Les Russes décapitent al-Nosra en Syrie
Al-Nostra
Par Antoine de Lacoste
Le Front al-Nosra a longtemps été le fer de lance de la mouvance islamiste en Syrie. A la pointe des combats dès 2012, il s'est imposé comme le plus puissant (et le plus cruel) des nombreux groupes de combattants islamistes qui se faisaient une concurrence féroce. Son affiliation à Al-Quaïda (la nébuleuse créée par Ben Laden) contribuait beaucoup à son prestige dans les milieux sunnites radicaux.
L'émergence de Daesh en 2013, et les succès initiaux de celui-ci, allait l'affaiblir durablement. Plusieurs milliers d'hommes l'ont alors abandonné au profit de l'Etat islamique, attirés par la création du califat et...par une solde bien supérieure. Les méthodes de terreur et de barbarie différaient peu.
Son point d'ancrage territorial dans la Province d'Idleb (au nord-ouest de la Syrie) va lui permettre de passer ce cap difficile.
Il va d'abord se lancer dans une vaste opération de communication que les medias occidentaux relaieront complaisamment : il change de nom et devient Fatah al-Cham (Cham étant un nom antique désignant la Grande Syrie, englobant donc le Liban, la Palestine et la Jordanie). Parallèlement, il rompt avec Al-Quaïda et s'allie avec d'autres groupes islamistes. Il contribue enfin au recrutement des fameux Casques blancs, ces secouristes soi-disant neutres que l'Occident honorera avec une naïveté confondante.
Aujourd'hui, sous le nom de Tahrir el-Cham, c'est bien Al-Nosra qui règne sur la Province d'Idleb.
Hormis quelques bombardements syriens et quelques frappes ciblées des Américains ou des Russes, la région était relativement épargnée par les combats. L'armée syrienne et ses alliés chiites avaient certes d'autres priorités (Alep et maintenant Deir ez-Zor) mais surtout, les Russes en avaient fait le réceptacle des combattants islamistes de toutes tendances qui avaient accepté de se rendre.
Récemment encore, plusieurs centaines de combattants islamistes ont quitté sous bonne escorte des enclaves qu'ils contrôlaient le long de la frontière libanaise pour rejoindre Idleb, avec familles et armes légères. Le régime syrien n'a jamais vu d'un très bon œil ces transactions, mais les Russes considèrent que c'est la façon la plus économique de nettoyer définitivement des poches islamistes, toujours difficiles à éradiquer maison par maison.
Dans les zones de « désescalades » (une sorte de cessez-le-feu) mises au point par les Russes, Idleb figure en quatrième position (les autres sont la Goutha, près de Damas, la frontière jordanienne et la région de Homs).
Bien sûr, les terroristes d'al-Nosra sont exclus de ces accords de désescalades qui ne concernent donc que les autres groupes, notamment ceux qui sont soutenus par les Turcs. L'idée des Russes est bien évidemment de créer des tensions entre islamistes et de sécuriser d'abord les villes stratégiques du pays.
Pour surveiller l'application de l'accord concernant Idleb, Turcs et Russes se sont mis d'accord lors de la conférence d'Astana il ya quelques mois : les groupes soutenus par Ankara surveillent le nord et une police militaire russe le sud.
Mais récemment, al-Nosra a tenté de percer les lignes russes et syriennes au sud, a repris quelques villages à l'armée syrienne et a menacé la ville d'Hama. Idleb ressemble de plus en plus à une nasse, et al-Nosra l'a bien compris.
L'aviation russe a mis bon ordre à cela mais une quarantaine de policiers russes se sont retrouvés encerclés et ont dû se défendre avec acharnement pendant plusieurs heures avant d'être dégagés par des hélicoptères.
Pour l'armée russe, même si elle ne déplore que des blessés dans ses rangs, l'affront devait être lavé.
Une réunion au sommet entre les principaux chefs du groupe terroriste s'est tenue quelques jours plus tard. Les Russes l'ont su et al-Nosra l'a payé cher : douze dirigeants tués par un bombardement parfaitement dirigé. Le sort du numéro un, Abou Mohamed al-Joulani, reste incertain mais il serait soit mort, soit grièvement blessé (un bras ou une main en moins selon les sources).
Cette opération, qui décapite provisoirement al-Nosra, en dit long sur le niveau d'infiltration des mouvements islamistes par les Russes...
Concluons sur cette dernière information intéressante : la majorité des policiers russes attaqués étaient musulmans, issus des républiques caucasiennes du sud, dont nombre de Tchétchènes fidèles à Moscou... •
Retrouvez l'ensemble des chroniques syriennes d'Antoine de Lacoste dans notre catégorie Actualité Monde



C'est curieux la constance des intellectuels, de l'opinion, de Monsieur Tout le Monde, à dire et redire, à répéter étourdiment les sottises qui courent les rues et colonisent les esprits, malgré les démentis les plus cinglants de l'actualité ou tout simplement des réalités.
Lundi dernier, a démarré à l’Unesco l’interminable et rocambolesque élection du futur directeur général de cette vénérable institution onusienne dédiée, depuis novembre 1945, à l’éducation, à la science et à la culture.
S'il faut rechercher les sources et les responsabilités les plus déterminantes dans les graves événements d'Espagne, il serait léger de ne voir que les apparences. Peut-être un peu de recul n'est-t-il pas de trop et permettrait de les mieux comprendre.
Le 4 octobre 2017 un élément américano-nigérien à ossature de forces spéciales est tombé dans une embuscade à quelques kilomètres de la frontière entre le Niger et le Mali, près de Tongo Tongo, un village situé à proximité de Tillabery.
L’essayiste copto-italien du XXe siècle, Georges Henein, par ailleurs agnostique, voyait dans les coptes, la « conscience de l’Égypte ». L'orientaliste français islamophile Louis Massignon, catholique doloriste, confiait au père Pierre du Bourguet, jésuite coptisant : « Les coptes sont des victimes. C'est par eux que l'Égypte sera sauvée » . . . Mais en attendant, autant qu'on sache, il n'entreprit aucune démarche sérieuse auprès de ses nombreuses relations musulmanes pour que l'Islam adoucisse un peu le sort des dhimmis, ces sujets ou citoyens non mahométans de seconde zone, théoriquement « protégés» par l'État musulman mais, à l'occasion, maltraités voire persécutés, ce qu'ont presque toujours été les coptes, de jure ou de facto, depuis l'islamisation de leur pays ; et jusqu'à nos jours où Daech a intensifié ses sanglantes attaques, en particulier contre femmes et enfants coptes. L'historien francophone égypto-libanais Jacques Tagher, qui vivait pourtant à la fin du meilleur régime jamais connu par les coptes depuis l'Islam, à savoir la dynastie francophile de souche anatolienne de Méhémet-Ali et ses descendants (1805-1953), a écrit un ouvrage en français, Coptes et musulmans, paru au Caire en 1952 (et réédité au XXe siècle en arabe au Canada), qui reste capital pour la connaissance de la dhimmitude en Égypte.
Si l'on doutait que les journalistes - notamment de radio et de télévision - fussent attelés sans relâche et sans vergogne à une fonction de pure et classique propagande, l'affaire du Brexit, la façon très monolithique, très « formatée » dont elle n'a cessé d'être présentée, en donne une illustration tout à fait claire. Le bourrage de crâne parle chez nous un langage moins brutal, plus doucereux, que celui des régimes totalitaires d'autrefois ou même d'aujourd'hui, mais le résultat est le même. Sans qu'on soit sûr qu'il ne soit pis.
L'actuel ministre des Affaires Etrangères de Grande Bretagne, Boris Johnson, l'ancien maire de Londres, a écrit sur Winston Churchill un gros livre foisonnant, écrit à la va comme je te pousse, construit le plus anarchiquement du monde, mais bourré de faits, d'anecdotes, de mots d'esprit et surtout rempli d'admiration pour le courage, l'héroïsme même, le patriotisme et le profond loyalisme monarchique de son grand homme, dont il est patent qu'il est son modèle et son exemple. Son livre enseigne ces vertus.
L'article d'Antoine de Lacoste que nous avons publié hier -
Le commentaire de Péroncel-Hugoz
Depuis maintenant une semaine, l'armée syrienne a rompu le siège de Deir ez-Zor. L'Etat islamique avait conquis les deux tiers de la ville il y a trois ans et n'a jamais pu prendre le dernier tiers comme nous l'avons expliqué la semaine dernière.
« God Emperor Trump », tel est le surnom donné au 45ème président des Etats-Unis par une poignée de fidèles sévissant sur internet. Affectueuse et ironique, l’appellation « God Emperor » trahit pourtant la véritable nature de Donald Trump, parfois plus proche de l’image que l’on se fait d’un personnage de bande-dessinée que de celle du chef de la nation « la plus puissante du monde ». Qui est Donald Trump ? Un patriote américain sincère ? Un businessman ? Un personnage de télé réalité ? Un « entertainer » capable de se produire sur les rings de catch de la WWE de son ami Vince Mac Mahon ? Sorte de synthèse des excès de l’Amérique, qui fascine comme elle répugne, The Donald semble diriger son pays avec la subtilité d’un conducteur de « monster truck » lancé à pleine vitesse dans une arène poussiéreuse en bordure de Las Vegas, prêt à toutes les cascades pour satisfaire un public surexcité.

Dans le journal de Jacques Bainville, au 7 mars 1933, nous tombons sur cette remarque apparemment banale mais qui est, pour nous, d'un grand sens : « L’un des points faibles du bon sens français, c’est de ne jamais croire qu’il puisse arriver des événements. Il y a là un manque d’imagination qui expose à de fâcheuses surprises. »