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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 1565

  • BD • Nouveautés Glénat : de Kersten, médecin d'Himmler aux mystères de la IVe République

    Kesrten

    Juin 1945. Palais Arvfurstens, le ministère des Affaires étrangères suédois. Felix Kersten apprend que ses demandes de permis de travail et de naturalisation viennent d’être rejetées. « Je regrette. C’est une décision ministérielle », tranche le fonctionnaire qui le reçoit. Felix Kersten assure pourtant qu’il avait reçu le soutien et même les assurances du ministre des Affaires étrangères, Christian Günther. Mais ce dernier a rendu récemment son maroquin et il a été remplacé par Östen Undén. De plus, le passé de Felix Kertsen ne plaide pas pour sa cause. En effet, il a été pendant plus de quatre ans, le médecin du Reichsführer, Heinrich Himmler. Ce dernier souffrait de douleurs d’estomac chroniques et aucun médecin allemand n’était parvenu à le soigner. La réputation du médecin estonien, qui soignait notamment la famille royale des Pays-Bas, n’était plus à faire. La rencontre des deux hommes allait faire basculer l’histoire, petite et grande…
    On peut rendre hommage aux éditions Glénat, et aux auteurs, Pat Perna et Fabien Bédouel (qui a fait preuve de son grand talent de dessinateur dans l’Or et le Sang) de faire découvrir au grand public cette tranche d’histoire totalement méconnue. Il arrive parfois que l’Histoire oublie ses héros… La proximité de Félix Kersten avec Himmler va permettre au médecin d’accéder à des informations cruciales. Au point qu’il va être soupçonné par Reinhard Heydrich, chef de la Gestapo et bras droit d’Himmler, d’être un espion à la solde des Juifs et des Alliés… Le scénario qui s’appuie sur de nombreux flashbacks est d’une grande rigueur historique. Un second tome devrait bientôt paraître. On l’attend avec impatience. 

    Kersten, médecin d’Himmler – Tome 1 – Pat Perna et Fabien Bédouel – Editions Glénat – 48 pages – 13,90 euros

     

    Mystères de IVe République

    Paris. Printemps 1953. Un homme moustachu sort d’un immeuble, un bouquet de fleurs à la main puis s’installe au volant de son véhicule. Deux heures plus tard, sa femme s’inquiète que son mari ne soit pas encore rentré. Il ne saurait tarder, sinon le gigot sera trop cuit. Mais l’homme n’arrivera jamais à destination. Son cadavre est retrouvé par un camionneur. Une balle de 11.43 tirée à bout portant lui a enlevé la vie. « Entre 19 heures et 21 heures », précise Guérin, le collègue du commissaire Coste. L’homme assassiné s’appelle Paul Nouzières. Il avait de hautes responsabilités au sein du Parti communiste français quelques années auparavant mais en était parti pour rejoindre le Mouvement révolutionnaire titiste. Le plus étrange est que l’appartement du défunt a été fouillé et le cambrioleur identifié. Il s’agit de François Caradec, membre du PCF qui, poursuivi par les policiers perd la vie sous les griffes d’un ours… du zoo de Vincennes dont il était l’un des gardiens. Le début de l’histoire est un peu alambiqué et se perd parfois dans une querelle de partis d’extrême-gauche un peu obscure, fricotant avec des officines plutôt troubles. Le titre de ce troisième opus (Le bel automne des collabos) trahit malheureusement le fil rouge du scénario assez bien ficelé, somme toute assez classique, mais sans véritable passion. Le dessin vient donner un peu plus d’ambiance et de réalisme pour donner à ce polar d’assez bonne facture un éclat un peu plus brillant. 

    Les mystères de la quatrième République – Tome 3 – Le bel automne des Collabos – Philippe Richelle – Alfio Buscaglia – Claudia Boccato – Editions Glénat – 56 pages – 14,50 euros

     

    Par   -  Politique magazine

  • HISTOIRE • Bon vent à l'Hermione !

     

    La réplique de L'Hermione, la frégate légendaire sur laquelle s’est élancé le marquis de La Fayette vers les Amériques, a pris la mer hier pour refaire sur l'océan atlantique, le voyage qui a fait la renommée du navire original. Mickaël Fonton, journaliste à Valeurs actuelles raconte son histoire !

    Ce n'est pas que nous ayons une tendresse particulière pour le marquis de La Fayette. Mais l'aventure commencée hier est belle et mérite d'être saluée. Bon vent à l'Hermione ! 

     

     

    Valeurs actuelles

  • LIVRES • LEON DAUDET ... UN POLÉMISTE D'AUTREFOIS

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    En quelques lignes rapides Rémi Soulié signale aux lecteurs du Figaro magazine de ce week-end la parution de l'ouvrage ci-dessous. Il nous faudra sans-doute y revenir !

    SOUVENIRS ET POLÉMIQUES, de Léon Daudet, Robert Laffont, « Bouquins », I 504 p.. 32 €

    Léon Daudet (1867-1942) définissait la polémique comme l'alcool fort du journalisme. C'est peu dire que le bretteur rabelaisien et parfois injuste qu'il fut s'en enivra, notamment dans L'Action française de Charles Maurras mais aussi dans ses Souvenirs : « Il y avait le clan Millerand, le clan Briand. le clan Poincaré. Entre ces deux derniers oscillait le hideux et sournois Barthou, l'hyène qui suit la caravane. » En nos temps aseptisés, de telles rasades redonnent du coeur au ventre !

    RÉMI SOULIÉ

  • A ne pas manquer !

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • SOCIETE • Où Daniel Cohn-Bendit parle avec bon sens et plaide pour le respect de la nature ... Hé bien, d'accord avec lui !

    Pour Dany, l’Allemande qui attend des quadruplés à l’âge de 65 ans est complètement irresponsable et folle. 

     

     Europe1fr 

     

  • HISTOIRE • Quand Paris brûlait… Utiles rappels hitoriques de Camille Pascal *

    Ce que seraient aujourd'hui les Tuileries si elles n'avaient pas été détruites ou si on les reconstruisait.

    Nous n'oublions pas, ici, que la Commune fut d'abord un sursaut patriotique. C'est ainsi en tout cas que l'ont vue Maurras et Bernanos. Mais elle fut aussi ce crime contre le patrimoine parisien que Camille Pascal décrit dans les lignes qui suivent. Lafautearousseau 

     

    Camille%20Pascal_22222222222222.pngQuand l’histoire officielle, tenue en lisière par l’idéologie, veut faire oublier que la Commune fut aussi un crime contre le patrimoine parisien.

    La Commune de Paris née dans un sursaut patriotique fut achevée à coups de crosse par l’armée régulière quelque part dans les allées ensanglantées du Père-Lachaise. Tout cela a été dit et maintes fois répété depuis que le Front populaire a fait du mur des Fédérés un lieu de culte.

    Ce que l’on sait moins, car cette vérité a été longtemps occultée dans une Histoire officielle soigneusement tenue en lisière par l’idéologie, c’est que la Commune fut aussi un crime contre Paris. Voilà ce qu’un livre courageux et parfaitement documenté vient de révéler dans un silence médiatique coupable. Nos petites élites intellectuelles confites dans leur dévotion du progressisme n’aiment pas que l’on retourne contre lui cette arme de la repentance qu’elles ont si souvent braquée contre la France.

    Dans le Brasier, publié chez Actes Sud, Nicolas Chaudun, dont le talent et l’érudition ont rendu ses lettres de noblesse littéraire au récit historique depuis la publication de l’Été en enfer, chronique de l’effondrement du second Empire, raconte ces journées terribles au cours desquelles les plus grands monuments de Paris brûlèrent comme des torches sur ordre du pouvoir insurrectionnel.

    En quelques heures, l’hôtel de Salm et le palais d’Orsay furent anéantis, mais ce n’était là qu’un premier feu de joie. Le palais des Tuileries, chef-d’oeuvre de Philibert Delorme, théâtre privilégié des scènes les plus poignantes de notre roman national, fut l’objet d’un zèle fou de la part des incendiaires. Du passé il fallait faire table rase. Comment expliquer autrement les flots de pétrole déversés dans les grands escaliers d’honneur, les rideaux du salon des Maréchaux empesés d’huile et de poix, les tonneaux de poudre placés dans les caves pour fragiliser l’édifice ?

    Le vieux palais de Catherine de Médicis n’avait aucune chance d’en réchapper. L’immense dôme qui coiffait le pavillon central s’effondra sur quatre siècles de grandeur française.

    Karl Marx lui-même, soucieux de soigner l’image d’un soulèvement dans lequel il voyait la répétition générale de la future révolution prolétarienne, comprit le danger que représentait cette furie iconoclaste et l’expliqua par des raisons stratégiques. Plus tard, les chiens de garde de l’historiographie marxiste ont fait croire à des générations d’étudiants que ces incendies étaient la réponse d’un peuple désespéré aux massacres des fédérés par la troupe versaillaise.

    Nicolas Chaudun démonte ces deux impostures, mais il consacre surtout l’essentiel de son livre au courage d’une poignée de conservateurs et de soldats qui sauvèrent le musée du Louvre où le feu avait été mis. Ces hommes guidés par Henry Barbet de Jouy et commandés par Martian de Bernardy de Sigoyer ont protégé au péril de leur vie l’immense reliquaire de notre civilisation.

    Le premier sera congédié par Jules Ferry, qui termina le travail des talibans rouges en faisant raser définitivement le palais des Tuileries, l’autre fut assassiné, dès le lendemain du sauvetage, par les fédérés. J’aurai désormais une pensée pour l’un comme pour l’autre chaque fois que je franchirai les guichets du Louvre. 

    * Valeurs actuelles 

  • CINEMA • DVD : L’ouvrier qui fit tomber le communisme ... Par Raphaël de Gislain

     

    Sorti dans les salles françaises en novembre dernier, L’homme du peuple, d’Andrzej Wajda, vient d’être édité en DVD. Un portrait warholien du leader Lech Walesa, fondateur de Solidarnosc, à l’origine de l’effondrement du communisme…

    D’Andrzej Wajda, comment ne pas se souvenir de Katyń, ce récit poignant du massacre soviétique de 1940 maquillé en crime nazi, qui coûta la vie au père du cinéaste. Depuis son premier film Génération sorti au début des années cinquante, les œuvres d’Andrzej Wajda ont toujours été des lectures personnelles, engagées, dissidentes, des grandes pages de l’histoire polonaise contemporaine. Comme si la fiction devait rendre au réel sa part de vérité lorsqu’on la lui confisque.

    Après l’Homme de marbre puis l’Homme de fer, le réalisateur referme avec l’Homme du peuple une trilogie entamée il y a près de quarante ans. Le geste, d’une ampleur rare, accule l’idéologie stalinienne jusque dans ses derniers retranchements ; il lui valut l’exil dans les années 80. Entreprise méthodique de démythification du communisme, L’Homme du peuple brosse le portrait de Lech Wałęsa, modeste électricien des chantiers navals de Gdańsk qui fonda le mouvement Solidarność, principal syndicat ouvrier – soutenu par l’église –, dont les coups de boutoir finiront par abattre le régime rouge sang.

    L’engrenage est connu : augmentation radicale des prix dès 1970, émeutes, chars, grèves, loi martiale… et un jour, le pouvoir qui tremble. Comment naît la révolte ? Qui peut la conduire ? Wajda y répond par le souffle de l’image, prenant fait et cause pour l’homme dont il fut un proche, quitte à laisser ses échecs dans l’ombre. Vaste puzzle bariolé ou s’entremêlent fiction, documentaire, images d’archives en noir et blanc ou en couleur, l’auteur déroule une bobine étonnamment fluide, ponctuée par des morceaux de rock contestataire qui font vibrer la voix du peuple. Mais l’esthétique pop de l’ensemble ne parvient pas assez à relancer la dramaturgie qui manque de relief, et, surtout, à faire oublier l’égocentrisme poltron du leader politique, héros dont la suffisance finit par lasser. Lumière dans la nuit polonaise, Wajda ne manque pas de rendre hommage à Jean-Paul II en rappelant son rôle majeur dans la libération du pays. Une belle leçon d’espoir malgré tout… 

    L’homme du peuple d’Andrzej Wajda, Condor, DVD, 20€
    En bonus, l’intervention de Lech Walesa à l’Assemblée nationale en juin 2014

    Politique magazine

     

  • Une Union européenne en décomposition, par François Reloujac

     

    Il ne se passe pas un jour sans que les médias n’évoquent le « Grexit » (la sortie de la Grèce de l’euro), les tribulations du gouvernement français face à une Commission européenne qui la somme de respecter ses engagements financiers et la « politique non conventionnelle » suivie par la BCE. Le point commun à tous ces sujets ? La décomposition avancée de l’Europe. 

    Les débats autour de la situation en Grèce montrent à quel point l’absence de solidarité entre les états européens – assumée par les divers gouvernements et alimentée par les médias – est patente. On a beaucoup glosé sur le manque d’honnêteté des Grecs lorsqu’ils sont entrés dans la zone euro et sur la façon dont les partis successivement au pouvoir ont utilisé la monnaie unique en vertu de leurs intérêts partisans jusqu’au moment où le peuple s’est révolté, pour l’instant uniquement dans les urnes. On a beaucoup moins fait allusion aux décisions européennes qui ont nui (l’euro fort), ou nuisent encore (l’embargo russe décrété dans le cadre de la crise ukrainienne), à l’économie grecque. Mais depuis qu’un gouvernement improbable est sorti des urnes, menaçant l’establishment politique, l’Union européenne a décidé de jouer la politique du pire. Le 10 mars dernier, le commissaire Dijsselbloem déclarait ainsi cyniquement que « s’il y a une pression sur la liquidité de l’état grec, cela pourrait accélérer la mise en œuvre des réformes » imposées par la « Troïka », quoiqu’elles aient déjà montré leur nocivité absolue.  

    En fait la Commission européenne a peur. Peur que l’exemple grec ne devienne contagieux, à commencer par l’Espagne prochainement. Il faut donc, par tous les moyens, acculer le gouvernement Tsipras à l’échec. Tout le monde s’y met, hors de Grèce. Des chaînes de télévision qui rediffusent d’anciens reportages sur l’actuel ministre grec de l’économie en détournant le sens de ses positions. Jusqu’aux journaux les plus importants qui déforment sciemment les mesures proposées par le gouvernement grec, notamment pour lutter contre la fraude fiscale. Le but est toujours le même : déconsidérer ce gouvernement aux yeux de l’opinion publique européenne et pousser le pays vers la sortie de l’UE Même la Banque centrale européenne s’y est mise en imposant à la Grèce des mesures spéciales qui vont au-delà de ce que prévoit le respect des traités. 

    La « politique non conventionnelle » de la BCE 

    Et ce n’est pas uniquement vis-à-vis de la Grèce que la BCE trahit l’esprit des traités. En lançant son programme d’« assouplissement quantitatif », permettant aux banques centrales nationales de racheter, aux financiers qui les détiennent, les titres d’état déjà émis – ce qui leur permet d’en acquérir de nouveaux – elle détourne l’interdiction de financer les déficits publics. Or cette politique, censée relancer la croissance, risque de ne déboucher que sur une accélération de la spéculation financière. Ainsi, la Bundesbank, qui ne peut racheter que des titres publics allemands, n’en trouve pas sur le marché. Les banques qui les détiennent ne veulent pas s’en séparer. D’une part parce qu’elles n’ont pas besoin de liquidités supplémentaires pour financer de nouveaux emprunts allemands (l’Allemagne n’a pas l’intention de lancer autant de nouvelles émissions) et, d’autre part, parce qu’elles y perdraient : elles ne pourraient placer les liquidités obtenues et inutiles que sur les marchés financiers… à un taux négatif ! Alors, à quoi sert ce plan qui a peu de chances de casser le phénomène déflationniste qui s’amorce ? Certains observateurs, de plus en plus nombreux, se demandent si l’unique objectif de la BCE n’est pas de préparer les opérateurs financiers internationaux à affronter le risque d’une implosion de la monnaie unique. En poussant le cours de l’euro à la baisse, on répartit dans le temps les conséquences des moins-values sur les titres obligataires et on permet au détenteurs de titres à risques de moins-value de s’en défaire… tout en leur laissant la possibilité de conserver les titres (allemands ?) qui pourraient à l’inverse bénéficier à terme d’une plus-value. C’est bien pourquoi le plan mis en place par Mario Draghi, avec la bénédiction d’Angela Merkel, n’est pas un plan européen. Il est un plan commun à tous les pays européens. 

    La France déboussolée 

    L’exemple grec et la politique de la BCE sont suffisants pour montrer dans quel état de décomposition avancée se trouve l’Europe. Il est donc inutile d’examiner en détail la situation économique de la France et ses discussions de marchand de tapis avec l’Union européenne – et le commissaire Moscovici – qui en découlent. Force est cependant de constater qu’au-delà des effets oratoires auxquels ces discussions donnent lieu, la Commission européenne est plus indulgente avec la France, qui pèse 20 % de l’économie européenne, qu’avec la Grèce qui n’en pèse que 3 %. La « morale » y trouve peut-être son compte. La sécurité économique et l’avenir des peuples sûrement pas. En même temps, on peut se demander ce qui reste de la souveraineté nationale, lorsque le budget du pays est soumis à des contraintes externes insupportables. Ces contraintes ne permettent même pas de masquer l’hypocrisie qui règne en maître dans le système économique français. Ainsi, par exemple, on a beaucoup parlé des quelques mesures emblématiques de la loi Macron dont la portée économique semble moins importante que l’émotion politique qu’elles ont suscitée. Mais personne ne s’est préoccupé de la portée des dizaines de mesures pointillistes qui y sont contenues pour réformer le code du travail. En réalité, ces mesures dictées par des considérations dogmatiques ont toutes été calibrées pour qu’aucune ne puisse donner lieu à une contestation publique. Mais quel sera l’effet exact de leur combinaison ? Aucune « étude d’impact » n’a été établie. Et il faut rappeler que cette loi est passée à l’Assemblée nationale sans vote des députés ! 

    Que reste-t-il de la « démocratie » quand un gouvernement élu (la Grèce) se voit interdire par une administration apatride (la Commission européenne) de mettre en œuvre le programme pour lequel il a été élu ? Quand le budget d’un autre (la France) est soumis à des contraintes qui transforment le Parlement en simple chambre d’enregistrement et quand la politique de la Banque centrale est faite dans l’intérêt des financiers internationaux au mépris des peuples ? Voilà où conduisent les « valeurs européennes »… 

     

  • André Malraux : « Le monde moderne porte en lui-même, comme un cancer, son absence d'âme »

     

    « Pour remède à la désagrégation du monde moderne, M. Massis propose le retour au catholicisme romain. Il nous en montre les avantages, et nous les montre nombreux, car, sa foi écartée, il a un goût très vif de la philosophie architecturale. Il serait vain d'opposer des inconvénients à ces avantages : M. Massis sait fort bien que nul ne va à la foi par raison. Le monde moderne porte en lui-même, comme un cancer, son absence d'âme. Il ne s'en délivrera pas : elle est impliquée par sa propre loi. Et il en sera ainsi jusqu'à ce qu'un appel collectif de l'âme torde les hommes; ce jour-là vacillera sans doute ce monde dans lequel nous vivons. Mais il est aujourd'hui indifférent à de telles questions : ceux qui cherchent le sens des destinées sont précisément ceux qui ne les dirigent pas. Les deux nécessités qui gouvernent les hommes sont, pour de longues années encore, celles de l'esprit et des passions : la connaissance et l'argent; celle-ci, avec son cortège de drames, celle-là, avec son drame unique contre lequel toute proposition est vaine : la lutte persistante de l'absolu et de l'humain, lorsque l'idée de l'absolu est devenue sans force, et que la passion de l'Homme s'est éteinte sans trouver un nouvel objet d'amour. » 

     

    André Malraux 

    Nouvelle Revue Française - Juin 1927

     

  • Consultez les archives de Lafautearousseau, voyez nos « grands auteurs », retrouvez leurs réflexions ...

     

    Grands auteurs ou acteurs de l'Histoire s'enrichit, chaque semaine, en principe le vendredi, de pensées et réflexions particulièrement pertinentes. Vingt-sept Français, neuf grands esprits européens, anglais, allemand, espagnol, russe et tchèque. et trois non-européens, Edgar Poe, le Dalaï Lama et le pape François. Bien d'autres grands auteurs éclectiques et profonds sont à venir. « Du bonheur d'être réac ? » C'est, entre autres, en termes très simples et dans des sens divers, ce qui les rassemble. N'hésitez pas à consulter cette bibliothèque qui s'étoffe et se construit !

    Accès : Icône en page d'accueil, colonne de droite. 

     

    Déjà cités : Edgar Poe, le Dalaï Lama, Tocqueville, Baudelaire, Vaclav Havel, Claude Lévy-Strauss, Charles Péguy, Dostoïevski, Goethe, Anouilh, Malraux, Unamuno, la Satire Ménippée, George Steiner, Shakespeare, Frédéric II, Jacques Perret, Georges Bernanos, Anatole France, Auguste Comte, Balzac, Racine, Pierre Manent, Louis XIV, Charles Maurras, Alexandre Soljenitsyne, le Pape François, Wintson Churchill, Alfred de Musset, Michel Houellebecq, Jean Giraudoux, Gustave Thibon, Choderlos de Laclos, Jacques Ellul, Simone Weil, Jacques Bainville, Albert Schweitzer interpelant Charles De Gaulle.

  • La Semaine de MAGISTRO, une tribune d'information civique et politique

    1584417371_2.jpgQuoi que disent les appareils, les hommes et leurs discours dits de droite, dits de gauche ou d'ailleurs, ... partageons les fondamentaux !

    MAGISTRO vous invite à lire : 

    Du côté des "élites"

    •  Eric ZEMMOUR  Journaliste politique, écrivain   Changer le peuple ou changer de gauche ?
    •  Xavier GUILHOU   Directeur du Cabinet XAG Conseil (pilotage des crises, intelligence stratégique)  Géopolitique des frontières mentales 
    •  Philippe BILGER     Magistrat honoraire, Président de l'Institut de la parole     Le problème, c'est l'homme, pas la loi !
    •  Maxime TANDONNET  Haut fonctionnaire, ancien conseiller à la Présidence de la République   Contre les primaires
    •  Ivan RIOUFOL    Journaliste politique     Ceci n’est pas un choc de civilisations…

    En France

    •  Henri HUDE   Philosophe   Après les élections de mars 2015
    •  Jean-Marie FAUGERE   Officier, général d'armée (2S)   VIGIPIRATE, questionnement légitime sur le rôle des armées ?
    •  Françoise THIBAUT     Professeur des universités     Le Musée FRANCE flotte sur sa dette

    Transmettez, faites suivre ... 

  • Républicain, moi-même ! Pour Causeur, République, un mot-valise, vide de sens, qui épuise le citoyen ?

    Gare à la leguénisation des esprits ! (Photo ZIHNIOGLU KAMIL/SIPA)

     

    L'auteur des lignes qui suivent, bien troussées et pleines d'esprit, est Daoud Boughezala, rédacteur en chef de Causeur. Sans-doute ne partage-t-il pas la critique que nous faisons ici du régime républicain à la française. Mais il s'agace de l'usage immodéré de cette invocation à la République et à ses valeurs qui s'est emparé de la totalité de la classe politique. Il est ainsi de la cohorte de ceux que désormais le mot agace. Le mot, puis, parfois, aussi la chose. Elle-même. Comme si la République était en danger, comme si elle était une forteresse assiégée de toutes parts ! Alors que - n'étant plus au temps ni des Ligues ni du Komintern - rien d'extérieur ne la menace et qu'elle n'a plus grand chose d'autre à redouter que de s'effondrer sur elle-même ... Nous partageons d'ailleurs à cet égard l'avis de Houllebecq qui dit qu'en pareil cas, nous n'aurons rien à regretter ... Lafautearousseau

    Le grognard du gouvernement a encore frappé. Interrogé ce matin sur Sud Radio, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement s’en est vivement pris à l’UMP. Pour une fois, ce ne sont pas les frondeurs socialistes qui sont l’objet de son courroux social-démocrate n’admettant pas d’autre ligne à la gauche du vallsisme. Non, la pomme de discorde entre cet ex-strauss kahnien et ses adversaires de droite porte sur une simple expression, en l’occurrence « Les Républicains », nouveau nom que Nicolas Sarkozy voudrait proposer à l’UMP. Verdict du ministre : « C’est évidemment un abus de pouvoir. Non pas qu’il n’y ait pas une droite qui ne soit pas républicaine, moi personnellement je sais faire la différence entre des idées d’extrême-droite et la droite » mais « ce qui est vrai – on l’a vu avec cette affaire du ni-ni -, c’est qu’elle n’est pas toujours au clair », a-t-il expliqué en désignant la droite avec la répétition du sujet si chère à François Hollande. Et la sentence de tomber : « Donc il y a à mon avis un abus de position que de vouloir se réclamer républicain de la part de l’UMP ». Certes, on ne sache pas que la hargne de l’ancien médecin, très engagé dans la lutte contre l’obésité, ait fait dégrossir les scores mirobolants du Front national, mais seule l’intention compte…

    Explication de texte. L’UMP refusant de faire barrage au Front national par tous les moyens, y compris d’appeler à voter pour un candidat de gauche au second tour, le parti post-gaulliste ne peut se prévaloir de l’épithète de « républicain ». Clair comme de l’eau de roche : pour avoir droit au label AOC, encore faut-il respecter le sacrosaint « pacte républicain » et passer avec succès l’inspection des troupes qu’impose le brigadier chef Le Guen. Qu’un parti socialiste, dont le slogan était encore « pas un canton pour le FN » en 2011 puisse poser en arbitre des élégances républicaines surprendra les naïfs. Mais quoi, comme son n+1 Valls, Jean-Marie Le Guen a toute légitimité pour distribuer les bons points et décider qui est républicain et qui ne l’est pas. Je me répète ? C’est que vous n’avez pas saisi l’axiome de base du leguénisme : la République, c’est moi !

    Le piquant de cette affaire, c’est que Sarkozy n’a évidemment pas choisi ce label par hasard. Las de s’entendre amalgamés à l’intérieur du monstre « UMPS », ses militants le pressaient de changer de nom, afin d’échapper aux imprécations verbales de Marine Le Pen. Voilà pour le flanc droit du parti, que l’association avec le PS insupporte. Mais Sarkozy, qui n’a rien d’un idéologue et tout du parfait opportuniste, avait également pour souci de satisfaire son hémisphère gauche en apposant un brevet de républicanisme au logo de l’UMP. La République comme ADN, nom et prénom, avec comme supplément d’âme un clin d’œil à l’Amérique, que demander de plus ? « Je suis républicain parce que je le dis » : horreur, malheur, le principe élémentaire du leguénisme a infusé à droite !

    République, république, république : une telle avalanche de mot-valise vide de sens finit par épuiser ce qu’il reste de citoyens. Pendant ce temps, un petit parti qui monte, qui monte, qui monte capitalise sur le projet d’une république sociale, à la laïcité intransigeante, malgré ses casseroles et son passé de cancre de la classe politique. Sarkozy et Le Guen auront beau faire tourner les tables en tous sens, j’en connais une qui a le front de se définir comme la seule femme politique républicaine, nationale et sociale. Diable, le leguénisme aurait-il contaminé le FN ? 

    Daoud Boughezala

  • La pensée française et le sentiment de la fin d'un monde ... Par Mathieu Bock-Côté*

     

    Nous avons déjà cité Matthieu Bock-Côté, figure, nous dit-on,  de la vie intellectuelle québécoise, attaché, comme nous-mêmes, à la cause de la diversité des peuples. Il ne s'oppose dans le texte qu'on va lire à aucun des trois auteurs dont il traite. Simplement, il donne quelques raisons de bon sens de ne pas perdre confiance avant l'heure dans le devenir de notre civilisation, si malade soit-elle. Pourquoi ne pas l'en remercier ?  Lafautearousseau   

    La formule avait quelque chose de crépusculaire sans pour autant être morbide. Michel Onfray, au terme d'un entretien avec François-Xavier Bellamy récemment paru dans Le Figaro, a annoncé la fin de notre civilisation. Il l'a fait sans drame mais avec une forme de droiture antique teintée de mélancolie. Notre monde tombe. Il importe moins de le sauver que de se tenir droit, de ne pas flancher. La formule frappe: « Le bateau coule, restez élégant. Mourez debout ». C'est ce qu'on pourrait appeler la dignité des vieux Romains. Onfray, et cela rajoute une noblesse tragique à son propos, se rallie finalement à cette civilisation au moment de sa perte.

    Les mauvais esprits pourraient voir dans cette déclaration une pose littéraire. N'est-il pas commode de disserter sur la fin d'un monde en philosophe, et peut-être aussi en esthète. Ne faut-il pas pleurer, secrètement peut-être, la civilisation dont nous sommes les héritiers ? On rétorquera qu'il y a peut-être là une forme de lucidité supérieure, qui n'est pas sans grandeur, à la différence de ceux qui sont incapables de penser le déclin et ne veulent voir dans ses symptômes que des évolutions n'agaçant que les grincheux professionnels. Elle vaut mieux aussi qu'une fascination morbide devant notre déclin.

    Une chose est certaine : le sentiment de la fin d'un monde traverse aujourd'hui la pensée française. D'un livre à l'autre, Houellebecq y revient, avec le sentiment que la civilisation occidentale rêve tout simplement de s'abolir, qu'elle n'est plus capable d'assumer le fardeau de l'histoire. Éric Zemmour, quant à lui, a cru voir dans les quarante dernières années un suicide français, même si certains ont dit son livre qu'il faisait le récit d'un assassinat. On a assimilé cette inquiétude, il y a quelques années, au déclinisme, comme s'il suffisait de changer de perspective pour apercevoir une France radieuse. Encore heureux qu'on n'ait pas parlé de déclinophobie.

    Que faire ? La question peut sembler simpliste, exagérément prosaïque, mais elle ouvre pourtant un vaste champ de possibilités à quiconque ne se résigne pas à être le témoin d'une triste agonie. Dans L'écriture du monde et La croix et le croissant, deux livres magnifiques, François Taillandier se l'est posée, en méditant sur la fin de Rome et la naissance de l'Europe chrétienne. « Les hommes véritablement utiles sèment ce qu'ils ne verront pas fructifier. L'arbre qu'ils ont planté donnera de l'ombre à leurs descendants, ils le savent, et se résignent de gaieté de cœur, ayant labouré et semé, de n'être plus là quand viendra le temps des moissons ».

    Autrement dit, la cité qui meurt n'emporte pas tout avec elle. Sa part la plus précieuse peut être conservée par des hommes renonçant au prestige social et politique pour conserver dans les marges de la cité certains trésors précieux. Encore faut-il avoir une certaine idée de la transcendance pour transmettre au fil du temps ce que l'on croit sacré. Mais cette réponse exige aussi une forme de renoncement civique: l'homme de savoir n'entend plus féconder le monde commun des principes fondamentaux et des œuvres vitales. Il entend les mettre à l'abri de la destruction pour qu'un jour, ils contribuent à une renaissance.

    Il y a une grandeur admirable dans ce choix. Mais le commun des mortels peut-il vraiment se satisfaire de cette stratégie de l'arche ? Chose certaine, on sent la politique ordinaire de plus en plus traversée par cette angoisse existentielle, que peinent à traduire les partis, lorsqu'ils ne se contentent pas d'y voir une peur irrationnelle. Certains évoquent l'insécurité culturelle, d'autres se désolent de l'identité malheureuse ou d'un pays qui se morcelle. En fait, c'est l'existence même du monde commun qui semble compromis. De mille manières, on souhaite se déprendre de l'alternance devenue aliénante entre sociaux-libéraux et libéraux-sociaux.

    À sa manière, le peuple appelle au secours. Il sent bien qu'il fera les frais de cet effondrement. Il a le sentiment intime de ce déclin historique. Si ce terme n'était pas aujourd'hui à peu près proscrit, il parlerait peut-être même de décadence. Il cherche alors l'homme providentiel ou se laisse tenter par la révolte populiste. À travers cela, il espère qu'une volonté immense puisse renverser le cours des choses. Il entend moins du politique qu'il n'adoucisse le déclin de nos sociétés qu'il ne restaure les cadres politiques et culturels sans lesquels la cité n'est plus protectrice, sans lesquels, en fait, elle se retourne contre l'homme.

    On en revient au point de départ. C'est une chose de craindre la fin de la civilisation occidentale. C'en est une autre de la décréter inéluctable. Mais la chute du communisme nous rappelle qu'un monde trop en contradiction avec les aspirations profondes de l'homme peut s'affaisser sans prévenir. Après coup, chacun dira avoir prophétisé la chute. Mais avant qu'elle ne survienne, qui s'y serait vraiment risqué ? Ne peut-on dire la même chose de la société actuelle qui déracine les peuples, brouille les repères de civilisation, enraye les mécanismes de la transmission culturelle et condamne le politique à l'impuissance ?

    Il se pourrait que le vieux monde fasse encore valoir ses droits. 

     

    * Mathieu Bock-Côté est sociologue. Il est chargé de cours à HEC Montréal et chroniqueur au Journal de Montréal ainsi qu'à la radio de Radio-Canada. Il est l'auteur de plusieurs livres, parmi lesquels « Exercices politiques » (VLB, 2013), « Fin de cycle: aux origines du malaise politique québécois » (Boréal, 2012) et «L a dénationalisation tranquille: mémoire, identité et multiculturalisme dans le Québec post-référendaire » (Boréal, 2007).

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