RÉVOLTE POPULAIRE : mépris de l'Histoire, issue désastreuse
Xavier Raufer est un essayiste, expert en questions de criminalité. Il a publié des ouvrages consacrés à la criminalité, au terrorisme et à l'insécurité urbaine.
Il participe régulièrement à diverses publications de presse ou émissions télévisées.
On lira avec intérêt l'entretien qu'il a donné à Atlantico le 4 décembre. A l'avant-veille d'une nouveau samedi de révolte qui pourrait, dans un sens ou dans un autre, être crucial. LFAR
Par Xavier Raufer

Après le marasme de samedi en sommes-nous vraiment arrivés à un moment où les forces de l'ordre ne peuvent plus contenir un mouvement insurrectionnel ?
Si, elles le peuvent bien-sûr, et ce qui advient depuis trois samedis est une honte.
Pillages et déprédations sont le fait, d'une part des Blacks Blocks et de l'autre, des racailles de banlieue.
Voyons tour à tour ce qu'il en est.
A Paris et alentours (92, 93, 94) opère la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP, ex-RGPP), l'outil de renseignement civil le plus ancien de France - et sur son territoire, le plus affuté.
L'auteur est formel : la DRPP connaît un par un les deux ou trois cents pires anars et Black blocks et peut aisément, sur instruction, les cueillir au nid avant émeute (dans les beaux quartiers ou divers squats...) pour les isoler quelques heures ; les codes en vigueur le permettent.
En prime, ces milieux anarchistes grouillent d'indicateurs. En Ile-de-France, la PP connaît ainsi en détails les préparatifs d'une émeute.
Et l'Europe du renseignement existe : quand trente émeutiers allemands (les plus aguerris), belges ou italiens, partent pour Paris se joindre à la « fête », un signalement nominal est fourni. Ces alertes donnent l'immatriculation des véhicules, des itinéraires, etc. (les « indics », toujours...). Dans ce cas, un barrage filtrant règle le problème.
Ainsi, tout gouvernement français peut, sinon neutraliser une émeute - du moins, en limiter à 90% les dégâts. Exemple : avant l'élection présidentielle, les Black blocks voulaient ravager le secteur du Zénith le 17 avril 2017, lors d'une réunion du Front national. Prévenue (comme d'usage), la police agit et l'affaire avorte. Or cela, elle le peut toujours - même en décembre 2018.
Racailles : voulant pourrir la situation et salir les manifestants, les autorités ont rouvert le RER - Champs-Elysées le premier samedi de manifestation des « Gilets-Jaunes ». C'est alors que les pillages ont commencé. De la banlieue nord, des bandes ont investi les « beaux-quartiers ». Policiers et gendarmes de terrain l'affirment tous : c'est en fin de journée que les racailles surgies du RER ont pillé. Voilà la réalité.
Le gouvernement ne prendrait-il pas un risque à amalgamer les casseurs et les gilets pour des raisons purement politiques, étant donné le pouvoir de nuisance des ultras et casseurs observé à Paris ?
Agir ainsi est une folie politique. Le président Macron, son Premier ministre et leur cour ont négligé une règle cruciale, s'agissant de la France et du peuple français. Règle que TOUS les présidents de la Ve République ont sinon observée avec soin : attention aux peuples régicides. Sur les quelques cent vrais Etats-nations au monde, trois ont tué leur souverain - non attentat ou accident, mais exécution délibérée : l'Angleterre, Charles Ier, janvier 1649 ; la France, Louis XVI, janvier 1793 et le Tsar, juillet 1918. Ces peuples-là subissent, courbent l'échine, acceptent tout - soudain, un jour comme un autre, renversent violemment la table.
le Président Macron et sa cour n'ont pas vu la révolte arriver. Ils ont négligé l'effrayant avertissement de Tocqueville, dans L'ancien régime et la révolution : « Il est curieux de voir dans quelle sécurité étrange vivaient ceux qui occupaient les étages supérieurs de l‘édifice social au moment même où la Révolution commençait, de les entendre, discourant entre eux sur les vertus du peuple, sa douceur, son dévouement, ses innocents plaisirs ; quand déjà 93 est sous leurs pieds : spectacle ridicule et terrible ».
En définitive, jusqu'à quel point la gestion par le ministère de l'Intérieur de cet événement est-elle à mettre en cause ?
Chacun sait - d'abord les dirigeants de la police et de la gendarmerie - que M. Castaner ne connaît rien à la sécurité ni au maintien de l'ordre et que M. Nunez est le de facto ministre. Cela importe car le général en chef jouit d'un crucial pouvoir d'impulsion sur toute bataille sérieuse. Mais en l'occurrence, après les trois samedis terribles vécus par la capitale, tous les doigts accusateurs sont pointés sur le préfet de police.
Manipulations obscures visant à piéger les manifestants, à les égarer et discréditer ; à faire pourrir la situation, comme déjà dit plus haut. En privé, les syndicats de police sont furieux - et inquiets de l'avenir proche. A mesure que les samedis passent, ils voient se multiplier les demandes d'arrêt-maladie, dans les forces de l'ordre du terrain.
De l'épuisement, bien- sûr - mais aussi un sourd dégoût, un refus de réprimer ceux d'en face - qui comme eux, sont aussi de la France d'en bas, partagent leurs frustrations et colères. Comme déjà souligné, la IVe République s'effondra suite à une grève de la police. Là encore, l'histoire existe ; la négliger est lourd de conséquence. ■

















Non pas sur le fond (on peut même trouver pertinente sa proposition d’un I.S.F. vert pour financer la transition écologique) mais dans le ton employé à l’égard de ceux qui, si peu que ce soit, n’entrent pas tout de suite et sans barguigner dans le moule de l’écologie militante - en l’occurrence, au vu de l’actualité, les fameux « gilets jaunes ». Mépris et condescendance pour ceux que le « sachant » qu’il est considère à l’évidence (même si les mots ne sont pas employés) comme des ploucs, des beaufs, des ringards.
Sauver la planète est le nouveau credo : mais pour quoi, pour qui, sauver la planète, donc accessoirement la France ? Réponse : c’est l’héritage que nous transmettrons à nos enfants. On respirera peut-être mieux mais on peut craindre que ce soit dans une France exsangue : ne pouvant plus accéder à des logements de centres-villes « gentrifiés », ne voulant plus supporter l’impossible cohabitation dans des cités submergées par les vagues migratoires, les « Gaulois » se sont réfugiés dans la périphérie des métropoles urbaines et les petites villes de province, parfois même à la campagne. La guerre fiscale menée par l’Etat les condamne à terme. Plus d’école, plus de gare, plus de commerces… bientôt le désert. Si rien ne change, que vont-ils devenir ? Leur sort ne semble pas intéresser M. Bourg. « Mes arrière-neveux me devront cet ombrage » écrit La Fontaine : l’ombrage y sera peut-être, mais peut-être pas les arrière-neveux.

Il serait certes vain de contester son exceptionnelle compétence ni les résultats que sa gestion a produits pour le groupe automobile qu'il avait savamment construit et dont il a fait le premier du monde. Comme de méconnaître que son niveau de rémunération n'est pas exceptionnel parmi ses pareils dans le monde. Mais est-ce une référence ?
On avait vu cet homme intouchable mal rasé et menotté, emmené vers son lieu de détention sans égards particuliers et l'on avait alors mesuré la fragilité existentielle des puissants. Débordements de l'appétit sexuel pour Dominique Strauss-Kahn, boulimie de revenus pour Carlos Ghosn, les deux cas se ressemblent. Une même descente aux enfers les a détruits au zénith de leur puissance.
L'affaire Carlos Ghosn apporte une pierre de plus à la masse des méfaits d'un certain capitalisme, que l'on se gardera de confondre avec le capitalisme patrimonial, qualificatif dont l'étymologie le distingue radicalement de l'autre, celui, de M. Carlos Ghosn.
C’est le message du géographe Christophe Guilluy qui se trouve de mieux en mieux relayé, au fur et à mesure que ses analyses se trouvent confirmées par les événements. Deux géographies, deux sociologies s’opposent que Vincent Trémolet de Villers traduit dans
Et c’est le Muséum National d’Histoire naturelle qui est à l’initiative de cet opuscule de 80 pages dont l’ambition est d’apporter un éclairage scientifique sur ce thème universel des migrations qui suscite beaucoup de fantasmes.