Ainsi donc, vous êtes venus à Versailles, monsieur le Président, heureux d'être "chez Louis XIV", comme vous l'avez dit, et vous en avez même profité pour signer le Traité avec la Perse, qui vous tenait tant à coeur.
Et vous avez dit :
"J'aime les lieux beaux et merveilleux... Versailles, c'est vraiment le summum !... Ce n'est pas du plaqué or, c'est du lourd !... Versailles est le plus beau château du monde..."
N'en jetez plus, monsieur le Président, vous allez nous faire rougir, nous, royalistes Français, qui ne cessons de clamer notre fierté de ce qu'a fait notre grande Nation, dans son Histoire, et notre attachement à ces "quarante Rois qui, en mille ans, firent la France", et à leur oeuvre : ce pays magnifique, gaté par la Nature, par nous hérité des Basques puis des Celtes, fécondé par le génie romain et la présence grecque, et, enfin, comme soulevé vers les sommets par sa Foi chrétienne...
Oui, car c'est tout cela que vous avez vu, en venant à Versailles, dans ce palais grandiose et magnifique qu'a voulu notre Louis XIV, en édifiant dans ce lieu plutôt ingrat, de prime abord, le merveilleux Palais-Temple du Roi Soleil, où tout, partant de la mythologie gréco-romaine et du dieu Apollon, vient se conjuguer en un triple poème : humaniste, politique et chrétien.
• Au début, en effet, était l'Antiquité, et les mythes des Grecs et des Romains, et cet Apollon qui, conduisant son char, apportait la vie au monde par la lumière et la chaleur de son soleil : c'est le premier poème de Versailles, le poème mythologique, et la présence chez nous de nos mères, la Grèce et l'Italie, et nos deux capitales, Athènes et Rome...
• Louis XIV se vécût comme le nouvel Apollon, diffusant partout les bienfaits et progrès du Soleil Royal : comme Apollon, il apportait la paix, le progrès et les bienfaits dans tout le Royaume : Voltaire ne disait-il pas qu'il fut "ROI D'UNE NATION ALORS HEUREUSE, ET ALORS LE MODÈLE DES AUTRES NATIONS..." ? C'est le deuxième poème de Versailles : le poème politique...
• Mais Louis XIV ne se vécut pas seulement comme le nouvel Apollon, roi des hommes, roi humain. Il était de la lignée de ces Rois de France "christianissimus", qui se revendiquaient haut et fort "lieu tenant" de Dieu sur terre et s'agenouillaient au pied de la Croix : soleil des hommes courbant le front devant le seul et vrai Soleil, celui qui donne la seule et vraie Lumière : et c'est le troisième poème poème de Versailles, le poème chrétien, symbolisé magnifiquement par la croix de la splendide Chapelle royale, qui vient comme crever l'horizontalité des toits du château, pour s'élancer vers le Ciel, montrant bien au visiteur que la Croix domine tout, y compris les rois de la terre... Et marquer la présence de notre troisième capitale : Jérusalem.
Trois capitales pleinement acceptées, revendiquées et résumées dans notre capitale, la Ville lumière, Paris; et dans ce Palais-Temple de Versailles...
Voilà ce que vous avez vu, monsieur le Président, en venant dans ce lieu véritablement exceptionnel, unique.
Nous vous souhaitons d4avoir été charmé, au sens profond du terme, par ce lieu unique que vous venez de découvrir...
Et nous vous offrons, en prime, ce quatrain de notre grand Sacha Guitry :
"ON NOUS DIT QUE NOS ROIS DÉPENSAIENT SANS COMPTER,
QU'ILS PRENAIENT NOTRE ARGENT SANS PRENDRE NOS CONSEILS.
MAIS, QUAND ILS CONSTRUISAIENT DE SEMBLABLES MERVEILLES,
NE NOUS MLETTAIENT-ILS PAS NOTRE ARTGENT DE CÔTÉ ?"

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