à la boutonnière de leur veston l'insigne des Camelots du Roi. Celui-là même que, pour certains d'entre nous, nous portons aussi aujourd'hui encore et que nous remettons au fil du temps à des jeunes qui ont fait la preuve de leur engagement à l'Action Française, de leur disponibilité, et de cette libre discipline que nous acceptons tous comme condition d'efficacité.



Le film reprend avec une grande fidélité les péripéties dignes d'un roman feuilleton de la vie de Pierre Caron de Beaumarchais entre 1773 et 1780, marquées par le succès des deux pièces qui l'ont immortalisé (Le barbier de Séville et Le mariage de Figaro) et donc ses démêlés avec les Parlements et les financiers (il était néanmoins lui-même à la tête d'une fortune considérable), mais aussi par ses activités d'agent secret au service de la Couronne, son action en faveur des Insurgents d'Amérique et par la faveur des Rois, Louis XV puis Louis XVI, agacés devant un esprit aussi rétif mais admiratifs de son énergie et de son inventivité. Je m'étonne et me réjouis qu'un récit historique qui exige un minimum de connaissances sur cette période complexe des dernières années d'Ancien Régime ait pu remporter un grand succès public, mais je ne suis pas certain que tout le monde ait bien compris la subtilité de plusieurs passages.
Et mention spéciale pour le choix des demoiselles : Claire Nebout prête sa beauté androgyne au Chevalier d'Éon (on ne saurait faire meilleur choix), Isabelle Carré, Florence Thomassin sont de ravissantes soubrettes de théâtre, Sandrine Kiberlain interprète la troisième (et dernière) épouse de l'auteur avec le grand talent qu'on lui connaît. 

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