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Les matérialismes s'effondrent, les nuées se sont transformées en cauchemar... Mais le Pape trace la voie...

           Le moins que l’on puisse dire est que le voyage en France du pape Benoît XVI ne se situe, à aucun égard, dans un contexte national et international apaisé. D’aucuns prédisaient, il n’y a pas si longtemps, la fin de l’Histoire et une planète de consommateurs repus et satisfaits, sans conflits dignes de ce nom.

           Qu’auraient à y faire, à y dire, les grandes religions du monde, l’Eglise Catholique en particulier, si ce n’est d’y dispenser des paroles douces, lénifiantes et sans portée ?

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            Ce n’est pas, apparemment, ce qui c’est passé. Car le sort des idéologues est bien toujours le même. C’est Saint-Just qui l’exprime le mieux lorsqu’il dit à peu près, évoquant la Terreur et la guerre qui furent les conséquences directes de la Révolution : « il s’est produit des choses que nous n’avions pas prévues ».  Mais il se produit toujours des choses que l’idéologie empêche d’envisager !

            Il arrive même l'inverse de ce qui était communément prévu : le capitalisme (plus ou moins) libéral, qui est aujourd'hui planétaire, n'est pas exempt, comme il est naturel, de crises et de conflits d'intérêts lourds de conséquences; l'évolution exponentielle des technologies et l'explosion démographique du monde, en particulier de pays longtemps endormis, colonisés ou dominés par l'Occident, rend prévisibles, dans un avenir qui n'est peut-être pas si lointain, d'âpres luttes pour les ressources de tous ordres, énergétiques  mais aussi, à terme, tout simplement pour les matières premières et pour la nourriture, consommées et souvent gaspillées, comme jamais dans l'histoire des hommes; enfin, le monde, qui, en effet, s'est largement uniformisé, s'est simultanément durci dans ses réalités nationales, mais aussi ethniques, religieuses, communautaristes. Terrorisme, montée des fanatismes, dictatures, résurgence des nationalités : ce sont des mots courants aujourd'hui. Pour la première fois depuis longtemps, des bruits de bottes d'une certaine gravité e font entendre en Europe même..... Et, ces temps derniers, les diplomates, expression ultime, ont prononcé le mot "guerre" à plusieurs reprises. Le tout, au moins en Occident, dans un effondrement sans précédent de toutes les "valeurs", de tous les repères, de toutes les structures sociales, des moeurs et de la culture... Bref, une situation de "dé-civilisation", peut-être sans précédent.

            Dans l' "Avenir de l'Intelligence", paru en 1901, Maurras avait, le premier, annoncé cet "âge de fer"où nous sommes sans doute entrés, peut-être pour longtemps. Alain Finkielkraut le nomme "Défaite de la Pensée".Mais le constat est le même. Alexandre Soljénitsyne et Jean-paul II, après avoir combattu le communisme, ont l'un et l'autre dénoncé le "grand bazar"mercantile et matérialiste du monde post soviétique. Mêmes analyses aussi chez Georges Steiner et Jean-François Mattéi, qui a publié "La Barbarie intérieure. Essai sur l'immonde moderne" et "Le Regard vide. Essai sur l'épuisement de la culture européenne". Mistral, poète et visionnaire, dans l' "Ode à la Race Latine", utilise une curieuse formule lorsqu'il dit, parlant de la "langue mère" des nations latines que les "bouches humaines" la rediront "tant que le verbe aura raison". Devait-il venir un temps où le Verbe n'aurait plus raison ?

          Les religions peuvent se constituer en fanatismes. Peut-être, en d'autres temps, telle ou telle période ou partie de l'histoire chrétienne ont-elles versé dans cette déviation. Mais les deux derniers siècles nous ont appris que les idéologies rationalistes, purement humaines, peuvent produire des horreurs d'une tout autre ampleur, et sans que rien ne les limite.

          Ce sont, sans doute, des paroles fort différentes de celles que le peuple français est accoutumé à entendre, des paroles de haute sagesse, que Benoît XVI va prononcer en France, des paroles de paix et de fraternité vraie, car, Alexandre Soljénytsine le rappelait, en 1993, dans son discours aux Lucs sur Boulogne, en Vendée, parlant de la devise de notre République, "Liberté, Egalité, Fraternité" : "Ce n'est qu'un aventureux ajout au slogan, et ce ne sont pas des dispositions sociales qui peuvent faire la véritable fraternité. Elle est d'ordre spirituel".  

          A bien y regarder, et nous aurons à y revenir, il n'y a plus guère que le Pape, que l'Eglise Catholique, à tenir tête, héroïquement, au "bazar" qu'est le monde moderne, et à tracer, pour l'humanité toute entière, une autre voie que celles, avilissantes, du matérialisme sanglant des révolutions, ou du libéralisme doux de ce que nous nommons encore, par une singulière inconscience, le "monde occidental".                                 

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