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  • La dhimmitude au quotidien

    Béchir Gemayel, fondateur de la milice des Forces libanaises, et chef du camp chrétien au début de la guerre, en 1978. Le jeune chef phalangiste sera un éphémère président du Liban quelques années plus tard mais mourra assassiné en 1982. Favorisée par la France lors de la création du Grand Liban, la communauté chrétienne a ensuite perdu du terrain sur le plan démographique.

     

    PAR PÉRONCEL-HUGOZ

    Œuvrant en terre d'Islam depuis 1965 (administrateur civil, correspondant ou envoyé spécial du Monde, directeur de collection éditoriale et, à présent, chroniqueur au 360, un des principaux quotidiens marocains en ligne), Péroncel-Hugoz n'est sans doute pas le plus mal placé pour décrire le sort des chrétiens vivant sous autorité musulmane.

     

    IMG - JPEG - Copie.jpgEn 1976, étant correspondant du Monde en Égypte, je fus expédié au Liban pour remplacer provisoirement notre représentant local. Édouard Saàb, qui venait d'y être assassiné. On était alors au début de la longue guerre (1975-1990), non pas « civile », comme il est panurgiquement écrit partout, mais libano-palestinienne ou, pour être plus précis, maronito-islamique. Je constatai, en débarquant à Beyrouth, que la totalité de la presse étrangère était installée à Beyrouth-Ouest, en secteur « islamo-progressiste », comme répétait la doxa de l'époque, et ne mettait pratiquement jamais les pieds à Beyrouth-Est, en secteur "chrétien-conservateur"... Fidèle à l'enseignement d'Hubert Beuve-Méry, fondateur du Monde, dont le maitre-mot fut « Renvoyez les idées reçues à leurs auteurs ! », je décidai d'aller voir ce qui se passait de l'autre côté de la ligne de démarcation séparant les deux Beyrouth. La première chose qui me frappa, ce fut les décalcomanies de Jésus, la Vierge ou saint Maron, patron des catholiques maronites, apposées sur les armes des combattants. « Vous allez tuer au nom de Dieu ? », demandai-je à un jeune guerrier qui me regarda, stupéfait, avant de rétorquer : « Quoi, vous venez d'Égypte. vous avez vu le sort des coptes et vous me posez une telle question ! Nous nous battons pour ne pas devenir comme les coptes, et avec l'aide de Dieu nous gagnerons ! ».

    TAGHER, FATTAL ET ALDIB

    J'allai voir ensuite le jeune Béchir Gemayel, étoile montante des « fachos», pour Beyrouth-Ouest, et de la « résistance libanaise » pour Beyrouth-Est (et qui devait plus tard être élu président du Liban avant d'être assassiné); il donna raison à ses miliciens, précisant : « Nous combattons pour avoir le droit de continuer à sonner nos cloches ! Plutôt mourir que d'être dhimmi. » Dhimmi en arabe, « protégé » ; dhimmma : « protection », avec une nuance d'assujettissement, accordée par l'Islam depuis. croit-on, le « pacte » conclu entre des chrétiens et le calife Omar, l'un des premiers successeurs de Mahomet, pacte aussi appliqué aux autres « Gens du Livre » reconnus par l'islam : zoroastriens, israélites et sabéens essentiellement. J'avais rencontré pour la première fois le terme de « dhimma » dans les feuilles diffusées en Algérie nouvellement indépendante par ceux qu'on appellerait bientôt « intégristes » puis « islamistes » ou « djihadistes ». Je me trouvais alors au service de l'administration algérienne en tant que « coopérant militaire  », avant de devenir correspondant du Monde en Alger, où je suivis des cours d'Histoire islamique donnés par un universitaire musulman, selon lequel « on n'appliquait plus la dhimmitude nulle part au XXe siècle, sauf en Arabie ».

    Je n'avais pas encore lu les ouvrages fondamentaux sur le sujet, dus à l'Égypto-levantin Jacques Tagher [1], au Libanais Antoine Fattal [2] , au Palestinien de Suisse Samy Aldib [2], tous trois chrétiens d'Orient.  

    (A suivre)

    1. Coptes et musulmans, Le Caire, 1952.
    2. Le statut légal des non-musulmans en pays d’Islam, Beyrouth, 1958
    3. Non-musulmans en pays d’Islam. Fribourg, Suisse, 1979.


    Repris de La Nouvelle Revue d'Histoire avec l'aimable autorisation de l'auteur

    LA NOUVELLE REVUE D'HISTOIRE • 43 Hors-série n° 12 • Printemps 2016

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Voyages • Vienne, un héritage impérial vivant

     

    par Jean Sévillia 

    EN IMAGES - Vienne fête le centième anniversaire de la mort de François-Joseph. La capitale autrichienne, aujourd'hui, bénéficie d'une qualité de vie qui tient aussi au cadre majestueux légué par les grands travaux d'urbanisme de cet empereur. Jean Sévillia nous fait visiter cette capitale européenne [Figarovox 24.06] à laquelle la France est liée par de nombreux liens de mémoire et autres, contemporains.  LFAR

     

    XVM06e8d676-796d-11e5-ba18-c49418e196fb - Copie.jpgA Vienne, dans les magasins pour touristes, François-Joseph et l'impératrice Elisabeth tournent ensemble sur les présentoirs de cartes postales, pendant que leur effigie figure sur des boîtes de chocolats, des puzzles, des porte-clés, des tee-shirts et des statuettes, sans oublier les boules de verre avec de la fausse neige. Si le kitsch Habsbourg fait marcher le commerce, il y a, Dieu merci, plus sérieux pour célébrer le centième anniversaire de la mort de François-Joseph, disparu en 1916, au mitan de la Première Guerre mondiale. Dans la capitale autrichienne, les librairies proposent des piles de biographies, d'albums et de magazines historiques qui lui sont consacrés, tandis que se tiennent quatre expositions, une cinquième étant proposée dans le château de Niederweiden, à 50 kilomètres à l'est de la ville (lire notre carnet de voyage,p. 79). Impossible, en ce moment, de se rendre à Vienne et d'ignorer que 2016 est une année François-Joseph. Mais, à part ses favoris immaculés et le surnom de son épouse (Sissi), qu'est-ce que le visiteur connaît de lui? Et mesure-t-on bien tout ce que le visage actuel de Vienne doit à cet empereur?

    Né en 1830, François-Joseph est le petit-fils de François Ier, l'adversaire malheureux de Napoléon. C'est en 1848 qu'il accède au trône, à la faveur de l'abdication de son oncle Ferdinand Ier, chassé par la révolution. Par la force des armes, le jeune souverain rétablit la puissance autrichienne en Lombardie et en Hongrie, où l'insurrection est matée avec l'appui des Russes. Cette première partie du règne impose un régime autoritaire, opposé aux aspirations libérales ou nationales. A Solferino, en 1859, François-Joseph perd la guerre contre Napoléon III, et doit céder la Lombardie au royaume de Piémont. Une déroute qui le contraint, à l'intérieur, à l'ouverture vers le fédéralisme. En Allemagne, l'empereur doit composer avec la prépondérance de Berlin, rivalité qui débouche sur un conflit clos par la défaite autrichienne devant les troupes prussiennes, à Sadowa, en 1866. Un nouveau revers qui pousse François-Joseph à un nouveau changement manifesté par des concessions aux Magyars. Entichée de la Hongrie, l'impératrice Elisabeth contribue à cette politique. En 1867, le compromis austro-hongrois place l'empire d'Autriche et le royaume de Hongrie sur un pied d'égalité, l' empereur et roi gouvernant la double monarchie avec trois ministres communs.

     

    L'hôtel de ville de Vienne a été construit de 1872 à 1883 dans le style néogothique des communes flamandes. Haute de 100 m, la tour est surmontée d'un chevalier en cuivre.

    L'hôtel de ville de Vienne a été construit de 1872 à 1883 dans le style néogothique des communes flamandes. Haute de 100 m, la tour est surmontée d'un chevalier en cuivre. - Crédits photos  : © Arnaud Robin / Figaro magazin

    Arnaud RobinSuivront quarante années de paix: l'apogée du règne. Un temps néanmoins traversé de tensions intérieures et de drames familiaux: l'exécution du frère de François-Joseph, Maximilien, au Mexique (1867) ; le suicide de son fils unique Rodolphe à Mayerling (1889) ; l'assassinat de l'impératrice Elisabeth par un anarchiste italien à Genève (1898). Et, pour finir, l'assassinat de son neveu François-Ferdinand par un révolutionnaire serbe, à Sarajevo, en 1914. Cet attentat obligera l'Autriche à réclamer réparation à la Serbie, déclenchant, par le jeu des alliances, la Première Guerre mondiale. Lorsqu'il meurt, en 1916 - laissant la couronne à son petit-neveu, Charles Ier, qui régnera jusqu'en 1918 - François-Joseph est âgé de 86 ans. Il a été empereur pendant soixante-huit ans et a vu 150 autres souverains régner en Europe, puis disparaître.

    François-Joseph incarne un pan de l'histoire de l'Europe, de l'histoire de l'Autriche et de l'histoire de Vienne. Son nom est un mythe, un mythe historique, culturel, littéraire et cinématographique. Ce mythe existait du vivant du souverain dont le portrait ornait chaque bâtiment officiel, chaque maison, chaque auberge. Après l'effondrement de l'empire, l'Autriche, paradoxalement, était un pays neuf. Non seulement en raison de la forme républicaine de l'Etat, mais parce que le territoire délimité par les frontières de 1919 n'avait jamais existé comme un pays indépendant, l'Autriche étant jusqu'alors le berceau de l'empire d'Autriche auquel elle avait donné son nom. Aussi ceux des Autrichiens qui doutaient de la solidité de leur nouveau pays et de sa capacité à résister au voisin allemand, surtout après 1933, se raccrochaient-ils au mythe François-Joseph. Sans être lié nécessairement à une nostalgie monarchique, le souvenir du vieux souverain ramenait l'image rassurante d'une Autriche forte, prospère et sûre, contrastant avec les menaces du moment. Chez Franz Werfel, Robert Musil, Joseph Roth ou Stefan Zweig, la littérature autrichienne d'alors abonde en livres ressuscitant «le monde d'hier».

     

    La statue de François-Joseph dans le Burggarten, qui était autrefois le jardin privé de l'empereur. C'est aujourd'hui un lieu d'agrément très prisé.

    La statue de François-Joseph dans le Burggarten, qui était autrefois le jardin privé de l'empereur. C'est aujourd'hui un lieu d'agrément très prisé. 

    Après la Seconde Guerre mondiale, le mythe est réactivé car il permet d'évacuer l'épisode trouble vécu par l'Autriche sous la botte nazie. Au cinéma, la célébrissime trilogie du réalisateur autrichien Ernst Marischka - Sissi (1955), Sissi impératrice (1956) et Sissi face à son destin (1957) - met en scène l'impératrice sous les traits de la jeune Romy Schneider, François-Joseph étant joué par le séduisant Karlheinz Böhm. Ces films ont fixé dans le public, jusqu'à nos jours, une image historiquement fausse du couple impérial. Ils ont cependant contribué à la popularité mondiale du mythe François-Joseph et Sissi, et auront suscité, dans les années 1950 et 1960, l'envie d'aller découvrir les palais viennois et les lacs alpins, avantage non négligeable pour un pays qui, ayant recouvré sa souveraineté en 1955, ne demandait qu'à s'ouvrir au tourisme. Il ne faut pas croire, pour autant, que François-Joseph a toujours été l'objet de panégyriques. Dès 1919, Ernest von Koerber, qui avait été chef du gouvernement autrichien sous la monarchie, considérait que cet empereur avait nui deux fois au pays, au début par sa jeunesse, à la fin par son trop grand âge. De nos jours, l'absolutisme des débuts du règne ou l'évaluation de la responsabilité de l'empereur dans le déclenchement de la Première Guerre mondiale suscite des débats. Karl Vocelka, auteur d'une biographie de François-Joseph parue l'an dernier et commissaire de l'exposition qui se tient actuellement à Schönbrunn, déplore ainsi longuement la répression de la révolution hongroise de 1848 ou le fait que de nombreux problèmes nationaux et sociaux soient restés sans réponse avant 1914. L'historien reconnaît toutefois les acquis économiques et culturels de cette époque, tout en hésitant à les attribuer à l'action personnelle du souverain. 

     
     
    Un fiacre traversant la Hofburg, immense palais qui est une ville dans la ville. Vienne possède près de 150 fiacres, dont les conducteurs portent une tenue traditionnelle. Ces voitures et leurs chevaux font partie du paysage viennois

    Un fiacre traversant la Hofburg, immense palais qui est une ville dans la ville. Vienne possède près de 150 fiacres, dont les conducteurs portent une tenue traditionnelle. Ces voitures et leurs chevaux font partie du paysage viennois.  

    L'historien tchèque Palacky, dès 1848, disait que si l'Autriche n'existait pas, il faudrait l'inventer. On peut trouver mille défauts à François-Joseph, mais sa vertu principale, le service qu'il a rendu aux peuples danubiens et par-là à l'Europe entière, c'est d'avoir su durer - or durer, en politique, est un art - et d'avoir su réunir sous ses deux couronnes une douzaine de peuples qui parlaient autant de langues et pratiquaient toutes les religions. Au siècle des nationalités, la mosaïque ethnique et culturelle du bassin danubien aurait pu être le théâtre d'atroces guerres intestines. Cette catastrophe a été évitée à l'Europe centrale grâce à l'Autriche-Hongrie, foyer de civilisation. La cour de François-Joseph, avec son étiquette, ses uniformes et ses titulatures, pouvait laisser l'impression d'un univers figé. Ce n'était que la surface des choses. En réalité, à cette époque, l'Autriche s'était transformée en une puissance moderne, un Etat de droit où la Constitution de 1867 garantissait les droits du citoyen, où le suffrage universel attendrait 1907, mais où la législation sociale, dès la seconde moitié du XIXe siècle, était sur de nombreux points (assurance-maladie, congés payés) plus avancée qu'en France ou en Angleterre. L'Autriche-Hongrie, dans ces années-là, était devenue une force industrielle, la quatrième d'Europe après l'Angleterre, l'Allemagne et la France. Et c'est sous le long règne de François-Joseph que la capitale autrichienne avait revêtu ce visage qui lui vaut de nos jours d'attirer les visiteurs du monde entier.

     

    Au centre de Vienne, la Hofburg, ancienne résidence des Habsbourg, se compose de plusieurs ailes dont la construction s'étale du XIIIe siècle au début du XXe siècle. Ici, le bureau de l'impératrice Elisabeth, dite Sissi, l'épouse de François-Joseph, assassinée en 1898.

    Au centre de Vienne, la Hofburg, ancienne résidence des Habsbourg, se compose de plusieurs ailes dont la construction s'étale du XIIIe siècle au début du XXe siècle. Ici, le bureau de l'impératrice Elisabeth, dite Sissi, l'épouse de François-Joseph, assassinée en 1898. 

    En 1857, une ordonnance impériale commande la destruction de la vieille enceinte qui, en 1529 et en 1683, avait repoussé les Ottomans mais qui, désormais inutile, étouffe la ville comme un corset. François-Joseph impose cette décision aux militaires, qui craignent que cette mesure ne profite aux révolutionnaires. Dans son esprit, il s'agit de faire de Vienne la capitale d'un vaste empire dynamique, ce qui suppose un plan de rénovation urbaine à l'instar de celui lancé par le baron Haussmann à Paris. Les meilleurs architectes sont mobilisés - l'Autrichien Heinrich von Ferstel, l'Allemand Gottfried Semper, le Danois Theophil Hansen - et chargés d'organiser l'espace situé à l'emplacement des anciennes murailles. Le choix a été fait d'entourer la vieille ville par un boulevard circulaire de 5,3 kilomètres de longueur. Sur cette artère de prestige, la Ringstrasse, en abrégé le Ring, s'édifieront des bâtiments publics, des institutions culturelles, des hôtels de luxe, des immeubles de bureaux et d'habitation. Inauguré en 1865, le Ring restera en chantier pendant plus de vingt ans.

    Entre 1860 et 1890 sont ainsi bâtis la Votivkirche (l'église du Vœu, commencée avant la démolition des remparts et construite en action de grâce pour la tentative d'assassinat à laquelle François-Joseph a échappé en 1853), l'Opéra, la chambre de commerce, la Maison des artistes, le musée des Arts appliqués, la salle de concert du Musikverein, la Bourse, le musée d'Histoire naturelle, le musée d'Histoire de l'art (Kunsthistorisches Museum), l'Académie des beaux-arts, le nouvel hôtel de ville, le Parlement, le Burgtheater, l'aile nouvelle du palais de la Hofburg et l'université. Le goût étant à l'historicisme, le Parlement a été conçu dans le style grec, l'hôtel de ville dans le style néogothique et l'Université dans le style néo-Renaissance. Ces monuments, en 2016, conservent à Vienne son air de capitale impériale. Si plusieurs d'entre eux, bombardés en 1944-1945, ont été reconstruits à l'identique, ils remplissent la même fonction depuis l'origine. 

     

    Les cafés, à Vienne, sont une institution. On peut y prendre un repas ou une consommation, et lire les journaux qui sont à la disposition des clients. Des portraits de François-Joseph et de l'impératrice Elisabeth ornent la grande salle du Café central.

    Les cafés, à Vienne, sont une institution. On peut y prendre un repas ou une consommation, et lire les journaux qui sont à la disposition des clients. Des portraits de François-Joseph et de l'impératrice Elisabeth ornent la grande salle du Café central. 

    Sur le Ring s'étaient également édifiés des immeubles habités par des aristocrates, mais plus souvent par des familles bourgeoises dont l'ascension accompagnait les progrès économiques de l'Autriche. Les Juifs étaient nombreux dans ce milieu, encouragés par l'abolition, en 1867, des ultimes interdits qui les frappaient. Rothschild, Epstein, Ephrussi ou Todesco se faisaient bâtir des palais dont l'architecture, la décoration des façades et la richesse des intérieurs proclamaient la réussite. Forte de cet essor, Vienne organisait en 1873 une Exposition universelle ambitieuse qui venait après celles de Londres et Paris. De 430 000 habitants en 1857, la population passait à 820 000 personnes en 1890, et atteindra les 2 millions en 1910. Autrichiens, Italiens, Polonais, Hongrois, Tchèques, Slovaques, Slovènes, Juifs de l'Est, tous les peuples de l'empire étaient représentés à Vienne. La ville était la cinquième métropole occidentale, derrière Londres, New York, Paris et Berlin.

    Vienne fin de siècle ? Rien de plus trompeur que cette formule. Contrairement à une idée reçue, nul sentiment de décadence, ou de fin du monde, n'étreignait cette société où personne ne pressentait la fin de la monarchie. C'est encore sous le règne de François-Joseph que s'épanouirait, laboratoire de la modernité, la Vienne du Jugendstil et de la Sécession, avec des architectes comme Otto Wagner et Adolf Loos, des peintres comme Gustav Klimt, Egon Schiele et Oscar Kokoschka, des musiciens comme Gustav Mahler, Arnold Schönberg et Alban Berg, et des médecins lauréats du prix Nobel ou pionniers de la psychanalyse, tel un certain docteur Sigmund Freud, loyal sujet de l'empereur.

     

    Edifié à partir de 1695 et réaménagé entre 1743 et 1749, le château de Schönbrunn, chef-d'œuvre de style baroque et rococo, était la résidence d'été des Habsbourg. Comme ses prédécesseurs, l'empereur François-Joseph y passait une partie de l'année.

    Edifié à partir de 1695 et réaménagé entre 1743 et 1749, le château de Schönbrunn, chef-d'œuvre de style baroque et rococo, était la résidence d'été des Habsbourg. Comme ses prédécesseurs, l'empereur François-Joseph y passait une partie de l'année.   

    Aujourd'hui, dans la capitale autrichienne, une aile du vieux palais impérial de la Hofburg abrite la présidence de la République. Alexander Van der Bellen, l'écologiste élu chef de l'Etat le 22 mai dernier, à l'issue d'un scrutin qui a fait parler dans le monde entier, travaille non loin du bureau de François-Joseph. Les services de la présidence ont attendu 1999 pour commander à la manufacture de porcelaine d'Augarten, à Vienne, un service de 200 pièces aux armes de la République: jusqu'alors, les dîners officiels étaient servis dans la vaisselle portant la couronne des Habsbourg, vaisselle restée sur place en 1918…

    Dans la crypte des Capucins, la nécropole des Habsbourg, la tombe de François-Joseph est toujours fleurie. Dans les rues du centre-ville, nombre de magasins, du bottier Rudolf Scheer au café-pâtisserie Demel, conservent sur leur devanture l'inscription k.u.k. Hoflieferant: «fournisseur de la cour impériale». Dans le Burggarten, aux beaux jours, des étudiants révisent leurs cours assis dans l'herbe au pied de la statue de François-Joseph. Dans la grande salle du Café central, les consommateurs lisent leur journal en buvant leur expresso sous le portrait de François-Joseph et de Sissi. A l'Opéra, les mélomanes se pressent pour assister à des représentations ultracontemporaines dans un temple de la musique inauguré par François-Joseph. Au Parlement, les députés siègent dans un bâtiment dont le sommet de la façade présente un relief sculpté: «François-Joseph accordant la Constitution». Chaque année, le cabinet américain Mercer publie une liste internationale de 230 villes classées selon la qualité de vie. En 2016, pour la septième année consécutive, c'est Vienne qui a été jugée comme la ville offrant la meilleure qualité de vie au monde. Voilà cent ans que François-Joseph est mort, mais les Autrichiens bénéficient toujours de son héritage. 

    Jean Sévillia & Carnet de voyage            

  • Société • Jacques Chirac, un nom de musée ?

     

    Par Camille Pascal

    Au moment de baptiser le musée du Quai Branly du nom de l’ancien président, il est aussi temps de revenir sur un bilan en demi-teinte. Camille Pascal le fait avec une réflexion elle aussi en demi-teinte et qui est fort intéressante autant par ce qu'elle dit que par ce qu'elle hésite à dire ou par ce qu'elle sous-entend. Et qui est, justement, l'essentiel. Exemple : lorsqu'il écrit, à propos de Chirac : « cet héritier du petit père Queuille » , tout est dit. A l'heure du bilan, l'on pourrait ajouter au passif le criminel regroupement familial, décidé par Chirac bien avant d'être président de la République. Mais les réserves, elles aussi en demi-teinte, que Camille Pascal laisse poindre ici  [Valeurs actuelles, 24.06], il est bien possible qu'elles seront un jour l'essentiel du bilan que l'histoire retiendra de Jacques Chirac. Sur ce dernier, il y a, d'ailleurs, des pages, des récits, des réflexions très éclairantes, dans le dernier ouvrage de Philippe de Villiers*. On ignore si Camille Pascal les a lues.  LFAR   

     

    2342186259.4.pngA l’heure où le gouvernement français vient de décider de donner au musée des arts premiers du Quai Branly le nom de Jacques Chirac, suivant en cela la tradition régalienne déjà bien installée qui a baptisé le Centre Georges-Pompidou et la BnF François-Mitterrand, la question de la place que le cinquième président élu de la Ve République doit occuper dans l’histoire de notre pays se pose désormais ouvertement. 

    C’est bien sûr un exercice délicat. Dans la mesure où Jacques Chirac est toujours de ce monde, les historiens ne peuvent pas encore revendiquer sa dépouille. Il n’en demeure pas moins qu’après les hommages plus ou moins intéressés qui vont se succéder dans les prochaines semaines, il faudra bien tirer le bilan de la longue décennie qui va de 1995 à 2007 et qui a marqué, chronologiquement tout au moins, le basculement de la France dans le troisième millénaire. 

    Deux élections présidentielles hors normes ont permis à Jacques Chirac d’être élu par deux fois président de la République au suffrage universel. La première fois en 1995, alors que, donné battu par tous les sondages et moqué par ces commentateurs dont le métier est de se tromper, il évinça Édouard Balladur et l’emporta contre Lionel Jospin auquel le même suffrage universel allait offrir deux ans plus tard une incroyable revanche ouvrant la voie à cinq ans de cohabitation. En 2002 enfin, tout le monde s’en souvient, le vieux lion balzacien, que l’on disait “usé, vieilli et fatigué”, bénéficia d’un véritable plébiscite contre un autre grand carnassier de la vie politique française. 

    La marque laissée par Jacques Chirac sur notre pays reste néanmoins assez difficile à discerner et ce, non seulement parce que le recul historique manque encore mais aussi parce que la ligne politique de cet héritier du petit père Queuille reste encore nimbée d’ambiguïtés.

    C’est ainsi que si, dès le début de son premier mandat, Jacques Chirac affirma son attachement à la théorie gaullienne de l’indépendance stratégique de la France en ordonnant la reprise immédiate des essais nucléaires, sa décision de mettre fin, un an plus tard, à la conscription, qui, depuis 1798, était consubstantielle à la République française, a contribué, à n’en pas douter, à désarmer le pays face aux enjeux tant idéologiques que stratégiques qui sont ceux que notre pays doit aujourd’hui affronter. Non pas que le “service militaire” jouât encore, à la fin du siècle dernier, un rôle majeur dans une politique de défense mais parce qu’il était le creuset dans lequel les différences sociales, régionales et religieuses se fondaient pour donner naissance à des citoyens.  

    Il en va de même du refus obstiné que Jacques Chirac opposa à l’inscription des racines chrétiennes de l’Europe dans le nouveau projet de Constitution européenne. Il est certain qu’avec son entourage, à l’exception notable de sa femme, Bernadette, il fut sincèrement convaincu d’agir, là encore, en homme d’avenir. Il est à craindre que l’histoire ne vienne démontrer qu’il s’agissait là en réalité d’un réflexe du passé.  • 

    * Le moment est venu de dire ce que j'ai vu, Albin Michel, , 350 p.

    Camille Pascal

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

  • Livres • BD : « Les Tontons façon puzzle » & « Fantômas »

     

    par CS

    C’est un film culte qu’on ne devrait plus présenter. Les Tontons flingueurs adapté de l’ouvrage Grisbi or not grisbi d’Albert Simonin et  réalisé en 1963 par Georges Lautner avait drainé plus de trois millions de téléspectateurs dans les salles obscures. Ce fut un bon succès commercial avant de devenir l’un des films préférés de nombreux Français qui connaissent les répliques par cœur grâce à Michel Audiard et au jeu des acteurs : Lino Ventura, Bernard Blier, Jean Lefebvre, Francis Blanche, etc. Les Tontons flingueurs, c’est une histoire de succession dans le milieu. Louis le Mexicain juste avant de « canner » ou « clamser » (mourir) fait de Fernand Naudin qui est maintenant dans « l’honnête », son héritier. Mais certains comme les frères Volfoni ou Théo ne trouvent pas ça « comac » (bien).

    Sans doute pour mieux suivre l’histoire et mettre les futurs (jeunes) téléspectateurs dans le bain, Philippe Chanoinat et Charles Da Costa ont décidé d’établir la fiche d’identité des principaux personnages du film : vingt-deux fiches que viennent agrémenter vingt-deux scènes majeures du film comme celle du bowling quand les fères Volfoni tentent de convaincre Fernand Naudin de laisser tomber l’affaire, sinon, il pourra faire des « Nervous breakdowns » ou encore celle du manteau de la cheminée, quand Fernand Naudin explique à la mouflette Patricia que son petit Antoine commence à les lui « briser menu ». Les aficionados, auront l’impression de compulser un fichier de police où s’égrainent le « blaze » de chacun des participants. Ils en sauront un peu plus sur le parcours de chacun des protagonistes.

    Les Tontons – éparpillés façon puzzle, de Chanoinat et Da Costa, éditions Glénat, 48 pages, 13, 90 euros

     

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    Après les Tontons Flingueurs qu’ils avaient déjà croqués  de manière très intelligente, voici que Philippe Chanoinat et Charles Da Costa récidivent avec un autre film culte : Fantômas. Chacun des trois films réalisés par André Hunebelle qui a fait plusieurs métiers (décorateur, verrier…) et qui a commencé sa carrière de réalisateur sur le tard (52 ans), a drainé en moyenne quatre millions de spectateurs dans les salles obscures. Reprenant l’approche des Tontons flingueurs, les auteurs déroulent en 60 pages la biographie et la carrière artistiques des acteurs principaux de la trilogie : Fantômas (1964), Fantômas se déchaîne (1965) et Fantômas contre Scotland Yard (1967). S’il le lecteur n’apprend pas grand chose sur les deux principales vedettes que sont Louis de Funès et Jean Marais, il en sait en revanche un peu plus sur Mylène Demongeot (Hélène) sur la riche carrière de Jacques Dynam (inspecteur Bertrand) ainsi que sur Robert Dalban, le prince des seconds rôles et sur Guy Delorme, souvent cantonné à des rôles de méchants. En connaître un peu plus sur les secrets de tournage n’aurait pas été inutile… Un bon livre toutefois, à mettre entre les mains des passionnés. 

     Je t’aurai, Fantômas, de Philippe Chanoinat & Charles Da Costa, éditions Glénat, 64 pages, 15,00 euros.

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • Patrimoine • Ce jour d'été, visite chez Charles Maurras, dans son jardin qui s'est souvenu

     

    Retrouver le vrai Maurras, l'homme de chair et d'os, provençal, enraciné, ce peut être un plaisir et c'est aussi une démarche utile. Laissons là les clichés trop faciles, les images trop simples, les mythes réducteurs. C'est dans le jardin de cette maison du Chemin de Paradis, où il reviendra sans cesse jusqu'à ses derniers jours, fût-ce par la pensée et le souvenir, c'est à Martigues, sur les rivages de l'étang de Berre,  que s'est édifiée sa pensée et son œuvre.

     

    Le Chemin de Paradis - Lafautearousseau sur Vimeo. 

     

    Nous vous emmenons aujourd'hui, dans le jardin de sa maison de Martigues, Chemin de Paradis. Les cigales nous ont accompagnés, par une superbe matinée d'été, durant toute cette visite. Vous allez découvrir ce qu'il a paru bon au maître de ces lieux de faire « entre les murs de son jardin ».

    Comme Louis XIV qui a rédigé lui-même une Manière de montrer les jardins de Versailles, Maurras - toutes proportions gardées - a expliqué ce qu'il avait voulu faire dans son jardin, et a donné toutes les indications nécessaires à une visite intelligente. Ainsi est-elle réalisée comme il lui a plu qu'elle se déroulât : cela se trouve au Tome IV des Oeuvres Capitales (Le Berceau et les Muses /  Suite Provençale, § VII Mon jardin qui s'est souvenu, pages 249 à 268).

    Et maintenant que vous savez tout, suivez le guide !   •

    Visite du jardin : François DAVIN - Reportage (sur fond sonore de cigales) : Paul LEONETTI.

    L'on peut aussi consulter également notre album Une visite chez Charles Maurras. (103 photos).

  • Livres & Actualité • Êtes-vous Érasme ou Machiavel ? par Éric Zemmour

     

    La réédition d'un des classiques de la philosophie politique de la Renaissance n'a pas pris une ride. Et elle provoque ces réflexions d'Eric Zemmour [Figarovox 23.06] dont les dirigeants européens, à l'heure du Brexit, pourraient bien faire leur profit s'ils avaient le temps et le goût de lire. Les lecteurs de Boutang ne manqueront pas d'y retrouver la figure du Prince chrétien. Peut-être la plus actuelle de toutes celles qui pourraient sauver nos sociétés de la médiocrité contemporaine et notre civilisation de son déclin. Ceux de Maurras y retrouveront l'antique sagesse de la philosophia perennis, la sagesse éternelle.  Lafautearousseau

     

    XVM46b79742-8908-11e5-8758-aadd64fa74f8.jpgOn devrait offrir ce livre à Pierre Moscovici. Et à tous ceux qui, comme notre commissaire européen, nient avec véhémence les racines chrétiennes de l'Europe. Tous ceux qui, comme lui, crient au racisme ou à l'islamophobie lorsqu'un impudent ose paraphraser le général de Gaulle en rappelant les origines gréco-romaines et judéo-chrétiennes des peuples français et européens. Cet ouvrage est L'Éducation du prince chrétien, d'Érasme. Il s'intitule aussi : Ou l'art de gouverner. À l'époque, cher Pierre, les deux expressions sont synonymes.

    L'éditeur a eu la bonne idée d'inscrire la version originale en latin face à sa traduction en français. Encore un clin d'œil sarcastique à une de nos éminences socialistes de la Rue de Grenelle. La prose est ciselée, élégante et concise. Il n'y a pas une page qui ne soit truffée de références aux philosophes grecs, aux empereurs romains et aux prophètes juifs, donnés alternativement en modèles ou repoussoirs à nos princes chrétiens. Érasme fut un de ces grands humanistes de la Renaissance sur les épaules de qui nous autres, pauvres nains modernes, continuons de nous pavaner, même Pierre Moscovici.

    L'Éducation du prince chrétien est un de ses livres les plus célèbres qui fut un énorme «best-seller» à son époque, traduit dans toute l'Europe. Son inspiration nous montre que la Renaissance ne fut pas cette entreprise de déchristianisation que nos contemporains futiles veulent y voir. Érasme était un grand lettré, écrivant en latin et lisant le grec ancien, mais n'en continuait pas moins l'œuvre de l'Église qui, dès le Moyen Âge, avait élaboré un portrait du prince idéal, soucieux du bien commun, la fameuse Res publica, tout en s'efforçant de corseter les instincts belliqueux des princes et de limiter les dommages des guerres sur les populations. Son véritable opposant n'est donc pas l'Église, même si l'ouvrage d'Érasme sera mis à l'index dans la fureur de la Contre-Réforme par le concile de Trente en 1559, mais Machiavel.

    Les deux hommes sont nés la même année, en 1469. Leurs sources antiques sont les mêmes, mais ils n'en font pas le même usage. Ils partent du même mot en latin, virtus, mais n'en ont pas la même lecture. Pour Érasme, virtus donne vertu, au sens où nous l'entendons aujourd'hui, tempérance, mesure, justice, paix. Avec Machiavel, on revient à l'étymologie de virtus: vir en latin signifie homme ; et la « vertu » devient pour l'italien cette quête indispensable de l'énergie virile amollie par les « vertus » féminines.

    Érasme vient de Vénus et Machiavel de Mars. Érasme appelle tyran ce que Machiavel appelle grand prince. Érasme façonne un roi-philosophe à la Platon ; Machiavel, un politique retors et impitoyable. Celui-ci recommande à son prince d'être à la fois « lion et renard » quand celui-là rejette ces comparaisons animalières en citant Diogène à qui on demande quel est l'animal le plus nuisible: « Si tu parles des bêtes sauvages, c'est le tyran ; si tu parles des animaux domestiques, c'est le flatteur.»

    Il est vrai que les deux hommes ne conseillent pas le même personnage. Érasme écrit à un jeune homme de seize ans qui s'apprête à hériter d'un Empire déjà édifié : Charles Quint ; Machiavel murmure à l'oreille d'un prince italien qui rêve d'unifier l'Italie derrière lui : Laurent de Médicis. « Les mots domination, empire, royaume, majesté, puissance, sont païens et non chrétiens ; le pouvoir chrétien n'est rien d'autre que l'administration de l'État, la bienfaisance et la protection.» Érasme est l'anti-Machiavel. Les monarques de la Renaissance furent dès lors sommés d'être Machiavel ou Érasme, comme plus tard on serait Voltaire ou Rousseau, de Gaulle ou Pétain, Sartre ou Camus, Rolling Stones ou Beatles.

    Mais trêve de plaisanterie. Machiavel restera l'éclatant et révéré maître à penser de nos grands politiques et de nos grands conquérants ; Érasme est le père spirituel souvent méconnu de nos monarchies administratives et de nos États-providence. Machiavel sépare la morale privée de la morale publique ; Érasme cherche à les réconcilier. La grande lignée politique française, de Richelieu à de Gaulle, en passant par Bonaparte, est fille de Machiavel. Mais les pacifistes à la manière de Jaurès ou de Briand, ou les démocrates-chrétiens pères de l'Union européenne d'après-guerre, ou même les partisans du droit d'ingérence au nom des droits de l'homme, sont sans le savoir les héritiers d'Érasme. La paix est le bien suprême d'Érasme, la guerre est pour Machiavel la continuation de la politique par d'autres moyens.

    Mais les deux hommes sont aussi complémentaires qu'ils sont opposés. Machiavel sert à conquérir le pouvoir, Érasme à le conserver. Machiavel gagne les élections, Érasme gère le pays. Certains de ses préceptes devraient inspirer nos gouvernants actuels : « Le meilleur moyen pour un prince d'augmenter ses ressources est de limiter ses dépenses… Ce n'est pas la quantité des lois qui fait la santé de l'État.» Pour les défenseurs impénitents de l'assistanat : « Le prince doit veiller tout particulièrement à garder le moins possible de ces oisifs au sein de son peuple: soit il les poussera à travailler, soit il les expulsera du pays.» Pour les obsédés de l'égalité, qui confine à l'égalitarisme : « Il n'y a pas d'égalité quand tous ont les mêmes prérogatives, les mêmes droits et les mêmes honneurs. C'est même là parfois la pire inégalité.» Pour tous les maniaques du PNB : « Il y a trois sortes de biens : les biens de l'âme, les biens du corps, et les biens extérieurs ; il faudra veiller à ne pas mesurer le bonheur de la cité essentiellement par les biens extérieurs.» Et l'avertissement le plus actuel pour François Hollande qui vaut cent sondages, venu directement d'Aristote : « Deux mots renversent les pouvoirs : la haine et le mépris.»

    Enfin, un petit dernier pour la route : « Il ne faut pas se lier étroitement à des peuples qu'une religion différente nous rend étrangers… Ces peuples, nous ne devons ni les faire venir vers nous ni tenter de les approcher.» Un ultime cadeau pour vous, cher Pierre… 

    Eric Zemmour           

  • Médias • Jean-Michel Apathie, un journaliste aux basques du système

     

    par Aristide Leucate

    Jean-Michel Apathie fait partie du système, ne s’en cache pas et peut même, à l’occasion, en incarner la quintessence jusqu’à la caricature. Comment s'opposer au Système ? Antiquus, dans les commentaires de Lafautearousseau donne la juste réponse : « Ne rien laisser passer (...) pointer tous les mensonges, les tentatives de pervertir les esprits. Mettre en lumière toutes les contradictions, les incohérences et les intentions équivoques. Ne jamais se laisser amollir par une apparence de sincérité. Combattre inlassablement la république. » C'est ce qu'Aristide Leucate fait ici, à propos de Jean-Michel Apathie, dans cet excellent billet. [Boulevard Voltaire, 22.06].

     

    3266751844.jpgJean-Michel Apathie fait partie du système, ne s’en cache pas et peut même, à l’occasion, en incarner la quintessence jusqu’à la caricature. De ce point de vue, on citera Jean-François Kahn, autre tenancier dudit système, le talent et l’intelligence en plus : « C’est un type d’une arrogance incroyable. Il pense être les médias à lui tout seul, ne supporte aucune critique. C’est un excellent intervieweur mais un mauvais chroniqueur, qui mouline deux idées obsessionnelles, le déficit et la dette, alors qu’il nous fait le coup de l’objectivité incarnée ! » (Le Monde, 18 avril 2013).

    Arrogant est le mot. Mais encore, dispensateur de leçons, livreur de satisfecit en tout genre, parangon des vertus démocratiques. Et puis aussi représentant d’une certaine anti-France, celle du mépris de caste pour les petites gens et leurs défenseurs (au hasard), Zemmour, Le Pen, Dupont-Aignan.

    Dans le dernier numéro du mensuel politique de la rive gauche, Charles, Apathie revient sur ces personnalités qui eurent l’outrecuidance de commettre le crime de lèse-Apathie. Pour ce dernier, Dupont-Aignan est un « crétin », Zemmour un indécrottable « misogyne » « d’extrême droite » et Marine Le Pen une « conne » atrabilaire et « violente ». Fermez le ban, circulez, il n’y a rien à voir !

    Munis de tels viatiques, les intéressés n’ont plus qu’à balancer leurs frusques « réacs » achetées à La Belle Jardinière, et à opter pour une enseigne plus « fun », plus « 2.0 », comme disent les « métrosexuels », s’ils souhaitent regagner l’estime de cet ancien militant du PS aux basques du système.

    Le premier eut l’affront de lui demander, sur le plateau du « Grand Journal » de Canal+ (13 avril 2012), de dévoiler son salaire qu’il jugeait vraisemblablement mirobolant au regard de son utilité pseudo-journalistique dans un PAF (paysage audiovisuel français) sursaturé de saltimbanques se prenant pour Rouletabille. L’autre se récria, furibard, phobique, à l’instar de Dracula face au soleil. Pourtant, ce « pilier du “Grand Journal” [dont les] interventions sont à la croisée de l’information et du divertissement » (sic) percevait, « au titre de sa participation au “Grand Journal”, 400.000 euros par an […], soit 1.200 euros par prestation quotidienne » ainsi qu’« un salaire annuel de 250.000 euros comme directeur adjoint de la rédaction de RTL » (Emmanuel Schwartzenberg, « Les stars TV soumises à l’impôt Hollande ? », Le Figaro, 16 avril 2012).

    Pour ce phénix autoproclamé dont le brio intellectuel éclatant devrait nous aveugler, Apathie se défend plutôt mal. Versant dans un nominalisme affligeant, celui-ci ne suggère pas moins que, pour Dupont-Aignan, « à partir d’un certain salaire, on n’aurait plus le droit d’exercer un métier ? C’est très crétin, comme attitude. » Savoureux, venant de ce natif des Pyrénées… eût relevé Léon Bloy.

    Mais, en définitive, ce manque de perspicacité est symptomatique de ce que le grand reporter Jean-Jacques Cros appelle ces « journalistes d’en haut […] excessivement bien payés, apparaiss[a]nt dans les pages de la presse people, au point qu’on peut se demander s’ils appartiennent encore au même monde que le reste des journalistes. […] Ces journalistes ne considèrent pas que leur premier devoir est de surveiller le pouvoir en place. Nombre d’entre eux se voient plutôt comme des intellectuels, préférant analyser les événements et influencer les lecteurs plutôt que de reporter des faits » (Médias : la grande illusion, JCG, 2013). 

    Docteur en droit, journaliste et essayiste
  • Jean de France : « L’Union européenne est une sorte de chimère »

     

    L’union européenne est une sorte de chimère. Elle a construit toute une bureaucratie pour veiller au respect de règles libérales, qu’elle a malheureusement érigées en dogmes. Son administration n’est pas moins tatillonne que celle d’un régime socialiste. Il suffit de considérer les directives produites par Bruxelles sur des sujets aussi divers que la composition du chocolat ou la fabrication des fromages! Parfois, l’Europe me fait penser à ce film de Terry Gilliam, »Brazil » : c’est un monde kafkaïen. Pour faire cesser ces dérives, il faut une grande liberté intérieure, ce qui manque à nos politiques : ils ont du mal à résister à la pression des médias, qui les somment de réagir instantanément, sans aucun recul.

    Pourtant, on pourrait tout à fait imaginer une confédération fondée sur la subsidiarité : ce que les États peuvent faire eux-mêmes ne doit pas leur être enlevé. L’Europe telle que je la conçois serait fondée sur la coopération entre les nations, celles-ci choisissant librement de s’associer pour de grands projets d’envergure mondiale. C’est l’Europe d’Airbus et d’Ariane. Pas besoin de structures permanentes, pas besoin de Commission européenne pour construire un avion… Et si nous nous accordons sur des buts plus politiques, veillons à respecter l’identité de chaque pays, ce qui est de moins en moins le cas. Le peuple français en sait quelque chose, puisque ses représentants ont contredit son expression directe en votant un traité presque identique à celui que les citoyens avaient refusé par référendum. Ce décalage entre les institutions et le peuple est antidémocratique et particulièrement inquiétant : il nourrit l’amertume et le ressentiment. L’Europe se fait contre les peuples et sans l’homme. Allons-nous commettre la même erreur que l’Union Soviétique ?  

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    Jean de France

    UN PRINCE FRANCAIS

    Source : blog de la Couronne

  • Brexit : la remise en question de l'Europe est de toute façon en route ...

    Figarovox 22.06

    Lire aussi ...

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    Qu'ils restent ou qu'ils partent, les Britaniques ont de toute façon un pied dedans, un pied dehors ...  

    [Lafautearousseau 22.06]

  • Boualem Sansal : « L'ordre islamique tente progressivement de s'installer en France »

     

    Par Alexandre Devecchio           

    Ce qui nous intéresse ici ce n'est pas le personnalité controversée et ambiguë de Boualem Sansal. Mais son analyse en tant que telle. Après les meurtres de policiers à Magnanville par un islamiste, il compare ici [Figarovox 17.06] la situation actuelle de la France à celle de l'Algérie au début de la guerre civile. Les perspectives qu'il trace, en effet, glacent le sang.  LFAR

    2917551200.jpgDepuis un an, sur fond de tensions culturelles, la France vit au rythme des attentats. Dernier en date, l'assassinat à coups de couteau, revendiqué par l'État islamique, d'un policier et de sa compagne dans leur maison. Que vous inspire ce nouvel acte de terreur ?

    Ca me glace le sang. Voici venu le temps du couteau et de l'égorgement. Il est à craindre que cette méthode fasse florès, car un hadith célèbre prête au prophète Mahomet cette terrible sentence adressée aux mécréants: «Je suis venu à vous avec l'égorgement». On a vu combien Daech a pris ce hadith à la lettre et combien de milliers de personnes ont été égorgées comme des moutons, avec tous les raffinements que des esprits malades peuvent inventer pour exalter leur soif de cruauté. C'est le deuxième cas en France: en juin 2015, en Isère, un islamiste avait égorgé et décapité son patron puis accroché sa tête au grillage d'une usine. La méthode va certainement inspirer beaucoup de jeunes islamistes. Au couteau, eux ajouteront la caméra qui démultiplient l'horreur. Ils filmeront leur crime et balanceront le film sur les réseaux sociaux. Le terrorisme islamiste en Europe n'en est qu'à ses débuts, nous verrons avec le temps combien il sait être inventif: l'égorgement, le viol, l'empalement, l'éventrement seront au menu, comme ils le sont au Daech et comme ils l'ont été en Algérie à grande échelle, pendant la guerre civile. Au Daech comme en Algérie, les terroristes sont très fortement endoctrinés et encadrés: ce sont des soldats de la terreur, ils exécutent des ordres. En Europe, une telle organisation n'est pas possible, pas encore. C'est pourquoi les commanditaires et les stratèges du terrorisme islamiste mondialisé poussent à l'ubérisation du terrorisme, les instructions sont dans la toile à la disposition de qui veut devenir djihadiste et martyr.

    Peut-on vraiment comparer la France et l'Algérie?

    L'islamisme sait s'adapter, il se fiche de la culture du pays, il veut la détruire et imposer la sienne, et comme il a trouvé des recrues en Algérie il trouvera des recrues en France. Aujourd'hui, il les sollicite, les prie, demain il les forcera à assumer leurs devoirs de soldats du califat, et le premier de ces devoirs est de libérer l'islam de la tutelle de l'Etat mécréant qu'est la France. En Algérie, les maquis islamistes étaient pleins de jeunes qui ont été forcés de faire allégeance à l'émir de leur village, de leur quartier: c'était rejoindre le maquis ou se faire égorger ainsi que toute sa famille. S'il s'évade c'est la famille, voire tout le village, qui paie.

    Derrière le terrorisme, existe-t-il un problème plus large d'islamisation de la France ?

    C'est le but même de l'islam conquérant, gagner la planète, convertir toute l'humanité. Le terrorisme n'est qu'une méthode pour conquérir des territoires, soumettre leurs populations et les convertir par force, comme il l'a fait au Daech avec les communautés chrétiennes. C'est la méthode des islamistes radicaux, les djihadistes. Les islamistes modérés et les musulmans pacifiques récusent cette méthode, ils préfèrent la voie douce, la da'wa, l'invitation à écouter le message d'Allah, ou la prédication publique. Entre les deux méthodes, la conquête militaire et la da'wa, il y a tout ce que l'intelligence humaine a pu inventer pour convertir et enrôler. La France est un terrain très favorable à l'islamisation par la voie douce et par le moyen de la violence: elle est inquiète, divisée, épuisée, dégoutée. Les retours à la pratique religieuse se multiplient chez les musulmans et les conversions explosent.

    Une serveuse musulmane a été giflée à Nice parce qu'elle servait de l'alcool durant le ramadan…

    L'ordre islamique tente de s'installer en France, c'est un fait patent. En maints endroits, il est déjà installé. Dans un pays musulman, cette serveuse aurait été arrêtée et jetée en prison par la police. Durant le ramadan, la folie s'empare du monde musulman et fait commettre d'horribles choses. La faim et la soif ne sont pas seuls responsables, il y a que ce mois est sacré (c'est pendant le ramadan que Mahomet a reçu le coran, apporté à lui par l'archange Gabriel), les gens sont pris dans la ferveur et la bigoterie. Durant ce mois, certains imams sont littéralement enragés.

    Comment les islamistes s'y prennent-ils pour accroître leur influence ?

    La force des islamistes et des prédicateurs est la patience. Ils inscrivent leur action dans la durée. Une autre qualité est l'inventivité et leur capacité maîtriser les instruments à leur portée: les chaines satellitaires, Internet, les réseaux sociaux, les outils marketing, les techniques de communication, la finance islamique, le cinéma, la littérature, tout est mobilisé pour atteindre la plus grande efficacité. Dans les pays du sud, les islamistes n'ont que les moyens traditionnels pour avance, ils convoquent les vieilles recettes de charlatanisme, la sorcellerie, la magie, le maraboutisme, ils investissent les mosquées, les souks, les stades, les fêtes religieuses, les hôpitaux. L'action sociale n'a pas de secrets pour eux. Dans tous les cas, ils n'ont aucun souci d'argent, les donateurs généreux et intéressés ne manquent pas.

    Bombarder Daech peut-il régler la question ?

    Elle n'est une solution que si elle est accompagnée d'une intervention militaire au sol menée par les pays arabes. Pour compléter, il faut ensuite installer à demeure une mission onusienne pour reconstruire la région, disposant d'une force armée capable d'empêcher les représailles. 

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    Boualem Sansal est un écrivain algérien censuré dans son pays d'origine à cause de sa position très critique envers le pouvoir en place. Son dernier livre 2084, la fin du monde est paru en 2015 au éditions Gallimard. 

    Alexandre Devecchio

  • Terrorisme islamiste : de François Baroin à Thomas Legrand, ces sophismes épatants...

     

    Par François Davin

     

    Jeanne d'Arc 2013 282.jpgAu lendemain du massacre terroriste/islamiste du 13 novembre, à Paris, on avait eu droit a un stupéfiant sophisme de la part de François Baroin : , le « bébé Chirac », pour les intimes, issu d'une famille où l'on est franc-maçon de père en fils ... Lequel en substance, raisonnait ainsi :

    1. ce qui vient de nous frapper, c'est le fanatisme religieux;

    2. il faut donc extirper toute trace de religion dans la vie publique;

    3. comme nous allons entrer dans la période de Noël, interdisons les crèches dans tout espace public (mairies, aéroports, places etc...).

    Il fallait le dire, c'est vrai, il fallait oser : eh ! bien, il a osé, et il l'a fait, et il l'a dit...

    Aujourd'hui, toujours après un massacre terroriste/islamiste (pas chez nous cette fois, mais en Floride, à Orlando, « l'affaire Omar Mateen »), voici qu'un autre grand sophiste devant l'Eternel, Thomas Legrand, remet çà, si l'on peut dire, et à sa façon.

    Ce fut le 14 juin, dans sa matinale, à 7h25, sur France inter...

    Tout le monde a su rapidement que le carnage d'Orlando a été commis au nom de Daech, organisation terroriste qui, du reste a revendiqué le crime très vite. Il a fallu un peu plus de temps pour que l'on apprenne que le sieur Mateen était lui-même homosexuel, qu'il fréquentait assidûment le Pulse - la « boîte » où il a commis son crime - et qu'il postait régulièrement des photos « intimes » de lui. Ses connaissances et amis, les drag-queens du Pulse et même son ex-femme l'ont abondamment confirmé. Il aurait peut-être même été en relation intime avec un séropositif, mais à son insu, d'où peut-être son désir de vengeance...

    Retour à notre matinale de Thomas Legrand. Ni Daech ni l'homosexualité ne retiennent son attention : ce qui a tout causé, dit Legrand, ce sont « les religions », et, en particulier, la chrétienne. Pourquoi ? Parce que, en condamnant l'homosexualité, « les religions », mais surtout le christianisme, exécré par Thomas Legrand, arment les assassins !

    Bravo !

    Même Baroin, qui, dans son genre était tout de même allé assez loin, n'était malgré tout pas allé aussi loin.

    Faudrait-il donc que le Pape, usant de son infaillibilité - que, du reste, Thomas Legrand récuse, comme tout ce qui vient de l'Eglise catholique - proclame le devoir impérieux pour tout homme et toute femme, sur terre, de se convertir illico à l'homosexualité ? On n'aurait, alors, plus aucun crime du type Orlando ?

    Deux questions :

    1. Thomas Legrand est-il sérieux lorsqu'il délire ainsi, en public, à une heure de grande écoute ?

    2. Le PDG de Radio France est-il sérieux, lui qui laisse une antenne que nous payons tous, par nos impôts, à un élucubrateur de l'espèce de Thomas Legrand ? 

  • Politique magazine : aussi un site à lire, consulter régulièrement, faire connaître ...

    Couverture du numéro de juin de Politique magazine

     

    Une présence sur le net : le site quotidiennement actualisé  de Politique magazine.

    Ce site - qui correspond parfaitement à ce que doit être la version numérique d'un mensuel de la qualité de Politique magazine - vit, se développe et se renouvelle rapidement. Il s'agit là de toute évidence,  de la réalisation d'une véritable équipe, large, jeune, intelligente et dynamique qui donne à réfléchir sur la politique, l'économie, les idées, l'art et la culture, les faits de civilisation. Bref, il en résulte un site que l'on trouve plaisir et intérêt à consulter régulièrement. Nous lui empruntons souvent ses articles qui nous ont le plus retenus.   

    Politique magazine l'a présenté dans les termes reproduits ci-dessous. 

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    www.politiquemagazine.fr

    Découvrez le site de Politique magazine, mensuel de référence de l’actualité politique depuis plus de 10 ans.

    Fier du succès de son site actuel, Politique magazine entend donner un élan plus puissant à la diffusion de ses idées. Son objectif est clair : faire entendre une voix discordante dans le paysage médiatique monocorde d’aujourd’hui. Au cœur de sa réflexion, la question de la légitimité républicaine. Elle se pose, gravement, face à la succession des échecs des différents gouvernements.

    Pensé pour la commodité et l’agrément de ses lecteurs, vous retrouverez sur ce nouveau site :

    Une information régulièrement mise à jour, autour de trois axes principaux :  

    « Le meilleur des mondes », où figurent des articles sans concession centrés sur l’actualité politique, sociale et économique ;

    « Idées » où sont rassemblés les textes les plus représentatifs de Politique magazine, qui pense que la politique, au sens vrai du terme, fait la sagesse des gouvernements ;

    « Civilisation » où se retrouvent des critiques et commentaires de l’actualité culturelle. 

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