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  • Chers Djihadistes, craignez le courroux de l'homme en bermuda

     

    Nous conseillons la lecture intégrale du très beau texte qui suit, en un sens prophétique, de Philippe Muray, publié en janvier 2002.

    Vincent Trémolet de Villers en a fait hier matin la trame d'un important article du Figaro en réaction aux propos de Manuel Valls qui, après les attentats sanglants de vendredi, a évoqué « une guerre de civilisation ». 

    Le texte de Philippe Muray a été lu intégralement dans la revue de presse de France Inter et cité par tous les médias. Ce texte pose avec force la question de notre civilisation, ou du moins, de ce qu'elle est concrètement devenue aujourd'hui, en contradiction avec tout ce qu'elle fut, fondamentalement, que Vincent Trémolet de Villers évoque dans son propre article.

    On peut juger très pessimiste la conclusion de Philippe Muray qui paraphrase une absurde prédiction de victoire du chef du gouvernement français peu de temps avant que la France de 1940 ne s'effondre face à l'ennemi. Sans-doute, nous ne sommes pas morts, mais nous y tendons non moins sûrement si nous ne savons pas retrouver les sources profondes de la civilisation dont nous sommes héritiers et n'a pas grand chose à voir avec cet « Occident » décadent que fustige Philippe Muray, à fort juste et exacte raison.  

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  • Manuel Valls, la guerre de civilisation et Philippe Muray, vus par Vincent Tremolet de Villers

     

    Après les attentats sanglants de vendredi, Manuel Valls a évoqué « une guerre de civilisation ». Vincent Tremolet de Villers s'interroge sur le sens du mot « civilisation » et invite le Premier ministre à lire Philippe Muray.

     

    ob_b41265_vincent-temolet-de-villers.jpg« Guerre de civilisation » : les mots du premier ministre claquent de leur force belliqueuse et transportent avec eux un imaginaire où se mêlent Soliman le Magnifique, la bataille de Lépante, Samuel Huntington, Oussama Ben Laden et George W. Bush. Si le mot « guerre » est difficilement discutable - comment qualifier autrement une froide décapitation signant l'allégeance à un groupe, Daech, qui a appelé à tuer les Français par tous les moyens (couteaux, pierres, automobiles…) -, celui de « civilisation » est moins évident. Et même, disons-le, inapproprié.

    Si l'on regarde vers l'État islamique, une telle barbarie peut-elle porter le nom qui évoque le rayonnement des nations et des empires à travers les siècles, le génie des sociétés à protéger ce qui fait, en l'homme, l'humain ?

    Si l'on regarde vers l'Occident, de quelle civilisation parle le premier ministre ? S'agit-il de la « certaine lumière spirituelle » chère à Saint-Exupéry ? « La civilisation, disait-il, est un lien invisible, parce qu'elle porte non sur les choses mais sur les invisibles liens qui les nouent l'une à l'autre. » Ce peut être Haendel comme le déjeuner à la ferme sous les oliviers. Le grand Dante et le chevrier que le petit Marcel Pagnol croisait sur les sentiers du Garlaban.

    Manuel Valls songe-t-il à Homère, Virgile, saint Augustin, Érasme, Cervantès, Michel-Ange, Shakespeare, Pascal, Bach, Goya, Hugo, Pasteur, Marie Curie, Proust, Simone Weil, Camus, qui ont porté au plus haut le génie occidental : la liberté intérieure, l'exigence de l'esprit, l'élévation de l'âme, la galanterie, le soin du plus faible ? Ou a-t-il en tête un club de consommateurs, de « déambulateurs approbatifs » (Muray), qui applaudit Conchita Wurst devant le Parlement européen, qui a remplacé la sociabilité par « le vivre ensemble », la morale commune par le tri sélectif, et dont la seule fierté réside dans le mépris vis-à-vis de tout ce qui le précède et l'adoration de lui-même ?

    Cette question, la seule qui vaille, un de nos esprits les plus acérés se l'est posée en 2002, un an après les attentats du 11 Septembre. Dans un texte prophétique, Chers djihadistes (Mille et Une Nuits), Philippe Muray voyait venir non pas une guerre de civilisation, mais plutôt un choc entre deux incultures, deux barbaries. Inconsolable et gai, il faisait mine d'abord de s'amuser de cette impasse. « L'Occident s'achève en bermuda », écrivait-il, avant de lancer aux djihadistes cette menace : « Craignez le courroux de l'homme en bermuda. Craignez la colère du consommateur, du voyageur, du touriste, du vacancier descendant de son camping-car ! Vous nous imaginez vautrés dans des plaisirs et des loisirs qui nous ont ramollis. Eh bien, nous lutterons comme des lions pour protéger notre ramollissement.»

    Quelle civilisation ?

    Lorsqu'elle a présenté son projet de loi pour le mariage entre personnes de même sexe, Christiane Taubira avait évoqué, avec un réel enthousiasme oratoire, « une réforme de civilisation ». On ne saurait mieux dire. La décision de la Cour suprême d'autoriser le mariage gay dans les cinquante États américains a confirmé son discours. C'est le monde ancien que cet arrêt enterre. Celui de la génération. Un monde nouveau vient de naître. Ils furent nombreux à s'en féliciter sur les réseaux sociaux, à opposer le drapeau arc-en-ciel colorant la Maison-Blanche au drapeau noir du Califat.

    Quelle civilisation ? Muray, encore une fois. « Chers djihadistes, chevauchant vos éléphants de fer et de feu, vous êtes entrés avec fureur dans notre magasin de porcelaine. Mais c'est un magasin de porcelaine dont les propriétaires de longue date ont entrepris de réduire en miettes tout ce qui s'y trouvait entassé.» L'essayiste poursuit : « Vous êtes les premiers démolisseurs à s'attaquer à des destructeurs. Les premiers incendiaires en concurrence avec des pyromanes. (…) À la différence des nôtres, disait-il aux djihadistes, vos démolitions s'effectuent en toute illégalité et s'attirent un blâme quasi unanime. Tandis que c'est dans l'enthousiasme général que nous mettons au point nos tortueuses innovations et que nous nous débarrassons des derniers fondements de notre ancienne civilisation.»

    Et Muray de conclure avec le sourire du désespoir : « Chers djihadistes, nous triompherons de vous. Nous vaincrons parce que nous sommes les plus morts. »   

        

    Vincent Trémolet de Villers est rédacteur en chef des pages débats/opinions du Figaro et du Figarovox.

    Le Figaro

  • Pauvre Juncker ! Faut-il le plaindre ?

     

    L'Europe de Bruxelles a nié nos racines, politiques, spirituelles, culturelles, ethniques.

    Elle n'a voulu se bâtir que sur l'économie, la finance, les règlements, des commissions et des fonctionnaires.

    Elle ne peut incarner aucune forme de conscience européenne. C'est ce que les difficultés actuelles font et feront de plus en plus ressortir clairement. Ce que nous affirmons, ici, depuis huit ans  LFAR  •

  • Grandes oreilles, scandales et NSA .... A lire demain !

     

    Etonnements, indignations, imprécations, tartufferie et cris d'orfraies ont suivi les pseudo « révélations » de Libération et Médiapart, Edwy Plenel et Laurent Joffrin réunis. Et dans cette affaire, tout est posture et gesticulation. Les grandes oreilles ne se sont pas ouvertes d'hier, pour les besoins de la communication et de la réclame des protagonistes.

    Le jeudi 14 novembre 2013, nous avions publié dans Lafautearousseau une note fort intéressante - au même titre que les autres - signée Champsaur et qui avait pour titre : « Nuit, Silence et Amulettes…  ».

    L'actualité nous y ramène et, extraite de nos archives, nous la publierons demain matin, mercredi.

     

  • Et si l’Islam était « insoluble » ? par Louis-Joseph Delanglade

     

    M. Valls souhaite, après tant dautres, avoir un interlocuteur représentant de « lislam de France », de façon à pouvoir organiser les rapports que lEtat doit entretenir avec ce dernier. Mais ce nest pas si simple. Certains évoquent à ce sujet deux précédents : celui de Napoléon qui, en 1806, a pu établir, grâce à la création du Consistoire, un nouveau modus vivendi avec le judaïsme; et celui, plus connu, de la loi de séparation des Eglises et de lEtat de M. Briand, un siècle plus tard. Mais lislam, en France, nest pas le judaïsme, religion très minoritaire et présente depuis toujours dans diverses provinces. Il est encore moins le christianisme dont il na pas la légitimité historique et culturelle. 

    Une « instance de dialogue avec lislam de France » réunit donc, sous la houlette de M. Cazeneuve, les prétendus représentants des cinq millions (?) de membres de la « deuxième communauté confessionnelle » du pays. On y parle de tout ce qui peut caresser ladite communauté dans le sens du poil - comme la construction projetée de trois cents (!) mosquées. Et pour se garder de toute « stigmatisation », on ne parle pas, surtout pas, de ce qui pourrait la fâcher (radicalisation, provocations, attentats). Interrogé à ce sujet, le ministère répond benoîtement : « Nous avons estimé que ce serait un mauvais message adressé aux Français et à la communauté musulmane ».  

    A celle-ci, peut-être; à ceux-là, certainement pas. En effet, que MM. Valls et tous les politiciens et idéologues de ce pays le veuillent ou pas, lislam est ressenti par une majorité de « Gaulois » comme un corps étranger, inquiétant et dangereux - son émergence massive sur le territoire métropolitain étant trop récente, trop brutale, trop liée à des problèmes de désordre, dinsécurité, de terrorisme.  

     

    Mais la faute de M. Valls est dabord de partir dun a priori idéologique : la France laïque doit porter le « message » en Europe et dans le monde d'un islam « compatible avec la démocratie et la République ». Quelle naïveté ! il est douteux que lislam se renie au point daccepter que la religion, en loccurrence musulmane, ne soit considérée que comme une simple affaire individuelle de conscience. 

     

    M. Godard, haut fonctionnaire au ministère de lIntérieur jusquen 2014, montre, dans La question musulmane en France, que l'islam est devenu « un régulateur social sur notre territoire ». M. de Montbrial dénonce, preuves à lappui, dans Le sursaut ou le chaos « l’état de communautarisation avancé de notre société » qui fragilise la cohésion nationale, la radicalisation de milliers de jeunes Français partis ou en partance pour le jihad et, surtout, le « risque réel » de guerre civile dont nous menacent ces ennemis de leur propre pays. 

    Ce sont moins les individus qui sont en cause que la revendication de lappartenance à une communauté dont les « valeurs » et les finalités ne sont pas tout à fait compatibles avec celles de la France. 

  • Matteo Renzi ne l'a pas envoyé dire à ses collègues de l'U.E. ... Il a raison !

     

    Le président du conseil italien n'a pas mâché ses mots en apostrophant ses collègues de la sorte. Il leur a même lancé : « Vous êtes indignes de l'Europe ! ». C'est, en effet, toute la question : ces gens-là, ces institutions-là sont indignes de l'Europe. LFAR  •

  • Eric Zemmour devant la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris : lire le texte intégral de son intervention

     

    Le 24 juin 2015, Eric Zemmour était à la barre de la 17e chambre correctionnelle du tribunal de Paris, après un signalement de la Licra, partie civile aux côtés de SOS Racisme, le Cran, le Mrap et l'Union des étudiants juifs de France. pour une chronique diffusée sur RTL en mai 2014.  5 000 euros ont été requis par le parquet. On lira avec la sympathie qui s'impose - que ceux d'entre nous qui sont maurrassiens et d'Action française éprouveront presque naturellement - le texte intégral de l'intervention de Zemmour. Soutien et amitié d'esprit ! LFAR

     

    Je vous avoue que j’ai longuement hésité à venir à l’audience. Mon avocat me déconseillait plutôt de me déplacer, pour conserver, disait il, aux débats leur caractère technique. J’ai décidé pourtant d’assister à cette audience. D’abord par respect des magistrats, de la Cour, et au delà des institutions de la République. Mais aussi par curiosité. Je voulais comprendre ce qu’on me reprochait. Comprendre quelle loi ou quelle partie de la loi j’avais enfreint. Après tout, nul n’est censé ignorer la loi. Je voulais comprendre pourquoi le procureur, le représentant de l’Etat, m’attaquait pour des propos qui ne faisaient pourtant que décrire des faits, une réalité, amplement retranscrite : « des bandes étrangères venues d’Europe de l’Est écument notre pays », ça passe; mais quand on dit: « des bandes de tchétchènes, Kosovars, Roms dépècent, dévalisent, violentent, ou dépouillent », ça ne passe pas. Lui n’est pas déféré, moi, je le suis.

     Je comprends bien le point de vue du procureur : il favorise la concision. L’ellipse est préférée à la description clinique. Madame le procureur préfère la pudeur des impressions à l’impudeur du réalisme. Mais cette querelle littéraire est-elle de la compétence de ce tribunal ? Il faut alors qu’elle aille au bout de cette logique littéraire. Qu’elle m’indique les bons mots et les mauvais mots, les mots autorisés et les mots interdits. Qu’elle redéfinisse les canons de la profession de journaliste. Que celui-ci ne soit plus tenu d’informer de ce qu’il voit, mais d’abord d’informer ce qu’il ne voit pas, mais qu’il est bon de voir.

    J’avoue ma perplexité. Je n’ose penser que ce ne sont pas les mots qui comptent, mais ma personne. Il y a quatre ans, le procureur m’avait expliqué que ma notoriété fort grande avait pour corollaire une responsabilité aussi grande. Je constate qu’en quatre ans, j’ai encore pris du galon, puisque je suis davantage responsable, et donc davantage condamnable, qu’un ministre de l’intérieur lui-même.

    Mais j’ai compris en écoutant avec soin ces débats, que ce ne sont ni mes mots ni ma personne qui importaient, mais mes pensées. Même pas mes pensées, mais mes arrière-pensées. Dans le passé, nous avions ainsi le tribunal de l’Inquisition qui dénichait la persistance des pensées hérétiques chez des marranes convertis au catholicisme. Nous avons eu plus récemment les grands procès staliniens qui traquaient les intentions contre-révolutionnaires.

    A la suite de la parution de mon livre, le Suicide français, le premier secrétaire du parti au pouvoir avait dénoncé la zemmourisation de la société. Le premier ministre avait expliqué que mon livre n’était pas digne d’être lu, le ministre de l’Intérieur avait appelé à manifester contre moi, et le président du groupe socialiste à l’Assemblée Nationale avait sollicité de mes employeurs qu’ils mettent fin à mes collaborations à leurs medias. Marie-Anne Chapdelaine, une députée d’Ille-et-Vilaine, me chassait carrément de France : « Monsieur Zemmour, la République, on l’aime ou on la quitte ». Aujourd’hui, je vis la version judiciaire de cette offensive médiatico-politique. On prétend faire du droit, mais derrière les arguties, ce n’est qu’une bataille politique pour me faire taire.

     Il y a six mois, des millions de Français défilaient dans la rue pour défendre la liberté d’expression. Les malheureuses victimes de Charlie Hebdo avaient subi aussi une condamnation judiciaire venue d’un tribunal islamique qui les avait condamnés à mort pour blasphème. Si je comprends bien ce qui m’est reproché, la liberté d’expression, c’est bon pour les dessinateurs de Charlie, mais ce n’est pas bon pour moi. Parce qu’eux sont gentils, et moi, je suis méchant. Eux ont des bonnes arrière-pensées, et moi j’en ai de mauvaises. Si je comprends bien, nous vivons toujours sous le règne de la phrase de Saint-Just : « pas de liberté pour les ennemis de la liberté ». Cela s’appelait la Terreur. 

     

     

    Eric ZEMMOUR

     

  • Colloque du Cercle Vauban annoncé pour samedi 3 octobre à Paris ... Date à retenir !

     

    Nous n'en connaissons encore ni le thème ni les intervenants, mais, d'ores et déjà, La Restauration Nationale annonce la tenue d'un nouveau colloque du Cercle Vauban, à Paris, le samedi 3 octobre 2015 de 14h à 19h.

    Il est précisé que les thèmes abordés seront plus spécialement destinés aux lycéens et étudiants, ce qui ajoute à l'intérêt de ce futur colloque.

    Rappelons qu'un premier colloque dont le thème était « Pour un nouveau régime » a été organisé par le Cercle Vauban, Politique Magazine et la Nouvelle Revue Universelle, le 6 décembre 2014 à Paris, en partenariat avec le blog Le Rouge & le Noir et Lafautearousseau. 

    Plus de 300 participants s'y étaient retrouvés, pour une journée de réflexion fort utile, dont huit remarquables interventions ont été l'essentiel. Nous en avons donné le compte-rendu* et avons mis en ligne les vidéos des trois premiers exposés**, les autres devant suivre, sous quelques temps. 

    Comme le précédent, le colloque du 3 octobre prochain se déroulera 10 rue de l'Annonciation, 75116 Paris. Métro Passy (ligne 6) ou Boulainvilliers (RER C).

    Renseignements et inscriptions - Téléphone : 09.67.34.21.42 - Adresse électronique : restauration.nationale@wanadoo.fr.

    Nous préciserons dès que possible - le plus tôt sera le mieux ! - le ou les thèmes de ce prochain colloque ainsi que la liste des intervenants de sorte que nos lecteurs disposent de toutes les informations utiles qui les décideront à y participer. Nous ne doutons pas d'être nombreux à nous y retrouver.  LFAR 

    Compte-rendu du colloque du 6 décembre 2014

    Vidéo 1: Frédéric Rouvillois [L'Etat décadent] et Jacques Trémolet de Villers [La Justice à la dérive]

    Vidéo 2 : François Schwerer [Crise financière, crise morale]

     

    Une réunion des cadres de la Restauration Nationale suivra ce colloque, à la même adresse le dimanche 4 octobre 2015 de 11h à 17h, sous la présidence de Bernard Pascaud et Hilaire de Crémiers. Cette réunion a été programmée dans la même fin de semaine que le colloque du Cercle Vauban pour permettre aux provinciaux de n'effectuer qu'un seul déplacement. 

     

  • Loisirs • Culture • Traditions ...

  • LIVRES & VOAGES • Rabat, nid d'espions ? Par Péroncel-Hugoz

     

    Mi-fiction mi-réalité, le récit d’espionnage garanti rbati publié par un Français de Salé, fait soudain basculer la tranquille capitale du royaume dans un univers inquiétant… Où l'on verra que cette recension de Péroncel-Hugoz, vue du Maroc, concerne la France et même la Famille de France et les royalistes français. LFAR

     

    peroncel-hugoz 2.jpgD’abord expert en café puis en finances russes, ensuite historien du Maroc protectoral, Guillaume Jobin, installé en Chérifie depuis moins de dix ans, peut-il, comme une divinité hindoue, revêtir successivement plusieurs avatars ? On a tendance à le penser en sortant de sa «Route des Zaërs», récit publié en ce début d’été 2015 et qui nous empoigne et nous plonge d’autorité dans un monde où tout bouge à 200 à l’heure, sur le rythme endiablé et diabolique d’un James Bond allié pour une fois à un Gérard de Villiers tempéré par Tintin, avec un brin de littérature Art déco, le tout bien mixé, bien pimenté jusqu’à nous rappeler certains bouquins « services secrets-polar-jolies femmes » d’un autre Français du Maroc, feu le pied-noir érudit Jean-Pierre Koffel, le « romancier de Kénitra ». Ce n’est pas tout, « Route des Zaërs » rappelle certains films faciles mais excellents du XXe siècle, type « Salonique nid d’espions » ou « Danger à Tanger ». Oui, ça fait beaucoup de références mais lisez et vous comprendrez : ce monsieur ultra-moderne a lu et voyagé et il nous en fait profiter. En plus il connaît la bonne orthographe française, traits d’union compris, même s’il abuse parfois des anglo-américanismes… 

    Donc, un faux journaliste européen, beau mec hédoniste et dynamique, devient espion franco-russe dans le Maroc de 2014-2015, sur fond de (réelle) tension entre Paris et Rabat (sans parler des tripotages états-uniens), manigancée par l’omnipotent lobby algéro-socialiste que le régime hollandiste, tout en multipliant les risettes à l’endroit du Makhzen, laisse agir à sa guise sur les bords de Seine... Où cela nous ménera-t’il ? Allah seul le sait sans doute mais, ici ou ailleurs, au final ça risque de laisser de douloureuses cicatrices. Sur ce thème sérieux, voire tragique, l’auteur fait rouler ses billes colorées dont certaines pourraient être des balles maquillées… 

    La célèbre route des Zaërs est un lieu si on peut dire prédestiné car il fut, dans les troubles années 40, le fief du prétendant royaliste français, Henri, comte de Paris (1908-1999), alors politiquement interdit de séjour en France mais ayant ses entrées dans les maisons alaouites en tant que « cousin », en vertu de la tradition, rappelée volontiers par Si Mohamed Cherkaoui, l’un des beaux-frères (et le plus savant) d’Hassan II, selon laquelle la reine Blanche de Castille, avait apporté du sang arabe chérifien dans la dynastie française… Sur cette fameuse voie rbatie, Jobin fait donc défiler de nos jours hauts flics et diplomates toutes pointures, chauffards et journaleux, personnages inventés, recomposés ou bien réels comme la gastronome de haut vol Fatima Hal ou la styliste intercontinentale Fadila El Gadi – une partie de ces « beautiful people » se retrouvant du Grand-Comptoir, au Balima et surtout dans de discrètes et moelleuses demeures du Souissi. 

    Cependant, et c’est sans doute l’un des attraits de cette intrigue, l’action se déplace sans cesse, au Maroc ou à l’étranger, progressant par sauts ou séquences rapides et courtes, tantôt à Moscou ou Malaga, à Feucherolles (Ile-de-France), en Seine-Saint-Denis ou à New-York, Londres etc. Et bien sûr à Paris où on assiste même à un aparté détonnant entre les deux ministres de la Justice les plus contrastés du monde : Christiane Taubira et Mustapha Ramid… 

    Tous ces lieux et ces gens volent et virevoltent tant que le lecteur moyen finit par s’égarer un peu dans ce labyrinthe géopolitique, le tournis le prend voire la panique car il finit par confondre fiction et réalité et s’imaginer que le sort des relations franco-marocaines est vraiment entre les mains de ces messieurs et dames « zaëristes » peu rassurants, souvent entre une vodka « Samir Nof » ou un whisky « Réda Label »… A la fin, qui est un peu une queue de poisson pour le lecteur trop cartésien (tant pis pour lui !), celui-ci parvient quand même à se tirer sain et sauf de ces méandres diplomatico-politico-policiers ; et il est satisfait car, outre les distractions poivrées rencontrées le long de cette « Route des Zaërs », il a échappé un moment aux rengaines « droitsdelhommistes », « democratoïdes » et « laïcardes » et même il a vu l’auteur oser égratigner cathos de gauche, snobs et bobos mondialisés voire tel ex-sportif marocain intrigant en quête de prébendes… 

    Pour Ramadan, que vous soyez jeûneurs ou pas, vous pouvez vous reposer le cerveau en empruntant cette « Route des Zaërs » (ou bien des romans de Mohamed Nédali, Jean-Pierre Koffel ou Réda Dalil). Et en tout cas rendez-vous sur « le360 », Inchallah, le 30 juillet, après l’Aïd-Srir ! 

     

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    Guillaume Jobin au bord du Nil, à Zamalek

     

    * G. Jobin, « Route des Zaërs », Ed. de Talents, Casablanca-Paris, 190 p. 100 dh. 

     Péroncel-Hugoz - Le 360

     

  • LIVRES & HISTOIRE • Le Roi Siméon II de Bulgarie à Chantilly les 20 et 21 juin derniers

     

    A l’occasion de la sortie de son livre autobiographique « Un Destin Singulier », Sa Majesté le Roi Siméon II de Bulgarie, accompagné de la Reine Margarita a choisi de venir à Chantilly pour rappeler les liens qui unissent la France et son Pays. Chantilly est chère à son cœur, car c’est la ville de la Princesse Clémentine d’Orléans, son arrière-grand-mère, fille de Louis-Philippe, et donc sœur du Duc d’Aumale qui a légué ce magnifique Domaine de Chantilly à l’Institut de France, et dont Son Altesse l’Aga Khan préside la Fondation. 

    Après avoir été accueillis au Château pour une visite et une présentation de souvenirs familiaux, samedi, le Roi et la Reine se sont rendus dans le superbe cadre du Potager des Princes magnifiquement restauré par Yves Bienaimé. 

    Un public très nombreux et des personnalités parmi lesquelles le Comte et la Comtesse de Paris ont assisté aux activités préparées par les associations bulgares du « Club Chrétien Monarchique » et de l’association « Joie des Horizons », en liaison avec l’association cantilienne « Le Valois Monarchique ». 

    Le spectacle a débuté par la projection d’un film sur la Princesse Clémentine, puis s’est poursuivi par un concert de musiciens et de jeunes choristes, et s’est terminé par une exposition de tableaux d’enfants bulgares. 

    Dimanche, le Roi Siméon et la Reine Margarita ont assisté à la messe de l’église de Chantilly, avant de se rendre aux célèbres « Grandes Ecuries » pour le spectacle équestre « Kavallisté ». 

    La journée s’est terminée au Potager des Princes où un public à nouveau très nombreux s’était réuni pour entendre le Roi Siméon donner sa conférence sur son « Destin Singulier », et dédicacer ses livres, avant de recevoir à l’Hôtel de Ville la médaille de la ville des mains du député-maire, Eric Woerth. 

    Le Roi Siméon II de Bulgarie 

    Enfant, le Roi Siméon II de Bulgarie a régné pendant quelques années, à la suite de la mort mystérieuse de son père, avant de connaître un long exil à Madrid, pendant lequel il a vécu les grands bouleversements de l’Europe: monarchie, nazisme, communisme, et « chute du Mur » côtoyant et se liant d’amitié avec de grands dirigeants : Juan Carlos, Hassan II ou Hussein de Jordanie, l’empereur d’Ethiopie, ou le Shah d’Iran. 

    Ce qui singularise le Roi Siméon, c’est d’être toujours resté au cœur de l’action : homme d’affaire avisé, il a toujours voulu rester dans le monde du « possible » ; il a accepté d’être le premier ministre de son Pays, quelques années après l’accueil triomphal des Bulgares en1996 ; et il a essayé de le redresser par une politique axée sur le Bien Commun, avec une volonté de réduire les divisions et de recomposer au-delà des partis une unité nationale, tout en l’ancrant à l’Occident. 

    Retiré de la politique, il vit en Bulgarie où l’on vient souvent prendre des conseils auprès de lui. 

     

    La Restauration Nationale

     

  • HISTOIRE & ACTUALITE • Vidéo : Quand Hassan II parlait de la Tunisie

     

    « La Tunisie ne sera jamais déstabilisée. Car la Tunisie est un peuple ». C’est en ces termes que feu Hassan II parlait du pays du jasmin, il y a de cela 34 ans lors d’une interview télévisée. Des paroles qui sonnent, plus vraies que jamais, en cette journée sanglante que vient de vivre ce peule ami de la France. 

    Source : Le 360

     

     

     

  • CINEMA • Haut Garrone, vu par Jean-Christophe Buisson *

     

    Avant même l'affaire des migrants de Vintimille, un conflit, certes moins grave, a opposé il y a quelques semaines la France et l'Italie. Trois réalisateurs transalpins de renom ont présenté leurs films au Festival de Cannes. Tous étaient de grande qualité. Aucun n'a été récompensé, déclenchant l'ire de la presse au pays de Fellini. Parmi les victimes, Matteo Garrone, jusque-là pourtant bien servi sur la Croisette (Grand Prix du jury à deux reprises: pour Gomorra et pour Reality).

    Voilà ce qu'il en coûte d'être audacieux: Le Conte des contes, qu'une partie de la critique a aussi vilainement snobée, souffre d'une originalité, d'une poésie, d'une beauté esthétique et d'une ambition littéraire qui ne sont certes pas communes. Il réclame du spectateur de l'attention et de l'imagination.

    Curieusement, ce sont les mêmes esprits cartésiens encensant les délires de Tim Burton qui reprochent à Garrone son onirisme. Quoi? Des royaumes peuplés de princes plus ou moins charmants, de princesses trop avides de liberté, de sorcières maléfiques, de monstres marins, de fées à la chevelure aussi rousse que le soleil, de jumeaux pernicieux, d'ogres quasi immortels? Quoi? Des récits fantastiques aux frontières de la science-fiction où l'hénaurme le dispute au grotesque, l'érotique au magique, l'invraisemblable au réaliste? Quoi? Des personnages évoluant dans des costumes et des châteaux Renaissance mais dont les centres d'intérêt, les passions et les frustrations ressemblent tellement à ceux de nos contemporains (l'obsession des femmes à rester jeune ou à désirer des enfants à tout prix ; celle des hommes à cultiver leurs passions égoïstes et à courir la gueuse) qu'on en finit par être effrayé.

    Piochées dans l'œuvre de Giambattista Basile, qui annonce au début du XVIIe siècle les contes de Perrault, Andersen et Grimm, les jolies et terrifiantes histoires mises en scène ici sont des petites merveilles visuelles et narratives. On ne peut qu'applaudir des dix doigts Salma Hayek, Vincent Cassel ou John C. Reilly d'y avoir cru et de nous faire croire à leur crédibilité. Si, si. 

    Le conte des contes, de Matteo Garrone (en salles le 1er juillet).

    Post-filmum: après ce film, vous ne regarderez plus jamais les puces de la même façon…

     Jean-Christophe Buisson  -  Le Figaro magazine