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  • Élection de Trump : quel intérêt pour la France ?

     

    Par François Marcilhac

    Qui apporte ici des mises au point dont on pourra débattre ...

     

    500021990.3.jpgL’élection présidentielle américaine aura eu au moins le mérite de vérifier ce que, malheureusement, nous savions déjà : le tropisme américain de nos élites, ou plutôt leur aliénation qu’elles cherchent par capillarité médiatique à distiller chez les Français.  

    Nos media officiels répercuteront-ils au printemps prochain avec la même intensité l’élection présidentielle française ? Rien n’est moins sûr. Il serait évidemment stupide de nier l’importance que peut avoir, tous les quatre ans, la présidentielle américaine, en raison du poids monétaire, économique, militaire et géopolitique des Etats-Unis. Mais il y a une différence entre la lucidité de bon aloi des élites d’un peuple libre, interprétant les éventuelles conséquences pour celui-ci ou pour le monde d’une élection dans une important pays tiers, et son assimilation comme une donnée de politique intérieure, qui conduit à intérioriser sa propre soumission. C’est que nos élites, qui ont voulu nous faire vivre l’élection de Donald Trump comme une catastrophe planétaire et française (Marine Le Pen, voire Sarkozy, qui n’est jamais à un reniement près, occupant tous les esprits), ont toujours vu depuis la fin de la deuxième guerre mondiale dans les Etats-Unis un modèle, voire le « protecteur » naturel d’un continent sorti de l’histoire. Non, nous n’en avons toujours pas fini avec les conséquences de la victoire impériale des Etats-Unis en 1945. L’American Way of Life, que le plan Marshall a imposé avec l’OTAN et l’Europe institutionnelle, en vue d’assurer la finlandisation de l’Europe occidentale, s’est aujourd’hui transmué en cette idéologie mondialiste dont Hillary Clinton était la porte-parole officielle.

    Vers la fin du mondialisme ?

    Des instances supranationales de tous ordres, dont certaines s’interpénètrent — l’ONU et ses agences spécialisées que sont l’OMS, la Banque mondiale ou les COP successives, l’OMC, les G20 et G8 — redevenu G7 pour punir la Russie de son indépendance, sans compter l’Union européenne et sa Cour de justice ou le Conseil de l’Europe et sa Cour des droits de l’homme, ou encore les différents traités en cours de signature ou de négociation : tout participe d’une même culture mondialiste qui veut en finir avec les Etats-nations et les peuples historiques souverains, comme avec les fondements même de toute société, notamment la famille, considérés comme les principaux obstacles à la réduction consumériste de l’homme. Comment, dans ces conditions, leurs représentants ne s’inquiéteraient-ils pas de la victoire d’un milliardaire présenté comme populiste à la tête de la principale puissance ordonnatrice du nouvel ordre mondial ? Il est vrai qu’on nous avait déjà fait le coup avec Ronald Reagan. Or les premières palinodies de Trump, avant même son entrée à la Maison-Blanche, qu’il s’agisse d’une politique migratoire revue à la baisse ou du mariage homo, prouvent que la démagogie est, partout, la vérité de la démocratie. C’est surtout la preuve que le dogme mondialiste n’a d’universel que le rejet qu’il provoque chez les peuples, plus encore que chez ceux qui se font élire en instrumentalisant leur colère ou leur désespoir. Et que les Etats-Unis sont avant tout puissants de cette soumission morale qu’ils ont su distiller dans l’esprit des peuples dont ils ont su dominer les élites depuis soixante-dix ans.

    Or ce n’est pas avec cette domination que souhaite rompre Donald Trump : ce qu’il refuse, c’est que les Etats-Unis continuent d’en payer le prix, sauf à imposer à ses féaux européens de mieux participer au financement de leur défense... après qu’Obama les eut convaincus qu’une Russie antimondialiste les menaçait ! Du grand art, qui prouverait surtout la cohérence de la politique extérieure américaine par-delà les aléas électoraux.

    Réjouissances déplacées

    N’en déplaise aux patriotes, souverainistes ou identitaires français qui se réjouissent inconsidérément de cette victoire, voir en Trump un modèle, de plus transposable en France, est une erreur profonde qui ne prouve qu’une seule chose : leur propre aliénation. Non, Trump n’est pas l’hirondelle annonçant un nouveau printemps des peuples. Il en a été de même du Brexit : le rejet de l’Europe par deux des quatre nations composant le Royaume-Uni ne peut inspirer un quelconque Franxit à plus ou moins brève échéance. Des tendances, assurément lourdes, d’un rejet de plus en plus clairement exprimé d’un modèle planétaire ne constituent pas une dynamique commune vers la liberté : le chemin qui y conduit appartient à chaque peuple et est le fruit de son histoire en train de se faire — et de se défaire, chacun ayant, de surcroît, sa propre conception de sa liberté. Si le patriotisme est universel, il n’y a jamais eu d’internationale des patriotes. Réjouissons-nous assurément de toute défaite de l’idéologie mondialiste, réelle dans le cas du Brexit, illusoire certainement dans le cas de l’élection de Trump : car celui-ci, comme nous avons été les seuls à le souligner aussitôt, n’a en rien renoncé à la volonté de puissance d’un Etat dont l’impérialisme, lié à sa prétendue « destinée manifeste », a pu s’exprimer de manière plus ou moins brutale dans l’histoire, mais n’a jamais été démenti par aucun de ses dirigeants. Trump veut simplement le beurre et l’argent du beurre. 

    Alors, oui, réjouissons-nous du répit que peut représenter son élection par rapport au bellicisme à tout crin de sa rivale. Mais dans le seul dessein de recouvrer notre indépendance. Il n’y avait aucun « lâche soulagement » de la part de Maurras, lorsqu’il approuva Munich en 1938, mais le souhait, évidemment vain, que la république en profitât pour réarmer. Dans le cas présent, si les Etats-Unis sont bellicistes sur le dos des Européens avec la complicité d’une France dont la diplomatie est dans une « impasse » (dixit Villepin au Figaro du 14 novembre), ce sont notre soumission atlantiste et le carcan européen qui nous privent de toute latitude et il s’agit là, à plus ou moins brève échéance, de causes de déclin et de mort autrement terribles. Car nous subissons en même temps, comme fruit de ce même mondialisme, une invasion de peuplement qui, pour être apparemment pacifique, voire lacrymale, n’en est que plus dangereuse car elle instrumentalise la générosité des Français tout en ayant pour effet assuré la destruction de notre civilisation. Qui se trouve ainsi attaquée en même temps par deux nihilismes qui ont pour dénominateur commun le refus des cultures nationales  : le mondialisme consumériste et l’islamisme barbare qui profite de la disparition de nos défenses immunitaires provoquées par le premier pour s’installer au nom du padamalgam, avec la complicité objective de nos élites multiculturalistes. 

    Une primaire dérisoire

    En ce sens, la primaire de la droite semble bien dérisoire. Car alors que la faillite de la gauche lui offre un boulevard, la droite n’en profitera pas pour redonner à la France sa souveraineté et préserver son identité, l’une et l’autre étant indissolublement liées. C’est que les six ténors Républicains de cette primaire ont déjà tous participé, chacun à son niveau de responsabilité, à la faillite d’un pays dans lequel ils ne croient plus. Quant au septième, il lui faudra bien choisir entre les deux larrons que la mascarade du 20 novembre lui aura désignés. A moins de se lancer dans une aventure « hors les murs » incertaine dont le parti patriote auto-proclamé veut l’échec bien plus qu’il ne souhaite sa propre victoire. Ainsi le veut la logique de parti. La France peut toujours attendre. 

    L’ACTION FRANÇAISE 2000

  • J'ai bien connu Walid Pharès

    Walid Farès

    Par Péroncel-Hugoz

    En voyant défiler l’équipe du futur président Trump, notre confrère a senti remonter en lui sa lointaine époque beyrouthine… Voici pourquoi.

     

    peroncel-hugoz 2.jpgWalid Pharès ? Je savais que cet intellectuel libanais avait émigré aux États-Unis d’Amérique et qu’il frayait dans les milieux du Parti républicain mais je n’avais aucune nouvelle précise de lui depuis des lustres. Et puis soudain, le jour de l’élection de Donald Trump à la Maison Blanche, je vois « Walid »,  dans l’excellent français qui est le sien depuis son enfance beyrouthine, discourir sur diverses chaînes francophones à propos des conceptions du futur président américain en matière de politique extérieure.

    J’appris un peu plus tard qu’il en avait fait de même, dans les deux autres idiomes qu’il maîtrise à merveille, sur les télévisions arabophones et anglophones. 

    UN CERCLE RESTREINT

    Les présentateurs nous avaient, au passage, donné quelques détails sur la carrière de Pharès outre-Atlantique, jusqu’à son choix par le candidat Trump pour entrer dans le très petit cercle (4 ou 5 personnes) de ses conseillers diplomatiques, le seul d’entre eux apparemment, dont il a tenu, a ce jour, à faire publiquement l’éloge, y compris dans un entretien au Washington Post 

    EXPERT AU CONGRÈS

    Après avoir quitté sa ville natale de Beyrouth en proie à des querelles intestines, armées ou verbales, n’en finissant jamais, W. Pharès enseigna à Miami puis Washington, les sciences politiques, dans un « esprit européen », lequel dut plaire aux Américains puisque l’émigré récent, grâce à ses émissions, articles et livres, eut bientôt ses entrées, comme expert en affaires arabes et en terrorisme au Congrès (2001) puis sur la chaîne conservatrice Fox News (2006) où D. Trump fut séduit, dit-on, par les connaissances du Libanais en histoire militaire et lecture des cartes géographiques. Qui a dit que Donald Trump ne s’intéressait qu’au décolleté des dames, aux casinos et aux gratte-ciel ? … 

    UNE FAMEUSE BIBLIOTHÈQUE

    Ce dont je peux témoigner, pour ma part, à propos de ce conseiller diplomatique de l’ex-candidat républicain et peut-être du futur président, c’est que Walid appartient à une famille libanaise connue pour sa culture et notamment, à l’époque, pour posséder une des plus riches bibliothèques privées libanaises, en plusieurs langues, comparable à celle du diplomate Camille Aboussouan. Mais c’est par hasard, chez des amis, que je rencontrai, en 1976, Walid Pharès, à Beyrouth-Est (sous contrôle des Forces libanaises à dominante chrétienne), après avoir quitté Beyrouth-Ouest (sous contrôle des Palestiniens et de leurs alliés locaux) où se concentrait toute la presse occidentale, alors majoritairement favorable à ceux qu’elle avait dénommés les « islamo-progressistes ». J’eus la curiosité d’aller voir ce qui se passait « de l’autre côté de la ligne de démarcation » entre les deux Beyrouth; cette ligne où le correspondant du Monde attitré venait d’être tué par un tireur isolé, ce qui expliquait que notre journal m’ait expédié en vitesse du Caire, où j’étais alors en poste, en attendant que nous trouvions un successeur au malheureux Edouard Saâb. 

    LE DOSSIER SAHARIEN

    Wallid Pharès ayant l’air de connaître tout le monde, je lui demandai de m’aiguiller un peu dans cet Est beyrouthin qui était peu habitué à voir des journalistes étrangers. Mon « guide » improvisé me permit ainsi de cheminer et de rencontrer bientôt de jeunes chefs comme Béchir Gemayel, futur président élu puis assassiné (sans doute par les services secrets syriens). Je notai les connaissances encyclopédiques de Walid sur l’univers arabe, y compris les affaires de ce Maghreb où j’avais longtemps été correspondant (Alger) ou envoyé spécial (Rabat, Tunis, Tripoli, Sahara alors sous contrôle de Madrid). Je me rendis compte que des sujets comme la Marche verte ou la diplomatie secrète du roi Hassan II au Levant, étaient bien connus par mon « guide », y compris le jeu trouble joué en permanence un peu partout par le régime algérien.
    A nous d’observer maintenant, au cas où Pharès continuerait de conseiller Trump, si son intérêt positif de jadis pour le dossier saharo-nord-africain, le conduit à faire évoluer cet épineux problème, en suspens depuis plus de 40 ans à cause des blocages algériens. 

    P.S. A PROPOS DE MALEK CHEBEL

    FR%20MG%20ENTRETIEN%20MALEK%20CHEBE.jpg Pendant que je réveillais mes souvenirs autour de W. Pharès, une radio m’a appris le décès à Paris de l’auteur algérien Malek Chebel, né en 1953. Allah Yrahmo ! Je fus l’un des tout premiers éditeurs de Chebel, essayiste prolifique s’il en fut, avec « Histoire de la circoncision, des origines à nos jours» (1992 et 1997) que je lui avais commandée pour la collection orientaliste Le Nadir que je dirigeais alors chez Balland à Paris. Sur un sujet comme la circoncision qui concerne environ la moitié des mâles sur la Terre (par tradition, religion ou hygiène), ce livre remporta un franc succès, fut traduit et connut même, sous ma responsabilité, deux éditions en français au Maroc même où il est toujours disponible.

    Aux larges connaissances de W. Pharès en histoire politique, répondent celles de M. Chebel en histoire des religions et des mœurs. La Francophonie arabe n’a rien à envier à personne. 

    Dans le même état d’esprit curieux et méticuleux pour les moeurs des musulmans, signalons à nos suiveurs la parution à Casablanca, cette année, chez Africorient, de La circoncision au Maroc, par la plume distinguée du docteur casablancais Rouchdi Chamcham, ancien professeur d’ethnopsychanalyse à l’Université Lumière, à Lyon, en France et longtemps psychanalyste à Casablanca. 

    Péroncel-Hugoz

    Repris du journal en ligne marocain le360 du 18.11.2016

  • Le gouvernement veut le prolonger jusqu'à la Présidentielle ...


    Mur-bleu gds.jpgL'absurdité totale d'un « Etat d’urgence » qui devient la norme

    Le danger reste présent, il reste élevé, répète, en substance, Manuel Valls. Oui, bien sûr, le danger reste présent, et, par la faute du Système et de son action immigrationniste depuis 1975, l'ennemi est entré dans nos villes et dans nos quartiers ; il habite la maison d'en face ou celle d'à côté ; peut-être même l'étage au-dessus, ou la porte d'en face. Et il n'attend qu'un ordre (« On y va » pour le 13 novembre) pour passer à l'acte.

    Mais, à qui la faute, sinon à la Droite et à la Gauche d'un Pays légal si souvent unies dans des politiques folles, aux conséquences directement contraires à l'intérêt national et au Bien commun ?

    Certes, même si depuis 1975 aucun étranger n'était entré en France, il y aurait toujours des fanatiques, des dérangés ou des égarés pour se rallier à ces fous tout court qui se font appeler « fous de Dieu » ; mais il y en aurait beaucoup moins, et ils ne disposeraient pas de l'impressionnant vivier constitué au fil de quarante années d'immigration-invasion et de grand remplacement...

    Manuel Valls fait semblant de croire que l'Etat d'urgence nous protège : or, à quoi sert-il de faire patrouiller des militaires par groupe de trois ou quatre ? Ou de leur faire faire des gardes statiques devant des écoles ou des lieux déclarés sensibles ? Soyons sérieux : uniquement à tenter de rassurer l'opinion, en lui faisant croire que l'on s'occupe d'elle. Pire : ces groupes constitueront des cibles idéales le jour où la tactique des terroristes islamistes le décidera. On sait où ils se trouvent, où ils déambulent, où les « coincer » : cela permettra des massacres faciles, rapides, assurés.

    Evidemment, la vraie solution, et la seule, est « en amont », dans le renseignement.

    Elle est aussi d'arrêter les frais de ces policiers, gendarmes et soldats inutilement exposés, et de - mieux - dépenser les sommes très importantes que coûtent ces gesticulations en augmentant considérablement les dotations en hommes et en matériels performants des services de renseignement.

    Elle est encore de « vider » nos banlieues, cités et autres zones de non-droit de toute cette population qu'on y a entassée, dont une part croissante ne souhaite d'ailleurs nullement ni s'intégrer ni, encore moins, s'assimiler à nous.

    On l'a dit cent fois ici, et on le redira mille, dix mille fois si nécessaire, jusqu'à ce que cela soit fait : il faut crever l'abcès, la greffe de ces populations allogènes ne prend pas, et sur tout organisme, si la greffe d'un corps étranger ne prend pas, ce corps étranger est rejeté.

    Cette comparaison pour dire que toute personne, quel que soit son âge, qui, de près ou de loin, apporte la moindre aide aux assassins de l'armée ennemie doit être immédiatement déchue de la nationalité française et expulsée du territoire. Ou, si elle préfère, être traduite devant une Cour martiale, et être fusillée.

    Ce n'est qu'en asséchant le marigot que l'on pourra, non pas supprimer tout acte terroriste islamiste, mais en réduire considérablement le nombre, et les ramener à des proportions « gérables ». Toute autre politique (!) ne serait que gesticulation et non-assistance à Nation en danger... 

  • Le voyage de Berlin

     

    par Louis-Joseph Delanglade

     

    C’est donc à Berlin que M. Obama a décidé de faire ses adieux aux partenaires européens des Etats-Unis. M. Hollande a certes été convié, mais au même titre que Mme May ou MM. Rajoy et Renzi, c’est-à-dire pour être reçu par un couple Obama-Merkel qui avait affiché la veille de leur venue à tous sa profonde complicité. Voilà qui dit tout sur une réalité bien désagréable et qui prouve que rien n’a au fond changé depuis un demi siècle et « l’Europe germano-américaine » que dénonçait alors le mensuel AF-Université. Le constat de la presse française est d’ailleurs unanime et sans appel : Berlin est le centre de l’Europe, Berlin est la capitale de l’Europe.

     

    Certains font mine de déplorer un état de fait qui nous obligerait à admettre que Berlin est non seulement la capitale de la première puissance économique de l’Union (ce qui est vrai) mais aussi la capitale culturelle de l’Union (ce qui est discutable); mais c’est pour mieux en reconnaître la légitimité, légitimité conférée par le respect allemand des sacro-saints « idéaux et […] valeurs dont l’Europe se réclame » (M. Guetta, France Inter) - par exemple en capitulant sans condition devant l’invasion des migrants. M. Obama l’a bien dit, lui qui, ravalant l’Europe au rang de certains autres continents ou sous-continents, dénonce « la montée d’une sorte de nationalisme sommaire, d’identité ethnique ou de tribalisme ».

     

    On objectera évidemment que l’élection de M. Trump va rebattre les cartes. Voire ! L’Allemagne et les Etats-Unis partagent un même attachement, en grande partie dû à la prégnance de leur commune filiation « libéralo-protestante », au capitalisme marchand et, pis, à la financiarisation de l’économie. Ces deux pays sont deux (très) grandes puissances économiques bien faites pour s’entendre et se compléter comme le prouve le développement de leurs échanges (les Etats-Unis sont ainsi devenus cette année le premier partenaire commercial de l’Allemagne, dépassant la France).

     

    La faillite de l’actuelle Union européenne, conjuguée au vide nouveau auquel laisserait place le « désengagement » promis par M. Trump, nous place dans une alternative quasi existentielle : le sursaut ou le déclassement. Le bon sens nous dit que, seule, la France ne pèserait pas lourd et qu’elle a besoin de constituer avec d’autres (dont l’Allemagne) un ensemble crédible. Encore faut-il ne pas se dissoudre dans un tel ensemble - sinon à quoi bon ? Reprocher sa force et son dynamisme à l’Allemagne n’a par ailleurs aucun sens. Il nous faut, en revanche, pour mettre à profit (en jouant de nos quelques atouts) l’opportunité du changement de donne probable en Europe, entamer un processus de rééquilibrage de notre rapport « économique » à l’Allemagne. Cela passe évidemment par la reconstitution d’un tissu économique (industriel, agricole et commercial) aujourd’hui « sinistré ». D’aucuns pensent même à renouer avec « l’ ardente obligation du plan » (De Gaulle, 8 mai 1961). Voilà qui demanderait des choix au politique et des efforts au pays. Au moins le cap serait-il donné. 

     

  • Ils voudraient tous être des rois, « rassembler », comme ils disent, alors que par nature le Système divise les Français

     

    Mur-bleu gds.jpgAinsi donc ce seront François Fillon et Alain Juppé qui porteront les couleurs de ce qui s'appelle « la droite et le centre ».

    Une remarque préliminaire : déjà, « le centre », c'est assez nébuleux, et bien malin qui peut dire où il commence et où il finit (où il ne finit pas ?). Quant à la droite, entre la « forte » et la « décomplexée », l’« humaniste »  ou la « populaire » , qui, bien sûr, rejettent toute l'extrême-droite qui, à son tour préfère s'appeler « patriote » , là aussi, bien malin qui peut en tracer les contours. Et l'on voit bien que sur un grand nombre de sujets majeurs, elle a toujours fait la politique de la gauche (avortement, immigration, Collège unique signant la mort de l'instruction publique, scélérate loi Pleven sur le prétendu antiracisme, baisse constante, après de Gaulle, du budget de la Défense...)

    Cela étant dit, les avez-vous bien écoutés, depuis qu'ils nous rabâchent leurs programmes, ces candidats « de la droite et du centre », mais aussi les autres : soit ceux qui n'ont pas été retenus dans leur camp, soit ceux du camp d'en face, soit tous les autres ? Ils n'ont que le mot « rassembler » à la bouche, alors que, précisément, le Système intrinsèquement pervers de notre république idéologique fonctionne sur la coupure institutionnalisée de la France en deux parti(e)s irréconciliables, au moins : droite contre gauche. Comment des gens sensés et raisonnables, possédant de réelles qualités intellectuelles pour plusieurs d'entre eux, peuvent-ils tenir un tel langage sans se rendre compte de l'inadéquation de leur propos à la réalité ? Sarkozy a-t-il été un seul instant « le président de tous les Français » ? Et Hollande ? La même remarque vaut d'ailleurs pour les autres pays : quand Obama a-t-il pu dire qu'il exauçait les souhaits de tous les Etatsuniens ? Et quand Trump pourra-t-il le dire ? La vérité vraie, la vérité toute nue, est que la démocratie telle que nous la connaissons, c'est-à-dire non tempérée par la Royauté, présente deux défauts majeurs :

    elle peut amener au pouvoir un Hitler ou les terroristes islamistes (en Tunisie, en Egypte et ailleurs dans les mondes musulmans, avant que d'énergiques réactions ne les chassent) ;

    et elle fonctionne normalement, habituellement, sur la division du peuple, en au moins deux grands partis, bloc contre bloc. Et ceci, redisons-le, est intrinsèquement pervers. Là où il faudrait un Henri IV ou un Louis XVIII, c'est-à-dire des rois pacificateurs et rassembleurs, dont le premier réussit l'exploit de faire cesser l'égorgement généralisé entre catholiques et protestants et le second, après la fracture révolutionnaire, tenta de doter la France d’institutions modernes, le nouvel élu de notre pauvre Système le sera, forcément, contre une part plus importante de Français opposés à lui qu'avec lui ! Et qui vivront recuits d'amertume pendant cinq ans, ressassant leur rancœur, en attendant de pouvoir, peut-être, dans cinq ans, prendre sa place, pour le pire très probablement, et plus probablement en tout cas pas pour le meilleur...

    D'ici là, il ne faut qu'attendre sans rien en espérer la fin finale de ce grand Barnum électoral, jusqu'à ce que tout recommence en 2022, soit dans cinq ans à peine ! Jusqu'à ce qu'un jour ce Système pervers ne s'effondre, comme cela s'est passé deux fois déjà, en 1940 et en 1958. A ces deux moment-là, et quoi qu'on pense d'eux - il y eut deux personnages de haute stature historique, et qui furent acceptés, du moins au début, par la masse du peuple français. Qui verrait-on demain dans ce rôle d'homme providentiel, ayant la carrure pour s'imposer, et accepté, même au début, par la très grande majorité du peuple français ? Réponse certaine : personne.

    Alors ?...  

  • Présence de Maurras, tous azimuts

     

    3578948983.jpg« Au secours, Maurras revient ! ». s'alarmait l'Obs, le mois dernier, dans une vidéo pour les nuls, où un journaliste indigne - François Reynaert - dressait de Charles Maurras un portrait d'une pauvreté extrême. Pauvre et faux à la fois  ! Il s'agissait de faire savoir « pourquoi on doit s'inquiéter du retour de Maurras, l'idole de Patrick Buisson ». Le même Patrick Buisson qui venait de publier un ouvrage de réflexion politique profonde, connaissant un grand succès et suscitant de nombreux éloges venus de tous les bords ... 

    Mais Nathalie Kosciusko-Morizet s'était déjà publiquement émue et indignée de cette influence de Maurras, penseur politique - dont elle ne savait rien et n'avait pas lu une ligne - sur Patrick Buisson, - mais pas seulement - du temps où ce dernier était le conseiller le plus écouté et le plus déterminant du président de la République alors en exercice, Nicolas Sarkozy. dont elle-même avait été, pourtant, porte-parole de campagne ... Drôle de monde !

    L'influence de Maurras n'avait d'ailleurs attendu ni Sarkozy ni Buisson pour s'exercer jusqu'aux plus hauts sommets de l'Etat. Ceux qui connaissent quelque peu l'histoire de la Ve République savent que Kiel et Tanger fut un livre de chevet de Georges Pompidou, alors que lui aussi était président de la République, et qu'il en fit l'un des sujets les plus remarqués d'une célèbre conférence devant les étudiants de Science Po Paris.

    En vérité, l'influence de Maurras - maudit, selon son statut officiel - n'a jamais cessé d'être une réalité, dans le monde politique, journalistique, intellectuel et universitaire, où les recherches qui lui sont consacrées n'ont jamais été aussi nombreuses et approfondies, telles celles que mène, par exemple, le professeur Olivier Dard, aujourd'hui, à Paris Sorbonne (Paris IV) ... Le même Oliver Dard qui lui a consacré un ouvrage et qui définit Maurras comme un « contemporain capital ». En réalité, dans tous les secteurs où cela importe particulièrement, Maurras est présent.   

    Hommage à Charles Maurras 1.jpgChose étonnante pour certains : l'influence et l'attrait que Maurras exerce aussi aujourd'hui sur une nouvelle jeunesse, nombreuse et ardente. Ainsi celle qui s'est rassemblée, avec quelques anciens, à Roquevaire, ce samedi [19.11] et qui s'est rendue en cortège à travers les rues de la petite ville provençale sur son tombeau pour un hommage fervent. (Illustration en titre). 

    Cette nouvelle jeunesse se retrouve dans ce qu'évoquent ces lignes de Pierre Boutang, qu'elle cite sur sa page Internet, et qui parlent de circonstances anciennes étonnamment semblables à celles qu'elle vit aujourd'hui, preuve que - fût-ce pour que quelques uns s'en inquiètent - l'influence tous azimuts de Maurras n'est pas près de s'éteindre :

    « La présence de Maurras étonne ; la séduction qu'il recommence d'exercer sur les jeunes esprits, ce second printemps de la génération spirituelle, plonge les puissants et les habiles dans la plus lourde, et plaisante, stupeur. De lui, de sa méthode, des belles harmonies qu'il a instituées, il recommence de naître un grand murmure, moins audible dans les lâches assemblées publiques ou les timides salles de rédaction, que dans les petites réunions, les pauvres chambres, où les étudiants se rassemblent, et se demandent : qu'en sera-t-il de nous, de la vérité et du pays ? »

    Pierre Boutang,

    Les Abeilles de Delphes 

    Lire aussi dans Lafautearousseau ...

    « Au secours, Maurras revient ! » s'alarme l'Obs... Mais un misérable Maurras forgé par la haine et la bêtise

    L'Obs

    Un triste sire a encore frappé : François Reynaert vient de déverser sur Maurras sa haine et son inculture

  • Culture • Loisirs • Traditions ...

  • Famille de France • Aujourd'hui anniversaire du prince Gaston

    Photo Nathalia Meliashkevich

     

    A l’occasion du 7ème anniversaire du Prince Gaston de France, aîné des quatre enfants du Duc et de la Duchesse de Vendôme, le site Noblesse et Royautés a notamment publié cette très belle photographie du jeune Prince. Le Prince Gaston, né le 19 novembre 2009 à Paris, est un enfant plein de vie qui aime la nature, la vie au grand air et les animaux ...

    Lafautearousseau souhaite au Prince Gaston un joyeux anniversaire !   •

  • Société • Mathieu Bock-Côté : la crèche et la nation

    Crèche de Noël, installée dans la mairie des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille en décembre 2014 

    Par Mathieu Bock-Côté
     
    Cette chronique - remarquable comme les précédentes - a été publiée dans Figarovox le mardi 8 novembre, un jour avant que le Conseil d'État ne rende sa décision relative à la place des crèches dans les bâtiments publics. Pour Mathieu Bock-Côté, si toutes les convictions sont égales devant la loi, toutes les traditions religieuses ne le sont pas devant la mémoire. Sa réflexion va, comme toujours à l'essentiel.  LFAR
     

    3222752275.jpgRares sont ceux, probablement, qui n'abordent pas avec une certaine perplexité la querelle entourant la place accordée ou non à la crèche dans les bâtiments publics. Non pas qu'elle soit sans intérêt : au contraire, cette querelle pose la question du rapport de la nation française avec le catholicisme, qui l'a marqué d'une profonde empreinte, et qui est encore agissant en elle, malgré la sacralisation de la laïcité républicaine. N'est-il pas légitime que l'identité historique d'une nation s'inscrive de différentes manières au cœur de ses institutions ? En fait, on se demande comment on peut voir dans la présence publique de ce symbole un scandale, à une époque où le catholicisme n'a plus rien de conquérant et semble surtout demander qu'on reconnaisse sa valeur patrimoniale. Faut-il vraiment s'offusquer de cette trace visible de la religion du pays dans ses institutions ? La crèche compromet-elle sérieusement la laïcité ? Qui s'imagine vraiment que le catholicisme français témoignerait ici d'un fantasme de la restauration ?

    Mais on le sait, la querelle de la crèche s'inscrit dans un contexte politique fort agité. En un mot, la France est aujourd'hui fragilisée comme jamais. L'immigration massive des dernières décennies a engendré une mutation identitaire majeure que seuls les gardiens de la révolution diversitaire diront heureuse. Spontanément, le pays, de mille manières, veut rappeler aux immigrés qu'ils ne rejoignent pas une page blanche non plus qu'un no man's land administratif. Il veut réaffirmer son identité trop longtemps occultée. La France n'est pas qu'une république laïque désirant incarner de manière exemplaire des principes universels. C'est aussi un vieux pays aux profondes racines chrétiennes. Si toutes les convictions sont égales devant la loi, toutes les traditions religieuses ne sont pas égales devant la mémoire. Il s'agit dès lors de rendre visible la marque chrétienne de l'identité française, pour rappeler aux immigrés dans quel monde ils arrivent et quel univers symbolique ils doivent accepter et intérioriser.

    Mais il faut probablement aller au-delà de ce désir de conserver la particularité historique du pays pour comprendre ce qui pousse plusieurs à se tourner vers la crèche, et peut-être inconsciemment, par-là, vers la croix. La seule référence à la république, aussi essentielle soit-elle, ne suffit manifestement plus à définir ce que les Français cherchent à sauver et à défendre. Et dès lors, s'ils cherchent à se définir autrement, ou du moins, s'ils cherchent une définition plus complète d'eux-mêmes, ils se tournent spontanément vers ce qui semble être leur plus ancienne tradition. Ou du moins, ils semblent croire que les références chrétiennes permettent de toucher la part la plus intime du pays ou ce qu'on aurait appelé autrefois ses origines. La crèche devient donc un symbole politique censé permettre à la nation de se connecter avec ses profondeurs intimes et de réactiver les strates les plus profondes de l'identité nationale. Il s'agit de se mobiliser en rappelant ce qu'on pourrait appeler la part sacrée de la patrie, enfouie sous la modernité.

    On aurait tort, toutefois, d'y voir un désir plus ou moins refoulé de confessionnalisation de la vie politique. D'ailleurs, sauf dans les marges les plus lointaines de la vie politique, on ne trouvera personne entretenant cette aspiration. On doit plutôt voir dans cette mémoire catholique politiquement revendiquée une manière de ressaisir une identité plus charnelle, plus substantielle, ne se laissant pas dissoudre dans les seuls paramètres de la modernité contractualiste. Le catholicisme, aussi universaliste soit-il dans ses prétentions, devient alors le symbole de ce qui est spécifiquement français, ou plus largement, puisque ce phénomène est présent aussi dans d'autres pays, de ce qui est spécifiquement occidental dans l'identité française. À tout le moins, il se présente comme une tradition permettant à la France d'assurer sa continuité historique et d'assumer son histoire longue.

    Ce catholicisme patrimonial, censé conduire aux strates profondes de l'identité nationale, n'est donc pas contradictoire, dans l'esprit public, avec la laïcité. On peut, à bon droit, et avec raison, distinguer le catholicisme comme religion culturelle et le catholicisme comme foi, et vouloir accorder ses droits au premier sans se plier aux convictions métaphysiques du second. Les croyants répondront que coupé de sa source, le premier est condamné à la sécheresse. Mais ce n'est pas à l'État à trancher dans cette querelle qui ne le concerne pas vraiment. On ne voit pas pourquoi on lui prêterait une compétence théologique et comment on pourrait empêcher un croyant de voir dans une crèche quelque chose de plus qu'un symbole patrimonial. Mais l'État, toutefois, exprime politiquement une nation historique aux sources identitaires nombreuses, et doit, dans une certaine mesure, s'alimenter à chacune d'entre elles, en sachant que d'une époque à une autre, toutes ne seront pas également sollicitées.

    Dans un monde où ce qu'on nomme plus ou moins adéquatement le choc des civilisations prend surtout le visage de l'islam conquérant, on comprend que chaque peuple revienne sur ce qu'il croit être sa propre tradition religieuse. Le paradoxe du monde occidental, aujourd'hui, est d'y revenir sans trop y croire, tout en sachant que ses racines chrétiennes le connectent à une part de l'existence qu'il ne peut renier sans s'appauvrir mais qu'il ne sait plus trop comment symboliser. Une chose est certaine: le politique, quoi qu'on en pense, est lié à une certaine idée de l'homme, ainsi qu'à une certaine idée de sacré. Il s'inscrit, autrement dit, dans une civilisation qui donne une réponse particulière aux grandes questions qui traversent l'âme humaine. Il n'est pas surprenant que l'esprit public, aujourd'hui, refuse de voir une contradiction entre la laïcité et les racines chrétiennes: elles représentent deux visages d'une même civilisation. 

    « La seule référence à la république, aussi essentielle soit-elle, ne suffit manifestement plus à définir ce que les Français cherchent à sauver et à défendre. »

    Mathieu Bock-Côté

    XVM7713ddbc-9f4e-11e6-abb9-e8c5dc8d0059-120x186.jpgMathieu Bock-Côté est docteur en sociologie, chargé de cours aux HEC à Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal et à Radio-Canada. Ses travaux portent principalement sur le multiculturalisme, les mutations de la démocratie contemporaine et la question nationale québécoise. Il est l'auteur d'Exercices politiques (éd. VLB, 2013), de Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois (éd. Boréal, 2012) et de La dénationalisation tranquille (éd. Boréal, 2007). Son dernier livre, Le multiculturalisme comme religion politique, vient de paraître aux éditions du Cerf.

  • Ecologie & Société • Ma petite ONG

     

    par Ph. Delelis

    Nous nous étions déjà interrogés, à propos de la COP 21, sur le nombre de participants à cette « conférence des parties à la convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques » : les 196 parties au traité avaient de nombreux invités. Il s’agissait des consciences éveillées du « ça chauffe » venues une dernière fois contempler la Ville Lumière avant l’extinction de la Tour Eiffel. Conformément à sa vocation universelle, la France avait affirmé (sans être contredite, comme disent les juristes) que le sommet de Paris était celui de la « dernière chance ». Devant un tel succès, on se demande pourquoi l’édition 2016 – la COP 22 – réunit encore 30 000 participants. Certes, le climat et l’ambiance de Marrakech ont une grande puissance d’attraction mais on imagine bien que les militants de l’avenir planétaire ne se laissent pas distraire de la sorte. L’explication est ailleurs. Sans doute dans les quelque 3 300 organisations non-gouvernementales inscrites aux travaux de la COP 22. Ce n’est pas rien…  Et le nombre des ONG explique que l’on passe de plusieurs dizaines de délégations étatiques – soit quelques centaines de diplomates tout au plus – à 30 000 participants inscrits ! C’est que la création d’une ONG est des plus simple (au moins dans les pays qui respectent à peu près l’Etat de droit). Il suffit d’entrer « créer une ONG » sur un moteur de recherche et des dizaines de sites apparaissent, permettant de fonder une institution très présentable en deux coups de cuiller à pot (avec un nom sympa comportant Green et une petite légende du genre : Since 2016 But Forever). Nous nous en voudrions d’être en retard sur le sujet car d’autres destinations sympathiques ne manqueront pas d’être proposées pour veiller, dans les années qui viennent, à l’application de l’Accord de Paris. C’est pourquoi nous vous proposons ici une méthodologie rapide de création d’une ONG climato-respectable. Il suffit de répondre avec sincérité aux questions suivantes (le corrigé est fourni) :
     
    a) Ai-je conscience des dérèglements du climat et de la responsabilité de l’homme ? (OUI)
     
    b) Fais-je confiance aux dirigeants étatiques pour régler le problème ? (NON)
     
    c) Suis-je prêt(e) à m’engager pour aider, au moins par ma réflexion, à la maîtrise du réchauffement global ? (OUI)
     
    d) Suis-je prêt(e) à des compromis sur les solutions à trouver ? (NON)
     
    e) Suis-je prêt(e) à donner mon temps (pas mon argent) pour faire triompher le bien ? (OUI)
     
    f) Vais-je rejoindre une structure existante, même si cela suppose d’en accepter les dirigeants actuels ? (NON)
     
    g) Suis-je disposé(e) à télécharger les statuts types d’une association, les signer, les déposer en préfecture et remplir les formulaires de demande de subventions ? (OUI)
     
    Si toutes les réponses sont conformes au corrigé, la voie de l’ONG s’impose. Et à la réception du premier virement de subvention (ou des billets d’avion pour une destination paradisiaque), retentira l’hymne du regretté Léonard Cohen : Allelujah ! 

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  • Culture • Loisirs • Traditions ...

  • Société & Culture • Le temps retrouvé de la politesse

     

    Par Alexis Feertchak

    Une excellente recension [Figaro magazine 18.11] de ce nouvel ouvrage de Frédéric Rouvillois qui, pierre à pierre, construit une œuvre.  Une œuvre diverse et originale, toujours en lien avec le fond de notre civilisation, nos racines nationales et notre tradition monarchique. Une œuvre qui compte désormais dans notre famille de pensée, l'actualise et la fortifie.   Lafautearousseau

     

    3970853321.4.jpgParcourir les entrées du Dictionnaire nostalgique de la politesse dans le métro donne encore davantage de force au titre de ce beau livre surtout quand, bon­dés, les wagons verts deviennent le lieu de querelles peu urbaines pour trou­ver une place assise. On ne pourra alors qu'acquiescer quand Frédéric Rouvillois re­marque qu'il n'y a « rien de plus affligeant que le regard de désarroi d'un vieux monsieur à qui personne n'offre sa place dans le métro et qui hésite entre l'épuisement de la sta­tion debout et l'humiliation d'une demande qui sera peut-être refusée ».

    Le premier mérite de cet ouvrage est de rappeler que la politesse est affaire de politique, non qu'elle vous place d'un côté ou de l'autre de l'échiquier, mais, plus profondément, qu'elle constitue « le fameux "vivre-ensem­ble", ce "tissu social" si indispensable et si facile à déchirer ». Sans la civilité, les liens sociaux se délitent au point de se réduire à une lutte des uns contre les autres jusque pour les choses les plus insignifiantes. Même s'ils ne font pas l'objet de lois votées à l'Assemblée nationale ou de décrets en Conseil d'Etat, les usages de la poli­tesse assurent des fonctions sociales précises : intégration à l'intérieur d'une communauté ; distinction entre les groupes qui la composent ; hiérar­chisation entre ses membres et réso­lution des conflits qui y naissent.

     

    Son deuxième mérite est de ne pas être un dictionnaire désespéré. Si l'auteur est conscient que la politesse est la mesure du temps perdu, que Mai 68 a été une grande rupture et que la civilité ordinaire fait face à des défis considérables, il connaît trop bien les règles de la bienséance pour tomber dans le piège du « c'était mieux avant » en sachant précisément que « si certains ont toujours soupiré après le bon vieux temps, d'autres se sont toujours gaussés de ces regrets inutiles ». Car la politesse, loin d'être inscrite dans le marbre, n'a cessé de voir ses règles évoluer. Frédéric Rouvillois dresse ainsi, en plus de 400 pages, un véritable dictionnaire historique d'une vertu dont les formes ne sont ni éternelles ni uniformes.

     

    Son troisième mérite est d'être aussi un dictionnaire amou­reux. Aidé par les illustrations d'Emmanuel Pierre, le profes­seur de droit de son état présente dans une langue élégante les règles de la bienséance comme un objet de plaisir quoti­dien, loin des sanctions qui les accompagnent souvent dans l'univers enfantin. De là à jouer avec la politesse, il n'y a qu'un pas car, en la matière, « le tact doit l'emporter sur la règle et l'esprit sur la lettre ».   • 

    Dictionnaire nostalgique de la politesse, de Frédéric Rouvillois, illustré par Emmanuel Pierre, Flammarion, 420 p., 25 C. 

    Alexis Feertchak

     

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    Etc.

  • Société & Culture • Madame la maire, et ta sœur ? Une insulte à la langue et au sens communs

     

    Par Jean-Paul Brighelli 

    On s'éloigne ici passablement du thème de la politesse traité précédemment. Mais on a la verdeur de la langue de Brighelli, la vigueur de sa plume, la rudesse bienvenue, décapante, de son expression, pour moquer, non sans arguments sérieux et même techniques, la « féminisation des noms de métiers, fonctions grades ou titres », le féminisme vulgaire en général, et quelques autres choses encore qui abîment notre langue, bafouent notre culture ou avilissent notre société. Il emploie pour ce faire quelques vocables assez grossiers qui choqueront peut-être certains, mais le sont, pourtant, beaucoup moins, dans le fond, que ce qu'il dénonce. Il a bien raison de le faire et l'on s'en félicite.  Lafautearousseau  

     

    bonnetd'âne.jpg13 novembre 2016. « François Hollande et Anne Hidalgo, la maire de Paris, inaugure six plaques commémorant les attentats du 13 novembre 2015 » — disent les médias à l’heure même où j’écris.

    Passons sur le fait que les médias (ni les plaques commémoratives) ne précisent au nom de quelle idéologie des terroristes ont assassiné des gens au hasard des rues. Mais « la » maire…

    En décembre 1986, Frédéric Dard-San-Antonio sort la Fête des paires. L’occasion de rejouer en titre d’une ambiguïté maintes fois moquée dans l’œuvre du plus grand écrivain de langue française des trente dernières années du XXème siècle : j’ai encore le souvenir très vif d’un autre roman de la série où parlant de deux individus, il précisait : « Ils sortent du même maire, mais pas de la même paire »…

    Le 6 octobre 2014, Julien Aubert, député UMP, a été sanctionné financièrement pour avoir donné du « Madame le président » à Sandrine Mazetier qui présidait l’Assemblée ce soir-là. Rappelé à l’ordre, mais récidiviste malgré tout, Julien Aubert s’est entendu dire par son interlocutrice courroucée : « Monsieur Aubert, soit vous respectez la présidence de la séance, soit il y a un problème. C’est madame LA présidente ou il y a un rappel à l’ordre avec inscription au procès-verbal ». « Faites un rappel à l’ordre. Moi j’applique les règles de l’Académie française », lui a répondu Julien Aubert. Finalement sanctionné, l’élu du Vaucluse sera privé, pendant un mois, de 1.378 euros, soit le quart de l’indemnité parlementaire. 

    À noter que ce n’était pas le premier accrochage entre ces deux-là. Au mois de janvier 2014, Julien Aubert avait déjà appelé Sandrine Mazetier (qui proposa jadis de débaptiser les écoles maternelles parce qu’elles trouvait que l’adjectif réduisait la femme à sa fonction reproductrice) « Madame le vice-président » — ce à quoi le député de la huitième circonscription de Paris avait cru bon d’ironiser en répliquant à celui qui avait masculinisé son titre : « Monsieur la députée, vous étiez la dernière oratrice inscrite. »

    Trait d’humour, mais faute réelle contre la langue. « Député », lorsqu’il s’agit d’un représentant à l’Assemblée nationale, est une fonction, et si son genre apparent est le masculin, son genre réel est le neutre — le latin avait les trois genres, mais le français n’en a conservé que deux, confondant globalement le masculin et le neutre. Seules des féministes bornées (et non, les deux termes ne sont pas forcément synonymes, Madame de Merteuil est pour moi l’exemple-type dans la fiction de ce que peut être une féministe intelligente, et Elisabeth Badinter dans la vie réelle) l’idée de confondre le masculin — à valeur générique — et le mâle.

    L’Académie a d’ailleurs réagi à cette polémique picrocholine en précisant (« La féminisation des noms de métiers, fonctions grades ou titres », mise au point publiée le 10 octobre 2014) que si elle « n’entend nullement rompre avec la tradition de féminisation des noms de métiers et fonctions qui découle de l’usage même », « elle rejette un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure, etc., pour ne rien dire de chercheure, qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes. » Et de rappeler que Georges Dumézil et Claude Lévi-Strauss, appelés dès 1984 en consultation au chevet des féministes outr(ag)ées, après avoir noté « qu’en français comme dans les autres langues indo-européennes, aucun rapport d’équivalence n’existe entre le genre grammatical et le genre naturel » (et l’on pouvait faire confiance à Georges Dumézil pour dire des choses exactes sur les langues indo-européennes), avaient déclaré :

    « En français, la marque du féminin ne sert qu’accessoirement à rendre la distinction entre mâle et femelle. La distribution des substantifs en deux genres institue, dans la totalité du lexique, un principe de classification permettant éventuellement de distinguer des homonymes, de souligner des orthographes différentes, de classer des suffixes, d’indiquer des grandeurs relatives, des rapports de dérivation, et favorisant, par le jeu de l’accord des adjectifs, la variété des constructions nominales… Tous ces emplois du genre grammatical constituent un réseau complexe où la désignation contrastée des sexes ne joue qu’un rôle mineur. Des changements, faits de propos délibéré dans un secteur, peuvent avoir sur les autres des répercussions insoupçonnées. Ils risquent de mettre la confusion et le désordre dans un équilibre subtil né de l’usage, et qu’il paraîtrait mieux avisé de laisser à l’usage le soin de modifier. »

    Les deux auteurs, non sans quelque malice, soulignaient d’ailleurs qu’en français, c’est le féminin qui est le genre « marqué », ou intensif — et le masculin le genre « non marqué », ou extensif. Et que « pour réformer le vocabulaire des métiers et mettre les hommes et les femmes sur un pied de complète égalité, on devrait recommander que, dans tous les cas non consacrés par l’usage, les termes du genre dit « féminin » — en français, genre discriminatoire au premier chef — soient évités ; et que, chaque fois que le choix reste ouvert, on préfère pour les dénominations professionnelles le genre non marqué. »

    En clair, non seulement « professeure » ou « auteure » sont des barbarismes répugnants, mais dire « la députée », « la ministre » — ou « la maire » — est une faute contre la République — en ce que justement la loi ne fait pas de différence entre les citoyens, et même qu’elle condamne toute discrimination à ce niveau. C’est ce qui a motivé en 1793 l’exécution d’Olympe de Gouges, qui outre ses tendances girondines avait, en proclamant « les droits de la femme et de la citoyenne », commis un crime contre le bon sens, confondant « l’homme » (« homo », en latin) de la Déclaration des droits de 1789 et le mâle (« vir »), objet de ses répulsions. Guillotiner était peut-être une sanction un peu lourde pour une confusion linguistique, d’autant que la Révolution avait omis de faire des femmes des citoyennes à part entière — mais le temps n’était pas aux demi-mesures.

    Loin de moi, bien entendu, l’idée d’infliger une peine aussi lourde aux journalistes du Monde ou de Libé, qui ont traité Theresa May de « première ministre » (et la seconde, c’est qui ?), au vice-président de l’Assemblée ou au ministre de l’Education — fonctions temporaires qui existeront après leurs actuelles détentrices. Si l’usage féminise volontiers les métiers, « il résiste à étendre cette féminisation aux onctions qui sont des mandats publics ou des rôles sociaux distincts de leurs titulaires et accessibles aux hommes et aux femmes à égalité, sans considération de leur spécificité. » Vouloir à toute force dire « vice-présidente » ou « la ministre » relève d’un sexisme borné qu’un sentiment républicain vrai doit éteindre dans l’œuf.

    Ces complaisances linguistiques sont l’écho servile d’un certain féminisme contemporain, promu par les « chiennes de garde » et par Mme Vallaud-Belkacem lorsqu’elle était ministre des Droits des femmes. Pas le féminisme des suffragettes, ni celui de Beauvoir ou même de Gisèle Halimi. Pas celui d’Annie Le Brun, surréaliste spécialiste de Sade (dont les héroïnes n’ont pas attendu Osez le féminisme pour « oser le clito »), qui défendant son pamphlet Lâchez tout (1977) le 10 janvier 1978 sur le plateau d’Apostrophes, dénonçait déjà « le terrorisme idéologique de la femellitude » et le « corporatisme sexuel qui nivelle toutes les différences pour imposer la seule différence des sexes ». Le féminisme imbécile de celles et ceux qui croient qu’un vagin qui monologue dit forcément des choses intelligentes — ou plus intelligentes que celles que lâche un type con comme une bite, si je puis ainsi m’exprimer.   

    PS. Ce qui précède est adapté d’un ouvrage sur la langue française écrit l’été dernier, qui aurait dû paraître en novembre, puis en février, et qui ne paraîtra peut-être jamais, l’éditeur tenant apparemment à me faire payer le fait que je n’applaudisse pas frénétiquement tout ce qui sort de la Gauche au pouvoir. Ainsi va l’édition en cette France démocratico-fasciste.

    Bonnet d'âne

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