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Lire Jacques Bainville - Page 4

  • Lire Jacques Bainville... (IX) : Brissot la guerre....

    (De Jacques Bainville, Lectures, Fayard, pages 147 à 150).

     

    brissot        La seule chose qui rende supportable les récits de la Révolution, c’est qu’on peut dire à la plupart des imbéciles et des scélérats qui ont coopéré aux actes révolutionnaires : «Toi non plus tu n’en as pas pour longtemps ». L’Ecclésiaste se plaignait de l’immense impunité qui règne sur la terre. La Révolution est le seul exemple du châtiment qui suit la faute sans délai. Lorsque le jour de la condamnation de Louis XVI, le garde du corps Pâris assassina le conventionnel Lepeletier Saint Fargeau, aristocrate ou grand bourgeois qui venait de voter la mort, il sacrifiait inutilement sa propre vie. Lepeletier, avec cent de ses camarades régicides, était déjà promis lui-même à la guillotine. 

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  • Lire Jacques Bainville...(VIII) : L'assassinat de Jaurès : Bainville n'était pas loin...

    31 juillet 1914 : Assassinat de Jean Jaurès...

    De Jacques Bainville, Journal inédit 1914, pages 8/9/10 :

     

    jaurès"...Ce jour-là, à 9h45, comme je venais d'être informé que les Allemands avaient fait sauter les ponts et coupé les voies entre Metz et la frontière, je m'étais rendu au Télégraphe de la Bourse. Je sortais du bureau déjà encombré et bruissant, lorsqu'un homme dit rapidement en passant près de moi :
    - Il se passe quelque chose de très grave : Jaurès vient d'être assassiné.
    - Où, et quand , demandais-je à l'inconnu.
    - Au Café du Croissant , il n'y a pas dix minutes.

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  • Lire Jacques Bainville...(VII) : "Ce Péguy !..."

    5 septembre 1914 : Mort de Charles Péguy

    De Jacques Bainville, Journal, 1914, pages 93/94, note du 20 septembre :

     

    péguy           "Nous avons appris presque en même temps la mort héroïque au champ d'honneur de Charles Péguy et la destruction de la cathédrale de Reims.

               Ce Péguy !

               Il était avant-hier une éspèce de dreyfusard tout à fait vulgaire, un professeur radical-socialiste qui faisait une littérature forcenée. Il ressemblait à Jean-Jacques Rousseau par l'inssociabilité, par la farouche vertu.

               Et puis la mystique du nationalisme l'avait saisi. Il s'était retrouvé paysan de France, tout près de la terre, de la glèbe, du sillon. Cet universitaire s'était mis à vénérer Sainte Geneviève et Sainte Jeanne d'Arc avec la ferveur et la simplicité d'un homme du Moyen-Âge. Il était devenu un des mainteneurs et un des exalteurs de la tradition. Il a été de ce mouvement profond, de ce mouvement de l'instinct qui, dans les mois qui ont précédé la guerre, a replié les français sur eux-mêmes, à conduit l'élite intellectuelle et morale de la nation à des méditations, souvent d'un caractère religieux, sur les origines et l'histoire de la nation...

               Chose étrange que Péguy soit mort d'une balle au front au moment où commençait à brûler la cathédrale où Jeanne d'Arc, pour le sacre de Charles VII, avait mené son oriflamme à l'honneur.

               La guerre de 1914 a fait de beaux symboles. Péguy aura dans notre histoire littéraire et nationale la place de ces poètes soldats de l'Allemagne d'il y a cent ans qui tombaient dans la guerre d'indépendance...."

    peguy mort.jpg
    A Villeroy, où tomba Charles Péguy.....
  • Lire Jacques Bainville...(V) : Hommage de Jacques Bainville à Charles Maurras

             Timon de Phlionte disait de son maître Pyrrhon : "Je l'ai vu simple et sans morgue, affranchi de ces inquiétudes avouées ou secrètes dont la multitude des hommes se laisse accabler en tout lieu par l'opinion et par les lois instituées au hasard."

            Tel nous voyons chaque jour Charles Maurras et ceux qui auront eu le privilège d'être de ses amis auront connu son coeur intrépide.

            Ils auront connu encore la lumière de son esprit. Comme Cicéron le disait de Carnéade : "Jamais il ne soutint une thèse sans la faire triompher. Jamais il n'attaqua une doctrine sans la détruire." Ainsi Maurras aura paru pour enseigner son siècle. Ainsi de ses flèches rapides, il aura percé les "nuées".

            Dur aux erreurs, ce dialecticien invincible est indulgent aux hommes. A tous, son génie prête quelque chose de ses richesses. Leibniz ne méprisait presque rien. Maurras ne méprise personne. Le plus humble s'en va, comme le plus orgueilleux, pénétré de son intelligence et de sa bonté, parce qu'il sait, chez tous, faire jaillir l'étincelle divine. Et par là, il est encore un très grand poète. 

            Quand j'aurai ajouté que nul moins que lui ne tient aux honneurs et aux biens de ce monde et qu'il ne place rien au-dessus des idées, on saura que nous avons parmi nous un sage de la Grèce.  

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    Le Cap Sounion.... 

  • Lire Jacques Bainville... (IV) : Portrait de Charles Maurras

    (Préface de l'ouvrage collectif Charles Maurras : Études, portraits, documents, biographies. Editions de la revue Le Capitole, Paris, 1925)

     

            J'ai lu beaucoup d'études sur Maurras. Aucune ne m'a satisfait complètement. J'indiquerai seulement aux chercheurs qu'ils n'entendront sa pensée, qu'ils ne la cerneront et ne la pénètreront que s'ils remontent jusqu'à Dante.

            Je ris beaucoup quand je vois traiter Maurras comme un monsieur ordinaire... On est prié de ne pas s'adresser au concierge mais à l'altissime

            Qu'on se rappelle aussi que le désintéressement de Maurras est absolu. C'est une de ses forces. Il ne recherche pas l'argent, pas même la gloire littéraire. Il aurait pu s'assurer une existence tranquille et agréable, et il ne craint pas de s'exposer à la prison. Quand on est un gouvernement, il est incommode d'avoir un homme pareil contre soi. Maurras ne vit que pour ses idées et on n'a aucune prise sur lui; Henri Vaugeois appelait Mauras le noûs, l'esprit pur. C'est sa définition la plus vraie.

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      "Henri Vaugeois appelait Mauras le noûs, l'esprit pur. C'est sa définition la plus vraie."

  • Lire Jacques Bainville....(III) : Vertu de l'Amitié

            Molière et la Fontaine étaient très amis. Molière mourut le premier. Aujourd'hui, leurs deux tombes s'élèvent côte à côte au cimetière du père Lachaise (ci-dessous). Sur celle de Molière, on peut lire le petit épigramme que La Fontaine composa pour lui, après sa mort :

    "Dans ce tombeau gisent Plaute et Térence / Et, cependant, le seul Molière y gît : / Leurs trois talents ne formaient qu'un esprit / Dont le bel art réjouissait la France. / Ils sont partis, et j'ai peu d'espérance / De les revoir. Malgré tous nos efforts / Pour un long temps, selon toute apparence / Térence et Plaute, et Molière sont morts."  

    tombeaux.jpg
     
            On semble loin de Bainville ? Et pourtant, si l'on y réfléchit...

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  • Lire Jacques Bainville.....(II) : Le dernier livre de Jacques Bainville.....

            Jacques Bainville est né et mort un 9 février.

            C'est à dessein que nous avons choisi ce jour anniversaire de sa naissance et de sa mort pour débuter cette Catégorie qui lui sera consacrée.

            Et nous le ferons, avant de publier des textes proprement dits, d'une façon peut-être un peu moins banale : en mettant à disposition, sous forme d'un Album, du "dernier livre de Jacques Bainville", en fait une plaquette, éditée juste après sa mort.....   

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    Le dernier livre de Jacques Bainville...

  • A partir de jeudi, une nouvelle Catégorie sur le Blog : Lire Jacques Bainville.....(I)

          Parce que, "d'un tel esprit, à qui était inné et toujours présent LE PARFAIT, aucun vestige n'est sans prix : tout vaut, tout compte..." écrit Maurras, dans sa Préface aux Lectures, recueil publié juste après la mort de Bainville, et composé de notes, pensées et réflexions éparses écrites par lui tout au long de sa vie.....

          Parce que, comme le dit Abel Bonnard, "...Comment auraient-ils vieilli, ces écrits du Sage, puisque la sagesse est de dire précisément à propos des choses qui passent des choses qui ne passent pas ?" 

    bainville le meilleur.jpg 

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