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Pour en finir avec ceux qui veulent en finir avec Maurras : réponse à un Dieu le père de seconde zone, qui a fait un Jugement dernier sans coeur, et sans esprit....

        C'est vraiment par le plus grand des hasards, en faisant des recherches pour un prochain Album sur Maurras poète - et juste après avoir répondu à Alain-Gérard Slama - que nous sommes tombés sur un texte haineux contre Maurras, à qui l'auteur (?) promet le néant et l'oubli du tombeau.

        Ceux qui le souhaitent pourront lire cette prose ici : bien que consternante, il faut bien citer ses sources.... Le titre du texte est à lui seul révélateur : Pour en finir avec Charles Maurras !... :

        On y verra que, prenant prétexte de la légèreté et de l'insignifiance du Mar e lono de Maurras, l'auteur conclut à la nullité de l'ensemble de l'oeuvre de Maurras ! C'est un peu rapide, et un peu léger...

        Au risque d'en surprendre quelques uns, nous admettons tout à fait qu'effectivement Mar e lono (sorte de recueil dans lequel Maurras a réuni ses productions en provençal) n'est certes ni le meilleur ouvrage de lui, ni un ouvrage en quoi que ce soit impérissable. De là à en tirer la conclusion (?) qu'en tire ce monsieur !.....

         Qu'une part de l'oeuvre de Maurras ait effectivement fait naufrage - ou, dans le cas de ce fameux Mar e lono, ne soit pas à la hauteur du reste - n'est-ce pas le cas commun à tous les écrivains ? Qui lit aujourd'hui le théâtre de Voltaire, ou le Moïse de Chateaubriand ? Et qui affirmerait que la Henriade vaut les Contes ou que Moïse vaut les Mémoires d'Outre-Tombe ? Peut-on déduire de la faiblesse d'un livre que c'est tout un auteur - en l'occurence tout Maurras - qui a disparu, et à bon droit ?

          Mais il y a plus, et c'est la raison pour laquelle nous nous sommes arrêtés sur la prose de ce monsieur : in cauda venenum, notre auteur noie tout cela dans le reproche qu'il croit suprême : Maurras est un antisémite, un collabo (tant qu'on y est, on fait bon poids !...), c'est donc une bonne chose qu'il ait disparu.

        Mais, dira-t-on, répondre à un tel flot de bêtise(s) et de méchanceté(s), cela n'est-il pas perdre son temps ? D'une certaine façon, oui, bien sûr, mais en même temps, on ne peut pas - et on ne doit pas... - toujours tout laisser passer...

       On va donc répondre, une deuxième fois, quand même, mais assez rapidement - car on a mieux à faire...- et d'une façon peut-être un peu originale. On se contentera d'éclairer la lanterne de ce pauvre monsieur en lui rappelant quelques perles, qu'il semble ignorer.....

          Et en lui demandant juste si, lui, censeur impitoyable de Maurras, et qui ne lui passe rien, au mot près, à la virgule près; si, lui, donc, est aussi sévère avec les personnes dont nous lui communiquons quelques pensées ci-après ? Condamne-t-il avec la même fermeté et du même mouvement Jules Ferry, Léon Blum, Jean Jaurès, Voltaire ? Et comment pourra-t-il nous expliquer, lui qui est si sourcilleux vis à vis de Maurras, que la république idéologique, le Système, ait mis Voltaire au Panthéon ?...

                Contentons-nous donc, pour faire court, de mettre en évidence les contradictions de celles et ceux qui, comme notre censeur impitoyable - mais impitoyable envers Maurras seul... - prétendraient rejeter avec horreur un antisémite, alors qu'ils acceptent sans broncher... très largement pire !

               Petit florilège :

            I : de Jules Ferry : "Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis à vis des races inférieures....parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont un devoir de civiliser les races inférieures." (Jules Ferry, devant l’Assemblée nationale, le 28 juillet 1885).

            II : de Léon Blum : "Nous admettons qu’il peut y avoir non seulement un droit, mais un devoir de ce qu’on appelle les races supérieures, revendiquant quelquefois pour elles un privilège quelque peu indu, d’attirer à elles les races qui ne sont pas parvenues au même degré de culture et de civilisation. (Léon Blum, discours devant l’Assemblée nationale sur le budget des colonies, 9 juillet 1925).

            III : de Jean Jaurès : "...la France a d'autant le droit de prolonger au Maroc son action économique et morale qu'en dehors de toute entreprise, de toute violence militaire, la Civilisation qu'elle représente en Afrique auprès des indigènes est certainement supérieure à l'état présent du régime marocain." (Jean Jaurès, Discours à la Chambre des Députés, 1903).

           IV : de Voltaire : (a) "C'est à regret que je parle des Juifs : cette nation est, à bien des égards, la plus détestable qui ait jamais souillé la terre". (Voltaire, Article "Tolérance" du Dictionnaire philosophique. Il appelle ailleurs les juifs  "...ces ennemis du genre humain...", un "peuple barbare, superstitieux, ignorant, absurde", et un "peuple ignorant et barbare, qui joint depuis longtemps la plus sordide avarice à la plus détestable superstition et à la plus invincible haine pour tous les peuples qui les tolèrent et qui les enrichissent...", rejoignant, dans ses excès, le baron d'Holbach ( "...ce peuple de brigands et de tueurs...").

                Léon Poliakov, dans le tome III de son Histoire de l'Antisémitisme, fait de Voltaire "le pire antisémite français du XVIIIème siècle". Il est pourtant enterré au Panthéon ! Roland Desné le défend, mais mal et malhonnêtement : "Ce n'est pas parce que certaines  phrases de Voltaire nous font mal que nous devrions le confondre dans la tourbe du persécuteur". Ah, bon ? Pareil pour Maurras, alors ? Sinon, pourquoi deux poids et deux mesures ?

                On opposera juste à ces jugements peu amènes cette simple citation de Maurras, qui se passe de tout commentaire : " L'antisémitisme est un mal si l'on entend par là cet antisémitisme de "peau" qui aboutit au pogrom et qui refuse de considérer dans le Juif une créature humaine pétrie de bien et de mal, dans laquelle le bien peut dominer. On ne me fera pas démordre d'une amitié naturelle pour les Juifs bien nés."

                Furieux antisémite, Voltaire sait aussi se montrer raciste enthousiaste, et partisan de l’esclavage des Africains…

        IV (b) : "Nous n'achetons des esclaves domestiques que chez les nègres. On nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l'acheteur. Ce négoce démontre notre supériorité. Celui qui se donne un maître était né pour en avoir". (Voltaire, Essai sur les moeurs et l'esprit des nations, 1756).

         IV (c) :  "Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d'hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu'ils ne doivent point cette différence à leur climat, c'est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce." (Voltaire, Essai sur les mœurs et l'esprit des nations, 1756).

         IV (d) : "Il n'est permis qu'à un aveugle de douter que les blancs, les nègres, les albinos, les Hottentots, les Lapons, les Chinois, les Amériques ne soient des races entièrement différentes..." (Essai sur les moeurs et l'esprit des nations, 1756).

         On notera juste - comme le fait remarquer avec pertinence le site Hérodote.net -qu'en croyant constater l'existence de "races entièrement différentes", Voltaire prend ici le contrepied du christianisme qui, depuis Saint Paul, n'a de cessé de proclamer l'unité de la condition humaine. Il rompt avec ses prédécesseurs en pensée, généralement indifférents au concept de race. Il annonce aussi les théories scientistes du XIXe siècle qui, libérées du poids de la religion, assimilent les hommes à une espèce parmi d'autres....

          IV (e) : Et que dire de l'opinion qu'a Voltaire du "peuple" ! Ah, si c'était Maurras qui avait écrit les quelques mots suivants, que ne hurlerait pas notre bon monsieur X ?.....

           "Il me paraît essentiel qu'il y ait des gueux ignorants..." (lettre du 1er avril 1766). De même écrit-il en mars 1766 : "Il est à propos que le peuple soit guidé et non pas qu'il soit instruit". Dans une autre lettre, en 1769, il estime que lui suffisent "un joug, un aiguillon et du foin".

          En toute logique, on doit s'attendre à ce que la personne qui veut en finir avec Charles Maurras veuille donc, aussi en finir avec Jean Jaurès, Léon Blum, Jules Ferry et, surtout, Voltaire ?

          Sinon, redisons-le, pourquoi donc y aurait-il deux poids et deux mesures ?...

Commentaires

  • Si les fréquentations de M. Slama vous interessent, vous devriez visionner cette vidée :

    Manifestation contre « Le Siècle » (Vidéo)
    Par Eric | Publié : 26 novembre 2010

    Pour vivre heureuse, la nomenklatura hexagonale préfère vivre cachée. C’était sans compter avec les 300 manifestants qui ont perturbé le dîner de son club, le Siècle, pour la deuxième fois consécutive, dans la soirée du mercredi 24 novembre, devant les somptueux locaux de l’Automobile Club de France (l’AFC).

    (Vidéo de la manifestation du 27 octobre dernier)

    http://www.fdesouche.com/153562-les-bafreurs-du-siecle-sont-sur-la-sellette

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