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Actualité Monde - Page 84

  • Attentat de Christchurch : « Quand les tenants du ‘'pas d'amalgames'' pratiquent les pires des amalgames »

    Par  

    fond-degrade-bleu-fonce_1258-1364.jpgGilles-William Goldnadel écrit cela [Figarovox, 18.3] comme à son ordinaire : avec courage, lucidité, sans craindre de dire les choses. Il a raison. Saluons ! C'est rare.  LFAR

     

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    « J'aurais aimé que les multiples massacres de chrétiens reçoivent le même traitement que celui réservé à juste titre à l'ignoble tuerie néo-zélandaise. »

    Il eût été étonnant que l'idéologie névrotique et morbide qui accable notre pays depuis trop longtemps ne se soit pas emparée du drame des mosquées de Christchurch. 

    Commençons par un constat incontestable. L'ensemble, sans la moindre exception, de la classe politique, médiatique et intellectuelle française ont manifesté dans ces circonstances tragiques leur réprobation totale devant un acte inexcusable commis par un criminel exécrable et leur compassion à l'égard des 49 victimes musulmanes innocentes, dont un petit enfant de trois ans.

    Ceci fermement posé, certaines réactions constatées à l'occasion de ce carnage montrent la perversion intellectuelle d'une idéologie qui, ordinairement, blâme toute «instrumentalisation» d'un événement dramatique, selon le terme qu'elle utilise sans trop d'économie.

    Lorsqu'un attentat islamiste est commis, la réaction pavlovienne de cette idéologie que je ne peux nommer autrement qu'islamo-gauchiste, encore qu'elle soit différemment quantifiable à des degrés divers chez les individus observés, est immédiatement d'interdire tout amalgame avec l'ensemble de la communauté musulmane ou avec la religion coranique dont les assassins se réclament.

    Ce réflexe de bon aloi semble le plus souvent inutile, tant les sondages montrent qu'il ne vient pas à l'esprit des Français de reprocher à l'ensemble des musulmans des actes commis par les tenants les plus extrêmes de l'islamisme radical le plus extrémiste.

    Parallèlement, et par capillarité, une bonne partie de la classe médiatique est parfois tentée de suggérer une approche psychiatrique ou une explication-excuse sociale, quand elle ne classe pas le criminel dans la catégorie du loup solitaire et désespéré. 

    Or, dans le cadre de la tragédie néo-zélandaise on constate, au rebours, que certains tenants du « pas d'amalgame », ont pratiqué le pire de tous avec une jouissance infinie.

    La-ministre-Education-nationale-Najat-Vallaud-Belkacem-22-fevrier-2016-Havre_2_730_502.jpgL'exemple le plus grotesquement écœurant nous aura été servi par l'ancienne ministre Najat Vallaut-Belkacem. Dans un gazouillis sur Twitter, celle-ci instrumentalise ainsi le massacre: « Oui toutes nos pensées vont aux victimes de l'abject attentat de Christchurch, et oui cela devrait tous nous rassembler. Mais découvrir ici des messages d'indignation hypocrite y compris de ceux qui ont contribué, année après année, à promouvoir ça… Comment dire ? Nausée .»

    Après quoi, un doigt rageur pointe les hebdomadaires désignés à la vindicte publique, coupables d'avoir armé le bras de l'assassin antimusulman pour avoir mis en cause l'islamisme radical ou l'immigration massive: Courrier International, le Figaro Magazine, l'Express, Valeurs Actuelles, Marianne, le Point, sans oublier le magazine L'Histoire, coupable d'avoir consacré sa couverture aux Arabes de la Mecque et aux banlieues de l'islam…

    Très probablement, l'ancienne et inoubliable ministre de l'Éducation Nationale est-elle allée chercher sa liste des coupables sur la toile électronique, dans une islamismosphère innommée qui en est à dresser la liste nominative des complices de la tuerie.

    Sans doute encore Mme la ministre moraliste mais distraite, a-t-elle oublié qu'elle vit dans un pays où certains fanatiques massacrent des journalistes coupables d'avoir offensé l'islam et ont le coup de couteau facile. Ce pays qui, pourtant, Dieu merci, n'a pas dressé de listes de journaux ou d'intellectuels responsables des massacres qui l'ont ensanglanté et continuent de le faire.

    Certes, Mme la ministre n'est pas seule, chez les « pas d'amalgame », à cultiver l'amalgame névrotique et dangereux.

    Un journal du soir croit très intelligent d'insister lourdement sur le misérable pathos de l'assassin crétin qui fait sienne l'analyse du grand remplacement démographique en livrant en pâture le nom de son concepteur intellectuel Renaud Camus, en oubliant, petit détail sans doute sans importance, que celui-ci ne prône aucunement la violence, comme le rappelle opportunément Jean-Yves Camus (Le Figaro 16-17 mars). Étrangement, le vespéral n'incrimine pas Karl Marx et le président Mao alors que l'assassin indique apprécier beaucoup la Chine communiste. Curieusement encore, et en dépit de son approche, le Monde n'avait pas cru devoir reprocher à Emmanuel Todd d'être apprécié de Ben Laden, ce dont ce dernier n'avait pas eu tort de ne point se justifier.

    Pauvre Mozart, apprécié d'Adolf Hitler, et en passe d'être classé dans le parti nazi.

    Le même Monde, dans un autre article du 16 mars de son correspondant local, encore que l'exercice soit difficile, tente d'accrocher Donald Trump en rappelant le drame antisémite de Pittsburgh commis par un membre de l'ultradroite. Amalgame quand tu nous tiens. 

    À ce degré de finesse intellectuelle, on n'oubliera pas Aude Lancelin, nouvelle responsable de la chaîne cathodique et chaotique Le Média qui a finement tweeté : « le tueur de Christchurch, 49 morts, se revendique de Renaud Camus (2019). Anders Breivik, 77 morts, se revendique de son ami Alain Finkielkraut (2011) qui l'invite sur la radio publique. Les idéologies criminelles que la France exporte aujourd'hui sont d'extrême droite. »

    La même gracieuse dame, la semaine précédente, hurlait pourtant au charron, parce qu'une interview de son mentor Alain Badiou, qui, lui, assume superbement les millions de morts du totalitarisme communiste, n'était pas publiée dans le Monde

    À ce stade de décomposition de la pensée et de la morale publique, nul ne m'empêchera d'écrire, moins pour apaiser mon amertume, que pour expliquer les fondements de l'idéologie mortifère qui nous tue, combien j'aurais aimé que les multiples massacres de chrétiens en terres d'Orient, en Égypte, au Nigéria, aux Philippines ou ailleurs reçoivent le même traitement que celui réservé à juste titre à l'ignoble tuerie néo-zélandaise. Mais manifestement, les massacres quand ils ne sont pas commis par des Occidentaux et que l'on ne peut amalgamer à d'autres occidentaux n'intéressent aucunement l'Occident névrotique.

    Au-delà de la névrose intellectuelle et de la nécrose morale, il fait peu de doute que la tentative d'amalgamer un crime commis dans l'autre hémisphère avec des intellectuels innocents en tentant de faire son marché gourmand dans les obsessions d'un assassin relève également de la tentative d'intimidation et du désir inavoué de la gauche dite intellectuelle de se refaire une santé morale lourdement abîmée.

    Au risque de la décevoir, il est peu probable que le désir de lutter sans violence ni haine des innocents contre l'islamisme radical et l'immigrationnisme forcé s'en trouvera très affecté, tant ses excommunications ne troublent plus le sommeil des honnêtes gens.   

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    Gilles-William Goldnadel est avocat et écrivain.  Son dernier ouvrage, Névroses Médiatiques. Le monde est devenu une foule déchaînée, est paru chez Plon.
  • Que cache l’interminable feuilleton du dernier réduit de Daech en Syrie ?

    Antoine de Lacoste 

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    C’est une fin qui n’en finit plus. L’affaire devait durer quelques jours, voire quelques semaines, et elle traîne en longueur depuis plusieurs mois malgré les intenses bombardements américains.

    Les FDS, ces combattants recrutés par les Etats-Unis et composées de Kurdes dans leur grande majorité, avancent plusieurs explications pour justifier le piétinement de leurs troupes devant ces deux misérables kilomètres carrés à reconquérir.

    La principale est le nombre de civils vivant à Baghouz ou dans les tunnels creusés par Daech, et ses prisonniers. Ces civils se sont enfuis vers les lignes kurdes pour certains, mais la plupart ont été autorisés à rejoindre les FDS. Quelques centaines au début, par petits groupes, puis en nombre croissant. Certains jours, de très longs cortèges de femmes en noirs accompagnées de nombreux enfants et d’hommes sans identité pour beaucoup, se pressaient vers les troupes kurdes.

    Des combattants kurdes, des peshmergas.jpgAujourd’hui, les FDS [Photo] estiment que ce sont près de 60 000 personnes qui ont ainsi quitté le territoire lilliputien de Daech, où ils mourraient de faim. Il a été beaucoup dit que l’Etat islamique se débarrassait ainsi de bouches inutiles. Voire !

    Une autre thèse est également envisageable : il s’agit de permettre aux épouses et veuves de sauver les enfants afin d’en faire de futurs combattants islamistes. Les déclarations entendues sur de nombreuses chaines de télévision ou de radio sont très éloquentes à cet égard. Quant aux hommes, ils n’étaient jamais des combattants mais affectés à des tâches manuelles et subalternes. Qui peut croire cela ?

    Daech adapte en fait sa stratégie à sa défaite du moment : le califat est mort et, à la notion de territorialité, vont se substituer les combats clandestins, les coups de main et les attentats aveugles.

    Les FDS ont également reconnu que de longues négociations avaient eu lieu pour la libération de prisonniers kurdes détenus par Daech ; en échange de quoi ? On sait que lors de la chute de Raqqa, la capitale syrienne de l’Etat islamique, plusieurs centaines de combattants islamistes ont été autorisés à partir vers Baghouz. Les Américains avaient tenté de s’y opposer, mais quand on fait faire le travail par les autres…

    les-USA-prennent-en-otages-les-réfugiés-syriens-d’al-Rokbane-20190304-1728x800_c.jpgUn autre point retient l’attention dans cet étrange imbroglio : à l’automne, les FDS affirmaient qu’environ 2000 combattants et leurs familles se trouvaient dans le dernier réduit de Daech. On en est à 60 000 ! Comment l’armée américaine peut-elle se tromper à ce point ? C’est un mystère mais, de ce fait, la gestion de tous ces prisonniers est impossible. Cela expliquerait la récente demande de Donald Trump concernant le rapatriement des djihadistes dans leur pays d’origine. C’est un risque immense pour tous les pays concernés, mais les Américains font valoir que le risque de voir tous ces combattants disparaître dans la nature est plus grand encore.

    Il est certain que les Kurdes ont bien expliqué qu’ils n’avaient pas vocation à jouer les gardes-chiourmes du monde entier. Or le camp de réfugiés qu’ils gèrent, à Al-Hom, est aujourd’hui saturé avec 55 000 personnes. Qu’en faire ?

    Le califat est mort, mais pas ses militants. 

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste parmi les articles de dans notre catégorie Actualité Monde.

  • L’ultime manœuvre du clan Bouteflika pour tenter de prolonger le quatrième mandat présidentiel

    Le président Bouteflika en compagnie de Gaïd-Salah New Press.

     
    Par Bernard Lugan
    Historien et spécialiste de l’Afrique 

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    Ultime coup de poker

    Charles Maurras disait de la République qu’elle gouverne mal mais qu’elle se défend bien. L’on peut dire la même chose d’un régime algérien aux abois qui vient de tenter une ultime manœuvre pour prolonger sa survie.

    Car, en somme, ce qu’ont obtenu les millions d’Algériens qui manifestaient contre un cinquième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, c’est tout simplement le prolongement de son quatrième… Avec un report des élections et un régime maître du temps qui va désormais utiliser toutes ses courroies de transmission pour embrouiller la situation, diviser les contestataires et tenter toutes les provocations. Y compris celles qui pourraient conduire à un bain de sang afin de lui permettre d’apparaître comme le garant de la stabilité.

    La manœuvre réussira-t-elle ? Il est permis d’en douter car la ficelle est bien grosse. L’opinion algérienne n’est pas dupe et elle n’a plus peur ; d’autant plus que la police a déjà largement fraternisé avec la foule. Quant à l’armée, elle n’est plus le bloc monolithique des décennies passées et, à force de vouloir « finasser », le vieux général Gaïd Saleh  a fini par en perdre le contrôle. Désormais, en son sein, la nouvelle génération n’en peut plus du « chibanisme » ancré sur les références à une histoire que tous savent être fabriquée*.

    En définitive  cet ultime coup de poker du régime pourrait bien au contraire précipiter sa chute avec une épuration totale du système FLN et de ses prébendiers. 

    L’Algérie qui vient de sauter de l’avion avec un parachute en torche se demande si le ventral va s’ouvrir…   

    * Voir à ce sujet mon livre Algérie, l’histoire à l’endroit.

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    Le blog officiel de Bernard Lugan  

    Quelques articles sur le sujet dans Lafautearousseau ...

    Inquiétante fin de règne en Algérie
    Tristes nouvelles d'Algérie
    Bouteflika veut livrer l’Algérie aux islamistes
    Algérie : l’heure de vérité approche pour le clan Bouteflika
    Un ancien ministre algérien prédit l’effondrement de l’Algérie en 2019
    L'Algérie bientôt une urgence française ?
    Éric Zemmour : « Bouteflika, symbole du mal-être de l'Algérie »
  • Syrie : L’illisible stratégie américaine

    Antoine de Lacoste 

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    L’Etat islamique ou Daech, est militairement vaincu. Après avoir conquis et administré, par la terreur, de vastes territoires à cheval sur l’Irak et la Syrie, l’ancien califat ne défend plus que deux kilomètres carrés de territoire à Baghouz, près d’Hajin, au sud-est de la Syrie.

    La chute de ce dernier réduit est imminente…depuis plusieurs mois. La bataille d’Hajin a en effet commencé en septembre.

    Des combattants kurdes, des peshmergas.jpgAprès six mois d’une laborieuse progression, les fantassins kurdes des FDS, (Photo) appuyés par l’armada aérienne de la coalition, piétinent toujours devant les derniers irréductibles du califat. Certes, de nombreux civils sont toujours sur place ; des prisonniers également. Et, selon une tactique éprouvée après des années de guerre, les djihadistes ont creusé un vaste réseau de tunnels ce qui compliquera les ultimes combats.

    Mais tout de même ! Les avions américains, selon leur habitude, ont déversé des milliers de bombes sur ce tout petit territoire, dont il ne reste pas un bâtiment debout. Les combattants de Daech n’ont plus un véhicule leur permettant de lancer des opérations suicide ou de contre-attaquer. La dernière tentative, faite à bord de pick-up, a été totalement annihilée par l’artillerie française, disposée à quelques kilomètres de là.

    Alors que se passe-t-il ?

    7578-tab.jpgTout simplement ce que le colonel Legrier (Photo) a expliqué dans l’article qui lui a valu tant de reproches de la part de la ministre Florence Parly. Les bombes ne suffisent pas ; elles sont même contre-productives en exaspérant la population civile, première victime de ces frappes massives. Quant aux fantassins kurdes, leur professionnalisme n’est guère démontré (ils se sont débandés à chaque offensive de Daech) et leur combativité est en chute libre. Pourquoi mourir au profit d’un allié et protecteur qui annonce qu’il va bientôt vous abandonner ?

    Cette piteuse fin de campagne montre toutes les limites de la stratégie américaine. Pour reconquérir Raqqa et Mossoul, le Pentagone a choisi de les détruire, tuant des milliers de civils. Que n’aurait-on entendu si les Russes avaient procédé ainsi à Alep ou dans la Ghouta ! Au cours des reconquêtes syriennes appuyées par l’aviation russe, seuls les immeubles abritant des combattants étaient visés.

    Alors bien sûr, ce petit réduit va finir par tomber. Mais quelle victoire politique pour Daech ! Une poignée d’hommes mettant en échec l’armada de la coalition pendant des mois, voilà qui ne peut qu’alimenter l’aura de l’Etat islamique.

    bagdad.jpgPlus personne ne comprend la stratégie de l’Amérique, si elle existe d’ailleurs : après avoir longtemps soutenu en sous-main des rebelles prétendument modérés, elle les a finalement abandonnés ;  puis elle a envoyé 2000 hommes et des moyens aériens considérables pour appuyer les Kurdes contre Daech : elle annonce finalement qu’elle s’en va, avant la fin de la bataille. Et dans le même temps, elle proclame qu’elle restera en Irak pour surveiller l’Iran, ce qui a naturellement soulevé un tollé à Bagdad. (Photo)

    Tout cela révèle une confusion sidérante mais aussi de profonds désaccords entre les différents centres de pouvoirs américains.

    Le bilan américain au Proche-Orient est décidément accablant.  

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste parmi les articles de dans notre catégorie Actualité Monde.

  • La Chute de la maison Trudeau ?

    par Louis-Joseph Delanglade 

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    « Certains ont voulu voir en lui l’Obama blanc, d’autres un rempart contre le populisme. » 

    Il est beau, jeune, cultivé, intelligent, pas pauvre à défaut d’être très riche. Certains ont voulu voir en lui l’Obama blanc, d’autres un rempart contre le populisme. Il ne s’agit pas de M. Macron, mais de son cousin d’outre-Atlantique, M. Trudeau, Premier ministre du Canada depuis novembre 2015. Cet héritier d’une famille « franco-anglaise » embourgeoisée est surtout l’héritier politique de son père Pierre Elliott Trudeau qui fut au vingtième siècle chef du Parti libéral, député, ministre et Premier ministre. Peut-être pour dépasser son père, Justin en fait beaucoup, même un peu trop, comme, un certain temps, alterner phrases en français et en anglais dans ses discours - posture linguistique qui prouve simplement sa fatuité. Fatuité : c’est là sans doute le trait principal du personnage, archétype du « politiquement correct », qu’il a décidé de nous jouer. 

    1309d89fa015f37fba614586e498e-1024x577.jpgJustin, donc, arbore comme il se doit la panoplie du parfait gaucho-bobo : il est multiculturaliste, féministe, libertaire, promoteur des minorités, etc. Il cherche toujours à se faire remarquer : grand admirateur de Fidel Castro, il rend à la dépouille de ce dernier un hommage outrancier ; fasciné par l’islam-isme, il se fait le défenseur de l’islamo-terroriste salafiste et « canadien » Omar Khadr. (Photo ci-dessous) Il affiche un amour inépuisable pour les autres. Surtout s’ils sont 150527_7j469_omar-khadr_sn1250.jpgafro-asiatiques (il les gratifiera alors d’un mot dans leur langue, voire de quelques pas d’une danse traditionnelle) ou « membres » de la communauté L.G.B.T.etc. (il arborera dans les Gay Pride des chaussettes ac-en-ciel) ; ou, encore mieux, s’ils sont migrants-immigrés-réfugiés (il accueillera 40 000 Syriens, se déplaçant en personne à l’aéroport pour distribuer des manteaux). Bref, un grand communicant « humaniste » qui sait soigner son image. 

    Cependant, si distiller sa petite moraline à tout le monde est chose relativement facile, faire de la politique, y compris étrangère, sur des bases morales, l’est beaucoup moins. M. Trudeau  est en train de l’apprendre à ses dépens.

    téléchargement.jpgIl y a d’abord cette affaire de vente d’armes à l’Arabie séoudite : le Canada a critiqué la situation des femmes séoudiennes et la guerre menée par Ryad au Yémen, subi en conséquence les foudres et les mesures de rétorsion de Ryad ; mais M. Trudeau se montre plutôt embarrassé et pas vraiment décidé à aller jusqu’au bout c’est-à-dire à renoncer aux quinze milliards de dollars d’un contrat d’armements, sans compter les pénalités. Puis cette autre affaire de construction d’oléoducs, à travers Alberta et Colombie britannique, pour un « pétrole lourd et visqueux » particulièrement polluant et dangereux pour les populations autochtones : celui qui s’est fait le champion nord-américain des accords de Paris sur le climat refuse pour l’instant de renoncer à ladite construction, peut-être pour des raisons stratégiques. Et puis Il y a cette affaire de corruption : l’entourage le plus proche du Premier ministre est fortement soupçonné de collusion avec le géant SNC-Lavalin, groupe d'ingénierie canadien (dont le siège au Québec se confond il est vrai avec la circonscription de M. Trudeau), groupe lui-même accusé sur des bases solides des pires malversations avec la Libye de Kadhafi. 

    7790190826_sophie-gregoire-et-justin-trudeau-a-new-york-le-20-septembre-2017.jpgVoici donc notre gentil Justin en pleine tempête médiatique et politique. Les démissions se succèdent, notamment celles des deux ministres de la Justice et du Budget, Mmes Wilson-Raybould et Philpott, deux dames donc, dont une Amérindienne, et deux démissions pour des raisons « morales » : un comble ! Sa côte est du coup en chute libre : en moins de trois mois, elle est tombée de 44% à 33%. Comme l’écrit, de façon un peu sentencieuse, M. Castonguay, journaliste canadien : « Qui est élu grâce à son image périra par son image » (L’actualité, 7 mars). Certains même pensent que le gouvernement libéral ne survivra pas aux prochaines élections, le 21 octobre. On ne s’en plaindrait pas.  

  • BEAUCOUP DE BAGOU, PEU DE CERVELLE

    Par Bernard Leconte

    511UsHQvQsL._SX307_BO1,204,203,200_.jpgDans Lucien Leuwen de Stendhal, le père Leuwen donne ce conseil à son fils, Lucien, qui s’apprête à entrer dans la haute fonction publique : « Mon fils, quand vous croiserez un ministre, prenez-le systématiquement pour un imbécile, ces gens-là n’ont pas le temps de penser. »

    C’est imparable. On peut d’ailleurs étendre cette considération au delà des ministres, aux députés, sénateurs, même aux hommes politiques de moindre envergure, à la plupart des maires des communes de plus d’un millier d’habitants et parfois même à quelques maires de bleds moins peuplés, qui n’en possèdent pas moins une belle ambition.

    Le Champignacien, poursuivant son droit chemin, tourne délibérément ses pas vers l’avenir, car il sait qu’agriculture, commerce et tourisme sont les deux mamelles qui sèment le pain dont il abreuve ses enfants !

    Maintenant, ces gens-là, ministres, députés, etc., ont cependant pas mal de qualités. Ils sont capables de serrer beaucoup de mains en un temps court, surtout en période électorale. J’en ai connu un qui, en l’espace d’un petit quart d’heure m’a serré la paluche cinq fois, chaque fois sans me reconnaître. Ils ont du bagou, ils parlent, sans notes, avec une terrible facilité, commettant par-ci par-là quelques fautes de français, mais ils ont une telle facilité et un tel aplomb qu’à moins d’être puriste sourcilleux, on ne les entend pas. Ils ont donc de l’aplomb, de l’assurance et, montons l’éloge encore d’un cran, du culot, ils n’ont peur de rien, ils sortent des platitudes, des balivernes, des phrases creuses, des clichés, des expressions tartignoles et prudhommesques, des bourdes superdimensionnées avec l’air le plus heureux, le plus confiant, le plus convaincu du monde. Quelquefois, ils ont lu deux, trois pages d’un livre épais et réputé sérieux, ils les répètent en les déformant à peine, ils les aboient comme des perroquets, leurs auditeurs en sont estomaqués et ravis. Il leur arrive aussi de jouer aux petits Malraux, ils se lancent alors dans la phrase obscure, ténébreuse, censée consécutivement profonde, qui traite généralement des arts, de la spiritualité ou de l’avenir de la civilisation et de l’univers. Pour ce faire, ils ont un peu baissé la voix pour faire croire qu’ils chuchotent un secret, qu’ils révèlent un mystère, qu’ils frémissent de sensibilité choisie et citoyenne, après quoi ils tonitruent quelques mots définitifs. Ils ne voient avec jubilation que leurs électeurs groupés et en extase et ne s’aperçoivent pas que dans les coins il y a tout de même deux ou trois types qui rigolent sous le couvert de leur main en paravent devant leur bouche. Si l’un, près de la porte, rit plus ouvertement, le regard féroce qu’ils lui lancent en sortant !   

    Bernard Leconte
    Bernard Leconte vient de publier un guide divertissant de Lille qu’il visite avec le Grand Roi sous le titre amusant : Louis XIV, Martine et moi, aux Éditions Les Lumières de Lille. 90 p, 14,90€
  • L'Algérie bientôt une urgence française ?

    Les manifestations d'Algériens à Paris et autres villes françaises ont commencé .. 

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    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgL'Algérie est donc au bord du gouffre, à deux doigts d’une explosion annoncée et quoique ce pays nous soit devenu étranger - étranger d'une drôle de façon tout de même - il n'est pas douteux que la France a beaucoup à redouter des événements qui se profilent. 

    Pour des raisons économiques, pour les répercussions qu'une déstabilisation de l'Algérie pourrait entraîner dans toute la région sahélienne où notre armée, a tort ou à raison, est engagée contre le terrorisme, enfin et surtout à cause des troubles qui pourraient venir agiter en France même la (trop) nombreuse communauté d'origine algérienne ou encore à cause d'une nouvelle vague migratoire massive. De nombreux Algériens, notamment les jeunes, seraient décidés à s'expatrier en cas de dégradation grave de la situation en Algérie... 

    Ainsi la crise algérienne deviendrait une urgence française, Elle viendrait s'ajouter aux nôtres, avec un caractère de singulière gravité.

    Nous consacrons à cette actualité brûlante nos publications de ce jour. 

    lafautearousseau

  • Algérie : « Si Bouteflika est réélu, ce sera l’explosion » avertit Boualem Sansal

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgLes diverses réactions de Boualem Sansal à la crise algérienne sont importantes d'une part à cause de la qualité de ce grand intellectuel algérien, d'autre part à raison de sa connaissance des réalités de son pays. Ses déclarations ont été sollicitées et publiées par la grande presse française, tels Le Figaro, L'obs, L'Express, etc. Et au Maroc, particulièrement concerné, notamment par Le360. En fin d'article, on notera les terribles constats portés sur la situation singulièrement exposée de la France et sur son pitoyable état politique et moral. Pas de quoi rire, vraiment !  LFAR   

    Boualem Sansal, le célèbre écrivain algérien, s'est élevé dans différents médias français contre le 5e mandat que brigue Bouteflika. Au dernier jour du dépôt des candidatures, dimanche 3 mars 2019, il avertit du risque d’explosion si Bouteflika est réélu.

    « Si Bouteflika est réélu, ce sera l’explosion ». C’est ainsi que lBoualem Sansal analyse la situation dans son pays. 

    Dans une interview publiée par L’Obs, l’écrivain explique que lui-même et beaucoup de ses semblables pensaient que le régime algérien n'aurait pas été jusqu'à pousser Bouteflika à briguer un cinquième mandat. 

    hqdefault.jpg« Le 4e mandat s’achevait (si on peut appeler ça un mandat, le président l’a entièrement passé en soins dans sa résidence médicalisée de Zéralda et dans des cliniques à l’étranger). La présidentielle 2019 était dans toutes les conversations. Qui sera candidat, qui a des chances de l’emporter, que décidera l’armée, quid des islamistes, qui sera l’homme des Américains, qui est le favori de la France, etc.? », explique Boualem Sansal. 

    « Le questionnement a viré à la colère lorsque des voix autorisées ont commencé à faire circuler la nouvelle que Bouteflika le moribond allait rempiler et que l’armée le soutenait. On n’y croyait pas, le système n’oserait pas faire ça alors que le pays est au bord du gouffre », analyse l’auteur de « Poste restante : Alger. Lettre de colère et d'espoir à mes compatriotes ». 

    Le 1er mars, dans « Le Figaro » cette fois, Boualem Sansal a affirmé que les manifestations en cours en Algérie constituent « une insupportable humiliation pour le président, ses frères, son armée, sa police, ses députés, ses sénateurs, ses oligarques, ses fonctionnaires, ses milices d’appoint », observant que le pouvoir algérien « n’a pas pour habitude de se laisser impressionner par des foules qui n’ont ni canons ni missiles et qui ne brandissent ni Coran ni rien d’aussi puissant ». 

    Dans un entretien au Figaro, l’écrivain considère que le « silence » du pouvoir « a un air de veillée d’armes qui n’augure rien de bon », affirmant que jamais personne n’a manqué de respect à la « Famille révolutionnaire » sans « le payer de sa vie ». 

    « La mèche s’est allumée » lorsque Bouteflika a fait annoncer par ses missi dominici sa décision de s’accorder un cinquième mandat, rappelle Sansal qui qualifie de « réjouissant » le fait de « voir les gens sortir de leur longue et insupportable léthargie et venir, très civilement, rappeler au pouvoir qu’ils existent et qu’ils veulent vivre ». 

    L’écrivain avoue cependant que « l’inquiétude est plus forte » chez lui que « cet espoir fou qui se répand sur le pays comme au sortir d’un long cauchemar » qu’il s’efforce de ressentir. 

    « Attendons de voir dans quelle direction le vent va souffler. Ça manipule dur derrière le décor », lance-t-il en écartant toutefois que le pouvoir puisse tomber. 

    « Le pouvoir ne tombera pas. Il contrôle totalement le pays et dispose de tous les moyens, et d’abord de la détermination, pour abattre quiconque approcherait de la ligne rouge », explique-t-il. 

    Il a « beaucoup appris du printemps algérien et de la décennie noire qui a suivi, ainsi que des printemps des pays arabes », ajoute-t-il . 

    Selon Sansal, « quand le pouvoir se sentira acculé, il fera ce qu’il a toujours fait quand le peuple bouge et le déborde, il plongera l’Algérie dans le désordre et la violence et, au moment propice, quand les choses seront à point, il fera toutes sortes de bonnes concessions et de beaux cadeaux pour imposer la paix sociale ». 

    Bout-chent.jpgPour l’écrivain algérien, « si Bouteflika n’avait pas eu son AVC, le plan se serait poursuivi tout tranquillement, l’homme a du bagou, il peut vendre du vent à un avare, comme à son arrivée triomphale au pouvoir en 2000, il a en cinq secondes vendu aux gentils Européens son projet de bonheur pour tous ». 

    En réponse à une question sur les conséquences qu’une grave déstabilisation de l’Algérie est de nature à avoir sur la France, Sansal a souligné qu’ « une nouvelle déstabilisation sera terrible » sur le partenaire français. 

    « Dans l’état de fracturation sociale et politique où elle se trouve, elle pourrait éclater et sombrer », affirme-t-il en observant que « la France est à ce point piégée par l’islamisme et le politiquement correct qu’elle ne sait plus qui elle est, sur quel pied danser, quels noms donner aux choses, quelle langue parler…». 

    « Les présidents français pensaient que l’Algérie était "leur cauchemar" mais ils ne le disaient pas, ils souriaient niaisement aux uns et aux autres et les flattaient par de belles paroles, c’est-à-dire des paroles de soumission », indique-t-il.  

    Sources : Le Figaro, L'Obs, Le360 [Mohammed Boudarham - Youssef Bellarbi]

  • Kamel Daoud : en Algérie, « le mur de la peur a été cassé »

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgDeux autres réactions nous ont paru intéressantes à noter. Celles de Kamel Daoud, écrivain algérien de talent et  Yasmina Khadra qui vit en France. Tous deux balancent entre joie et inquiétude. On les comprend. Quant à nous, c'est essentiellement du risque que court la France dans cette affaire que nous nous préoccupons. Ce risque est réel et grand.  LFAR

    « le mur de la peur a été cassé » C’est par ces quelques mots, sur RTL, que l'écrivain Kamel Daoud s’est réjoui vendredi dernier du fait que ses concitoyens qui manifestent contre un cinquième mandat du président algérien Abdelaziz Bouteflika « ne reculeront plus » malgré les risques de violence.

    Comme plusieurs écrivains algériens se sont réjouis dans des médias français de cette contestation inédite depuis plusieurs années, Kamal Daoud dit aussi sa joie tout en craignant la répression d'un mouvement qui fait suite à la décision annoncée le 10 février du président, 81 ans, au pouvoir depuis 1999, de se représenter lors de la présidentielle du 18 avril. 

    « Le principal changement, c'est le fait que les gens n'ont plus peur. Ce qu'on appelle communément le mur de la peur a été cassé et c'est extraordinaire de sentir cette sorte de frisson, d'enthousiasme, cette sorte de joie », a déclaré Kamel Daoud sur RTL, en ligne depuis Oran (nord-ouest de l'Algérie). « Les gens ne se sentent plus terrorisés, et je choisis bien mon mot ». 

    « Je pense que l'écrasante majorité des Algériens ne reculeront plus », a-t-il dit. 

    « Mais d'un autre côté, le régime n'a pas de sortie de secours, pas de plan B pour le moment, et la tentation de la violence est là », a noté l'écrivain, soulignant la « volonté évidente (du régime) de terroriser les Algériens et de les immobiliser par ce chantage +soit nous, soit le chaos, soit nous, soit la guerre civile »

    Le Premier ministre Ahmed Ouyahia a mis en garde jeudi dernier contre un scénario comparable à la Syrie, pays en guerre depuis 2011. 

    « Il faut être sincère, j'espérais ce mouvement, mais je ne l'attendais pas car les Algériens nous ont habitués à beaucoup de renoncements. Pendant des années, j'ai écrit que l'Algérie avait renoncé. Quel bonheur de m'apercevoir que je me trompais », commente dans Le Parisien un autre écrivain algérien, Yasmina Khadra, qui vit en France. 

    Le régime « va tout faire pour calmer les esprits. Mais les Algériens sont fatigués. Ils ne veulent plus voir leurs enfants traverser la Méditerranée sur des bateaux de fortune et mourir au large », ajoute-t-il. 

    Source AFP

  • Éric Zemmour : « Bouteflika, symbole du mal-être de l'Algérie »

     

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpg

    CHRONIQUE - Le président algérien incarne aujourd'hui le chantage exercé par une camarilla d'affairistes et de militaires : Bouteflika ou la guerre, version algérienne du très gaullien « Moi ou le chaos ». (Figaro Magazine du 1.03). Mais surtout, Zemmour dénonce ici « les lois (...) qui permettront demain à des millions d'Algériens de venir retrouver un frère, un père, un cousin résidant déjà en France. Une invasion légale qu'avait prophétisée il y a des décennies le lointain prédécesseur de Bouteflika, Houari Boumediene ». L'essentiel est dit. Et le plus grave.  LFAR

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    « Bouteflika moribond, momie mutique, passant sa vie de pantin désarticulé entre Alger et Grenoble, où réside son médecin traitant. »

    Dans les traditions du Maghreb, le chiffre 5 est censé porter bonheur. Les mères bénissent leurs enfants les doigts grands ouverts au-dessus de leurs têtes, ou leur accrochent autour du cou des pendentifs en forme de main. En Algérie pourtant, depuis quelques jours, des manifestations vouent aux gémonies ce chiffre 5. Le porte-bonheur est devenu symbole du malheur algérien. Du mal-vivre de tout un pays gangrené par une démographie exubérante, la corruption endémique, l'aliénation à une économie de rente, fondée sur les deux seules richesses du pays, le pétrole et le gaz. Le chiffre 5, comme le 5e mandat présidentiel que s'apprête à solliciter un Bouteflika moribond, momie mutique, passant sa vie de pantin désarticulé entre Alger et Grenoble, où réside son médecin traitant.

    abdelfatah-hamadache.jpgBouteflika a symbolisé à son avènement la fin de la guerre civile des années 1990 et la défaite improbable des islamistes. Bouteflika incarne aujourd'hui le chantage exercé par une camarilla d'affairistes et de militaires : Bouteflika ou la guerre, version algérienne du très gaullien « Moi ou le chaos ».

    Quand on parle de l'Algérie, le spectre du général de Gaulle n'est jamais loin. Bouteflika fut ministre du gouvernement Ben Bella en 1962 à l'indépendance algérienne. Il avait 25 ans et était une des vedettes de la dolce vita algéroise de l'époque !

    Bouteflika incarne ce FLN à qui le Général a livré l'Algérie, alors même que l'armée française avait gagné la guerre sur le terrain. Des adversaires impitoyables qui exécutèrent par milliers opposants politiques et harkis fidèles à la France, et chassèrent violemment les pieds-noirs (« la valise ou le cercueil »), alors qu'ils auraient pu stabiliser l'État et l'économie du nouveau pays, à l'instar de ce que fit Mandela avec les Blancs d'Afrique du Sud. Un FLN qui, dès les années 1960, au temps de Boumediene, refusa de prendre des mesures de répression démographique à la manière chinoise, au nom d'une politique de puissance qui a étouffé tout développement économique. Un FLN enfin qui engagea l'arabisation de l'éducation pour extirper les traces de la colonisation française, et fit ainsi le lit des enseignants islamistes.

    ob_576ab5_boumediene-c-dr.jpgAprès que l'armée eut gagné la guerre civile, Bouteflika, au nom de la réconciliation nationale, a ouvert les prisons et donné les clés de la société aux islamistes, préparant leur victoire politique future. Il ne faut jamais oublier que la bataille du FLN contre le colonisateur français se fit au nom de l'islam contre « les infidèles ». Des infidèles chez qui toute l'Algérie a pris l'habitude de se faire soigner et de déverser son trop-plein démographique depuis cinquante ans - alors que de Gaulle avait accordé l'indépendance à l'Algérie pour que son village ne devienne pas Colombey-les-deux-Mosquées. Des infidèles assez fous pour avoir multiplié les lois (dans la lignée des accords d'Évian, jamais abrogés) qui permettront demain à des millions d'Algériens de venir retrouver un frère, un père, un cousin résidant déjà en France. Une invasion légale qu'avait prophétisée il y a des décennies le lointain prédécesseur de Bouteflika, Houari Boumediene…    

  • Algérie : derrière les immenses manifestations de rejet de la candidature de Bouteflika, le saut dans l’inconnu est assuré*

     

    Par Bernard Lugan,
    Historien et spécialiste de l’Afrique.
    oooooooooooooo 

    3499426859 - Copie.jpgLa candidature à un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika, mort-vivant muet et paralysé dont les sorties, sanglé sur un fauteuil roulant, relèvent du pathétique, passe très mal en Algérie.

    L’ampleur des manifestations de rejet de cette candidature et, avec elle, de tous les profiteurs du régime, FLN en tête, est telle, qu’à moins d’un retournement de situation, le temps de survie du clan Bouteflika semble compté. D’autant plus que les forces de sécurité paraissent gagnées par le doute et que l’armée n’est plus un bloc monolithique. 

    830x532_manifestation-alger-contre-5e-mandat-president-bouteflika-22-fevrier-2019.jpgQuoiqu’il en soit, c’est d’une Algérie ruinée et divisée dont vont hériter ceux qui auront la très lourde tâche de tenter d’éviter le naufrage d’un pays fracturé entre arabisme et berbérisme avec, en arrière-plan, les islamistes en embuscade. Comment pourront-ils redresser un pays frappé au cœur par l’épuisement de ses réserves pétrolières quand 60% des recettes budgétaires et 95% des recettes en devises dépendent des hydrocarbures ? Selon l’Office national des statistiques en date du 12 janvier 2019, durant le 3° trimestre 2018, la branche des hydrocarbures dans son ensemble a baissé de 7,8%, la production de pétrole brut et de gaz naturel a décliné de 3% et le raffinage de pétrole brut de 12%.

    La baisse de la production des hydrocarbures et les variations des cours font que les recettes baissent et que l’Etat doit donc puiser dans ses réserves de change pour financer ses importations. Comme l’Algérie ne produit rien, ou alors en quantités insuffisantes, elle doit en effet tout acheter sur les marchés extérieurs, tant pour nourrir, qu’habiller, qu’équiper ou que soigner sa population.

    Les réserves algériennes de change qui étaient de 170 milliards d’euros en 2014, avant l’effondrement des cours du pétrole, ne sont plus que de 62 milliards au début 2019 et, selon les projections, elles atteindront 34 milliards en 2021.

    Dans ces conditions, comment l’Etat pourra-t-il acheter la paix sociale avec une croissance démographique gommant toute possibilité de développement ? Comment relever une Algérie au bord de l’explosion avec un taux de chômage des jeunes atteignant au moins 40%, une immense misère sociale, une industrie inexistante, une agriculture ruinée, un système bancaire d’un autre temps et une administration apoplectique ?

    Comment faire redémarrer une Algérie pillée par la nomenklatura satrapique enkystée autour du clan Bouteflika et qui, entre 2000 et 2015, avant donc l’effondrement des cours, a « dilapidé » les 600 milliards de dollars rapportés par la vente des hydrocarbures, dans des « flux sortants » de plusieurs centaines de milliards de dollars auxquels s’ajoutent plus de 100 milliards de dollars dépensés « à la discrétion des gouvernements » (El Watan 31 janvier 2016), délicat euphémisme servant à habiller l’opacité de leur destination… ?.  

    Comme personne ne voudra revendiquer un tel héritage, nul ne voulant associer son nom aux décennies de mise des ressources publiques au service d’un clan familial, la rupture est donc annoncée. Au profit de qui ? L’avenir peut être proche nous le dira. 

    Bernard Lugan

    dimanche 24 février 2019 

    * Voir mon livre Algérie, l’histoire à l’endroit.

    111743376.JPG

    Le blog officiel de Bernard Lugan  

    Quelques articles sur le sujet dans Lafautearousseau ...

    Inquiétante fin de règne en Algérie
    Tristes nouvelles d'Algérie
    Bouteflika veut livrer l’Algérie aux islamistes
    Algérie : l’heure de vérité approche pour le clan Bouteflika
    Un ancien ministre algérien prédit l’effondrement de l’Algérie en 2019
  • Société • Mathieu Bock-Côté : Contre le technologisme

    Robin Williams dans La société des poètes disparus

    Par Mathieu Bock-Côté 

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    Cette tribune - de celles que nous reprenons souvent pour leur pertinence - est parue dans le Journal de Montréal du 21 février. Mathieu Bock-Côté y dénonce la tyrannie des écrans et leur fonction décérébrante, déculturante. L'affaire est grave et sérieuse. Il s'agit en dernière analyse de la survie ou non de notre civilisation.   LFAR 

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    Un spectre hante le monde de l’éducation : le spectre du technologisme.

    On pourrait aussi dire qu’il s’agit d’une idéologie qui s’infiltre partout, transforme notre idée de l’école, et surtout, révolutionne notre conception de l’enseignement. Cette idéologie pose comme thèse centrale qu’il faut placer les « nouvelles technologies » au cœur de toute activité pédagogique.

    Apple

    Peu à peu, elles remplaceront l’enseignant.

    Cette idéologie se décline de plusieurs manières : les uns veulent placer le texto au cœur de l’enseignement du français, les autres s’imaginent qu’une vidéo YouTube vaut un livre. On s’imagine même que traîner sur internet vaut un passage à la bibliothèque et qu’il ne sert à rien de cultiver sa mémoire puisque de toute façon, tout est déjà archivé sur Google. 

    Hier encore, dans Le Journal de Montréal, on apprenait que certaines écoles font de la visite au Apple Store une activité pédagogique. En gros, il s’agit de placer les produits Apple au cœur des méthodes d’apprentissage.

    Cette technologie défigure l’école en prétendant la moderniser alors qu’il nous faudrait plutôt renouer avec l’enseignement à l’ancienne, qui n’est rien d’autre que l’enseignement de toujours.

    Au cœur de l’école, il faut un enseignant en chair et en os, avec des passions, des sentiments, un enseignant maîtrisant admirablement sa matière, capable de transformer sa classe en théâtre et d’éveiller chez les jeunes qu’il a devant lui un désir pour la culture, pour le savoir, pour la connaissance. Je l’ai souvent écrit, mais qu’on me permette de le redire : la robotisation de l’école correspond à sa déshumanisation.

    ligue-du-lol-la-mairie-de-paris-aussi-touchee-1327761.jpgNotre existence est déjà colonisée par les « nouvelles technologies ». Plus exactement, elle est polluée par les écrans. Dans la rue, au restaurant, au café, dans les transports en commun, et même dans les voitures individuelles, tout le monde a la tête rivée à son écran à temps plein. On peut y voir une forme d’esclavage.

    L’école devrait urgemment s’en mettre en retrait et renouer avec certaines des choses les plus précieuses au monde, que notre civilisation piétine. Je parle de la concentration, sans laquelle l’individu est condamné à la dispersion permanente. Je parle de l’art de la lecture, qu’on ne saurait pratiquer sans redécouvrir les vertus lumineuses du silence.

    On ne saurait sérieusement libérer l’imagination de l’enfant en le fixant devant un écran. Il faut lui faire lire de grands romans, il faut aussi le pousser vers l’histoire, le projeter vers d’autres époques, pour découvrir que la vie n’a pas toujours le même visage.

    Bibliothèque

    36398-le-cercle-des-po_tes-dispar.jpgC’est ainsi qu’il saura éviter de se laisser berner par toutes les niaiseries de la culture de masse. Il saura que la culture se trouve ailleurs que dans les débilités issues de la téléréalité.

    En d’autres mots, il faut décoloniser l’école du technologisme.

    Mon école idéale ? Un maître, des élèves, un tableau, des livres, des fenêtres, et pas trop loin, une bibliothèque. C’est vers elle qu’il faudrait conduire les élèves, et pas au Apple Store.    

    Le-nouveau-regime.jpgMathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (éd. VLB, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (éd. Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (éd. Boréal, 2007). Ses derniers livres : Le multiculturalisme comme religion politiqueaux éditions du Cerf [2016] et le Le Nouveau Régime (Boréal, 2017).   
  • Anticipation ? L’avenir de l’intelligence contre les Nations

    Par Pierre Carvin

    Société. Les technologues numériques favorisent la constitution d’une petite élite intellectuelle, volontairement coupée du reste de la société – le quotient intellectuel des nations ayant, lui, tendance à diminuer. La mondialisation va-t-elle faire émerger deux humanités divergentes ? 

    BELLCURV.JPGDans un livre controversé publié en 1994, The Curve Bell, le politologue Charles Murray et le psychologue Richard J. Herrnstein soutiennent une thèse qui va rester dans les annales : le quotient intellectuel, c’est-à-dire l’intelligence, va devenir de plus en plus déterminant pour se situer sur l’échelle sociale.

    Le grand bouleversement en cours s’est accéléré ces dernières décennies pour prendre la forme d’un marché mondial des plus intelligents et des plus compétents entre la Californie des GAFA, l’Inde ou encore la Chine des BATX. Cette nouvelle compétition, qui est aussi une compétition entre puissances politiques, est en train de détruire la cohésion des anciennes nations au profit d’une « élite cognitive » mondialisée dont les faveurs garantissent croissance et prospérité.

    La transformation du capitalisme

    La montée en puissance de cette « élite cognitive » va de pair avec la transformation du capitalisme et les accélérations technologiques qu’elle a provoquées. Pour Edmund Phelps, le passage au XIXe siècle d’un capitalisme essentiellement marchand à un capitalisme moderne a eu pour effet de faire de l’innovation la locomotive du système économique.

    Ce faisant, il a porté une nouvelle classe d’entrepreneurs, de chercheurs et d’expérimentateurs qui a changé la mentalité des élites traditionnelles. Phelps écrit dans son livre La prospérité de masse (2017) : « L’économie moderne transforme toute sortes de gens en concepteurs d’idées, de financiers en savants, de producteurs en distributeurs, des utilisateurs finaux en distributeurs ». Ce sont les idées nouvelles qui mènent le monde et font vivre l’économie de marché, ce cerveau collectif dont les connexions neuronales sont les intellectuels et les chercheurs.

    La hiérarchie des salaires, des postes et des statuts n’est pour l’instant qu’assez marginalement bousculée par la nouvelle place accordée à l’intelligence. L’évolution, jusqu’à présent, était progressive, et même relativement lente, car d’autres facteurs liés aux hiérarchies sociales traditionnelles jouaient au même titre que la cognition dans la course aux postes et aux statuts.

    1_MLwsGzegxKWBKgxDk49wVA.jpgL’accélération technologique de ces dernières décennies change la donne à toute vitesse. Les industries du futur, qu’elles touchent à la robotisation, au Big Data, à l’économie numérique et toutes ses déclinaisons possibles autour de l’intelligence artificielle, ne demandent qu’une petite poignée de spécialistes hyper-intelligents qui, malheureusement, pourraient monopoliser les postes les plus rémunérateurs et ne laisser que des miettes au reste de la population¹.

    C’est l’intelligence des nations qui compte

    L’économie favorise la constitution des plus intelligents en une élite coupée du reste de la société, ce qui a des conséquences sociales et politiques énormes. Elles se font ressentir en particulier aux États-Unis, où la partition cognitive du territoire décrite par l’essai de Charles Murray dans Coming Apart. The state of white America 1960-2010 (2012) est déjà bien avancée. Cette partition provoque à la fois la dégradation de l’environnement des moins aptes (pauvreté, criminalité, désocialisation) et l’indifférence au reste du monde des mieux disposés, enfermés dans leurs nouveaux ghettos de riches progressistes, entre New York et la Silicon Valley. C’est qu’en général, plus on est intelligent, plus on a de facilités à construire des relations sociales durables et bénéfiques.

    L’économiste Garett Jones observe qu’existe un effet « de Vinci » attaché au quotient intellectuel² : en général, l’intelligence ne vient pas seule et agrège à elle d’autres qualités (émotionnelles, sociales) indispensables à la vie en société, ce qu’attestent différentes études scientifiques. Pour lui, ce n’est d’ailleurs pas tant l’intelligence individuelle qui compte que celle de la nation toute entière pour améliorer la coopération entre individus et le degré de prospérité générale.

    QI-élevé-1.jpgPlus les gens sont intelligents, plus ils ont tendance à être patients, à comprendre les règles du jeu social et économique, et à les utiliser au plus grand bénéfice de tous. Inversement, moins les gens sont intelligents, moins ils sont patients, respectueux des règles et plus défiants. Les dix pays les plus riches et les plus productifs sont aussi les pays où le QI moyen est le plus élevé.

    Immigration choisie

    Comment faire pour améliorer le QI d’une nation ? La qualité de l’éducation, de l’environnement, et la nourriture sont souvent évoquées dans les causes de déclin ou au contraire de croissance du QI au sein d’un pays. Une autre variable, moins populaire auprès des médias, pourrait provenir de la sélection de l’immigration.

    13110409lpaw-13127294-article-spainmigrationrescue-jpg_4967799_660x287.jpgLes États pauvres, bureaucratisés et autoritaires, qui sont aussi des terres d’émigration, soumettent en règle générale des populations aux capacités cognitives plus limitées. Or l’Europe est l’objet d’une pression migratoire en provenance d’Afrique, qui, si on en croit le dernier livre de Stephen Smith La ruée vers l’Europe (2018), ne va cesser de s’intensifier dans les années à venir.

    Ceci pourrait participer à creuser l’hétérogénéité cognitive en Europe, tant le QI moyen des populations d’Afrique subsaharienne paraît en dessous des moyennes européennes. La réalité du fossé est assez difficile à entendre pour des raisons évidentes, mais les études semblent concorder³. L’immigration en cours, pour des raisons cognitives, pourrait renforcer l’érosion de la coopération sociale dans son ensemble et enterrer définitivement les gouvernements libres, au profit d’États encore plus autoritaires et redistributifs, si la question migratoire demeure non résolue.

    Spéciation de l’humanité

    La pression grandissante pour la partition cognitive du social et du politique se fait aujourd’hui par le bas, par l’immigration. Pour Yuval Noah Harari, grâce aux progrès biotechnologiques, c’est le sommet qui pourrait faire totalement sécession en transformant l’inégalité économique en inégalité biologique. Les plus riches seraient à la fois les plus intelligents et pourraient, grâce à la technologie, augmenter leur intelligence bien au-delà de celui du citoyen ordinaire.

    Homo-deus-une-histoire-de-transhumanisme-1-940x576.pngLe génie biologique associé à l’essor de l’Intelligence artificielle détruirait en conséquence l’unité de l’humanité elle-même : « (…) loin de favoriser l’unité générale, la mondialisation risque de se traduire par une ‘spéciation’ : la divergence de l’humanité en castes biologiques, voire en espèces différentes4. » Plus de raison commune entre Homo sapiens obsolète et Homo deus transhumaniste, donc plus d’avenir et de politique en commun.

    La fin du modèle politique occidental ?

    Le retrait des nations des « plus intelligents », tout comme le tassement général du QI en Occident pourraient inaugurer une nouvelle ère politique où la démocratie libérale serait obsolète. Comment en effet maintenir sous une même loi des individus aux natures si divergentes ? Pour John Rawls, l’unité de la démocratie est conditionnée au caractère raisonnable du pluralisme politique, moral et social qu’elle réglemente. Et si demain il n’y a même plus de raison commune à toute l’humanité ? Les défis à venir sont immenses.  

    1. Tyler Cowen, Average is over, Powering America beyond The Age of Great Stagnation, Dutton, First Edition, 2013.
    2. Garett Jones, Hive Mind. How your Nation’s IQ Matters much more than your own, Stanford Univ. Press, 2016.
    3. Sur l’état du débat : Wicherts, Dolan, van der Maas, ‘A systematic Literature review of the Average IQ of Sub-Saharan Africans’ in Intelligence, numéro 35, 2010. Rappelons tout de même qu’il ne s’agit que de moyennes statistiques, et qu’il serait absurde, logiquement et moralement, d’en déduire une infériorité cognitive commune à l’ensemble de la population subsaharienne.
    4. Yuval Noah Harari, 21 leçons pour le XXIe siècle, Paris, Albin Michel, 2018, p. 94.
    Pierre Carvin
  • Moyen-Orient : États-Unis, Russie, chacun son sommet

    Mike Pence - Mike Pompeo

    Antoine de Lacoste 

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    Deux sommets internationaux concurrents se sont tenus, le 14 février dernier : l’un à Varsovie, à l’initiative des États-Unis, et l’autre à Sotchi, sous l’égide de la Russie.

    Le sommet de Varsovie était intitulé « La paix et la sécurité au Moyen-Orient ». Derrière ce titre onctueux et rassurant se cachait, en réalité, un objectif plus vraisemblable : comment neutraliser l’Iran ? Car l’Iran est l’ennemi numéro un actuel de l’administration américaine.

    C’est le vice-président américain, Mike Pence, qui était aux manettes à Varsovie. Le ghota du monde sunnite était représenté : Arabie saoudite, Yémen, Jordanie, Égypte, Tunisie, Maroc, Émirats arabes unis. Israël également, bien sûr, que le régime iranien inquiète au plus haut point. Manquaient à l’appel le Qatar, fâché avec Riyad, et la Turquie, en froid avec Washington.

    Mike Pompeo, le secrétaire d’État américain, a résumé l’ambiance : « Il n’est pas possible d’atteindre la paix et la stabilité au Moyen-Orient sans affronter l’Iran. » Ce qu’il y a de distrayant, avec les États-Unis, c’est que leur volonté de paix est toujours contrariée par des méchants à qui, la mort dans l’âme, il faut faire la guerre.

    Mais l’Iran n’est pas l’Irak ou la Serbie et on ne peut pas aussi facilement lancer l’aviation de l’OTAN sur Téhéran pour lui apprendre où est le camp du bien. Surtout, il manquait l’Europe à ce sommet, à commencer par la France et l’Allemagne, qui n’ont envoyé que des représentants de second plan à Varsovie. Les Européens sont très réticents sur la stratégie américaine contre l’Iran, dont ils ne voient pas où elle peut mener. Une piste apparaît tout de même assez clairement : en marge du sommet se tenait Rudy Giuliani, l’ancien maire de New York, qui a rencontré des Moudjahidine du peuple, mouvement d’opposition iranien en exil. Giuliani, avocat personnel de Trump, a clairement appelé à un changement de régime en Iran.

    Mais ce ne sont pas les sanctions américaines contre Téhéran qui vont lui attirer les sympathies du peuple iranien qui en souffre cruellement.

    n3672142-6887104.jpgPendant ce temps, à 2.000 kilomètres de là, Poutine, Erdoğan et l’Iranien Rohani discutaient, à Sotchi, de l’avenir de la Syrie. Les avancées ont été maigres : Erdoğan, qui a renoncé à sa demande de changement de régime à Damas, fait du problème kurde sa priorité absolue et il exige l’élimination des YPG (branche armée kurde) de l’est de l’Euphrate. Position qui ne peut que réjouir la Syrie, qui attend avec impatience de retrouver sa souveraineté territoriale. Mais cela passe, bien sûr, par le retrait américain, toujours reporté.

    Poutine, de son côté, aimerait bien régler la question de la province d’Idleb, où des dizaines de milliers d’islamistes sont regroupés sous l’égide de l’ex-Front al-Nosra, Hayat Tahrir al-Cham. Mais les troupes turques sont bien installées dans la région et Erdoğan n’a qu’un langage : Idleb contre les Kurdes. Rohani observait cela avec détachement, tout en renforçant son implantation sur le territoire syrien. Mais il faudra bien trouver un accord pour éliminer ce nid d’islamistes qu’est Idleb.  

    Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde.

  • Algérie : La candridature de Bouteflika pour un 5e mandat qualifiée d' « humiliation » et de « mascarade »

    Bouteflika est depuis 2013 terrassé par un AVC, diagnostiqué au Val-de-Grâce à Paris 

    blue-wallpaper-continuing-background-wallpapers-bigest-images - Copie.jpgUne fois de plus, nous laissons la parole au site marocain en ligne, Le360 - toujours bien informé et pertinent - pour rendre compte, vue d'un pays voisin, de la situation en Algérie à l'approche de l'élection présidentielle. Chacun sait que cette dernière est d'ores et déjà marquée par la  candidature choquante d'Abdelaziz Bouteflika. Il nous a semblé utile de faire connaître la perception de l'événement au Maroc. L'article qui suit est sous la plume de notre confrère M'Hamed Hamrouch et a été mis en ligne le 11 février. Quant à la France, elle est de toute évidence concernée par les risques qu'elle courrait si se produisait une dégradation grave de la situation en Algérie. LFAR    

     

    1964773036.jpgL’officialisation de la candidature d’Abdelaziz Bouteflika pour un 5è mandat, dimanche 10 février à Alger, lors d’un meeting pré-électoral du FLN, a été accueillie avec une vive émotion par le célèbre commentateur sportif algérien, Abdelhafid Derraji. Voici sa réaction.  

    « Nous avons honte .. Ce qui s’est passé hier, (dimanche 10 février, à la Coupole du complexe d'Alger - Ndlr) n’est qu’une honte, Bouteflika n’a pas présenté de candidature, il ne peut le faire, ni faire campagne, encore moins prêter serment, à plus forte raison remplir ses obligations constitutionnelles ». 

    C’est en ces termes que le célèbre pourfendeur du régime algérien, Abdelhafid Derraji, a réagi à l’officialisation de la 5è candidature de Bouteflika, par son parti le FLN (au pouvoir depuis l'Indépendance de l'Algérie, en 1962), en présence de ses trois alliés : le Rassemblement national démocratique (RND du premier ministre Ahmed Ouyahya), le parti Tajamou'e Amal Jazaïr (TAJ), et le Mouvement populaire algérien (MPA). 

    « Nous avons honte d'appartenir à cette génération misérable qui accepte l’humiliation, admet que sa patrie et son honneur soient bafoués par un gang vicieux aux pratiques mafieuses », a-t-il encore asséné, dans un message posté sur son compte Facebook. 

    Atteint d’un fâcheux Accident vasculaire cérébral (AVC), diagnostiqué en 2013, à l’hôpital militaire Val-de-Grâce, à Paris, Abdelaziz Bouteflika est depuis en panne de motricité, combinée à la perte de toute capacité d’élocution, au point de le faire disparaître des écrans radars.  

    A la tête de l’Etat algérien depuis 1999, Bouteflika détient le record peu reluisant de longévité au pouvoir. L’annonce de sa candidature pour un 5è mandat, dans un message transmis à l’APS, porte-voix du clan présidentiel, soulève à nouveau un tollé chez le peuple algérien frère, livré en proie à l’incurie et à l’appétit vorace de généraux et de politiciens très peu scrupuleux. Pas moins de 1000 milliards de dollars ont en effet été dilapidés, entre 2000 et 2016, sous le « règne » de la famille Bouteflika, à leur tête le frère du président, Saïd Bouteflika, qui est le véritable détenteur des clefs du palais Mouradia.  

    Économie basée sur la rente pétrolière (98% des exportations algériennes), corruption devenue au fil des passe-droits quasi instituionnelle, incompétence gouvernementale pathétique, armement à tour de bras imposé par des généraux avides de rétrocommissions et, last not least, une crise sociale sans précédent aggravée par le plongeon des cours de pétrole.  

    Voici le triste legs des quatre précédents mandats de Bouteflika, que les apparatchiks octogénaires veulent encore reconduire à la tête de l'Etat algérien, ou ce qu'il en reste. Pitié !  

    M'Hamed Hamrouch

    Et encore ... Vidéo. Algérie : manifestation monstre contre la candidature de Bouteflika pour un 5e mandat 

    La manifestation qui a eu lieu samedi 16 février en Kabylie, est certainement la plus grande jamais enregistrée depuis l'annonce de la candidature de Bouteflika pour un 5è mandat.