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LAFAUTEAROUSSEAU - Page 1645

  • 17 août 1914 ... "Vive la sociale !" et "A bas la guerre !"

    I-Moyenne-2495-dom-besse--un-benedictin-monarchiste_net copie.jpgDom Besse revient de Poitiers. Il a été témoin de quelques incidents : des hommes qui criaient : "Vive la sociale !" et : "A bas la guerre !". Mais c'étaient toujours des isolés. Une fois dans le rang, plus un mot... Est-ce que Liebknecht, qu'on disait fusillé pour avoir refusé d'obéir à son ordre de mobilisation, n'a pas, aux dernières nouvelles, pris le sac et le fusil comme le recommandait Bebel, le vieux compagnon de luttes de son père ?...

    La grande émotion de la guerre a déterminé aussi un mouvement de piété. Les hommes demandent des prêtres et leurs officiers vont en réclamer à l'archevêché. Un capitaine se désolait parce que, dans sa compagnie, il n'avait qu'un diacre, et un diacre ne peut pas donner l'absolution. Dom Besse a vu des soldats qui se confessaient en pleine rue. Personne ne songeait à s'en étonner, encore moins à rire...

    Rencontré André Bonnier sur le Pont Royal. Il a été mobilisé par erreur et renvoyé "dans ses foyers". Il ne garde aucune amertume d'un impair des bureaux qui l'a fait voyager durement et par trente degré de chaleur de Paris à Argentan et retour, - pour rien.

    - N'ébruitez pas la chose, me dit-il. Nous étions cinquante réservistes de la territoriale dans mon cas sur vingt mille hommes appelés à Argentan. L'autorité militaire peut se tromper de cela !

    C'est le plus délicat des lettrés, des Parisiens et des sédentaires qui parle ainsi.

    Nous nous sommes quittés sur un "Qui l'eût cru ? Qui l'eût dit ?", en nous félicitant des nouvelles de la guerre qui nous sont toujours favorables. Il semble qu'en quelques jours la rive gauche du Rhin doive tomber en notre pouvoir... L'air s'est subitement rafraîchi et chacun pense à nos soldats qui n'auront pas à se battre aujourd'hui sous un ciel de feu.

    La rareté ou l'absence des nouvelles est une dure école et enseigne au public que la guerre est une chose sérieuse. Beaucoup de lettres de combattants n'arrivent qu'avec le timbre de Paris. Les officiers ont donné leur parole d'honneur de ne pas révéler même à leurs parents les plus chers, à leur ami le plus intime, le nom de l'endroit où ils se trouvent. On a supprimé de l'esprit du "monsieur qui passe" et qui achète tous les journaux que l'on crie sans y trouver autre chose que le communiqué officiel, l'idée qu'il a le droit d'être renseigné, comme le monsieur qui a payé son fauteuil d'orchestre a droit au spectacle. Le non-combattant n'est plus rien. Il le sent et se tait.  

    Un régiment de chasseurs à cheval a pris part au beau succès par lequel deux divisions allemandes ont été bousculées à Dinant. Georges L... en était-il ? Sa mère elle-même l'ignore. Il faut vivre dans ces perplexités et se plier à cette discipline.   

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  • IMAGES DU CAMP MAXIME REAL DEL SARTE ET UNIVERSITE D'ETE D'ACTION FRANCAISE

    Le camp Maxime Real del Sarte s'est tenu au château d'Ailly, dans le pays roannais, du 10 au 17 août et se termine donc aujourd'hui.

    Que plus d'une centaine de jeunes, venus de différents coins de France, se soient réunis une bonne semaine pour travailler, étudier, réfléchir et tisser entre eux ces liens de camaraderie et d'amitié vraie qui fonderont leur action politique future, dans l'esprit et la tradition de l'Action française, ne devrait pas laisser indifférents les Français que l'avenir de leur pays préoccupe et inquiète; tous ceux qui lisent ce blog; et, a fortiori, ceux d'entre eux qui, eux aussi, sont d'Action française.

    C'est la troisième fois que ce camp se tient au château d'Ailly et le mérite en revient aux dirigeants du Centre Royaliste d'Action Française (Olivier Perceval, François Bel-Ker ...); aux personnalités qui l'animent et y interviennent; aux différents groupes de Paris et de province qui s'y sont joints; aux jeunes eux-mêmes qui ont décidé d'y prendre part.

    Etudes et camaraderie : telle est, de longue date, la tradition de ces camps et les plus anciens doivent savoir qu'elle est maintenue.

    Deux images, typiques de ces moments d'une journée du camp, nous ont été transmises par l'un des participants. Nous le remercions, d'ailleurs, cordialement. 

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    Repas de midi, le vendredi 15 août    

     

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    Après-midi d'étude du même jour, remarquablement animée par Stéphane Blanchonnet, Philippe Mesnard, Frédéric Rouvillois, Marion Sigaut et Pierre de la Coste

     

  • Rire ou sourire un peu ... Même s'il n'y a pas vraiment de quoi

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    Jean Hin, Valeurs actuelles

  • Pour saluer Philippe de Villiers !

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    Deux phrases-clés de Philippe de Villiers, dans un entretien donné au Figaro magazine (8-9 août 2014); deux phrases-clés avec lesquelles nous sommes, bien-sûr, en sympathie. Les voici :

    " Poutine ne veut pas des femen et de l'OTAN ? Comme on le comprend ! "

    et

    " Le monde politique est un cloaque fétide et répugnant. "

    Comme on le comprend !

    Les deux derniers ouvrages parus :

    = Le Roman de Charette, Albin Michel,‎ 2012, 22 cm, 474 p.- Prix Jean Ferré 2013, prix du Cercle de la mer 2013.

    = Le Roman de Saint Louis, Albin Michel,‎ 2013, 22 cm, 520 p.

     

    Photo Stéphane Lavoué

  • 16 août 1914 ... La grande guerre des nations !

    Anatole_France,_par_T_A__Steinlein.jpgLe Dr D... qui a quatre galons et qui a l'air d'avoir porté toute sa vie son uniforme de major, soigne à l'hôpital Saint Martin un des premiers blessés de la guerre : un capitaine de cuirassiers, d'une vieille famille parisienne, frère du curé de la Madeleine. Tombé sur le champ de bataille (près de Mézières), il a vu un de ses sous-lieutenants blessés achevé et dépouillé par les soldats allemands. Après ces récits d'horreur, les plus réservés, les plus décents dans leur langage retiennent à peine le cri qui est celui de la rue parisienne depuis quinze jours : "Ah ! les c... ! Ah ! les sales Boches !" Le mot "boches", pour désigner les Allemands, un mot dévié de l'argot, a fait une fortune inouïe en quelques jours.

    Dîner, grave, chez les M... La maîtresse de la maison observe qu'on se fait à l'idée de la guerre. La grosse émotion des premiers jours se calme, et ceux qui ne sont pas partis continuent l'existence : le sang-froid de la nation est admirable... On parle de la Révolte des Anges, le livre inactuel par excellence et qui a paru six semaines avant la guerre...

    Louis C..., avec sa finesse, observe que ce livre est une sorte de comprimé du Paradis perdu de Milton, de la Chute d'un ange de Lamartine, des Questions de Zapata et du Supplément au voyage de Bougainville. L'avenir dira : "Voilà à quoi s'amusait l'un des hommes le plus intelligents de son temps six mois avant la grande guerre des nations !" 

    Si encore, comme Hegel et Goethe au moment d'Iéna, France était indifférent au sort des peuples ! Mais son livre est bourré d'allusions à la politique, d'ironie aux dépens de l'état militaire et du corps des officiers... Son scepticisme, après la guerre, aura besoin d'un sérieux rétablissement sur les poignets. Tout vieux qu'il est, Anatole France est de force à le réussir. Son beau génie latin est toujours vivant. Moins que jamais en ce moment on ne saurait oublier que, comme l'a dit tant de fois Maurras, Anatole France nous aura appris ou réappris à tous à écrire en français. 

     

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  • 15 Août 2014

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    « C’est elle qu’on voit de la mer, première et dernière sur son sommet tout de lumière ourlé de bleu, dominant sa Provence grecque qui sait ou ne sait plus qu’elle l’est, mais le reste. Qui manquera, croyant ou non, de monter à la Bonne Mère ? »  Marie Mauron

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    Ce 15 août 2014, à l'occasion des fêtes de son huitième centenaire, la Messe de l'Assomption sera "captée" à Notre-Dame-de-la-Garde, à Marseille, pour l'émission "Le Jour du Seigneur", et diffusée dans six pays...

  • 15 août 1914 ... Impressions des premiers jours de la mobilisation dans le Nord

    L'ASSA~1.JPGLongue lettre de G..., parti avec sa batterie pour la grande bataille de Belgique. Je transcris ces impressions des premiers jours de la mobilisation dans le Nord.

    "Mardi, troisième jour de la mobilisation. Reçu réservistes. Habillement. Bien des choses manquent : résultat des économies idiotes faites il y a quatre ans. Mais tout le monde a l'indispensable, un caleçon au lieu de deux, pas de bretelles. Il est vrai qu'ils s'en passent dans la vie civile. Au total, très bon esprit. Quant à la tenue, elle va se perfectionner.

    Mercredi. - Réunion des capitaines par chefs d'escadrons. Tout le monde se plaint sauf moi.

    Jeudi. - Je m'impatiente. Chevaux, harnachement, matériel à percevoir. Mes hommes aussi sentent que cela ne va pas vite...

    Vendredi. - J'espère embarquer dimanche. Si j'ai encore huit jours avant la bataille, je suis sûr de faire de bon ouvrage. Je ne craindrai aucune batterie et mon chef d'escadron le sait. Pourvu seulement qu'on nous laisse saigner l'Allemagne !... 

    Mes hommes hier n'étaient pas contents. Le bruit court que 4.000 Allemands ont été tués, 5.000 faits prisonniers. Ils ont peur qu'il n'en reste plus. Ils promettent tous des chapelets d'oreilles de Prussiens : j'ai quelques Marocains qui sont pour quelque chose dans cet état d'esprit.

    Jusqu'ici la mobilisation semble s'opérer très régulièrement. Encore quatre ou cinq jours et nous sommes sauvés..."

    Brave ami ! Il laisse une femme et une petite fille de douze jours qu'il n'a fait qu'entrevoir et embrasser entre deux trains !...

    Si les appelés sont bien partis et si l'état d'esprit général est très bon, c'est qu'en peu de jours on a remonté un dur courant. Le jeune X... me dit que, dans le village de Seine-et-Marne où il passe ses vacances, le premier mouvement, à l'annonce de la guerre, a été d'accuser le président Poincaré de tout le mal. Un journal de province, le Briard, je crois, menait depuis deux ans et plus grossièrement que les journaux radicaux et socialistes de Paris une campagne contre la Présidence. Le Briard ayant cessé de paraître, tout s'est calmé.

    C'est en spéculant sur notre anarchie que l'Allemagne nous a déclaré la guerre. "Quelle désillusion !" se serait écrié ces jours-ci un officier allemand prisonnier qui s'attendait à trouver la France à feu et à sang. Comme Capus l'observe dans Le Figaro, c'est la fable de notre La Fontaine : "Biaux chires loups, n'écoutez mie..." Les Allemands ont trop écouté nos discordes civiles et n'ont pas assez médité le mot de l'archiduc François-Ferdinand, celui dont l'assassinat a été le principe ou le prétexte de cette guerre : "Avec les Français, on ne comprend jamais tout à fait." 

     

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  • Mieux qu'un parti, une famille! La famille royale de France

     La famille Royale de France

  • Racines chrétiennes de la France : demain, 15 Août (comme pour Noël et le jour de Pâques) pas de notes sur lafautearousseau ...

    ASSOMPTION 1.jpg...à l'exception des Ephémérides. Nous publions ces trois jours-là trois documents de qualité illustrant Pâques, l'Assomption, la Noël, manifestant par cette "pause" que tous les jours de l'année ne se ressemblent pas; et qu'il est nécessaire, au moins trois fois par an, de manifester publiquement que nous savons qui nous sommes, ce que nous sommes et d'où nous venons :

    "Pour moi, l’histoire de France commence avec Clovis, choisi comme roi de France par la tribu des Francs, qui donnèrent leur nom à la France. Avant Clovis, nous avons la préhistoire gallo-romaine et gauloise. L’élément décisif pour moi, c’est que Clovis fut le premier roi à être baptisé chrétien. Mon pays est un pays chrétien et je commence à compter l’histoire de France à partir de l’accession d’un roi chrétien qui porte le nom des Francs... C'est très bien qu'il y ait des Français jaunes, des Français noirs, des Français bruns. Ils montrent que la France est ouverte à toutes les races et qu'elle a une vocation universelle. Mais à condition qu'ils restent une petite minorité. Sinon la France ne serait plus la France. Nous sommes quand même avant tout un peuple européen de race blanche, de culture grecque et latine, et de religion chrétienne..." (Charles de Gaulle) 

  • La Dizaine de Magistro

    magistro nouveau.jpgPar-delà le discours dit de droite, dit de gauche ou d'ailleurs, l'essentiel touche aux fondamentaux... un choix de civilisation ! 

    MAGISTRO, une tribune libre et indépendante d'information civique et politique, en ligne depuis 2008 :  http://www.magistro.fr   

     


    = Marc DUGOIS, Avocat : La science économique ne rendrait-elle pas aveugle ?
    =  Michel MAFFESOLI, Professeur de sociologie (La Sorbonne) : Du bonheur
    =  Sophie de MENTHON, Présidente d'ETHIC : Après la grève, le congé de sortie de grève
    =  Charles GAVE, Président fondateur de l'Institut des libertés : Une loi contre la pluie !
    =  François JOURDIER, Officier, contre amiral : De minimis non curat pretor
    =  Jacques BICHOT, Professeur émérite à l'Université Lyon 3 : Une nouvelle mesure dirigiste : la prestation partagée d'éducation de l'enfant
    =  Sophie de MENTHON, Présidente d'ETHIC : Une Administration professionnelle !
    =  Malika SOREL-SUTTER, Ancien membre du Collège du Haut Conseil à l'Intégration :   Restaurer l'ETAT de droit
    =  Gérard-François DUMONT, Professeur d'université à la Sorbonne : Réforme territoriale et économie ?
    =  Bertrand de LA PRESLE, Officier, général d'armée (2S) : Exposition photographique "Merci" sur les Champs-Elysées
    =  Jean-Luc BASLE, Economiste : Vol MH 17 : ... et la présomption d'innocence ?
    =  Jean SALVAN, Officier, général de corps d'armée (2S) : La Palestine ? Quel gâchis !

     

  • Question du jour : les autorités religieuses chrétiennes sont-elles lucides, cohérentes, en matière d'immigration ? La réponse est non

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    Interrogée par le Figaro magazine (25-26 juillet) Malika Sorel-Sutter*, « l’une de nos plus brillantes analystes de l’immigration et de l’intégration », apporte une réponse qui a retenu notre attention. Ce dialogue - sur le point précis auquel nous nous attachons ici - est le suivant :

    « Les autorités religieuses chrétiennes sont-elles lucides à cet égard ?

    Pas vraiment. Je suis d'ailleurs choquée par l’injustice que le pape commet lorsqu’il culpabilise les Européens en les accusant d'égoïsme et en leur demandant d’accueillir davantage de pauvres, oubliant que les Européens ont beaucoup fait. Il se focalise sur la souffrance des corps et néglige la souffrance morale de ceux qui fuient leur patrie. Il oublie que les migrants sont aussi pourvus d'une spiritualité, que l’épreuve de l’exil les poussera à reconstituer leur communauté spirituelle sitôt qu'ils se trouveront en nombre suffisant sur la terre d'exil. La compassion du pape participe malheureusement à desservir la paix sur le long terme. »

    Nous sommes d’accord avec cette appréciation que nous avons, nous-mêmes, exprimée en plusieurs occasions.

    En outre, n’est-il pas contradictoire de défendre les Chrétiens du Moyen-Orient contre le fanatisme d’un certain Islam, comme l’a fait, récemment, la délégation de prélats français emmenée par la Cardinal Barbarin au Kurdistan irakien, et, d’autre part, de prêcher, en France, l’accueil d’un nombre toujours plus grand d’immigrés ? Faudra-t-il un jour, que ces mêmes prélats aient à défendre, les Chrétiens de France contre une poussée islamiste, intérieure, cette fois-ci ? Et même - avant qu'il ne soit trop tard : ne serait-il pas temps d’y penser ?  

    Par cette incohérence dangereuse, l’Eglise de France, elle aussi, à son niveau, « participe malheureusement à desservir la paix sur le long terme ».

    Il n’est pas agréable de devoir le dire. Mais il n’est pas interdit d’être lucides.

    Lafautearousseau

     

  • 13 août 1914 ... Paris n'est plus qu'une cité de femmes

    2439981939.jpgParis n'est plus qu'une cité de femmes, mais où Lysistrata, loin de le retenir, exhorte "son homme" à se bien battre et à vaincre. Le seul péril, c'est que cet héroïsme féminin ne revête quelque jour une autre apparence et que Lysistrata ne s'arme d'un bidon de pétrole. On me dit que le maire d'une grosse agglomération suburbaine de 50.000 habitants voit croître le danger tous les jours et s'attend à être fusillé, ou plutôt écharpé, si les femmes et les enfants, d'ici peu, ne reçoivent pas de nourriture.  

    Fait un tour à Montmartre, le matin. Aspect sinistre des bastringues. La bohême galante a pris un aspect sordide. Dans les cafés, des filles hâves qui semblent n'avoir plus d'autre domicile pour être déjà là à l'heure où elles se couchent. La guerre a surtout désorganisé le plaisir et mortellement blessé le vice. On n'entend dire nulle part que les appelés aient passé en orgies leurs derniers jours...

    Sur une boutique d' "ameublements" du boulevard de Clichy, on lit en grosses lettre à la craie : "Je part pour la guerre. Vive la France. X..." Si je part est fautif, je part pour est louable. Ce mépris de l'orthographe, et cet instinct de la syntaxe, c'est tout le Français. Le marchand de meubles du boulevard de Clichy se battra comme il écrit : pas tout à fait dans les règles, mais avec quel sentiment du combat !

    Illustration, Auguste Chabaud

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  • 12 août 1914 ... C'est avec les tripes des pauvres b... qu'on fait la guerre !

    cp_001.jpgQuel silence ! Les journaux sont pour ainsi dire sans nouvelles. Les renseignements oraux sont invérifiables. Om me dit que le général Joffre a transporté son quartier général à Mézières. Tout fait pressentir que la poussée allemande se fera par le Nord, non par l'Est, qu'une formidable bataille va se livrer dans ces Flandres où le sort de la France s'est si souvent décidé... Bouvines, Azincourt, Rocroy, Denain, Fontenoy, Fleurus, Waterloo... Comment s'appellera la rencontre de demain ?...

    Je suis poursuivi par ce mot d'un jeune officier qu'on me répétait ces jours-ci :

    "La guerre moderne obéit à des lois telles que la préparation et l'organisation  y rendent inutile le génie lui-même."

    Le 1er août, à la gare Saint-Lazare, comme je causais avec des mobilisés, je leur disais que le commandement était plein de confiance. L'un d'eux, un mécanicien, je pense, un ouvrier de première classe, en tout cas, me répondit brutalement :

    -"Oh ! les chefs !... les chefs !... C'est avec les tripes des pauvres b... qu'on fait la guerre !

    Ce mot du jeune officier intellectuel et celui de l'ouvrier parisien se rejoignent. Est-ce qu'ils ne se rejoindraient pas dans la philosophie de Bergson, celle qui subordonne l'intervention de la raison et le rôle de l'intelligence ? 

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  • France, mère des arts, des armes et des lois

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     France, mère des arts, des armes et des lois,
    Tu m'as nourri longtemps du lait de ta mamelle :
    Ores, comme un agneau qui sa nourrice appelle,
    Je remplis de ton nom les antres et les bois.

    Si tu m'as pour enfant avoué quelquefois,
    Que ne me réponds-tu maintenant, ô cruelle ?
    France, France, réponds à ma triste querelle.
    Mais nul, sinon Écho, ne répond à ma voix.

    Entre les loups cruels j'erre parmi la plaine,
    Je sens venir l'hiver, de qui la froide haleine
    D'une tremblante horreur fait hérisser ma peau.

    Las, tes autres agneaux n'ont faute de pâture,
    Ils ne craignent le loup, le vent ni la froidure :
    Si ne suis-je pourtant le pire du troupeau.

    Johachim Du Bellay, Les Regrets, Paris, 1558