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Biocarburant - Signé : Nicolas VIAL - Figaro magazine
Entretien de TV Libertés avec Laurent Obertone sur son dernier livre La France Big Brother.
Auteur du best-seller la France Orange mécanique, Laurent Obertone signe avec la France Big Brother (Ring) une critique tous azimuts du « conditionnement » imposé aux Français. Pour lui, « l’oligarchie dissimule ses crimes » après les attentats islamistes en France. Ce nouvel essai de Laurent Obertone est un réquisitoire parfaitement antisystème. Michel Houellebecq a estimé en novembre 2010 qu'il est « le grand polémiste de demain »
La vidéo qui suit dure environ 30 minutes. Ce n'est pas une perte de temps que de l'écouter ... •
La France Big Brother, Ring, 360 pages, 18 €.
A voir, aussi, cette courte bande-annonce :

Les Lundis de Louis-Joseph Delanglade :
Ce sont des réflexions - hebdomadaires - sur l'actualité politique (politique intérieure et politique étrangère généralement alternées) qui synthétisent ou définissent les positions - la ligne politique - de Lafautearousseau.
C'est pourquoi ces chroniques sont regroupées et toutes consultables dans une annexe de Lafautearousseau, Les lundis de Louis-Joseph Delanglade, en permanence à votre disposition. •
Arnaud Teyssier, haut fonctionnaire et biographe reconnu (Louis-Philippe, Charles Péguy) dresse un portrait du grand ministre de Louis XIII qui renouvelle l’approche de son œuvre politique. Approche qui peut, bien-sûr, être discutée...
Vous décrivez Richelieu comme un homme d’une piété profonde, à l’opposé du Machiavel en habit rouge que l’on se plaît habituellement à peindre. Est-ce le secret qui éclaire son action politique ?
Cela permet de l’envisager d’une manière beaucoup plus cohérente. Ce qui me frappe, c’est la façon dont on « exécute » en général toute la première partie de la vie de Richelieu. On explique qu’il fut un bon évêque de Luçon, non par vocation mais par esprit de devoir familial. On néglige le fait qu’il a passé des mois à Rome à une période de religiosité intense, qu’il a consacré beaucoup de temps à son diocèse, écrit un catéchisme pour ses prêtres, composé des traités théologiques jusqu’à son lit de mort. Ses travaux sont, certes, connus mais le doute est jeté sans aucune preuve tangible sur la sincérité de sa foi. Or l’énergie religieuse dont il fait preuve ne s’explique pas par la seule conscience de sa charge. Cette dimension n’a pas encore été vraiment étudiée. Elle met pourtant en lumière que le cardinal n’a rien d’un arriviste ; il accède au pouvoir en 1624, sept ans après ses premières missions, soit à quarante ans, ce qui n’a rien de fulgurant. Je crois que le problème vient du fait que l’on regarde les hommes d’église d’autrefois avec les yeux d’aujourd’hui. à l’époque, la foi est quelque chose de combatif, d’ardent ; cela fait partie du rôle du prêtre que d’agir pour la communauté, que de s’engager sur le terrain politique. Richelieu a cela ancré en lui.
Lorsqu’il accède aux responsabilités politiques, au Conseil de la reine-mère Marie de Médicis et comme ministre de Louis XIII, quelles menaces pèsent sur le royaume ?
Le royaume est déchiré. Il y a d’abord des guerres intérieures. Les grands du royaume, qui n’ont cessé de s’agiter depuis la mort d’Henri IV, ont été des acteurs du conflit qui a opposé Marie de Médicis à Louis XIII pendant de longues années ; il y a le problème de la puissance protestante, à la fois politique et militaire, héritage de l’édit de Nantes qui menace de faire vaciller le royaume : La Rochelle, au bord de la sécession, risque de provoquer une rébellion généralisée. Les dangers intérieurs sont donc énormes, surtout si l’on tient compte de l’affaiblissement politique de le France durant la régence de Marie de Médicis. La deuxième menace est d’ordre extérieur. Richelieu en prend conscience dès son passage au Conseil du roi en 1616 ; la stratégie d’unité des Habsbourg et de la monarchie espagnole qui vise à enfermer la France dans un étau lui semble un péril imminent. Entre 1624 et 1630, une partie du Conseil du roi, illustrée par Louis de Marillac rejoint par Marie de Médicis, souhaite se consacrer au rétablissement de l’ordre au sein du pays. Richelieu s’en dissocie. Il lui paraît nécessaire de se battre en même temps sur les fronts intérieur et extérieur, malgré les difficultés diplomatiques. Après la journée des Dupes en 1630, lorsqu’il est confirmé dans ses fonctions, sa politique est pleinement adoptée par le roi tandis que les rivaux sont écartés.

Richelieu présente Poussin à Louis XIII
Quelle relation se met en place entre Louis XIII et Richelieu ?
On a beaucoup glosé sur cette question et la véracité des sources est parfois douteuse. Il me semble qu’entre le Richelieu du début et le jeune Louis XIII, l’entente n’a pas été immédiate, dans la mesure où le roi a pu être influencé négativement par son entourage. Cette méfiance s’estompe lorsque Richelieu devient une figure principale du pouvoir. Il apprend au roi à se garder de la calomnie comme de ses propres faiblesses ; il existe des échanges extraordinaires à ce sujet… Richelieu incarne progressivement une sorte de directeur de conscience pour Louis XIII ; on retrouve là le prêtre qu’il a toujours été. Ce lien se renforce au moment du siège de La Rochelle, lorsqu’en butte à la dépression, le roi trouve un appui solide en son ministre. Pour lui qui n’a jamais eu d’entourage fiable, ce soutien est une découverte. La journée des Dupes témoigne peut-être moins de la force de caractère insoupçonnée du roi contre la cour que de cette confiance exceptionnelle qui s’est nouée entre les deux hommes. L’idée répandue selon laquelle Richelieu aurait manipulé Louis XIII est à mon avis contraire à la nature de leur relation. Richelieu avait un respect absolu de l’autorité royale et savait que son œuvre était d’aider le roi à advenir, à être à la hauteur de sa charge.
Quelle philosophie du pouvoir Richelieu développe-t-il ?
Pour mettre un terme à la décadence du royaume, la première idée du cardinal est que « chacun doit revenir en sa charge » pour que les institutions soient incarnées comme elles le doivent. Sa deuxième grande réflexion concerne l’administration de la société humaine, l’organisation de la vie collective, qui doivent s’accomplir parallèlement à l’exécution des devoirs du chrétien. Son premier devoir est d’aimer les autres en pratiquant la charité active ; être utile à sa famille, à sa communauté. L’ordre des affaires publiques fonctionne sur le même modèle, il revient à faire passer le service d’autrui et les intérêts collectifs avant les intérêts privés. C’est une leçon très simple. On observe cette correspondance en lisant le Traité de la perfection du chrétien et le Testament politique. Je ne crois pas que Richelieu avait deux dimensions, une politique et une religieuse, mais qu’il en avait une seule : celle du prêtre.
N’aurions-nous pas besoin de Richelieu dans la France d’aujourd’hui ?
Je crois que De Gaulle avait dit que de toute façon, si Richelieu revenait, il serait battu aux élections ! Dans un pays comme la France, qui n’a pas rompu avec une conception monarchique du pouvoir, la survivance de l’idée du prince est un facteur essentiel d’unité, étant donnée la faiblesse de nos institutions. Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, et que Richelieu nous enseigne, c’est de retrouver une conception sacerdotale du pouvoir. Bien sûr, on imagine mal le retour à la tête de l’état d’un prêtre ardent comme l’était le cardinal, mais il faut que l’on reconsidère cette idée qu’il nous transmet que l’unité du pays et la suprématie de l’intérêt général possèdent une dimension sacrée. Ce qui est étonnant, c’est que cette conception chrétienne de la politique est restée dans la société française laïcisée d’aujourd’hui. C’est un paradoxe et une grande difficulté. Comment l’incarner dans un système moderne et déchristianisé ? Aucun régime, ni la monarchie parlementaire, ni le Second Empire, ni la République, ni même De Gaulle, n’ont réussi à « resacraliser » le pouvoir… •
Richelieu, l’aigle et la colombe, d’Arnaud Teyssier, éditions Perrin, 24,50 €
Cliquez sur cette image pour ouvrir la liste. Vous y trouverez les messes et activités qui ont eu ou vont encore avoir lieu dans votre région. Nous en avons annoncé 80 ! Mais d'autres se sont sans-doute tenues ou se tiendront ces prochains jours sans que nous en ayons eu connaissance. Il ne s'agit pas de simples commémorations et notre présence, nombreuse, leur donne le sens qu'indique le propos de Philippe de Villers, repris ci-dessous.
« On est près du grand mouvement de l’inversion ». Lequel ? Celui qui mettra en cause la Révolution, la Révolution historique (« La terreur est dans son ADN ») mais aussi la Révolution agiss ant aujourd’hui. « Il y a des signes du sursaut ; des gens qui bougent ; des voix qui s’élèvent et qui parlent de plus en plus fort ». Philippe de Villiers •


Par Dominique Jamet

Journaliste et écrivain. Il a présidé la Bibliothèque de France et a publié plus d'une vingtaine de romans et d'essais. Co-fondateur de Boulevard Voltaire, il en est le Directeur de la Publication.
Leurs origines familiales n’avaient pas suffi à protéger Alain Finkielkraut ou Eric Zemmour des accusations les plus violentes et les plus saugrenues. En dépit de son immense talent de romancier et de sa totale allergie à tout engagement, notamment politique, Michel Houellebecq est depuis peu désigné par la grande famille des gens comme il faut à la vindicte publique. Tous trois ont rejoint sur la liste noire des infréquentables Richard Millet, Renaud Camus, Alain de Benoist, Elisabeth Lévy ou Ivan Rioufol. Philippe Tesson avait jusqu’à présent échappé à la vigilance des chasseurs de sorcières. Il devait ce privilège aussi bien à la singularité de son parcours qu’à celle de sa personnalité.
Journaliste, et rien d’autre que journaliste, Tesson bénéficiait du réseau de connaissances et d’amitiés qu’il a tissé au long de plus d’un demi-siècle d’une vie entièrement consacrée à sa profession. Il est peu de « grandes plumes » contemporaines qui n’aient débuté ou transité par le légendaire Combat ou par Le Quotidien de Paris, les deux journaux dont il fut le rédacteur en chef, le directeur et l’animateur entre 1960 et 1994. Il n’est aucun connaisseur de la presse écrite qui ne garde la nostalgie du climat de liberté, de diversité, d’attachement au pluralisme de l’expression et de la pensée qui firent, tant qu’il en fut l’âme et le patron, l’originalité de ces deux titres. Les centaines de milliers de bonnes gens qui les regardaient de loin, je veux dire sans les acheter, n’en déplorèrent pas moins, et le plus sincèrement du monde, leur disparition. Ainsi va la vie.
Redevenu simple pigiste dans des journaux qui ne lui appartenaient pas, Philippe Tesson n’a cessé depuis vingt ans, sans jamais manifester la moindre amertume, d’y déployer, comme sur les plateaux de télévision ou de radio où il est régulièrement invité, une inlassable activité. Acrobatique funambule, impulsif, incisif, léger, charmeur, spirituel, mais surtout, mais d’abord, mais avant tout inclassable et indépendant, il restait l’inlassable danseur de corde de l’actualité à qui l’on pardonnait tout, bien que, de notoriété publique, il fût considéré comme un homme « de droite ». Ses rides d’expression et son regard pétillant avaient accentué sa saisissante ressemblance avec Voltaire. Il est de pires références. L’âge venu, du moins s’il faut en croire l’état-civil auquel il ne cessait d’apporter le plus insolent et le plus quotidien des démentis, il faisait figure de saint patron d’un journalisme à l’ancienne où l’on mettait du style non seulement dans ses écrits mais dans sa vie.
L’immunité de Philippe Tesson a pris fin le 13 janvier 2015, lorsque, sur Europe 1, dans le cours d’un débat qui tournait autour des légères infractions à l’ordre public commises ces derniers temps par des fans de Mahomet, il s’est emporté jusqu’à dire : « Ce ne sont pas les musulmans qui amènent la merde ? » Interrogation apparemment scandaleuse dans un pays où il est bien entendu qu’il n’existe aucun lien entre les musulmans et l’islam, entre l’islam et les islamistes, entre les islamistes et le terrorisme, entre le terrorisme et l’assassinat de dix-sept innocents.
Certes, en d’autres temps, et sous d’autres climats, une telle assertion aurait seulement relancé la discussion. Tel aurait pu approuver totalement, tel autre contester absolument, un troisième faire valoir que si tous les terroristes sont musulmans, tous les musulmans ne sont pas terroristes… Nous n’en sommes plus là. À peine l’émission terminée, un quidam outré portait plainte (!), de bonnes âmes sommaient la radio de la rue François 1er et Le Point d’interdire le fautif de plume et de parole, le Conseil supérieur de l’audiovisuel était saisi, et le Parquet, enfin, ouvrait une enquête préliminaire pour « incitation à la haine raciale », une imputation doublement étonnante.
Il est en effet pour le moins surprenant, dans un contexte où l’on nous affirme constamment que le concept de race est une invention du racisme, que des magistrats, confondant race et religion, semblent considérer que les musulmans ont une morphologie ou une couleur particulières.
Il est surtout choquant que le cadre de la liberté d’expression, menacée par des tueurs fanatiques, mais garantie par la Déclaration des droits de l’homme, la Constitution, la loi, solennellement réaffirmée par le président de la République, ne cesse dans les faits de se rétrécir. Des propos comme celui de Philippe Tesson, tenus journellement dans le privé, à tort ou à raison, par des millions de Français, doivent-ils être attaqués, poursuivis et éventuellement condamnés par la justice ? Tout est possible quand Arno Klarsfeld, pour avoir énoncé la triste évidence d’un nouvel antisémitisme, se voit accuser d’avoir porté atteinte « à l’honneur et à la considération de la jeunesse des banlieues ».
La France qu’on nous fabrique au nom de la paix sociale serait-elle ce pays où, pourvu que l’on ne parle « ni de l’autorité ni de la politique ni de la morale ni des gens en place ni de personne qui tienne à quelque chose, on peut tout imprimer sous l’inspection de deux ou trois censeurs » ? Rien n’aurait donc changé depuis Le Mariage de Figaro ?
Il est évidemment plus facile de réprimer les libres propos d’un homme libre que d’empêcher des massacreurs de transformer une salle de rédaction en boucherie. •

Le dernier ouvrage de Michel Houellebecq, Soumission, apparaît au lecteur comme l’antidote à une idolâtrie républicaine qui s’empare du monde, à la suite des événements de ce début d’année, et qui embrasse comme jamais le Capital dans sa figure américaine, au lieu de remettre en cause, par exemple, la politique extérieure de la France ; surtout quand République et démocratie ne semblent sortir victorieuses de ces attentats que grâce à leur force policière, renforçant une unité nationale qui n’aura jamais été aussi vouée au cosmopolitisme.
Réalisme d’anticipation
Contentons-nous d’être attentifs aux événements futurs. Soumission, à l’inverse, au moyen du formidable réalisme d’anticipation de Houellebecq, prend acte bien plutôt de la mort de ce qui crie pourtant sa victoire au travers des hommages rendus aux collaborateurs de Charlie Hebdo : la démocratie, la République, la liberté d’expression, c’est-à-dire les Lumières, le nihilisme, le Capital, jusqu’à la guerre civile : « À l’issue de ses deux quinquennats calamiteux, n’ayant dû sa réélection qu’à la stratégie minable consistant à favoriser la montée du Front national, le président sortant avait pratiquement renoncé à s’exprimer, et la plupart des médias semblaient même avoir oublié son existence. Lorsque, sur le perron de l’Élysée, devant la petite dizaine de journalistes présents, il se présenta comme le “dernier rempart de l’ordre républicain”, il y eut quelques rires, brefs mais très perceptibles. » (p. 114).
Houellebecq ne justifie pourtant pas tant un retour presque fatal au religieux qu’on ne pourrait, tout bien compté – c’est l’une des thèses possibles du livre –, éradiquer en l’homme, voué, après tous les matérialismes de l’histoire, à l’esprit c’est-à-dire, pour aller vite, à Dieu ; il vérifie bien plutôt que l’essence de l’Occident ne consiste pas dans la recherche d’une fixation, quelle qu’elle soit, uniquement spirituelle ou uniquement matérielle, mais qu’elle est fondamentalement historique, et entend considérer toutes choses bien plus dans le mélange de liberté et de nécessité qui constitue un destin que dans la fixation éternelle du monde, à la fois destructrice, prophétique, négatrice de toute vie comme de tout devenir. Ici s’enracine la vocation politique de ce livre. Dans ce sens, en effet, l’ouvrage de Houellebecq enseigne une transformation, bien plus qu’une soumission ou une conversion. Or cette transformation questionne le destin même de l’Occident et de la France, tout en redonnant à la conversion, non pas seulement de Huysmans au catholicisme mais de René Guénon à l’islam, une actualité saisissante.
Références identitaires
Même teintées d’ironie, ou plus exactement présentées flegmatiquement, il serait regrettable de manquer dans ce roman les multiples références faites aux pensées identitaires et traditionalistes, et ne considérer que l’opportunisme politique du nouveau président de la République, hypothétiquement élu en 2022, Mohammed Ben Abbes (avec son parti, Fraternité musulmane), ou encore la conversion finale du héros, professeur de littérature, à l’islam pour des raisons qui seraient non moins opportunistes.
Houellebecq ne laisse pas de questionner le retour de l’esprit en Occident, bien plus, en réalité, que l’islam en tant que tel. Il est temps de savoir si un dépassement de la religion des Lumières qui s’associe à la toute-puissance du Capital est possible, et à quel prix. Il faut d’autant plus questionner l’islam, en effet, que René Guénon lui-même avait estimé qu’une telle tradition, même au prix de sa décadence, de sa corruption ou de sa manipulation, n’en est pas moins beaucoup plus préservée que toutes les autres ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle elle connaît une guerre permanente. Nous pouvons également tirer de cette analyse que le XXIe siècle signifie à la fois que nous nous trouvons dans l’âge du déplacement toujours plus au Sud de la tradition qui jadis fut nordique, gréco-latine ou chrétienne, et qui devient désormais sémitique, qu’il se présente comme ce désir de libération par lequel nous retrouverions une vie haute, un devenir auquel il serait conféré une valeur, comme la reprise de l’histoire, par-delà toutes les dominations anhistoriques du Capital que Houellebecq comprend magnifiquement dans leurs significations politiques, professionnelles, amoureuses, sexuelles, etc., et dont la religion aurait vocation à nous libérer*.
Nouveau règne mondial
Il reste surtout à savoir si l’homme occidental a encore un rôle à jouer dans ce nouveau règne mondial qui, renonçant à trouver quelque avenir à la Chine ou à la Russie, se recentre essentiellement sur l’opposition entre islam et judaïsme. Houellebecq enquête sur l’avenir de la civilisation et est comme le pendant, certes romanesque, en France, d’un Alexandre Douguine qui défend une ouverture de l’orthodoxie à l’islam, pour des raisons elles-mêmes historiques au vu du lointain passé de la Russie, notamment médiéval. À partir d’un tel modèle, porté jusqu’au bout, Houellebecq imagine la reconstitution d’un empire romain à l’initiative d’une France revitalisée par l’islam, qui certes se maintient, durant l’espace du roman, dans l’horizon du Capital et du mondialisme. Pour Ben Abbes pourtant : « Sa grande référence, ça saute aux yeux, c’est l’Empire romain – et la construction européenne n’est pour lui qu’un moyen de réaliser cette ambition millénaire. Le principal axe de sa politique étrangère sera de déplacer le centre de gravité de l’Europe vers le Sud ; des organisations existent déjà qui poursuivent cet objectif, comme l’Union pour la Méditerranée. » (p. 157). Plus loin : « À elle seule l’idée de la patrie ne suffit pas, elle doit être reliée à quelque chose de plus fort, à une mystique d’un ordre supérieur. […]. La Révolution française, la République, la patrie... oui, ça a pu donner quelque chose ; quelque chose qui a duré un peu plus d’un siècle. La chrétienté médiévale, elle, a duré plus d’un millénaire. […] Je n’étais pas convaincu pour ma part que la république et le patriotisme aient pu “donner lieu à quelque chose”, sinon à une succession ininterrompue de guerres stupides. » (p. 162-163)
Il est frappant, pour finir, que l’ouvrage de Houellebecq soit – islam à part – à ce point maurrassien ; c’est pourquoi nous y trouvons précisément un conseil quant à l’avenir de notre nation. Car nous n’y retrouvons pas seulement le rapport à Rome ; par certains côtés, Ben Abbes s’affiche bien plus comme un Roi réconciliateur que comme un président de la République impuissant ou agressif ; le modèle qu’il entend donner enfin à son empire principalement méditerranéen est celui de la Chrétienté médiévale. Ajoutons qu’il prend le pouvoir par « tous les moyens mêmes légaux », contre l’héritage des Lumières, contre la République et la démocratie, à rebours des déracinements du Capital ; une défense du principe de subsidiarité achève la liste de ces proximités.
Contre-Révolution
Soumission de Houellebecq pourrait tout aussi bien s’intituler “Contre-Révolution”. Les nombreuses références faites à la littérature “réactionnaire” ne cessent de l’indiquer : « C’est à peine s’il revenait sur le cas des civilisations occidentales, tant elles lui paraissaient à l’évidence condamnées (autant l’individualisme libéral devait triompher tant qu’il se contentait de dissoudre ces structures intermédiaires qu’étaient les patries, les corporations et les castes, autant, lorsqu’il s’attaquait à cette structure ultime qu’était la famille, et donc la démographie, il signait son échec final ; alors venait, logiquement, le temps de l’islam). » (p. 271) Que tout cela soit aussi la leçon rendue, d’ailleurs par avance, et du haut de tout son détachement, à l’affairement caricatural dans lequel la République et Charlie Hebdo ne font plus qu’un. •
Léo Pougnet
* Sur ce nihilisme anhistorique traité le plus souvent avec une grande drôlerie, nous pouvons lire page 50 : « Curieusement, les pays occidentaux étaient extrêmement fiers de ce système électif qui n’était pourtant guère plus que le partage du pouvoir entre deux gangs rivaux, ils allaient même parfois jusqu’à déclencher des guerres afin de l’imposer aux pays qui ne partageaient pas leur enthousiasme. »
Michel Houellebecq, Soumission, Flammarion, 320 pages, 21 euros.

Mercredi 21 janvier, le chef de la Maison de France, Monseigneur le comte de Paris et Madame la comtesse de Paris ont présidé la Messe royale célébrée à la demande de l’Oeillet Blanc pour le repos de l’âme du roi Louis XVI, en l’église de Saint-Germain-l’Auxerrois, paroisse des rois de France.
Malgré le froid, de nombreux parisiens étaient venus accompagner leurs princes pour rendre hommage au Roi Louis XVI, assassiné il y a 222 ans. La messe a été célébrée par Monseigneur Eric de Moulins Beaufort et le père de la paroisse. Le Chef de la Maison de France, Monseigneur le comte de Paris a rédigé et lu avec beaucoup d'émotion une prière pour le Roi Louis XVI, pour la Reine Marie-Antoinette et bien-sûr pour le petit Louis XVII, mort seul et abandonné dans un cachot du Temple.
À l'issue de la célébration, le Prince et la Princesse ont pu rencontrer les personnes présentes et échanger longuement avec elles, avant de quitter la paroisse des rois de France pour présider le Dîner de l'Oeillet Blanc.
D'autres textes, images et vidéos à propos du 21 janvier 2015 suivront dans les prochains jours. •
« Avoir foi en la perfection de l'homme, c'est très bien chez un homme d'Eglise. Pas chez un Premier ministre. »
Winston Churchill

Une intéressante interview que nous publions pour alimenter le débat. (A retrouver sur notre page Facebook, pour les titulaires d'un compte).
Quatre questions m'ont été posées par le journaliste Arkadij Beinenson.
- Vous participez à des groupes de discussion de soutien au Donbass. Quelle est votre motivation ?
Plusieurs raisons expliquent mon engagement face à la situation en Ukraine.
Tout d’abord, en tant qu’écrivain et slaviste, il m’est impossible de demeurer insensible à ce qui concerne la Russie.
Ensuite, en tant que Suissesse, sachant que mon pays a présidé l’OSCE durant toute cette année 2014, il m’était à nouveau impossible de ne pas suivre avec la plus grande attention les événements qui se sont déroulés en Ukraine.
Enfin, vous savez qu’en cette année 2014, la Suisse et la Russie ont célébré le bicentenaire de leurs relations diplomatiques. Pour toutes ces raisons, j’avais de quoi ne pas me détourner de ce qui se passe en Ukraine.
Comme vous l’avez constaté, j’ai en effet suivi les publications de différents groupes de soutien au Donbass car j’ai estimé indispensable de m’informer autrement qu’à travers le seul biais des médias occidentaux.
Et puis, aussi, j’ai compris le sens du combat mené par ceux que l’Occident a appelés « pro-russes » ou « séparatistes ».
Ici, en Occident, les enjeux de cette lutte n’ont pas toujours été bien expliqués, c’est pourquoi j’ai eu à coeur de transmettre à mes compatriotes un autre point de vue que celui qui domine la plupart des médias.
-Estimez-vous objective, la manière dont les médias européens rendent compte de la situation dans le Donbass ?
Rares sont les média occidentaux qui présentent la situation en Ukraine de manière objective. Il en existe, toutefois, qui osent se démarquer du regard porté par la majorité des journalistes ou autres chroniqueurs.
Ainsi trouve-t-on des sites d’information où s’expriment des spécialistes de questions liées à l’économie, à la finance ou à la géopolitique. De nombreuses personnes s’y réfèrent, qui comprennent que la manière dont la plupart des médias rendent compte de la situation est le plus souvent orientée. Dans ce sens, il est piquant de relever que la Russie est sans cesse accusée de livrer sa « propagande » tandis que l’Occident détiendrait à lui seul, la vérité de l’information.
Ce sont ces préjugés que je tente de combattre. Encore une fois, je ne suis ni politicienne ni journaliste. Je suis juste animée par le refus de diaboliser la Russie comme s’y emploient trop de commentateurs.
En effet, la perception de la Russie par l’Occident se limite très et trop souvent à des clichés, des approximations ou alors à des analyses qui visent à démontrer qu’elle est aux mains d’une clique d’oligarques inféodés à leur président tout puissant. Ainsi ne parle-t-on plus que de « la Russie de Poutine » alors que l’on sait qu’elle est celle de bien d’autres personnalités dont celle de l’ancien et dernier président de l’URSS, Mikhaïl Gorbachev. Je l’ai rappelé dans un de mes derniers sujets de blog qui a aussi été publié comme courrier par « La Tribune de Genève » et par « Le Temps ».
Cela dit, des débats contradictoires sont tout de même organisés par les médias et permettent des échanges de points de vue.
- A votre avis, quelle serait la « recette » à envisager pour résoudre la crise ukrainienne ?
Pour ma part, je ne puis plus qu’espérer que la diplomatie vienne au secours d’une situation qui ne peut plus durer tant la souffrance et la violence y sont dévastatrices.
Là encore, je me suis exprimée et mes propos ont été relayés par « La Tribune de Genève »
- Des divers points de vue émis sur le déclenchement de la crise en Ukraine, lequel vous paraît déterminant ?
Ce qui apparaît comme principal facteur ayant déclenché cette crise, est la pression exercée sur le Président Viktor Ianoukovich pour qu’il signe un accord avec Bruxelles.
Suite au refus qu’il y a opposé, de violentes manifestations se sont déroulées à Kiev, sur le Maïdan.
Les interprétations de ces troubles meurtriers ont été controversées. En effet, les lectures des uns et des autres sur la destitution du Président Viktor Ianoukovich ont divergé et c’est de cela que j’ai voulu rendre compte sur mon blog.
Il me tient à coeur, en effet, de refuser le seul angle de vue de l’auto-proclamée, « communauté internationale » qui n’a de cesse de charger la Russie et de la rendre responsable de tous les tragiques événements qui se sont déroulés par la suite en Ukraine.
Cette attitude de la part de l’Occident n’échappe toutefois pas à nombre d’observateurs et c’est tant mieux. Cependant, ceux-ci sont souvent et aussitôt vus comme victimes naïves de la « propagande » russe. Tout est bon pour stigmatiser la Russie.
Cela est parfaitement regrettable et n’apporte rien qui vaille tandis que tant d’appels au dialogue avec la Russie ont en même temps été lancés.
L’un d’eux date d’il y a plus d’un an et concerne la Syrie. L’autre a été émis cette année dans le cadre de la crise ukrainienne.
Puissent ces appels être entendus car la Russie n’a jamais été l’ennemie de l’Europe. Cette vision-là est insensée et mérite qu’on la combatte avant qu’il ne soit trop tard si ce ne l’est déjà. •

Quelles sont les limites à la liberté d'expression? Les religions sont-elles un richesse pour les sociétés ? Les réponses de l'historien des idées François Huguenin.
François Huguenin est historien des idées et essayiste. Il est l'auteur notamment d'une Histoire intellectuelle des droites (2013, Perrin).
La France unanime a donc défilé le 11 janvier au nom de Charlie pour défendre la liberté d'expression. Est-il utile de dire que j'ai consonné à cet instant d'unité nationale autour de la condamnation de ces actes terroristes abjects et que je me suis félicité d'entendre quelques voix courageuses oser nommer enfin le péril: l'islamisme radical. Mais je suis étonné et inquiet de voir toute une France, dont celle issue de la «diversité» est apparue bien absente, devenir supportrice d'un journal qu'elle n'avait jamais lu. La défense de la liberté d'expression semble avoir créé une épidémie de cécité par rapport aux problèmes que pose, non la liberté d'exprimer des idées, mais la manière de le faire.
Il est clair que la liberté d'expression est encadrée en France, que certains propos comme ceux qui incitent à la haine raciale sont légitimement passibles de poursuite, et qu'il n'y a pas de législation contre le blasphème. Mais la question que pose l'humour de Charlie Hebdo, que chacun appréciera selon ses critères, me semble être au-delà du juridique. Si la liberté est une valeur essentielle de notre société, conquise après bien des luttes, est-elle pour autant une valeur absolue qui serait supérieure à toutes les autres? La devise de notre République ne met-elle pas au même niveau l'égalité et la fraternité? Au nom de cette fraternité, ne peut-on pas prendre au sérieux une valeur qui n'est pas de nature à être encadrée dans des textes juridiques car elle est impossible à codifier, mais qui est inhérente à la dignité de l'homme et inscrite au cœur de chacun, celle du respect de l'autre. C'est ce qui fait d'ailleurs une large part du charme de l'existence: se lever dans le bus pour laisser s'asseoir une personne âgée, demander poliment à son voisin de baisser le son de sa musique au lieu de hurler dans l'escalier «moins fort»: tout cela n'est pas prescrit par la loi, mais rend la vie meilleure. Or, s'il est une valeur à respecter chez autrui, c'est bien sa religion. La foi d'un être humain est sans doute l'attachement le plus fort qui soit.
Elle se développe au plus intime de l'être. La moquer, la ridiculiser peut être particulièrement blessant. Elle est un choix qui engage profondément l'existence et mérite d'être respecté. Comprenons-nous bien: il ne s'agit pas de restreindre la liberté d'expression par la loi ; il s'agit que chacun soit responsable de la manière dont il dit les choses. On peut s'adonner à la critique des religions, le débat d'idées est toujours enrichissant ; l'insulte et la moquerie sont toujours blessantes et n'avancent à rien. Ne nous cachons pas derrière le droit à l'humour. On peut rire sans blesser, je pense à feu Pierre Desproges, notamment son sketch sur les Juifs. Jamais la loi ne saurait évidemment codifier cela, mais je propose une règle simple que nous pourrions chacun nous appliquer à nous-même. Et si je ne publiais que ce que je serais capable de dire à une personne que je rencontrerais en face à face? Derrière la plume, il est facile d'oublier que l'on s'adresse à des personnes vivantes qui ont des sentiments. On me dira que je discrédite de fait toute une tradition polémiste dont la littérature française s'honore: les vacheries de Saint-Simon, les imprécations de Léon Bloy. Avouerais-je que ces écrivains ne m'inspirent pas ?
Nous aurions, au contraire de ce que l'on entend ces jours-ci, intérêt à apprendre à l'école la liberté et le respect. Et notamment le respect des religions. Nous sommes soucieux de respecter les races et nous avons raison. Pourquoi ne pas respecter les religions? Derrière notre laïcité neutre se tapit un laïcisme qui n'aime pas les religions. C'est un tort. Les religions sont en effet partie intégrante de notre bien commun à tous, quelles que soient nos croyances. Dans un monde de plus en plus matérialiste et désespéré, elles apportent une respiration, une espérance, une autre manière d'envisager les questions. Elles portent en elles l'aspiration des hommes à une transcendance qui, au cœur du monde, est une affirmation de la dignité de l'homme, un refus de la marchandisation universelle, un rappel de l'existence du bien et du mal. Elles ont appris à dialoguer. Que l'islam, et pas seulement celui des terroristes, pose de sérieuses questions au regard de ces valeurs me parait évident. Il doit faire son analyse critique. Pour cela, il doit dialoguer, mais pour dialoguer il est nécessaire qu'il se sente respecté. Si j'ai pu me sentir personnellement blessé par les dessins de Charlie Hebdo sur l'Eglise catholique que j'aime comme ma mère, j'ai été dégouté par les trop fameuses caricatures de Mahomet. Un trait de plume mérite-t-il que l'on blesse des milliers de personnes? Ce n'est pas une question de droit, mais de morale. Elle ne peut être imposée à quiconque, mais chacun peut y réfléchir. C'est aussi une question de paix. Le non-respect des croyances est une manière de dresser les uns contre les autres, les rieurs et les indifférents contre les humiliés. La paix est de tous nos biens communs le plus essentiel, écrivait saint Augustin dans La Cité de Dieu. Le respect mutuel est un des socles de la paix. Nous ferions bien de ne pas l'oublier. •
FIGAROVOX/OPINION

"Se souvenir de Louis XVI, c’est faire un acte de résistance citoyenne capital, en ces temps d’oubli, puisqu’il s’agit de marquer un refus, celui de l’amnésie. Il s’agit de rétablir un fil faussement tranché dans l’esprit général, et de montrer à tous l’unité de l’histoire de la nation française."
Ces lignes sont extraites du texte de Gabriel Privat "Pourquoi se souvenir de la mort de Louis XVI ?" que nous avons publié hier.
Des dizaines de messes, à Paris, autour du comte de Paris, dans toutes les grandes villes de France, et dans de nombreuses autres, mais aussi des rencontres, des conférences, des colloques se sont tenus. Nous en avons diffusé, ces jours derniers, la très longue liste.
Nous en rendrons compte dans les jours qui viennent. •