On veut bien mais « l'esprit du 11 janvier », c'est quoi au juste ?

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Lorsque nous rencontrons Ivan Blot, avant Noël, nous passons rue du Faubourg Saint-Honoré, à deux pas de l’Élysée et de l’ambassade des États-Unis. Des chants de Noël résonnent dans des haut-parleurs : un crooner américain lance de lancinants « Merry Christmaaas… ». On se croirait dans une série télé filmée à Manhattan. De quoi nous mettre dans le bain de notre entretien. Son sujet ? Un livre : L’Europe colonisée (éd. Apopsix, 2014).
Pourquoi « l’Europe colonisée » ?
La colonisation revêt des formes multiples. En Europe, nous subissons en premier lieu une colonisation politique par les États-Unis et leurs relais européens. La situation sur le continent dépend toujours de l’issue militaire de la seconde guerre mondiale. Et, depuis, l’Union soviétique s’est effondrée, laissant les Etats-Unis seuls en piste.
Que pensez-vous de l’Otan ?
L’Otan, créée en 1949 à Washington, est clairement une structure militaire colonisatrice. Son premier secrétaire général, Hastings Lionel Ismay, déclarait que ses buts étaient de « garder les Russes à l’extérieur, les Américains à l’intérieur et les Allemands en tutelle ». La baisse récente des dépenses militaires en Europe montre que cette dernière est militairement colonisée et ne fait plus guère d’efforts propres.
Quelles sont les autres formes de colonisation ?
Il y en a trois. L’une est économique. La structure des marchés est influencée historiquement par des relations de pouvoir ; or, les centres de décision économiques sont de moins en moins chez nous. On assiste à un transfert. Je rappelle que la valorisation du CAC 40 dans son ensemble n’équivaut qu’au tiers des sommes détenues par le plus grand fonds au monde, l’américain Blackrock.
La seconde est physique. Elle découle de l’immigration incontrôlée qui s’installe actuellement sur le territoire européen. La dernière, la plus importante, est culturelle et spirituelle : l’Europe est gagnée par l’utilitarisme américain, qui met la fonction marchande au sommet avec comme valeurs suprêmes les droits et l’argent.
Dans votre ouvrage, vous faites référence à Aristote. Pourquoi ?
Aristote propose des outils qui permettent de comprendre le monde. Dans sa Physique, il décrit quatre causes servant à analyser l’existence d’un fait social humain : la cause matérielle, la cause formelle, la cause motrice et la cause finale. Prenons l’exemple du temple grec. Il s’explique par sa cause matérielle : la pierre et le bois destiné à sa construction ; nous sommes dans de la technique et de l’économique. La cause formelle, c’est le plan de l’architecte selon les vœux de la cité ; il s’agit de juridique et de politique. La cause motrice, ce sont les hommes qui construisent le temple, avec la culture qui est la leur. La cause finale, c’est la religion des grecs, car sans elle, on n’aurait aucune raison de construire ce temple.
Dans mon livre, j’essaye d’appliquer ces quatre causes pour comprendre l’état de l’Europe actuelle.
Comment l’Europe pourrait-elle se décoloniser, selon vous ?
L’une des clés de sortie de cette colonisation est culturelle. Nos énarques ont perdu tout repère humaniste. Ils ne sont guidés que par les deux premières causes, la matérielle et la formelle, c’est-à-dire le droit et l’économie. Nous avons des hommes politiques desséchés et cela joue énormément sur le manque de représentativité. Pour sortir de notre arraisonnement utilitaire actuel, il serait possible de se baser sur deux institutions fortes : l’Église et l’Armée. C’est ce qu’a fait la Russie au sortir du communisme. De manière générale, tout redressement ne pourra se faire sans une démocratisation de nos pays qui vivent en réalité en régime oligarchique. •

Sur ce montage photo - hélas, de mauvaise qualité - on voit très bien Raspail, malgré tout, sur la demi photo de gauche; sur la demi photo de droite, au premier-plan, on reconnaît Gustave Thibon, à gauche en regardant l'image; au milieu, Pierre Chauvet, en bleu; à l'extrême-droite, François Davin; derrière Pierre Chauvet, Franck Lesteven et, derrière Franck, Jean-Marc Montoya, devant le "N" de la banderole...
Hier, nous vous avons proposé de regarder et d'écouter l'entretien au cours duquel, pour TV Libertés, Jean Raspail reparle du Camp des Saints, ce roman prophétique publié il y a un peu plus de quarante ans.
À propos de Jean Raspail, nous avons aussi évoqué des souvenirs qui nous sont propres. Plus ou moins anciens. Nous avons notamment rappelé que Raspail est venu et a pris la parole deux fois au Rassemblement Royaliste des Baux de Provence.
Et nous avons extrait des archives de Lafautearousseau l'enregistrement du plus connu des deux discours qu'il y a prononcés.
Si vous regardez cette vidéo - qui remonte à plus de trente ans - vous y trouverez, de surcroit, deux discours de Gustave Thibon et un discours de Gérard de Gubernatis.
Ainsi que quelques figures connues...
Bien entendu, ces rassemblements ont toujours été organisés au nom et dans l'esprit de l'Action Française. Il font partie de son histoire.
Lafautearousseau


Tract distribué ces jours derniers à la Faculté de de Droit d'Aix en Provence
Soumission, de Michel Houellebecq, qui prévoit un régime islamique en France,en 2022, a été précédé il y a plus de quarante ans d'un autre roman "prophétique", Le Camp des Saints, de Jean Raspail, écrit en 1972 et publié en 1973.
On sait qu'il s'agit de l'histoire de ce million d'immigrants qui vient s'échouer sur nos côtes, attirés par la terre promise. C'est - déjà - le récit d'une France et d'une Europe menacées de submersion.
Et Nous y sommes.
Les faits ont donné raison à Jean Raspail, sinon, précise-t-il, que ça ne s'est pas passé exactement de la même façon. Dans le Camp des Saints, le million de migrants est arrivé d'un seul coup, tandis que maintenant ils arrivent peu à peu. En fait, le résultat est le même et il est catastrophique.
Dans ce livre, Raspail n'avait pas anticipé la puissance de l'Islam. Ce phénomène, dit-il, ne l'avait pas intéressé et, aujourd'hui encore, il s'inquiète davantage du nombre de migrants que de leur religion.
Allons-nous vers un basculement démographique final ? Jean Raspail ne doute pas qu'il soit engagé. Mais, ajoute-t-il à fort juste titre, il y a aussi le grand remplacement des idées dans les cervelles.
A moins que ... Car l'amorce d'un retournement se profile aussi ...
En enregistrant l'entretien qui suit, TV Libertés a fait œuvre utile. On l'écoutera, sans aucun doute avec le plus vif intérêt (18,30').
Et puis, quant à nous, nous gardons de Jean Raspail quelques souvenirs déjà anciens, quelques autres plus récents. Il y a maintenant assez longtemps (années 1970-1980), François Davin et Pierre Builly l'avaient interrogé. L'entretien cordial et brillant qu'il leur avait accordé serait à exhumer des archives de ce mensuel aujourd'hui disparu...
Nous n'oublions pas, non plus, que Raspail est venu et a pris la parole deux fois au Rassemblement Royaliste des Baux de Provence.
Les discours qu'il y a prononcés sont encore dans de nombreuses mémoires. Il y en a trace dans Lafautearousseau.
Il a encore participé, il n'y a que quelques années à un banquet de la Restauration Nationale organisé par Hilaire de Crémiers.
Et surtout nous gardons à l'esprit l'image de Jean Raspail, vêtu de son superbe uniforme d'écrivain de marine, au mariage du Prince Jean, à Senlis.
Pour TV Libertés, Jean Raspail reparle du Camp des Saints.
Lafautearousseau
Pour agrandir, cliquez sur l'icône en bas, à droite.
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Ecoutez le très beau discours de Jean Raspail au Rassemblement Royaliste :
Jean Raspail aux Baux de Provence
Accès au site de La Cour des Arts : cliquez ci-dessus
Signalons aux personnes qui l'ignoreraient qu'Hervé Casini est un élève et fut un grand ami de Jean-François Mattei. C'est en sa compagnie qu'il a participé à la journée d'hommage à Charles Maurras qui a eu lieu à Martigues, en septembre 2012. Et où, d'ailleurs, Jean-François Mattei avait donné un remarquable exposé sur le Chemin de Paradis, ce livre de neuf contes philosophiques que Maurras avait composé autour de ses vingt ans...
Outre l'intérêt du sujet - Joseph Roumanille poète et félibre comme le sera Maurras - ce sont là de bonnes raisons pour nous d'annoncer et, pour ceux d'entre nous qui le pourront, d'assister à la conférence d'Hervé Casini. •
(choisissez dans cette liste de nos Grands Textes celui - ou ceux... - que vous souhaitez lire, et accédez-y directement en quelques secondes : il vous suffit de cliquer sur le lien hypertexte attaché à chacun d'entre eux...)
Il ne nous semble guère utile d'ajouter un long commentaire au texte de Maurras que nous publions aujourd'hui. Il date de la fin de sa vie, est extrait d'un livre publié après sa mort, et l'époque à laquelle il l'écrit, le Bel Aujourd'hui auquel il se réfère - dont il fait aussi le titre de son livre - est la France de Vincent Auriol, de la IVe République, des lendemains de la Libération. C'est aussi le temps de son ultime captivité, où il songe à l'avenir de la France et des idées qui ont été toute la matière de sa vie.
Justement, le texte qui suit nous parle; il tombe, si l'on peut dire, à point nommé, au moment précis où toutes les composantes du Système s'emploient à nous prêcher, à nous seriner, même, le dogme des valeurs républicaines, dont on nous dit aussi qu'elles seraient en danger bien que, au fond, personne ne sait vraiment en quoi elles consistent, si ce n'est en de pures et utopiques abstractions. L'argument électoraliste stigmatise le danger que le Front National ferait courir à la République. Mais il ne s'agit, en fait, que de sauver des sièges ! Plus redoutable est la contestation de ceux, de plus en plus nombreux, de plus en plus puissants, de plus en plus audibles, qui s'aperçoivent et écrivent que les Lumières sont éteintes, que les valeurs républicaines ne sont pas un absolu, que la République, elle-même, n'est qu'une modalité, qu'elle peut finir, que la France est un vieux pays, chargé d'une très longue histoire et qui ne commence pas en 1789. Ce sont là, en effet, des idées qui tuent; qui mettent la République en danger. Viendrait-elle à disparaître ? Houellebecq conclut son livre par cette phrase : je n'aurais rien à regretter.
Aux valeurs républicaines, qui ne sont que des idées abstraites et fausses, Maurras oppose une conception radicalement autre. Il leur oppose la France réelle, fait d'histoire, fait de naissance et, avant tout, dit-il, phénomène de l'hérédité. Ici, nous sommes au cœur du débat d'aujourd'hui. Ce débat est maintenant largement ouvert. Il n'est pas sûr que les valeurs de la République, la République elle-même, en sortent indemnes.
Au moment précis où toutes les composantes du Système s'emploient à nous prêcher, à nous seriner même, en tout cas à nous imposer, les dogmes mondialistes, européistes, immigrationnistes, consuméristes... pour construire une France hors sol, une société liquide, multiculturelle et diversitaire, noyée dans le grand marché mondial, Maurras oppose à cette « politique » une conception radicalement autre : il leur oppose la France réelle, fait d'histoire, fait de naissance et, avant tout, dit-il, phénomène de l'hérédité. Ici, nous sommes au cœur du débat d'aujourd'hui. Ce débat est maintenant largement ouvert. En Europe même, les patries ne s'effacent pas, nombre de nations resurgissent, s'opposent au nivellement. Comme sur les autres continents. En ce sens, c'est le triomphe de Maurras.
En ce sens, c'est le triomphe de Maurras.
Lafautearousseau


Ce Café aura pour thème l'organisation d'un débat entre tous les participants sur une question difficile mais qui appelle une réponse urgente.
Un café, c’est fait pour parler, oui, mais de quoi ? Et bien d'un sujet à peine effleuré lors d'un précédent café, avec un titre plein de promesses, hélas non tenues :
QUE FAIRE ?
Nous sommes très souvent d'accord sur le diagnostic concernant : « l'état des lieux » et pour constater que nous sommes, non pas dans une simple crise classique, économique et financière, mais bien davantage dans une véritable crise de civilisation.
Par ailleurs, si nous sommes également à peu près d'accord sur l'analyse des causes qui nous ont conduits à cette situation, et si chacun dispose d'un éventail d’idées pour savoir « ce qu'il faudrait » faire, nous sommes en panne dans la plupart des cas, pour savoir ce que l'on peut faire… •
Le mardi 3 février 2015 à 18h30,
le Café Histoire de Toulon

vous convie à participer à la conférence :
De la Libye au Nigeria et du Mali à la Centrafrique, les causes et les conséquences des conflits régionaux
par Monsieur Bernard LUGAN,
historien spécialiste de l'Afrique,
professeur à Saint-Cyr et à l'Ecole de Guerre,
conférencier à l'IHEDN,
expert auprès du Tribunal Permanent International pour le Rwanda (TPIR),
au musée des Troupes de Marine de Fréjus, route de Bagnols en Forêt, salle Mangin (bâtiment du CHETOM).
Entrée gratuite.
Cette conférence, organisée par les Amis du Musée, permettra aux marins toulonnais de bien comprendre les enjeux des OPEX et missions en cours.

Mardi 27, M. Dumas, accorde un entretien au Figaro, à propos de son livre Politiquement incorrect. Quoi qu’il en dise, on ne saura jamais si l’ancien président du Conseil constitutionnel a effectivement « sauvé la République en 1995 » en validant les comptes de campagne présidentielle « manifestement irréguliers » de MM. Chirac et Balladur. Ce qui est en revanche plus que plausible, c’est qu’il a alors agi, comme il tient à le souligner, par « esprit républicain ». Ce qui revient à dire que - malgré tous les beaux principes de façade - le système républicain reste à lui-même sa propre finalité : dès lors qu’on le croit en danger, sa défense transcende tout principe, toute « valeur ». M. Legrand rejoint, au fond, M. Dumas lorsqu’il évoque, même si c’est pour la déplorer, l’« aristocratisation des élites républicaines » (France Inter, jeudi 29). Derrière la formule de l’éditorialiste, et sans doute bien malgré lui, on peut comprendre que se cache le non-dit d’une caste qui, se perpétuant par auto-reproduction et cooptation, tient le pays grâce à une forme de régime - la République - dont elle tire toute sa puissance.
Entretemps, mercredi 28, M. Houellebecq a répondu aux questions de Mme Elkrief (BFM TV). Rappelant curieusement M. Onfray et certains de ses propos tenus il y a quelques mois sur les ondes de RMC, M. Houellebecq - certes de façon moins méthodique, mais c’est un romancier, non un philosophe -, tient, devant la journaliste apparemment effarée, un discours pour le coup politiquement incorrect puisqu’il constitue une véritable remise en cause du credo républicain, « système de valeurs qui arrive à son terme ». Petite citation à l’usage de Mme Belkacem et de tous les écoliers de France : « 1789, n’est pas le début de l’Histoire de France […] La France ne se limite pas à la période de 1789 à nos jours. C’est un vieux pays. » Mais, ce qui mérite d’être particulièrement relevé, c’est le distinguo, d’une grande pertinence, que M. Houellebecq établit entre la France et la République : « La République est une modalité parmi d’autres ».
Et si elle n’était justement qu’une modalité ? Dans son Journal d’un écrivain, Dostoïevski parle de « la ténuité des racines qui unissent la République au sol français ». Là pourrait résider l’explication de cette mobilisation quasi permanente de « l’aristocratie républicaine » - on vient encore d’en avoir l’illustration avec l’orchestration de la campagne « Je suis Charlie » - pour défendre une situation jamais acquise. Si la République les appelle, si elle se sent de façon chronique en danger, n’est-ce pas parce qu’elle n’est qu’une greffe étrangère, rejetée de façon récurrente et peut-être même inconsciente par le corps socio-national ? Une sorte de parasite…
M. Finkielkraut a raison de rappeler régulièrement que l’être profond de la France est « littéraire », les livres jouant chez nous un rôle essentiel. Ceux de Mme Trierweiler et de M. Zemmour, pour différents qu’ils soient, en sont la preuve récente. Avec ceux de MM. Dumas et Houellebecq se trouve posée, de façon indirecte, la question politique de la légitimité du régime républicain. •


Trafic d migrants - Figaro magazine - Signé Nicolas VIAL